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  1. 45 points
    Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, Air Défense a dépassé le million de messages sur le forum! Il semblerait que cela soit @chaba qui soit le grand gagnant! (merci aux membres qui ont fait la comptabilité!) Je ne pense pas que les créateurs du forum ainsi que la plupart des membres s'attendaient à avoir un tel succès, une telle longévité pour un "simple" forum de fana d'aviation, de tanks et autres machins cher et dangereux. Le forum le doit uniquement à vous! Oui toi, le lecteur, le contributeur! L'âme de ce forum! Imaginez le petit nouveau qui débarque et qui en a des mois de lectures: le début de l'Astan, Irak, le projet de 17 FREMM, le Rafale et ses aventures. Des innombrables débats toujours en cours malgré la décennie passée, les factions s'opposant bref la vie du forum.
  2. 40 points
    Vous l'attendiez ? Vous le réclamiez ? Le voilà !! Le retour du post-fleuve des années impaires !! Bon, j'ai reçu pas mal de questions de plusieurs membres du forum, j'ai tenté d'en poser le plus possible, mais certaines n'ont soit pas pu être posées, soit pas eu de réponse. C'est pour ça que vous ne trouverez pas toutes les réponses à toutes vos questions. Si j'ai mis ces éléments ici et pas dans un article sur portail-aviation.com , c'est pour plusieurs raisons: soit parce que les infos n'ont pas été recoupées (obtenues par un seul informateur par exemple), soit parce qu'on m'a fait ces révélations en "off" ou lors des journées publiques quand je n'avais pas ma casquette "journaliste", soit parce qu'il s'agit de recoupements d'informations obtenues par différents interlocuteurs sans que les analyses n'aient été directement validées. Après, je pense connaitre mon sujet, et si je vous parle d'éléments précis ou vous donne mes analyses, c'est parce que je les estime correctes. Après, il y a peut-être des redites, mes notes ayant été prises sur plusieurs jours après plusieurs entretiens, sachant que TMor a déjà évoqué certains sujets abordés en ma présence que je n'ai pas rappelés ici. Si j'ai oublié quelques chose, ça me reviendra et je le mettrais plus tard. Bonne lecture à tous, laissez vos questions si vous en avez, j'essaierais de trouver le temps d'y répondre. Concernant l’OSF et le PDL : La voie TV de la version IT n'apporte pas des gains de performance extraordinaires, le diamètre de l'optique n'ayant pas évolué. Mais cela reste un des grands atouts du Rafale, unique en occident, lui permettant une identification visuelle jour-nuit complètement passive, contrairement au mode NTCR des anciens radars. La voie tV de cette version IT est tout de même en proche IR ce qui la rend quasiment tout temps et l'outil est véritablement très apprécié tant en air-air qu'en air-sol, pour la télémétrie comme l'identification longue distance. L'absence de voie IR dédiée sur la nouvelle version n'est pas vraiment problématique: déjà parce que la fonction scan air-air infra-rouge des MICA actuels est plus efficace que celle des vieux OSF avec voie IR, ensuite parce que le FLIR du pod Damocles est plus que convenable en navigation, et enfin parce que les fonctions track (y compris air-air) sont actuellement mieux gérées par le Damocles ou la nouvelle voie TV que par l’ancienne voie IR. La nacelle Damocles ne peut pas faire de scan champs large, mais peut rallier sur une piste AWACS (transmise par L16) ou radar par exemple. Sa portée est tout simplement une des meilleures du monde, même si elle souffre de quelques défauts en courte portée qui seront corrigés avec le nouveau pod Talios. Même si je n’ai pas eu de chiffres spécifiques, il semble que le couple AASM-Laser + Damocles offre une solution AGL avec une des plus grandes portées du monde, si ce n’est LA plus grande portée du monde (surtout si on prend en compte le fait que le pod permette un ciblage précis sur une cible en mouvement rapide). Donc ouais, ce n’est peut-être pas le meilleur pod au monde pour faire du CAS très courte portée, mais pour dézinguer des barges de débarquement, des sites SAM mobiles ou une colonne de blindés bien protégée, ça a l’air franchement sympa ! Si le Talios lui apporte une meilleure capacité courte portée sans obérer ses performances longue portée, ça promet du très très bon. Les fonctions air-air de la nacelle ne sont par contre pas pleinement intégrées à la fusion de données, la visualisation des optiques du pod se faisant sur un des écrans tactiles, et pas intégré dans la VTM (visualisation tête moyenne qui données "fusionnées" au pilote, on y reviendra plus tard). Les pistes scan des MICA par contre sont intégrées à la VTM, et ils servent véritablement de FLIR air-air pour les Rafale. Au final, concernant le scan & track passif, l'ancienne voie IR avait surtout cela de bien qu'elle était pleinement intégrée à spectra, que ce soit pour le scan ou pour le suivi. Mais elle avait cela de frustrant que sa résolution était bien plus faible que celle du pod et qu'on finissait par rallier ce dernier à la piste obtenue pour une meilleure identification. Cela imposait d’opérer sur l’écran gérant le pod plutôt que d’exploiter les données fusionnées affichées sur la VTM, mais ce n’est pas plus pénalisant que sur n’importe quel autre chasseur utilisant ce type de technologies, et, si le résultat demande un peu plus de boulot qu’avec l’ancienne voie IR, il est au final bien plus satisfaisant. Après, la solution actuelle n’est pas forcément plus « chronophage », le PDL comme l’OSF-TV permettant une « identification visuelle positive » de la cible à des distances supérieures à l’OSF-IR. Aujourd'hui, le scan se fait donc via les MICA et "un autre capteur " ( à mon avis les DDM-NG, je doute que le FLIR de la Damo puisses le faire, mais si quelqu'un veut me contredire ce serait avec plaisir), tandis que le suivi se fera par la voie TV ou le Damo selon la distance de la cible, son attitude et sa nature (on ne traite pas de la même façon un hélicoptère au raz du sol et un bombardier haute altitude). In fine, le scan se fait de manière transparente pour le pilote. A moins qu'il ne le demande, il ne saura pas si la piste vient d'un MICA, de SPECTRA, des DDM ou d'une combinaison de capteurs : SPECTRA gère les capteurs et la priorité des menaces. Pour le track par contre, la main revient au pilote qui utilise le moyen le mieux adapté pour effectuer son identification visuelle. Alors là, je n’ai fait que comparer l’ancienne voie IR aux nouvelles voies TV, au pod Damocles, au MICA etc. et on pourrait se demander ce que ça vaudrait si on la comparait à une hypothétique voie IR de nouvelle génération. Le soucis c’est qu’un capteur IR, même de dernière génération, situé dans l’OSF n’aura jamais la dimension de celui du Damocles (plus tard du Talios) et le sentiment de frustration imposant in fine de recourir au pod risque de perdurer. Les Rafale étant amenés à opérer en OPEX le plus souvent avec un PDL (au moins un par patrouille), il semble plus intéressant d’investir dans un meilleur pod (et en quantité) mais aussi dans de meilleurs capteurs pour le MICA ou le DDM-NG, plutôt que dans une voie IR sur l’OSF qui ne présente pas le meilleur compromis au final. C’est la voie qui semble être explorée en ce moment. J’ai demandé si on pouvait imaginer un nouveau capteur à la place du lest aérodynamique actuellement présent sur l’OSF-IT (je pensais à un capteur fixe type DDM-NG mais orienté secteur avant), on m’a dit que rien n’était prévu dans ce sens pour le moment, et que si la forme de l’ancien OSF était préservée, c’est parce qu’il ne fallait pas perturber les écoulements aérodynamiques dans cette zone, les pitots étant situés juste en dessous. Rafale vs Typhoon: Bon, je ne vais rien vous apprendre, je ne vais faire que redire ce qu’on me répète depuis plus de 4 ans: le Rafale est aujourd’hui nettement supérieur au Typhoon, et ça ne devrait pas s’arrêter demain. Et si c’est une évidence en air-sol, c’est aussi vrai en air-air, encore aujourd’hui. Le Rafale est ainsi largement plus maniable que le Typhoon, ceci étant autant dû à son aérodynamique qu'à ses commandes de vol électriques qui sont le grand atout de l'appareil. Mais le Typhoon entre de bonnes mains reste redoutable. Si le Rafale ne prend pas le dessus rapidement (ce qui arrive rarement, rassurez vous), le Typhoon peut utiliser sa plus grande puissance pour prendre le dessus via des évolutions verticales plus réactives. Mais cela n'est pas sensé arriver, sauf erreur du pilote de Rafale, à niveau de pilotage équivalent. On m’a dit ça quasi textuellement, sans bravade aucune, juste pour m’expliquer le bien qu’on pensait des CDVE de l’appareil, donc c’est plutôt rassurant. En tous cas, le Typhoon n’impressionne guère, bien au contraire. Au mieux ça à l’air d’être un Mirage 2000 avec un peu plus de patate et des missiles qui vont un peu plus loin, mais guère plus. En BVR, la sensor fusion et les MMI du Rafale semblent véritablement inclassables, et lui offrent vraiment un avantage redoutable en matière de prise de décision rapide, de positionnement tactique, mais aussi d'apprentissage: la "musique" est la même que l'on "joue" du air-sol ou du air-air (même combinaison de touche pour acquérir/cibler/tirer une cible au sol qu'en l'air) permettant à un pilote spécialisé air-sol de vite devenir très bon en air-air également. Néanmoins le Typhoon monte plus haut et plus vite, et une fois "perché ", il sait se servir de ses atouts : il orbite haut et vite, sait se servir de son radar à fort dépointage pour retarder en bas et dans les coins, et dispose de missiles avec une plus grande allonge, surtout tirés en HA. Ce n'est pas imbattable, mais si en face les Rafale sont en config air-sol, ils perdent certains de leurs propres avantages en matière de SER et de manoeuvrabilité. Mais apparemment, ce n’est pas un drame non plus: les avantages (et donc les tactiques) des Typhoon ressemblent à ceux des -5F, ce qui fait que, en config air air, les pilotes de Rafale ont des tactiques qu’ils connaissent bien pour équilibrer face au Typhoon. Et avec l’AESA, ça n’est que plus facile encore. En gros, comme d’habitude, à écouter les pilotes, ils n'ont peur de personne, estimant qu'en dog même le F-22 est « prenable". En BVR ils auraient bien aimé « tester » le F-22, mais personne ne veut dévoiler son jeu dans ce domaine: ni les américains, ni les français. En effet, la tactique de base en BVR avec les ROE habituelles est de repérer l’intrus au radar ou via une piste L16 et ensuite d’établir une détection visuelle via l’OSF-TV, qui semble porter assez loin. On sentait que ça les démangeait de voir la tête des cochers de Raptor après s’être pris une volée de MICA-IR lancés à une quarantaine de kilomètres de là. Mais c’est pas pour tout de suite. Tout ce que j’ai pu soutirer, c’est ce qu’on m’a déjà confié à plusieurs reprises: l’AMRAAM a une foutrement bonne portée, surtout dans ses dernières versions. Sur une bonne plate-forme (F-15C rétrofités AESA, Typhoon etc.) qui vole haut et vite, il ne faut jamais le prendre à la légère. Mais au final, tout dépend aussi des règles d’engagement. La plupart du temps, les ROE de l’OTAN demandent une identification positive de la cible, et bien souvent une identification positive visuelle. A ce petit jeu là, le Rafale et ses « petits » missiles MICA s’en tire souvent bien mieux que les F-15 et F-16 avec AMRAAM, puisque l’identification positive de ses derniers repose sur des modes radars très peu discrets (et qui peuvent être brouillés) et l’identification visuelle repose sur… les yeux du pilote. Ce qui explique pourquoi des Rafale en mission de pénétration TBA ont parfois pu descendre leurs agresseurs avant que ces derniers ne puissent le faire: parce que l’OSF-TV permet une identification visuelle longue distance (en partant du principe que les ROE sont les mêmes pour tout le monde, ce qui n’est pas toujours le cas, mais on va pas épiloguer 107 ans ici sur ces points de détail). Deux points cependant : un bon nombre de mauvaises surprises en dog auraient pu être évitées avec un viseur de casque, et pour les pilotes à qui j'ai pu parler, c'est vraiment l'équipement qui fait le plus défaut à l'appareil aujourd'hui, en air-air et en air-sol, bien plus que de la puissance moteur supplémentaire, des tuyères vectorielles ou n’importe quoi d'autre. Ensuite, on m'a confirmé que les performances des missiles MICA, notamment concernant leurs autodirecteurs et leur manoeuvrabilité terminale, n'étaient pas simulées de manière réaliste dans les exercices, la DGA cachant les capacités réelles des missiles (mais aussi des DDM-NG et de SPECTRA, m’a-t-on confirmé). Malgré cela, le Rafale n'a déjà peur de personne en opération comme en exercice, même si un certain avionneur français que nous ne citerons pas aimerait bien que l’Armée de l’Air montre un peu plus ce que l’appareil a dans le ventre, histoire que l’industriel puisse communiquer dessus avec ses prospects potentiels. Commercialement parlant, on ne cache pas chez Dassault la qualité technique et technologique du F-16E et de ses évolutions, qui reste un excellent appareil très bien conçu et qui a su évoluer remarquablement bien. Petit regret, j'aurais aimé parlé à un pilote de la Marine pour savoir ce qu'ils pensent des Super Hornet. Concernant le canon : Ce n'est toujours pas la grande joie du côté du canon du Rafale. Je ne vais pas réexposer ici l'historique de cette arme que j’avais déjà évoqué en long en large et en travers, mais c'est clairement là un des deux gros défauts de conception du Rafale. Une cadence trop élevée, du coup un canon qui chauffe et qui s'enraye, et une trop faible dispersion des munitions tirées. Ce qui aurait pu être excellent avec une conduite de tir automatique comme prévue au départ est devenu à peine correcte dans le meilleure des cas dans le cadre d'une utilisation conventionnelle. Comme me l'a dit un pilote : "il marche très bien tant qu'on ne l'utilise pas", et il ne semblait plaisanter qu’à moitié. Malgré tout, une grosse partie des problèmes originaux dus aux vibrations ont été résolus ou sont en voie de l'être. Nexter travaillerait aussi à réduire la cadence de tir afin d'augmenter la fiabilité de l'engin. Bref, il n'a pas encore la fiabilité du canon du Mirage 2000, mais il est en amélioration constante et est aujourd'hui suffisamment fiable (ou en tous cas sécurisé) pour être utilisé régulièrement en opérations, que ce soit pour des sommations en AA ou des tirs AS. Mais, je cite toujours, " heureusement qu'on vole à deux ". Le problème de la dispersion trop faible par contre semble plus difficile à corriger. Même si on ne m'a pas répondu franco chez Dassault, la présence de pods canon mono