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fraisedesbois

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Posts posted by fraisedesbois

  1. (AsiaTimes, 28juin)

    La Turquie retourne dans les Balkans aux dépens de l'UE

    De plus en plus lassés par ce qui semble être un chemin sans fin vers l'Europe, les pays de la région cherchent des alternatives.
     

    La semaine dernière, les dirigeants de l'Union européenne ont décrit leur décision d'accorder le statut de candidat à l'adhésion à l'Ukraine et à la Moldavie comme un "moment historique" pour l'Union. Ils n'ont pas précisé combien de temps il faudrait pour que le "moment" final arrive.

    D'autres pays candidats ont langui pendant des années, voire des décennies, dans la "salle d'attente éternelle" de l'Union européenne. Cette situation a non seulement suscité des doutes quant à l'attrait de l'UE pour les pays d'Europe de l'Est, mais elle a également ouvert la voie à l'émergence d'autres courtiers de pouvoir régionaux. (je propose comme trad. “puissance régionale émergente”)

    Considérez le rôle de la Turquie dans les Balkans occidentaux.

    Bien que les Balkans occidentaux restent fermement ancrés dans l'orbite géopolitique de Bruxelles et de Washington, Ankara s'empresse de renforcer sa présence économique et politique dans des pays comme la Serbie, la Macédoine du Nord, l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine.

    Autrefois liés par l'Empire ottoman, la Turquie et les Balkans partagent une histoire commune. Mais ils sont aussi membres d'un club ignominieux, celui des pays qui se sont vu accorder le statut de candidat par l'UE mais qui ont attendu patiemment - dans le cas de la Turquie, depuis 1999 - en vain.

    Aujourd'hui, l'adhésion à l'UE pour Ankara et ses alliés des Balkans ressemble à une ambition perdue. Trois États des Balkans - la Serbie, la Macédoine du Nord et l'Albanie - ont lancé leur propre processus d'intégration dans le cadre de l'initiative "Open Balkan", que de nombreux dirigeants régionaux considèrent comme un substitut à l'adhésion à l'UE. (huh?)

     

    La Turquie, pour sa part, mène une politique étrangère multivectorielle, et les Balkans jouent un rôle important dans cette stratégie. Ankara a déjà signé des accords de libre-échange avec tous les États des Balkans occidentaux et, grâce à ces accords, son poids économique ne cesse de croître.

    Par exemple, le commerce bilatéral entre la Turquie et la Serbie - la plus grande économie des Balkans occidentaux - représentait environ 2 milliards de dollars en 2021 ; il devrait plus que doubler, pour atteindre 5 milliards de dollars, d'ici la fin de l'année. Au cours de la dernière décennie, les investissements turcs en Serbie ont également augmenté de plusieurs ordres de grandeur, passant de 1 million de dollars à 300 millions de dollars aujourd'hui.

    Cette coopération ne peut que s'intensifier. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, prévoit de se rendre prochainement en Serbie, tandis que son ministre des affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, s'est récemment rendu dans la région pour rencontrer des dirigeants de Serbie, de Bosnie-Herzégovine, de Macédoine du Nord et de Croatie (le dernier État membre de l'UE, qui a adhéré en 2013 après neuf ans de candidature).

    M. Cavusoglu s'est également rendu au Kosovo, la province séparatiste de Serbie qui a déclaré son indépendance en 2008. La Turquie, la plupart des membres de l'UE et la plupart des États des Balkans reconnaissent le Kosovo comme un pays indépendant, mais pas la Bosnie-Herzégovine.
     

    Malgré les divergences concernant le statut du Kosovo, le partenariat trilatéral a le vent en poupe. Ankara a l'intention d'organiser prochainement un sommet Turquie-Bosnie-Herzégovine-Serbie, tandis que les dirigeants locaux ont salué la diplomatie turque. Milorad Dodik, le membre serbe de la présidence de la Bosnie-Herzégovine, a récemment qualifié Erdogan de "grand homme d'État" qui comprend la situation dans le pays des Balkans.

    Bien qu'Ankara cherche à se présenter comme le saint patron des musulmans des Balkans, notamment en Bosnie, en réalité, la Turquie accorde plus d'attention à la coopération économique. En Serbie, Ankara a ouvert des usines et investi dans le commerce, tandis qu'en Bosnie, elle se concentre sur la restauration des mosquées et sur l'approfondissement des liens culturels avec les Bosniaques - l'un des trois groupes ethniques autochtones.

    Ces ouvertures sont réciproques. En Serbie, les citoyens turcs peuvent utiliser leur carte d'identification biométrique pour voyager plutôt que leur passeport.

    En 2019, la Serbie a même accordé à la police turque la possibilité d'opérer sur son sol. Bien que les policiers turcs en Serbie ne soient pas armés et n'aient pas les mêmes pouvoirs que chez eux, certaines organisations de défense des droits de l'homme craignent que la Serbie ne subisse des pressions pour extrader les détracteurs d'Erdogan, notamment les militants kurdes, vers Ankara.

    De telles inquiétudes ne sont pas sans fondement. En décembre 2017, deux ans avant que la Serbie et la Turquie ne signent un protocole d'accord sur des patrouilles de police communes, Belgrade a extradé vers la Turquie le politicien kurde Cevdet Ayaz. On demande maintenant aux autorités serbes d'extrader Ecevit Piroglu, un autre militant kurde, vers la Turquie, où il est recherché pour des liens présumés avec le terrorisme.

     

    La Serbie n'est pas le seul pays des Balkans que la Turquie courtise ; d'autres États de la région reçoivent également l'attention d'Ankara. Les récents investissements dans les médias en sont un bon exemple.

    Ce mois-ci, le radiodiffuseur public turc TRT a lancé un service pour les Balkans destiné à faire entendre la "voix de la Turquie" dans la région. Outre la Serbie et la Bosnie, la plate-forme d'information diffusera des contenus politiques, sociaux, culturels et économiques en Croatie, en Macédoine du Nord, en Albanie, au Kosovo et au Monténégro.

    Une telle expansion flagrante de l'influence va probablement troubler les membres de l'UE. En 2018, le président français Emmanuel Macron a déclaré s'opposer à des "Balkans qui se tournent vers la Turquie ou la Russie."

    Si ses commentaires visaient moins les capacités des Balkans que les défis internes de l'UE, il n'en reste pas moins que l'expansion de la Turquie ne fera pas bon ménage avec de nombreuses capitales européennes, et il est peu probable que les puissances européennes permettent à la Turquie de mettre en péril leurs intérêts dans la région. Les Balkans resteront donc la porte d'entrée de la Turquie en Europe, mais Ankara ne deviendra pas de sitôt le principal acteur économique de la région.

