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Fil de discussion: Grades, carrières et dispositif tactique: les systèmes d'organisation armée

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Tancrède
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« le: Samedi Juillet 17, 2010, 19:38:53 »

Ca faisait longtemps que j'avais pas lancé un grand sujet théorique, mais celui-là me démange depuis longtemps, bien que j'ai jamais réussi à clairement le circonscrire.

La question est la suivante: on compare sans arrêt les carrières et possibilités d'un côté (niveau individuel) et l'efficacité globale obtenue de l'autre (système d'encadrement et de commandement) selon les pays, mais y'a t-il, sur le temps long, un système qui ait plus fait ses preuves qu'un autre ou bien des applications plus ou moins efficaces, ou foireuses, de systèmes ayant tous le potentiel d'être bons?
Par exemple, à l'époque actuelle, je prends plusieurs "visions" pour comparer:
- le système anglo-saxon très vanté sur ce forum: des carrières de sous-officiers, des carrières d'officiers, une perméabilité très modérée entre les deux
- le système russe: avant de commencer à développer des sergents de carrière (pas vraiment encore très au point), il y a une conception du sous-off qui est un conscrit avec plus de bouteille, et un officier qui fait une énorme partie du travail d'encadrement et de commandement, avec souvent comme conséquence une proportion plus grande d'officiers
- le système français, plus bâtard: de vrais officiers et sous-offs de carrière, mais une propension importante à attribuer les grades de sous-offs plus fréquemment que chez les anglo-saxons, fait qui en relativise l'importance, l'autorité et les perspectives de carrière, cependant compensé par une grande perméabilité entre le corps des sous-offs et les bas grades d'officiers (jusqu'à capitaine) qui donne une haute moyenne de qualité à ces grades, très opérationnels (et qui fait un meilleur mix avec les jeunes officiers de carrière).


Pour comparer, le système français me fait en fait penser à l'armée romaine, en particulier avec le grade de centurion, qui veut en fait tout et rien dire tant il recouvre une large réalité:

- dans l'armée romaine, les officiers tels que nous pourrions le comprendre sont en fait les hauts officiers: légats (commandant une légion, la réserve, la cavalerie d'une armée), tribuns (officiers d'Etats-Majors de différents horizons, avec affectations permanentes ou temporaires: commandement d'un groupement de cohortes, de cavalerie, d'auxiliaires, de détachements temporaires interarmes, de l'intendance....), consuls/proconsuls (commandement d'une armée) et imperators. Ce sont autant des grades militaires et des affectations (voire une distinction pour l'imperator qui est en fait un maréchal, soit un général victorieux) que des fonctions politiques faisant partie du cursus honorum, et leur attribution, sauf pour quelques-uns, est décidée, ou au moins débattue/négociée, à Rome.

- quelques légatures seulement, pour des fonctions particulières (préfets de camp, commandement opérationnel autonome de certaines cohortes, surtout de vétérans) sont octroyées à des centurions ayant beaucoup de bouteille et de mérite. La préfecture d'un camp de légion ou d'une armée est la fonction la plus prestigieuse pouvant être attribuée à un centurion, généralement un centurion primipile (un qui a dirigé la 1ère cohorte d'une légion), et c'est une affectation de fin de carrière ou préalable à l'anoblissement.

- le centurion est à la fois un officier et un sous-officier selon nos critères en ce qu'il est totalement issu du rang: les moins élevés hiérarchiquement correspondraient à un adjudant (ou major) encadrant une centurie (80h dans le système marien) subalterne dans une manipule, les plus élevés correspondent à un vrai chef de bataillon (commandant une cohorte, soit 480h, voire 800h pour la 1ère cohorte d'une légion, la plus forte et prestigieuse). Le corps des centurions est la voie d'accès au succès pour ceux qui ne viennent pas de la classe des chevaliers ou sénateurs, et l'anoblissement peut survenir après une carrière réussie (donc l'accès au cursus honorum, au moins pour les descendants).

- en-dessous de centurion, il y a de vrais bas grades de sous-officiers (les principales), eux-mêmes étant en même temps les marches intermédiaires des bons éléments ou les dernières marches d'une carrière de soldat réussie (pour ceux qui resignent, les vétérans, ou evocati): décurion, decanus, optione, signifer, tesserarius, et surtout les spécialistes d'encadrement, légionnaires méritants qui reçoivent les formations de spécialistes nécessaires à une légion (architectes, musiciens, logisticiens, signaleurs, éclaireurs....).

C'est donc un système en 3 voies subordonnées: soldat, centurion (mix entre notre conception des officiers et sous-offs) et officiers (grades supérieurs selon notre nomenclature), avec des voies d'accès à la catégorie supérieure en nombre important (mais il est plus rare qu'un simple soldat arrive au niveau officier, sauf en fin de carrière longue: passer les 2 voies d'accès entre catégories au cours d'une vie est énorme, mais loin d'être sans précédent).
La distinction n'est inintéressante: les centurions sont donc les officiers les plus experts du niveau opérationnel/tactique, mais surtout, par rapport à nos systèmes modernes, ils sont valorisés comme tels par un cursus spécifique. Les officiers proprement dits sont plus ou moins valables dans l'opérationnel/tactique, suivant qu'ils s'y intéressent suffisamment ou non, mais ils vont plus haut que nos généraux, étant donné que la disctinction entre commandement militaire et carrière politique n'existe pas à Rome (la carrière militaire fait partie du parcours obligatoire pour une réussite politique).
Si les hauts officiers romains ont une histoire très inégale du côté de la réussite au niveau tactique (combats, batailles, campagne annuelle), ils ont en revanche une longue histoire aux niveaux opératifs (une campagne dans son ensemble) et stratégiques (un conflit, une expédition....) qui n'a à rougir devant aucune autre.
Pourquoi? Parce que ce qui peut faire leur faiblesse au niveau pratique et tactique, est largement contrebalancé par leur force au niveau supérieur, à savoir qu'ils ont tous en tête "the big picture": ils connaissent les tenants et aboutissants stratégiques d'une campagne, voir la vision dans le long terme de l'Etat romain. Ils savent quelles sont les ressources de Rome, la nature et la structure de leurs adversaires (et leurs forces et faiblesses au niveau stratégique), ils savent quelles campagnes valent la peine d'être faites, avec qui s'allier et qui se friter, qui tromper et qui rallier....
Bref, ce ne sont pas des techniciens, mais tous, même les moins bons, voient large, ont accès au monde de la décision politique à Rome (donc à l'attribution des moyens et à la hiérarchisation des objectifs).... Ils appartiennent à l'élite romaine, au plus près du niveau stratégique donc: ce ne sont pas des techniciens (plus ou moins bons) comme nos généraux qui attendent devant la porte des grandes personnes et sont au mieux des consultants spécialisés.
Donc un officier romain raisonnablement intelligent et qui fait l'effort d'apprendre le versant technique et noue de bonnes relations avec des centurions de carrière a selon moi bien plus de chances d'obtenir de bons résultats qu'un général intelligent avec la pyramide qui s'étale sous lui.

Après, évidemment, tout système dépend de la qualité des hommes qu'il recrute, garde dans le temps et promeut, bien plus que de la façon dont il fonctionne en théorie. Mais quel système peut sembler à même de permettre la meilleure qualité moyenne d'encadrement et de commandement selon vous?

« Dernière édition: Lundi Juillet 26, 2010, 20:51:15 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #1 le: Samedi Juillet 17, 2010, 20:40:26 »

Est-ce que ta réflexion, Tancrède, tient compte de la professionnalisation des armées ou est-elle également valable pour les armées de conscription?
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« Répondre #2 le: Samedi Juillet 17, 2010, 20:53:32 »

Elle est valable pour les 2 en ce que la conscription ou l'engagement professionel ne sont jamais, de ce point de vue, qu'une question de vivier de recrutement.
De même, il faudrait différencier les stades d'armées pros: une armée pro à un moment historique où un pays a un sentiment national (ou équivalent) fort, une menace très visible à ses frontières, ou bien où la carrière militaire offre des horizons de promotion sociale, recrutera des personnels d'un meilleur niveau moyen que l'armée pro d'un pays en paix et sans menace tangible à l'horizon, où le sentiment national généralement s'affaiblit.

Quel que soit le type d'effectifs de l'armée, le principe d'encadrement est une constante. Evidemment, pour qu'une armée de conscription soit comparable aux diverses formes d'armées pros, il faut considérer avant tout l'active, et non la mobilisation en grand.

Mais ce sujet rejoint aussi une réflexion générale qui me trotte dans la tête régulièrement, sur les types d'armées et leur efficacité, types qui se résument au fond à 3 grandes catégories:
- conscription
- professionnelle
- de caste (lié à une société d'ordres ou de castes sociales)

Toute armée, où que ce soit et à n'importe quelle époque, s'appuie sur un de ces 3 modèles comme élément principal, et intègre une proportion plus ou moins importante des 2 autres: une armée de conscription a toujours un encadrement et commandement en grande partie pro et des unités permanentes pros, toute armée pro ou de caste a des unités conscrites, au moins sous la forme de réserve, et toute armée de caste inclue des pros sans statut et la possibilité plus ou moins développée d'organiser une levée/milice.
Dans les armées occidentales, l'aspect caste est réduit à la portion congrue et ne se voit réellement qu'au travers de la reproduction sociale de familles de militaires (et des petits avantages et favoristismes, mais aussi meilleures connaissances, qui vont avec) et la perpétuation plus ou moins forte de traditions et comportements dans les parcours de formation et unités.
Mais l'armée turque, par exemple, inclue encore une certaine dimension de caste via une proportion non négligeable de son corps d'officiers qui est réellement auto-reproduite: les écoles militaires (dès 3 ans) sont bien plus développées qu'ailleurs.
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« Répondre #3 le: Samedi Juillet 17, 2010, 20:57:29 »

Simple question. Qu'est-ce qui empêcherait de former les cadres supérieurs de nos armées au "big picture" ou du moins leur introduire la question ? L'on pourrait les envoyer en formation intermédiaire à mi carrière juste avant la promotion (j'imagine qu'on ne sort pas colonel/générak comme ça, ou me trompes-je ?) et éventuellement les envoyer à sci-po ou l'ENA ou quelque chose du genre (je sais c'est méchant de renvoyer à l'école avec les morveux de 20 ans mais... peut-être une idée non ? Il me semble que Petraeus est docteur en sciences po ou en droit). Je prendrai l'exemple du cadre français. Etant donné qu'il peut se reposer sur des officiers du rang et des sous off très compétents, que lui reste-t-il à faire ? Le parallèle romain montre quelqu'un qui peut remplir des fonctions d'administrateur civil en les cumulant à des fonctions militaires et de les faire fonctionner entre elles (Agrippa peut éventuellement servir d'exemple par sa façon de passer de général d'armée à celui d'administrateur de grande ville, je pense aux réformes urbaines de Rome). On en parlait dans le DSI de juin et de l'intérêt potentiel par rapport au type de guerre que nous menons aujourd'hui.

Je dirais que le système russe peut-être générateur de pas mal de problème. Entre le sous off qui a plus de bouteille et qui en gros "s'est fait tout seul" et l'officier parachuté là pour X raisons ça doit pas être rose tous les jours comme entente, même si l'officier doit faire avancer quasiment tout le schmilblik.

Le système français est intéressant cependant. Quelles sont les chances de promotion d'un officier s'engageant directement comme officier (St Cyr) par rapport à un soldat devenant sous off (et assumant par la suite des fonctions ou les tâches d'un officier avec salaire de sous off)  ? Qu'en est-il de la formation du sous off lui-même ?
« Dernière édition: Samedi Juillet 17, 2010, 21:02:19 par berzerker » Journalisée

« Pour autant qu’ils aient la mobilité, la sécurité, le temps et la doctrine, la victoire reviendra aux insurgés, car les facteurs algébriques sont finalement décisifs et contre eux la perfection des moyens et la lutte des esprits restent vaines2. » Sir Thomas Edward Lawrence
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« Répondre #4 le: Samedi Juillet 17, 2010, 21:03:21 »

Simple question. Qu'est-ce qui empêcherait de former les cadres supérieurs de nos armées au "big picture" ou du moins leur introduire la question ? L'on pourrait les envoyer en formation intermédiaire à mi carrière juste avant la promotion (j'imagine qu'on ne sort pas colonel/générak comme ça, ou me trompes-je ?) et éventuellement les envoyer à sci-po ou l'ENA ou quelque chose du genre (je sais c'est méchant de renvoyer à l'école avec les morveux de 20 ans mais... peut-être une idée non ? Il me semble que Petraeus est docteur en sciences po ou en droit).
C'est un peu le rôle du Collège Interarmées de Défense :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A8ge_interarm%C3%A9es_de_d%C3%A9fense
« Dernière édition: Samedi Juillet 17, 2010, 21:10:47 par Davout » Journalisée

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« Répondre #5 le: Samedi Juillet 17, 2010, 21:08:21 »

Ah oui quand même. Merci.
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« Répondre #6 le: Samedi Juillet 17, 2010, 21:27:57 »

Ce n'est pas tout d'être formé à la "big picture" en théorie: comme toujours, le vrai plus, c'est la "pratique", et à ce niveau, ça veut dire réellement faire partie de l'élite, être dans la confidence, avoir réellement l'oreille et l'attention des bonnes personnes.... Ca va évidemment plus facilement avec une société aristocratique (mais il y a aussi des défauts monstrueux), mais c'est encore pas mal quand, globalement, une partie de l'establishment militaire (au moins pour un commandant de théâtre) vient de ce milieu, ou alors qu'on réserve une place statutaire aux officiers décideurs dans le débat stratégique, pas comme actuellement où il s'agit de singes savants consultants es dispositif militaire (une fois que les vrais choix ont été faits).
Mais l'élite ne donne pas dans le service de la patrie aujourd'hui, elle est d'ailleurs peut motivée par le patriotisme, et ignore totalement le domaine stratégique/sécurité: le seul intérêt des généraux pour eux est leur servilité. Et le temps de paix restreint les possibilités d'ascension dans l'institution, tout comme la taille de l'armée: fondamentalement, c'est le domaine de la décision stratégique qui a été écarté de la sphère des décideurs.

