Dassault décide de relancer le Mirage 4000 (chasseur lourd) pour occuper toutes les gammes de chasseurs avec le Mirage 2000 (chasseur léger) et SH (chasseur moyen). Le développement n'aurait pas coûté trop cher car comme je l'ai dit au début du fil ces 3 avions surtout le 2000 et le 4000 ont un max de composants en commun (SNA/armements notamment). En 1986 , le Mirage 4000 est au point et ouvert sur tout le domaine de vol , ce qui n'est pas le cas du rafale puisque le rafale A diffère considérablement des rafale C/B/M.
Sinon pour le remplacement peu importe la date de mise en service vu que le 2000/4000+ sont des versions très évolués, l'objectif est le même que le rafale , remplacer tous les avions de combat de la génération précédente.
Le 2000/4000 ont un potentiel d'évolution très supérieur à celui du Tornado qui n'est qu'un veau en terme de performances.
Malgré la difficulté (ou facilité !) de réécrire l'histoire, ce questionnement m'intéresse (je ne peux comparer avec le fil 4000, que je n'ai pas lu), il y a des pistes intéressantes.
Et cela rejoint les questions que je me posais dans : "La guerre fratricide Eurofighter / Rafale était-elle évitable ?"
http://europeagenda2010.free.fr/article.php3?id_article=234A. Mais il me semble que cela prend en compte
surtout le point de vue français : j'ai remarqué bien entendu la possibilité d'utiliser un moteur RR, et SNA/armement différents pour les britanniques, mais même s'ils étaient disposés à accepter une maîtrise d'oeuvre Dassault pour la cellule, à la condition de pouvoir utiliser leurs réacteurs, je pense qu'ils ne se seraient pas rangés à une cellule à ce point Dassault.
B. En plus, si l'hypothèse dont je me suis convaincu (notamment en lisant les fils air-défense) est correcte
(voir "Pourquoi la France a eu raison de développer son Rafale"
http://europeagenda2010.free.fr/article.php3?id_article=225 et l'extrait : "
Car la volonté affichée de Rolls Royce, absolue, de développer un moteur du même gabarit (même diamètre) que le RB 199 afin de pouvoir remotoriser le Tornado n’était probablement que la version officielle. Le but non avoué pouvait être de reléguer la SNECMA au rang de sous-traitant, alors que le motoriste français était très avancé dans ses travaux sur le nouveau moteur M88 : des études très complètes avaient commencé dès la fin des années 1970, et la Snecma disposaient en 1985 de tous les éléments nécessaires.",
ainsi que ""
Le nœud du problème était que la maîtrise d’œuvre du corps haute pression, et en particulier des parties chaudes (chambre de compression et turbine), ne pouvait être partagée rationnellement en laissant une part technologiquement satisfaisante pour les deux principaux partenaires dont l’un voulait s’affirmer et l’autre cherchait sans doute à diminuer un rival." extrait de l'autre article),
les britanniques voulaient éviter la montée en puissance de Snecma (selon mon hypothèse, ils ont tout fait pour empêcher la possibilité d'un moteur Snecma, et ils croyaient impossible que les français fassent cavalier seul), donc je ne pense pas que cela aurait marché.
C. En revanche, question budget de développement, cela aurait probablement intéressé les
allemands , les
italiens et les
espagnols... sauf s'ils voulaient développer leurs compétences, ce qu'ils ont largement fait avec l'EF (et ce qui est une des causes principales des problèmes rencontrés avec l'EF),
D. et il y a ce fameux problème de la
règle du "juste retour géographique" qui a fait
tant de dégats à une très grande partie des projets européens.
E. Enfin, pour le modèle naval, il est probable que la Marine aurait foncé vers le F18 (ou SH ?), mais je ne suis pas sûr que les Américains se seraient, à cette date, emm.. avec les français sur une coopération qui aurait été aussi favorable aux français (le F-35 ce n'est pas si gagnant pour les pays européens qui ont signé...).
A ce que j'ai compris des
Américains (dont je reconnais beaucoup de qualités, notamment leur pragmatisme qui nous fait tant défaut en France), ils fonctionnent au rapport de force (voir par exemple
Galileo, le nombre d'années de négociations pour qu'ils acceptent le principe, et qu'ils signent pour des spécifications techniques d'interopérabilité, après avoir
tout fait pour torpiller le projet, y compris avec l'aide de nos amis britanniques)
F. Et puis, du côté français, je crois que
l'hypothèse 4000 avait été vraiment fermée 10 ans plus tôt, car considérée comme vraiment trop chère (en production). A posteriori, vu les excellentes performances du Rafale et son emport, ainsi que son adéquation pour la Marine, il me semble qu'on est arrivé à un excellent compromis. Mais bien sûr je comprend bien l'intérêt de produire les avions dans une plus grande quantité...
Conclusion perso de tout ce qui précède : En fait je crois vraiment qu'
on aurait dû demander une vraie compétition entre les deux approches / démonstrateurs (comme les américains la font systématiquement pour chaque nouvel avion),
avec simplement
des règles du jeu différentes du "the winner takes all", pour que les industriels et pays puissent produire des éléments du modèle gagnant (avec des lots potentiels, comme avec Galileo). Ce qui veut dire qu'il aurait fallu (et il faut toujours) d'autres règles de
répartition industrielle que le "juste retour" dramatique.
Je suis par avance
très curieux, et impatient,
de lire ce que tu vas répondre à mes objections !
PS. Que veut dire précisément SNA ? (Systems Network Architecture ?)
s'agirait-il de l'avionique ? Que fais tu de la compétition Thales / BAE / Finmeccanica ?