    Néanmoins, la lenteur de l'expansion de l'UE a ouvert une porte à la Turquie. De plus en plus lassés par ce qui semble être un chemin sans fin vers l'Europe, les pays de la région cherchent d'autres solutions que de passer l'éternité dans la salle d'attente de l'UE. Pour les petits pays des Balkans qui ont de grandes ambitions, des liens plus étroits avec la Turquie peuvent être plus attrayants que le purgatoire politique. (deepL)

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  2. Il y a 11 heures, collectionneur a dit :

    @bianchi il faudra voir ce que Erdogan a réellement obtenu ? Est ce que les réfugiés Kurdes sont en péril ? : https://www.lefigaro.fr/international/accord-de-la-turquie-pour-soutenir-l-entree-de-la-suede-et-de-la-finlande-dans-l-otan-20220628

    Voici ce que la Turquie a obtenu :

    - La Suède/Finlande lèvera son embargo sur les armes.

    - Les deux pays soutiendront la Turquie contre le PKK et cesseront de soutenir les YPG.

    - Ils vont modifier leurs lois sur le terrorisme

    - Ils partageront leurs informations

    - Ils extraderont les suspects de terrorisme

    - La Finlande et la Suède soutiendront la participation de la Turquie à la conférence Pesco de l'UE

    - La Turquie, la Finlande et la Suède établiront un mécanisme conjoint permanent de consultation sur la justice, la sécurité et le renseignement

    https://twitter.com/ragipsoylu/status/1541856195257966592?s=21&t=K5UCWUznZO7sroUdtWzFMw

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  3. (édit) précisions sur la mission VA257:

    Le lanceur Ariane 5 opéré par Arianespace a placé avec succès deux satellites de télécommunications en orbite géostationnaire : MEASAT-3d pour l’opérateur malaisien MEASAT, et GSAT-24 fabriqué par l’agence spatiale indienne ISRO pour le compte de NSIL. (…)

    https://www.arianespace.com/wp-content/uploads/2022/06/Jun22-2022-VA257-success-FR.pdf

    et (outremers360, 25juin):

    Guyane : WWF présente les relevés de sa campagne de contrôle des eaux du Maroni, impactées par l’orpaillage illégal

    (…) Laurent Kelle, responsable du bureau WWF France en Guyane, rappelle la nécessité d’une action transfrontalière de lutte contre l’orpaillage illégal, mettant en avant les résultats relevés et l’impact sur les populations du fleuve, au micro de nos confrères de Guyane la 1ère : « Côté français il y a des efforts de lutte contre l’orpaillage illégal, et sur les berges surinamaises du même fleuve il y a toute une logistique qui permet cet orpaillage illégal, juste en face. Là, il n’y a aucune cohérence entre les deux rives, et ce sont encore et toujours les trafiquants qui en profitent, et ce sont encore et toujours les communautés du fleuve qui en pâtissent, et bien sur la biodiversité. Donc pour nous ce genre de mission, c’est aussi l’opportunité d’un nouvel appel à la coopération transfrontalière ».

    http://mobile.outremers360.com/page/article/undefined/guyane-la-wwf-presente-les-releves-de-sa-campagne-de-controle-des-eaux-du-maroni-impactees-par-lorpaillage-illegal.html

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  4. Il y a 9 heures, Wallaby a dit :

    Cela me confirme dans mon habitude de ne JAMAIS passer de temps sur Twitter. (…)

     

    Si. Pour rigoler.
    Franchement le drapeau rouge, les filles, les autres, et le bois de boulogne si, ça m’a fait marrer mais trop tard on était déjà samedi désolé.

    (les russes “à l’offensive”, au Bois.)

  5. (thediplomat, 22juin)

    Les militaires français peuvent-ils être  à la Hauteur de leurs ambitions dans l'Indo-Pacifique ?

    La France a la souveraineté, les citoyens et des intérêts plus larges en jeu dans la région, mais sa présence militaire reste faible et dépassée.

     

    Dans le contexte des turbulences actuelles aux frontières orientales de l'Europe et compte tenu des récentes élections en France, la question des capacités de défense françaises est de retour au centre de la scène politique, après des décennies de coupes budgétaires et de sous-investissement. Le spectre de la guerre qui se profile à nouveau aux portes de l'Europe devrait être un signal d'alarme pour que les décideurs politiques français réévaluent les besoins du pays compte tenu de ses ambitions stratégiques et de l'état de ses capacités actuelles.

    L'Indo-Pacifique, bien qu'il soit actuellement dépassé dans le cycle de l'information par l'Ukraine, en est un bon exemple. Comme l'a récemment réaffirmé le ministre français des forces armées Sébastien Lecornu dans son discours au dialogue Shangri-La de 2022 à Singapour [youtube] : « Alors que certains craignent que la crise en Ukraine ne nous aveugle et ne conduise la France à revenir sur ses engagements envers la région, ce ne sera pas le cas ». Et pourtant, bien qu'il s'agisse d'une pierre angulaire de la stratégie française, il apparaît aujourd'hui évident que les forces armées françaises, et notamment la marine française, ne disposent pas des ressources nécessaires pour répondre à ces ambitions.

     

    L'Indo-Pacifique : une question de souveraineté et d'intérêts stratégiques français

    Rappelons d'abord les enjeux. La France est une puissance résidente dans l'Indo-Pacifique. Avec 1,65 million de citoyens français vivant dans les territoires français du Pacifique et de l'océan Indien, et une ZEE de 9 millions de kilomètres carrés, l'Indo-Pacifique n'est pas seulement une région d'intérêt stratégique, mais aussi une région où la souveraineté française est directement en jeu. De plus, ces territoires sont confrontés à plusieurs défis : le changement climatique et l'augmentation des événements climatiques extrêmes (typhons, élévation du niveau de la mer, etc.), la pêche illégale, le trafic de drogue et la migration illégale, entre autres.

    Pour relever ces défis, 7 000 militaires, aux côtés de 20 navires et 40 avions, sont basés en permanence dans la région, organisés autour de cinq centres de commandement. Leur mission est triple : protéger la souveraineté française, intervenir pour la protection de la population en cas de crise, et affirmer la présence française dans la région, notamment pour maintenir la capacité de la France à opérer de manière autonome dans les biens communs mondiaux et à garantir son libre accès à l'Indo-Pacifique. La rivalité accrue entre la Chine et les États-Unis ajoute des tensions dans la région et alimente une accumulation d'armes entre les puissances locales.

