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  1. Rangez les rancoeurs et les espoirs déçus arrêtez les digressions et les provocations concentrez-vous sur les faits Cela devient pénible ... Il serait bon que les excités du HS aillent faire çà plus loin ... Ce forum devient un lieu où il ne s’agit plus de débattre, encore moins d’argumenter, mais de choisir son camp cela devient très dangereux pour la qualité des échanges ...
    42 points
  2. Un (très) long et passionnant article du Washington Post, très bien documenté, qui fait échos aux discussions que nous avions quant à l'origine des renseignements américains sur les intentions russes, et la réception que ces informations ont eu côté ukrainien. L'article est notamment issu de longues entrevues avec une douzaine de sources de hauts niveaux aux Etats-Unis, en Ukraine et dans plusieurs pays européens. https://www.washingtonpost.com/national-security/interactive/2022/ukraine-road-to-war/?itid=hp-top-table-main En résumé (dans le désordre, à mesure que je lisais l'article) : - En octobre 2021, réunion dans le Bureau Ovale : les renseignements américains, via un mélange d'images satellites + interceptions + HUMINT, pensent que Poutine veut envahir l'Ukraine via une opération de grande envergure. Jake Sullivan lui-même, après avoir été sceptique, devient convaincu à mesure que les renseignements s'accumulent que c'est bien ce que compte faire la Russie. - Les USA ont visiblement accès, de plusieurs manières, à des conversations/documents de très hauts niveaux, aussi côté civil que militaire. - Biden est hésitant. Il ne veut pas embarquer les USA dans une nouvelle guerre, et sait que le pays jouis d'une crédibilité assez faible, surtout après les désastres Irakiens et surtout Afghans. Il ne veut rien entreprendre en dehors de l'OTAN, mais au niveau de l'alliance, les positions concernant la Russie sont alors extrêmement divergentes. - Conjonctions de facteurs qui expliquent que les russes passent à l'attaque maintenant : Perception d'une fenêtre d'opportunité crée par le Coronavirus, la faiblesse de Biden, le manque de temps dont Poutine estime disposer avant sa propre fin, élections en France, transition politique en Allemagne, problèmes post-Brexit au R-U, ect. Parallèlement, plus les années passeront plus l'Ukraine sera occidentalisée et réarmée, rendant l'opération plus difficile. - Forte croyance côté russe que la réaction occidentale sera peut-être très forte au niveau symbolique, mais finalement assez faible pour tout ce qui est concret. - L'axe principal d'attaque, depuis la Biélorussie et constitué d'une double pince se refermant sur Kiev est identifiée très tôt. - L'attaque était prévue en Hiver car l'E-M russe considérait que le sol gelé faciliterait la mobilité des chars. - Tempo prévu pour prendre Kiev : 3 à 4 jours. - Parallèlement à cet effort principal et aidée par l'effondrement politique du pays, avancée depuis le sud vers Odessa, et depuis l'Est vers le Dniepr. Délai prévu : plusieurs semaines - A la fin de cette première phase, nouvel effort pour atteindre les frontières de la Moldavie et l'ouest de la Biélorussie. De l'Ukraine ne doit subsister qu'une petite poche autour de Lviv, que Poutine juge définitivement irrécupérable politiquement. - A ce moment de l'histoire, la priorité US, dans l'ordre, est : 1) ne pas se retrouver dans une confrontation cinétique entre l'OTAN et la Russie 2) Contenir la guerre au sein des frontières géographiques de l'Ukraine 3) Ne pas faire exploser l'OTAN 4) Renforcer l'Ukraine autant que possible et lui donner les moyens de se battre - Relative confiance des renseignements US avant la guerre concernant la volonté ukrainienne de se battre et sur sa capacité à résister au moins un temps si elle est correctement renseignée et aidée, mais sans espoir de victoire "Kiev ne tombera pas aussi vite que les russes ne l'espèrent, mais elle tombera". - Grandes inquiétudes des Rens' US concernant Zelenski, qui est alors vu comme faible, peu compétent sur ces questions, et mal aimé par son opinion publique. - Zelenski est informé des intentions russes par Blinken lors du sommet sur le Climat de Glasgow. Zelenski a écouté, mais précisé que les russes avaient déjà fait le coup de la fausse invasion de nombreuses fois. - Selon les Ukrainiens, les USA n'ont commencé à fournir des preuves solides à l'Ukraine que quelques jours avant l'invasion, en dépit des demandes des SR ukrainiens - Les ukrainiens n'ont pas forcément beaucoup apprécié la politique de "transparence" américaine sur le risque d'invasion. Les déclarations publiques américaines faisaient courir un vent de panique dans la société ukrainienne, impactaient directement l'économie ukrainienne (taux de changes, ect.) sans forcément beaucoup aider le pays à s'y préparer - Les USA pour leur part disent qu'ils ont très vite fournis des preuves et des renseignements circonstanciés aux Ukrainiens pour étayer leur conviction d'une attaque imminente et de grande ampleur - Mais en tout cas les USA n'ont pas tout fournis à l'Ukraine car ils craignaient que cela ne puisse servir aux ukrainiens à lancer une attaque préventive sur la Crimée, et ils considéraient en plus les services ukrainiens comme totalement infiltrés par le FSB, même à haut niveau. - Biden fourni du renseignement sensible à la France, au R-U et à l'Allemagne en marge du G20 à Rome pour les convaincre de l'imminence de l'attaque. Les français et les allemands sont resté très sceptiques, contrairement aux britanniques et aux baltes (informés entre temps aussi). Il semble que l'épisode des ADM en Irak, et celui de l'effondrement soudain de l'Afghanistan n'y soient pas pour rien dans le scepticisme franco-allemand. - Les français ne considèrent pas les SR américains comme une source fiable et sincère avec eux. - Les allemands et les français considèrent que bien souvent les USA déforment volontairement les conclusions de leurs services pour les faire apparaître comme plus certaines qu'elles ne le sont vraiment, pour servir leurs intérêts politiques (c.f. Irak) - Rapidement, trois camps dans l'OTAN : Europe de l'Ouest/Sud : pas d'inquiétude, c'est le jeu habituel de Poutine Europe Centrale : Possibilité que quelque chose se passe mais d'ampleur limitée US + UK + Baltes : L'invasion sera massive et certaine - A ce moment là, les SR ukrainiens sont aussi convaincus que les US que la guerre est inévitable, mais restent sceptique sur l'idée d'une frappe de décapitation sur Kiev. Pour eux, ça restera limité au Donbass. Zelenski est lui relativement sceptique, bien qu'inquiet également. - Les USA ont proposé début Janvier au Russes une conversation de haut niveau avec la possibilité de discuter d'une limitation des systèmes américains en Europe et des déploiement de troupes dans les pays de l'Est, en échange d'une désescalade et du retrait des troupes russes de la frontière ukrainienne. Les Russes semblaient frustrés que les USA fassent des concessions, ce qui a encore renforcé la conviction US que c'était de la pure diplomatie performative destinée à justifier à posteriori l'invasion par l'intransigeance de l'OTAN. - Dans les mois précédents l'invasion : passage de 74 000 à 100 000 soldats US en Europe, repositionnement de ces troupes (et des stocks) depuis l'Italie et la Grèce vers la Pologne et les pays Baltes, 12 escadrons de chasse au lieu de 4, et passage de 5 à 26 navires US autour de l'Europe. - Mise en place parallèlement d'une ligne ultra sécurisée entre le US Europan Command et l'E-M Ukrainien. - A partir de Décembre, accélération de la livraison d'équipements légers vers l'Ukraine, JAVELIN, MANPADs. - Les ukrainiens sont informé des détails de l'assaut prévu sur Hostomel dès le 12 janvier - Les US urgent Zelenski de préparer son opinion publique à l'inévitable. Zelenski les prends totalement à contrepied : si je dis au gens de stocker de la nourriture et de se préparer à la guerre, la moitié du pays fuira avant même que les russes arrivent, et ils prendront le pays en 3 jours. L'essentiel, c'est de garder les gens au pays, là où ils peuvent se battre. - La position de Zelenski ne faisait pas l'unanimité au sein de son entourage et des SR ukrainiens qui pressaient le Président de prendre des mesures préventives sérieuses. Il semble d'ailleurs que ça a été fait localement sans ordre d'en haut : stockage de carburant et de munition, ect. - Blinken a dit à Zelenski en Janvier qu'il devait envisager d'avoir à quitter Kiev si les russes s'approchaient de la ville, Zelenski a répondu que c'était hors de question. - Zelenski s'est même mis à penser que ces appels du pied des américains pouvaient être une manière déguisée de l'écarter rapidement après le début de la guerre afin que l'Ouest puisse négocier avec le pantin russe qui sera installé à sa place. - Macron persuadé que son coup de fil à Poutine le 20 février était "une percée", le lendemain, Poutine reconnaissait la DPR et la LPR. - Les européens (français, allemands) ont surestimé leur compréhension de Poutine et de son fonctionnement
    35 points
  3. Ah au fait. Pendant qu'on y est. Merci a tous pour votre soutien. Le forum ne tournerait pas sans vous meme si il pourrait tourner sans nous a titre individuel. Et perso je doute que la soit disant réputation plastronné par un petit trollinet de passage soit vraie (sauf chez des personnes dont nous ne voudrions pas d'ici par, pour pasticher le militaire, comportement et mentalité incompatible avec le bon fonctionnement du fofo. Enfin voilà, on sait gueuler en France quand ca va pas mais on sait rarement dire merci. Alors, merci Fin du HS
    33 points
  4. En tant que Coréen, je vous félicite sincèrement d'avoir signé le contrat avec les Émirats arabes unis. L'accord incitera de nombreux pays à envisager le Rafale. J'applaudis également à ce que le contrat indonésien soit conclu dans les plus brefs délais. J'adorerais voir le Rafale fonctionner sous le même toit que le KF-21.
    32 points
  5. Hello, Bon, je pose ça là comme un cheveu sur la soupe, mais j'ai deux sources concordantes qui évoquent des discussions très avancées avec l'Indian Navy pour 24 Rafale M, avec potentiellement un accord dès 2022. Apparemment, plus en amont des discussions, l'hypothèse de mixer Rafale M et Rafale B (en petit nombre) aurait été évoquée, même si finalement on s'orienterait vers du tout Rafale M et un accord IAF/IN pour la formation des pilotes. A prendre avec les pincettes de circonstances, étant donné qu'il est tout à fait possible que, de l'autre côté de l'Atlantique, deux sources équivalentes aient fait des indiscrétions sur un accord imminent autour de 24 Super Hornet. On parle de l'Inde après tout ! Autre "info", plutôt une rumeur. Il se passerait quelque chose en Suisse. En tous cas, ça s'agite autour du Rafale dans les cercles informés, et les tenants du F-35 lèvent leurs boucliers en coeur. Peut-être craignent-ils que Dassault refasse la même chose qu'en 2011, avec une contre-offre publique nettement moins cher que celle du F-35, enfin publiquement détaillée par les forces aériennes ? Franchement, je ne sais pas s'ils y pensent à St Cloud, ou s'ils ont mis ça en branle, mais ce serait plutôt une bonne idée pour mettre le F-35 et Armasuisse le nez dans leur m****. Pas de quoi remporter le marché, mais au moins couper l'herbe sous le pied à l'argumentaire moisi de LockMart.
    32 points
  6. Vous commencez à faire chier à vous invectiver en permanence. Je viens sur ce fil pour m'informer mais 80% des messages c'est des querelles byzantines.
    30 points
  7. Défilé du 9 mai sur la Place Rouge : Clairon
    29 points
  8. Bon, au moins, j'aurais assisté à la résurrection de Jésus. Pas banal .
    29 points
  9. Alors quelques nouvelles fraiches du programme SCAF et du NGF en particulier depuis l'ONERA. Des équipes travaillent sur le programme comme s'il était lancé, confirmé, verrouillé à 99% ou plus. La question n'est pas de savoir s'il se fera mais avec qui. Et encore la question leur semble secondaire, parce qu'en attendant, du côté de l'ONERA, ça avance. On pourra objecter que ce n'est pas l'ONERA qui décide du programme. Mais ce que je vous retourne concerne l'état d'esprit des équipes au travail. Le cockpit en particulier fait l'objet de beaucoup d'attention. Ils en sont à concevoir le futur simulateur du NGF. Au delà des écrans tactiles, on parle désormais d'écrans "tangibles": Des écrans qui se déploient en phase de convoyage pour augmenter la surface de travail et se replient au besoin (dogfight,...) Il s'agit de pouvoir présenter les données au pilote au mieux sachant qu'avec le possible contrôle des drones, les ECM, l'IA... les tâches à accomplir vont aller en augmentant par rapport à la génération actuelle => travail sur l'ergonomie. Pour le reste (partie technique) je n'ai pas le droit d'en parler pour le moment. Voilà, ça m'a surpris aussi mais on en est là. Ils sont à fond.
    28 points
  10. Dans mon nid, on ne fait pas de Politique: parce que ça me casse les cou*lles. (Rien de personnel dans le propos, je précise) Après, je vois et je lis plusieurs choses intéressantes dans tout ceci: 1/ La mobilisation russe est un fait indéniable, son volume - certes important - n'est pas une première... et ne sera pas une dernière. 2/ Les exercices en cours (VMF/VKS/VS) sont une réalité tangible dont... une bonne partie sont annoncés de longue date. Après, les lieux de leur réalisation ne sont pas anodins. 3/ Militairement parlant, si la Russie voulait REELLEMENT balayer l'Ukraine: ce serait déjà fait et (presque) personne n'aurait eu le temps de broncher (même avec de la bombe lisse et du T-72: il y a quoi en face? Rien ou presque... n'en déplaise à certains). Dis autrement, vu la concentration "normale" de matériels à proximité immédiate de l'Ukraine, les russes avaient largement de quoi balayer Kiev sans faire une telle pub et attendre un armement plus conséquent en face. Il y a des TB2 en Ukraine? Oui, 12 appareils... directement, l'équilibre des forces est foutu hein 4/ Politiquement parlant, il n'y a rien ou presque qui tient la route... Pourquoi se mettre à dos l'UE maintenant? Alors que les russes mettent le pressing pour l'homologation de NS2? Ce serait complètement c*n de la part des russes. L'effet des sanctions? Mouais, elles ne font pas du bien, mais l'économie russe est largement passée outre... on reparle de l'excédent budgétaire fédéral russe de 2021? 5/ Sociologiquement parlant, les russes (la société) NE veulent PAS se battre contre l'Ukraine ou n'importe qui d'autre... (Ils ont d'autre priorités comme tout le monde). Par contre, ils veulent des garanties que l'on va arrêter de les prendre pour des c*ns deux minutes avec de fausses promesses et/ou des accusations à la c*n (non pas qu'une partie de celles-ci ne sont pas justifiées, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit). 6/ Médiatiquement parlant, là on atteint un climax. De toutes parts, on donne la parole à des gens qui n'en touchent pas une et on n'écoute pas assez ceux qui devraient l'être... Accessoirement, on est tombé dans une espèce d'hystérie médiatique où l'on a l'impression qu'il faut une bonne guerre pour l'audimat avec des gros méchants bien costauds (ouais, le Talibans, ce n'est pas sexy hein...). On parle potentiellement d'une guerre avec une puissance nucléaire, désolé si je ne partage pas l'enthousiasme de certains (ailleurs et... ici). Par contre, et AMHA: la situation actuelle n'est pas neuve et ne va pas aller en s'arrangeant. Il est temps de refondre complètement les relations UE/Russie ainsi que OTAN/Russie (je rappelle à certains rêveurs que l'OTAN est clairement identifié comme menace PRINCIPALE pour la Russie dans sa doctrine militaire). Sans cette refondation, on finira un jour par se mettre sur la gueule. Oui je sais Crimée et Donbass: ce sont des points qui devront in fine être solutionnés à un moment donné... mais pas dans le contexte actuel. On manque de véritables hommes/femmes d'état que pour ce faire ainsi que de sang froid. Et ce, que ce soit avec ou sans Poutine. Ce serait un autre mec à la tête de la Russie (sauf un Eltsine: trop beurré que pour être dangereux) que la situation actuelle serait identique... et je ne relève même pas le point sur "la Russie a peur d'une démocratie en Ukraine" ou "la Russie a le PIB de l'Italie": aligner des poncifs sans les mettre en perspective, c'est le meilleur moyen de se prendre un Boulava sur la gueule sans comprendre pourquoi on en est là Bref, lisez et comprenez ce que vous voulez dans mon propos (alors qu'il n'y a rien à en conclure sur mes opinions perso, qui n'ont certes aucun intérêt ici ou ailleurs) mais mettez les choses en perspective. TOUJOURS. Que ce soit en ce qui concerne la Russie ou n'importe qui d'autre... #My2Kopeck
    28 points
  11. Je réclame le calme ... l'arrêt des concours de bite et des attitudes de supporters. C'est incroyable ! Je souhaite également qu'en cas de potentielle de déconfiture prolongée pour les troupes russes les pro-Russie d'un côté et les pro-Ukraine de l'autre n'en profitent pas ... pour évoquer qui la vomiture de Tweeter qui la propagande poutinienne .... Vous vous rendez-compte qu'on en arrive à parler de l'Irak ? Que ceux qui sont tristes se fassent une camomille et que ceux qui sont ravis mettent un mouchoir dessus le sort des armes peut se renverser. Je sais que vous m'avez tous TRES bien compris ...