La situation actuelle est sans doute l'une des pires possibles: les hauts officiers n'ont jamais eu beaucoup de contacts avec le rang et l'opérationnel hors d'opérations limitées et peu "chaudes", se sont retranchés comme une caste qui vit dans son monde et ses petites intrigues de chapelles et d'ambitions, et sont cantonnés au rôle de consultant occasionnel par le monde politique qui ne partage rien avec eux et ne connaît rien au domaine. Bref, ils sont coupés du monde opérationnel de biens des façons, sans corps intermédiaire comme pouvait l'être celui des centurions à Rome, et complètement hors du coup dans la décision stratégique et les choix en amont.

Mais pour se recentrer sur le sujet, la question est du système d'encadrement et de commandement militaire proprement dit. Même si cette question intègre évidemment le choix des hommes comme dimension importante, ce n'est pas tout. La qualité des personnels est évidemment essentielle, de même que les questions de perception de "caste" dans l'armée (ce qui fait qu'un officier traite souvent un sous-off comme de la merde, même s'il y met les formes) qui forme la base des bonnes relations des équipes de travail (au sein d'elles et entre elles) et des unités. Pour Napoléon, cette gestion des relations humaines (en travail commun et en hiérarchies) constituait les 3/4 de l'efficacité d'une armée, le reste étant l'équipement et l'entraînement.
« Dernière édition: Samedi Juillet 17, 2010, 21:31:05 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #7 le: Samedi Juillet 17, 2010, 23:23:30 »

ben d'aprés se que j'ai compris ,à l'heure actuel on tente de faire un systéme ou on va recruté dans chaque catégorie en dessous .
les EVAT peuvent passé chez les sous-off ,et chez les sous-off on peu passer chez les off .on tend vers  une augmentation de se systéme .

le principe veut peut-être permettre d'avoir des gens qui ont disons pris de l'expérience en régiment ,et de ne plus être forcémment casé dans une catégorie dans le processus de carriére .

dans se systéme ,on aura + de vieux capitaine ou commandant issus des sous-off ,laissant peut-être une plus grande comment dirais-je ... séléction chez les saint-cyriens .en gros moin de poste au bénéfice de la qualité chez les cyrards .

les régiments garderont une ossature quasi permanente d'anciens connaîssant les rouages .

d'un autre côté ,un caporal-chef qui pouvait avoir une fonction de chef de groupe par le passé (se que font les brits ),ben sera sûrement employé comme chef d'équipe (boulot d'un caporal ) voir de super GV  ...

j'ai l'impression qu'on tend à redispatcher les fonctions . en gros un sergent  va passer adjoint au chef de groupe qui lui sera un sergent-chef .une maniére de pousser vers le haut .

à une époque on faisait pas mal de sélection ,et un militaire du rang n'était pas sûr de faire une carriére (15 ans à 22 ans de service pour toucher une pension ).
apparemment sa le devient aussi pour les sous-off et officiers sortant d'école d'avoir une carriére courte .

je prend le cas des caporaux-chefs qui étaient disons dans les régiments pros considérait comme la créme des EVATS (donc d'avoir des postes de chef de groupe ,en ayant passé un CM1 puis un Cat 2 ) avant la professionalisation .

et bien avec la professionalisation on a fait passer plus de monde au grade de Capo-chef de maniére à fidélisé les EVAT pour continuer à poursuivre au sein de l'armée en ressignant ,fallait du monde et retenir se qui s'était engagé ,donc on a sacrifié la qualité .
un capo-chef et je ne généralise pas ,mais ayant encore des liens avec des potes qui sont encore d'active ,et de se que j'en ai vu avant de partir en 2005 ,je me disais qu'on cherché à avoir une nouvelle race de capo-chef ,en gros le capo-chef devenu un super GV .

se qui laisse entendre qu'on pousse les meilleurs EVATS à rejoindre les sous-off .
mine de rien ,se fut un choc des cultures entre les anciens capo-chefs et la nouvelle génération qui n'avait plus rien a voir du point de vue capacité de commandement .

j'espére ne pas être trop confus .

 










 
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« Répondre #8 le: Samedi Juillet 17, 2010, 23:27:52 »

Non, mais sur le global, tu dirais que la qualité des sous-offs, l'encadrement de "bas niveau" (au sens du plus proche du terrain) augmente du fait de cette évolution ou pas? Y'a eu beaucoup d'inquiétude à un moment (et encore maintenant) sur les effectifs énormes de caporaux et sergents dans l'AdT.

Un problème cependant dans cette équation: à bas niveaux, y'a des voies d'évacuation vers le civil -gicler, quoi  cheesy- même si de meilleurs cursus de reconversion seraient pertinents pour accroître le recrutement (et pas faire passer l'armée pour une trou dans le CV aux yeux de trop de DRH), et vers le haut (promotion des sous-offs comme officiers, promotion des bas officiers comme officiers généraux), mais pas pour les officiers généraux. Possibilités de carrière politique ("vers le haut", quoi) nulles, possibilités de reconversion vers le civil limitées.
Résultat, même si une armée doit conserver un volant de généraux capables sans affectation, "juste au cas où", là y'a engorgement: ils occupent le terrain, y'en a partout, surtout à des postes bons pour des colonels -voire des commandants-, ou des civils, ils multiplient et fragmentent les affectations, coûtent cher, occupent des mdr à des tâches de service et multiplient les guerres de chapelle, simplement parce que leur effectif rend les places encore plus cher.
Les généraux sont les Tatie Danielle de l'armée!!!!!!

Si une GRH correcte peut régler en quelques années ces problèmes de structures et de qualité côté effectifs de sous-offs et de bas officiers, le problème de l'engorgement par le haut est vachement plus dur à régler à moins de trancher dur.... Mais c'est une décision politique.... Faite sur conseils de généraux Tongue.  
Y'a quand même la moitié des officiers en France qui sont issus du rang, et ils se concentrent tous sous le grade de colonel, donc ça progressera pas beaucoup plus de ce côté. Les St Cyriens sont déjà en mode de sélection vachement rude: beaucoup partent vers le civil en cours de cursus, ou y partent peu après. Manque de bol, l'absence de probabilités élevées de promotion, vu l'engorgement du haut, fait que ce sont le plus souvent les meilleurs qui partiront les premiers (ils comprennent ça plus vite cheesy).


Pour recomparer avec des précédents historiques, il faut aussi inclure le modèle prusso-allemand, soit celui de 1814 à 1945, un très bon système qui a commencé comme souvent les bons systèmes, notamment le français entre 1792 et 1795: en giclant presque tous les généraux de la génération précédente. Les écoles de cadets, généralisées dans tout le pays comme partie intégrale du système scolaire, permettaient de faire une sélection large des bons profils. Via la conscription, tous les élèves ou presque seraient appelés à servir, donc intégrant aussi les mauvais.
Mais un tel système vaut aussi le coup pour une armée pro: si l'armée développait un peu plus son élément scolaire, au-delà des quelques lycées et collèges existants, en jonction avec l'Education Nationale, pour faire une Ecole Républicaine un peu militarisée et ayant une forte proportion de boursiers et d'ouverture aux classes défavorisées, avec pour corollaire nécessaire un haut niveau, cela brasserait du monde et permettrait de noter de bons profils. L'idée serait de brasser un large effectif dont au final peu iraient dans l'armée mais l'avantage corollaire serait de réintégrer l'armée dans le paysage national, notamment via une chose qu'elle sait faire, à savoir éduquer.
Après, un système d'équivalence de service d'une certaine durée dans l'armée, de bonnes perspectives de carrière.... Peuvent permettre de garder des profils qui sont aujourd'hui inatteignables pour les armées: l'élite de la jeunesse va dans des écoles chères, et même les Polytechniciens, pourtant payés aux frais de la princesse, ne foutent pas vraiment les pieds dans l'armée.

L'économie est concurrentielle, les bons profils à tous les niveaux sont chers: l'armée ne peut pas les attirer ou les retenir (sauf pour ceux qui ont la vraie vocation), mais elle peut encore attaquer le problème par le bas, à savoir le repérage et la formation. Tant que les hommes resteront la composante essentielle des forces, la qualité sera un investissement rentable, et c'est encore plus vrai pour une armée pro "compactée". L'obligation est de rendre l'armée perméable avec le civil, ce qu'elle n'est pas malgré toute la com' qui est faite dessus: c'est la seule politique qui soit encore dans ses moyens. Et ce n'est pas sans liens avec ce que je proposais dans le sujet "nanas au combat":
- varier les cursus d'accès aux armées pour tous les niveaux
- former les capacités qu'on ne peut acheter, et le plus tôt possible
- être une agence de GRH efficace pour les reconversions, voire pourquoi pas aussi un intermédiaire et facilitateur de lancements de projets industriels
- être part intégrante du système scolaire et du système de formation (ya tellement de fric gaspillé dans la formation pro en France, et tant de formations et de compétences fabuleuses dans l'armée que c'est tuant de pas voir la péréquation se faire au-delà de quelques cas anecdotiques)

L'armée d'aujourd'hui n'a pas les moyens d'être un "consommateur final" de profils de bon niveau. Faut donc prendre le problème de l'autre côté, et l'envisager dans une plus vaste optique. Ce n'est ni sans précédent historique, ni sans lien avec la fonction d'une armée et de ses nécessaires liens avec la nation.
« Dernière édition: Samedi Juillet 17, 2010, 23:57:31 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #9 le: Dimanche Juillet 18, 2010, 00:27:46 »

je dirais qu'on tend à se baser sur le systéme US .beaucoup de sergent et de caporaux ,mais qui n'on plus la même valeur dans l'emploi  par rapport à leurs grade (enfin la définition que j'ai connu ).



un corporal chez les US ,s'est l'équivalent d'un capo-chef chez nous enfin dans le grade ,se qui laisse entendre que s'est un soldat spécialisé ,enfin un super GV.
un caporal Français s'est l'équivalent d'un premiére classe US .

les brits ont des corporal (capo-chef),mais eux ont un poste de chef de groupe .l'équivalent du caporal pour les brits s'est le lance-corporal qui tient le rôle de chef d'équipe (anciennement le caporal en France ).

les brits ont moin de sergent dans une section de combat ,un seul il me semble et qui tient le rôle d'adjoint au chef de section (un lieutenant ) .


perso je trouve le systéme brits plus pertinent ,dans le sens si l'on regarde le principe de recrutement ,ben il y a celui des mdr et celui des officiers ,se qui laisse entendre qu'on ira chercher chez les Mdr les futurs sous-off (pas d'école de sous-off ) .

en gros avant le systéme Français était un mix entre le systéme brits et US ,mais la on tend à s'aligné sur les US .
je reste dubitatif sur se systéme à l'Américaine ,car disons que celui-ci sur le long terme ne permet pas une fidélisation ,certe sa renouvelle en sang neuf mais y perd en qualité tant qu'il n'y a pas de guerre pour perpetué les acquis pratiques ...











« Dernière édition: Dimanche Juillet 18, 2010, 00:40:09 par gibbs » Journalisée

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« Répondre #10 le: Dimanche Juillet 18, 2010, 00:58:06 »

Si ce qui s'appelle corporal chez les Brits s'appelle sergent tout court en France, au final c'est pas fondamentalement différent tant que ça appartient au cursus des sous-offs et que c'est accessible au soldat du rang. Ca ne signifie pas un engorgement. Ca le serait si leur rang de caporal était une distinction pour des soldats du rang. Les noms ne changent pas la réalité: sur l'autre versant du spectre, les Brits n'ont pas réellement d'adjudants en noms, mais une énorme variété de "sergeant major" assimilés au stade de "warrant officer".
A ce moment, la seule vraie différence réside dans la possibilité de recrutement direct via l'école des sous officiers, mais elle est théorique: quelle proportion des élèves de l'ENSOA vient du civil et quelle proportion vient du rang? Et plus important encore: quelle proportion des diplômés de l'ENSOA présents dans les unités de combat sont issus du recrutement direct? Pas vu de statistiques sur ce dernier point, mais au final, ils doivent être en extrême minorité par rapport à ceux issus du rang. En revanche, l'avantage de l'ENSOA sur le système british est qu'il prépare mieux des sous-offs à devenir un jour officier; plus encore, vu de haut, le cursus de l'ENSOA permet de repérer les bons candidats dans ce vivier. Au final, je descendrais pas si facilement le système français par rapport à l'anglais, surtout sachant que la qualité des chefs de groupe ou d'équipe dépend moins de la formation que d'un meilleur entraînement/préparation: c'est sur ce point que les Brits dépensent plus de fric que la France. Côté système d'encadrement et de gestion des carrières, le français est pas si mal, et a un bon impact sur la qualité des bas officiers, et c'est pourquoi je comparais le système français au système romain pour ce niveau là.
Côté brit, c'est justement plus antagoniste: y'a les offs, y'a les sous-offs, et une grosse barrière définitive entre les deux.