    Dans ce cadre, la France a adopté en 2018 sa " Stratégie pour l'Indo-Pacifique ", affinée l'année suivante par le ministère des Armées dans sa "Stratégie de défense française pour l'Indo-Pacifique." [pdf] Les objectifs énoncés dans ce document peuvent être résumés en trois catégories : la protection des intérêts fondamentaux de la France (assurer l'intégrité territoriale, le libre exercice de sa souveraineté et la protection de sa population) ; la sauvegarde des intérêts stratégiques de la France (garantir la liberté de navigation et l'accès aux biens communs mondiaux et soutenir la stabilité et le développement de ses régions voisines), et la défense de ses intérêts en tant que puissance mondiale, découlant de ses responsabilités en tant que membre permanent du Conseil de sécurité (lutter contre la prolifération nucléaire, assurer le respect des traités internationaux et la préservation de la stabilité stratégique).

     

    Les forces françaises “étirées”  dans l'Indo-Pacifique
    Pourtant, le principal obstacle à l'accomplissement des ambitions françaises dans l'Indo-Pacifique, ce sont les forces françaises elles-mêmes. Depuis les années 1990, le format des forces projetées dans l'Indo-Pacifique n'a cessé de se réduire, alors même qu'elles contribuent à la raison d'être de la défense française et sont essentielles pour soutenir sa posture de dissuasion. De fait, en juillet 2021, aucun des quatre bâtiments de la marine française basés en Nouvelle-Calédonie n'était opérationnel.

    Un rapport [pdfpilepoil] de la Commission parlementaire de la défense nationale et des forces armées publié en février 2022 dresse un tableau sombre. Si les moyens militaires actuellement alloués correspondent à la situation dans l'Indo-Pacifique au début des années 2000, ils apparaissent désormais sous-dimensionnés dans un contexte de tensions accrues dans la région. On constate une diminution de la taille des forces déployées (par exemple, une contraction d'environ 30 % du personnel de l'armée de l'air au cours des dernières années), et le matériel disponible est vieillissant et mal adapté aux menaces probables, plus particulièrement celle posée par la marine et les garde-côtes chinois. De plus, le format de la Marine nationale métropolitaine et l'émergence de nouveaux théâtres d'opérations dans l'Atlantique Nord, la Méditerranée, le golfe Persique et le golfe de Guinée ne permettent pas d'envisager des déploiements significatifs à une fréquence ou un niveau supérieurs à ceux actuellement réalisés.

    Des efforts sont actuellement en cours pour moderniser les moyens militaires déployés dans l'Indo-Pacifique, notamment le remplacement de la flotte Falcon 200, la livraison de six nouveaux "patrouilleurs de haute mer" (POM) à partir de 2022 et le renouvellement des frégates de surveillance de la marine après 2030. Cependant, ces remplacements sont insuffisants et semblent déconnectés de l'augmentation des moyens et capacités militaires de la Chine. Cette fragilité pourrait être exploitée par la Chine pour favoriser sa politique du fait accompli, notamment en matière de pêche dans la ZEE française, tout en exposant les marins français à de potentiels incidents armés.
    Dans une interview accordée à La Tribune en juillet 2021, l'amiral Pierre Vandier, chef d'état-major de la marine française, est arrivé à peu près à la même conclusion. Selon lui, la Marine nationale est engagée bien au-delà des objectifs fixés par le Livre blanc de 2013 et est trop sollicitée pour remplir pleinement ses nouvelles missions dans l'Indo-Pacifique. Pour lui, la Marine française doit non seulement accroître ses moyens dans la région mais surtout augmenter son niveau de capacité. Les frégates de surveillance, par exemple, ont des systèmes d'armes dépassés et doivent être remplacées par des navires plus performants.

     

    Combler le fossé entre la politique et les capacités françaises dans l'Indo-Pacifique
    Alors que les tensions et le risque de conflit dans la région Indo-Pacifique devraient augmenter, les arguments en faveur d'une augmentation de la taille et des capacités des forces armées françaises dans la région sont clairs. Plusieurs propositions suggérées par le rapport parlementaire de février 2022 devraient être prises en considération en vue d'une révision de la Loi de Programmation Militaire sous la nouvelle administration française.


    Tout d'abord, les plateformes prépositionnées dans les centres de commandement indo-pacifiques devraient être augmentées et améliorées. Le rapport parlementaire de 2022 recommande de doubler le nombre de patrouilleurs en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie et d'anticiper le remplacement des frégates de surveillance par un programme de corvettes assurant une présence militaire plus performante, ainsi que l'acquisition de navires amphibies pour assurer une capacité minimale de projection de forces au niveau local.

    Deuxièmement, la disponibilité opérationnelle et la résilience de la flotte déployée devraient être accrues en améliorant les capacités de maintenance, de réparation et d'exploitation des bases navales locales.
    Troisièmement, pour évaluer correctement la situation sur sa vaste ZEE, la connaissance de la situation française dans la région devrait être améliorée grâce à un programme de surveillance spatiale plus ambitieux et à une flotte accrue d'avions de surveillance maritime.

    Et enfin, les forces françaises devraient être rendues plus visibles afin d'affirmer la présence de la France dans la région par des activités à haute visibilité. Le réchauffement des relations entre l'Australie et la France suite à l'élection du Premier ministre Anthony Albanese le mois dernier pourrait conduire à un renforcement de la coopération militaire franco-australienne, et être également l'occasion de relancer l'ambition d'une alliance Australie-Inde-France.


    Globalement, l'ambition française dans l'Indo-Pacifique doit se traduire par un renforcement des moyens des forces armées déployées dans la région. Combler l'écart actuel entre politique et capacité implique des investissements capacitaires accrus, qui doivent être inclus dans la planification militaire actuelle et à venir, fixant les marges de manœuvre françaises pour la première moitié de ce siècle.
    (deepL)

    Sophie Perrot is a master’s student in Strategic Studies at S. Rajaratnam School of International Studies, Nanyang Technology University, Singapore. She is currently employed in the naval defense industry in Singapore.

    https://thediplomat.com/2022/06/can-frances-military-live-up-to-its-ambitions-in-the-indo-pacific/

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  6. (La1ère [FranceTV], 24juin)

    Exploration des fonds marins : les Outre-mer (insuffisamment) au cœur des enjeux, selon un rapport du Sénat

    La mission d’information du Sénat sur "L’exploration, la protection et l’exploitation des fonds marins : quelle stratégie pour la France ?" a présenté son rapport mardi. Soulignant une "évidence oubliée" - la France possède le deuxième espace maritime au monde grâce à ses Outre-mer - le document prône notamment une association plus importante des territoires ultramarins dans la mise en œuvre de projets relatifs à la mer.

    C’est un rapport plutôt détonnant que vient de livrer la mission d’information du Sénat sur "L’exploration, la protection et l’exploitation des fonds marins : quelle stratégie pour la France ?", présidée par Michel Canévet (Union centriste – Finistère), avec pour rapporteur Teva Rohfritsch (Rassemblement des démocrates progressistes et indépendants – Polynésie). Le document, intitulé "Abysses : la dernière frontière ?", est en effet très critique sur la gouvernance actuelle des grands fonds marins par l’Etat.