    27 points
  12. Une précision orthographique tout de même - Modérer son désir d'en découdre, ça s'écrit : modérer ses ardeurs - Modérer ses acteurs dans des films un peu olé olé, ça s'écrit en effet : modérer ses hardeurs Tu voulais dire quoi, en fait ?
    27 points
  13. Et un peu avant la vidéo des highlights 2022. https://www.youtube.com/watch?v=1K7mac2hMOQ Avec un passage succulent à 8:47, que je vais réuploader pour la peine parce que ouch, ça taille sévère à coups de sous-entendus. "Nous refusons la sujétion, et nous mettons notre esprit de résistance au service de l'indépendance de notre pays et de ses armées. Ceci n'est pas toujours compris, pourtant, c'est sans doute un trait majeur de notre culture d'entreprise, qui nous a été transmis tant par Marcel que par Serge Dassault, et par tous ceux qui ont laissé leur mémoire sur cette stèle." Et maintenant en avant pour la revue des résultats du premier semestre 2022... Résumé/verbatim: Prises de commandes exceptionnelles qui cumulent contrats Rafale EAU (80) + Grèce (6) et Falcon avec une reprise 41 commandés ce semestre. Pénurie de main-d'oeuvre, contexte difficile, crise covid persistance, élections présidentielles et législatives qui créent une configuration unique dans la 5eme république, inflation, supply chain en tension à cause des réussites, même chose pour Airbus. Le "quoi qu'il en coûte" rend le retour au travail difficile d'autant qu'il y a des pénuries de matière, et que l'énergie pèse. Suite à la crise en Ukraine Dassault s'est conformé. Gel des implantations en Russie. Bureau à Moscou, Falcon service, et activité de vente d'avions. Contre-sanctions sur la supply chain (de la part de la Russie). Risque FORT sur les composants électroniques mais heureusement précautions prises, le président a annoncé le renforcement des capacités notamment via ST-Microelectronics dans un partenariat franco-italien. Perspectives favorables pour la société, historiques, montée en cadence en train d'être réalisée, mais supply chain inquiétante malgré les tours de contrôle mises en place au niveau du Gifas. Pour les contrats, en vigueur pour EAU 80 en Avril avec charge de travail jusqu'en 2031. Grèce qui a commandé 6 Rafale de +, pas encore en vigueur pour l'Indonésie qui a signé 2 contrats un de 6 un de 36, mise en vigueur cette année. Et exécution en cours avec livraison de 7 Rafale export, guidance de l'année: livrer 13 Rafale en 2022. Nombreux prospects avec lesquels ils discutent, prometteurs pour les années à venir. En ce qui concerne la France, poursuite développement F4, standard France mais aussi EAU. Lancement des travaux de productibilité pour un contrat tranche 5 qui devrait arriver en 2023 pour environs 42 avions. "Economie de guerre" on verra ce que ça veut dire pour les industriels, à voir dans la future LPM. Soutien militaire: livraison des rétrofits 2000D, et verticalisation, avec Balzac pour les Mirage. Plates-formes de service mises en place pour le soutien des avions export déjà livrés à 4 pays. Centre de formation à Mérignac continue de tourner pour former les personnels étrangers grecs en ce moment. Sur le FCAS, lancé en février 2020. Phase 1A terminée en début d'année. Attente contractualisation phase 1B logiquement suite phase 1A, aurait dû être signée fin 2021, qui a rencontré une difficulté d'interprétation de ce que veut dire "maître d'oeuvre entre Dassault et Airbus, nous en sommes toujours là à l'heure où on se parle. Eurodrone, contrat passé par l'OCCAR à Airbus. Airbus maître d'oeuvre, Dassault accepte volontiers d'être sous-traitant d'Airbus ça ne lui pose pas de problèmes, et Thalès aussi sur le système de communications dans ce cadre-là et sur les commandes de vol de l'Eurodrone. Sur les falcon de mission commande de 4 Falcon par la Corée, transformés localement en avions de surveillance avec l'industrie coréenne. Albatross en développement pour 7 avions, et Archange 2 avions. 5eme ATL2 standard 6 livré. Pour le successeur offre en préparation à partir d'un Falcon 10X remise à la DGA dans les semaines à venir. Sur falcon reprise des ventes, 41 commandes, chiffre en réalité plus élevé car des commandes russes ont été annulée en accord avec les clients puisqu'on ne pourra pas livrer. Gamme enrichie avec le 6X programme se passe bien on en reparlera. Travail avec d'autres partenaires sur l'empreinte carbone avec l'utilisation de carburants synthétiques, -50% à prévoir sur le bilan carbone, mais un peu plus chers et à déployer. Rappel de la gamme: Falcon 2000 4000 nautiques, Falco, 10X 7500 nautiques, 6X à 5500 nautiques, 8X quasiment 6500 nautiques, 7X un petit peu en-dessous, et le plus ancien, le 900 qui continue à se vendre avec 4750 nautiques. Sur le 6X entrée en service avec décalage de 6 mois compte tenu des difficultés Covid, on prend notre temps pour la certification. Prévue mi-2023. L'avion finit un tour du monde pour montrer l'avion et le tester en conditions opérationnelles. Montée en cadence industrielle. L'avion n°4 était à EBAS, les autres sont en cours d'aménagement à Littlerock. La cabine spacieuse a été récompensée par plusieurs organismes. Pour le Falcon 10X le développement continue entrée en service fin 2025, arrivée dans la gamme de l'ultra long range pour Dassault, nouveau cockpit, voilure en carbone, confort cabine, design qui a commencé à recevoir des récompense grâce aux maquettes taille 1 baladées autour du monde pour que les clients se rendent compte. Premières pièces construites. Le programme moteur Peal 10X se passe bien avec 1000 heures de test moteur. Cause covid pas de plateau intégré à Saint Cloud, planning ambitieux, mais objectif fin 2025. Sur le support falcon reprise des tours du monde en présentiel pour que les clients se tiennent au courant des avancées sur le soutien. Très populaire, reprise des séminaires bonne chose pour voir de visu nos clients. déploiement d'un SAP mondial pour une gestion mondiale, avant il y avait une gestion en France pour la partie est et une autre aux USA dans la filiale Dassault Falcon jets pour l'ensemble de l'Amérique, il y a fusion de ça, pas simple avec difficultés pour les clients. Le réseau de stations services a souffert à cause de la crise covid et Russe. Un certain nombre d'avions russes étaient soutenus en Suisse par notre filiale TAG maintenance services. Ils n'ont pas retrouvé leur activité 2019. Résultats: Prise de commande exceptionnelle premier semestre 2022, 127 avions commandés, 41 falcon + 86 Rafale. 21 avions livrés 14 Falcon et 7 Rafale conformément aux prévisions. Carnet de commande 247 avions: 82 Falcon, 125 Rafale export + 40 Rafale France (28 T4 + 12 remplacement Grèce) Prises de commande de 16.3 milliards d'euros. Chiffre d'affaire 3.1 milliards équivalent à l'année dernière et conforme aux prévisions. Carnet de commande consolidé qui passe à 34.1 milliards dont 65% du carnet avec le Rafale export, 22% Rafale France (40 avions), et 13% avec le Falcon (carnet cumulé, les Falcons se livrent plus vite que les Rafale, d'ailleurs sur le CA le chiffre est différent: Falcon à 31%, ce qui traduit bien le niveau d'activité dans la société entre France, export, et Falcon). Effort auto-financier toujours important avec cumul du 6X et du 10X. Thalès a clôturé ses résultats aujourd'hui comme nous mais communiquera demain. EBIT: 891 millions d'euros soit 10.8% du CA, résultats nets de 726 millions d'euros, soit 8.8% en net, en augmentation. CA de 3.098 milliards d'euros, identique à l'an passé, résultat opérationnel à 200 millions d'euros, marge opérationnelle de 6.5% (+0.9% par rapport au 1er semestre 2021). Le pourcentage de Dassault dans Thalès permet de consolider 183 millions sur le résultat net, marge nette de 318 millions d'euros, soit 10.3% en nette hausse par rapport à l'année dernière. Trésorerie forte, 6.3 milliards d'euros, abondée par les contrats export du Rafale qui enrichissent cette trésorerie. Guidance inchangée: livraisons prévues de 13 Rafale et 35 Falcon en 2022. CA légèrement en baisse. Questions réponses: Par le journaliste NIKLAS ZÁBOJI de la Frankfurter Allgemeine Zeitung (https://fr.wikipedia.org/wiki/Frankfurter_Allgemeine_Zeitung) D'ailleurs l'un des deux journalistes qui ont pondu cet article-là: https://www.faz.net/aktuell/wirtschaft/unternehmen/warum-europas-groesstes-ruestungsprojekt-zu-scheitern-droht-18121033.html ...rempli de propos délirants et de contre vérités, et déjà commenté par mes soins ici: ...ce qui explique la réponse de Trappier, accrochez-vous c'est SUCCULENT ) Questions, 00:10: 1: Question sur les négociations SCAF avec Airbus: est-ce qu'un échec est possible, quel est le plan B? 2: Est-ce qu'il y a un soutien suffisant de la politique? 3: Année 2040 plus possible, 2050 plus réaliste, pourquoi? Réponses, 01:00 Il faut savoir ce qu'on veut dire par échec. Moi un échec c'est si mes forces armées ne sont pas heureuses quand je livrerai l'avion, c'est ça pour moi l'échec. Donc l'important c'est d'être sûr qu'on est en train de construire, comme quand on fait une maison, des fondations qui soient solides. Elles nécessitent un maître d'oeuvre, un architecte, qui s'engage. Ces fondations on les a basées sur des hypothèses simples, explicites, et que tout industriel dans le monde suit: une maîtrise d'oeuvre FORTE. C'est les mêmes raisons qui nous ont conduits, Leonardo et moi, à demander à Airbus d'être "Strong prime" en anglais dans le terme, pour l'eurodrone, ce que nous acceptons parfaitement, y'a pas de problème. Donc nous demandons simplement la réciprocité, d'être reconnus pour l'ensemble du programme NGF, qui n'est qu'un pilier du SCAF, puisqu'il y a le moteur, le système de systèmes, tout un tas de choses à côté, sur ce pilier là, dans lequel nous sommes nous ceux qui avons été désignés pour être le maître d'oeuvre, que y'ait bien un respect de cette maîtrise d'oeuvre, et pas simplement pour une phase 1B, mais pour être capables d'aller jusqu'au vol, parce que nous ce qui nous intéresse c'est d'aller un jour livrer des avions à des armées opérationnelles, et c'est notre engagement, c'est celui qu'on prend. Et ce qu'on demande à Airbus c'est de nous faire confiance, ce qu'on demande aux allemands c'est de nous faire confiance, pour que ce leadership assumé des français de Dassault aviation, puisse exercer sans aucune contrainte. Ce qui ne veut pas dire qu'on est pas prêt à coopérer, là aussi on peut avoir des différence sur la manière de coopérer. Nous souhaitons coopérer, comme nous l'avons fait sur Neuron avec 6 pays, et qui a permis de faire voler un démonstrateur, ce qui est en train de ce faire en ce moment sur le NGF, c'est bien d'un démonstrateur qu'on parle, de faire voler un démonstrateur qui était non seulement conforme à ses performances mais meilleur que les performances sur lesquelles on s'était engagés, avec un leader clair qui était Dassault Aviation, architecte du sujet. Une maîtrise d'ouvrage claire qui était la France avec la DGA, et d'autres pays qui coopéraient parfaitement bien et qui assumaient le rôle qu'on leur avait distribué. Donc c'est ça qu'on souhaite comme succès. Après si c'est pas possible, vous vous appelez ça un échec, moi j'appellerai ça la réalité. Est-ce que c'est un projet politique? Oui, c'est un projet politique. Mais est-ce qu'un projet politique doit privilégier des contraintes politiques, ou privilégier des développements qui permettent de garantir qu'on fera un haut niveau de performances à nos armées? Et le contexte se prête plutôt à se dire qu'il faut qu'on fasse un haut niveau de performance de nos armées dans un temps qui est compté. Alors j'en viens à la 3eme question qui est le temps. Très certainement j'ai un peu exagéré le trait de passer de 2040 à 2050, mais 2040 c'était au début de l'affaire quand tout devait s'enchaîner au millimètre près. Et on disait à l'époque que le premier vol pouvait avoir lieu fin 2025. Après on a dit 2026, puis 2027, aujourd'hui je sais pas ce qu'on dit peut-être 2028. Donc déjà on a perdu 3 ans en 2 ans. Donc si j'extrapole un programme qui dure 20 ans, vous voyez que 10 ans que j'ai rajouté à 2040 est plutôt court. Voilà. Alors ça veut dire quoi ce 2050 que j'ai affiché? Ça veut dire que si chaque fois, tous les deux ans, ou tous les ans, faut rediscuter sans cesse avec son partenaire parce qu'il est pas d'accord avec vous alors même que vous êtes censé être le leader, à ce moment là ça devient impossible. Ou sauf si on a le temps devant nous. Voilà ce que ça veut dire mes déclarations que j'ai faites et que j'assume. Autre question? ndmoi: TRAPPIER ON FIRE. Il savait forcément à qui il s'adressait et a dû être briefé. Je l'ai rarement vu aussi assertif, et en plus pour clouer le bec en direct live à un journaliste ayant pondu un article putaclic qui se voyait déjà mettre dans l'embarras un français arrogant. Manque de pot garçon t'es tombé sur le mauvais client. Que c'est beau. Le "Typhoon Slayer" je vous dis! par Pascal Saint-Amans, BFM business: Question, 05:10: Le Tempest a été présenté avec un calendrier bien plus court, 2025 pour un démonstrateur, 2035 pour un avion opérationnel, est-ce que ça risque pas de créer ce que disait mon confrère un échec pour le SCAF? Si un avion concurrent arrive bien plus tôt en Europe on a vu qu'en Europe les européens achetaient très facilement des avions américains, est-ce qu'ils vont pas acheter très facilement des avions d'une coalition italienne et britannique? Réponse, 05:41: Mais je suis parfaitement d'accord et ce que vient de déclarer BAE Systems est totalement en conformité avec ce que je suis en train de dire. BAE Systems est leader. Je crois que vous avez pu tous voir le Tempest, les déclarations de BAE Systems, SAAB est pas co-contractant, ou main partner, ou je ne sais quoi avec BAE. C'est BAE qui est le leader. Et en tant que leader, bah il prend ses responsabilités, il s'engage en disant "je vais faire voler un avion en 2025, on verra en 2025 quand même hein, ça va se rapprocher assez vite, c'est dans trois ans. Mais il est leader. Mais moi c'est ce que je demande hein. Je ne demande pas mieux et je ne suis pas contre la coopération à trois avec les allemands et avec les espagnols, au contraire, je suis un de ceux qui y a été dès le début. Ce qui pour mon groupe est quand même assez exceptionnel. Donc, mais pas à n'importe quelle méthode d'organisation. Donc, et il y a un différent, hein je dis pas que j'ai raison et que Airbus a tort, je dis qu'y a un différent, moi je préconise... un leadership fort, de la part de Dassault, pour arriver justement, à aller rapidement au résultat de faire voler un démonstrateur, dans lesquelles les spécifications sont plus ou moins en train de s'arrêter, et sur lesquelles les trois pays arrivent à se mettre d'accord, donc maintenant faut aller au but. Pour aller au but faut un chef. Moi je suis désolé, dans l'industrie, quand vous construisez une grande tour, ou que vous construisez... un Airbus, y'a un leader. Y'a un bureau d'étude. Ça veut pas dire qu'on coopère pas avec d'autres, on coopère tous les jours nous sur les Falcons aussi avec des... mais ce sont des sous-traitants. De la même manière que moi, j'accepte d'être sous-traitant d'Airbus pour l'Eurodrone. Et y'a un leader fort. Donc Airbus s'est engagé vis-à-vis de l'OCCAR, on fera tout pour nous, tenir nos engagements vis-à-vis d'Airbus, pour qu'Airbus tienne ses engagements vis-à-vis de l'OCCAR. C'est normal, ça me va très bien. J'ai jamais demandé à être co-développeur de l'Eurodrone. J'ai demandé un certain nombre de parties qui ont été acceptées par Airbus, et c'est logique. Et c'est ça qui fera que l'Europe sera efficace. C'est pas l'Europe de la duplication où chacun veut faire ce que l'autre a envie de faire aussi. Voilà. Mais c'est ma conception je l'assume hein. Et ça n'a rien à voir avec le fait que ça ne soit pas un projet politique. Donc oui, BAE est leader. Comme Airbus est leader de l'Eurodrone. Ben il faut que sur NGF, qui je le rappelle n'est qu'un pilier, Dassault soit leader incontesté strong prime du NGF reconnu par les trois nations et par notre partenaire principal qui est Airbus. Le jour où y'a ça, y'a plus de problèmes... Et comme dirait Guillaume Faury, on en est pas loin. Sauf qu'on y est pas. Par le vieux monsieur dont j'ai oublié le nom qui est là à chaque session de questions-réponses, je n'ai jamais compris si c'était un actionnaire, un ancien de la maison, ou un simple passionné. Questions 08:20: Monsieur Trappier j'ai l'impression que tout vous réussit, vous vendez des Rafale, vous lancez 2 Falcon en même temps, vous vous tirez d'un conflit social dur, mais deux épreuves vous attendent: - le SCAF, est-ce que c'est pas un tissu d'incompatibilités? France Allemagne, Dassault Airbus qui ne veut pas du best athlete, est-ce que vous n'avez pas une botte de Nevers avec ce plan B? Et pouvez-vous nous dire ce que revêt ce plan B? - la charge énorme de travail