En même temps, il faut voir aussi d'autres réalités, même si on écarte le niveau d'activité plus propre à permettre de fluidifier les progressions:
- un système d'encadrement est intimement lié à l'organisation de l'armée
- un système d'encadrement est lié à son marché de l'emploi, à son système éducatif et à sa société

Sur le dernier aspect, les Brits ont du gérer depuis longtemps des taux de recrutement bien pires qu'en France (amélioration seulement depuis 2008-2009 suite à la crise), ainsi qu'une vampirisation continue des opérateurs FS et des sergents d'unités d'infanterie par des grosses boîtes de contractors, à une plus grande échelle qu'en France. A l'échelle d'une armée de moins de 100 000h et d'une infanterie surtout, tournant autour des 25 000h à tout péter (si tu intègres aussi les Royal Marines et le RAF Regiment), l'impact est rapide et important.
Autre spécificité britannique, côté organisation: leurs compagnies de combat et leurs bataillons d'infanterie sont très nettement plus petits que leur équivalent français. Il y a plus de 30 bataillons d'infanterie, à 3 compagnies de combat, et des compagnies qui, hors déploiement (elles y reçoivent des éléments de génie et de maintenance externes), qui ne dépassent pas 100h. C'est pas la même chose question taille des équipes et répartition des rôles. En tout cas c'est pas neutre.

Maintenant côté organisation, il faut aussi prendre en compte un autre truc: armée en unités organiques ou en réservoir de forces pour former des unités plug and play? C'est pas neutre non plus. Les Marines US sont nettement orientés vers le plug and play au sein de chacun de leurs 3 grands réservoirs de force (les 3 divisions de l'USMC), ce qu'autorise peut-être un niveau de préparation et surtout de disponibilité supérieurs. A voir.
L'armée française a voulu jouer purement le plug and play, avant de se rendre compte que pour ça, il faut un niveau moyen de préparation et d'adaptabilité (donc de la super qualité) foutrement supérieur, sinon tu fais de la bricole avec des pièces qui s'emboîtent mal. Et le soldat, comme l'officier, est d'autant moins universel qu'il n'a que peu d'ancienneté, et que le terrain exige une spécialisation parfois incontournable (amphibie, montagne notamment). Résultat, ça s'oriente enfin vers le déploiement d'unités provenant de la même brigade, soit retour vers un modèle plus organique.
Les Brits font dans l'organique depuis longtemps: moins la qualité du recrutement est grande, plus il faut compenser au niveau de la formation, et plus il faut garder ensemble ceux qui travaillent ensemble à l'année.

En ce sens, le modèle romain (entre la réforme de Marius et la crise du IIIème siècle) était plus universel. Mais c'est un système qui n'avait pas de problèmes de recrutement: pas de problème des vocations chez les citoyens et non-citoyens ressortissants de l'empire (donc sélection), bon niveau de patriotisme/conscience d'appartenance, bonne paie et bons avantages (ce fut un des problèmes qui entraîna la chute du IIIème siècle d'ailleurs), bonnes possibilités de promotion interne et de promotion sociale (citoyenneté notamment), "système de retraite" (lot de terre sur zones de colonisation), carrières longues. A noter que là où c'est pertinent, c'est entre le Ier et le IIIème siècle: l'Empire n'est plus en expansion, mais en mode défensif, même si quelques empereurs (Trajan surtout) ont relancé des conquêtes momentanées. Et le nombre de légions et unités auxiliaires est assez constant sur la période (une trentaine de légion, et un effectif équivalent d'auxiliaires pour un total d'environs 300 000 soldats).
Et là-dedans, une armée à 3 cursus perméables entre eux, ayant des soupapes d'évacuation vers le civil ou vers le haut.

« Dernière édition: Dimanche Juillet 18, 2010, 01:28:11 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #11 le: Dimanche Juillet 18, 2010, 20:21:53 »

Si ce qui s'appelle corporal chez les Brits s'appelle sergent tout court en France, au final c'est pas fondamentalement différent tant que ça appartient au cursus des sous-offs et que c'est accessible au soldat du rang. Ca ne signifie pas un engorgement. Ca le serait si leur rang de caporal était une distinction pour des soldats du rang. Les noms ne changent pas la réalité: sur l'autre versant du spectre, les Brits n'ont pas réellement d'adjudants en noms, mais une énorme variété de "sergeant major" assimilés au stade de "warrant officer".
s'est exact pour les warrant officer ,mais sa permet peut-être d'occuper des postes "moin guerrier" a des personnels qui ont comment disons fait leur "temps" en section de combat .

Citation
A ce moment, la seule vraie différence réside dans la possibilité de recrutement direct via l'école des sous officiers, mais elle est théorique: quelle proportion des élèves de l'ENSOA vient du civil et quelle proportion vient du rang? Et plus important encore: quelle proportion des diplômés de l'ENSOA présents dans les unités de combat sont issus du recrutement direct? Pas vu de statistiques sur ce dernier point, mais au final, ils doivent être en extrême minorité par rapport à ceux issus du rang
ben disons que sa a vachement évolué ,les sergents rangs étaient moin nombreux par le passé ,étant donné que l'on pouvait avoir un poste de chef de groupe en étant capo-chef ,en gros avoir les responsabilité et avantages d'un sous-off sans l'être .

Citation
En revanche, l'avantage de l'ENSOA sur le système british est qu'il prépare mieux des sous-offs à devenir un jour officier; plus encore, vu de haut, le cursus de l'ENSOA permet de repérer les bons candidats dans ce vivier. Au final, je descendrais pas si facilement le système français par rapport à l'anglais, surtout sachant que la qualité des chefs de groupe ou d'équipe dépend moins de la formation que d'un meilleur entraînement/préparation: c'est sur ce point que les Brits dépensent plus de fric que la France. Côté système d'encadrement et de gestion des carrières, le français est pas si mal, et a un bon impact sur la qualité des bas officiers, et c'est pourquoi je comparais le système français au système romain pour ce niveau là.

s'est pas faux ,mais est-ce toujours d'actualité .

Citation
Côté brit, c'est justement plus antagoniste: y'a les offs, y'a les sous-offs, et une grosse barrière définitive entre les deux.
certe ,mais sa évite peut-être aussi les guéguerres entre un vieux sous-off chef de section et un jeune lieutenant sortie d'école .

Citation
En même temps, il faut voir aussi d'autres réalités, même si on écarte le niveau d'activité plus propre à permettre de fluidifier les progressions:
- un système d'encadrement est intimement lié à l'organisation de l'armée
- un système d'encadrement est lié à son marché de l'emploi, à son système éducatif et à sa société
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Citation
Sur le dernier aspect, les Brits ont du gérer depuis longtemps des taux de recrutement bien pires qu'en France (amélioration seulement depuis 2008-2009 suite à la crise), ainsi qu'une vampirisation continue des opérateurs FS et des sergents d'unités d'infanterie par des grosses boîtes de contractors, à une plus grande échelle qu'en France. A l'échelle d'une armée de moins de 100 000h et d'une infanterie surtout, tournant autour des 25 000h à tout péter (si tu intègres aussi les Royal Marines et le RAF Regiment), l'impact est rapide et important.

maintenant ,se systéme Brits et pas mal malgrés  les défauts que tu as cité ,mais disons que si on le transpose en remplacement du systéme Français ,ben côté Français on aurait pas forcémment le probléme des contractors puisqu'hormis quelques Français servant comme contractor à l'heure actuelle ,ben s'est pas autorisé par la réglementation Française il me semble se type d'activité .


Citation
Autre spécificité britannique, côté organisation: leurs compagnies de combat et leurs bataillons d'infanterie sont très nettement plus petits que leur équivalent français. Il y a plus de 30 bataillons d'infanterie, à 3 compagnies de combat, et des compagnies qui, hors déploiement (elles y reçoivent des éléments de génie et de maintenance externes), qui ne dépassent pas 100h. C'est pas la même chose question taille des équipes et répartition des rôles. En tout cas c'est pas neutre.[/quote
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Citation
Maintenant côté organisation, il faut aussi prendre en compte un autre truc: armée en unités organiques ou en réservoir de forces pour former des unités plug and play? C'est pas neutre non plus. Les Marines US sont nettement orientés vers le plug and play au sein de chacun de leurs 3 grands réservoirs de force (les 3 divisions de l'USMC), ce qu'autorise peut-être un niveau de préparation et surtout de disponibilité supérieurs. A voir.

s'est pas faux .

Citation
L'armée française a voulu jouer purement le plug and play, avant de se rendre compte que pour ça, il faut un niveau moyen de préparation et d'adaptabilité (donc de la super qualité) foutrement supérieur, sinon tu fais de la bricole avec des pièces qui s'emboîtent mal. Et le soldat, comme l'officier, est d'autant moins universel qu'il n'a que peu d'ancienneté, et que le terrain exige une spécialisation parfois incontournable (amphibie, montagne notamment). Résultat, ça s'oriente enfin vers le déploiement d'unités provenant de la même brigade, soit retour vers un modèle plus organique.
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Citation
En ce sens, le modèle romain (entre la réforme de Marius et la crise du IIIème siècle) était plus universel. Mais c'est un système qui n'avait pas de problèmes de recrutement: pas de problème des vocations chez les citoyens et non-citoyens ressortissants de l'empire (donc sélection), bon niveau de patriotisme/conscience d'appartenance, bonne paie et bons avantages (ce fut un des problèmes qui entraîna la chute du IIIème siècle d'ailleurs), bonnes possibilités de promotion interne et de promotion sociale (citoyenneté notamment), "système de retraite" (lot de terre sur zones de colonisation), carrières longues. A noter que là où c'est pertinent, c'est entre le Ier et le IIIème siècle: l'Empire n'est plus en expansion, mais en mode défensif, même si quelques empereurs (Trajan surtout) ont relancé des conquêtes momentanées. Et le nombre de légions et unités auxiliaires est assez constant sur la période (une trentaine de légion, et un effectif équivalent d'auxiliaires pour un total d'environs 300 000 soldats).
Et là-dedans, une armée à 3 cursus perméables entre eux, ayant des soupapes d'évacuation vers le civil ou vers le haut.
intéressant comme systéme .


 
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« Répondre #12 le: Dimanche Juillet 18, 2010, 21:36:44 »

Citation
s'est exact pour les warrant officer ,mais sa permet peut-être d'occuper des postes "moin guerrier" a des personnels qui ont comment disons fait leur "temps" en section de combat .
En théorie oui, et nous on a les adjudants et tous les sous-offs faisant aussi une 2ème carrière en administratif ou dans les écoles ou des postes non directement guerriers.... Au final, c'est le même système en carrière longue, et il a le même écueuil dans la pratique: beaucoup de femmes (la majorité de celles qui font l'ENSOA en parcours direct notamment), mais aussi des hommes (aussi issus du direct à l'ENSOA, comme si c'était une école de fonctionnaires) occupent ces postes en 1ère carrière, bouchant ces jobs, ou une bonne part d'entre eux. C'est la même chose chez les Brits; donc la différence fondamentale n'existe pas réellement dans la pratique, ni même dans les perspectives de carrière initiale. C'est juste que chez les Brits, le parcours sous-offs est plus formalisé comme tel en théorie. Mais à l'arrivée, les sous-offs terrain français ont aussi ces perspectives, et sont confrontés au même problème: ces jobs de 2ème carrière sont occupés par des "non-terrain" qui y font leur 1ère carrière. Sur les effectifs d'armées français ou brits, c'est assez vite vu.

Citation
ben disons que sa a vachement évolué ,les sergents rangs étaient moin nombreux par le passé ,étant donné que l'on pouvait avoir un poste de chef de groupe en étant capo-chef ,en gros avoir les responsabilité et avantages d'un sous-off sans l'être .

L'effet de la professionalisation avec le temps (et en plus confrontée aux problèmes de recrutement et fidélisation) fait que les sergents issus du rang seront nécessairement appelés à être plus nombreux. Faut juste le temps que ça se fasse (la crise aidant, ça va même s'accélérer vu que la fidélisation des bons va être plus facile), vu qu'une part reste et une part se barre tous les ans.
Ceci dit, tant qu'on n'aura pas de chiffres sur les destinations des diplômés de l'ENSOA issus du rang ou du recrutement direct, on raisonnera plus en théorie et au jugé.

Citation
s'est pas faux ,mais est-ce toujours d'actualité .
Ne vaut-il mieux pas garder un moyen de repérage et de préparation pour les sous-offs appelés à passer officiers? Avoir au moins 50% des lieutenants et capitaines issus du rang dans les unités de combat est plutôt généralement un bon truc, non?

Citation
certe ,mais sa évite peut-être aussi les guéguerres entre un vieux sous-off chef de section et un jeune lieutenant sortie d'école .
Pas si sûr, parce que tous les sous-offs ne sont pas des vieux de la vieille, et tous les lieutenants ne sont pas des jeunes diplômés, mais surtout, avoir les personnels issus de 2 castes radicalement différentes (et qui se méprisent copieusement dans le principe), alors qu'une section déployée au combat ne peut jamais faire une exacte répartition des rôles, avoir cette barrière en permanence peut générer plus de problèmes.
Tout repose de toute façon uniquement sur la qualité en moyenne des hommes et les relations qu'ils développent. Et de ce point de vue, la qualité du recrutement anglais n'est pas meilleure (ce serait même plutôt moins bonne) côté anglais.
L'ENSOA a au moins ce mérite, côté relation, de faire office d'école de traduction entre sous-offs et offs cheesy. Le système anglais condamne à l'antagonisme ou à l'entente parfaite; le système français crée une 3ème branche. Et il permet ce petit truc en plus: les St Cyriens qui vont en unité de combat seront déjà les réchappés d'une sélection plus rude.

Citation
maintenant ,se systéme Brits et pas mal malgrés  les défauts que tu as cité ,mais disons que si on le transpose en remplacement du systéme Français ,ben côté Français on aurait pas forcémment le probléme des contractors puisqu'hormis quelques Français servant comme contractor à l'heure actuelle ,ben s'est pas autorisé par la réglementation Française il me semble se type d'activité .
Il y a aussi un volant culturel en Angleterre qui n'existe pas en France: c'est encore un pays où il y a une forte conscience de rang social, du au maintien d'élites aristocratiques traditionnelles et d'énciens des grandes universités, qui stratifient plus les mentalités. L'officier britannique a ce rang inconscient pour le soldat du rang (c'est un "Rupert" cheesy). Pas sûr que ce soit une qualité parce que la barrière dressée entre rang et officiers est vachement plus grande.
Les officiers, surtout les bas-officiers, britanniques sont-ils meilleurs que les français? Là encore, vraiment pas sûr.