et bitube sur leur stand ne me semble pas anodine. Un de mes interlocuteurs ayant même évoqué la possibilité toute théorique de voir un futur Rafale sans canon interne si un client en faisait la demande (j'imagine que l'expérience Rafale N doit rendre ça faisable sans trop de difficultés), mais ça ne me semblait pas faire référence à un prospect actuel en particulier, juste à une faisabilité technique si on le demandait. Ceci étant dit, je trouverais personnellement assez classe d’avoir une version du Rafale sans canon interne mais avec une plus grande capacité carburant par exemple, avec un pod monotube sous l’entrée d’air en face d’un pod Talios. Ou mieux, 6 AASM, 2 pods roquettes guidées laser en point 3, et un canon bi-tube en ventral. Pour faire plus clair, à part écrire « close air support dans ta face! » sur le flanc de l’appareil, je vois pas ! :D Concernant les DDM-NG: Que ce soi chez Dassault ou au Ministère de la Défense, la consigne donnée à nos interlocuteurs est clair : ils ne doivent pas en parler. Pourtant en lisant entre les lignes, en écoutant quelques conversations à la volée, ou avec quelques confidences off, il est encore possible d'en tirer quelque chose d'intéressant. Déjà, une chose est sûre, ils en semblent TRES nettement satisfaits. De ce que j'ai pu soutirer (par la ruse) comme information, ils participent à la "bulle" de protection autour de l'avion, intégrés dans le SPECTRA, qui peut déterminer seul le tir de MICA par dessus l'épaule. De là à dire que les DDM permettent de faire une désignation d'objectif (DO) rudimentaire, il n'y a qu'un pas que l'on serait facilement tentés de franchir... Avec toutes les nuances que cela comporte: ce genre de DO n'aurait d'utilité qu'en cas d'autodéfense. Le missile est lancé sur une position approximative et se débrouille seul pour trouver sa cible. Même s'il ne touche pas sa cible, il forcera l'adversaire à baisser la tête, permettant au Rafale de se repositionner pour lui coller un autre MICA. En tous cas, il participe à la possibilité de tirs derrière l'épaule. Est ce qu'il est suffisant pour un tel usage, ou bien y a t'il nécessairement un autre capteur impliqué? J'ai la sensation et la conviction que dans certains cas il peut assurer de tels tirs seul, sans que la piste ne soit corrélée L16 ou SPECTRA mais je n'ai rien pour le prouver. Techniquement en tous cas, cela ne semble pas poser de problème, on le sait depuis l’article de Prof, mais reste à savoir ce qui est implanté réellement dans le système d’arme de l’avion. Les DDM-NG étant des équipements pouvant remplacer les DDM classiques quasiment en « plug & play », il est plus que probable que les capacités les plus exotiques offertes par les capteurs ne soient insérées dans le système d’arme qu’au fur et à mesure des mises à jour logicielles des différents standards. Quoi qu’il en soit, même si techniquement les DDM-NG étaient capable de fournir, seuls, une DO rudimentaire, j'ai l'impression que c'est tactiquement hautement improbable : un Rafale n'opère pas seul et il y a peu de chances qu'il se fasse surprendre à ce point. Un intrus ne surgira pas par miracle à moins de 10 nautiques d’un Rafale sans que SPECTRA, la L16 ou les autres capteurs ne viennent corréler la piste reniflée par les DDM-NG. Mais en tous cas je ne doute plus que le DDM-NG soit autre chose qu'un simple détecteur de départ missile, et que dans certains cas il participe à la détection d'aéronefs et à la réalisation d'une DO. On le savait techniquement possible, pour moi aujourd’hui c’est une réalité opérationnelle. Ceci dit ce n'est pas un OSF bis! Les pistes DDM-NG sont intégrées dans la fusion de données affichée en VTM mais le pilote n'a pas d'accès direct à ce que "voit" le capteur, contrairement à l'OSF qui sert à l'identification visuelle, il n'y a pas de télémétrie laser etc. C'est pour ça que je pense qu'il participe grandement à la situation awarness et à la réalisation des DO mais que, seul, il reste cantonné à un rôle d'autodéfense Donc, pas un OSF dans le sens où il ne permet pas d'obtenir des DO comme un OSF (laser ranger, visualisation sur écran etc.), mais participe à la DO via la fusion de donnée. Concernant le radar et la SER: L'antenne AESA apporte des avantages considérables par rapport à l'ancienne antenne, qui était déjà très bien. Le PESA a pu démontrer la souplesse et la résistance aux ambiances de guerre électronique de l'antenne électronique, l'antenne active améliore encore la souplesse d'utilisation tout en offrant une portée maximale très appréciable, sans sacrifier à la discrétion de l'ancien modèle. Concrètement, au delà de la portée maximale qui sera nécessaire au tir de Meteor (même s'il semble qu'on se contentera parfois de l'utiliser dans une gamme de portée similaire au PESA mais en bénéficiant d'une discrétion accrue), c'est surtout l' entrelacement des modes qui est très attendu, notamment le suivi de terrain et la veille air air. A terme, il m'a été sous entendu que des modes anti furtifs étaient en développement et qu'ils pourraient arriver "plus vite que prévu " (je miserais 50 balles sur le standard F4 et 50 de plus sur une capacité de suivi de sillage, vu ce qui m'a été sous entendu, mais je peux me tromper, n'y connaissant rien en fréquences utilisées par les radars et autres joyeusetés de ce genre). La SER du Rafale est très faible, incomparablement plus que celle du Typhoon en lisse, d'après un pilote de Rafale. Mais en réalité les avions ne volent pas en lisse, et même s'ils étaient complètement invisibles et qu'on ne voyait que deux bidons, deux SER de pigeons volant en formation à mach 1,5 il semble que ça se remarque sur un écran radar. Donc en gros, la furtivité passive n'est pas si importante dans les configurations opérationnelles, SPECTRA et les profils de vol jouant beaucoup plus pour la discrétion de l'appareil. Mais Dassault travaille sur des emports plus discrets pour améliorer encore l'efficacité du spectra. En tous cas, les dents de scie et l’implantation medium de la voilure du Rafale, ainsi que l’angle des entrées d’air ne sont pas là par hasard ni pour faire joli. Alors que sur le Typhoon, pour citer un pilote de Rafale, « on dirait qu’ils ont tout fait pour qu’il ne soit pas discret », en ne parlant que du design. Concernant SPECTRA et la VTM: Je ne vais pas revenir en détail sur ce qu’est la VTM, on pourra toujours en discuter après. En gros, c’est la Visu Tête Moyenne qui est située juste sous le HUD et, comme ce dernier, est colimatée à l’infinie (enfin, à 5m, mais pour l’oeil humain c’est kiffe kiffe). Déjà, cela permet à l’oeil du pilote de ne pas avoir à faire de la gymnastique en passant du HUD à la VTM, mais surtout cela donne l’impression (à l’oeil et au cerveau) de voir une surface bien plus grande que ce qui est réellement perçu. Un peu comme un écran de cinéma à 10m qui ne sera pas plus grand dans votre champ de vision que votre smartphone collé à vos yeux mais restera bien plus confortable à regarder, avec une meilleure définition de l’image et plus de facilité à interpréter rapidement ce que l’on voit. Sur cette VTM, le système de combat de l’appareil affiche la situation tactique et les différentes informations que le système choisi d’afficher au combat. C’est l’écran de la fameuse « fusion de données » dont on parle sans arrêt. Le système offre sur une seule visualisation une présentation claire de la situation tactique, des menaces, des éléments détectés par les différents capteurs. La symbologie est simple, le pilote n’a pas besoin de passer son regard d’un écran à l’autre pour s’assurer que la piste L16 transmise par l’AWACS correspond bien à la piste détectée par son capteur infrarouge, etc. Tout cela est gérer par la fusion de donnée et balancée au pilote sur la VTM. Et ils en sont très content. Ils savent que c’est un de leur grand point fort, qui implique une grande confiance dans le système d’ailleurs, mais offre de furieux avantages au combat en matière de compréhension de l’environnement et de prise de décision rapide. Le seul petit défaut de la VTM, c’est qu’il faut parfois pencher un peu la tête d’un côté ou de l’autre, puisqu’il est difficile de voir l’ensemble des éléments affichés d’un coup. Mais apparemment c’est un coup de main qui se prend vite et ne pose guère de problèmes. On notera que cette VTM n’a d’intérêt que parce que le SPECTRA est réellement efficace ! J’avais déjà parlé du fait qu’il pouvait y avoir quelques erreurs de recoupement d’information, notamment quand il s’agit d’intégrer des pistes L16 mal rafraichies ou un peu approximatives, mais il est toujours possible de choisir de ne pas afficher certaines données sur la VTM dans ces cas là. Mais la plupart du temps, SPECTRA gère tout tout seul, allant même jusqu’à classer les menaces et leur attribuer une priorité, laissant au pilote le soin de réaliser sa mission. Bon, si on confirme que SPECTRA joue un rôle majeur dans la discrétion du Rafale, on ne donnera pas d’infos à un journaliste. J’ai au final eu plus de « confidences » les journées publiques en cachant mon badge que lors des journées pro. Même si je n’ai rien appris qu’on ne m’ait déjà dévoilé par le passé, c’est toujours bon d’avoir des confirmations: -SPECTRA seul permet bien d’établir une DO en BVR, mais ce n’est pas forcément pertinent puisque les ROE demandent souvent soit une confirmation visuelle, soit une confirmation par un AWACS. De plus, même si les CME du Rafale sont excellentes, celles de l’adversaire peuvent aussi être très bonnes, et on retrouve alors tout l’intérêt de la fusion de donnée avec les autres capteurs: les MICA-IR peuvent confirmer la direction d’une cible, l’OSF-TV et son télémètre laser peut confirmer la distance, tout en dévoilant le moins possible la présence du Rafale. C’est d’autant plus pertinent en missions de pénétration, quand le Rafale doit être aussi discret que possible, que sa posture TBA oblige l’adversaire à le chercher au radar, et qu’il peut exploiter pleinement son OSF dont la portée dépasse alors largement celle de ses missiles. -On ne m’a bien sur pas parlé d’annulation active, mais des détails m’ont mis la puce à l’oreille. Il semblerait que jouer avec le retour de phase des radars adverses soit une réalité, mais que le but serait moins de devenir invisible que de tromper sur l’emplacement, le nombre, la distance, la nature de la menace. Ça on le savait aussi, mais ce qui m’a vraiment frappé c’est encore une fois la cohérence d’un tel système par rapport au concept Rafale: cela demande une énorme confiance dans SPECTRA et une bonne paire de bolocks, mais ça permet vraiment de protéger les appareils tout en forçant les radars adverses soit à sortir de l’ombre permettant de mieux les éviter (voire éventuellement les détruire), soit à jouer profile bas devant leur incapacité à comprendre la situation tactique. Je n’ai pas les détails tactiques évidemment, mais ça à l’air très très impressionnant, dotant que je ne sais pas ce que SPECTRA réserve pour l’air-air (si ça se trouve là on joue plus sur l’invisibilité). En tous cas cela reste très cohérent avec l’idée que le SPECTRA n’a pas pour but de brouiller large et violent pour dégager un couloir safe pour un raid entier (méthode US) mais de brouiller fin et subtile pour protéger chaque appareil d’une part, mais aussi pour créer un véritable bruit de fond électronique diffus rendant la situation intenable pour les mecs d’en bas. -En Libye, qui était plutôt bien équipée niveau DCA/SAM, les gars savaient que les Rafale étaient en chemin, ils connaissaient leur destination et leurs cibles, et ils n’ont rien pu faire pour autant. Il y aurait bien eu des tirs en face, des leurres et des évasives, mais il reste difficile de savoir à quel point la survie des appareils a été du à la qualité du SPECTRA ou à l’échec des tirs de missiles (et apparemment, ils s’en foutent un peu, tant qu’ils rentrent à la maison). En tous cas, l’Armée de l’Air n’a pas attendu les tirs de barrage des Tomahawk américains pour faire du SEAD à coup d’AASM et sur pistes OSF/SPECTRA à l’époque. Mais ça on en avait déjà parlé. Concernant l’AASM et le SEAD: Puisqu’on parle d’AASM. Les coordonnées des cibles sont transmises à l’appareil par L16 ou Rover, ou bien encore obtenues directement par les capteurs du Rafale: OSF, Damocles, radar, voire SPECTRA ou une combinaison de ses capteurs. Elles sont ensuite intégrées dans les AASM via une manipulation du pilote: cela ne se fait pas « automatiquement », mais il n’a pas à entrer les coordonnées manuellement non plus. C’est apparemment bien foutu et assez simple et rapide à réaliser comme opération. L’AASM est bel et bien capable d’être tirée en secteur arrière. Voici la conversation mot pour mot avec un pétaf de l’Armée de l’Air: « -Du coup, c’est vrai qu’on peut tirer des AASM vers l’arrière? - Ah oui, tout à fait ! - Et ça a été fait, je veux dire, ça a un intérêt quelconque ? - Ah non, ça sert strictement à rien, mais si on voulait, on peut. » Donc ça n’a jamais été fait en opération, et apparemment l’intérêt ne semble pour l’instant pas établi. Mais si on devait en arriver là, on pourra le faire. Tactiquement, il semble plus intelligent de tirer sur le côté et de faire ensuite une évasive (ce qui oui, concrètement, fait que la cible au moment de l’impact sera derrière le Rafale qui esquive) plutôt que de survoler une cible et de lui tirer dessus par l’arrière. Et effectivement, dit comme ça, c’est assez logique. Le gros avantage de la bombe est de ne PAS avoir à survoler les cibles, à ne pas avoir un comportement prévisible pour les mecs en bas, à pouvoir faire plusieurs passes de tir sur un groupe de cibles sans JAMAIS arriver du même endroit, sans jamais survoler les cibles, sans jamais avoir la même altitude ou la même attitude au moment du tir. Il est possible de coordonner des frappes avec grande précision, de pouvoir tirer sur une cible dans une vallée voisine si on le souhaite etc. A la DGA, on reste très évasif sur la question de l'utilisation en SEAD du Rafale: cela semble se faire empiriquement, mais les procédures ne semblent pas encore complétement validées. J’ai demandé ce qu’il valait comparé à un F-16CJ, et on m’a fait comprendre que la question ne se posait pas en ces termes. Le F-16CJ est un appareil d’escorte, il doit forcer les radars adverses à se dévoiler pour les détruire et assurer la sécurité des bombardiers qui, eux, n’ont quasiment aucun moyen de défense propre contre ce type de menace. Avec le Rafale, c’est très différent. On ne vole pas avec une attitude provocante dans le but de forcer l’adversaire à se dévoiler. Chaque appareil du raid est capable d’assurer sa propre protection, et si des radars se dévoilent, SPECTRA