qui s'abat sur l'entreprise, y-a-t-il un plan d'embauche, à quel niveau? Quels profils? Renforcement de l'effectif d'atelier? Epreuve difficile car les recrutements d'ingénieurs butent sur le fait qu'à Sup'Aéro une masse d'ingénieurs manifestent maintenant contre l'avion au motif que ça fait du CO2. Comment séduire ces nouvelles populations de jeunes? Réponses, 10:53: Et bien écoutez merci premièrement de stimuler face à toutes ces réussites les challenges à venir, puisqu'effectivement ce sont des vrais challenges. Je vais essayer de répondre sujet par sujet. Le premier sujet, l'incompatibilité, nous on a trouvé la solution. La solution on vous l'a dit, c'est un leadership clair de Dassault sur le pilier 1. Si ceci n'est pas accepté, ça sera... alors on peut appeler ça un échec, ou voilà. Il y aura donc un plan B, quel qu'il soit, de toutes manières la nature a toujours besoin d'un plan B, on peut pas rester... voilà. Je peux pas vous en parler aujourd'hui, parce que le jour où j'en parlerai, j'en parlerai d'abord à mes autorités, et en particulier au ministère des armées, etc. Donc c'est pas encore l'heure d'en parler mais croyez-moi on y travaille activement. L'incompatibilité, alors d'abord la référence à la botte de Nevers est difficile parce que la botte de Nevers c'est Lagardère, Lagardère plutôt Airbus que Dassault, donc (rires) donc non c'est pas une botte de Nevers, c'est, tout industriel normalement fait doit être prêt à avoir un plan B. Si le plan A... Le plan A je le répète aujourd'hui c'est le NGF, c'est le SCAF, moi je travaille toujours à essayer de réussir dans ce domaine-là. Mais je ne vais pas accepter n'importe quoi, en particulier je ne vais pas remettre en cause les hypothèses de départ parce qu'on a un différent aujourd'hui, donc pour moi les choses sont claires : je veux être placé en position de command & control. Ce que Airbus n'accepte pas aujourd'hui. Donc il faut juste régler ce problème-là, si ça se règle y'a plus de problèmes. Sur le deuxième sujet les embauches, vous avez raison c'est un sujet difficile d'autant plus que malgré le fait que le pays ait un fort taux de non-emploi, de chômage, pour le dire clairement, toutes les entreprises ont du mal à embaucher. Alors, je dirais presque que nous Dassault on a un peu de chance, mais on l'a générée la chance, elle nous vient de notre ADN, c'est que les gens qui rentrent chez Dassault, ils aiment les avions. Et alors ce que vous avez dit avant, qui a fait la réussite, c'est qu'il y a des avions nouveaux en cours, qu'il y a des programmes en cours. Que quand vous vendez un Rafale à l'exportation vous avez besoin quand même de développer des nouvelles versions. Vous avez besoin d'envoyer des gens à l'autre bout du monde soutenir l'avion. Bref, les gens qui rentrent chez Dassault savent qu'ils vont pouvoir toucher l'avion. Vraiment le toucher. D'autant qu'en plus on essaie de faire un peu de dynamique entre Saint Cloud et Mérignac et Istres, ce qui permet de toucher et de sentir un peu le kérosène, excusez-moi nous on a encore l'amour du kérosène, mais on va se soigner et on va faire du SAF. Donc, pour répondre à votre question oui on a besoin de plus d'ingénieurs et de plus de compagnons dans les ateliers. On a donc un plan de recrutement qui est estimé aujourd'hui en début d'année quand on a vu toutes ces bonnes nouvelles arriver, à 1300 personnes pour le groupe, aujourd'hui a mi-année, on a déjà embauché plus de 700 personnes. Donc on a fait plus de la moitié à mi-année. C'est pas facile, on a simplifié les procédures, on a été beaucoup plus rapides, on a toujours les contraintes de confidentialité, les problèmes de sécurité, on peut pas embaucher n'importe qui non plus hein, on va pas chercher les gens en Chine par exemple hein. Donc, effectivement, c'est complexe, on est une industrie de défense pointue, mais, on y arrive. Là où c'est plus difficile et c'est une de mes craintes du début, c'est dans la supply chain. J'ai la chance d'être aussi président de l'UIMM, les industries de la métallurgie, donc je vais visiter les chantiers que ce soit dans l'aéronautique, le naval, la sidérurgie etc, toutes ces sociétés en territoire ont du mal à embaucher. Donc c'est là qu'il va falloir séduire les jeunes pour les ramener dans l'industrie. Et c'est pour ça que je mène une campagne pour l'industrie. Pour réindustrialiser le pays parce que je ne crois pas qu'un pays est souverain s'il n'a pas une industrie. Et une industrie pour moi c'est pas simplement la conception. C'est la conception la fabrication et la chaîne de sous-traitance. Ça veut pas dire qu'on fait tout exclusivement en France. Ça veut simplement dire qu'on a des assets solides en France. Donc il va falloir être capables de mener une politique de réindustrialisation souhaitée par tout le monde semble-t-il, même si depuis 20 ans on désindustrialise la France. Peut-être que le covid a ouvert les yeux de beaucoup, tant mieux. Mais maintenant il va falloir passer des paroles aux actes, il va falloir aider les centres de formation, l'éducation nationale, tout ça doit être... aller vers le sens de favoriser l'industrie parce que on en a besoin. Bon nous on a encore de la chance chez Dassault je vous rassure, on a toujours un turnover extrêmement faible par rapport à la moyenne, c'est quelques démissions par an, mais voilà hein. Donc les gens rentrent toujours en général après les études et finissent à la retraite, c'est une des caractéristiques de Dassault. On est une petite société, j'aime à le dire. Nous ne sommes pas des grandes sociétés comme Lockheed Boeing ou Airbus. Nous sommes une petite société de 12000 personnes. Tout le monde se connaît. Tout le monde aime les avions. Et les sup'aéro qui rentrent chez nous ne manifestent pas devant chez nous parce qu'ils n'aiment pas l'avion. On vérifie quand même qu'ils aiment l'avion avant de les embaucher, c'est quand même mieux, ce qui veut pas dire qu'ils vont pas travailler à des solutions qui vont aider à la décarbonation, tant mieux. Mais voilà, c'est, c'est... donc je suis pas... on a des beaux challenges, mais honnêtement je préfère avoir ces challenges-là et un carnet de commandes plein, qu'un carnet de commandes vide et moins de challenges de ce niveau-là. Voilà c'est, c'est d'autres challenges, tant mieux hein. Ça va éviter qu'on s'endorme. On a quelques sujets sur lesquels on va avoir du mal à s'endormir. Par Sarah White du financial Times Questions, 16:47: Je reviens sur le SCAF, combien de temps vous pouvez continuer comme ça sans accord avec Airbus, et si vous vous avez une date limite pour trancher? Et j'avais une question, industriellement en ce moment quel est votre plus grand défi? est-ce que ce sont les chaînes d'approvisionnement et en quoi, ou est-ce que ce sont des sujets énergétiques qui commencent à vous préoccuper. Réponses: 17:17 Alors le plus grand défi, pour répondre à la deuxième question d'abord, c'est bien la supply chain. C'est s'assurer... parce que supply chain c'est énorme, quand je dis supply chain, nous on voit des rangs 1, on a l'habitude de travailler beaucoup aussi avec les PME, mais chaque société avec qui on travaille travaille elle-même avec des sociétés. Et quand on a eu le début de la crise avec l'Ukraine c'était le premier sujet, de faire un mapping de qui travaille pour qui jusqu'à la dernière vis le dernier boulon etc. Parce que vous avez l'approvisionnement des gros éléments, mais derrière il y a, voilà, jusqu'à la matière, d'où vient la matière, comment on la sécurise, etc etc. Donc ça c'est le premier défi dans le contexte du moment de la crise ukrainienne, du covid aussi, parce que le covid a pas aidé sur les chaînes logistiques, ça a tout compliqué. Et d'une certaine redistribution de qui fait quoi dans un certain nombre de domaines. Donc oui c'est ça le numéro 1, vraiment. Sur le SCAF je me suis déjà exprimé donc je vais le redire, je pense qu'à un moment il faut savoir dire, "go ou stop". Faut se laisser... pour nous jusqu'à la fin de l'année, de toutes les manières c'est ce que j'avais déjà dis aussi, nos équipes ont été redistribuée ailleurs, on a du boulot, ils peuvent pas rester comme ça pendant 6 mois 1 an à rien faire et à attendre que y'ait un deal qui se noue, donc moyennant quoi elles ont été réorientées. Si jamais on trouvait un accord qui allait à tout le monde, il faudrait ensuite le temps de remobiliser nos équipes là-dessus, donc de retrouver des forces vives pour y aller, pour l'instant elles font autre chose. Donc il faudrait aussi un certain temps, avant de pouvoir mettre en vigueur ce contrat si jamais on arrivait à le signer. Voilà. Donc fin de l'année me paraît être... pour une décision dans les semaines ou un ou deux mois qui viennent, pour la fin de l'année, c'est... ça a rien d'un ultimatum, mais je pense qu'on peut pas rester comme ça le stylo en l'air pendant des années. Par Pierre Tran, SLD info: Question, 19:27: Vous avez parlé directement avec monsieur Guillaume Faury récemment? Réponse, 19:34: On se parle tous les jours, il est patron du GIFAS, j'étais patron du GIFAS avant lui, on a beaucoup de choses en commun, et on a beaucoup de sujets en commun, en particulier la fameuse supply chain aéronautique qui nous inquiète tous les deux, et sur lequel on se parle beaucoup. En général on se parle peu du SCAF. Question, 19:50: Et pourquoi? Pourquoi pas je veux dire: Réponse, 19:53: Parce que mes interlocuteurs désignés sont allemands et espagnols, et que Guillaume Faury n'est pas allemand ni espagnol. Question, 20:04: ...(confus) Petite explication? C'est le patron... Réponse, 20:07: ...Non mais, d'accord, mais vous avez un programme dans le domaine de la défense. Donc vous avez l'Allemagne vous avez l'Espagne vous avez la France. Bon. Y'a un champion sur le pilier 1, vous avez un champion français qui est Dassault, et un français qui le dirige. Vous avez en Allemagne une société qui s'appelle Airbus Defense & Space. Dont le patron est un allemand, Michael Schoellhorn. Ça veut pas dire que Guillaume est pas le pilote de l'ensemble, mais, l'interlocuteur sur le sujet SCAF, c'est Michael Schoellhorn. Et puis vous avez un autre encore en Espagne, qui est un Airbus Espagne. Ce qui fait qu'en général quand on est tous les trois j'ai deux Airbus face à moi, et après je peux encore parler à Guillaume. Question, 20:49: ...Monsieur Faury il est le patron des patrons. Réponse: (agacé) L'Allemagne et l'Espagne, et oui il est le patron y'a pas de doute que... je suppose que... mais c'est pas à moi à m'en occuper, que ça soit Michael ou l'espagnol, d'ailleurs l'espagnol il report lui-même à Michael, donc vous voyez, c'est Airbus y'a pas de doutes hein. J'ai pas de doutes sur qui pilote Airbus hein. Mais j'ai répondu précisément à votre question. par Pascal Saint-Amans, BFM business (bis): Question, 21:33: Juste une petite question sur l'accélération des cadences de production de Rafale, le président de la République a parlé d'économie de guerre, comment vous interprétez ça, où en êtes-vous des cadences de production et jusqu'où pouvez-vous aller? Réponse, 21:43: Alors nous on avait anticipé, peut-être ce que le président allait dire, puisqu'on a anticipé le passage à cadence 3 du Rafale. On en a pas totalement besoin aujourd'hui, mais on l'a anticipé parce qu'on pense qu'on va avoir encore d'autres contrats, qui pourraient aller un petit peu plus vite, et on espère d'ailleurs avoir des contrats pour la France. On espère que la tranche 5 va être signée, vous vous rappelez quand même que pour la France il y a eu décalage de livraison des avions commandés par la France. Et pas pour des livraisons export, pour des raisons purement budgétaires françaises. Donc la 4T2 de 28 avions ça fait bien longtemps qu'on aurait dû la livrer à la France, et à la demande des autorités françaises on l'a décalée et elle ne commencera à se livrer qu'en toute fin d'année 2022, et surtout à partir de 2023, auxquelles s'ajouteront les 12 avions de remplacement des 12 grecs qui ont été prélevés sur le stock français, et qui fera les 40. Donc ces avions sont programmés conformément à la loi de programmation militaire et aux commandes qui ont été passées. Donc s'il faut accélérer bah on monte en puissance, mais y'a toujours un temps de montée en puissance, ça peut peut pas... le claquement de doigt ne peut pas accélérer à ce point la livraison des avions de combat. Ça se prévoit quand même d'une certaine manière, non pas qu'on pourrait pas accélérer chez Dassault, mais d'un autre côté y'a toute la supply chain, celle dont je vous dit qu'y a des difficultés. Donc il faut aussi que tout le monde puisse accélérer de manière synchrone. Et grosso-modo, pour monter une cadence d'un point, c'est à peu près un an. Donc si vous livrez un avion en 3 ans, fabriquer un avion en trois ans, le temps de monter une cadence c'est un an de plus. Alors après on peut faire des efforts on peut se mobiliser, mais vous voyez y'a pénurie de main d'oeuvre, y'a... on peut pas d'un seul coup doubler les chaînes de production du jour au lendemain, on aurait pas les bras. On va pas demander aux gens de travailler jour et nuit. Déjà que nos salariés acceptent de faire des heures supplémentaires, et c'est très bien, ça leur permet d'augmenter un peu leur rémunération, ils acceptent de travailler un peu plus, et tant mieux, bravo. On fait appel à l'intérim, c'est pas qu'on ait envie de faire appel à l'intérim, c'est que ça permet de gagner du temps en attendant qu'on embauche, qu'on forme, parce qu'il faut former aussi, hein, vous embauchez des jeunes, c'est pas parce qu'ils sortent d'école qu'ils savent ce que c'est qu'un avion. Donc moyennant quoi, voilà, y'a un... l'accélération qu'on vit en ce moment, il faut la... mais accélérer encore plus que ce qu'on fait nous, là aujourd'hui, très précisément ça sera pas simple. Mais on discute avec le ministère des armées sur ce que veut dire "économie de guerre", on débute à peine des discussions dans le sujet. Donc je pense qu'il y a aussi une réflexion sur les processus d'acquisition. On parlait tout à l'heure du scaf, voyez pourquoi le Neuron ça a été vite. Ben parce qu'on nous a commandé le Neuron, le démonstrateur Neuron on nous l'a commandé, pour aller jusqu'au premier vol. Y-compris la campagne d'essai. On nous a pas fait une phase 1A, une phase 1B, une phase 2, et à chaque fois des discussions sans fin entre chaque phase. On aurait passé tous ces contrats-là dès le début, ça aurait été plus vite. Donc y'a aussi une manière de mieux contractualiser le... et d'aller plus rapidement au résultat. Donc c'est pas simplement les industriels, c'est les industriels avec la DGA, avec le ministère des armées, avec le budget, faut avoir le budget aussi. Donc c'est une grande réflexion qui démarre. Par le vieux monsieur, bis: Question, 25:14: Dites-moi si je me trompe, mais lorsque j'ai vu à la télévision les deux Rafale s'accrocher en vol et atterrir sans problème, j'ai cru comprendre pourquoi vous vous accrochiez tant à vos commandes de vol, parce qu'elles doivent être drôlement costaud vos commandes de vol! parce que les deux avions ont atterri comme s'il s'était rien passé. Réponse, 25:40: J'aime autant vous dire que, je pense que là, plus que les commandes de vol, c'est le trèfle à 4 feuilles qui a fonctionné, parce que ils ont eu beaucoup de chance, ça aurait pu beaucoup plus mal finir, ils ont eu beaucoup de chance et effectivement vous avez raison, malgré les dégâts, ils ont pu rentrer en vol jusqu'à... voilà. C'est miraculeux. On est très fiers de nos commandes de vol vous le savez bien. Mais on en est très fiers parce que, c'est une des pierres angulaires qui a été voulue par Marcel Dassault, sur lesquelles on a développé nos capacités. Et on développe nos composants, on développe nos cartes électroniques, on développe nos servocommandes, on développe l'architecture, et tout ça est intégré dès le départ avec la conception du bureau d'études. C'est unique dans le monde, même les américains reconnaissent que c'est l'endroit où on est les meilleurs au monde. Donc, c'est pour ça qu'on en est très fiers. Bon. Tant mieux que ça puisse permettre de sauver des avions. Ça permet surtout de faire des avions performants. Pas simplement les Rafale d'ailleurs, mais aussi nos Falcon. ... Bien, je pense qu'on a épuisé la liste des questions pour cet été. En général c'est un petit peu plus constant au mois de mars quand on a les résultats finaux. Enfin là le mérite c'était quand même cette prise de commande exceptionnelle, je pense que on aura pas des semestres comme ça tous les ans. Voilà. Merci à vous et passez un bel été, studieux ou en vacances pour ceux qui pourront en prendre. Et il faut de temps en temps en prendre pour se reposer la tête. Merci à vous, bonne soirée. Ouf. @PolluxDeltaSeven Voilà tu l'as pas demandé mais si tu veux t'en servir tu as un verbatim, horodaté en plus, tout prêt.