    Il rappelle notamment "Une évidence oubliée : les Outre-mer sont au cœur des enjeux". Grâce à ses derniers, la France possède le deuxième espace maritime au monde et abrite 10% de la diversité des espèces connues. "Couvrant au total près de 11 millions de km2, la Zone économique exclusive française (ZEE) est principalement située en Polynésie (44%), autour des Terres australes et antarctiques française (20%), en Nouvelle-Calédonie (13%) et dans l'ouest de l'océan Indien (10%). La France métropolitaine ne représente que 3% de cette ZEE", soulignent les auteurs du texte. Les milieux aquatiques ultramarins abritent par ailleurs une richesse exceptionnelle : 55.000 km2 de récifs coralliens et de lagons, 10% des écosystèmes récifo-lagonaires de la planète et 20% des atolls du monde.
     

    Cependant, le rapport relève que les territoires d’Outre-mer sont insuffisamment associés aux stratégies et projets de l’Etat concernant les grands fonds marins, alors que "la question de l'exploration des fonds marins dans la ZEE française, en vue d'une éventuelle exploitation des ressources minérales est de facto une question exclusivement ultramarine." Le document précise que sur le plan juridique, hors minerais ou produits utiles à l'énergie atomique, les collectivités d'Outre-mer sont compétentes en matière de droit minier, tandis que les régions d'Outre-mer le sont pour la délivrance des titres miniers en mer.

    Témoignages de nombreux représentants de territoires d’Outre-mer à l’appui, le rapport indique que ces derniers demandent à être mieux informé et associés. Lors des tables rondes organisées par la mission d’information, et dans les contributions écrites, "le manque de transparence de l'État sur le sujet des grands fonds marins a été souligné à de multiples reprises", écrivent les auteurs. Les collectivités veulent plus d'informations sur les données disponibles, elles souhaitent mieux connaître leur environnement maritime et en particulier leurs grands fonds, préalablement à tout questionnement sur l'exploration ou l'exploitation de leurs richesses minières éventuelles.

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    “Par conséquent, rien ne pourra se faire sans un consensus politique et sociétal dans les territoires concernés. Ce sont ces territoires qui ont vocation à porter et à mettre en œuvre les projets, avec l'aide de l'État. Il convient de privilégier le développement de projets dont l'initiative viendrait des territoires dans leurs domaines de compétence. Tenter d'y mettre en œuvre des plans préétablis à Paris ne peut déboucher que sur un échec.” (Mission d’information du Sénat sur les fonds marins)

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    D’autres enjeux sont d’importance. La connaissance de leurs grands fonds marins constitue un levier essentiel pour les territoires d’Outre-mer, d'un point de vue géopolitique, économique (nécessité de trouver des dynamiques de développement endogènes) mais aussi social et éducatif (renforcement des compétences locales grâce à la présence de structures de formation adaptées). Il y a aussi de forts enjeux environnementaux quant aux impacts des activités économiques liées à l’exploitation éventuelle des grands fonds marins, dans des contextes ou nature et culture sont profondément liées. Par ailleurs, la préservation de l’environnement "est considéré comme d'autant plus fondamental qu'il est déjà fragilisé par le changement climatique."

    Dans ses recommandations, la mission d’information préconise notamment de "Nommer un député et un sénateur représentant les Outre-mer au sein du comité de pilotage de la stratégie et associer les délégations parlementaires aux Outre-mer, ainsi que les exécutifs ultramarins, à chaque étape de mise en œuvre de cette stratégie et notamment aux décisions concernant la localisation et le déroulement des missions d’exploration ainsi qu’à la diffusion de leurs résultats." Elle prône également la reconstitution d’un ministère de la Mer de plein exercice, la nomination un délégué interministériel aux fonds marins, ainsi que le renforcement des moyens humains et financiers de l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) et de l’Office français de la biodiversité, en particulier dans leurs implantations ultramarines.

    L’intégralité du rapport d’information: http://www.senat.fr/rap/r21-724/r21-7241.pdf

    https://la1ere.francetvinfo.fr/exploration-des-fonds-marins-les-outre-mer-insuffisamment-au-c-ur-des-enjeux-selon-un-rapport-du-senat-1297864.html

     

     

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  7. Je me permets de recoller ici un message de @Paschi posté le 10 juin, sujet: Chine.

    Citation

    Un projet de rénovation du port de Ream, au Cambodge, crée la controverse. La Chine est accusée par les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux d'y établir une base militaire navale en secret, une information que Pékin et Phnom Penh démentent.

    https://www.rts.ch/info/monde/13160580-une-base-navale-militaire-chinoise-serait-en-construction-au-cambodge.html
     

    J’y réagis parce que d’une part j’ai aussi mordu à l’hameçon (pour avoir diffusé “l’info” sur un autre forum), et parce qu’à l’examen (à mon niveau), c’est assez intéressant. Résumons:

    Le papier de RTS/AFP évoque la “rénovation de la base navale” de Ream (entrée sud-est du golfe de Srae Ambel). Il reprend le WaPo(note1) du 06juin: «une nouvelle installation en cours de construction sur cette base serait "exclusivement" utilisée par la marine militaire chinoise».

    Autant aller lire l’original (si l’on peut dire), le WaPo: «La Chine construit secrètement une installation navale au Cambodge à l'usage exclusif de ses forces armées(…) La présence militaire se fera dans la partie nord de la base navale de Ream(…). [Et de comparer (l’incomparable):] «(…) La seule autre base militaire étrangère de la Chine en ce moment est une installation navale dans le pays d'Afrique de l'Est, Djibouti.(…)»

    “Incomparable” parce que la photo sat. que reproduit le WaPo montre que cette “extension Chinoise” de la base navale ne mesurerait que 0,3km2. Ailleurs j’ai lu: 3km2; j’ai pas mesuré, peut-être une co*uille quelque part… mais peu importe puisque de toutes façons: la base navale en question ne dispose que d’un port en eau peu profonde dont la jetée actuelle ne peut accueillir que des navires “format patrouilleur”. Certes, AMTI//CSIS a publié en janvier(note2) à propos de travaux de dragage, …mais bof. 

    Je maintiens donc: la comparaison Ream//Djib. est putrancière. D’ailleurs, répond un ambassadeur du Cambodge: «La rénovation de la base sert uniquement à renforcer les capacités navales cambodgiennes à protéger son intégrité maritime et à lutter contre les crimes maritimes, y compris la pêche illégale » (WaPo). Ou bien (RTSch), un responsable Cambodgien: "Ne vous inquiétez pas trop, la base de Ream est très petite (...). Elle ne constituera une menace pour personne, nulle part". Qu’on veuille le croire ou non.