permet avant tout d’éviter les radars adverses. Si la mission l’exige ou qu’il s’agit d’une cible d’opportunité validée, des tirs SEAD à base d’AASM peuvent avoir lieu (et ont eu lieu), mais le but est avant tout de laisser le raid passer vers ses cibles originelles. Chacun se protège au lieu de protéger le troupeau … l’efficacité globale est plus importante pour un emploi tactique à la française. Le gros avantage de cette solution réside dans le fait que chaque avion du raid est potentiellement capable de détruire 6 radars adverses, et en ne forçant pas l’adversaire à se dévoiler lors des premiers raids, on évite le risque de perdre un appareil alors que la maitrise du ciel n’est pas encore totale (si on peut éviter une mission CSAR le premier jour, on va pas se priver). A plus long terme, soit on envoie des raids viser directement les sites SAM (à base d’AASM ou de SCALP), soit on s’en prend à la logistique (camions de transport de missiles, véhicules de commandement etc.). Du coup, au final, il n’y aura pas d’AASM spécifiquement anti-radar de prévu. Cela ne semble pas correspondre à l’esprit de l’AASM qui est justement d’être multifonction, de ne pas avoir à choisir avant le vol quel type de bombe emporter. A ce petit jeu là, la version laser est très attendue, alors que la version IIR ne semble plus avoir spécialement le vent en poupe dans l’Armée de l’Air : trop contraignante d’utilisation puisqu’elle ne permet pas de toucher des cibles mobiles ou non-renseignées avant le départ autrement que via son mode GPS/INS qui a démontré sa précision métrique, la variante IIR reste utile dans l’inventaire (si un jour on ne peut plus compter sur la précision du GPS, en cas de brouillage ou de refus US par exemple), mais en opération la version INS/GPS a montré sa précision et c’est la version Laser qui est très attendue en quantité (les premiers tirs effectués en opération n’ont pas exploité tout le potentiel de la bestiole). La version laser offre l’avantage de pouvoir être tirée sur des cibles en mouvement rapide, y compris contre des sites radar et des cibles navales, le pod Damocles étant, comme vu plus haut, assez impressionnant en terme de portée. Et cette capacité de tir sur des cibles mobiles désignées laser n’empêche pas l’AASM de pouvoir être utilisée « classiquement », en mode INS/GPS, avec une précision impressionnante. Des modes air-burst sont en cours de développement, pour les missions actuelles de soutien aérien, mais aussi à l’avenir pour des missions de SEAD, comme arme anti-infanterie, contre des concentrations de véhicules etc. SPECTRA semble en effet assez précis pour pouvoir extraire des coordonnées approximatives de radars ou engins de communications de sites SAM, même si le plus souvent la discrétion du Rafale lui permet d’affiner la DO avec une télémétrie Damocles ou OSF. A ce moment là, une paire d’AASM, prochainement en mode air-burst, fera aussi bien l’affaire qu’un couple de missiles HARM. Ainsi, au lieu de développer une nouvelle munition spécifique, les industriels préfèrent travailler sur l’amélioration de la DO sur pistes passives (SPECTRA) multicapteurs (comprendre affinées par la synchronisation des observations de deux ou plusieurs appareils). J’ai voulu avoir plus d’infos sur la nouvelle tête AASM présentée avec deux autodirecteurs (un laser et un IIR je suppose, même si je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas fait un autodirecteur bimode, ça se fait), mais j’ai trouvé personne pour m’en parler. Si quelqu’un a des infos là-dessus. Divers: Le radar AESA semble vraiment excellent. Le PESA n’est pas mauvais du tout, mais l’AESA représente un véritable bon en avant, à la fois en terme de portée, de fonctionnalités et de discrétion. Le travail collaboratif entre un Rafale AESA et un ou plusieurs autres équipés de PESA (qui en réalité combattront surtout radar éteint) devrait prendre tout son sens rapidement. On peut regretter que tous les PESA ne soient pas passés en AESA, mais en réalité ça a peu d’importance: les tactiques habituelles du Rafale impliquent déjà que seule une partie des appareils opèrent radar allumé, les autres restant discrets. Là, on s’arrangera juste pour que celui qui allume son radar soit celui qui a l’antenne AESA. C’était sous-entendu quand je parlais des DDM-NG, mais le Rafale peut bel et bien tirer des MICA en secteur arrière en utilisant uniquement ses propres capteurs, SPECTRA donc, et sans aucun doute DDM-NG également. Mais même sans ces derniers, SPECTRA seul peut assurer une DO suffisante pour des tirs d’autodéfense en arrière. Dassault aimerait vraiment que l’AdlA et la MN s’amusent à faire ce genre de tirs lors des exercices internationaux histoire de faire un peu de com’ là dessus, mais ici aussi la DGA refuse de dévoiler à des adversaires potentiel qu’un avion volant radar éteint dans les 6h d’un Rafale est en fait déjà une cible pour le Rafale. L’Armée de l’Air veut l’ouverture des points 3 et un viseur de casque… mais ne veut pas payer pour le développement. Donc petit bras de fer entre Dassault qui ne veut pas demander à ses clients export de payer pour une capacité que l’AdlA exploitera ensuite (ça fait pingre, et ça diminue la compétitivité de l’offre Dassault) et l’Armée de l’Air qui ne veut pas payer pour des équipements qui de toute manière seront proposés à l’exportation. Au final, ça risque surtout de retarder l’arrivée du HMD, même si l’état devrait finir par participer un peu de sa poche à l’ouverture des points 3, l’idée étant de doter les Rafale air-sol d’autant d’armes air-air que les config intercepteur actuelles. En missions de supériorité aérienne, il s’agira d’emporter 2 Meteor, 4 MICA-EM et 2 MICA-IR. Ça commence à faire du joli monde tout ça. Par contre, LE gros point noir du Rafale, ce n’est ni l’absence de HMD, ni le réacteur (qui, on me l’assure, n’est aucunement trop faible), mais bel et bien la radio. Nouvelle antenne ou pas, la radio du Rafale est apparemment une horreur, le système le plus énervant de l’appareil. On n’entend rien, la portée est merdique, il faut que l’avion soit à plat pour que ça ait une chance de fonctionner un minimum… Bref, ce serait LE TRUC à remplacer d’urgence pour les pilotes. Non pas que ça soit critique comme problème, juste particulièrement agaçant semble-t-il. J’ai trouvé ça étrange parce que j’en avais jamais entendu parlé, mais si on m’a demandé de leur poser la question, j’imagine que ce n’est pas pour rien ;) Comme évoqué à l’instant, la puissance du Rafale semble largement suffisante pour tous les acteurs à qui j’ai pu parler. L’avion reste léger de base, et en configurations air-air, vouloir un réacteur de 9t, c’est vouloir le transformer en Faucon Millenium (je vous en avais parlé il y a quelque temps: si on mettait 9t de poussée au Rafale, il aurait le meilleur ratio poussée/poids du monde, devant le Typhoon, le Raptor et le PAK-FA) et risquer d’être bingo fuel bien trop tôt, alors que l’appareil actuel n’a aucun problème, grâce à des CDVE et une facilité de prise en main que certains prospects n’avaient peut-être pas anticipés. Par contre, ça pourrait être intéressant d’avoir un poil plus de poussée pour les décollages en configurations lourdes par temps chaud et en altitude, mais même là on semble plutôt confiant: « si on doit avaler 200m de piste en plus pour décoller, c’est pas la mer à boire non plus ». J’ai demandé quelle était l’arme qui manque le plus au Rafale. On m’a répondu que jusqu’à présent il lui manquait surtout une capacité de frappe lourde plus simple à mettre en oeuvre que le SCALP, mais on me confirmait dans le même temps que le Rafale venait d’utiliser pour la première fois en opération la GBU-24, quelques jours avant à peine. Ce qui lui fait donc le plus défaut reste une arme à faible effet collatéral, pour utilisation en milieu urbain notamment. TDA milite fortement pour le choix de paniers de roquettes guidées en point 3 (2 paniers de 12 roquettes guidées au total), assurant que cela permettrait de neutraliser 24 cibles sensibles, sans empiéter sur la capacité d’emport de 6 AASM ou GBU-12 sous voilure. Mais TDA/Thales bousculent un peu trop les idées reçues bien implantées dans les têtes dirigeantes de l’Armée de l’Air. On leur aurait clairement dit, avant même qu’ils ne commencent leur exposé lors d’un brief à l'AdlA, que « Non mais de toute manière vous perdez votre temps, nous on veut du missile, la roquette c’est terminé ». Bref, l’innovation face à une culture bien implantée qui refuse (avec certains arguments valables, d’autre beaucoup moins) d’admettre ses tords passés. En attendant, le Rafale aura bien une arme à faible effet létale, en l’occurence la BLU-126 qui n’est qu’un corps de bombe similaire au Mk82 mais moins puissant, garantissant son intégration sur GBU-12, GBU-49 et AASM, en théorie. C’est moins glamour que des roquettes, mais foutrement plus facile à intégrer. Donc en gros, niveau armement, le futur ce sont des corps low collateral damage et d’autres corps air-burst pour les bombes déjà en service, une généralisation de l’AASM-Laser, et peut-être plus tard du MICA en point 3. EDIT: Au delà de l'intégration de nouvelles armes, ce que demandent les pilotes c'est de pouvoir embarquer des configurations dissymétriques, ou au moins différents types d'armement sur le même vol. La DGA et les industriels travaillent déjà sur la possibilité d'emporter 1 GBU-24 sous le ventre et 6 AASM/GBU-12 sous les ailes pour pouvoir traiter une cible principale et des cibles secondaires (ou les défenses de la cible principale) dans le même vol. Dassault assure que ça ne pose aucun problème d'intégrer des GBU-12 à droite et des AASM à gauche, ou des AASM-IR d'un côté et des AASM-laser de l'autre. Mais il faut que le client paye pour ça, et pour l'instant l'AdlA préfère panacher au sein des différents avions de la patrouille que sous le même avion, c'est un choix qui en vaut un autre. D’une source industrielle qui bosse au Moyen-Orient, il n’y a pas de revente prévue pour les Mirage 2000 du Quatar et des Emirats pour le moment: l'optique eu M-O serait plutôt à une augmentation des moyens armées (frappe en profondeur et interdiction courte portée), avec même une montée en puissance des moyens air-sol des Mirage 2000 de la région. Je n’ai pas le droit d’en dire plus, mais en gros il va y avoir de toutes nouvelles configurations d’armement sur les 2000 locaux dont nous n’avons pas l’habitude. Il faut dire qu’on est habitué depuis longtemps à avoir 4000 litres de carburant sous les ailes pour aller très loin balancer 2 pauvres bombes sur les idiots qu’on arrive à débusquer. Face à l’Iran, l’optique est strictement inverse: les barges de débarquement seront à moins de 60 bornes des bases aériennes, et il faudra surtout charger les avions raz la gueule de munitions. J’attends de voir ça avec impatience. Last but not least, j’ai appris qu’un Rafale c’était bouffé un pelican lors d’un exercice international. Il me semble que c’est au Canada, ou alors en Norvège je n’ai pas retenu. Mais l’oiseau a complètement dégommé le moteur, les dégâts restant confinés à ce dernier, à part quelques pocs au niveau de l’entrée d’air et une antenne SPECTRA qui n’a pas apprécié l’expérience. Après un changement standard de moteur, l’avion a pu rentrer à la maison sans soucis. N’empêche, un pélican !
  3. 30 points
    Bon ben aujourd'hui se fut mariage à l' Église pour moi et ma femme qui s'est converti et ce fait baptisée ce soir ! Alors voila alléluia !
  4. 26 points
    A propos, et ce n'est pas pour la pub mais pour sa mémoire... Dieu sait qu'il a du faire face (et été blessé) après son test du Rafale. http://www.portail-aviation.com/2016/09/farewell-peter-james-collins.html
  5. 26 points
    J'aime BEAUCOUP ce qui se passe en Inde personnellement. Avant 2012, avant que le Rafale ne remporte le MMRCA, j'avais écris noir sur blanc que je souhaitais pour Dassault, pour la France, pour l'image du Rafale, que ce soit le Typhoon qui gagne le MMRCA. Parce que, je me cite "le vrai perdant sera celui qui sera déclaré vainqueur", en tous cas selon les termes de l'appel d'offre MMRCA. Ce deal était pourri jusqu'à la moelle: il fallait leur refiler toutes nos technologies, une chaine de fabrication, former leurs équipes, les laisser faire le contrôle qualité mais quand même se porter garant de cette qualité, et ensuite regarder une demi-douzaine de Rafale se planter chaque année en entendant l'IAF se faire porte-parole d'HAL et se plaindre que c'est pas sa faute, ni ses pilotes ni ses mécano, ni leurs pièces détachées merdiques, mais que c'est la faute du design (regardez ce qu'ils font avec leurs Sukhoï, leurs Mig soit-disant modernisés etc.). Une anti-vitrine et du pain béni pour la concurrence. Bref, Dassault a fait EXACTEMENT ce qu'il fallait faire: remporter le concours, mais ne pas s'écraser devant toutes les exigences les plus absurdes et contradictoires histoire de bien leur mettre le nez dedans suffisamment longtemps pour que quelqu'un chez eux se pose sérieusement la question de la cohérence des petites lignes du concours et qu'on arrête ces conneries pour passer à du gré à gré. Sur le court et moyen terme, Dassault est gagnant financièrement mais perdant en terme d'image ("que" 36 au lieu des super 126 promis depuis l'époque du Mirage 2000). Mais à long terme, même s'ils gagnent moins d'argent sur le marché indien, je pense qu'ils seront gagnant sur bien d'autres plans (en terme d'image justement, mais aussi de contrôle de la production, de la maitrise des technologies etc etc.). Parce que c'est pas en construisant 3 fois plus de Tejas que les Indiens rattraperont leur retard en terme technologique. Surtout que les discours politiques valent ce qu'ils valent. L'IAF a besoin d'appareils de haute performance, et les 36 Rafale iront de paire avec leurs Mirage 2000 modernisés pour créer des escadrons de première ligne optimisés pour le combat derrière les lignes ennemies et la frappe nucléaire tactique et pré-stratégique. Même s'ils promettent de ne pas acheter plus de Rafale et de se contenter de plus de Tejas, rien ne les empêchera de changer d'avis plus tard pour raisons stratégiques, ou par nécessité quand le Tejas aura encore pris 5 ans de retard supplémentaire (parce que c'est ce qui lui pend au nez aujourd'hui), ou tout simplement parce que l'Indian Navy voudra elle aussi d'un avion de première ligne plus punchy que ses Mig-29 par exemple. Affaire à suivre, mais en attendant, ces appareils seront fabriqués en France, comme TOUS les Rafale exportés aujourd'hui, et dans le contexte actuel (à la fois d'économie intérieure mais aussi de protection vis à vis des transferts technologiques) ce n'est pas plus mal pour la pays.