    27 points
  14. Oui, il est opérationnel, mais en même temps, il ne l'est pas. Il est de 5e génération, mais n'en a pas les attributs. Le fait de l'observer fait changer les valeurs de ce qui est observé. Il est conventionnel, terrestre, et en même temps navalisé CATOBAR et STOVL. Il est capable de scores en exercices de l'ampleur 20:1 ou 35:1 (voire davantage) mais ne pourra jamais emporter plus de 4 missiles. Il ne peut fonctionner que par pack de 4 (c'est le quantum atomique du F-35). Les règles qui s'appliquent aux autres ne s'appliquent pas à lui (décohérence quantique). Pourtant, je me demande s'il n'y a pas un côté fractal avec lui, notamment dans le rapport des métriques : Une éponge (objet fractal s'il en est) possède, dans un volume fini, une surface qui tend vers l'infini au fur et à mesure que l'échelle d'observation diminue. Eh bien le F-35 possède une dimension fractale aussi, avec des capacités opérationnelles finies qui s'associent à un budget de développement/mise en place qui tend vers l'infini à mesure que la durée d'observation augmente.
    27 points
  15. En avant-première : le salon de l'Agriculture Kyiv 2023 .... Clairon
    27 points
  16. Un peu de légèreté ce jour avec la première "victoire navale" ukrainienne dans ce conflit. Ça se passe à Majorque, en Espagne :
    27 points
  17. @wagdoox "Si on recuperes les m2k-9, on en ferait quoi ?" Il serait peut être bien prudent de les réserver pour la Suisse.
    27 points
  18. Je suis d'accord, si les russes avaient gagné, ils n'auraient pas eu de défaite
    26 points
  19. Je dirais que @cracou s'est calmé et que @Akhilleus a décidé de laisser pisser, donc un draw... Ah ? Pas cette guerre là ? (j'profite des 5 dernières minutes de vendredi)
    26 points
  20. Selon les camarades, le carburant est vraiment le noeud du problème pour les russes. Leur redéploiement serait dû à un constat tout con: l'armée russe n'a quasiment plus de citernes pour ravitailler ses troupes. J'ai posé la question d’éventuels dépôts sous-terrains (ça se faisait du temps de l'URSS)... il n'y en aurait pas... ça donne l'impression que l'armée russe est simplement au bord de l'asphyxie. Je pense que les pilotes de MI-24 qui auraient fait le raid sont les mecs les plus couillus depuis quelques temps!
    26 points
  21. Oui si on pouvait éviter de polluer le fil avec tous les tweets de docteurs en droit psycho-criminel spécialité délinquance juvénile reconvertis en experts de la dissuasion nucléaire et j’en passe… Merci.
    25 points
  22. Ceux qui n’ont jamais fait partie d’un club de tunning de WW Golf ne peuvent pas comprendre le programme Typhoon. Tout le monde a une Golf 4 au départ. Sauf que l’anglais voudrait qu’elle soit meilleure sur circuit. Il en a marre de se faire larguer par les Mégane et 308 des autres clubs de tuning avec qui il s’amuse le dimanche. L’italien trouve ça pas con, mais décide de pas investir avec l’anglais sur le kit moteur et aéro afin de partager les frais, mais est d’accord avec lui pour repeindre la sienne aux même couleurs que l’écurie de course de l’anglais. L’anglais fait kiter sa Golf chez son cousin qui est concessionnaire WW, et la fait repeindre chez le frère de l’italien qui lui fait un prix mais dont la marge s’est envolée dans les pleins d’essence nécessaires au convoyage de sa Golf de Warton à Caselle. L’italien a sa Golf repeinte racing replica pas cher, ça en jette, mais a toujours le moteur et l’aéro standard. Donc l’anglais a banqué très cher pour avoir une Golf plus performante sur circuit afin de cesser de se faire larguer le dimanche, et l’italien lui a juste repeint la sienne. Notons que l’argent investi par l’anglais lui a fait gagner 0,5 secondes au tour, mais que pendant son temps perdu en atermoiements les Megane et 308 des autres clubs amélioraient leur temps de 2 secondes. En accord avec l’italien ils ont donc acheté en plus une Tesla, ce qui grève leur budget d’amélioration de la Golf. L’Allemand a lui fait valoir que tout ça ne l’intéressait pas, et que de toutes façon sa Golf était au garage parce qu’elle a pas passé le contrôle technique, que le vilebrequin était cassé, et qu’il préférait de toutes façon mettre son argent sur son Livret À plutôt que dans de nouveaux pneus. Et puis il l’avait mauvaise après l’anglais qui s’est barré du lotissement et était reparti s’installer seul à la campagne. Mais dommage pour l’Allemand le nouveau RH de sa boîte américaine, un fou furieux, lui a fait savoir que si il ne s’impliquait pas plus dans la boîte il allait lui retirer son véhicule de fonction, ce qui allait forcer l’allemand à faire réparer sa Golf pour aller bosser. Et comme en plus son voisin russe était violent et battait sa femme ukrainienne ça allait l’obliger à avoir une voiture qui fonctionne pour aller se mettre à l’abris en cas de grabuge. L’Allemand décide donc d’investir dans la mise à niveau de sa Golf et pour ça il décide de faire appelle à son concessionnaire WW qui est plus un spécialiste poids lourds que voiture mais qui a besoin de bosser suite à la crise du transport routier. Son concessionnaire lui sort des config improbable, genre avec les nouveau bas de caisse il peut plus fermer les portes, mais qu’importe faut bien faire vivre le petit commerce fut-il incompétent dans le domaine. Et comme en plus il avait 100 000€ sur son livret il décide de s’acheter lui aussi une Tesla, on sait jamais. Et enfin l’espagnol fait ce qu’il peut avec la sienne, pas pratique pour aller en vacances, mais bon…il s’est récemment laisser convaincre par l’allemand d’améliorer la sienne selon les standards de son concessionnaire. Vu que l’Espagnol a des parts dans le concessionnaire de l’allemand il se dit qu’au pire ça va être cher pour ce que c’est, mais qu’il pourra toujours s’y retrouver lors du paiement des dividendes. Mais pas rassurer lui aussi il envisage également d’acheter une Tesla. Tout les 4 ont donc une Golf 4 dépassée, la meilleure, celle de l’anglais fini cahin caha par avoir les pièces de kit d’amélioration 20 ans après qu’elles aient été state of the art, et de toutes façons leurs caisses sont toujours aux normes euro 3, alors que les Megane et 308 des autres sont déjà prête à passer euro 7. Donc conclusion : le programme Eurofighter c’est un club d’old timer qui fini toujours par rouler en Tesla.
    25 points
  23. Comparer Daesh et les Ukrainien même Poutine n'a pas encore osé bravo continues. Je veux bien que la tournure des évènements heurte tes convictions mais cette sortie-la je te le dis c'est DEGUEULASSE Si tu as des choses à répondre je t'invite à le faire en MP
    25 points
  24. J'ai répondu, tous les coups de téléphone, vidéos, et autres outils/supports d'informations tant que tu ne les vois pas tu peux très bien penser que c'est faux et c'est normal. Cependant quand elles sont nombreuses ça devient un indicateur. Les empoisonnements par les babouchkas n'est pas étonnant pour qui côtoie les gens des pays de l'est, ils sont nettement moins gentils que nous et ont plus de place et d'imagination que nous pour planquer des cadavres, les principales victimes de ces empoisonnements ont été de jeunes soldats. J'en entends des vertes et des pas mûres assez surprenantes, mais si je pense que ce n'est pas fiable je n'en parle pas. Quand j'ai entendu que les russes s'installaient dans la zone de Chernobyl j'ai trouvé ça d'une absurdité telle que j'ai refusé d'y croire donc d'en évoquer le fait ici, maintenant on se rends compte que non seulement ils se sont installés mais qu'en plus ils ont travaillé le sol... c'est tellement con que qui l'eut cru de la "2ème armée au monde". https://www.courrierinternational.com/article/vu-des-etats-unis-l-impossible-bilan-des-soldats-russes-tombes-en-ukraine Cet article est intéressant, pour préparer l'assertion de cadavres dévorés par des chiens ( même le gentil chien domestiqué parisien peut retrouver ses instincts, et très rapidement même quand il a faim). Dans les pays de l'est le chien errant n'est pas un phénomène rare. Concernant les choses gores je n'ai jamais prétendu être le seul à en avoir vu, parfois il faut rappeler ce que c'est, la plupart d'entre nous voient ces choses-là depuis la télévision et il faut expliquer concrètement ce qu'il en est dans le moindre détail y compris les plus particuliers comme les odeurs et leur persistance que l'écran et les hauts-parleurs ne renverront jamais. D'ailleurs je pense que si nous étions pas en saison hivernale les médias ne se seraient pas permis de faire des plans pareils vu la décomposition qu'il y aurait. D'ailleurs les explications que je donne ici je ne les donne nulle part ailleurs, j'estime que vu le niveau d'intervenants que nous avons il est d'un devoir de qualité et d'honnêteté d'expliquer ou de rappeler certains détails qui entrent dans les choses de la guerre en dépit des toutes les conventions ou du droit des conflits. La guerre à la télé c'est cool, c'est propre c'est comme dans les jeux. Dans la réalité ça n'est pas du tout excitant. Chaque fois qu'on voit un transport de troupes oblitéré c'est potentiellement 1 équipage à la gamelle. On peut dire que le fantassin a débarqué mais quand il fait froid le fantassin ne débarque jamais loin et rentre dès que possible sous abris donc ça laisse présager du bilan des mecs dans les véhicules et des mecs blessés autour, et je ne parle même pas des effets psychologiques dévastateurs sur les appelés de la première heure (ceux qui n'existaient pas). Oryx compte 1322 véhicules détruits ce matin ça fait un bilan. Mon ton est neutre promis, je pourrais parler de papillons ou d'écureuils par exemple que je le ferais de la même façon.
    25 points
  25. Aujourd'hui Militaryland parle d'une double poussée en direction de Kherson, je cite: "Les troupes ukrainiennes auraient poussé vers Kherson depuis la région de Blahodatne et Oleksandrivka". Soit l'axe qui vient de Mykolaiv et l'axe déjà cité hier. Le site est clairement pro UKR et les informations sont sourcées (voir croisées) à divers organismes UKR. Cependant, je trouve qu'il est assez prudent dans l'utilisation des données, il essaye autant que possible de vérifier. NB J'ai suivi les échanges sur qui est pro russe et qui est pro UKR. A toutes fins utiles : on n'est pas dans un salon de thé à discuter du sexe des anges ou à ergoter sur la Sainte Trinité dans une université médiévale.... Si les précautions méthodologiques, que certains s'efforcent de mettre en avant, sont de bon aloi; il est bon de rappeler que nôtre pays est engagé avec une des parties en conflit, en est partie prenante. Les russes, l'Etat russe et ses dirigeants, sont nos adversaires, ils nous agressent et pas que depuis un mois. Ce n'est pas la guerre, mais presque et la complicité avec l'adversaire de sa nation porte un nom....
    25 points
  26. Les BEST OF unique des messages du forum Bon, je sors et je vais loin. Bon plan, le 22 février: pour le prix "maiss euhhhh" Kelkin, le 23 février, prix "captain obvious" Vince23, le 23 février, prix du "je la sens pas celle là 13eRDP le 23 février pour le prix "maintenant on en a ranafout": NecTemere pour le prix de je pose la bonne question Debonneguerre le 23 au soir pour le prix "j'aurais dû croire les américains" Am39exocet pour le prix "ben c'était pas joli": Prix spécial du jury à Wagdoox pour lui rappeler de ne tenter la voyance., le 24 au matin G4lly; hors catégorie:
    25 points
  27. P.tain de m.rde, les opérations, svp !!!! G4lly, Jesus, et les autres apôtres allez vous bagarrer ailleurs, on s'en tape de vos guerres picrocholines, de même refaire la politique étrangères des USA depuis 1872, vous êtes pas sur le bon fil Clairon
    24 points
  28. Bien le bonjour, L'équipe est heureuse de vous annoncer que @Rob1 et @collectionneur rejoignent l'équipe de modérateurs. Ils auront la mission importante de s'assurer de la bonne tenue des échanges entre membres. Comme toujours, si ils pouvaient éviter de sortir leurs feutres rouges et les topols, ce serait idéal. Alors malgré la situation actuelle, merci de faire votre maximum rester courtois et constructifs.