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« Répondre #13 le: Dimanche Juillet 18, 2010, 22:26:28 »

Citation
En théorie oui, et nous on a les adjudants et tous les sous-offs faisant aussi une 2ème carrière en administratif ou dans les écoles ou des postes non directement guerriers.... Au final, c'est le même système en carrière longue, et il a le même écueuil dans la pratique: beaucoup de femmes (la majorité de celles qui font l'ENSOA en parcours direct notamment), mais aussi des hommes (aussi issus du direct à l'ENSOA, comme si c'était une école de fonctionnaires) occupent ces postes en 1ère carrière, bouchant ces jobs, ou une bonne part d'entre eux. C'est la même chose chez les Brits; donc la différence fondamentale n'existe pas réellement dans la pratique, ni même dans les perspectives de carrière initiale. C'est juste que chez les Brits, le parcours sous-offs est plus formalisé comme tel en théorie. Mais à l'arrivée, les sous-offs terrain français ont aussi ces perspectives, et sont confrontés au même problème: ces jobs de 2ème carrière sont occupés par des "non-terrain" qui y font leur 1ère carrière. Sur les effectifs d'armées français ou brits, c'est assez vite vu.
 

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Citation
L'effet de la professionalisation avec le temps (et en plus confrontée aux problèmes de recrutement et fidélisation) fait que les sergents issus du rang seront nécessairement appelés à être plus nombreux. Faut juste le temps que ça se fasse (la crise aidant, ça va même s'accélérer vu que la fidélisation des bons va être plus facile), vu qu'une part reste et une part se barre tous les ans.
Ceci dit, tant qu'on n'aura pas de chiffres sur les destinations des diplômés de l'ENSOA issus du rang ou du recrutement direct, on raisonnera plus en théorie et au jugé.
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je sais que des camarades ,qui ont connu le vieux  systéme capo-chef = chef de groupe ,ben décide de passé sous-off afin de ne pas disons faire parti de la nouvelle génération de capo-chef à qui on a disons modifier la fonction par rapport au grade à celui de super GV voir chef d'équipe .(en gros avant on faisait parti des capo-chefs ,la race des seigneurs ,mais la nouvelle génération plus nombreuse et qui aussi disons n'a pas la même mentalité et ne représente plus que "le vernis" d'un systéme n'existant plus .
d'un côté ,faut faire bouger le systéme ,et dans les capo-chefs nouvelle génération ,il y aura des bons qui auront comprit que le vieux systéme n'est plus et que la suite s'est sous-off .
à mon avis ,on subi la transition ancienne génération qui à du mal à comprendre et qui pour certain choisissent soit de partir (15 ou 22 ans de service avec une pension )ou soit de suivre la voie sous-off (il commence à être moin nombreux ,fin d'une génération qui aura connu les régiments pro avant la professionnalisation .

la nouvelle génération qui vit entre deux mondes ,entretenant le vernis pour se garder une importance ,mais qui a du mal à se situer au vue de leurs nouvelles responsabilité (moins importante ),et qui s'en accomode pour certain (s'est ceux là qui agace l'ancienne génération car ils en jouent genre :"oui nous les capo-chefs" alors qu'ils n'ont pas connu se systéme )et d'autres qui passeront sous-off (ceux-là auront comprit l'intérêt de passer au dessus ).

Citation
Ne vaut-il mieux pas garder un moyen de repérage et de préparation pour les sous-offs appelés à passer officiers? Avoir au moins 50% des lieutenants et capitaines issus du rang dans les unités de combat est plutôt généralement un bon truc, non?

s'est pas faux .

Citation
Pas si sûr, parce que tous les sous-offs ne sont pas des vieux de la vieille, et tous les lieutenants ne sont pas des jeunes diplômés, mais surtout, avoir les personnels issus de 2 castes radicalement différentes (et qui se méprisent copieusement dans le principe), alors qu'une section déployée au combat ne peut jamais faire une exacte répartition des rôles, avoir cette barrière en permanence peut générer plus de problèmes.

s'est pas faux .

Citation
Tout repose de toute façon uniquement sur la qualité en moyenne des hommes et les relations qu'ils développent. Et de ce point de vue, la qualité du recrutement anglais n'est pas meilleure (ce serait même plutôt moins bonne) côté anglais .
ben disons que si on mettait plus de professionnalisme dans l'esprit afin de motiver les gens ,sa serait tout bénéf ,le probléme s'est qu'on arrive à dégoûter du monde par manque de moyen dans l'entraînement .mine de rien ,si on s'inspire sur le "drill combat" comme les brits le font ,sa motiverait  pas mal et serait donc un + pour des soldats étant de meilleur qualité ,si on se base sur le niveau de recrutement Anglais .

Citation
L'ENSOA a au moins ce mérite, côté relation, de faire office d'école de traduction entre sous-offs et offs cheesy. Le système anglais condamne à l'antagonisme ou à l'entente parfaite; le système français crée une 3ème branche. Et il permet ce petit truc en plus: les St Cyriens qui vont en unité de combat seront déjà les réchappés d'une sélection plus rude.

+1

Citation
Il y a aussi un volant culturel en Angleterre qui n'existe pas en France: c'est encore un pays où il y a une forte conscience de rang social, du au maintien d'élites aristocratiques traditionnelles et d'énciens des grandes universités, qui stratifient plus les mentalités. L'officier britannique a ce rang inconscient pour le soldat du rang (c'est un "Rupert" cheesy). Pas sûr que ce soit une qualité parce que la barrière dressée entre rang et officiers est vachement plus grande.
Les officiers, surtout les bas-officiers, britanniques sont-ils meilleurs que les français? Là encore, vraiment pas sûr.
ben s'est vrai qu'on tant à avoir une vision plus "républicaine " plutôt qu'aristocratique  du faît de notre histoire  cheesy
d'un autre côté ,on a une vieille caste d'Aristocrate ,qui continu à fournir des officiers ,je comprend dans le sens ou bien qu'ayant perdu leur privilége avec une République ,ben ils ont toujours une notion de "servir" ,faire perduré une Tradition .
je pense que je réagit en tant que vieux "capo-chef" ,s'est pour sa que je ne suis pas objectif  cheesy, mais bon ,s'est vrai qu'il faut aussi voir le contexte sociale du pays lors de comparaison ,j'ai toujours apprécié l'armée Brits ,donc je ne suis pas non plus forcémment objectif  cheesy

le nouveau systéme me va (j'ai des doutes car il n'est pas encore disons opérationnels ) et de toute maniére on ne reviendra plus en arriére ,mais je pense qu'on doit s'inspirer de la formation des Brits en se qui concerne l'entraînement ,si ils arrivent à avoir de bon soldats avec le drill alors que leurs qualité de recrutement est moin bonne que la notre ,ben faut savoir être pragmatique sur se point de vue ,enfin du moin s'en inspirer  smiley




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« Répondre #14 le: Dimanche Juillet 18, 2010, 23:54:10 »

De toute façon, c'est clair: avant de comparer les systèmes en tant que tels, qui n'ont que des différences plus superficielles qu'autre chose pour l'organisation des sous-offs, il faut regarder les hommes. Et les 2 grands facteurs du volant humain sont le recrutement et la formation/entraînement.
Côté recrutement, c'est en fait toute la GRH qu'il faut voir: j'ai donné ma façon de voir dans le sujet "nanas au combat", mais vu que la ressource, un peu en quantité mais surtout en qualité, est rare et chère, il faut être prêt à investir un poil plus pour le recrutement initial, en incluant une part de gens qui ont la motivation et qui sont pas plus cons que d'autres, mais on juste besoin d'une sérieuse prise en main physique et souvent d'une acclimatation un peu plus lente et "douce" à la vie militaire, histoire de fournir par des voies différenciées un produit unique de base standard, homme ou femme, prêt pour l'entraînement en groupes indifférenciés (sauf côté femmes).
Le recrutement en occident fait face à une situation de pénurie, donc il faut aller chercher la recrue et prendre le temps d'en mettre une partie au niveau plutôt que de faire comme s'il y avait le choix et de devoir combler les manques avec d'autthentiques bras cassés qui ne correspondent au standard qu'en apparence.
Pour ça, et pour les garder plus longtemps en moyenne, ça se fait en amont et en aval: des écoles avec encadrement militaire un peu partout sur le territoire (si elles avaient 5% d'une classe d'âge, ce serait déjà quelque chose), une GRH revue intégralement, un système de formation/reconversion adapté (et comme pour l'éducation, c'est un truc à voir avec le ministère concerné, parce que le problème, là, n'est pas particulier à l'armée)....
Vouloir continuer comme maintenant, c'est se comporter comme si l'armée avait le choix idéal, et pire encore, s'enfermer comme des gardiens du temple et éloigner l'armée de la vie de la nation encore plus qu'elle ne l'est. Un récent article de DSI décrivait ainsi le déclassement des élites militaires, ben honnêtement, même si tout n'est pas de leur faute, elles font quand même tout pour que ça continue.

Côté élite, il manque aussi cette soupape d'évacuation par le haut qui maintient l'engorgement au sommet, l'hypertrophie en généraux et colonels qui encombrent les couloirs, les chapelles et les budgets.

Pour le versant formation/entraînement, c'est la que la comparaison avec les Brits est importante: ils ont un budget armée supérieur, un budget équipement équivalent, une masse salariale équivalente.... Où est la différence? Entretien des matos, stocks courants et entraînement. Faut pas chercher plus loin.
Pour le côté entraînement, c'est quand même marrant de voir l'impact de la seule nouvelle instruction au tir de combat: ça tire plus, ça apprend mieux, c'est plus vivant, et tous les troufions apprécient. Pas de grand mystère, mais présenté comme ça l'est par l'EMAT, ils donnent l'impression d'avoir inventé l'eau tiède! Reste à faire ça dans tous les autres aspects de la vie militaire et un grand chemin aura été fait.

Pour comparaison encore avec les Romains: tout centurion, tout légat en charge d'une légion, avait à l'esprit un seul truc: le légionnaire doit toujours être occupé. Entraînement, manoeuvres, réparations, entretien, construction.... Pas compliqué, mais apparemment, 2000 ans après, y'en a qui ont toujours du mal à le piger. La préparation opérationnelle de dernière minute avant déploiement ne compense pas tout.

Citation
je pense que je réagit en tant que vieux "capo-chef" ,s'est pour sa que je ne suis pas objectif  , mais bon ,s'est vrai qu'il faut aussi voir le contexte sociale du pays lors de comparaison ,j'ai toujours apprécié l'armée Brits ,donc je ne suis pas non plus forcémment objectif 
le nouveau systéme me va (j'ai des doutes car il n'est pas encore disons opérationnels ) et de toute maniére on ne reviendra plus en arriére ,mais je pense qu'on doit s'inspirer de la formation des Brits en se qui concerne l'entraînement ,si ils arrivent à avoir de bon soldats avec le drill alors que leurs qualité de recrutement est moin bonne que la notre ,ben faut savoir être pragmatique sur se point de vue ,enfin du moin s'en inspirer 

Au final, tout système doit s'adapter à ce qu'il combat, et fait toujours réapprendre les mêmes fondamentaux; l'un des rares avantages de l'Afghanistan est qu'il le fait de force, le combat étant le prof le plus intransigeant.
Donc ça va se décanter; ça l'a déjà pas mal fait depuis une dizaine d'années, et la maturité du système actuel se verra nettement dans la décennie qui vient: là, comparer en effets avec les Brits sera déjà plus possible. Les régiments ont vu suffisamment de turnover pour établir les habitudes et générer déjà un bon nombre de sous-offs permanents de niveau correct.

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« Répondre #15 le: Lundi Juillet 19, 2010, 00:39:02 »

Au final, tout système doit s'adapter à ce qu'il combat, et fait toujours réapprendre les mêmes fondamentaux; l'un des rares avantages de l'Afghanistan est qu'il le fait de force, le combat étant le prof le plus intransigeant.

Je ne suis pas d'accord là dessus car au final qu'on "perde" ou qu'on "gagne" (terme à définir!) en Afghanistan, ca changera pas la face du monde. Déja que les objectifs à atteindre sont loin d'être clairs...
Un retrait aura des conséquences très limitées et forcera pas à amener une remise en question profonde sous peine de sanction. Ca va sans doute étendre le refus de prendre des risques et les méthodes de couvrage de son cul, pas vraiment l'effet recherché.

Le combat est le prof le plus intransigeant, mais il faut aussi à mon sens qu'il y'aie un gros enjeu afin qu'un apprentissage soit obligatoire.
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« Répondre #16 le: Lundi Juillet 19, 2010, 01:29:37 »

Je parlais surtout, en l'occurrence, du rôle du conflit afghan sur l'opérationnel dans l'infanterie, l'instruction de base et sur l'encadrement à bas niveaux, essentiellement les sous-offs et les bas officiers. Pas plus: à haut niveau, rien d'impactant en effet. Mais le haut niveau est inatteignable sauf par le politique, qui ne se réintéresserait à ces questions que si une guerre mondiale menaçait.
L'Afghanistan est au moins une école d'application pour les unités de combat jusqu'au niveau compagnie/bataillon interarme.