     

    Tout n’est pas à jeter cependant dans le papier du WaPo. Ainsi: «(…) un responsable chinois à Pékin a confirmé au Washington Post qu'"une partie de la base" sera utilisée par "l'armée chinoise". Le responsable a nié que ce soit pour une utilisation « exclusive » par les militaires, affirmant que les scientifiques utiliseraient également l'installation. Le responsable a ajouté que les Chinois ne sont impliqués dans aucune activité sur la partie cambodgienne de la base. (…) Le fonctionnaire chinois a déclaré au Post que la technologie de la station terrestre pour un système de navigation par satellite BeiDou se trouvait dans la partie chinoise de la base navale de Ream. 

    BeiDou est l'alternative chinoise au système de positionnement mondial (GPS) géré par les forces spatiales américaines, et est utilisé à des fins militaires, notamment pour le guidage des missiles. Le fonctionnaire n'avait pas de connaissance directe de la manière dont ce système était utilisé.

    Selon un rapport publié en mars par la Defense Intelligence Agency du Pentagone, l'armée chinoise utilise les services de positionnement et de navigation de haute précision de BeiDou pour faciliter les mouvements des forces et la livraison de munitions guidées avec précision. L'effort de la Chine en matière de bases mondiales "ne concerne pas seulement la projection de puissance, mais aussi le repérage mondial et les ressources spatiales", a déclaré un troisième responsable occidental. Le projet Ream du Cambodge est "l'un de leurs efforts les plus ambitieux à ce jour" (…)». Ça, ça me semble intéressant…

     

    Sinon, RTS évoque aussi – mais sans s’attarder – le WSJ du 190722 (note3) qui: «a fait état d'un projet d'accord secret permettant à Pékin d'y [à Ream] amarrer des navires de guerre». Et puis pointbarre, dommage.

    Dommage parce que le WSJ mentionne aussi Dara-Sakor. Daraquoi? Sakor.

    Pas loin, juste de “l’autre côté”, c’est-à-dire entrée nord-ouest de la baie, province de Koh Kong. Depuis 2008 un projet Chinois [UnionGroup; un bail de 99 ans (illégal selon la loi Cambodgienne, à ce que j’ai lu)] de station balnéaire (note4, website promotionnel du projet), d’une puperficie de 36.000ha (!), s’étalant sur près de 20% (!!) du littoral Cambogien.

    C’est là:

    spacer.png
    (visuel extrait de la “brochure publicitaire” du projet; pour info, Ream – qui ne figure pas sur la carte – est juste au sud de Sihanoukville)

     

    … Et pour accueillir les heu ferries tout pleins de touristres Chinois: 

    Il faut tout naturellement créer un pardon: deux ports en eau profonde: «Le showroom de l'entreprise à Phnom Penh présente des plans de construction de stations touristiques cinq étoiles, de terrains de golf, de ports de plaisance, de deux ports à conteneurs, de zones industrielles de haute technologie et d'une « nouvelle ville » de résidences de luxe». (WSJ)

    Un/des port(s) capable(s) d’accueillir des navires de 10.000t, selon le NYT (dec2019, note5).

    spacer.png

    (même brochure)

    … Et c’est encore mieux avec la construction d’un aéroport dont la piste (la plus longue piste du Cambodge: 10.500 pieds (WSJ)) est capable d’acceuillir A380 ou B747.

    spacer.png

    (2020)

    Le NYT précise que des analystes ont repéré le long de la piste des “baies de virage serré” [tight turning bay], du genre qu’utilisent les avions de chasse dotés de trains holonomes, oui Môssieur :wub:.

     

    Bref, des infrastructures à usage potentiellement dual.

    C’est là que ça se passe:

    spacer.png

    (toujours la même “brochure”) 

     

    Après les sites généralistes, je suis allé consulter quelques sites “diplo” anglosaxons, tels ForeignPolicy, TheDiplomat, ou ResponsibleStatecraft (Quincy Institute). Qui, dans l’ordre, titrent et chapôtent: «Washington devrait se détendre à propos de la base chinoise au Cambodge Les Américains doivent reconnaître leur propre histoire peu glorieuse en Asie du Sud-Est.» (note6); «Ce que le brouhaha de la base navale cambodgienne néglige L'établissement d'une présence militaire chinoise dans le sud du Cambodge marquerait le point culminant de trois décennies de politique américaine déplacée à l'égard du pays». (note7); et enfin: «Washington pète les plombs, une fois de plus, à propos d'une éventuelle base chinoise au Cambodge. Il n'y a aucune preuve d'une avancée militaire de Pékin, mais cela n'a pas empêché les marchands de peur d'en jouer à fond». (note8)

    Gros focus (œillères?) sur Ream, mais pas un mot sur Dara-Sakor. 

    Tous – en chœur – s’accordent sur: l’innocuité de la base navale de Ream; qu’elle ne modifiera en rien le rapport de force USA-Chine dans la région; et sur le lourd passif US en Asie du sud-est (et au Cambodge en particulier).

    En un sens, on ne peut pas leur donner tort sur ce dernier point.

     

    Mais si l’on retient l’hypothèse que l’APL “pourrait” à terme disposer des infrastructures de Dara-Sakor, cela rapprocherait sensiblement la PLAAF et la PLAN du détroit de Malacca, accentuerait “l’encerclement” de la Thaïlande (cf. le thread Thaïlande), prendrait à revers le Vietnam, compliquerait la défense des North-Natuna (Indonésie; j’avais relaté un incident dans le fil idoine). Quant à l’Inde, les îles et bases d’Andaman et Nicobar deviendraient beaucoup plus vulnérables. Sans parler de toute l’Inde du Golfe du Bengale…

    Aller, je laisse le dernier mot à nos voisins Australiens, fev.2020, avec des infographies qui “claquent” (et outrancières aussi, oui): https://www.news.com.au/technology/innovation/military/scary-reality-chinas-secret-cambodian-military-base/news-story/59908e35b8865375e6ca7a55c20fea0c
     

    Notes:

    Citation

    note1 https://www.washingtonpost.com/national-security/2022/06/06/cambodia-china-navy-base-ream/?utm_source=pocket_mylist

    (06juin2022)

    note2 https://amti.csis.org/dredgers-spotted-at-cambodias-ream-naval-base/

    (22janv.2022)

    note3 https://www.wsj.com/articles/secret-deal-for-chinese-naval-outpost-in-cambodia-raises-u-s-fears-of-beijings-ambitions-11563732482