    24 points
  29. Si une technologie existe sur un appareil français mais est absente des appareils américains, c'est absurde, c'est de la science fiction, c'est pas physiquement possible. Une fois que les Américains mettent au point la même technologie, ça devient un game changer, la marque d'une nouvelle génération, et une preuve de l'excellence insurpassable de l'ingénierie américaine. Si on leur dit qu'on a la même chose depuis longtemps, comme ils ne pourront plus répondre que c'est de la science fiction et que ça ne peut pas marcher, ils répondront alors que c'est pas pareil, que eux ils font ça d'une meilleure manière qui est vraiment un game changer next generation alors que nous autres pitoyables untermenschen dénué du génie américain, on fait juste une vague approximation qui n'a rien à voir et ne sert à rien ; cf. la fusion de données.
    24 points
  30. Non mais pour les négociations il fournit la vaseline, l'occident qu'il adore et les Ukrainiens ces "petits russes" qu'il semble traiter avec énormément de considération n'ont plus qu'à baisser leur froc et se pencher en avant. Poutine refuse une chose retirer ses troupes et sa chair à canon d'Ukraine, tout commence là Je veux bien que beaucoup ici soient taxés d'anti-Poutine primaires ... mais avant de dérouler à l'opposé sur un anti-américanisme tout aussi primaire et de se complaire dans le "European bashing" très à la mode au sein de nos extrêmes il serait peut-être bon de se documenter sérieusement sur les motivations de VVP, sur sa vision de l'occident et de se rappeler ce qu'il est en train de faire subir à ses opposants au sein de leur propre pays. On est sur la scène internationale, pas dans la cours de l'école, le "c'est ki ka komencé" n'a pas court ici. En revanche on sait qui a envahi qui et ceci est peut-être une ligne rouge. Que Poutine du fond de sa paranoïa considère la Russie menacée peut-être, avait-il raison ? il est permis d'en douter tout comme on peut douter que l'invasion ait été inévitable. En revanche ce qui est incontestable c'est que ce sont les Russes qui sont en train de dévaster une partie de l'Ukraine et pas l'inverse, c'est l'autoritarisme du Kremlin qui muselle et emprisonne pas les occidentaux ou les Ukrainiens. Une fois de plus un grand leader a voulu jouer en tablant sur la pusillanimité de ses "adversaires" et leur mollesse, pensant rafler la mise à peu de frais. Badaboum une fois de plus le grand Yaka s'est trompé et impose au monde aujourd'hui les conséquences de ses actions. Zut Poutine n'a pas l'impunité, c'est emm...
    24 points
  31. ON S'EN FOUT B.RDEL DE M.RDE, DE L'ARTICLE R413-10 SUR LE FIL DES COMBATS EN UKRAINE, ALLEZ AILLEURS POUR VOS COMBATS DE LONGUEUR DE ZOB ET DE VITESSE MOYENNE DE CAMION A 4 AXES Clairon
    24 points
  32. La chose n'est pas nouvelle. On a des exemples de troupes militaires parties sur l'air de la victoire, convaincues de la supériorité de leur manière de combattre et de la justesse de leur cause. Et puis rien ne coïncide. Le 14 août 1914, l'armée allemande arrive à Dinant, les troupiers pensent être à Paris dans 3 semaines au maximum. L'armée française, depuis 1870, on en fait ce que l'on veut, les Belges ne sont que broutilles. Les soldats allemands se font cueillir à froid par les nouvelles manières de combattre qu'ils devaient dominer sans partage. L'artillerie française se déchaine au canon de 75 mm sur le franchissement de la Meuse, les troupes belges résistent et vaillamment. 3000 Allemands restent sur le carreau en quelques heures, les soldats allemands découvrent les effets nouveaux et étranges de l'artillerie sans comprendre. Des soldats sont morts et quasi dénudés de leurs uniformes, il n'y a pas de doute, l'ennemi pille les cadavres, les mutile, les Francs-Tireurs sont partout, l'heure de la vengeance a sonné ! « Demain, Dinant tout brûlé et tout tué ! Nous, trop d'hommes perdus ! » Le 23 août 1914, l'armée allemande revient, le général-major Morgenstern-Döring demande à ses troupes d’« être impitoyables » et d'«agir sans le moindre égard contre ces fanatiques francs-tireurs et d'user des moyens les plus énergiques ». 674 civils seront abattus et les 3/4 de Dinant rasés. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sac_de_Dinant_(1914) Que voit t'on à Boutcha et dans les faubourgs de Kiev ? Les troupes russes (pour celles qui étaient informées) étaient sans doute convaincues de leur supériorité matérielle et tactique, toutes nimbées des combats toujours remportés en Géorgie, en Syrie et ailleurs depuis plusieurs années. Les Ukrainiens ne sont que broutilles... On sera à Kiev dans quelques heures ! Et puis rien ne coïncide. Les Ukrainiens résistent vaillamment, tous les ponts sautent, les troupes d'élite russes se font calciner, des mythes s'effondrent. "La colonne russe la plus spectaculairement détruite le fut d’ailleurs dans cette même ville de Boutcha, dès les premiers jours de la guerre. C’était un détachement de forces spéciales russes débarquées à l’aéroport d’Hostomel, selon l’armée ukrainienne, et qui se dirigeait vers Kiev à bord de blindés légers ayant été aéroportés. Sur une route près de Zabuchya, une autre colonne blindée russe a été la cible d’une embuscade. Tanks et camions sont entièrement calcinés, certains stoppés au milieu du chemin, d’autres renversés dans les talus." Le Monde L'armée russe verse vraisemblablement dans l'incompréhension et la rage, l'ennemi est partout, on ne comprend rien... Désormais, on ramasse les cadavres des civils dans Boutcha
    24 points
  33. Entretien avec un volontaire polonais combattant en Ukraine. Quelques informations sur la tactique: ... J'étais dans un groupe de 130, dont 90 japonais. Les autres étaient des Américains, des Britanniques et cinq Polonais, dont un de la Légion étrangère, après des missions en Afghanistan. Les personnes qui avaient fait leur service militaire ou qui participaient à des conflits avaient deux jours d'entraînement et étaient immédiatement transférées au front. D'autres, plus passionnés et venus avec de la bonne volonté, ont dû rester plus longtemps dans la formation. … Je me souviens que lorsque je suis arrivé, les Américains étaient également venus. Parmi eux se trouvaient deux hommes, les plus âgés ayant la cinquantaine. Il s'est avéré qu'il s'agissait d'anciens pilotes américains, ils avaient plus que 1500 heures de vol. Lorsque les Ukrainiens l'ont appris et nous ne les avons plus revus. … J'ai servi dans l'armée polonaise, où j'étais un tireur RPG, donc après deux jours, j'ai été dirigé vers l'action. Maintenant, je fais partie d'une équipe de 25 personnes, avec les Américains et les Britanniques. … Nous détruisons les colonnes russes. Autant que je sache, les routes principales dans toute l'Ukraine, et en particulier pendant les hostilités, sont occupées par des Ukrainiens. La tâche de mon équipe de 25 personnes et des personnes qui nous changent dans les tranchées de notre station est de tirer sur ces colonnes. Comme vous le savez, les Russes s'efforcent actuellement de se rendre à Kiev avec du carburant, de la logistique et de l'armée. Nous sommes transportés de l'endroit où nous sommes stationnés par des voitures à la gare et là, nous nous allongeons dans les tranchées et attendons. 10 de ces 25, dont moi-même, ont des lanceurs de missiles Javelin … Utiliser le Javelin est un jeu d'enfant. Même vous seriez capable de le gérer après une minute, car c'est comme un jeu vidéo. Cette formation de deux jours visait à apprendre à utiliser le Javelin. Les Ukrainiens ne s'intéressaient qu'à savoir si j'étais apte. … Avant le premier combat, nous étions trois fois au même poste, allongés dans les tranchées pendant 12 heures à attendre la colonne russe. Comme je l'ai dit, toutes les routes principales sont gardées par l'armée ukrainienne, et les routes forestières secondaires sont flanquées par des groupes comme le mien qui doivent attaquer pour empêcher tout mouvement ultérieur sur cette route et fuir immédiatement. Pour les Russes, c'est très dévastateur mentalement, car ils savent que quel que soit le chemin qu'ils essaient d'emprunter, il y a toujours quelqu'un qui les attend. Même les petits cols forestiers sont protégés par les Ukrainiens. Nous sommes assis masqués dans les tranchées, car devant chacune de ces colonnes, un drone observe la zone. À la fin, une telle colonne est arrivée à l'endroit où nous attendions. … C'était une colonne de 30 à 40 véhicules. Voitures, camion-citerne de ravitaillement, véhicules de combat. Il n'y avait pas de chars car c'était une route forestière. Il s'agit essentiellement d'une chasse aux camion-citernes. Mais surtout, nous avons frappé le front pour les empêcher d'aller plus loin et semer la panique. Nous avons touché les véhicules au début de la colonne et le camion-citerne là-bas. … https://www.onet.pl/informacje/onetwiadomosci/wojna-rosja-ukraina-polak-ze-specjalnej-jednostki-rozbijamy-rosyjskie-kolumny/bksn0tp,79cfc278
    24 points
  34. J'ai l'impression que certains lui reprocheront toujours de ne pas avoir fui Kiev en février. Ç'aurait été tellement plus simple, nos préjugés sur la non existence d'une nation ukrainienne auraient été confirmés. Nos fantasmes sur la puissance militaire russes auraient été confortés. Ceux qui vantaient l'efficience de l'autocratie face à la démocratie décadente auraient fanfaronnés. Au lieu de ça, un comédien d'1m60 fait face au joueur d'échec quadirdimensionnels et à sa résistance oblige l'Europe à faire des choix douloureux.
    23 points
  35. Un rapport fuité à l'occasion de l'anniversaire de l'annulation du contrat des sous-marins français.
    23 points
  36. La France et l'Allemagne ont aussi un autre soucis, faire en sorte que la Russie ne soit pas poussée à la dernière extrémité, c'est-à-dire, l'emploi de l'arme nucléaire. L'emploi de l'arme nucléaire tactique en Ukraine c'est prendre le risque d'une escalade qui ruinerait l'Europe à tout point de vue et cela personne n'en veut. La France n'a pas de frontières commune avec la Russie et n'a pas l'histoire des ex-pays de l'Est. Il est des choses que nous pouvons nous permettre, pas la Pologne ou les pays baltes. Il me semble que l'enjeu n'est pas de savoir ce que pense telle ou telle chancellerie de notre position, l'enjeu c'est d'éviter une escalade qui peut se révéler une catastrophe, l'enjeu c'est aussi de préserver l'avenir sur le long terme. L'avenir sur le long terme étant de ne pas transformer la Russie en rogue nation. Ce que pensent les pays de l'Est de nos initiatives c'est une chose, mais nos initiatives représentent aussi une porte de sortie éventuelle pour la Russie. Maintenir cette porte entrouverte est capital pour la suite des évènements. Faire en sorte que la Russie quitte l'Ukraine certainement, faire en sorte que la Russie soit affaiblie au point de ne plus pouvoir jouer un rôle international contrevenant à nos intérêts on peut penser que nous nous y attachons ... mais mettre la Russie dans une impasse dont elle ne pourra sortie, c'est contre-productif et surtout dangereux pour nous - et pour l'Ukraine. On peut raisonnablement penser aujourd'hui que la Russie va s'enliser en Ukraine, ils ne gagneront pas la guerre qu'ils ont déclenché et vont y laisser leur potentiel et surtout une partie de leur avenir. Poutine s'est lourdement trompé et l'Occident est en train de lui faire passer l'addition. Tout l'art consiste maintenant pour nous à savoir jusqu'où ne pas aller trop loin. Depuis le début de l'invasion la position des occidentaux est de pousser l'aide à l'Ukraine le plus loin possible sans mettre la Russie en position de commettre l'irréparable. L'irréparable ce ne sont pas les crimes de guerre ou la destruction de villes entières, l'irréparable au plan géopolitique c'est l'attaque de pays de l'OTAN et l'emploi de l'arme nucléaire. Cet emploi du nucléaire entraînerait un enchaînement dont personne ne peut prédire la conclusion. Une fois encore la détention de l'arme nucléaire montre son intérêt pour une nation. Si la Russie n'avait pas ce genre d'arme à sa disposition l'OTAN aurait déjà mis les pieds en Ukraine et orchestré des frappes sur des objectifs russes, seulement voilà ... Pour ce qui est de l'Europe, il n'y aura pas d'autonomie tant que ses membres se tourneront vers les Américains pour assurer leur défense; tant que les Américains décideront d'intervenir en Europe par le biais de l'OTAN notamment on peut penser que les choses ne changeront pas.
    23 points
  37. SCOOP !! 1ère photo du Moskva depuis l'attaque !!!
    23 points
  38. Barkhane n'est pas une force d'invasion en Centrafrique ou même au Mali. Là est la différence Rivelo. En Ukraine les Russes sont les envahisseurs de surcroît ils n'ont ni la formation ni la culture opérationnelle nécessaires pour opérer souplement. De plus ils ont subi de lourdes pertes et des revers là où on avait selon toute vraisemblance vanté à la troupe un opération de "maintient de l'ordre" assez brève ... Bref un cocktail hautement explosif, il y a rarement des prisonniers parmi les civils. Il apparait de plus en plus que le pouvoir politico-militaire de Moscou s'est placé dans une situation inextricable dès lors qu'il n'est pas parvenu rapidement à ses fins. Ces exactions sont la suite logique de son échec à enlever rapidement la décision dans une opération de guerre ouverte contre une nation souveraine en violation de toutes les règles internationales ... En clair le pouvoir à Moscou s'est mis dans la merde tout seul et il n'a pas fini d'en payer le prix. Propagande ukrainienne ? à mourir de rire la belle affaire ... et puis quoi aussi il faudrait que les Ukrainien baissent le froc et fournissent la vaseline ? Pauvres Russes pauvres chous ils font face à l'odieuse propagande des Ukrainiens, mais quelle surprise ? il faudrait leur expliquer ce que sont les réseaux sociaux, l'info en direct et la notion d'opinion publique internationale. On est plus dans les montagnes d'Afghanistan au début des années 80 ... la guerre est sur Internet et il faudrait que les Ukrainiens se privent de cet outil alors qu'ils se battent sur leur sol ? on se croirait chez les Teletubbies ! Je suis aussi assez surpris de lire ou d'entendre des discours nous mettant en garde contre cette propagande ukrainienne. Oui elle existe c'est assez logique mais, contrairement aux Russes nous avons la chance de pouvoir recouper l'information et d'avoir une vision assez claire; c'est l'avantage du pluralisme et de la liberté d'expression, tout le monde ne peut en dire autant. Seconde chose, quand nous étions régulièrement abreuvés des informations de Sputnik ou de Russia Today je n'ai guère entendu se plaindre ceux qui aujourd'hui nous mettent en garde contre la propagande ukrainienne, un oubli sans doute. Je ne sais pas ce qui l'emporte chez les décideurs de Moscou, la naïveté ou la ringardise ... en tout cas le résultat est là. Poutine n'est plus un interlocuteur valable, on commence à le lire ici ou là; personne ne va plus vouloir de lui dans les discussions futures, et il est à craindre que son départ ne devienne une condition de futurs dialogues. J'écris à craindre car cela risque fort de retarder un règlement du dossier voir à radicaliser certaines prises de position.