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« Répondre #17 le: Lundi Juillet 19, 2010, 20:33:26 »

Citation
Au final, tout système doit s'adapter à ce qu'il combat, et fait toujours réapprendre les mêmes fondamentaux; l'un des rares avantages de l'Afghanistan est qu'il le fait de force, le combat étant le prof le plus intransigeant.
Donc ça va se décanter; ça l'a déjà pas mal fait depuis une dizaine d'années, et la maturité du système actuel se verra nettement dans la décennie qui vient: là, comparer en effets avec les Brits sera déjà plus possible. Les régiments ont vu suffisamment de turnover pour établir les habitudes et générer déjà un bon nombre de sous-offs permanents de niveau correct.

+1

Citation
Pour le versant formation/entraînement, c'est la que la comparaison avec les Brits est importante: ils ont un budget armée supérieur, un budget équipement équivalent, une masse salariale équivalente.... Où est la différence? Entretien des matos, stocks courants et entraînement. Faut pas chercher plus loin.
Pour le côté entraînement, c'est quand même marrant de voir l'impact de la seule nouvelle instruction au tir de combat: ça tire plus, ça apprend mieux, c'est plus vivant, et tous les troufions apprécient. Pas de grand mystère, mais présenté comme ça l'est par l'EMAT, ils donnent l'impression d'avoir inventé l'eau tiède! Reste à faire ça dans tous les autres aspects de la vie militaire et un grand chemin aura été fait.
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Citation
Pour comparaison encore avec les Romains: tout centurion, tout légat en charge d'une légion, avait à l'esprit un seul truc: le légionnaire doit toujours être occupé. Entraînement, manoeuvres, réparations, entretien, construction.... Pas compliqué, mais apparemment, 2000 ans après, y'en a qui ont toujours du mal à le piger. La préparation opérationnelle de dernière minute avant déploiement ne compense pas tout.
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« Répondre #18 le: Mercredi Juillet 21, 2010, 18:31:47 »

Pour recentrer sur le sujet stricto censu, je me demande en fait si la nomenclature dominante actuellement de l'encadrement est si bonne, pertinente et efficace telle qu'elle est:
- distinction de 2 catégories, quasiment 2 espèces différentes: sous-officiers et officiers
- dans chacune, 2 sous-catégories plus ou moins clairement définies: juniors (caporaux et assimilés, chefs de groupe) et seniors (sergents/1st sergeant/staff sergeant, adjudants et warrant officers et autres) chez les sous-offs, bas officiers et officiers généraux chez les officiers

Les barrières sont plus ou moins perméables selon les systèmes, mais c'est la nomenclature dominante dans le monde actuel, et elle est avant tout héritée des redéfinition des genres depuis la 1ère Guerre Mondiale, correspondant à des armées massives et très ordonnées en grandes unités très structurées et faites pour une guerre "symétrique" (sinon même linéaire) de grande échelle. Soit en fait un système très fixe adapté à un seul type d'adversaire, et qui doit être de facto décomposé dans chaque déploiement actuel.

Sans entrer à fond dans le délire du "caporal stratégique", force est de reconnaître que l'évolution technique et technologique, celle des méthodes d'apprentissage et du niveau d'instruction, la montée en gamme en variété, exigence et quantité des matériels.... Sont telles qu'une redéfinition s'impose, à défaut de pleinement revoir en théorie la pertinence de tel ou tel modèle.
De même, la conflictualité moderne change l'approche: les guerres dites "classiques" n'ont pas disparu du spectre des possible, mais les armées, surtout si réduites, d'aujourd'hui, sont appelées à faire face à des situations extrêmement variées, exigeant donc beaucoup de l'organisation militaire, de l'approche tactique, et donc de l'encadrement. La grande guerre frontale contre un adversaire unique ou coalisé organisé en grandes armées n'est plus qu'un possible parmi d'autres, et pas le plus immédiatement probable.

Parmi les quelques tendances constantes qu'apprend la guerre à travers toute l'histoire (et que tout le monde s'empresse de désapprendre en temps de paix), la responsabilisation, l'autonomisation et la maximisation de l'intelligence des plus petits échelons reste parmi les grands classiques.
De même, quelle que soit l'époque et l'armée, il semble que la taille des unités et sous-unités élémentaires ne change jamais vraiment, du groupe de combat de 8-10h au bataillon de 500 à 800h en passant par la compagnie de 80 à 180h (pour la cavalerie, c'est la même chose avec d'autres effectifs). Tout connement parce qu'à ces échelons, la première donnée est encore, en définitive, de pouvoir commander/maîtriser/détacher de manière pratique, efficace et immédiate quelque chose d'appréhendable directement du regard et à la voix si besoin est.
Plus largement, ces unités sont, à toutes les époques, le coeur des détachements opérationnels potentiellement autonomes, auxquels on adjoint des éléments d'appui et de soutien divers, le tout étant placé sous un officier général, qu'il soit "capitaine" (au sens plus ancien et plus large), colonel ou brigadier (ancien grade à une étoile -mais pas un général-, aujourd'hui disparu)/général. Ces forces plus ou moins autonomes ont eu tous les noms, qu'elles soient organiques ou des détachements occasionnels: c'est l'origine même du mot "bataillon", fait pour être un détachement pertinent du régiment, trop lourd à manier, de la "colonne" (le capitaine d'une "colonne" devenant peu à peu le colonel), de la brigade (initialement un truc temporaire), du battle group anglais, du Kampfgruppe allemand....

Et c'est à l'échelle de ces unités et sous-unités élementaires que se décide l'articulation entre officiers et sous-officers, entre la décision de déploiement à l'échelon tactique et l'action purement opérationnelle.
Dans les changements militaires actuels, en France par exemple, l'accent est mis sur le GTIA et le SGTIA, l'AdT étant appelée à être comptée en nombre de GTIA disponibles, ce qui en fait l'échelon de référence de la décision.
Qui les commandera quand le dispositif sera institutionalisé et aura pris une allure de croisière? Un général? Un colonel? Cette façon de voir est-elle encore pertinente?
Et plus pratiquement, qui "aura" les SGTIA, et les unités plus petites? La frontière entre officiers et sous-offs telle qu'elle est sera t-elle encore pertinente face à cela?

SGTIA et formations plus petites seront clairement des éléments ultra-opérationnels, donc d'application pratique, et le niveau d'exigence face à la conflictualité moderne (hors des grands cas "simples" d'une guerre symétrique classique) sera grand. Qui faut-il dans ce genre de trucs? Des officiers de formation ou des sergents expérimentés ayant reçu une formation d'officier en cours de carrière? La façon binaire de voir de ce système empêche de voir la question facilement.

C'est pourquoi je mettais en avant la vision romaine structurée en 3:
- parcours de soldat dont les expérimentés (ayant resigné) peuvent avoir un statut de vétéran ("soldat de luxe"), de sous-officier "bas niveau" (les principales) ou de cadre spécialiste (artilleurs, ingénieurs, musiciens, renseignement, reconnaissance....), ou bien passer centurion
- parcours de centurions: vétéran distingué du rang et entamant une carrière de super sous-officier/bas officier, allant d'un adjudant à un capitaine/chef de bataillon. Et option pour l'élite des centurions: rang de primipile (1ère cohorte) équivalent à celui de colonel, avec l'ultime distinction anoblissante de préfet de camp
- officiers: venus de l'élite nobiliaire (classe des chevaliers ou sénateurs), le parcours militaire commence avec le rang de tribun, officier d'Etat-Major pouvant être affecté, au jugement du chef, à des détachements (affectation ou commandement de forces opérationnelles) permanents ou temporaires correspondant à ce qui serait donné à un colonel. Le parcours implique en fait peu de progression dans la titulature militaire étant donné qu'il s'agit de relations interpersonnelles et d'affectations selon les besoins et préférences du chef. Le légat (chef d'une légion, de la réserve, des auxiliaires ou de la cavalerie en général, voire commandement autonome si une armée doit se diviser en plusieurs forces) est une fonction déjà très politique, et le consul/proconsul est une fonction avant tout politique.

Bref, l'armée romaine avait un commandement organique uniquement issu du rang (seule la légion entière est à demeure commandée par un officier), et un commandement de forces autonomes conséquentes, souvent composites, issu du parcours d'officier (au moins au niveau 1 cohorte+appuis et compléments, c'est-à-dire bataillon interarme). Les centurions expérimentés sont largement aptes aux opérations indépendantes, voire complexes, de petite échelle, jusqu'au niveau cohorte.

Au vu du niveau requis pour le commandement de forces purement opérationnelles "à taille humaine" (de compagnie à bataillon, voire SGTIA/GTIA), ce lieu plus ou moins précis où se fait la distinction officiers/sous-officiers actuellement, quel modèle, existant ou théorique, semble devoir s'imposer? Quel genre de profils, quel genre de parcours, quelle formation fondamentale.... Compte le plus?

Exemple avec une application du système romain dans l'infanterie et la cavalerie:
- sections et compagnies auraient un commandement organique et opérationnel issu du rang (sous-offs promus avec une formation supplémentaire en cours de carrière).
- bataillons et régiments pourraient vivre de même avec comme pacha un sous-off promu, vu qu'ils sont des unités désormais "réservoirs" pour former des GTIA. Leur emploi en "entier" (en moyenne 2-3 compagnies + appuis et CCL) en GTIA pourrait aussi voir un sous-off promu comme officier responsable, sous le patron du GTIA, sans doute un colonel avec un staff autonome et fait pour la chose.

L'horizon offert aux sous-offs est ainsi plus large, et s'il est plus réduit pour ceux faisant le parcours d'officier, du moins sur le terrain, ça n'empêche pas de les affecter auprès de ces "super-sergents" devenus bas officiers, comme stagiaires/surnuméraires pour se former à l'expérience pratique et participer à la prise de décision, voire avoir un rôle mieux centré d'intermédiaire avec le commandement, et surtout d'interface dans des missions plus complexes ou il faut autre chose que des fonctions purement opérationnelles. Avec la formation théorique, c'est au final mieux que bâtardiser les grades de bas officiers entre les deux types dee parcours, sachant pour l'AdT que la grande majorité des lieutenants et capitaines en unité de combat vient du rang.
« Dernière édition: Jeudi Juillet 22, 2010, 18:54:03 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #19 le: Jeudi Juillet 22, 2010, 19:50:51 »

si je comprends ,enfin s'est comme sa que vois le truc ,il n' y aurait en gros plus de distingo entre Militaire du Rang et sous-off un peu comme dans le systéme brits ,sauf que par rapport au sytéme brits et bien les différents échelon dans le grade de sous-off remplacerait les divers postes de responsabilité jusqu'au niveau de commandant d'unité .
on aurait moin d'officier sortant d'école ,mais ceux-ci bénéficierait de l'expérience durant "leur temps"  en compagnie ,unité  formé de personnels qui disons avec l'ancienneté aurait gravit tout les échelons hiérarchique que l'on rencontre dans une compagnie (donc on peut faire carriére dans la même compagnie sans mutation ).

j'éspére ne pas être trop confus .

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« Répondre #20 le: Jeudi Juillet 22, 2010, 21:46:01 »

Y'a de ça, mais ce que j'entends par système ternaire, c'est vraiment faire 3 cursus complets et séparés, et non plus penser en terme de rang et sous-offs d'un côté, et officiers (bas et généraux) de l'autre. Evidemment, je me base sur l'exemple romain, et il peut y en avoir d'autres. La question est de savoir où on place le curseur entre opérationnel et "théorique" (je schématise, à défaut d'autre terme) dans la formation:
- actuellement, les sous-offs ont une formation avant tout opérationnelle, et ensuite théorique pour ceux qui montent en passent officier en cours de route
- les officiers partent de la théorie (école) et arrivent à la pratique mais au bas échelons (section et compagnie/batterie/escadron surtout, plus divers détachement plus composite de petite échelle), du moins pour ceux qui feront une carrière longue

Cette façon de confier des responsabilités opérationnelles à ce niveau hautement "pratique", à des jeunes officiers inexpérimentés est-elle en définitive la meilleure façon de faire? La réponse est dans la réalité des unités de combat où les bas officiers issus du rang ont une présence plus que marquée. Le fait est que dans les armées de ligne comme dans les armées de masse, le lieutenant et le capitaine n'étaient jamais très loin de leur chef de bataillon, voire de leur colonel, sauf pour de très courtes périodes de temps (détachement ponctuel....). Et le système actuel date en fait du temps où les bas officiers étaient surtout nécessaires en tant que seules personnes éduquées et capables "d'impliquer" l'unité dans la perception de leur rôle au sein d'un plus large dispositif, pas en tant que décideurs tactiques réellement autonomes.
Maintenant, c'est la concentration d'un dispositif, même au niveau compagnie renforcée, qui devient quasiment exceptionnelle (nouveaux moyens de com, couverture du terrain, possibilités plus large des petites sous-unités....), ou en tout cas ponctuelle. A ce compte, est-il pertinent qu'un jeune officier inexpérimenté ou peu expérimenté soit responsable d'un tel niveau de facto autonome? Le sens du terrain et la bonne prise en main de l'unité priment plus à ce niveau

A haut niveau (officier général), il est facile de constater que la prédominance de la formation initiale en école a plus de pertinence, de même que l'habitude du milieu (relations, interactions, habitudes et méthodes de travail.... Y compris avec des forces étrangères), de la transcription des faits militaires en données politiques/économiques/comptable/stratégiques.... De même, au niveau plus "pratique" (section, compagnie, détachement, SGTIA....), apparaît un plus grand besoin de savoir-faire opérationnel et d'intelligence tactique et "humaine" qu'on retrouve plus dans les profils d'officiers issus du rang.
La question est donc: où placer la barre entre les 2? Entre le meneur d'hommes/tacticien et le "stratège"/responsable d'une zone où opère une force interarme/interarmée? A quel niveau vaut-il mieux que l'officier qui commande effectivement un niveau de force donné soit issu du rang ou d'école?