    (19juil.2022)

    note4 https://beyondrealty.asia/dara-sakor-project/

    (2021)

    note5 https://www.nytimes.com/2019/12/22/world/asia/cambodia-china-military-bases.html?searchResultPosition=1

    (22dec.2019)

    note6 https://foreignpolicy.com/2022/06/10/cambodia-navy-china-bombing/

    (10juin2022)

    note7 https://thediplomat.com/2022/06/what-the-cambodian-naval-base-brouhaha-overlooks/

    (08juin2022)

    note8 https://responsiblestatecraft.org/2022/06/13/washington-flips-out-again-over-possible-chinese-base-in-cambodia/

    (13juin2022)

     

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  8. Bonjour, Mékong, triangle d’or, oui/non?
    Un extrait de China’s Security Force Posture in Thailand, Laos, and Cambodia, USIP.org, (P is for “Peace” :mechantc:, un thinktank), dec.2021

     

    Les patrouilles du Mékong

    Le développement des patrouilles multilatérales sur le Mékong illustre comment l'influence géo-économique peut se transformer en pouvoir géopolitique. En octobre 2011, une équipe spéciale anti-drogue de l'armée royale thaïlandaise a annoncé avoir intercepté pour 6 millions de dollars de méthamphétamine sur deux navires chinois opérant sur le Mékong. Les corps des treize membres d'équipage chinois des navires ont été retrouvés sur des barges et dans le fleuve, leurs liens et leurs blessures indiquant que la plupart avaient été exécutés. Invoquant la nécessité de satisfaire une population nationale enragée, Pékin a exigé une justice rapide, a suspendu temporairement le commerce fluvial et a envoyé des navires armés pour escorter les embarcations chinoises hors des eaux des nations en aval60 .

    Les autorités thaïlandaises ont rapidement blâmé Naw Kham, un criminel shan qui avait perdu le contrôle de ses installations de production de drogue au profit des forces armées du Myanmar après avoir prétendument attaqué un patrouilleur chinois en 2006. Après avoir transféré sa base sur une île située entre le Myanmar et le Laos, Naw Kham a dirigé des pirates fluviaux pour extorquer une activité commerciale légitime et illicite en pleine expansion, alimentée par des projets d'infrastructure soutenus par la RPC 61 . Après les meurtres, les dirigeants de la RPC ont peut-être perdu leur tolérance à l'égard des activités chaotiques qui se développaient dans un environnement créé par l'injection d'argent et d'infrastructures dans un espace faiblement gouverné. La crise a certainement été l'occasion de transformer l'influence géoéconomique en pouvoir politique. 

    En octobre 2011, le ministre d'état chinois de la sécurité publique, le vice-premier ministre thaïlandais, le vice-premier ministre et ministre de la défense laotien et le ministre de l'intérieur du myanmar se sont rencontrés à pékin, où ils ont annoncé un accord de sécurité conjoint pour lutter contre la criminalité transnationale autour du mekong. Cet ensemble de mesures comprend des projets de renforcement des capacités en matière d'application de la loi, la mise en place de la création d'un centre d'opérations combinées en Chine, doté d'un personnel de police issu des quatre nations, et le lancement de patrouilles sur le Mékong. La première patrouille a été lancée en grande pompe en décembre 2011. L'arrangement peut également avoir inclus des droits extraterritoriaux pour les forces de l'ordre chinoises afin de capturer Naw Kham.62 La police laotienne y est parvenue en 2013, apparemment avec l'aide de la police chinoise sur place. Naw Kham a ensuite été extradé vers la Chine, jugé et exécuté63 .

    La posture régionale des forces de l'ordre chinoises a été consacrée par la poursuite des patrouilles sur le Mékong. Chacune d'entre elles est annoncée dans des rapports médiatiques parrainés par le gouvernement chinois qui énumèrent les navires, les agents chargés de l'application de la loi et les jours affectés à l'événement. Les photos montrent les navires paradant en convoi et effectuant des inspections de routine du trafic. Bien que limités en termes de valeur opérationnelle, ces événements ont une valeur symbolique élevée et les représentations contribuent à normaliser la présence des forces de la RPC dans la région comme étant bienvenue et routinière. Les rôles spécifiques et les autorités chargées de l'application de la loi sont flous, mais il semble que beaucoup plus de choses se passent dans les coulisses et que les patrouilles soient plus que de la frime. Alors que la Thaïlande semble avoir tenu bon face aux désirs chinois de droits d'application extraterritoriaux, allant jusqu'à poster des gardes pour s'assurer que les navires du gouvernement chinois ne s'aventurent pas dans les eaux thaïlandaises.

    Les rapports chinois mentionnent des activités secondaires telles qu'une semaine d'exercices de combat Chine-Laos, des enquêtes conjointes à terre et des raids menés par des équipes combinées bilatérales, qui suggèrent toutes que des unités chinoises armées ont pris position, au moins par intermittence, en territoire étranger64 . En février 2021, 102 patrouilles avaient été effectuées.65

    Les patrouilles du Mékong et les opérations transfrontalières d'application de la loi qui y sont associées reflètent l'influence croissante de la Chine sur la Thaïlande et le Laos. Dans le même temps, elles témoignent d'une coopération mutuellement bénéfique sur de véritables problèmes criminels transfrontaliers. L'anarchie du Triangle d'Or a longtemps représenté à la fois des menaces et des opportunités pour les dirigeants nationaux éloignés, mais la connectivité transnationale croissante a réduit l'isolement de la région et créé davantage de richesses. Il faut donc s'attendre à ce que les gouvernements nationaux étendent leurs pouvoirs de répression dans cette zone. La nature transnationale des activités criminelles exige des réponses multinationales. Bien que cela puisse créer un précédent pour une présence accrue de la RPC dans les régions centrales de l'Asie du Sud-Est, on peut s'attendre à ce que la Thaïlande, le Laos et le Cambodge, et plus particulièrement la Thaïlande, résistent à toute atteinte à leur souveraineté. En outre, la spéculation selon laquelle les patrouilles pourraient s'étendre en aval semble déplacée. Après presque dix ans d'opérations, la portée géographique des patrouilles ne s'est pas encore étendue. Les obstacles qui empêchent une telle expansion sont à la fois l'épine dorsale politique de la position ferme de la Thaïlande et les rapides et chutes géographiques qui empêchent la navigation le long du fleuve au sud du Triangle d'Or et entre le Laos et le Cambodge.