  6. 24 points
    En 4 jours et tu penses que l'Inde va enfin signer ? Ton optimiste te perdra jeune Padawan : j'ai rencontré une minette juste au moment où DA a "gagné" le MMRCA. Quand elle m'a demandé pourquoi le resto, je lui ai expliqué MMRCA, rafale, toussa-toussa. Ca pose le gars et le décors. Depuis, on a eu le temps de se marier, d'avoir un enfant, qu'il fasse sa première rentrée,...
  7. 22 points
    Je me suis amusé à faire une synthèse de tout de que Pollux a pu nous ramener depuis un peu plus de 3 ans (ouais, j'ai certains de ses messages en favoris). Ça contient un peu, également, de choses rapportées par Bubzy, Prof, et d'autres, pardon si je ne vous cite pas. J'ai fait l'effort de me baser au maximum sur ses propos (PD7), en complétant certains petits points en fonction d'autres sources. Je ne crois pas introduire trop d'erreur. S'il passe par là, il me reprendra peut-être, et j'améliorerai ça ! Et donc, l'idée qu'on en tire, c'est celle d'un Rafale conçu par des gens visionnaires, très proches des besoins de l'AdA, très au courant de ce qui se passe dans les réalités opérationnelles. Je n'imagine même pas d'attaquer ce bilan sans commencer par le duo fusion de données et MMI, manifestement LE PLUS GROS succès technique du Rafale. Une fusion de donnée, tout le monde pige ce que c'est, et beaucoup l'expliquent par la simple génération d'une image tactique présentée au pilote. Et normalement, c'est plus que ça, puisque ça sert à mettre en relation les capteurs les uns avec les autres, permettant des recoupements d'informations afin d'obtenir la piste d'une cible la plus précise possible. Le principe, c'est la création d'un fichier informatique dès qu'un capteur saisit quelque chose, et d'alimenter ce fichier avec tout ce qu'on trouve grâce aux autres capteurs en filtrant les doublons. Double effet : le plus souvent, pour le pilote, une DO -désignation d'objectif- ne proviendra pas d'un capteur unique. Et surtout, à cause du recoupement, les performances de tous les capteurs sont virtuellement améliorées. C'est un point absolument essentiel. Sur le Rafale, cette fusion de données est apparemment faite à une vitesse phénoménale et de façon très fluide. Cela doit demander une grande puissance, d'ailleurs Bubzy nous avait fait à ce propos un magnifique texte à propos de l'électronique puissante du MDPU et de la virtualisation du processus pour s'affranchir des risques d'obsolescence des composants hardware. Mais comme je l'ai écrit (comme les pilotes, à travers PD7, le disent), c'est un duo gagnant qui fait fonctionner cela : il faut rendre justice aux MMI à propos desquelles tous les pilotes (y compris d'échange) sont extrêmement élogieux. Ces MMI ont le bon goût de présenter d'une façon remarquable les informations issues de la fusion des données. Et donc, ce duo FdD/MMI, a le chic de fournir aux pilotes de Rafale ce qui se fait de mieux en collecte, classification, identification des menaces et présentation claire de la situation tactique, avec pour conséquences la libération de la concentration du pilote qui peut réellement préparer sa tactique avec une avance substantielle sur la menace et en air-air, cela conduit à l'obtention très rapide de solutions de tir, EN AVANCE sur l'ennemi, et ce alors même que celui-ci voit plus loin et aurait du pouvoir tirer avant. Les scores du Rafale en Suisse découlent probablement de cela. Alors comment se débrouillent les capteurs de l'avion en fonction de tout ça ? Déjà, lorsqu'ils sont en route, toutes leurs données sont fusionnées. Mais il se peut qu'on en coupe un ou plusieurs, ça ne privera pas forcément l'avion du monde... Voilà cependant ce qu'il faut retenir pour chacun : -le radar : il reste le capteur essentiel car il marche quelle que soit la météo, il est très rapide et précis, ce qui fait que pour l'interception et le guidage des armes, il n'y a pas mieux. Ceci dit, la fusion des données lui apporte une chose importante : le recoupement de ses données permet de le faire fonctionner avec moins de puissance, ce qui favorise sa discrétion (il se disait déjà à une époque que son balayage très rapide permettait déjà une réduction de sa puissance). Par contre, privé de modes d'extraction de coordonnées, il cède certaines fonctions à l'OSF ou Damocles ; -l'OSF. Aussi coûteux que le radar (quand même !). La voie TV permet d’identifier à distance (très intéressant suivant les règles d'engagement) alors que le RBE-2 n'a pas de NCTR, et avec le télémètre laser, elle peut donner une bonne désignation d'objectif (à quelle distance ?). Par contre, la voie IR disponible ne donne pas vraiment satisfaction (pas de DO, pas tous temps) mais son FLIR qui aurait été nécessaire à l'identification de nuit, manque vraiment aux pilotes sur les nouveaux OSF. Pour remplacer, le Damocles procure un FLIR... Sauf qu'il n'est pas supersonique... Et si le Mica IR (avec son autodirecteur multicible) permet de le remplacer un peu en IRST, il ne fournit pas l'imagerie. On peut penser que le DDM-NG comble un peu le vide, sans l'imagerie, ou du moins pas encore, mais j'y reviendrai ; -Spectra : Déjà, en Libye, il a très bien fonctionné : écoute des signaux et guidage des raids surtout. Fonctionnant seul, en air-air comme en air-sol, il ne faut pas attendre de miracle de précision sur le positionnement des cibles. Cela permet toutefois de lancer un Mica en LOAL à courte portée, mais pas en BVR où la précision est trop aléatoire, voire dangereuse. Idem pour l'AASM, même si la munition très puissante compense un peu l'imprécision. La précision viendra de la connaissance du radar détecté, du temps d'illumination, du terrain, etc. A noter donc que Spectra permet de faire de l'autodéfense/SEAD sans forcément avoir une formation spécifique (j'y reviendrai) ; -DDM-NG : Bubzy et prof nous en ont parlé, PD7 l'a reconfirmé, le DDM-NG est un IRST. Il voit des tâches thermiques, les suit, les transmet à Spectra. Missiles ou aéronefs. C'est en ça qu'il me semble qu'il remplace en partie l'OSF IR. Comme le Mica IR d'ailleurs (voir plus loin à quel point). Il peut aussi déterminer une portée, mais ça dépend de la cible, ses mouvements, si elle est reconnaissable, et aussi des mouvements du Rafale. Encore, donc, des infos à recouper pour faire mieux. Ceci dit, ça doit bien permettre de tirer du Mica en LOAL, avec les mêmes précautions que pour Spectra seul. -L16 : bonne DO si une piste vient d'un autre chasseur, mais il ne faut pas en attendre autant si elle vient d'un radar de veille, AWACS ou navire (rafraîchissement trop lent). La précision devient alors trop faible et permet au mieux un tir Mica LOAL à courte portée. Il existe aussi à ce niveau des soucis avec la fusion de données suivant la transmission, avec des risques de doublons. -Mica : en particulier le Mica IR. Son capteur est multicible et peut voir les départs de missiles (intégré à Spectra ?). Il se comporte donc bien comme un petit IRST sans imagerie. Du coup, vous l'avez vu, il est beaucoup question : -de savoir avant les autres ce qui se passe autour de l'avion ; -d'autodéfense. Le Rafale, comme nous l'explique PD7, peut contrôler ce qui se passer dans une bulle de 50km de rayon autour de lui, pour échapper aux menaces, ou les éclater. En effet, comme il sait les choses en avance, le Rafale peut éviter les combats BVR lointains en montant des tactiques de fourbes. Et grâce au Mica IR qui frappe plus loin que les autres missiles IR, avec un très bon pk (missile passif) il échappe au combat rapproché. Grâce à l'AASM, armement maniable et souple d'emploi, il peut casser des SAMs trop menaçants et sans sacrifier ses points d'emports à un armement spécialisé. Autonome au possible, il est fait pour s'infiltrer avec un minimum de support, quitte à le faire en radada grande vitesse, pilote automatique, pendant que le pilote gère la guerre électronique sans se soucier du vol. Il n'en demeure pas moins qu'il existe des choses dans lesquelles le Rafale avouera des faiblesses. En effet, il n'a pas un radar qui voit méga loin et bien sur les bords, ni un missile qui va méga-loin, ni des moteurs pour aller méga-haut. Même si ça pourra s'améliorer un jour. Il n'a pas non plus des super missiles anti-radiation. Il n'a pas de petits missiles trop classes pour casser des blindés ou des petits véhicules à longue distance, en salve. Il n'a pas les moyens de brouillage d'un Growler... Il n'a pas de missiles de combat rapproché dédiés et de viseur de casque (ça va de paire). Donc : -il ne sera pas le champion en combat BVR haut et lointain : il peut gérer ceux qui font ça, mais ne fera pas aussi bien qu'eux le jour où il faudra casser des hordes de bombardiers lanceurs de MdC le plus vite possible, quitte à tirer de très loin sans avoir identifié ce qu'il y a en face car on le sait déjà (le Typhoon serait un meilleur intercepteur de l'apocalypse) ; -il ne sera pas capable de gérer tranquillement les sites SAM haut-de-gamme ; -il ne sera pas le champion de la réduction des dégâts collatéraux ; -il ne fera pas de couverture électronique de raids complets ; -il ne brillera pas toujours en dogfight missile pendant les exercices avec les copains (vu qu'il engage de plus loin)... Mais c'est juste qu'on n'en a pas besoin, chez nous. Le Rafale est bien, selon la formule ironique de Kovy (en 2009 je crois), un "petit chasseur pour faire du strike bien pépère" (ou de la reco). Mais tellement pépère que si on le dérange, il met la misère aux forces d'opposition (vérifié en exercice par des pilotes italiens (et sûrement d'autres)). Pour le air-air strict, il est à même de traiter toutes les menaces actuelles, mais nos pilotes aimeraient peaufiner les tactiques en se frottant à du F-22. En attendant, la bonne nouvelle, c'est que l'avion permet d'atteindre de bons niveaux sans être spécialiste, grâce aux couples Rafale/Mica, ou Rafale/AASM.
  8. 21 points
    Pour schématiser à l'extrême, on peut dire qu'un radar classique, c'est à dire mono statique voit par reflexion, là où le multisatique voit par transparence. Le mono statique classique est le principe utilisé par les chauve souris et les dauphins avec des ondes sonores. Meme si la bouche de la chauve souris n'est pas exactement au même endroit que les oreilles, l'environnement est détecté par réflexion. Dans le multi statique, il s'agit de faire balayer la totalité de l'espace à scruter par les lobes magnétiques entre deux pôles suffisamment éloignés. L'éloignement détermine en partie la résolution. Si au cours du balayage une position d'un lobe montre un changement dans le signal, il indique que quelque chose s'est interposé sur son trajet. Mais comme ça peut être n'importe où sur son parcours, il faut le croiser par un autre balayage (par exemple) perpendiculaire au premier. L'intersection des deux lobes interrompus indique la position. Pour suivre un oiseau en mono statique, il faut pointer le faisceau de la torche dans la direction de l'oiseau et se montrer assez rapide En multisatique, il faut calculer les variations de signaux sur la matrice en azimut et gîte des lobes. Et ce à chaque instant. Meme si on peut se contenter de positions des lobes au voisinage de la première détection, les calculs à mener sont bien plus gourmands en ressources, surtout si la résolution visée, la dimension du volume unitaire, est petite. Au passage, pour se montrer furtif en mondostatique, il suffit, c'est vite dit, de dévier l'onde réfléchie dans n'importe quelle autre direction pour diluer l'énergie reçue par la source et ainsi faire comme si on était plus loin du radar. En simulant une hors de portée, on est virtuellement invisible En multistatique, simuler une stransparence, donc une non perturbation d'un lobe magnetique, c'est une autre affaire...
  9. 21 points
    "Observons ici le VBCI en camo sable dans son milieu naturel, le désert. Le VBCI chasse et se déplace en meute, pendant les grandes migrations hivernales qui peuvent le mener jusque dans la péninsule arabique. Avec son régime alimentaire constitué de transports de troupes et autres véhicules de combat ennemis de la classe 5-20 tonnes, la femelle VBCI a à coeur de nourrir sa portée qui peut compter jusqu'à 8 petits qu'elle cache astucieusement dans la poche située dans son dos. En période de chasse, il lui arrive fréquemment de parcourir de longues distances afin de trouver le gibier nécessaire à la subsistance de sa portée. Elle peut alors compter sur sa vitesse et son agilité ainsi que son sens de l'observation pour débusquer ses proies, de jour comme de nuit. La meute se plait particulièrement à rabattre des troupeaux de pick-up, BTR 80, voire à s'attaquer à un BMP2 isolé, malgré le danger représenté par le redoutable ursidé sibérien." Ok j'arrête.