    23 points
  39. Après l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, encore un pays demande à entrer dans l'UE sans délais Après la Géorgie et l’Ukraine, le Royaume-Uni demande « à entrer sans délais » dans l’UE Les représentants du Royaume-Uni ont déposé ce jour une demande pour exiger une entrée rapide de leur pays dans l’Union européenne. « Nous avons déposé notre demande au « guichet express d’adhésion » mis en place par les services de la Commission européenne et et on nous a certifié que notre demande sera examinée sous huitaine si nous avons tous les tampons demandés » a expliqué Boris Johnson
    23 points
  40. Bon là je sens que c'est le moment de la sortir :
    23 points
  41. bon ben voilà Je viens de me farcir les 9 pages que j'avais en retard Et je vais vous dire, le niveau est lamentable. Entre des analyses ras des paquerettes, des reposts de tweets qui sont de la propagande pure et dure sans aucune valeur d'analyse @Banzinou (celui là tu passes à travers mais c'est la dernière fois), des posts de cadavres et un florllège de vocifération, je vous avoue que je suis très très déçu pour un forum axé sur la défense Du coup, je vais poser ici une ou deux trucs et je vous laisse à vos fantasmes Rappel sur la doctrine des opérations en profondeur (celle là elle est pour celui qui avait posé la question de pourquoi pleins de colonnes) L'objectif est de trouver un point de déséquilibre dans le front adverse pour pouvoir y envoyer des unités d'exploitation. Pour cela, il est nécessaire de lancer une offensive sur plusieurs axes pour justement trouver ce point de rupture. Par ailleurs la doctrine théorique veut que une fois ce point trouvé et exploité, l'adversaire cherchera à le colmater, dégarnissant ainsi d'autres axes soumis eux aussi à une action de friction Vous êtes tous en train d'analyser l'offensive russe sur le modèle de l'enveloppement/encerclement/annihilation . Ce n'est pas leur doctrine. Pas faute d'avoir essayé de l'expliqué plusieurs fois sur ce forum. Les unités encerclés ne sont pas réduites par les combats mais par attrition des moyens, dilutions des capacités combatives inhérentes à toute unité encerclé La doctrine russe dit que les unités de premières lignes se disloquent d'elles mêmes si les objectifs de théatres à haute valeur qui les alimentent sont pris. Alors, est ce que c'est cette doctrine qui est appliquée ? Jusqu'à présent, ca semble. Est ce que les russes ont les moyens de l'appliquer sur la durée ? j'en sais rien Mais le florilège de tweets unibloc (cad ne venant que du coté ukrainien) risque de donner une fausse impression. D'ailleurs Kiev a parlé de repli tactique cet après midi pour certaines de ses unités autour de la capitale (jamais bon ca un repli tactique officiellement admis) Je ne dis pas que les russes se baladent. Mais la pignolette sur le TB2, le ghost of Kiev, le BRDM fantome et compagnie vous fait perdre le schéma d'ensemble On me proposerait un wargame avec la majorité d'entre vous, je refuserais 0 vista, 0 recul et 0 regard critique de ce qui se passe Pourtant c'est pas les exemples de conflits médiatiques dont les analyses médiatiques à chaud se sont avérées infondées (GW1, 4e armée du Monde, Kosovo 250 chars détruis ............ puis 24, des Mig 29/Orao/Gazella encore capables de voler en face d'une couverture aérienne absolue de l'OTAN, GW2 et plusieurs jours à patiner à Bassorah etc etc Arrêtez de vous intoxiquer aux réseaux sociaux Enfin je dis ça, ......... vous faites comme vous le sentez
    23 points
  42. J'ai quand même pris 200mg d'hydroxychloriquine en prophylaxie, on sait jamais.
    23 points
  43. Un nouveau fil twitter très intéressant de Stanimir Dobrev pour expliquer les malheurs actuels de l'armée russe. Il avait déjà fait un fil passionnant au tout début de la guerre (le 26 février) où il expliquait une partie des maux dont souffrait l'armée russe, en particulier la corruption endémique, et indiquait que l'attaque éclair n'était en fait qu'un gigantesque foutoir à peine organisé. Je m'en étais d'ailleurs fait écho ici même parce que c'était un des seuls, à l'époque, à aller à contre courant de tous ceux (et Dieu sait qu'ils étaient nombreux) qui saturaient l'espace médiatique en nous expliquant que l'armée russe était un rouleau compresseur qui avait fusionné avec un guépard: Et le fait est que l'avenir lui a donné raison. Mais bref, il a fait un nouveau fil explicatif: Pour lui, un des problèmes russes, c'est que le pouvoir civil s'est montré incapable d'appréhender les capacités réelles dont disposait l'armée russe eu égard au budget qui lui était alloué. Déjà, il pense que l'armée ne s'est pas désintéressée de l'entrainement de ses troupes parce qu'elle avait mieux à faire ou parce qu'elle pense que ça n'a pas d'importance. C'est juste qu'elle n'en avait plus les moyens. En effet, en Russie, il n'y a pas de budget spécial pour les OPEX (ou les opérations militaires spéciales). Typiquement, l'intervention en soutien aux républiques populaires du Donbass en 2014 ou celle en Syrie plus récemment ont été financées grâce au budget courant du ministère de la défense russe (déploiement, bonus financiers aux militaires impliqués...). À cela s'ajoute les milices des républiques populaires qu'il a fallu organiser et équiper en vidant les stocks de l'armée. En dépit de la multiplication de ces ponctions entre 2013 et 2016, le budget de la défense russe n'a pas été augmenté. Du coup, plus d'argent, donc le ministère décide qu'on arrête de s'entraîner. Parce que l'entraînement coûte cher: l'auteur estime que, tout compris, un an d'entraînement sur un char revient à peu près à son prix d'achat. On glisse en passant que, selon l'auteur, les missiles hyper sophistiqués tirés pour l'esbroufe en Syrie, n'ont pas été remplacés nombre pour nombre depuis (ou, plus exactement, il n'est pas prévu d'en racheter plus que prévu à la base pour ce faire), de même que les munitions utilisées dans le Donbass depuis 2014. Bref, le stock de munitions russe a baissé depuis 10 ans. À cela s'ajoute que le salaire de base des militaires russe s'est effondré (rappelez-vous, il n'y a plus une thune). Entre 2013 et 2022, le pouvoir d'achat des hommes du rang russes a été divisé par deux. Autant dire que c'est devenu compliqué d'attirer des recrues de qualité donc la qualité de la troupe en a beaucoup souffert. Les hommes qui ont le choix d'aller ailleurs ne renouvellent pas leur contrat. Comme si ça ne suffisait pas, d'autres branches de l'armée russe proposent des conditions financières bien plus avantageuses. Typiquement, il est financièrement bien plus intéressant de s'engager dans la Rosvgardia que dans l'armée de terre. Et, si la Rosvgardia peut venir en appoint à l'armée de terre, elle ne peut prétendre la remplacer dans son coeur de métier. Si ces problèmes ont touché principalement l'armée de terre qui est, et de loin, la dernière des priorités du ministère de la défense russe (en termes de pièces détachées, d'équipements ou d'avantages financiers), il ne faut pas pour autant en déduire que les VDV et l'infanterie navale ont été épargnées. Pour elles aussi, la qualité de l'entraînement à souffert. Mais la conclusion est simple, chaque fois que l'armée russe entreprend une opération extérieure, cela diminue mécaniquement le budget qu'elle peut consacrer à l'entraînement et à l'achat de nouveaux matériels. Donc elle reste avec du matos ancien sur lequel ses soldats ne peuvent pas s'entrainer assez (voire pas du tout). Évidemment, l'armée s'en est ouverte au pouvoir politique mais celui-ci a fait la sourde oreille. L'argent demandé n'était de toute façon pas disponible et, de loin, on avait l'impression que les interventions russes dans le Donbass ou en Syrie ne se passaient pas trop mal. Le Kremlin en a donc déduit qu'il ne s'agissait que d'un manœuvre politique de la part du ministère pour augmenter sa part du gâteau budgétaire, un réflexe classique pour tout bureaucratie. Et tout ça contribue en partie à expliquer ce que nous constatons aujourd'hui en Ukraine.
    22 points
  44. Je suis allé écouter le podcast cité par @Valy* et je l'ai trouvé plus intéressant que ce que les tweets du journaliste (très bon par ailleurs) en laissaient paraître donc je m'en suis fait un résumé que je vous partage dans mon immense magnanimité: C'est un space twitter avec Mike Kofman, qui n’est pas du genre à s'enflammer plus que ça (il faisait partie de la team "l’armée russe à Kiev dans trois jours" , donc je pense que ça calme un chouïa quand tu te plantes à ce point ). Le podcast est ici. Effectifs Les Ukrainiens ont un net avantage en termes d’effectifs. Ils ont pu mener deux opérations en même temps avec les troupes dont ils disposent. Ils peuvent relever leurs effectifs (l’offensive a été menée par des troupes fraiches). À l’inverse les Russes n’ont plus de réserves. Du côté de Kharkiv, les troupes, venues à la base du Belarus, se sont redéployées pour défendre Kherson, tandis que beaucoup d’autres troupes (du district militaire de l'Est, donc de bonne qualité) continuaient à attaquer le saillant de Siversk par le sud, ce qui fait qu’il ne restait plus pour défendre cette zone que qu’un mince rideau de troupes de la Rosvgardia et des mobilisés de la LNR. Les conscrits de la LNR / DPR ont été pour beaucoup mobilisés de force selon les plus pures traditions de la Royal Navy du XVIIème siècle et, s’ils sont employés à autre chose que défendre le territoire de leurs états fantoches, ils vont très rapidement se débander. À Kherson, on a aussi observé que les hommes de la DPR prenaient assez vite la poudre d’escampette. Cela s’explique par le manque de rotation (les Russes n'ont pas assez de troupes pour leur permettre de se reposer) mais aussi parce qu’ils ont pris une part disproportionnée dans les combats urbains et les assauts frontaux contre les positions ukrainiennes plus tôt dans la guerre et ont subi de lourdes pertes. La présence d’unité de l’armée régulière dans la zone de l’offensive du nord a aussi été observée mais on ne sait pas si elles répondaient à l’attaque ukrainienne ou si elles étaient là a priori. De toute manière, ces forces appartenaient au district militaire de l’ouest qui n’a pas brillé au cours de cette guerre et a été bien amoché lors de l’attaque initiale sur Kiev. Plus grave encore, les Russes n’avaient aucune réserve sur cette partie du front. En règle générale, les Russes n’ont pas (plus) les effectifs nécessaires pour mener cette guerre. Ils ne peuvent pas relever leurs troupes qui sont obligées de rester sur le front en permanence et se consumant lentement. Les Russies pourraient envoyer les conscrits au feu mais c’est un énorme risque politique. Et Poutine a tout tenté pour éviter de prendre ce genre de mesure (les prisonniers, les volontaires de 50 ans...). Pour Kofman, la mobilisation générale est techniquement impossible car l’armée russe d’aujourd’hui n’est pas une armée de masse. Pas d’infrastructure pour former ces troupes ou bien à un rythme d’escargot. L’exemple du 3ème corps dont on parle tant démontre que les Russes galèrent à former des troupes ex nihilo rapidement. Ils manquent déjà d’officiers sur le front alors pour la formation… Qui plus est, dans les prochains mois, de nombreux soldats sous contrat russe vont de plus arriver au bout de leur période d’engagement et, aussi riante que soit l’Ukraine en cette période de l’année, il demeure très probable qu’ils ne vont pas renouveler leur contrat. C2. Les Ukrainiens sont capables de mener plusieurs opérations interarmes simultanées et coordonnées. Ce qui n’est pas une mince affaire. L’offensive près de Balakliia a été très rapide. L’état-major russe n’a pas été capable de répondre à l’offensive ukrainienne de manière coordonnée. Déjà, le soutien d’artillerie a été défaillant. Cela est peut-être dû au fait qu’il y a des problèmes d’interropérabilité entre la Rosvgardia et l’armée régulière. L’EM russe n’a pas été capable de faire intervenir ses réserves à temps (90ème DB et 3ème CA) pour endiguer le flot des troupes ukrainiennes. (réserves qui n'étaient pas à proximité immédiate du front) Est-ce que les Russes vont pouvoir contrattaquer à Kharkiv ? Cela dépend déjà des hommes et du matériel qu’ils vont réussir à sauver de leur déroute, des réserves qu’ils vont réussir à rameuter, et, finalement, de la ligne sur laquelle ils vont pouvoir se rétablir. Bref, pour le moment, dur à dire. La guerre aérienne Difficile de comprendre la non-intervention des VVS. Ok, ils galèrent mais, là, c’est une situation d’urgence pour les Russes, ils devraient envoyer leurs avions quels que soient les risques. Il faut néanmoins préciser que l’extrême rapidité de l’avance ukrainienne a compliqué l’intervention des avions russes et que la DCA ukrainienne autour de Kharkiv est sans doute la plus nombreuse de tout le pays. Et il faut bien dire que les pilotes russes sont de base très réticents à prendre des risques, alors dans cette région... En fait, eu égard à la modicité de leurs interventions, on peut même dire que, dans une certaine mesure, l’Ukraine a réussi à neutraliser l’armée de l’air russe. Les pertes Pour les Russes, dur à dire. Est-ce qu’ils ont réussi à évacuer des gens ? Avec ou sans matériel ? Les Ukrainiens ont eux aussi connu des pertes, parfois lourdes. Certains blessés de l’offensive près de Kharkiv ont dû être évacués jusqu’à Kiev. Les munitions Les Russes ont de faibles stocks de certaines munitions: obus de 122mm, roquettes de MRLS, munitions de précision. En revanche, les achats à l’étranger ne doivent pas être interprétés comme une preuve que les Russes manquent de munition au global. Il s’agit plus de manque dans des calibres donnés qui justifient ces achats. Pour Kofman (mais il précise bien qu’il s’agit plus d’une intuition et qu’il n’a pas de preuve irréfutable), les Russes sont entrés en guerre avec des stocks bien inférieurs que ceux qu’on leur attribue généralement (plusieurs années). Il pense également que la consommation de munitions des deux camps est bien inférieure à ce qui souvent rapporté. (15 à 20 000 obus et non pas 50 ou 60 000 comme dit généralement pour les Russes et bien bien moins pour les Ukrainiens) La production russe est néanmoins incapable de tenir le rythme de production nécessaire pour remplacer les munitions consommées même si elle a augmenté la cadence (c’est un processus qui va prendre du temps). Il va y avoir des goulets d’étranglement dans la production, notamment pour tout ce qui concerne le versant chimique notamment les charges explosives. À noter pas mal d’incendies dans les usines de munitions russes ces six derniers mois et l’effet des tirs d’HIMARS sur les dépôts de munitions proches du front. Pour lui, on peut estimer sans trop se tromper que les munitions nord-coréennes vont être de qualité inférieure aux russes mais cela n’est sans doute pas un facteur car la quantité est une qualité en elle-même. Situation dans le Sud L’offensive sur Kherson n’est pas une feinte (il insiste lourdement). C’est une opération qui va nécessiter du temps plusieurs semaines voire mois. On peut avoir l’impression que l’offensive piétine par moment, mais cela peut être car les Russes se sont en fait retirés sur une nouvelle ligne de défense qu’il faut alors réduire, comme si on repartait de zéro. Les Ukrainiens vont tenter de scinder la poche entre le front et la rivière en plusieurs petites poches qu’ils vont ensuite essayer de réduire jusqu’à rendre la situation des Russes impossibles et les forcer à la retraite, à cause de leur logistique défaillante. Au delà des gains territoriaux ukrainiens, ce qui est capital, c’est ce que l’avance ukrainienne et la manière dont elle a été obtenue dit du déséquilibre des forces aujourd’hui en Ukraine. Pour Kofman, quand on considère les facteurs structurels, la Russie ne peut plus gagner la guerre: —> les forces russes ne sont pas assez nombreuses —> La qualité des troupes est trop mauvaise —> Le commandement n’est pas compétent (Ça ne veut pas dire que ça se faire en un jour ou facilement pour les Ukrainiens. C'est juste qu'à terme, la situation pour les Russes est sans issue si on en reste là) À noter qu'il n'est pas le seul à partager ce point de vue. Par exemple, dans cet article de The Economist du 30 avril, Rob Lee estimait qu'il y a avait une vraie chance que les Russie ait d'ores et déjà obéré ses chances de remporter la victoire, parce que ses ressources humaines (notamment pour les troupes de contact qui subissent l'immense majorité des pertes) étaient potentiellement trop faibles pour supporter l'attrition qu'allait provoquer la guerre de position dans le Donbass (quand bien même elle mettait en lumière d'autres points forts de l'armée russe et masquait certaines de ses faiblesses). Il estime désormais, avec le recul, que l'on peut qualifier la victoire russe dans le Donbass de victoire à la Pyrrhus. Ils ont certes conquis des territoires mais au prix de pertes humaines qu'ils n'étaient pas en mesure de supporter. Il a même l'impression que l'attaque russe dans le Donbass était un genre de tapis comme au Poker: on utilise une quantité énorme de munitions d'artillerie et on envoie des miliciens à peine formés à l'abattoir, sauf qu'une fois que ces ressources sont consommées, si un succès complet n'a pas été obtenu, et bien on est en difficulté. *Les gens postent trop vite, je n'arrive pas remettre la main sur ton post, désolé
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  45. Au même moment, à la frontière finlandaise, les forces spéciales du pays ont fortement réagi aux rumeurs de déploiement de blindés russes près de leur territoire :
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  46. J'ai, au boulot, un bureau occupé peuplé par un Russe et un Ukrainien (je vous rassure, ils travaillent ensemble, s'entendent très bien et sont tous les deux désolés de cette situation). De passage chez-eux pour un problème technique, j'y ai entendu le Russe tenir cette blague : La flotte russe de la mer Noire a mené une frappe sur le potentiel de missiles ukrainiens. D'un coup unique du vieux croiseur Moskva, plusieurs missiles ukrainiens ultra-modernes ont été détruits sans espoir de récupération. Slava Rossii ! L'ukrainien a répondu Slava Oukraïni, avant qu'ils n'éclatent de rire tous les deux.