    -

    60. Jeff Howe, “murder on the mekong,” Atavist Magazine no. 30 (2013), https://magazine.atavist.com/murderonthemekong.
    61. Howe, “murder on the mekong.”
    62. Howe, “murder on the mekong.”
    63. Jane Perlez and bree Feng, “beijing Flaunts Cross-border Clout in Search for Drug Lord,” New York Times, April 4, 2013,
    www.nytimes.com/2013/04/05/world/asia/chinas-manhunt-shows-sway-in-southeast-asia.html.
    64. PnaYingquiandShiQuang,“ForgingaSecureWaterway,”ChinaReportASEAN(blog),February22,2017,https://chinareportasean
    .com/2017/02/22/forging-a-secure-waterway.
    65. “102nd mekong River Joint Patrol begins,” Xinhua, February 23, 2021, www.xinhuanet.com/english/asiapacific/2021-02/23/c
    _139761708.htm.

    https://www.usip.org/publications/2021/12/chinas-security-force-posture-thailand-laos-and-cambodia

  9. Si le FP semble très assuré que de forts liens Thaï-Chine vont perdurer, AsiaTimes du 09juin fait “l’analyse” contraire d’un vraisemblable rapprochement Thaï-US. Mais dans l’équation il n’y a pas de vote parlementaire, contrairement au FP.

    L’article (09juin) débute “ambiance ambiance”, puis il est question de plein de contentieux: d’un tgv chinois (BRI) bloqué à la frontière Laos, de patrouilles ch, de Liaoningcasinos ch, de barrage itou sur le Mekong, du sentiment d’encerclement par des pays féaux de la ch: Myanmar-Laos-Cambodge, et puis les pb de la balance commerciale, de “diplomatie à l’Américaine” et de f35 et d’autres choses encore.

     

    La Chine perd, les États-Unis gagnent du terrain en Thaïlande

    Les relations entre la Thaïlande et la Chine connaissent un déclin discret mais certain, tandis que les États-Unis réaffirment leur engagement stratégique et économique envers le royaume.

    BANGKOK - Lorsque le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Don Pramudwinai, est rentré un soir d'avril d'une réunion de haut niveau à Anhui, en Chine, le principal envoyé thaïlandais a été accueilli à l'aéroport de Bangkok par un hôte inattendu : l'ambassadeur de Pékin en Thaïlande, Han Zhiqiang.

    Cette inversion des rôles diplomatiques, où l'envoyé de la Chine a accueilli le ministre des affaires étrangères du royaume sur le sol thaïlandais, a envoyé ce qu'un initié du gouvernement thaïlandais a considéré comme un signal clair et fort : Pékin surveillera de près les prochaines actions du gouvernement thaïlandais après les discussions de Don en Chine…

    suite:

    Citation

    (…) Dans l'Anhui, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a insisté auprès de M. Don pour que des progrès plus rapides soient accomplis dans le cadre d'un projet de train très lent [joies de la trad. auto. Lire: tgv et travaux en standby côté Thaï] destiné à relier la Thaïlande à la Chine via le Laos, où Pékin a récemment terminé une ligne à grande vitesse qui, sans la connectivité thaïlandaise, représente un cul-de-sac de l'initiative "la Ceinture et la Route" (BRI) en Asie du Sud-Est. [bah ouais, ça devait descendre jusqu’à Singapour]

    Wang a également découragé la Thaïlande de rejoindre le Cadre économique indo-pacifique [l’IPEF, «machin» dont je mesure mal encore les tenants et les] parrainé par les États-Unis, une initiative commerciale alors inchoative [ça veut dire: “qui débute dans ses commencements” wala] qui a depuis été officiellement lancée avec 13 partenaires régionaux comme une alternative aux pactes et schémas dirigés par la Chine, selon la même source gouvernementale thaïlandaise.

    La Chine a fait d'importantes percées diplomatiques, économiques et sécuritaires en Thaïlande après que des putschistes militaires dirigés par le premier ministre soldat et politicien Prayut Chan-ocha aient renversé un gouvernement élu et installé un régime de junte en 2014, une dérive démocratique [relol lire: autoritaire] qui a fait chuter les relations avec les États-Unis, alliés de longue date.

    Huit ans plus tard, cependant, la Chine n'a manifestement pas obtenu tout ce qu'elle souhaitait et, alors que Pékin passe d'une diplomatie moins douce à une diplomatie plus dure sous la direction de l'ambassadeur Han, les Thaïlandais se tournent ouvertement vers les États-Unis - et leur allié régional, le Japon - pour trouver un nouvel équilibre et un nouveau choix diplomatique, selon plusieurs responsables thaïlandais qui ont parlé à Asia Times sous couvert d'anonymat.

    La racine de la déconnexion émergente de la Thaïlande avec la Chine est le train non construit, qui est sur la planche à dessin de Bangkok depuis plus d'une décennie mais qui, au-delà de quelques pelletées symboliques pour plaire à Pékin, a fait peu de progrès dans la connexion effective à la frontière laotienne.

    En privé, les responsables thaïlandais disent craindre que le lien avec la BRI ne gonfle le déficit commercial déjà élevé et croissant du royaume avec la Chine, qui a bondi de près de 50 % pendant la pandémie. Les responsables ont également observé avec circonspection la prise de contrôle par la Chine d'actifs stratégiques clés au Laos dans le cadre d'un échange de dettes et d'actions visant à régler les arriérés de paiement des prêts ferroviaires.

    Mais comme l'attardement [bande d’attardés!] de Bangkok sur le train est désormais plus une politique non déclarée qu'une simple torpeur bureaucratique, certains observateurs, diplomates et fonctionnaires perçoivent l'"encerclement" lent mais délibéré du royaume par la Chine dans un jeu de pouvoir de plus en plus dur pour obtenir ce qu'elle veut des Thaïlandais.

    Les points de pression de Pékin aux frontières de la Thaïlande ont proliféré à mesure que son influence régionale s'étendait. Il s'agit notamment de la série de barrages construits par Pékin sur le Mékong, un étranglement en amont des flux d'eau que Pékin applique souvent sans avertissement à la Thaïlande en aval, ce qui entraîne des inondations et des sécheresses pour les populations thaïlandaises riveraines.

    Le Conseil national de sécurité de la Thaïlande, quant à lui, a fait part de ses inquiétudes à certains envoyés qui ont parlé à Asia Times au sujet de la construction par la Chine d'infrastructures physiques sur le Mékong au Laos, sous la forme de stations de ravitaillement en carburant pour les bateaux fluviaux.

    Les canonnières étrangères [je vais poster qqchose chez les marins] suscitent une vive émotion en Thaïlande, remontant à l'époque coloniale où la Grande-Bretagne et la France utilisaient la pression navale pour découper les terres du royaume. L'impression que la Chine fait de même pour faire valoir ses exigences plus larges est en train de s'installer, comme en témoigne la forte résistance de Bangkok au projet de la Chine de faire sauter les rapides rocheux du Mékong pour permettre à de plus gros navires de circuler sur la voie navigable.