  10. 19 points
    Salut tout le monde. 65 ans d'histoire de l'armée de l'air résumés en un fichier excel. https://docs.google.com/spreadsheets/d/19hL-5Yhr2T4mfbGq9Obio5jUKS36R1OlOBeHHeeBdUM/edit?usp=sharing On va donc de 1960 à 2015. OCU réfère à une unité de conversion opérationnelle. Le rouge montre la dissolution de l'unité. Pourquoi ce travail ? Je m'ennuyais en vacances avec ma belle-famille et je cherchais une façon définitive de savoir répondre en 5 minutes à la question: quelle était la composition de l'armée de l'air en ... au hasard 1983. (mais ca marche avec toutes les années de 1960 à 2015). Avec ce fichier, je me place sur la colonne 1983 et je peux tout de suite répondre: - 8 escadrons de Mirage F1C - 8 escadrons de Jaguar - 7 escadrons de Mirage IIIE - 4 escadrons de Mirage IV - 3 escadrons de Mirage IIIR / RD - 2 escadrons de Mirage IIIC - 2 escadrons de Mirage 5F Soit 34 escadrons opérationnels. Plus les unités de conversion pour chaque type. Une autre époque ! Même si les escadrons de l'époque avaient un peu moins d'avions que ceux d'aujourd'hui (surtout ceux en Mirage IV!). Le fichier permet aussi de voir l'évolution des matériels, quel avion a remplacé quel autre, dans quel escadron. Source: les articles wikipedia de chaque escadron. Je ne promet pas qu'il n'y a aucune erreur A+ Vincent
  11. 19 points
    Revenons sur terre de grâce. Admettons un service militaire universel, donc pour tous, garçons et filles sans exception et non pas seulement pour les chomeurs, de 6 mois. Moins ne servirait strictement à rien, on arrive déjà pas a former des engagés volontaires sur ce temps imparti. On a plus de 700.000 jeunes par classe d'age, moins les "inaptes" on doit prévoir un système accueillant en permanence minimum 300.000 appelés ....si on les paie 500 € par mois, on est déjà à près de 2 milliards par an .... Pour encadrer, selectionner, former, organiser, payer, soigner ces 300.000 jeunes, il faut au bas mot 50.000 professionnels en permanence, soit 50 % des effectifs de l"AdT. Pour rappel le budget annuel de l'AdT tourne aux alentours du 8 à 10 milliards, on aurait donc là aussi 4 milliards de plus (on est à 6), et pour peu qu'on arrive à trouver ces 50.000 professionnels encadrants, ce qui prendra au minimum 5 à 10 ans, à moins de diviser par 2 ou 3 les capacités actuelles de notre bien maigre armée de terre. Et là on a encore que 300.000 conscrits et 50.000 encadrants "a poil", dormant sous les ponts et mangeant à la soupe populaire ... Rien que pour l'habillement/equipement de base on peut déjà allonger 400 millions d'€ (un peu plus de 1.000 € par conscrit) (6,4 milliards) Pour la bouffe, 8 € par jour c'est pas un luxe pour 3 repas, on en a pour 700 millions d'€ sur une base de 250 jours par an prestés. (7,1 milliards) Pour le logement, tous les espaces ont été cédés, démolis ou vendus, même si il rest un certain nombre d'emprises militaires libres et de terrains, on doit construire grosso-merdo 200 casernes de 2.000 places. Une prison coute par cellule environ 100 à 120.000 €, ici on aurait sans doute un environnement different, mais à peu près avec les mêmes exigences (ne croyez pas qu'en 2017 on va faire tenir les jeunes appelés dans des chambrées de 25 avec un poêle à bois ... sans compter les difficultés liés à la mixité, sans oublier le wifi, les équipements sportifs et de détente), donc une caserne de 2000 places, c'est mini/minimum 100 mio d'€ par caserne, on est donc là sur programme de 20 milliards de construction, soit si on le lance sur 5 à 7 ans, minimum de 3 à 4 milliards par an. (10 milliards). Ils sont maintenant selectionnés, plus ou moins encadrés, nourris et logés, mais ils n'ont pas fait un exercice, n'ont pas bougé d'un km vers un champ de tir qui n'existe pas, pas effectué une mission même la plus simple, pas eu une leçon même de base de secourisme ... Rien que pour le tir, admettons qu'ils doivent avoir tirés 200 munitions réelles, pour pouvoir évoluer sur la voie publique avec une arme de guerre (c'est même selon moi largement trop peu et presque irresponsable) 200 x 600.000 (2 contigents de 300.000 par an, chacun tire 200 munitions), ce sont 120 millions de munitions tirées, rien que cela coute plus de 30 mio par an, et on a pas encore de fusils, de cibles, de champs de tir, de bouchons de protection auditive, sans compter les obligations drastiques de sécurités des champs de tirs (vous imaginez la scéne quand 5 enfants de bobos seront morts après des incidents de tirs), la dépollution des sites ... Tout le matériel didactique (classes, rétroprojecteurs, PC's, programme, moyen d'entrainement de base, ...) Les transports et moyens de transport vers les lieux de missions et d'entrainement (il faudra minimum 1.000 bus, un bus c'est 250.000 € minimum), les transports vers les centres de sélection et de recrutement, les transports gratuits pour qu'ils puissent rentrer chez eux le week-end (on aura pas une caserne sous la Pyramide du Louvre) ... Et je crois que j'ai encore oublié pas mal de trucs .... Au total on est à 12 à 15 milliards d'€ par an minimum, et pour quel résultat ? vous croyez qu'on arrêtera un fou sur un camion de 20 tonnes, avec une charmante jeune fille de 18 ans et demi qui aura eu pendant 5x 3h un famas rouillé en main un matin de bruine sur le terrain sommairement aménagé de Fous-la-moi-En-Joie ? Et l'autre argument ici sorti : les carences de l'Education nationale ? c'est quoi cette daube ? qui est responsable de "l'éducation" de ses enfants ? les parents d'abord et dans une moindre mesure la fratrie, les oncles et tantes et grands-parents, mais l'education nationale (au nom mal trouvé) elle est chargée d'instruire pas d'éduquer ? Tant qu'on y est on peut aussi accuser les mouvements de jeunesse de ne pas remplir leur mission ... Les absents, les irresponsables se sont les parents. Mes gosses font le moins de conneries possible, sont polis, travaillent, s'intéressent au monde, parce qu'il en ont reçu l'obligation de ma part et de celle de ma femme et par l'exemple ... L'école, même de qualité, ne leur a apporté qu'un certain nombre d'outils. Arrêtons de nous décharger sur quelques fonctionnaires de l'Education Nationale de toute façon débordés par l'ineptie des programmes et de la politique de formation de ce pays. Et qui croit encore que ce que des parents et des enseignants n'ont pas réussi à inculquer en 18 ans, une brochette d'adjudants Kronenbourg et de caporaux Maredsous y arrivera en 6 mois ... Clairon
  12. 19 points
    Prenez-le à l'envers : qu'est-ce qui marche ? Le radar, pas l'panard Et le casque, fait des frasques L'éjection, fout des gnons, L'réacteur, nous fait peur, Et la soute, j'ai des doutes, L'IOC, qu'est que c'est ? Le budget, 'sais pas c'que c'est, Les délais, c'est trop laid, L'circuit d'essence, qui surpresse Par temps d'orage, reste sage, Quand il fait beau, j'ai trop chaud Et l'ALIS ? Oh peuchère, ça glisse ! Concurrency c'est formidable, tous les aut' sont minables L'F-35 c'est trop d'la balle, viens par ici j'temballe !
  13. 19 points
    je ne sais pas si cela a été noté mais il me semble qu'à Saint Denis on a vécu une première des éléments de l'AT on permis de boucler le périmètre d'une opé de Police ... c'est très très rare voir inédit Petit coup de gueule: Quand je vois à l'assemblée hier des pourris comme Balkany (qui n'est jamais à l'Assemblée ou si peu) des Jacob, huer crier siffler ... çà me fout le bourdon (le Maire prié par son président de groupe -l'inefffable jacob- de se taire); quand j’entends un Hortefeux ou même un Sarkozy faire la fine bouche et la ramener quand on sait combien d'emplois budgétaires ils ont sabré entre 2007 et 2012 (2000 douaniers en moins pour parler de ce que je connais) çà me fout la gerbe
  14. 19 points
    Je te dirais juste que je regrette ton départ car tu fais partie de la liste de ceux aux quels je prêtais systématiquement attention aux messages que tu postais. C'est dommage que tu parte, mais sache que je ne suis certainement pas le seul qui trouvait un grand intérêt à tes interventions.
  15. 18 points
    Si seulement... Un arabe marche dans le désert, quand il trouve une lampe. En l'ouvrant, ô surprise, apparaît un génie : "Bonjour, je suis à tes ordres pour exhausser un seul souhait." "Eh bien je veux qu'il y ait la paix au Moyen Orient. Regardez cette carte : Je souhaite que tous ces pays vivent en paix !" Le génie regarde la carte et dit : "Sois sérieux mon ami, ces pays sont en guerre depuis 5000 ans ! Et pour être franc, je suis balaise comme génie mais pas au point de faire ça ! Allez, demande-moi autre chose !" "Bon ben, vous savez, je n'ai jamais rencontré la femme idéale.... alors, j'aimerais une femme qui ait le sens de l'humour, qui aime le sexe, laver la maison, faire la lessive, le repassage, qui ne parle pas trop, qui aime le foot, qui apprécie une bière, soit fidèle, jolie, jeune, affectueuse et qu'elle se moque que je n'aie pas d’argent." Le génie soupire profondément et dit : "Refais voir ta carte de merde ?"
  16. 18 points
    Un document intéressant, tiré de l'interview d'un pilote de SR-71, relatant une petite anecdote leur étant arrivés lors d'un vol d'entrainement au dessus de l'Arizona. Ou comment calmer un pilote de F/A-18 se croyant aux commandes de l'appareil le plus rapide du coin ! Malheureusement pour lui, éclabousser les autres aéronefs concernant sa vitesse sol peut paraître cool, sauf si Monsieur Blackbird traîne dans le secteur. In English: En Français (je l'ai traduit moi-même, désolé pour les raccourcis/traductions inexactes !
  17. 17 points
    Témoignage sur le combat aérien d'un pilote US ayant volé sur F-15, F-16, sur F-5 chez les Agresseurs et sur... MiG-29 : http://foxtrotalpha.jalopnik.com/how-to-win-in-a-dogfight-stories-from-a-pilot-who-flew-1682723379 Traduction-résumé à la volée : le Lt. Col. (en retraite) Fred "Spanky" Clifton s'est engagé dans l'USAF en 1981. Il est affecté sur F-15A en 1983, puis après trois ans et demi, au 65th Aggressor Squadron à Nellis AFB sur F-5 Tiger II. Quelques péripéties plus tard, il rejoint une unité au Japon sur F-16 et est dans la dernière promo du cours avancé (Fighter Weapons School, le "top gun" de l'USAF) en 1992. En 1995, il est sélectionné pour être le premier pilote d'échange sur MiG-29 allemand. Il décrit le F-15A comme confortable comme une Mercedes, très bon chasseur. Il ne l'a poussé à mach 2,35 que deux fois et le mach 2,5 n'est possible qu'à plus de 50 000 pieds et pendant moins d'une minute. Il a fait des exercices d'interception face à face contre un SR-71 simulant un MiG-25. Les moteurs du F-15A sont d'une fiabilité limitée ("décrochage" des aubes) et son rapport réel poussée-masse légèrement inférieur à 1 : l'Eagle n'accélère pas en montée verticale. Sa grosse faiblesse est son radar APG-63 qui n'a jamais été à la hauteur de sa réputation. Sa qualification sur Tiger II se fait sans passage par le biplace. Le F-5E est très simple, et beaucoup plus performant que le T-38 malgré les apparences. Sa petite taille peut poser des problèmes aux radars adverses et il est difficile à trouver à vue. Son radar n'est pas bon et difficile à utiliser. Il est manoeuvrant mais ne peut pas soutenir longtemps un virage serré. Sa visibilité vers l'arrière est passable et mauvaise vers le bas - il lui est souvent arrivé d'entrer en combat tournoyant en vol dos. Clifton est fan du F-16, qu'il compare à une formule 1. Il est petit, agile, et il est le meilleur à l'accélération. Les versions propulsées par Pratt & Whitney (sauf la dernière dans l'USAF, le Block 52) sont bonnes mais sans plus. Les autres sont excellentes. Sa vitesse est limitée à 810 noeuds à basse altitude par la résistance du canopy, et à mach 2,05 à haute altitude par l'entrée d'air fixe. F-15 vs F-16 : l'APG-68 du F-16 a une puissance crête plus élevée que l'APG-63, mais ce dernier a plus de puissance moyenne par sa fréquence de répétition d'impulsions plus élevée, du coup le F-15 détecte de plus loin. L'APG-68 a plus de modes et peut suivre plus de cibles. Les Falcon n'ont reçu des missiles BVR que fin 1991. Le F-16 a une distance franchissable, un temps sur zone et une accélération supérieurs. En combat rapproché, le F-16 a un avantage en termes de taux de virage soutenu et de rapport poussée-poids. Si on ralentit, on butte contre les limitations d'angles d'attaque des CDVE. MiG-29 : En 1994, Clifton doit chercher un nouveau job car son unité est en excès d'officiers supérieurs après qu'il a été promu major. C'est donc par hasard qu'il tombe sur le poste de pilote en échange en Allemagne sur MiG-29. (Il était l'expert ès Fulcrum et Flanker chez les Agresseurs.) Il passe un test d'aptitude aux langues où il nage (à chaque fois qu'il ne sait pas la réponse, il coche la C) et on lui dit qu'il a réussi. Finalement il est sélectionné, à l'insistance des Allemands, séduits par son CV de pilote qualifié F-15, F-16 et Agresseur. Après un an à l'école des langues de la défense, il arrive à Laage début 1996. Formation théorique, cinq séances de simulateur, une éval des procédures d'urgences sur simu, quelques vols sur biplace avant d'être lâché en solo, que les Allemands arrosent au champagne. Il suit une formation tactique, accélérée en raison de son expérience (il a déjà 2500 heures de vol sur chasseur), puis une formation de pilote instructeur sur MiG-29, là aussi accélérée parce qu'il a déjà été instructeur sur d'autres types (il a moins de 30 heures sur Fulcrum quand il est qualifié). L'unité allemande utilise le MiG-29 selon des tactiques occidentales, proches du F-16 pré-AMRAAM. Il y a environ 25 pilotes allemands, moitié des anciens de l'ex-RDA moitié des pilotes venus de F-4F Phantom de RFA. Les relations sont bonnes entre tout le monde, sauf avec quelques sous-officiers supérieurs mécaniciens (presque tous ex-RDA) qui lui sont hostiles. Le MiG-29 a une mauvaise ergonomie et son avionique est plus pensée comme un moyen de faire feu que comme un moyen d'aider la conscience situationnelle (situation awareness) du pilote. Il est fiable et facile à maintenir (les pilotes sont formés à la maintenance des systèmes de carbu, lubrifiant, hydraulique et pneumatiques). Sa manoeuvrabilité est entre celles du F-15C et du F-16, mais les commandes sont peu précises et peu réactives, ce qui demande plus de travail de la part du pilote. Son rapport poussée-poids, idem entre F-15C et F-16. Le Fulcrum conserve mieux sa vitesse à haut angle d'attaque que le F-15. Il peut faire un looping en partant à 150 noeuds (il faut 250 noeuds pour le F-16, sinon les CDVE l’empêchent de cabrer assez). Son rayon d'action est assez limité. Le radar a une bonne portée mais une mauvaise ergonomie. L'AA-10 Alamo a une bonne cinématique mais une portée inférieure à l'AMRAAM et n'est pas "fire and forget", du coup, face à des chasseurs occidentaux, les pilotes ne comptent pas sur l'Alamo et se reposent sur des tactiques sournoises pour aller au combat tournoyant. L'IRST est pratiquement inutile et après quelques tentatives le pilote ne l'utilise plus. Le viseur de casque est simple et efficace et permet des tirs très dépointés de l'axe de vol que ne peuvent pas faire les chasseurs occidentaux. Dans les exercices où seul le canon est autorisé, il pilote le MiG comme un F-16 en gérant l'énergie. Si les Archer sont autorisés, il va chercher à se mettre dans les paramètres de tir le plus vite possible. Cependant, s'il y a beaucoup d'adversaires, il hésite à perdre son énergie pour ça, car il risque ensuite d'en avoir besoin pour les engagements suivants. Clifton a croisé pas mal de modèles de chasseurs. Il avait entendu beaucoup de bien sur les Mirage 2000 français mais ils ne l'ont pas impressionné quand il les a rencontrés sur MiG-29. Il a été impressionné par le professionnalisme d'un leader de Harrier de la marine italienne qui a briefé une patrouille mixte (deux Harrier équipés APG-65 et AMRAAM et deux MiG-29 vs quatre F-4F ICE allemands) et debriefé la mission comme à la Weapons School. Après son poste en Allemagne, Clifton espérait aller à l'Adversary Flight, l'escadrille restante des agresseurs dans les années 1990 [j'ignorais son existence], mais retourne dans une escadrille de chasse à Cannon AFB sur F-16. En 2001 il retourne à Nellis au Detachment 3, du 53rd Test and Evaluation Group faire de l'analyse du matériel militaire étranger. A l'été 2003, il organise une campagne d'essais de MiG-29 allemands qui viennent à Eglin AFB en Floride, où ils tirent 11 Alamo et 12 Archer. (Les MiG Allemands étaient déjà venus quelques fois aux USA.) A noter : des deux pilotes suivants en échange sur MiG-29, le premier a démissionné et est devenu pilote de ligne, le second était sur le point de partir dans l'Air National Guard quand Clifton l'a pris comme officier d'opérations à Nellis. Le pilote en question s'est ensuite porté candidat au 64th Agressor Squadron (recréé entretemps) mais n'a pas été pris. Bref, l'USAF a envoyé trois pilotes se former sur MiG-29 pour ensuite ne rien faire pour utiliser leur expertise ainsi acquise. Clifton a testé en vol le premier MiG-29 privé. Quelques avis de sa part : - les F-15 et F-16 modernisés sont viables face aux Su-30 / Su-35. - la poussée vectorisée est un atout à double tranchant : elle permet une opportunité de tir, mais en cas d'échec l'avion devient une cible facile. Il a participé à des exercices contre des F-22 et les jeunes pilotes découvraient que dans pas mal circonstances, il vaut mieux ne pas utiliser la poussée vectorisée. - les Agresseurs ne pourront simuler la furtivité, la super-manoeuvrabilité ni les IRST tant qu'ils ne passeront pas sur F-22 et F-35, ce qui n'est pas prévu dans l'immédiat. - il est pour l'annulation du F-35 et l'achat de versions plus avancées des F-15, F-16 et la relance du F-22. - les principaux manques dans la chasse : (1) un AESA pour le F-16, (2) un meilleur brouillage offensif et de meilleurs systèmes défensifs (3) + de DACT (Dissimilar Air Combat Training) - il y a des élèves qui arrivent à la Weapons School sans avoir jamais fait de mission DACT 4 vs 4.