La seule proportion de capitaines et lieutenants issus du rang dans les unités de combat semble indiquer qu'à ces niveaux là, au moins pour les unités de mêlée (Génie, Trans et Arti ayant d'autres paramètres, de même que les unités encore plus "techniques/scientifiques"), il vaudrait mieux acter la réalité en un système plus clair que continuer comme aujourd'hui, ce qui revient à adapter l'organisation de l'encadrement opérationnel au niveau des unités vers lesquelles l'AdT semble orienter son format (GTIA/SGTIA).

Du coup, le système implique:
- un parcours du soldat du rang qui peut déboucher, pour ceux qui seront appelés à resigner (et/ou qui ont le niveau) sur une carrière de sous-off pleinement valorisée comme telle, ou un statut de "vétéran" (en France, il y avait ainsi jadis les "anspessades") pour ceux qui sont de bons soldats (et donc que l'AdT veut garder) mais ne veulent pas devenir sous-off (ou n'ont pas les qualités requises), et qui peuvent éventuellement choper diverses spécialisations en tant que vétéran. Pour ceux destinés à devenir officiers, l'ENSOA jouerait le rôle de repérage des profils aptes à faire des officiers corrects (pas seulement par son concours, mais par du repérage plus précoce en unités), et les orienterait vers ce cursus

- un parcours d'officier issu du rang: évidemment, il implique d'avoir fait son temps comme soldat, et les profils tendraient plutôt vers ceux qui sont passés vite sous-offs et ont fait leurs preuves. Mais pour ceux-là, les rangs de lieutenants et capitaines seraient une voie réservée et non plus mixte, après passage dans une école exactement formatée pour ce parcours. De même, les rangs de chef de bataillon/commandant (pour le commandement  non opérationnel: les unités à domicile quoi), voire lieutenant-colonel comme distinction de fin de carrière. Pour gérer un régiment organique sur base, y'a pas besoin de St Cyriens. Ces bas officiers issus du rang seraient valorisés comme spécialistes de leur arme et comme chefs opérationnels jusqu'à un niveau donnée, purement pratique (SGTIA au maxi).

- un parcours d'officiers "classique": plus resserrés sur les grades d'officiers généraux. Après école, ils feraient leur classes/stages en unités opérationnelles, auprès des bas officiers mais sous leur autorité: ceux-ci seraient seuls juges de tâches à leur confier (commandement de détachements temporaires, observation, "conseil" pour des domaines autres que le pur opérationnel/action, mais surtout "traduction"/intermédiation avec l'échelon supérieur, qui serait le truc le plus formateur et ce qu'ils sont chargés de voir et d'apprendre). Ce seraient en somme ce qu'on appelait jadis les "jeunes messieurs" dans la Marine (dont l'instruction étaient confiée avant tout aux vieux premiers maîtres), quel que soit les grades temporaires qui puisse leur être trouvés. Et pour ceux qui donnent satisfaction, après plusieurs niveaux d'apprentissage opérationnel (section/compagnie/SGTIA/GTIA), et une période en Etat-Major (SGTIA/GTIA/EMF et brigades-réservoirs), commence alors la carrière d'officier général. Elle commencerait, pour les commandements opérationnels, avec une affectation au QG d'un GTIA. Ces profils seraient faits pour former des meilleurs "généralistes", contrairement aux bas-officiers qui sont plus des spécialistes de leur arme et de l'échelon terrain/pratique.

Ca peut ne pas sembler si différent en soi, mais ça implique en fait de nombreux aspects, par exemple un des plus cons: un officier issu du rang, ou même un sous-off avec une bonne carrière derrière lui, devrait pouvoir gagner plus de fric qu'un officier débutant. La rareté est récompensée, pas le "rang social" découlant d'un cursus.

Il faut garder à l'esprit que 2 ordres de données très différents président à cette question:
- l'opérationnel: quelle est la meilleure organisation tactique, la meilleure articulation d'un dispositif? Quel modèle de force? Quels hommes choisir pour commander des sous-unités, détachements, compagnies interarmes, task forces.... D'un côté, et des véritables battlegroups/GTIA qui sont apparemment le premier niveau "grande unité opérationnelle" (impliquant donc d'autres logiques que le seul opérationnel) de demain, de l'autre?
- l'individuel: comment recruter, promouvoir et garder les bons profils pour chaque échelon de cette organisation? Le fait est qu'un système, à partir d'un moment, dégoûte les bons éléments parfois plus qu'il ne les motive. Des perspectives de carrière plus claires, des possibilités clairement établies, des rémunérations adaptées, des horizons dégagés (ou en tout cas moins brumeux), un repérage et une classification des profils précoces avec un bon suivi....

Ces facteurs, surtout le 2ème, sont cruciaux dans une armée professionnelle et contractée: dans des armées de masses, il est toujours possible de trouver suffisamment de bons profils pour tous les jobs et toutes les promotions, pour un certain nombre d'unités. Là, il est question d'optimiser au mieux le peu d'unités combattantes qu'il peut y avoir dans les formats d'armées occidentales (hors USA) réduites. Fidéliser à plusieurs niveaux (soldat, sous-off, officier issu du rang et officiers "classiques") est une priorité, mais aussi une priorité qui doit être précisément évaluée en effectifs nécessaires, non seulement pour ne pas trop vieillir l'ensemble, mais aussi et surtout parce que le corollaire de cette fidélisation est une vraie valorisation, soit un vrai investissement sur une personne.
La GRH en général est cruciale à cet égard, et beaucoup de conservatismes, tant dans l'inconscient militaire, culturel et social que dans l'organisation des forces, mais aussi pas mal de blocages (corporatistes), montrent que pour l'instant, la GRH des armées continue à raisonner comme si elle avait le choix de ces personnels, alors qu'elle fait face à une pénurie permanente.
« Dernière édition: Jeudi Juillet 22, 2010, 22:26:13 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #21 le: Jeudi Juillet 22, 2010, 22:25:39 »

franchement ton systéme mon cher Tancrède ,s'est du top  grin ,j'ai super bien saisi le principe ,et se qu'il apporte ,s'est vraiment mettre l'homme au coeur du systéme .

je n'aime pas le terme de "soldat professionnel" (on peut parler de professionnalisme dans le travail ,mais parler d'un soldat professionnel s'est plus ou moin impersonnel ,je le dit parfois mais s'est par mauvaise habitude ) mais je lui préfére celui-ci :"soldat de métier ",qui collerait plus à ton systéme .

de plus ,on pourrait donner la chance à des gens sans formations civils "super poussé" à avoir la capacité à monté dans se systéme (il faut juste trouver un systéme de test "militaire"afin de définir le profil ) ,et on y gagnerait dans le sens valorisation de l'homme .



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« Répondre #22 le: Jeudi Juillet 22, 2010, 22:49:12 »

Si j'ai bien compris on a trois échelons différents que sont les sous off devenant officiers avec le temps ou super sous off, les officiers du rang devenant officiers directement mais nécessitant une période d'adaptation sur le terrain sous les ordres (ou devant suivre les conseils) d'un sous off expérimenté et enfin les hauts gradés directement issus des écoles de formations et étant plus "'politiques".

Ton système prévoit une forte possibilité de promotion/carrière pour les sous off, pouvant accéder aux grades d'officiers subalternes (ce qui permettrait aussi une ascension sociale relativement intéressante). Ceux-ci pourraient apprendre sur le temps long l'équivalent d'une formation universitaire imposée sur un cursus plus court à un officier subalterne. J'ai compris ou alors vraiment pas ?

Petite question : Un soldat suivant directement un cursus d'officier se retrouverait avec un grade d'aspirant (ou équivalent) qui sans être vraiment officier serait amené à suivre un officier/sous off expérimenté pour prendre de la bouteille et enfin devenir véritablement un officier (l'on pourrait établir un parallélisme avec la formation de Rico décrite par Heinlein, Rico n'étant réellement officier qu'après avoir vu le feu, en examen permanent et susceptible d'être relevé de son "commandement" n'importe quand, l'officier d'active reprenant la main quand ça devient vraiment très coton) ou serait-il directement considéré comme officier ? Dans le premier cas le passage en opérationnel serait partie intégrante d'une formation et en temps de paix/absence d'OPEX un aspirant aurait pas mal de temps à passer avant de devenir réellement officier, la manoeuvre ne remplaçant en définitive pas vraiment le feu. Dans le second il s'agirait d'un diplômé effectuant un "CPA" ou un stage comme quelqu'un sortant d'HEC. Enfin quelles seraient les perspectives de promotion d'un soldat commençant directement au grade actuel de lieut/capitaine ? Les hauts postes étant plus théoriques et moins pratiques (et politiques), ceux-ci auraient moins ou pas passage obligé au sein des troupes sous les ordres de sous off ayant une bonne descente/de la bouteille.


Autre question : peut-on considérer que la fracture binaire actuelle se reflète sur un schéma universitaire - non universitaire ? (je pose la question par rapport aux niveaux de formation auxquels tu fais allusion) dans ce cas ton modèle prendrait-il comme schéma une structure semi qualifié/haute école (sous off), qualifié/universitaire lambda (officier subalterne), sur qualifié/doctorant (officier supérieur) ?
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« Pour autant qu’ils aient la mobilité, la sécurité, le temps et la doctrine, la victoire reviendra aux insurgés, car les facteurs algébriques sont finalement décisifs et contre eux la perfection des moyens et la lutte des esprits restent vaines2. » Sir Thomas Edward Lawrence
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« Répondre #23 le: Jeudi Juillet 22, 2010, 22:58:49 »

Citation
franchement ton systéme mon cher Tancrède ,s'est du top   ,j'ai super bien saisi le principe ,et se qu'il apporte ,s'est vraiment mettre l'homme au coeur du systéme .

J'ai modifié un peu le texte.

Evidemment, le côté naïf de cette vision est que l'être humain pèse peu politiquement comme investissement face aux grands industriels et à leurs productions (surtout avec des dirigeants qui se foutent du domaine stratégique/sécurité), pourtant avec les "armées de 100 000h" (effectif global, pas combattant) à laquelle les grands pays européens sont limités, la GRH est un investissement plein et entier dès lors que le but est d'obtenir un outil efficace qui puisse peser son poids politiquement. Quelques données peuvent plaider en ce sens d'un point de vue objectif:
- le modèle de force s'oriente un peu partout sur le niveau battlegroup/GTIA comme grande unité de référence. Ce type d'unité devient donc de facto le premier niveau où la logique opérationnelle "terrain" est mêlée à d'autres facteurs: politique, interaction avec le commandement de grand EM, interaction civilo-militaire locale (au-delà du simple contact, donc avec quelque chose de planifié), interaction avec des commandements de forces alliées, gestion du domaine interarmée.... C'est donc le premier niveau où la formation classique d'officier a une pertinence plus grande que la seule logique opérationnelle.
- En deçà (SGTIA/compagnie renforcée, section autonome ou interarme....), l'opérationnel, l'expérience, le sens du terrain, la connaissance des hommes, l'autorité/le caractère, la débrouillardise, l'autonomie, le sang-froid.... Comptent nettement plus. Ces niveaux-là sont appelés à opérer le plus clair de leur temps loin du regard du QG de GTIA, de la façon la plus éclatée possible, et ont besoin de chefs qui ont de la bouteille. Et là, le terrain et les RETEX seront impitoyables.
- la contestation du modèle des armées occidentales actuelles: alignement sur les visions d'ingénieurs (course aux capacités non nécessaires), temps de conception, fabrication et mise en ligne des équipements (vision en "plates-formes"), coûts en croissance constante.... Le tout pour un alignement de facto sur le modèle américain avec même pas le 10ème de leurs moyens. Au bout de ce système, il y a une armée à 3 brigades avec des équipement pour une cheesy. Ce que soulignent pas mal de monde Desportes en tête (mais aussi dans l'USMC), c'est qu'il faut reprendre l'initiative et adapter les commandes aux besoins et au service d'une vision d'organisation tactique, et non asservir ce niveau aux industriels. Des équipements moins pointus, plus nombreux et plus souvent renouvelés pour les unités opérationnelles en somme. La seule question des coûts (achat, entretien et projection) et des délais résoudra à terme cette équation.
- Les écoles d'officiers voient des départs importants en cours de formation et en début de carrière, preuve d'un modèle inadapté. Le parcours du jeune officier va devoir se trouver une nouvelle valeur ajoutée et se repenser en grand, sous peine de se transformer en école de commerce d'un nouveau genre avec une petite minorité, même pas forcément les meilleurs, qui ira dans le peu de places disponibles en unités combattantes (pour devenir général un jour Tongue)
- corollaire du précédent, les bons et très bons profils sont chers (très chers) et hors de portée des armées (de plus en plus: voir les Polytechniciens qui ne vont plus du tout à l'armée), et plus la caste des officiers s'éloigne de la société, et surtout de ses hautes sphères, plus ces profils seront hors de portée et moins les très bons candidats seront nombreux (sauf ceux ayant la "pure" vocation). Avoir un St Cyr redimensionné (et pas qu'un peu) sur son versant militaire et en faire plus largement une école d'encadrement militarisée (avec des éléments pour la formation purement militaire aussi) associée à d'autres voies possibles vers le civil (grandes écoles), c'est replacer les futures élites militaires dans la sphère de l'enseignement supérieur général. Le parcours militaire peut ensuite être plus facilement valorisé pour ceux qui sortent de l'institution à tous les stades. L'apprentissage purement militaire se fera dans la pratique, en continu, via l'affectation sans commandement, auprès des bas officiers.
- le problème des élites militaires, surtout en France, va de même, plus généralement, devoir être réglé par une nouvelle approche du métier
- la GRH des armées peine à attirer les vocations en quantité et en qualité: elle doit être repensée de fond en comble, et elle ne pourra pas en faire l'économie. Accroître le vivier de recrutement par un ciblage segmenté, aménager plusieurs cursus de formation initiale pour former le produit standard "soldat de base" (sujet déjà évoqué ailleurs), aménagement de possibilités de parcours de carrière clairs et facilement identifiables par les candidats, sérieux travail sur la reconversion (parce qu'il y a pas de mystère, il faut du turnover de gens qui ne dureront pas assez pour avoir une pension, mais qui ne doivent pas non plus récupérer un statut de quasi pestiférés pour des recruteurs).... Les problèmes de recrutement et de fidélisation, de même que le coût de la gestion à la petite semaine contraindront tôt ou tard à s'intéresser réellement à ces aspects, surtout dans le cadre de la contraction des effectifs fixes (moins de monde, tâches équivalentes = contrainte d'efficience)

Bref, beaucoup d'aspects et tendances de la réalité vont contraindre à repenser beaucoup de choses; mieux vaut donc prendre cela en compte avant d'avoir à le faire en urgence et au coup par coup.