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  48. Un collègue vient de me faire suivre ceci « CRISE EN UKRAINE : ET MAINTENANT QUE FAIRE ? Cyril Gloaguen Ancien officier de marine, ancien attaché militaire en Russie et au Turkménistan, ancien membre de la mission des Nations Unies en Géorgie/Abkhazie, docteur en géopolitique (IFG) . Contrairement à ce qu’avancent certains observateurs, V. Poutine n’est pas fou. Du moins pas plus que ne l’était Staline, ou Khrouchtchev quand ce dernier nous menaçait de frappes nucléaires pendant la crise de Suez, que Brejnev quand il envoyait ses chars contre Prague ou sa flotte devant Cuba, ou que Eltsine quand celui-ci écrasait Groznyy sous les bombes ou s’emparait de l’Abkhazie et de la Transnistrie. Poutine n’est pas plus fou aujourd’hui qu’il ne l’était en 1999 quand il prenait prétexte de cinq attentats suspects à Moscou, Bouynaksk et Volgodonsk pour lancer la deuxième campagne tchétchène, ou en 2008 et 2014 quand il annexait une partie de la Géorgie et de l’Ukraine. Je suis surpris que nous puissions être surpris. Depuis 22 ans qu’il est au pouvoir, nos chancelleries et nos instituts de recherche n’ont-ils donc pas réussi à dresser un portrait psychologique du personnage et de son entourage, ni compris son projet politique ? Dans cette crise ukrainienne j’ai pourtant du mal à voir autre chose que la suite logique d’une politique rationnelle et opiniâtre de « réappropriation de l’espace post- soviétique » - appelons cette politique comme on voudra - dont on devine pourtant l’amorce dans les discours que prononce V. Poutine à Tachkent en 2006 et à Munich en 2007, dans ce « nouveau pacte de sécurité en Europe » proposé par D. Medvedev en 2008, dans le rappel incessant du caractère « artificiel » de l’Abkhazie d’abord, puis de l’Ukraine, entendu mille fois dans la bouche d’hommes politiques et militaires russes dès au moins 2003. Pourquoi ne pas la voir également, beaucoup plus tôt, dans la doctrine dite de l’« étranger proche » de 1993, sous Eltsine donc. Je conçois que la psychologie du président russe, son « mode de pensée », puisse décontenancer nos diplomates, mais il est loin d’être fou. V. Poutine a patiemment rebâti sa puissance militaire, détruit ses oppositions tout en renforçant sa police, modifié la Constitution, préparé son économie et ses médias, rendu l’Europe dépendante de son gaz, fait vacciner 910.000 hommes de son armée contre le covid et, maintenant qu’il se sent suffisamment puissant, il frappe. C’est aussi simple que cela. C’est pourquoi il a toujours donné l’impression « d’avoir un coup d’avance ». Probablement, lui et la petite équipe de conseillers qui l’entoure au Kremlin, ont-ils vu dans la situation économique et politique en Europe et aux Etats-Unis (covid, Brexit, élection de Biden, arrivée d’un nouveau chancelier...) une fenêtre d’opportunité à saisir. Ce n’est pas là la politique d’un fou, on en conviendra aisément, mais au contraire celle d’un homme déterminé à atteindre un but précis. Un grain de sable s’est toutefois glissé dans ces rouages jusqu’à présent si bien huilés : la guerre en Ukraine n’aurait pas dû éclater. Le gouvernement en place à Kyiv était censé, sous la menace militaire, capituler et accepter telles quelles les propositions faites par S. Lavrov en décembre, livrer intactes ses infrastructures économiques, puis partir en exil. Le scénario criméen de 2014 était le scénario écrit par le Kremlin, pas celui du Donbass. C’est pourquoi, la diplomatie russe, alors que les combats font rage, lance régulièrement des Offres de négociations, en espérant encore et toujours faire céder Kyiv. C’est la grande faiblesse de la position russe, naturellement, mais que les Ukrainiens sous les bombes ne pourront exploiter longtemps. V Poutine n’est pas fou, mais son psychisme est celui d’un officier soviétique formé dans les années 1970, idéologiquement dressé à combattre les idées occidentales, humilié en décembre 1991, et qui s’est au tournant des années 1980 endurci au contact des mafias de St-Pétersbourg, ville où il a aussi pris goût au pouvoir et à la politique à la sauce pour le moins piquante de ces années-là. Certaines sources le décrivent à l’époque comme dormant avec une Kalachnikov. C’est dire le personnage. Il peut nous sembler paranoïaque, mais cette paranoïa-là essentiellement tournée vers la démocratie à l’occidentale et l’OTAN est aussi celle,D’évidence, l’agenda poutinien de « recomposition de l’Empire » l’a emporté sur tout autre agenda. C’est la raison pour laquelle les négociations avec Moscou ne pouvaient qu’échouer malgré tous les efforts des chancelleries occidentales. Il est probable que Poutine souhaite rester dans l’Histoire comme celui qui aura effacé l’humiliation de décembre 1991 à des degrés divers, de tous ces Russes qui ont grandi sous l’URSS et au début des années 1990, surtout s’ils sont militaires ou siloviki. Poutine est loin d’être une exception. On pourrait tout aussi bien supposer que, rationnel lui-même, il ne fait qu’utiliser froidement cette paranoïa générale dans un but de politique intérieure, afin de se maintenir au pouvoir. Ses discours martiaux, ses mots crus, son argot, ses menaces, ses références historiques, révisionnistes, tout cela est avant tout destiné aux Russes. Pas à nous. Nous ne les comprenons pas, ils n’appartiennent pas à notre culture politique si policée, et c’est pourquoi ils nous font peur. Tout le reste (le judoka, le chauffeur de taxi, le propriétaire de Lada, le pêcheur torse nu, etc.) relève de la propagande et du culte de la personnalité. Il y a quinze ans, j’avais fait beaucoup rire autour de moi en comparant Poutine à un Al Capone qui se serait emparé de la Maison blanche. Je reconnais que la comparaison à ses limites, mais elle me semble conserver quelques justesses. On ne peut comprendre la politique de V. Poutine qu’en utilisant comme base d’analyse la nature même du régime autoritaire et rigoureusement vertical qu’il a mis en place. Il en est le centre de décision, mais aussi de gravité. Bien sûr, il y a les idéologues, les Dougine, les Pavlovskiy, les Surkov, etc., mais il y a surtout ce petit groupe autour du président constitué d’affairistes semi-Mafieux et de proches qui au début des années 2000 ont pris la place des oligarques eltsiniens, et de siloviki, anciens guébistes et militaires, incapables de penser la Russie autrement que comme un imperium grand-russe. Arrivés au pouvoir avec Poutine, ils vont l’influencer. Poutine n’est pas un lecteur, ni un idéologue au sens intellectuel du terme, rien ne l’indique, c’est un pragmatique qui cherche l’opportunité et sait la préparer. 2014 en est la preuve éclatante. L’imaginaire de ces siloviki ? Elle est partout dans Moscou : la seconde guerre mondiale bien plus que l’orthodoxie, le Staline de 1945, certains tsars, les princes kiéviens (A. Nevskiy, Yu. Dolgorukiy, etc.), le KGB et, naturellement, l’URSS, non pas pour son idéologie communiste mais pour sa puissance, sa force brute, son empire. Qui n’a pas assisté au spectacle donné chaque année dans la grande salle de concert du Kremlin à l’occasion des fêtes du 9 mai ne peut imaginer le délire nationaliste, je pèse mes mots, que provoque cette idéologie sur la foule. Ces Poutiniens roulent tous en Mercedes ou en BMW, mais leur univers mental n’a guère évolué depuis l’URSS. Ils en sont, dans les écoles, à mettre des Kalachnikov entre les mains d’enfants de dix ans. Ce syncrétisme des histoires tsariste et soviétique mâtiné de business de prédation a donné à partir du début des années 2000 la politique étrangère, sécuritaire, intérieure, culturelle et nationaliste que l’on connait aujourd’hui. C’est à son contact et en accompagnant sa montée en puissance que se sont formés le psychisme et la vision du monde de Poutine président. Les combats continuent et l’armée russe semble connaître des difficultés face à la résistance d’un peuple ukrainien qui, n’en déplaise à Poutine, a bien développé une conscience nationale. L’issue, toutefois, ne fait pas de doute : sauf coup de théâtre, la Russie va s’emparer de l’Ukraine et la « dénazifier », c’est-à-dire en extirper toute trace de vie démocratique et les hommes qui la symbolisent, y abattre aussi l'Eglise orthodoxe d'Ukraine. Poutine ne reculera pas, sauf si des manifestations de rue venaient, en Russie, à le déstabiliser ou si son armée se rebellait. Car cette guerre laissera de profondes séquelles dans l’armée et : Dans la société russes. Quelle forme prendra cette occupation ? La partie est du pays (avec Kyiv) sera-t-elle, à l’exemple de la Crimée, transformée Dans la société russes. Quelle forme prendra cette occupation ? La partie est du pays (avec Kyiv) sera-t-elle, à l’exemple de la Crimée, transformée en oblasts rattachés à la Fédération russe après des élections truquées, un gauleiter nommé dans la partie ouest ? Le statut de ce pays vassalisé sera-t-il, vis-à-vis de Moscou, celui qu’avait la RSS d’Ukraine au sein de l’URSS ? Une jonction territoriale sera-t-elle créée entre la Crimée et la Transnistrie le long de la mer Noire ? Peu importe après tout : l’Ukraine, pays européen membre des Nations Unies, disparaitra de la liste des pays indépendants, devra sans doute ré-adhérer à la CEI, à l’OTSC et à l’Union économique eurasiatique. La Géorgie et la Moldavie, isolées, subiront un jour ou l’autre le même sort, de fait ou par hommes liges interposés. Dans quel état de ruines l’Ukraine va-t-elle émerger d’une guerre qui, à l’heure où nous écrivons, semble prendre une tournure de type Groznyy, mais à l’échelle d’un pays de 600.000km2 ? Le Kremlin semble décidé à punir et humilier les Ukrainiens, comme s’il voulait leur faire payer le crime d’avoir voulu sortir de sa zone d’influence, de la civilisation russe. D’avoir voulu devenir une démocratie. Comme si cette guerre devait servir d’exemple aux autres républiques ou régions de l’Empire au cas où leur viendraient des velléités d’émancipation. Les Russes adeptes du res nullius romain. 1 - Si cela venait à être le cas, on voit de toute façon mal les capitales occidentales accepter que les ambassades d’Ukraine passent sous le contrôle d’un gouvernement fantoche. D’autant plus qu’un gouvernement en exil pourrait aussi voir le jour. 2 - Elle revêt aussi indéniablement une dimension démographique. Voir le texte publié par V. Poutine en juillet 2021 : « En raison d'une division aussi dure et artificielle des Russes et des Ukrainiens, le peuple russe dans son ensemble pourrait diminuer de centaines de milliers, voire de millions ». 3 - Notamment les grandes formes d’Odessa où ont été construits les derniers porte- aéronefs soviétiques comme le Kuznetsov par exemple. Chaque nouvelle heure de combat apporte son lot de destructions et la Russie - cette guerre est aussi une guerre de prédation2 - si elle veut pouvoir mettre les infrastructures du pays au service de sa propre économie (notamment les secteurs navals, BITD et aéronautiques), devra financer la reconstruction et le déminage de tous les sites touchés par les Bombardements. Sous sanctions, elle n’en aura pas les moyens, pas plus qu’une Ukraine « russifiée », ruinée, coupée des financements internationaux et vidée d’une partie de ses habitants, notamment des plus jeunes. Les sanctions occidentales (qui auraient dû être introduites dès 2008, insistons sur ce point) vont profondément saper l’économie russe et ce travail de sape ne fera que s’amplifier au fur et à mesure que les pays européens vont, graduellement, cesser d’acheter leur gaz à Moscou et convertir leurs économies aux énergies alternatives. Nous n’étions jamais allés jusque-là sous l’URSS. L’économie et la société civile russes n’ont pas fini de payer la facture de cette guerre. Poutine sera peut-être demain ce que Gorbatchev fut pour l’URSS : un homme qui se voulait un sauveur et, qui finalement, par excès d’idéologie, aveuglement ou incompétence, s’est révélé être un fossoyeur. A ces sanctions va s’ajouter l’extrême fragilité politique d’un espace post-soviétique passé sous domination russe dans sa quasi-entièreté. Car, de l’Ukraine et la Biélorussie au Karabakh en passant par le Kazakhstan, le Sud- Caucase et l’Asie centrale, l’Empire sera instable, plus encore qu’il l’était sous les tsars. Il coûtera chaque année à Moscou des milliards de roubles en maintien de l’ordre, sans garantie aucune que les économies locales puissent renforcer l’économie russe comme c’était le cas sous l’URSS. En Ukraine, les régions les plus touchées par les combats verront, elles, leur niveau de vie faire un bond de trente ans en arrière. Sauf si Pékin, avancent certains, venait à accepter de financer les reconstructions, mais chacune de ses interventions, naturellement, se paiera pour les Russes par toujours plus de dépendance. On ne joue pas impunément avec une dictature communiste dont le PIB est dix fois supérieur au vôtre et qui garde en mémoire les « traités inégaux » de la fin du XIXème siècle. L’histoire le dira. Elle est faite par des hommes et, à ce titre, reste imprévisible. 4 - Il suffit, pour sans convaincre, de voir le faible développement des infrastructures criméennes 8 ans après l’annexion. L’affaiblissement économique de la Russie ne signifiera pour autant pas la fin de son activisme en Europe et dans sa périphérie. Le contraire serait Étonnant. Rappelons qu’en parité de pouvoir d'achat (PPA), le PIB russe est aujourd’hui un tiers supérieur au PIB français selon le FMI. La nature du régime russe ne changera pas de sitôt, sauf apparition de troubles sociaux violents. Constitutionnellement V. Poutine peut, comme on le sait, rester au pouvoir jusqu’à ses 84 ans (2036). Or, dans quelques semaines, dans quelques mois, l’Empire viendra buter contre les frontières finlandaises, baltes, slovaques, hongroises et roumaines, c’est-à-dire contre les frontières de l’UE. La « question russe » va hanter encore longtemps nos réflexions stratégiques et sécuritaires. Si nous ne prenons pas les mesures nécessaires, qui doivent dans l’immédiat prendre la forme d’un renforcement de l’OTAN et une hausse de nos budgets militaires et de recherche, dans cinq ans, dans dix ans, Poutine I ou Poutine II exigera des pays baltes , des pays d’Europe centrale et de l’Est, voire des pays scandinaves, ces mêmes conditions qu’il a exigées en décembre dernier des chancelleries occidentales pour éviter la guerre en Ukraine : retrait de l’OTAN sur les lignes de 1997 et souveraineté limitée de ces pays (comprendre une mise sous tutelle de leurs diplomaties, de leurs forces armées, voire de leurs économies). Moscou, demain, demandera leur « dénazification », voudra « abattre les juntes au pouvoir » à Varsovie, à Bucarest, à Vilnius, voire à Berlin. Après tout, S. Shoygu ne fait-il pas jouer régulièrement à ses bambins de la Jeune Armée la prise du Palais du Reichstag de 1945 grâce à une réplique à l’échelle du bâtiment érigée dans le parc Patriot de Moscou ? Sous les symboles se cachent souvent des intentions et derrière les enfants de futurs soldats. En Russie plus qu’ailleurs. 5 - Ajoutons-y une exigence d’efficacité du ratio « investissements/matériels opérationnels ». Celui-ci est en Russie considérablement supérieur à celui des armées européennes. 6 - La Younarmiya compte aujourd’hui un million d’enfants, notamment beaucoup de fils et de filles de militaires. La Russie compte ainsi plusieurs dizaines d’organisations de jeunesse militarisées, dont certaines interviennent dans les écoles. 