  18. 17 points
    A ce stade de vos échanges je souhaite intervenir pour rétablir une vérité soigneusement cachée par des années de dénigrement de la chenille dans notre belle armée. Quand je lis que si il avait fallu du 120 mm dans les Ifoghas, on l'aurait eu dans le baba. Rien n'est plus faux. J'ai eu l'immense chance de mener des essais de char Leclerc dans le Golfe dans les années 90, aux EAU et en Arabie. Aux EAU, l'épreuve standard consiste à faire le tour des Emirats en 2 jours, soit 1250 km. Le Leclerc a avalé la distance sans chauffer, sans casser et plus vite que les 4x4 de l'escorte sur la plupart des terrains. Il faut juste un peu de carburant, ce qu'un PPT citerne au cul fait sans pb. En Arabie, l'épreuve dure une journée. On part le matin de Khamis Mushait et on fait un tout droit dans le désert pendant 6 heures sans s'arrêter. Au bout des 6 heures, demi-tour, pleins refaits et tout droit dans l'autre sens. Le tout à 50 mk/h de moyenne, soit plus vite que bien des véhicules à roues dont la vitesse est limitée à cause du terrain. Total : 600 km avalés en une journée. Il faut que les légendes urbaines cessent rapidement sur l'emploi des chars, véhiculées soit par des gens qui ne savent pas (et ce sont les plus nombreux) soit par des gens qui ne veulent pas et il y a des baffes qui se perdent. Tous les personnels de Giat (l'AMX 40 l'a fait aussi) ou de Nexter qui sont sur ce forum et qui ont fait ces épreuves comme moi peuvent utilement témoigner. A un moment donné il faut siffler la fin de la récré bon WE
  19. 17 points
    Pour reprendre les procédures communément admises d'un point de vu international Les sommations et avertissements fait à un appareil en dehors de son espace aérien propre n'ont aucune valeur (sauf cas particuliers comme des accords bilatéraux qui donnent autorité à défendre un espace aérien tiers : Baltic Air Police par exemple) En plus c'est débile parcequ'un appareil qui s'approche de tes frontières peut très bien se détourner au dernier moment ou lécher la frontière. Or une sommation ç'est l'équivalent verbal d'une accroche radar cad un geste potentiellement hostile Entre 2 nations non en état de guerre, les procédures (y compris pour des appareils militaires) c'est une interception, une escorte avec communication radio ou visuelle avant de forcer l'appareil "adverse" a atterrir ou dans le pire des cas a l'abattre. On ne procède pas autrement et on a jamais procédé autrement y compris envers des appareils du PAVA (Mig23 Polonais en errance et ayant fini au sol en Belgique, Mig29 Est Allemand en pénétration par erreur de radiométrie). Pourquoi ? Parceque un appareil y compris militaire peut avoir des ennuis de radio, electronique embarquée, même moteur qui fait que l'équipage ne peut pas ou est occupé à autre chose qu'a répondre à la radio. Ce type de procédure prend du temps, en tout cas plus que 12 secondes. Par ailleurs le facteur 12 secondes me fait dire que l'appareil russe était possiblement accroché missile bien avant d'entrer dans l'espace aérien turque ce qui en soit est aussi un geste hostile. (prendre en compte le temps que le radar accroche la cible puis que le temps de vol du missile à la cible) Les cas ou des appareils soviétiques ont été abattus sans sommation (ou ont abattus sans sommation d'autres appareils) existent bien sur mais dans un autre contexte (Guerre froide, pénétrations journalières de part et d'autre et activité hostile comme accrochage radar voire combat aérien). C'est arrivé au Pakistan et en Iran (avant 79). Mais jamais après un délai aussi court qui me fait dire que les appareils turcs étaient là pour se faire un avion russe. Le cas du SU25 soviétique abattu au dessus du Pakistan en 1988 par exemple parle d'une pénétration de 50 minutes faisant suite à plusieurs mois d'accrochage entre la PAF et des appareils afghans avec pertes des 2 cotés. On est loin de cette situation
  20. 17 points
    Hé bien je vais me présenter : Christophe est mon vrai prénom ,suivi de José et Michel ,et je suis né le 6 juin 1972 dans la Somme . (le 6 juin ,un signe peut-être ) . J'ai navigué entre deux monde ,la Galice et la Picardie puisque né d'une mère française (picarde et du Nord ) et mon père espagnol ( Galicien ) . Deux régions ou les particularités linguistique sont très bien ancré ,le Galicien étant une langue et le Picard un patois qui bien que parlé par très peu de monde en tant que tel est resté en s'imprégnant au français moderne . Mon monde s'est la ruralité , et je suis allé à l'école . Les vacances d'été s'étaient le travail de la terre dans mes montagnes chez les grand-Parent Galicien ,ou bien que Franco ait voulu uniformisé tout le pays ,tout le monde continué à parlé le vrai galicien . Avoir connu cette vie de la paysannerie en Galice fut important pour moi ,car l'on travaillé encore avec des moyens très anciens et ou la vie était dure ,et sans concession . Mon père ne m'a jamais rien appris en terme de langue car partant du principe qu'étant arrivé en France pour travaillé dans le bâtiment à 15 ans ,il s'est débrouillé tout seul pour apprendre le Français ,nous devions nous aussi nous débrouillé . Donc j'ai appris tout seul le galicien et aussi l'espagnol . Chez moi si tu avais du mal à suivre à l'école tu avais l'option pelle/pioche comme mon père me l'a toujours dit . J'ai fait de l'apprentissage en boulangerie mais au fond de moi s'était l'Armée qui m'a toujours motivé . J'ai travaillé dans des métiers divers en attendant de partir à l'armée ( je ne suis resté au chômage qu'une semaine dans ma vie ) . S'était pas la misère quand j'étais gamin mais tout se mérité ,et ce n'était pas non plus à volonté ,chaque chose avait une valeur même la plus simple .Le travail (pas de fainéant dans la famille ) s'était ça l'ambiance Mais je lisais beaucoup ,achetant des livres tout en ayant toujours du mal avec le français . Et je me suis engagé ,dans les Troupes De Marine au sein d'un régiment déjà professionnalisé ,avec sur la fin une période dans l'ALAT car le reste de l'armée se professionnalisé ,il fallait des mdr issu de régiment pro pour aidé à la monté en puissance de la professionnalisation . J'ai apporté mais j'ai aussi appris . Ce n'était pas un job ,s'était ma vie ,car je sais qu'on ne devient pas soldat par hasard ,même si on a aucun lien avec ce milieu (je parle comme professionnel ) . J'ai fait quinze ans et fini avec le grade de Caporal/Chef , j'ai servi les intérêts de la France ,et j'ai connu le "coeur des ténèbres" aussi bien en Afrique en côte d'Ivoire qu'en Yougoslavie . De bon souvenir et d'autres horrible . Mais j'ai vécut comme je l'ai voulu ,même si la frustration fut parfois notre compagne dans certaines opérations , ou la trouille qui sert les tripes mais qu'on sait contrôlé ,pas parce qu'on est superman mais parce qu'on a confiance au gars à côté de soi ,et que la mission comme le dise nos camarades légionnaire ,Sacrée . J'ai aimé une femme à Djibouti lorsque j'ai était muté pour une durée de 1 an à Djibouti ,et je l'ai ramené et épousé . Elle me dit que je suis son sauveur car elle a connue une vie terrible pendant son enfance (et je rentre pas dans les détails car aucun enfant ne devrait subir l'esclavage et la violence ) . Je ne me suis jamais senti un sauveur , car on a tous commis des erreurs et je suis loin d'être parfait ,même si je suis en perpétuel recherche de rédemption , à tord ou à raison . On a eu 3 enfants ,et mon fils qui a toujours voulu entré dans l'armée (je l'ai jamais poussé dans ce sens ,il fallait que sa vienne de lui ) s'est engagé à 17 et ans et demi . Il sert dans un régiment Troupe De Marine ,un régiment appartenant à la même brigade ou j'ai moi même servi , la 9°BIMa . Il a connu la côte d'Ivoire et le Mali ,actuellement il est au Gabon et devrait rentrait d'ici quelques jour . Mes 2 filles sont au collège . Pour revenir à moi l'armée j'ai appris ,puis partager en permanence ,arrivant à obtenir un maximum de qualification .J'ai encadré des jeunes engagés ,les déconstruisants pour ensuite les reconstruire ,partageant ma foi dans la mission à ses jeunes ,comme si ils avaient étaient mes enfants , juste mais dur quand il le faut . Mes capacités avec l'espagnol mon permit de faire le traducteur avec l'armée espagnole que j'ai côtoyé lors d'un 2ème séjour en Yougo . Idem pour une mission en Guyane ,véritable Far West ou les orpailleurs sont brésiliens dans leur grande majorité ,étant donné que le Galicien a une proximité avec le portugais . J'ai même réussi à faire du pain et des croissants dans un poste isolé le long du Maroni ,au grand plaisir de mes camarades . Je ne me jette pas de fleur mais avoir fait plaisir aux copains sa vaut tout l'or du monde . Tout comme j'ai aimé le sourire de ces ivoiriens qui avaient échappé aux exactions des rebelles et mercenaires libérien ,tout simplement parce que nous avions lancé une opération d'importance dans cette zone du pays . Et j'ai connu un tas de situation difficile ,cocasse ,heureuse avec l'armée , j'ai vécut avec les humains à travers le monde . L'armée se fut ma vie et ma famille car j'ai trouvé un vrai frère , alors que mon propre vrai frère ne me parle plus . Au bout de quinze ans je suis parti dans le civil ,après une reconversion dans le transport . J'ai trouvé une boite et sa fait 10 ans que j'y travail ,une grosse boite leader en Europe .J'ai mangé mon pain noir mais j'ai plus que fait mes preuves ,faisant gagné de l'argent à ma boite ,mais tout en me broyant physiquement . Aucun regret car la qualité de mon travail et le sérieux que j' ai apporté ont toujours était vu par mes chefs et nos clients . Depuis j'ai un poste moins physique mais qui demande de la qualité comme chauffeur de tracteur pour semi remorque . Certes tout comme dans l'armée ,tout n'est pas parfait mais je ne me plains pas . Je me définis comme cela , un militaire déguisé en civil . Certes cela ne se voit pas de l'extérieur mais s'est comme cela dans ma tête . J'ai pas mal de problème avec le français et souffre d'une légère dyslexie que j'ai découvert il y a quelques années ( j'arrive à le corrigé quand je relis ) . Pourtant j'ai beaucoup lu ,et me suis disons fait par moi même question culture ,militaire et autres bien sûr . Je vis avec mes souvenirs ,et fait parfois des cauchemars mais s'est gérable ,car sa fait parti de moi . Je suis quelqu'un qui est perpétuellement en train de cherché une certaine rédemption ,et surtout laissé toujours une trace dans les esprits des gens que j'ai connu . Peur que l'on m'oubli peut-être mais je sais grâce à internet et du hasard de la vie lorsque je croisais quelqu'un que j'ai connu (à l'armée ou dans le civil) qu'un nombre important ne m'oublieront jamais . Laissé une trace de moi dans les esprits s'est le plus important ,le reste m'importe au final . Je suis catholique puisque issu d'une famille catholique mais plutôt athée côté français ,et pratiquant pour le côté galicien (enfin mes grand parents ,sa a bien changé depuis ) . Je croyais un peu comme sa et j'ai juste suivi en mode tradition . Une fois à l'Armée j'ai perdu le peu de Foi car après ce que j'ai vu ,je me suis dit que Dieu avait quitté la terre depuis longtemps ,mais je m'adressé quand même à lui ,d'égal à égal je dirais , pour m'apercevoir ensuite que j'avais trop de colère . Et un événement ma ramené à Dieu . Puis ma femme suite à une rencontre avec un prêtre a décidé de se convertir catholique puisqu'elle était musulmane ,une femme très ouverte qui avait décidé de faire baptisé les enfants ,et pourtant elle était encore musulmane sans avoir aucune personne pour lui imposé cela . Elle a fait le choix de se convertir ,car son coeur a envoyé un signal à son esprit ,contrairement à ces islamistes convertis qui se sont fait fait monté le cerveau et envoyé un mauvais signe au coeur . Je me sens apaisé même si je ne suis pas devenu un croyant fanatique ou pratiquant vivant dans son propre monde . Loin de la car le monde autour de nous change et on ne peu se fermer à lui ,même quand on croit en Dieu ,ou pas ( j'ai un grand respect pour la laïcité ,et pas de respect pour le laïcisme qui comme tout mot finissant en " isme" n'est jamais de très bonne augure pour une société ) . Enfin voilà je me suis ouvert pour que l'on découvre qui je suis ,non par envie de me faire mousser ou jouer le misérabilisme ,mais ne pas être un anonyme de l'internet . Derrière un avatar et un surnom il y a quelqu'un avec une vie . L'internet est un outil merveilleux (mais que je ne maîtrise pas comme beaucoup de gens ) qui a permit à des gens comme moi de participer à des discussions sur des sujets qui m'intéresse , continuant à apprendre tout en faisant partager mes expériences personnels et aussi disons connaissance après m'être disons instruit par moi même au niveau militaire ,l'histoire ,la géopolitique ,les hommes et leur cultures etc ... Enfin voilà mon post sera très mal présenté ,mais écrit de manière sincère . J'ai du me démerdez tout seul avec mes différentes cultures et donc parle et écrit comme je l'ai toujours fait ,et cela s'est difficile à corriger ,j'en suis désolé et navré mais je fais des efforts pour corriger cela . On est que de passage sur terre ,et je ne suis qu'une personne qui veut laissé une trace tout en ayant appris auprès des autres . Cordialement , Christophe dit Gibbs le Cajun . Une citation entendu quelque part et qui me va très bien : " On brûle les graisses qui surchargent notre âme " .