Citation
Autre question : peut-on considérer que la fracture binaire actuelle se reflète sur un schéma universitaire - non universitaire ? (je pose la question par rapport aux niveaux de formation auxquels tu fais allusion) dans ce cas ton modèle prendrait-il comme schéma une structure semi qualifié/haute école (sous off), qualifié/universitaire lambda (officier subalterne), sur qualifié/doctorant (officier supérieur) ?
 
Citation
Si j'ai bien compris on a trois échelons différents que sont les sous off devenant officiers avec le temps ou super sous off, les officiers du rang devenant officiers directement mais nécessitant une période d'adaptation sur le terrain sous les ordres (ou devant suivre les conseils) d'un sous off expérimenté et enfin les hauts gradés directement issus des écoles de formations et étant plus "'politiques".  

Tout un cran plus bas  cheesy:
- soldats du rang ayant comme horizon: quitter l'armée avant l'ancienneté pour pension, devenir "vétéran" (et acquérir éventuellement une spécialité donnée, soit en opérationnel, soit en unité fixe ou administrative), devenir sous-off
- une fois sous-off (repéré précocement et orienté, ou par parcours perso et choix): soit faire une carrière de sous-off jusqu'à un niveau (y compris de revenu) assez élevé, mais surtout valorisé comme tel (système assez britannique), soit être orienté (repérage/orientation ou volontariat, avec examen dossier, appréciations/recommandations, et épreuve/concours) vers une carrière de bas officier
- bas-officiers: entièrement issus des sous-offs. Reçoivent donc une formation théorique/technique adaptée à leur seul profil et à l'échelon qu'ils sont appelés à prendre en charge, et ont, comme ceux qui feront le parcours de sous-off jusqu'au bout, des postes, affectations et grades entièrement faits pour eux (lieutenant, capitaine, chef de bataillon/commandant et lieutenant-colonel comme "distinction", leur maréchalat, quoi)
- officiers généraux: venus d'école et appelés à être stagiaires et surnuméraires en formation continue et affectation auprès des bas officiers dans un premier temps, puis dans les EM de différents niveaux. Le seul but de cette carrière est de fournir des officiers aptes à l'échelon GTIA et au-dessus. Donc eux n'auraient aucune réelle autorité avant cela: ils seraient en apprentissage long et permanent, d'abord auprès de sous-offs expérimentés pour le feu, ensuite auprès de bas officiers pour connaître l'échelon de commandement opérationnel, et enfin dans les EM (de GTIA à EMF) pour leur vrai métier.


Il y a effectivement une distinction selon le niveau d'instruction intial, mais il des parcours clairement différenciés pour éviter de les téléescoper.
Citation
Ton système prévoit une forte possibilité de promotion/carrière pour les sous off, pouvant accéder aux grades d'officiers subalternes (ce qui permettrait aussi une ascension sociale relativement intéressante). Ceux-ci pourraient apprendre sur le temps long l'équivalent d'une formation universitaire imposée sur un cursus plus court à un officier subalterne. J'ai compris ou alors vraiment pas ?

C'est l'idée: que les rangs de lieutenants, capitaines et chef de bataillons ne soient plus en aucun cas liés à une école militaire autre que celle qui prend les sous-offs sélectionnés en ce sens.

Pour ta question, assortie de la comparaison avec Heinlein, il y a de ça, sauf qu'il semblerait quand même judicieux que les officiers issus du rang aient d'abord été sous-offs, pas simplement soldats: il ne suffit pas d'avoir vu le feu, mais il faut avoir aussi encadré effectivement des soldats au feu, et pensé leur action au moins à petite échelle. Autant pour repérer "l'autorité" et les caractères que pour trouver ceux qui peuvent penser et anticiper sous le feu, non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour un groupe, et être autonomes. En plus, être sous-off, c'est aussi appartenir à un milieu et une mentalité bien particuliers que ces futurs bas officiers doivent connaître pour marquer leur différence avec les officiers "classiques", eux appelés à ne commander que les unités équivalent GTIA et plus, et/ou à y avoir un job.
Il n'est pas question de faire sortir direct un soldat du rang et de le foutre en école d'officiers.

L'un des points du système est qu'il est là pour différencier des parcours, tant en fonction des critères individuels qu'en fonction des impératifs d'organisation des armées modernes. Actuellement, tu auras de l'engorgement à tous les étages avec des parcours peu clairs, peu d'affectations et surtout très peu de commandements, avec cette aberration qui est de foutre des jeunes officiers peu expérimentés sur les bas échelons de commandement qui sont les échelons opérationnels pratiques des armées modernes (qui ont donc de fortes exigences).
Il faut être franc: dans ce système, un très bon candidat issu du rang ne deviendra jamais général sauf en cas de conflit de grande échelle, et sa perspective de carrière maximum sera celle du parcours de bas officier. Mais au moins, les 2 parcours (officier issu du rang et officier d'école) ne se disputeront plus le peu de places disponibles, ce qui est une des causes de la surpopulation de St Cyr (et des départs, surtout des bons, en cours de route) et une sérieuse limite aux perspectives des bons officiers issus du rang qui n'en ont pas vraiment au-delà des postes opérationnels où ils sont irremplaçables (les jobs d'officiers en unités fixes/administratives reçoivent le surplus d'officiers d'écoles, réellement trop nombreux). En réservant les grades de bas officiers, et les affectations correspondantes, aux parcours issus du rang, ça donne de l'oxygène et ça clarifie les choses.
De même, le parcours d'officier d'école est clairement destiné à un truc: les postes d'EM opérationnels (ou fixes) et les hauts commandements des forces:
- la réduction drastique des effectifs en formation est impérative
- le premier grade post formation est officier d'EM, avec généralement une spécialisation
- les places peu nombreuses et chères et recherchées sont les commandements opérationnels: à effectif égal de l'AdT, il y aurait environs 32 GTIA (aux ordres d'un colonel) à pourvoir, qui se regrouperaient en une dizaine de brigades interarmes (si possible opérationnelles en tant que telles) plus petites que les actuelles, et 3 EMF plus l'EMF européen. Et après s'ajoutent les postes de brigades spécialisées et leurs EM, et les postes fixes.
- avant cela, ou plutôt en deça du GTIA, l'armée appartient aux officiers issus du rang cheesy: les jeunes "aspirants" y font leurs classes comme "jeunes messieurs", sans autorité de commandement sauf si un lieutenant ou capitaine, en opérations, les juge assez bons ou les testent sur une mission ponctuelle avec un détachement. En dehors de ça, leur rôle est d'apprendre, de participer, d'être disponibles pour tout job.... Ils passent un moment à chaque échelon de commandement opérationnel, et en SGTIA, avec donc un capitaine/chef de bataillon issu du rang, ont déjà assez de bouteille pour jouer les traducteurs/intermédiaires avec le niveau GTIA. Après ça, ils sont bons pour commencer leur vraie carrière dans les EM, sous les ordres d'officiers généraux.
- les corollaires pour ce niveau de formation est la valorisation de leur cursus pour une reconversion dans le civil (bonne école d'encadrement/plannification/décision, avec des UV "civils") et la sévère limitation de leur nombre. L'un des bons points est aussi que ça les rend plus aptes à refoutre des élites militaires dans les bons cursus civils, donc de reconnecter les élites militaires (qui puent la naphtaline) avec le monde réel.
« Dernière édition: Vendredi Juillet 23, 2010, 00:53:12 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #24 le: Jeudi Juillet 22, 2010, 23:52:18 »

il y a un truc à voir aussi ,s'est qu'il n'y aura plus le "stress" des examens qui permettent de faire une "carriére" plus longue ,et qui sont plutôt un systéme variable de la gestion du personnel (quota de personnels à garder pour raison budgétaire ,les futurs retraites quoi  ) .

en gros ,je prend l'exemple du CAT2 ,concours qui "sélectionné" les capo-chefs prétendant à allé jusqu'à la retraite .
le gus pouvait avoir la moyenne ,et bien il n'était pas sur de l'avoir .il fallait avoir tant de poste budgétaire ,donc on mettait la la barre un peu plus haut (on préparait les gars de mieux en mieux ,mais à chaque fois la barre était revu à la hausse ).

dans le tas ,il y avait des bons (bon en examen ,et sur le terrain ) qui cartonnaient aux concours ,mais aussi des mauvais (mauvais dans le sens du gus pas con pour passé un examen ,mais une bille sur le "terrain" ).

résultat on a perdu de nombreux capo-chefs "homme de terrain" ,et qui se sont retrouvé dans le civil ,désabusé et qui avait largement de capacité dans le domaine purement mili .


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« Répondre #25 le: Vendredi Juillet 23, 2010, 16:56:44 »

Là Gibbs, tu nous lancerais dans l'éternel débat "contrôle continu ou concours"  cheesy. Mais c'est vrai que ça fait partie des défauts: afficher un système méritocratique dont on trucide la réalité selon les besoins budgétaires, sans le dire en plus.

Essayons de ne pas limiter le sujet aux réformes à faire dans l'AdT d'aujourd'hui, et juste sous l'angle de la gestion des personnels. Je sais que le sujet n'est pas des plus précis, mais il concerne l'organisation tactique des armées et la pertinence des modèles (modèles actuels inclus évidemment), donc selon les 2 angles de vue que ce problème implique, et qui ne sont jamais facilement conciliables:
- angle de l'armée: définition de capacité, adaptation au spectre des menaces le plus large possible, définition d'un échelon tactique de référence (légion, division, GTIA/battlegroup....), articulation du dispositif, capacités recherchées, organisation et nomenclature des grandes unités, unités élémentaires et sous-unités, maximisation de l'efficacité de chaque échelon, choix et sélection des hommes, contrainte budgétaire
- angle individuel: GRH, choix et sélection, recrutement (conscription? Volontariat? quel mix des 2?), formation/entraînement/aguerrissement, vie sur base, "ambiance" de travail, création/entretien d'un esprit de corps, attractivité du métier, perspectives de carrière, clarté du dispositif, possibilités de reconversion, traitement des mutilés, retraites....

Quelle que soit l'époque, les armées réellement organisées et efficaces ont toujours eu, à un degré ou à un autre, ces 2 ordres de préoccupation quasiment contradictoires en tête (même les gouvernants les plus cyniques savaient que les bons hommes ne s'attirent et ne se gardent pas s'il n'y a pas de plan de carrière et de retraite; les mercenaires n'ont jamais offert une bonne solution). La question est de les optimiser ET de les rendre compatible.

Je m'inspire avant tout de l'exemple romain, car c'est celui qui a su le mieux les fusionner dans une organisation efficace (de l'armée et de la société), et ce dans le temps long, au point, pendant le Haut Empire, d'être un des piliers de la société et de l'économie, les zones frontières étant aussi des espaces à mettre en valeur, ce à quoi les légions et auxiliats en garnison contribuaient largement, implantant des générations de soldats dans le paysage de zones en développement (en garnison, puis en retraite, les soldats faisaient souche et contribuaient plus que largement au développement et à l'urbanisation de ces zones). Tout n'en est pas transposable, mais le point est que, à la lumière de l'Histoire et des développements techniques, tactiques et technologiques actuels, il semble qu'un nouvel équilibre doive être trouvé pour l'organisation militaire, afin de concilier différemment ces 2 grands facteurs de l'organisation tactique et humaine des armées.

Pour reprendre le point particulier des officiers: qui a décrété qu'un jeune bien éduqué devait commander une force opérationnelle autonome? Personne. la conception actuelle des grades de lieutenant et capitaine remonte aux armées de masse qui fonctionnaient en packs plus denses et dont la coordination et la cohésion ne pouvait se faire que via une chaîne hiérarchique lourde et omniprésente (niveau d'éducation moyen, masses importantes à coordonner, moyens de com limités, même à courte distance....). Un légat ou un consul romains auraient trouvé complètement stupide de confier le commandement d'une cohorte à un jeune tribun, et encore plus stupide de l'envoyer sur une mission autonome, même de courte durée et avec moins qu'une cohorte. Soit il avait des tribuns ayant bien plus de bouteille pour faire ça, soit, cas plus probable, il avait pléthore de centurions bien rôdés pour ce genre de taf. Si la mission impliquait l'interaction avec des alliés, soit un versant politique, là le tribun avait une utilité et le commandement nominal. Si elle avait déjà une certaine échelle (une ou plusieurs cohortes), le tribun, un expérimenté, avait là toute son importance et prenait un rôle de commandement et de coordination globale du détachement (choix des objectifs, mouvement, choix de combattre ou non, dispositif global....), mais l'application tactique restait du domaine des centurions, et ils étaient les premiers qu'il consultait pour savoir ce qu'il était possible de faire et comment il fallait le faire.