7 - Voir le texte de V. Poutine publié sur le site du Kremlin en juillet 2021. Jusqu’où nous demandera-t-on de reculer les frontières de nos démocraties, jusqu’où s’étendent les « territoires historiques » de la Russie? Jusqu’à l’Oder, Le Rhin, jusqu’aux côtes provençales ou bretonnes ? Nous devons nous préparer à l’apparition de bulles A2/AD en Baltique, en mer Noire et en Méditerranée, à des exercices d’ampleur au large de nos côtes, à des limitations de notre droit de navigation, de commerce, à l’émergence de politiques du « fait accompli » et de provocations ici ou là. La marine russe n’a-t-elle pas, plusieurs fois ces dernières années, sous prétexte d’exercices, gêné les accès aux ports baltes, bloqué aux navires ukrainiens l’entrée en mer d’Azov ? Pourquoi ne le ferait-elle pas demain en Baltique, dans certaines zones de Méditerranée ? Moscou ne considère-t-il pas déjà que certains détroits ou zones maritimes pourtant sous statut international font partie de ses eaux intérieures (golfe de Pierre le Grand, Portes de Kara) ? Peu après l’intervention en Syrie, deux frégates russes, après qu’une frégate française eut effectué un exercice de tir en mer Noire à 250 nautiques (soit quelque 500 km) des côtes de Crimée (juridiquement ukrainienne, faut-il le rappeler), ne sont-elles pas venues patrouiller une partie de la nuit entre Marseille et Nice en interrogeant par radio les navires civils entrant dans les ports français ? Certains pays européens aux frontières de l’Empire, menacés, ciblés, déstabilisés par l’activisme russe, pourraient également – pourquoi pas ? – voir les investisseurs étrangers se détourner de leurs marchés. L’exemple ukrainien marquera longtemps le monde économique. Il va nous falloir revenir à l’équilibre qui était celui de la Guerre froide, en Europe et au-delà de nos frontières, là où se trouvent nos intérêts, et cet équilibre ne sera atteint que par un réarmement important, mais aussi et surtout par un accroissement de nos projets de R&D. Rien, en effet, dans le contexte à venir ne serait plus dangereux face à une Russie sans cesse plus menaçante que de se laisser distancer dans le domaine des armes de rupture dont les planeurs nucléaires de type Avangard (2 seraient opérationnels) et les missiles hypersoniques Zirkon sont les exemples immédiats du côté russe. Ni notre renseignement militaire, essentiellement focalisé depuis vingt ans sur la menace islamique après l’avoir été sur le conflit en ex-Yougoslavie puis L’Afghanistan, ni notre recherche universitaire et académique ne sont prêts à faire face sur le temps long au défi qui va se poser à nous dans les prochaines années : celui d’une Russie déstabilisatrice majeure de l’espace européen, dont les forces armées et les services spéciaux joueront de plus en plus un rôle en politique étrangère. Nos think tanks parisiens, à de rares et, parfois, de brillantes exceptions, recrutent toujours l’essentiel de leurs chercheurs dans les filières de sciences politiques. Les économistes, les anciens militaires et diplomates, les scientifiques, les ingénieurs leur font toujours défaut. Nombre de leurs études, trop académiques, souvent proches de la synthèse de sources ouvertes, faute d’enquête de terrain et de compétences techniques, n’intéressent que rarement les militaires, la DGA ou nos industriels. Partant, elles ratent largement leur cible. Les correspondants spéciaux des médias ou les cabinets de consulting, capables de mettre rapidement sur pied autour d’un sujet donné une équipe pluridisciplinaire ont souvent une plus- value supérieure. Les remarques faites par Hervé Coutau-Bégarie dans un livre paru en 2000, il y a vingt ans déjà, demeurent d’actualité. Les War Studies sont encore embryonnaires en France tout comme la pratique des military fellows, malgré les timides tentatives de l’Ecole de guerre. Nous perdons là un moyen d’influence internationale considérable. Il en va de même pour l’IRSEM de l’Ecole militaire qui, pour des raisons identiques, et alors que ce devrait être son rôle, est loin de pouvoir jouer vis-à-vis du gouvernement, des parlementaires, des journalistes et du public le rôle que jouent aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, par exemple, la Rand Corporation ou l’IISS. La création de la DGRIS, qui a soustrait à l’Etat-Major des Armées et à la DRM le domaine de la prospective stratégique a peut-être aussi été une erreur. Sa plus- value dans le concert des think-tanks parisiens, coincée entre les ministères des Affaires étrangères et de la Défense, reste à démontrer. Alors que les experts de la Russie (mais aussi de la Chine ou d’autres), militaires comme civils, sont une denrée rare, il conviendrait peut-être de se pencher sur la nécessité de faire perdurer trois organismes – DGRIS, DRM et IRSEM – dont les travaux de recherche et d’analyse se recoupent largement, non pas en théorie, mais en pratique. Un regroupement des moyens et des hommes sous les ordres d’un chef unique au sein d’une même structure et d’une même culture qui couvrirait tout le spectre de l’analyse d’intérêt militaire, à l’exception du renseignement tactique et technique qui relève des armées et d’organismes spécialisés, pourrait apporter une plus-value dans le contexte géopolitique nouveau que l’on voit poindre. Il est urgent de créer une DIA à la française. Le volet politique de défense serait rattaché directement aux services du ministre des Armées. Pourquoi dépenser des énergies folles à la rédaction de Livres Blancs alors que nous sommes d’évidence, ou alors nos chefs politiques sont d’excellents acteurs, incapables d’appréhender et freiner sur le long temps la politique de V. Poutine à nos frontières et dans nos territoires ? L’activisme russe en Europe, et notamment en France va s’amplifier. C’est là le métier premier, avec le renseignement, des ambassades russes8. Or, la société civile en France demeure très perméable à l’idéologie poutinienne. A quoi bon interdire RT et Sputnik sur notre territoire quand à longueur de journée sur les chaines d’information en continue, de pseudo-experts qui ignoraient tout de la Russie deux minutes avant d’entrer sur le plateau sont autorisés à donner en direct leur avis sur un conflit dont ils ne maitrisent ni les racines ni les facteurs politiques, techniques et militaires, encore moins les « chausse-trappes » de la propagande russes, quand à partir de deux photos publiées sur les réseaux sociaux, des spécialistes des relations internationales s’autorisent à deviner les faiblesses, les pertes et les tactiques de l’armée russe ? Six jours après le début de la guerre, la France compte autant de spécialistes de la Russie et des conflits armés qu’elle comptait quelques jours plus tôt de spécialistes du covid. Comble du ridicule, sur au moins une chaine, ce sont parfois les mêmes ! Les bouches sont pleines de missiles hypersoniques volant à mach 18, de têtes Nucléaires à mach 30, de drones sous-marins nucléaires capables (sic) de « descendre à 10.000m à 400nd », de bombe thermobarique « père de toutes les bombes », de sanctions « qui n’auront pas d’effets sinon sur nous-mêmes » ! Et l’on s’étonne, après cela, que les gens se précipitent dans les pharmacies pour y acheter des pastilles d’iode ! Comment certains font-ils donc pour être à la fois spécialistes de la Russie, de l’Iran, de la Chine, du Sahel, de la Corée du Nord, des partis politiques français et du football ? Ce doit être une marque de notre génie national ! 8 - Selon certaines sources et selon les pays, entre 60 et 70% du personnel d’une ambassade russe, y compris l’ambassadeur, appartiendrait aux services : GRU, FSB, SVR... Ce brouhaha inconsistant est pourtant loin d’être stérile. Il contribue à propager dans le public l’idée d’une toute puissance russe face à laquelle nos pouvoirs publics, nos armées, seraient impuissants. Or, l’auditeur et le lecteur sont aussi des électeurs et c’est sur leur vote que repose, naturellement, la nature des relations que nous aurons à l’avenir avec la Russie. Plus grave, peut-être, certains partis actuellement en lice pour les présidentielles ont des programmes de politique étrangère et sécuritaire d’un amateurisme idéologique confondant qui, de facto (y ont-ils seulement songé ?), verrait la France non seulement s’isoler dangereusement en Europe, fragiliser l’OTAN et l’UE, mais encore siéger aux mêmes tables que la Russie et ses alliés iraniens, syriens, chinois, vénézuéliens ... La Commission spéciale de l’UE sur l’ingérence étrangère (INGE), qui a rendu ses conclusions en janvier dernier a également montré la porosité entre la classe politique européenne et les grands groupes russes proches du pouvoir et, donc, avec les services spéciaux. La France est particulièrement pointée du doigt. Trop nombreux sont en effet nos politiques, actifs ou retraités, qui, en toute impunité, multiplient les voyages à l’étranger et mettent leurs carnets d’adresses ou leurs activités de lobbyiste au service de pays étrangers. Certains, selon le résultat des élections de mai prochain, pourraient entrer au gouvernement, au Parlement et dans certaines commissions. L’exemple américain pourrait ici être suivi. Aux Etats-Unis, tout homme politique élu fait l’objet, me semble-t-il, avant de prendre son poste, d’une enquête dont les conclusions doivent être respectées. En règle générale, nos politiques, nos chefs d’entreprise, nos diplomates et même certains militaires sont encore trop peu conscients des méthodes d’influence et de recherche du renseignement pratiquées par les services étrangers. Comment un Premier-ministre en déplacement dans un pays du Moyen-Orient peut-il encore voir son téléphone portable piraté ? Comment le directeur d’une entreprise de défense stratégique peut-il, récemment encore, perdre dans un aéroport moscovite son ordinateur portable, un général quatre étoiles son IPad ? Ce manque de culture est une brèche inquiétante dans notre sécurité. Combattre l’activisme et la propagande russes demandera du temps et des moyens. Le rapport de l’INGE, à l’instant mentionné, donne quelques pistes à suivre. Il faudra aller au-delà, démonter le discours poutinien auprès des populations européennes, mais aussi viser une population russe dont la maturité et la conscience politiques seules pourront, à terme, faire évoluer le régime. Il faudra, dans le même temps, se montrer intransigeant vis-à-vis des revendications du Kremlin. Nous n’avons pas, comme le demandent certains, à reconnaître à la Russie un statut à part dans le droit international. La Russie n’est pas une entité messianique, bénie des dieux, qui aurait un droit de vie et de mort sur ses voisins, un droit de réécrire les traités selon son bon vouloir. Nous devons cesser de nous sentir coupables au prétexte que le régime poutinien affirme être menacé par nos valeurs, rappeler partout que l’OTAN et l’UE sont des organismes démocratiques, qui s’étendent par attrait du modèle, ou par intérêt pour lui, après un vote de leurs membres, et non pas, comme jadis feu le Pacte de Varsovie, par coercition ou sous la menace de la police politique. 9 - Voir les propositions de l’INGE sur https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press- room/20220119IPR21313/l-ue-devrait-etablir-un-regime-de-sanctions-pour-lutter- contre-la-desinformation Nous avions cru l’URSS morte de sa belle mort en décembre 1991. Elle ne l’était pas. Elle subsistait partout sur le territoire russe, dans ces noms de rue, dans ces statues du parc Gorki, aux frontons des Crise en Ukraine : et maintenant que faire ? Instituts de recherche, des usines et des écoles, dans les esprits. Aucun « procès de Nuremberg » n’était venu nettoyer les écuries d’Augias du communisme. Nous ne voulions pas la voir, cette URSS 2.0, les contrats industriels seuls comptaient, elle resurgit, après un léger lifting, par la volonté du président russe. Après la décolonisation de 1991, la recolonisation de 2022 ! Les sanctions vont durcir encore la politique étrangère russe, comme va se radicaliser la vision que la caste au pouvoir au Kremlin porte sur l’Europe et sa périphérie. Si la Russie avant la guerre se sentait « encerclée » par l’OTAN alors que sa frontière avec l’Organisation atlantique ne représentait que 800 km le long des pays Baltes, demain qu’en sera-t- il quand cette frontière courra de la pointe nord de l’Estonie (mais on pourrait y inclure la Finlande) à la mer Noire ? Il conviendra d’être prudent, d’avoir constamment à l’esprit le risque d’escalade, notamment en coordonnant mieux qu’on ne le fait les éléments de langage entre ministères, après analyse des menaces. A cet égard, les récentes déclarations de B. Lemaire étaient pour le moins maladroites, voire dangereuses. Il faudra aussi multiplier les canaux de discussion avec Moscou pour s’assurer que nos intentions et positions parviennent bien à Poutine. Moins parler avec le MAE russe, par exemple, qu’avec le ministre de la Défense S. Shoygu, plus proche que Lavrov de Poutine, voire directement avec les services. Nous avons su le faire pendant le conflit en Syrie. Poutine vieillit. Il a aujourd’hui 70 ans. 70 ans c’est aussi la moyenne d’âge de son entourage. Comme jadis le groupe qui entourait Eltsine, celui-ci ne peut quitter le pouvoir sans risquer la prison, voire pire. Les années qui viennent vont être pour lui les plus dangereuses. Dangereuses à cause des sanctions économiques qui vont appauvrir la société, dangereuses aussi car l’âge venant les scénarios de passation du pouvoir vont se faire de plus en urgents pour les Poutiniens. Tous ne mourront pas de maladie ou de vieillesse en même temps, ils voudront vivre le plus longtemps possible, placer leurs familles en sécurité. Aussi les pressions personnelles sur Poutine vont-elles s’accroitre. Il faudra être capable de les discerner, de les Accompagner, d’identifier les nouveaux leaders et leur parler. Ne pas refaire sans doute les mêmes erreurs qu’en 1991, mais sans naïveté. Plus important peut-être, il faudra aussi, de façon à nous y préparer, savoir distinguer à l’avance les signes d’apparition en Russie d’un mouvement social violent de type Maïdan. La propagande nous le cache, mais tous les facteurs sociaux, économiques, linguistiques, religieux et culturels qui ont, ces dernières années un peu partout dans l’espace post-soviétiques, provoqué des tentatives populaires de renversement des pouvoirs en place sont aussi présents en Russie, pays qui dispose, gardons-le en mémoire, plusieurs milliers d’armes nucléaires, sans compter les dizaines de centrales et de navires qui utilisent également cette énergie. Cette crise sera également une épreuve redoutable pour nos sociétés européennes. Nous perdons l’accès à des marchés importants, à des matières premières facilement accessibles, l’inflation repart, nos dettes s’accumulent, certaines entreprises sont très exposées, et dans les semaines prochaines ce sont peut-être plusieurs millions d’Ukrainiens qui pourraient franchir la frontière avec l’UE. Et si c’était là la vraie « menace nucléaire » brandie par Poutine et Lavrov ? Une nouvelle crise migratoire sur notre sol ? Les années à venir seront difficiles. A Moscou, la statue de F. Djerzinskiy du parc Gorki, le premier chef de la Tchéka, l’ancêtre du KGB, l’un des plus grands psychopathes de l’histoire, est chaque jour fleurie. Et nous, au pied de quelles statues sont déposées nos fleurs ? manuscrit clos le 3 mars 2022 » https://www.letelegramme.fr/finistere/douarnenez/pour-le-douarneniste-cyril-gloaguen-la-guerre-en-ukraine-est-aussi-notre-guerre-08-03-2022-12935930.php
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  49. Au fait, petite remarque au passage: vous imaginez la gueule des images si on leur avait livré les BPC...
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  50. Je m'étais demandé ce qui allait m'arriver en premier: - me marier - voir la vente du rafale aux UAE > Du coup j'ai ma réponse... et je suis toujours célib ^^
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