  21. 17 points
    J'ai récemment pu passer quelques heures avec deux officiers de l'Armée de l'Air ayant servi à la fois au CEV et en escadron sur Rafale et 2000. J'ai enfin pu me faire confirmer plusieurs points soulevés lors du derniers Bourget mais sur lesquels j'émettais encore quelques réserves. Petit compte-rendu: Sur le MICA: Je l'avais déjà dis et répété, et cela soulève à chaque fois une levée de boucliers, mais je persiste et signe: à génération équivalente, le MICA n'a PAS la portée de l'AMRAAM ! Il n'est pas conçu pour frapper aussi loin, mais présente d'autres qualités sur des portées plus réduites. Pour citer un des pilotes, en parlant de BVR: "le MICA, il fait ce qu'il peut". Concernant la DO (désignation d'objectif) air-sol: Elle peut se faire, en air-sol comme en air-air, via OSF, radar et/ou SPECTRA. Damocles servant uniquement pour l'air-sol (et éventuellement l'anti-hélicoptère, ou la destruction d'avions au roulage). Plus il y a de capteurs en jeu, meilleure sera la DO. Evidemment, cela dépendra de la cible (son type, son comportement, son attitude) et de l'effet recherché (auto-défense, attaque de précision ou de zone etc.). SPECTRA n'assure pas une DO systématique en air-sol, mais a déjà permis de le faire sur certains sites radars Libyens Dans la plupart des cas, la DO est corrélée avec Damocles ou l'OSF (à nouveau un léger regret sur le positionnement haut-central de l'OSF pour l'air-sol) Concernant la DO air-air: Il semblerait qu'il faut se sortir de la tête l'idée que SPECTRA seul permet de faire de la désignation d'objectifs BVR à 360°. On peut s'en servir pour détecter une piste qu'on viendra "contrôler" et confirmer au radar ou à l'OSF, on peut s'en servir pour du tir d'autodéfense ou de la DO à faible distance, mais en BVR ce ne serait pas assez fiable et ça ne répondrait à aucune règle d'engagement (ROE) courante. Déjà que sur un site radar au sol fixe, ce n'est pas évident, alors pour un chasseur ou un hélicoptère en déplacement ... Apparemment, la L16 seule ne permet pas non plus de faire une désignation d'objectif digne de ce nom depuis une piste transmise par un AWACS ou un navire par exemple. Je n'ai pas de détails, mais j'imagine que c'est une question de débit et de délais de transmission qui ne permettent pas de mener une interception digne de ce nom, sans parler de la précision obtenue par ces vecteurs qui ne sont pas fait pour donner une solution de tir. Il est toutefois confirmé qu'en cas d'autodéfense, ça permet quand même de tirer un MICA en LOAL au jugé dans la bonne direction sans trop de problème, mais ça ne sera pas aussi précis qu'avec une confirmation par capteurs internes type SPECTRA. Cela dépendra également des ROE et des tactiques employées. En gros, il semblait évident pour les pilotes interrogés que le tir en autodéfense sur une piste L16 fournie par un ailier n'était pas vraiment réaliste et compatible avec les réalités du combat aérien: si quelqu'un détecte une cible au radar où à l'OSF proche d'un ailier, il la shoot lui-même et ne prend pas le risque de la transmettre en L16 à son collègue qui devra tirer par dessus l'épaule avec bien moins de chance de faire mouche. Peut-être que les points de vue changeront quand l'AESA se généralisera sur seulement une partie de la flotte cela dit. Concernant la fusion de données: La question de la L16 notamment permet de remettre en question l'intérêt de la fusion de données poussée à l'extrême. Il s'agit là clairement d'un gros point fort du Rafale. Pour les pilotes d'essai et d'active rencontrés, tout bonnement personne ne fait aussi bien (pas même le Typhoon, le Super Hornet ou le Gripen). Dans certains exercices internationaux, ça a été la clé de la victoire, puisque ça donnait la possibilité d'agir plus vite et donc de tirer en premier. Et quand on est entré seuls en premier en Libye, ça a permis d'assoir la confiance de nos pilotes envers leurs machines. Sur le terrain dans les coalitions, ce n'est pourtant pas toujours aussi simple, en fonction des ROE qui peuvent parfois exiger une identification de la cible par tel ou tel moyen. Quand sur un F-16 le pilote a un écran affichant uniquement (et clairement) les pistes L16 par exemple, le pilote de Rafale devra faire un effort supplémentaire pour distinguer sur son écran qui centralise tout les pistes L16 des autres pistes. Sans même parler du fait que certaines pistes L16 peuvent être transmises "à la chaine" avec des délais incompatibles avec la précision d'une fusion de données aussi performantes, risquant de créer des "doublons" et autres interférences. Bref, comme tout système avancé, c'est le fruit de compromis, et si ses avantages compenses ses inconvénients la plupart du temps, ce n'est pas TOUJOURS la panacée. TRAGEDAC: Peu d'éléments détaillés là-dessus, évidemment. TRAGEDAC devrait sans doute permettre de vraies DO en L16 et améliorées celles en SPECTRA seul en intégrant encore mieux (en terme de précision) les solutions des différents capteurs internes et vecteurs L16. Je ne suis pas spécialiste de la question, mais il me semble qu'il y a aussi une évolution du strandard L16 en passe d'arriver non ? Actuellement, beaucoup de choses dépendent de ce que transmet et reçoit la L16: s'agit-il d'une piste de track d'un Hawkeye ou d'une DO d'un autre Rafale ? Concernant l'OSF: Encore une fois, j'ai pu obtenir des précisions sur la perte de la voie IR sur l’OSF qui confirment les propos obtenus au Bourget. Il est confirmé que “ce n’est pas une grosse perte“. L’ancienne voie IR n’était pas forcément un outil formidable: ça ne tirait rien, ça ne donnait pas de DO, ce n’était pas tout temps... Vu les menaces à traiter dans la vraie vie (à savoir plus souvent du Mig-23 ou éventuellement du Mig-29 plutôt que du Typhoon ou du Su-35), le radar et SPECTRA s’avérait plus utile, et la nouvelle voie TV à l'air de bien correspondre aux pratiques tactiques de l'AdlA. En air-sol, le FLIR du Damo est plus adapté mais impose de vraies limitations dynamiques à l’avion en air-air (peut-être compatible avec la DA d’un pays comme la Suisse, où la présence sur zone est primordiale, mais beaucoup moins avec la France où une PO impose du supersonique contre une menace sérieuse). En air-air, la voie TV fonctionne bien (même par faible lumière) et permet, elle, via son télémètre, de la DO, et de l’identification visuelle de cible. Et ça, ça à l'air de vraiment parler à l'AdlA. Par contre, à la longue, il s’avère que le MICA IR ne permet pas de remplacer cette voie IR (qui reste en service sur les anciens OSF tout de même). Il peut permettre de repérer des anomalies (par exemple des tâches là où le radar et SPECTRA ne détectent rien) pour caler la voie TV dessus mais guère plus. Concernant SPECTRA: C'est la meilleure suite de protection électronique intégrée dans un chasseur polyvalent, même si elle n'égale pas celle d'un Prowler ou d'un Growler, mais leurs rôles n'ont rien à voir. C'est un outil qui correspond parfaitement aux besoins français, à savoir celui d'appareils sensés opérer en profondeur avec peu ou pas d'appareils de soutien type AWACS/ELINT et qui est donc difficilement comparable avec les tactiques de guerre électronique américaines reposant sur des avions spécialisés. En écoutant leurs descriptions et leurs discussions, il ne s'agit pas de magie. Plus ça va et plus je me dis que si "annulation active" il y a, elle sert surtout à améliorer le brouillage du SPECTRA et pas à rendre l'avion invisible électroniquement. Bref. Il ne s'agit pas de magie, mais de cohérence. Le SPECTRA coûte cher, bien plus cher que d'autres suites ECM/ECCM, mais il permet de ne pas avoir à investir dans une flotte d'AWACS deux fois plus importante, dans des avions de brouillage spéciaux, des appareils SEAD etc. De la même manière, les pilotes expliquaient que les américains qui avaient testés le Rafale n'avaient tout simplement pas compris à quel point son suivi de terrain complètement automatique est fantastique. D'un côté, c'est parce que leurs propres appareils disposent plutôt de systèmes d'évitement de terrains et, en règle générale, de pilotages automatiques moins automatisés justement. Mais de l'autre côté, c'est aussi parce qu'ils ne voient pas l'intérêt que cela présente en pénétration, libération le ou les pilotes du contrôle de l'appareil pour se concentrer sur des tâches de guerre électronique (y compris de l'écoute) que leurs F-16 et F-15 n'ont pas à gérer, eux. Trop complexe pour l'export ? J'ai été ravis de retrouver chez les deux pilotes du CEV le même discours que celui que je défends ici depuis des années: oui, le Rafale est "trop bien" pour certains clients. Il répond à une conception typiquement française qui met l'accent sur le travail en toute autonomie avec un contrôle du théâtre d'opération dans une bulle allant de l'avion à une cinquantaine de kilomètres dans l'air, sur terre et sur mer. Le tout avec une fusion de donnée et une maitrise de la guerre électronique qui se DOIT d'être exceptionnelle pour tirer la quintessence de l'appareil. Pour beaucoup de pays du Golfe, ce ne sera pas à leur portée avant des décennies. Par contre, payer plus cher un avion moins performant (le Typhoon ou le F-15 pour ne pas les citer) mais "toutes options", avec des tactiques à l'anciennes qu'ils connaissent déjà, ça c'est plus dans leurs cordes ! Quid du Typhoon ? Encore une fois, confirmation de ce qui m'avait été dit au Bourget: Les Anglais connaissent leur affaire, surtout quand ils arrivent à se placer en hauteur les premiers. Là ils sont très difficiles à délogés, même si globalement le Rafale s'en sort très bien notamment grâce à sa discrétion et à la conscience de son environnement. Les Italiens sont faciles à gérer, puisqu'ils ont encore vraiment du mal à gérer leurs systèmes de guerre électronique (alors imaginez donc ce que les Saoudiens ou les Emiriens pourraient bien faire de Spectra...). Au final, il n'y a pas tant de confrontations que cela, et même si la victoire n'est pas systématique, elle est assez régulière pour en être devenu routinière. Voilà, j'espère que vous apprécierez. Hésitez pas à poser des questions pour plus de précisions.
  22. 16 points
    Ma cousine et son mari y étaient avec leur gamine de 6 ans 1/2 h avant l'attaque. Ils sont sains et saufs.
  23. 16 points
    Urgent. Erdogan c'est réfugié dans l'ambassade de la Fédération de Russie et demande l'asile politique au gouvernement russe.