La nomenclature peut varier pour définir le niveau où la pratique compte plus que l'éducation, et il est possible de l'envisager autrement:
- officiers "terrain" = spécialistes, officiers "écoles" = généralistes
- officiers terrains sont censés être des pros du combat et des meneurs d'hommes, les officiers "écoles" sont censés être des pros de la guerre au sens large
- les uns sont centrés sur le niveau terrain et pratique, l'application, les autres sont centrés sur le spectre général, dont le niveau terrain n'est qu'un seul aspect.

Vu sous cet angle, il apparaît plus que ridicule de confier une responsabilité pareille à des jeunes lieutenants ou à des capitaines qui ont généralement peu de bouteille, mais surtout moins la connaissance intime de la troupe dans sa réalité complète, pas le même sens du terrain.... De leur point de vue, c'est un validateur de parcours, alors que dans la réalité, c'est désormais l'échelon opérationnel premier, le domaine d'application pratique le plus crucial et l'échelle de déploiement désormais "normale". Il faut à cette échelle des officiers dans la 2ème moitié de leur carrière (15 ou 20 ans derrière eux), pas des djeunz. Qu'il soit nécessaire que les futurs officiers généraux aient tâté de ces échelons pendant un bon bout de temps (et qu'ils aient vu les conséquences des ordres venus "d'en haut") c'est évidemment nécessaire.... Mais pourquoi en tant que responsable de cet échelon qui réclame ses propres spécialistes expérimentés aux commandes?
Avant de faire sa "vraie carrière" en EM (échelons GTIA, EMF de diverses tailles, et EM de Corps d'Armée interallié), le jeune officier devrait plus logiquement:
- être un étudiant ET stagiaire de longue haleine, avec derrière lui une "grande école" militarisée (St Cyr remasterisé version "compatible et valorisée aussi pour le civil), une école d'application (pour son arme) et des classes "normales
- avoir dans un premier temps un statut ferme et défini, avec un ou plusieurs rangs correspondants (différents des grades de bas officiers): pas un mdr, mais pas non plus réellement un officier, en ce sens qu'il est affecté en sous-unités (section, compagnie interarme et SGTIA) sous l'autorité d'un sous-off (un bref temps en section) ou d'un bas officier
- à ce stade, il joue les surnuméraires, avec un certain nombre de tâches défini, mais surtout de l'apprentissage à faire. Passé un certain temps, le rôle du bas officier est aussi de l'assigner ponctuellement à un commandement autonome temporaire (une mission, un contact à établir, un coup de main à faire....). Il faut évidemment qu'il ait tâté de chaque échelon dans sa réalité, et, toutes assurances prises, ait pu voir ce que c'était que commander à ce niveau.
- au niveau SGTIA, il est déjà un officier d'EM auprès d'un capitaine issu du rang, et apprend à jouer l'interface entre le SGTIA et le GTIA, c'est-à-dire la jonction entre l'échelon et le langage EM et l'échelon et le langage terrain.
- il convient de déterminer une durée pour cette période d'apprentissage, histoire de pas se retrouver non plus avec des mecs qui ont végété 10 ans en faisant ça et dont les possibilités de reconversion seront nulles
« Dernière édition: Vendredi Juillet 23, 2010, 20:51:17 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #26 le: Samedi Juillet 24, 2010, 13:54:02 »

tu vas peut-être trouvé ma comparaison débile ,mais dans Band And Brothers il y a l'épisode ou on voit un jeune officier sorti de westpoint qui fait un cour passage en unité ,histoire de lui faire goûter au "combat" .passage bref  cheesy (s'est pas non plus le sujet principal de l'épisode ) ,mais il y a l'idée de se que tu décris ,avec un temps quand même plus long que se que se jeune officier passe en unité de combat avant de rejoindre un état-major  dans l'épisode .
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« Répondre #27 le: Samedi Juillet 24, 2010, 18:13:41 »

C'est toujours un peu ça, mais en l'occurrence, il est juste là pour "goûter" le feu, pas pour commander ni même vraiment pour avoir un rôle. Il est plus là en "observateur" ce qui est trop passif; c'est le genre de trucs obtenus au piston pour pouvoir afficher "a été à la guerre" sur son CV.
Mais y'a surtout le lieutenant foireux, aussi là pour marquer le coup dans son CV, qui est authentiquement en charge de la compagnie pendant un moment. C'est un cas extrême, qui plus est dans un autre genre de guerre, mais ça souligne que sorti du combat groupé et en ligne, vaut mieux du lieutenant/capitaine issu du rang et ayant bien roulé dès lors que le combat se joue plus au niveau de la section/compagnie en autonomie plus ou moins prononcée. C'est trop de responsabilité et de compétence à demander d'un jeune officier qui n'est plus seulement un exécutant dans une vaste formation dense où l'autorité de décision (colonel/général) est, pour ainsi dire, à portée de voix ou pas beaucoup plus loin, et sur le plan purement tactique/combat/meneur d'hommes, c'est hors de la portée du "lieutenant moyen" avec même 3-4 ans d'expérience ou du "capitaine moyen" avec un peu plus.
Les armées de masse et dans une époque de fort patriotisme et de danger immédiat pouvaient toujours procurer une proportion raisonnable d'excellents jeunes officiers qui apprenaient vite ce qu'une école ne leur avait pas fourni, et ils allaient dans les unités de pointe en général. Mais si la réalité était examinée en spectre large à partir de la 2ème Guerre Mondiale, le résultat global ne serait pas forcément si flatteur pour ces échelons, toutes armées confondues. Et de toute façon, l'époque n'est plus à de tels vivier où des profils de jeunes officiers exceptionnels peuvent être considérés comme abondants, ni à des conflits permettant à la sélection naturelle de les repérer/de les faire monter vite. De même, l'investissement de formation par tête de soldat et d'officier est bien plus important et le droit à l'erreur bien moindre étant donné les effectifs réduits et les impératifs de disponibilité (et la tolérance aux pertes).

Donc mort au modèle actuel de l'officier qui fait sa carrière de lieutenant à général! C'est dépassé, contre-productif et inadapté à l'optimisation générale des moyens, à la viabilité des parcours de carrière (donc à l'attractivité du métier) à tous les niveaux, aux nécessités tactiques pour les échelons de forces réellement opérationnels et autonomes....
Il s'agit en fait de mieux subdiviser la chaîne opérationnelle de commandement en fonction de l'importance des unités "fondamentales":
- le Battlegroup de 2500 à 3000h ou un peu plus est déjà une entité opérationnelle de projection qui n'est plus au simple niveau tactique et nécessite un officier général et un EM pouvant gérer tous les aspects en plus de la tactique et du terrain: gestion des domaines interarmée et alliés, politique et civilo-militaire, combat et reconstruction éventuellement, logistique long terme, plannification, renseignement par tous les canaux, centre d'analyse et traitement....
- le GTIA est plus épineux: officier "école" ou officier issu du rang. De facto, le SGTIA est et sera un bataillon interarme, avec une réserve logistique déjà un peu complexe et une gestion de l'action dans le temps, ce qui impliquerait autre chose que le sens tactique, l'expérience et la connaissance intime de l'outil et de l'humain. Mais d'un autre côté, ce sera moins un EM fixe et fourni qu'un PC avancé mobile rapidement et focalisé sur le maniement des forces, avec une plate-forme logistique limitée
- le SGTIA, ou plus connement la compagnie interarme, est clairement une unité terrain, à confier à un officier issu du rang et qui a bien bourlingué avant ça

Le GTIA ne doit plus être qu'un échelon rapide de commandement, coordination et logistique de courte durée au profit des compagnies (elles-mêmes éclatées le plus souvent) qui quadrillent un terrain: doit-il être le fait d'un officier "école" ou d'un officier "rang"? Dur à définir vu la variété des situations potentielles et sans schéma exact des forces à venir. Mais la question demeure, si l'on part dans cette optique ternaire avec des bas officiers uniquement issus du rang et des officiers "école" destiné à assister/être dispo en EM et à ne commander qu'à partir d'un échelon donné: à quel stade vaut-il mieux passer d'un commandant issu du rang "conseillé" par des officiers "école" éventuellement à un officier "école" arrivé à un bon stade de maturation et d'expérience et conseillé par des officiers issus des 2 cursus?
En bref, si la question semble ne pas se poser pour les capitaines et lieutenants, au vu de la tendance et des besoins actuels, quid du chef de bataillon?
« Dernière édition: Samedi Juillet 24, 2010, 22:43:25 par Tancrède » Journalisée

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« Répondre #28 le: Dimanche Juillet 25, 2010, 19:52:11 »

j'ai remarqué qu'il y avait dans le cursus des US marines une séléction pour former des lieutenants chef de section ,mais dans un cursus qui ne propose pas une longue carriére ,enfin un accés trés limité à des postes et grade beaucoup plus important .

une carriére de chef de section  (pas réservé au section de combat ,mais dans toute les spécialités comme chef de section dans la log ,etc...) .

en gros ,se qui est mis en avant ,s'est la possibilité d'une trés bonne reconversion dans le sens ou avoir "le label chef de section US MARINES",ben s'est trés recherché pour tous se qui touche le management ou poste à responsabilité  .

dans un sens ,sa faît de vieux "chef de section" mais au grade de lieutenant .(sa m'a faît pensé à ton systéme ,des gens qui restent en unité de combat ,ou même de soutien ).

apparemment , le systéme est faît de maniére à se que les gens restent plus longtemps à leurs postes ,sans perspective de monter trés haut dans la hiérarchie ,avec des personnels qui en sont "conscient" mais qui savent qu'il y aura une sorte de compensation lors d'un départ dans le civil ,gagné avec "le label US MARINES" .

j'avais vu sa dans un reportage .

comme les Marines travail l'inter-arme ,le principe de GTIA à plus ou moin toute les échelons,je trouve que sa y ressemble ,ben ils ont adapter une structure d'officier chef de section ,mais qui semble limité a se rôle ,voir finir son temps à capitaine d'une compagnie pour les meilleurs .

ton avis Tancrède ?










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« Répondre #29 le: Lundi Juillet 26, 2010, 19:05:57 »

Ces lieutenants issus du rang, il faudrait avant tout savoir:
- s'ils sont nombreux dans le corps ou s'il s'agit plus d'une porte de reconversion vers le civil (qui ne dit pas son nom)
- s'ils sont nombreux dans le corps, est-ce avant tout en tant qu'opérationnels/platoon leaders au combat? Ou est-ce une voie d'accès à leur 2ème carrière comme non-combattants, dans le soutien projetable ou carrément dans le soutien fixe (entraînement/formation, logistique/Mat), ou purement l'administration (chef de bureau)?
- La "compensation" est-elle uniquement de ce ressort du prestige/passeport pour une bonne reconversion des plus méritants? Ou est-ce parce que, pour garder ces personnels ou les récompenser, le passage au statut de lieutenant est-il aussi un passage vers une grille de rémunération d'une autre ampleur?

Tiens, une autre métaphore pour expliciter la différence désormais moins pertinente entre officiers et sous-offs aujourd'hui, qui devrait s'adapter à la réalité et non plus reposer sur cette vision culturelle issue du passé et d'armées radicalement différentes: l'opposition cols bleux (sous-offs)/cols blancs (officiers). Si l'on se fie au secteur privé, il est possible de voir qu'aujourd'hui, même si ce n'est pas vrai partout, certains types de cols bleus (techniciens, métiers plus ou moins pointus du bâtiment....) se paient bien plus cher à l'heure que beaucoup de cadres sup, et souvent avec raison. Comme le disait Woody Allen à quelqu'un qui s'offusquait qu'un plombier lui coûte aussi cher que son psy, "c'est aberrant! Un plombier devrait être bien mieux payés qu'un psy! Ils sont si durs à trouver et à faire venir" Wink.

Citation
comme les Marines travail l'inter-arme ,le principe de GTIA à plus ou moin toute les échelons,je trouve que sa y ressemble ,ben ils ont adapter une structure d'officier chef de section ,mais qui semble limité a se rôle ,voir finir son temps à capitaine d'une compagnie pour les meilleurs .

C'est quand même limité chez eux:
- en théorie, oui ils sont dans le modèle plug and play, les unités élémentaires étant des réservoirs pour composer des task forces à la carte. Un tel modèle exige des personnels de haute qualité, et une disponibilité optimale, ainsi qu'une organisation souple et un esprit de corps puissant et des forces standardisées à l'extrême
- dans la pratique, ils se sont vite aperçus que ce modèle a en soi des limites fortes, et plus encore que la qualité des personnels n'était pas et ne pouvait être au rendez-vous (le recrutement n'est pas réellement optimal même chez les Marines, et l'humain a des limites): il faut de l'organique à un moment ou à un autre, et pas seulement au niveau des sous-unités

Résultat, la capacité globale à faire des task forces à la carte est limitée à un certain nombre de MEU par MEF (les 3 réservoirs de 40 000h): en fait 3 MEU de 2200h par MEF, qui résultent de la contrainte non seulement en matériels dimensionnants (moins les navires de transport que les hélicos), mais surtout de la capacité d'unités prélevées n'importe où d'opérer efficacement avec d'autres unités dans un dispositif interarme. Ces 3 MEU dans chaque réservoir sont constituées par des unités permanentes qui, même si elles vivent dans leurs régiments de base, s'entraînent souvent ensemble (quasiment uniquement en fait).

De fait, ce sont des GTIA permanents et organiques, sauf pour l'administratif et la vie en caserne une partie de l'année. Donc en fait, sur une division de 20 000h chez les Marines (sur 40 000, le reste étant l'aviation et la log), il n'y a que 3 GTIA, totalisant 6600h, et 9 pour l'ensemble du corps quand la réforme actuelle sera finalisée. Ca fait pas si lourd en comparant avec le nombre de régiments, bataillons, compagnies.... Le reste opérant plus dans des formations plus classiques, en grand ou en petit déploiement.
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