  24. 16 points
    De la lutte éternelle de la lance et du bouclier ... Je veux, ici, rendre un vibrant hommage à la modération de notre forum dont les nerfs sont rudement éprouvés par notre propension au HS, par nos marottes et nos passions respectives, par nos exutoires et nos acharnements défoulatoires (?) sur quelques appareils mal nés ou victimes de leurs tares - la principale étant de ne pas être un Rafale français (remplacez Rafale par Leclerc, VBCI, FREMM Fr, BPC ou M51, ça marche aussi). En effet, les modérateurs sont le dernier rempart qui sépare notre forum de la barbarie. C'est grâce à eux qu'il existe une sorte de ligne rédactionnelle qu'ils maintiennent à grand peine hors des flots impétueux générés par notre agitation. Vus de cette manière, les modérateurs sont le bouclier. Les contributeurs que nous sommes, sont la lance. Parfois d'autant plus percutants que nous sommes lourds ... ou pointus c'est selon. Partant de là, chacun dans son rôle, va pousser son avantage : le bouclier va repousser le porteur de lance, le bousculer, voire l'éjecter hors de l'arène dans le but de protéger le forum. la lance, elle, va tenter de s'insinuer dans le moindre interstice, profiter de la moindre faiblesse dans la couverture du bouclier, ou appuyer sur les points de moindre résistance. Elle a, de plus, le choix de l'angle d'attaque - choix facilité par le fait que le bouclier peut avoir à augmenter l'espace couvert sans pour autant bénéficier d'ubiquité, laissant ainsi des béances potentiellement dangereuses. Et elle a l'avantage du nombre, la horde des contributeurs étant largement plus nombreuse que le corps d'élite des modérateurs. Comment, alors que les principaux avantages tactiques semblent accordés à l'offensive et à la lance ; comment donc notre forum n'a t'il pas succombé sous les traits, et sombré - atteint sous la ligne de flottaison par une attaque saturante ? On peut explorer plusieurs pistes de réponse : la résilience intrinsèque du forum : tel le pétrolier "Limbourg", en son temps, notre forum est solide par construction. Il est doté d'une inertie qui fait que globalement la ligne éditoriale n'est pas perdue malgré quelques impacts dont le poids est négligeable devant la masse, la somme de connaissances qu'il représente. De plus, de solides mesures de sécurité passive le rendent finalement invulnérable à toute perturbation sub-cataclysmique. l'armure réactive du forum : le bouclier de la modération semble aussi doté de tuiles réactives. Tels les pavés explosifs BRENUS, il semble qu'à l'impact d'une lance, le bouclier soit aussi capable de générer son propre dard, en retour, apte a déstabiliser le coup offensif, voire à constituer une contre-offensive efficace ; la meilleure défense étant finalement l'attaque. On voit cette armure réactive à l'oeuvre lorsque, parfois, les modérateurs ne sont pas les derniers à filer le hors-sujet où à défendre leur propre chapelle. la lance en réponse à la lance : de même, il a déjà été observé que le bouclier est lui aussi porteur de lance. Il n'est donc pas cantonné à la défensive mais fait aussi preuve d'initiative, portant parfois le fer dans l'espace adverse. la scalabilité du bouclier : s'il semble peu envisageable que la lance change subitement et largement de calibre, au point de constituer un danger insurmontable, il semble en revanche établi que les caractéristiques du bouclier sont très variables. Il semble que la surface qu'il couvre, ainsi que son épaisseur, puisse subir des variations importantes sous l'effet de stimuli pas toujours faciles à déterminer pour l'observateur non-averti. Peut-être est-ce un magnifique exemple d'évolutivité pseudo-darwinienne où la réponse à la pression de l'environnement n'attend même pas la sélection par les générations. l'expérience : aussi haut qu'elle soit lancée, la lance finit toujours par retomber. Elle peut aller plus vite, plus loin, plus fort, cela reste quand même une arme d'estoc ou de jet et, partant de ce constat, limitée dans ses modes d'action. Le bouclier ayant pu accumuler de l'expérience et reconstituer son potentiel défensif à peine entamé va pouvoir profiter de son savoir, des milliers d'impacts déjà subis, pour fournir la meilleure réponse et limiter l'ampleur des attaques. Tout le monde sait qu'un sujet sur un marché d'avions de combats débouchera inévitablement sur l'évocation du Rafale. De même, évoquer les ex-zones d'influence ex-soviétique ou discuter des matériels de l'ex-empire du prolétariat amènera inévitablement à une querelle entre les lecteurs de Jane et ceux du Cyrillique dans le texte, sur des points dont tout le monde se fout à part eux. Il est donc relativement aisé de cerner les principaux points d'attaque de la lance et d'y placer le bouclier avant même que la pointe n'ait conscience de son mouvement. Il reste néanmoins quelques zones où l'effet de surprise a quand même permis un impact ... mais à bien y réfléchir c'est peut être davantage un trou de punaise qu'une plaie béante. la discipline et la cohésion : il semble que l'un des points essentiels de la force du bouclier soit sa capacité à répondre en ordre là où la lance perd de son efficacité par des assauts sporadiques, dispersant ainsi le maigre effet qu'elle pourrait provoquer. la traitrise : ce n'est pas chez le bouclier qu'il faut la chercher (voir point précédent) mais chez la lance. On ne peut pas exclure la possibilité que certains, chez les contributeurs, soient des complices plus ou moins volontaires, plus ou moins engagés, plus ou moins conciliants, de la modération. La lance est alors ébréchée, émoussée ou mouchetée, donc aux effets diminués quand elle n'est pas cintrée façon boomerang, propre à revenir brutalement dans le camps des lanceurs. Et il reste de nombreuses autres hypothèses. Je m'en voudrais de faire une étude exhaustive qui briderait votre imagination. Je vous laisse donc libre d'en penser ce que vous voudrez. Moi, je me suis juste amusé avec ça et c'est ainsi que j'aime prendre notre forum : rigoureux, solide, fouillé, mais pas systématiquement sérieux, et au moins pas triste.
  25. 16 points
    Plusieurs réflexions. Tout d'abord, s'il devait y avoir un proverbe à utiliser pour nos forces depuis la fin de la guerre froide, ce serait "qui peut le plus peut le moins". Tout simplement parce que la réalité des achats de matériel militaire DOIVENT prendre en compte autant les impératifs opérationnels que les impératifs industriels, mais aussi les limitations économiques. C'est comme ça, il en va de l'indépendance stratégique de la défense française. J'ai même envie de dire que l'indépendance stratégique française repose plus sur les impératifs industriels que les impératifs opérationnels. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que même si les militaires connaissent leur boulot et méritent ce qui se fait de mieux et ce qui est le plus adapté pour la réalisation des missions qu'on leur confie, et bien parfois ils se retrouveront avec un matériel qui répond moins bien à leurs exigences opérationnelles mais qui correspond bien mieux à l'équation impératifs industriels/contraintes économiques. Ça peut sembler tout pourri à leur niveau, mais au niveau de l'ensemble de l'indépendance stratégique de la nation (qui est une notion qui transcende la seule question militaire), et sur le très long terme, c'est sensé être le meilleur choix (je dis "sensé" parce que, dans l'industrie comme dans les opérations militaires, tout ne se passe pas toujours selon le plan). Dans le cas des hélicoptères de combat ou des avions de transport, cela veut dire quoi concrètement ? Quels sont les paramètres de l'équation ? D'une part, les impératifs opérationnels. Globalement, le défis avec les programmes d'armement des années 90 était d'entériner le changement de paradigme stratégique de la France, entamé avant même la fin de la Guerre froide, depuis la fin de l'empire colonial français en fait. D'une armée de défense de théâtre européen, il fallait transformer notre armée en force de projection rapide depuis la métropole. Dans le cadre de la défense européenne, les crises pétrolières ont mis en avant la faiblesse cruciale de la logistique, et commencé à remettre en question la notion de "masse critique" au profit d'une plus grande efficacité par vecteur (c'est ce qui a présidé à la conception du Leclerc, aux premières ébauches du Tigre etc.). Les enseignements tirés des interventions au Liban ou contre le front Polisario ont été capitales dans l'édification de ce changement de doctrine. -Pour l'avion de transport du futur, cela signifiait qu'il fallait un avion de transport avant tout stratégique, capable d'être déployé rapidement depuis la métropole ou une des rares bases d'outre-mer afin de couvrir l'ensemble de l'arc d'intervention. C'était ce qui manquait le plus aux forces françaises, et c'est ce que l'avion de transport futur devait accomplir. Mais, évidemment, il n'était pas question de laisser complètement tomber la dimension tactique. Il faut donc, pour les militaires, avant tout un avion de transport lourd, au rayon d'action stratégique, mais il faut également conserver des capacités tactiques crédibles pour les OPEX. -Pour l'hélicoptère de combat futur, il fallait un équipement capable de remplir toutes les missions des Gazelle dans une seule cellule, tout en assurant à cette machine une bien meilleure survivabilité que l'ensemble des Gazelle qu'elle allait remplacer. A la fin des années 1980, le combat héliporté en réseau organique n'est plus viable: faire voler une Gazelle avec des HOT, une autre avec un 20mm et une dernière avec des Mistral offre simplement trois fois plus de cibles (trop faciles à descendre) à l'adversaire, et trois fois plus de risques d'être détecté et de compromettre la mission, sur le théâtre européen. En déploiement extérieur, les contraintes sont encore pire, puisque la contrainte de ressources humaines prime alors plus souvent que celle du matériel: pour faire le job de 2 ou 3 futurs hélicoptères de combat, il faut déployer une douzaine de Gazelle, leurs équipages, leur train logistique, ce qui demande encore plus de moyens de transport etc etc. Le tout sans parler de la protection des équipages face aux menaces les plus modernes. Comme pour l'avion de transport, il FALLAIT un appareil plus puissant et polyvalent, sans que cela n'enlève l'intérêt pour un appareil de reconnaissance armé qu'était devenu, de fait, la Gazelle. Ensuite, la contrainte économique La Guerre froide est terminée, c'est l'époque des fameux dividendes de la paix. Un bon paquet de programmes sont annulés, et les deniers pour la réalisation de ceux qui restent ne coulent pas à flot, ce qui contraint les forces à des compromis. Compromis interarmes, mais aussi interalliés. Et les coopérations industrielles au niveau européen deviennent une norme plus qu'une exception. Il ne s'agit pas d'obtenir du matériel plus performant que ce qu'on aurait pu concevoir au niveau national, il s'agit juste de diviser entre plusieurs pays les coûts de développement. Pourquoi? Parce que ces derniers ne font qu'augmenter, mécaniquement, mais qu'avec une baisse des commandes nationales de matériel militaire, la France ne peut plus se permettre de répercuter le coût de développement d'un nouvel aéronef sur ses seules commandes nationales. Mécaniquement, encore une fois, réaliser du matériel au niveau européen entrainement nécessairement des compromis sur le plan opérationnel: il ne faut plus prendre en compte le seul cahier des charges national, mais aussi les besoins des autres armées, ce qui fait que le matériel ne sera pas parfaitement adapté aux procédures opérationnelles existantes et qu'il faudra aussi adapter nos procédures opérationnelles au matériel. Dans l'ensemble, est-ce une mauvaise chose ? Apparemment, dans l'ensemble, non. Il semblerait que ça permette aussi de moderniser certaines procédures qui tenaient plus de la tradition que de l'efficacité rationnelle, ou encore que ça force les opérationnels à s'ouvrir à d'autres façons de travailler qu'ils finissent par maîtriser pleinement au bout d'un certain temps. Par contre oui, dans une institution comme l'Armée française, ça gueule. Mais quand on subit de telles baisses d'effectifs, de telles baisses de budget, de tels bouleversements structurels (la fin de la conscription par exemple), et bien il faut s'attendre à perdre des choses, c'est comme ça. Pour finir, les impératifs industriels Parce que c'est la résultante des deux premiers points. Une indépendance stratégique, ce n'est pas qu'une question de moyens militaire, c'est aussi la pertinence d'une industrie de défense. Et dans ce cadre là, il vaut parfois mieux une industrie active dans la production de matériel pas forcément adapté à 100% des besoins militaires que l'achat sur étagère d'un produit plus adapté, qui correspondra aux besoins à l'instant T, mais qui tuera toute capacité de production nationale pour la prochaine génération de matériel. Concrètement, cela veut dire qu'il vaut mieux un seul programme (incomplet en terme de réponse des besoins) qui fonctionne et est rentable sur le plan industriel, qu'une multitude de programmes couvrant tous les besoins opérationnels mais qui ne permettent pas de rendre viable l'industrie de défense nationale. -Dans le cas de l'avion de transport tactique, c'est un point absolument évident. L'Europe (et la France, dans le cadre de sa participation) n'a pas les moyens de mener de front deux grands programmes d'avions de transport. Si elle s'était concentré sur la production d'un avion plus stratégique, une partie des fonds auraient été déportés sur l'achat d'avions purement tactiques type C-130J, réduisant alors le nombre d'A400M achetés, augmentant leur prix individuel, divisant les coûts de développement (plus élevés) sur moins de cellules produites, augmentant leur prix unitaire, diminuant les commandes etc etc. L'Europe a fait le choix courageux de s'orienter vers un nouveau segment de marché, et c'était le seul choix qu'ils avaient ! S'ils avaient fait un C-17bis, le C-17 aurait tout bonnement bouffé une grande part de leurs part de marché, comme le JSF l'a fait avec les membres du consortium Eurofighter. S'ils avaient fait un avion purement tactique en remplacement du Transall, combien de clients se seraient tout simplement tourné vers le C-130J ? Il n'y avait pas forcément le choix quand il a fallu développer l'A400M, sinon l'Europe aurait juste pu renoncer à cette capacité et acheter massivement américain, avec quelques Casa ou C-27 pour faire bonne mesure. Quand au choix de la France dans tout ça ? Elle a choisi d'acheter autant d'A400M que possible, pour peser dans le processus industriel autant que possible, pour peser dans les négociations à l'exportation, pour augmenter autant que possible le volume d'avions produits et diminuer son coût unitaire. Mais c'est aussi un choix opérationnel, le CHOIX d'accepter tout ce que l'avion lui permettra de faire de manière inédite pour les forces françaises, ce qu'elle n'a JAMAIS pu faire, au prix de la perte de quelques capacités tactiques qu'elle maitrise jusqu'ici. Mais ce prix à payer est minime ! C'est une goutte d'eau dans l'océan de changements de procédures entamés depuis la fin de la Guerre froide. Et surtout, l'Armée française depuis quelques années n'a plus vraiment peur du changement. Elle est même devenu très douée dans les processus d'adaptation, et 90% des missions qu'elle devra abandonner en même temps que le Transall seront simplement récupérées, reprises et réalisées par d'autres moyens, d'autres procédures. Pas de raison de hurler à la lune donc. C'est un CHOIX ! On sait ce qu'on perd, du coup on sait comment compenser cette perte, et en échange on sait ce qu'on a à y gagner. -Pour l'hélicoptère de combat, c'est exactement la même chose. Oh oui, on peut pleurer bouhouhou qu'on gaspille notre fric de pov' ti contribuab' avec des Tigre au Mali, mais il faut voir que: 1) Des Gazelle, on en a encore, et plein, et pour un bon moment. Elles continuent à coûter bien moins cher que les Tigre, et pourtant on CHOISI d'envoyer des Tigre au Mali ! C'est bien qu'il y a une raison opérationnelle, la principale étant qu'on aime bien NE PAS MOURIR en opération extérieur, bizarrement ! 2) Si on avait pas eu les Tigre, on aurait pas pu lancer notre deuxième front aéronaval sur la Libye, et on n'aurait pas pu intervenir de manière aussi musclée dans tout un tas d'opérations spéciales, de la Somalie au Niger. OUI, ça coûte plus cher, mais l'ALAT n'est pas complètement conne, elle le sait très bien. Quand elle le peut, elle envoie des Gazelle. Mais quand il le faut, elle envoie des Tigre, parce que ce qu'ils font, aucune Gazelle (et d'ailleurs aucun Apache non plus, et c'est sa grande fierté) ne peut le faire. Ce que TOUS les pilotes de Tigre à qui j'ai parlé m'ont dit, c'est que cet hélicoptère est "un putain de Faucon Millenium" (je cite), mais qu'ils étaient bien content de travailler avec les Gazelle. Le couple fonctionne très bien et, oui, un jour, les Gazelle seront remplacées par autre chose, un truc genre EC645. Mais le fait est, comme pour l'avion de transport tactique, qu'on n'a pas les ressources financières pour se disperser en ce moment. De la même manière qu'on ne peut acheter 50 A400M et en parallèle 50 C-130J, on ne peut pas se doter de 80 Tigre et lancer en même temps un programme pour 200 hélicoptères légers. ça viendra, mais pas maintenant. Le fait est qu'on a pas les ressources pour lancer tout un tas de gros programmes (dont à on stratégiquement BESOIN, dans un volume donné pour que ce soit industriellement rentable) et, en parallèle, tout un tas de petit programme pour remplir les trous. Les gros avions/hélicoptères/chasseurs peuvent faire le boulot des petits. Et comme on a les gros parce qu'on DOIT les avoir, on se passe des petits, pour l'instant. Quand on sera en pleine dotation, ou au moins en dotation suffisante, on réfléchira au remplissage de gap pour économiser le potentiel des gros. Mais on ne peut pas le faire EN PARALLELE, sans que ça n'augmente exponentiellement le prix des gros programmes et, donc, diminue leurs dotations et l'efficacité globale de nos armées. Ce n'est pas une question de "pensée comptable" ou autre connerie du genre, c'est juste une réalité complexe mais indiscutable.