    Les casinos gérés par la Chine dans les zones frontalières laotiennes ont également attiré l'attention des Thaïlandais, car l'un d'entre eux au moins comprend une piste d'atterrissage extra-longue censée permettre l'accès de jets privés VIP [ahem, jy reviens], mais qui pourrait également être utilisée à des fins militaires. Les casinos sont connus pour être des refuges pour le trafic d'êtres humains, de drogue et d'animaux sauvages, ce qui donne à la Chine une raison supplémentaire de renforcer sa présence sécuritaire dans la zone frontalière entre la Thaïlande, le Laos et le Myanmar.  

    Le récit de l'encerclement est complété par le Cambodge, où la Chine a conclu un accord secret d'accès de 25 ans à la base navale de Ream [non, rien], qui s'ouvre sur le golfe de Thaïlande contesté, et par le Myanmar voisin, où Pékin a accéléré la construction d'une autre ligne ferroviaire liée à la BRI depuis le coup d'État militaire de l'année dernière et a peut-être ou non incité le groupe d'insurgés de l'Armée unie de l'État wa à se rapprocher de la frontière nord de la Thaïlande.

    “Je pense qu'ils ont ce sentiment [d'encerclement], mais je ne suis pas sûr qu'ils apprécient pleinement cette situation et qu'elle soit largement partagée par l'ensemble de l'establishment", a déclaré un diplomate de haut rang basé à Bangkok, sous couvert d'anonymat. "[Mais] quand vous regardez cela géographiquement, cela ressemble à un encerclement et la Thaïlande est l'intrus."

    Selon l'envoyé, la Thaïlande apparaît donc de plus en plus comme une "oasis démocratique" [Hein?] dans la région, alors que la Chine consolide son emprise sur les régimes autoritaires voisins du Cambodge, du Myanmar et du Laos. Tout cela soulève des questions dans les cercles diplomatiques basés à Bangkok, qui se demandent jusqu'à quel point la Thaïlande peut être disposée à recalibrer sa diplomatie de grande puissance pour s'éloigner de la Chine et se rapprocher des États-Unis.  

    La diplomatie thaïlandaise, réputée pour ses "bambous dans le vent" [j’aime bien], s'oriente désormais de manière perceptible vers l'Occident, comme le montre toute boussole bien informée. C'est particulièrement évident sur le front stratégique.  

    Une déclaration de vision commune américano-thaïlandaise, qui devait être annoncée lors de la visite annulée du secrétaire d'État américain Antony Blinken à Bangkok en mars, aurait fait sourciller Pékin avec sa référence dépoussiérée au communiqué Rusk-Thanat de 1962, datant de la guerre du Vietnam, qui non seulement facilitait la modernisation par les États-Unis de l'armée et des infrastructures thaïlandaises, mais comprenait également une garantie de défense du royaume contre les voisins agresseurs.

    Il en va de même pour le tout premier exercice conjoint de parachutage entre les États-Unis et la Thaïlande, au cours duquel 200 soldats ont voyagé sans interruption de l'État américain de Washington à la Thaïlande, avec un ravitaillement en carburant au milieu de l'océan Pacifique.

    L'état réel des liens militaires entre les États-Unis et la Thaïlande est remis en question depuis que l'universitaire australien Greg Raymond a publié en 2018 une enquête auprès de plus de 1 800 officiers militaires thaïlandais de rang intermédiaire, qui ont largement indiqué leur préférence pour la Chine par rapport aux États-Unis - bien que certains aient depuis soulevé des questions critiques sur la méthodologie de l'enquête, notamment en ce qui concerne l'influence possible des partenaires de recherche locaux pro-Chine sur les réponses des soldats et leur interprétation.

    Quatre ans plus tard, ce sont les relations militaires entre la Chine et la Thaïlande qui sont remises en question, avec l'échec d'un contrat de sous-marins d'un milliard de dollars US, qui a fait l'objet d'une controverse politique depuis que le précédent gouvernement putschiste l'a mis en œuvre. L'accord est en péril en raison du récent refus de l'Allemagne de livrer à la Chine le moteur de type MTU396 du sous-marin parce qu'il serait revendu à un tiers, à savoir la Thaïlande. Il n'est pas certain que les États-Unis aient fait pression sur les Allemands pour qu'ils retiennent cette technologie.

    Les diplomates qui suivent l'évolution de la situation ont noté que la partie thaïlandaise a fermement refusé l'offre de la Chine de remplacer le moteur allemand par un moteur chinois, perçu comme inférieur. La disposition de l'accord sur les sous-marins autorisant les techniciens chinois à s'installer à la base navale de Sattahip avait tendu les liens entre les États-Unis et la Thaïlande, car la marine américaine fait de fréquentes escales à la base avec des marchandises parfois sensibles qui auraient été exposées aux regards indiscrets des Chinois.

    Certains se demandent maintenant si l'annulation potentielle de l'accord sur les sous-marins chinois permettra de libérer des fonds pour acheter des chasseurs furtifs F-35 de fabrication américaine. Comme pour le marché des sous-marins, l'opposition politique a rejeté la demande de l'armée de l'air concernant l'acquisition de huit avions d'entraînement F-35, d'un coût unitaire de 2,7 milliards de bahts, prévue dans le projet de budget 2023.

    Les rapports indiquent qu'une équipe d'inspection de l'armée de l'air américaine évaluera bientôt l'état de préparation de la Thaïlande à l'utilisation de ces avions de cinquième génération.

    La question financière la plus importante, cependant, est de savoir dans quelle mesure les décideurs et les dirigeants thaïlandais considèrent que la Chine a un rôle à jouer dans la reprise économique du royaume après la crise. Les relations commerciales bilatérales ont pris un certain coup lorsque la Chine a fermé sa frontière aux importations de durians et de litchis thaïlandais, nominalement au nom de la prévention de la Covid, mais peut-être aussi de manière coercitive pour le manque de progrès de la ligne de train.  

    La fermeture des frontières chinoises au Covid et une stratégie économique de "double circulation" plus tournée vers l'intérieur signifient probablement que les vagues de touristes chinois qui ont soutenu le boom touristique pré-pandémique de la Thaïlande, où les arrivées chinoises représentaient environ 28% des près de 40 millions de touristes qui ont visité le royaume en 2019, ne reviendront pas en masse similaire de sitôt, voire jamais.

    Ceux qui sentent que le vent tourne en faveur de l'Amérique notent que les exportations de la Thaïlande vers les États-Unis ont bondi pendant la pandémie, de 40 % par an de 2020 à 2021, avec un excédent commercial de 26,6 milliards de dollars, tandis que le déficit du royaume avec la Chine est passé de 20,8 milliards de dollars en 2020 à 29,8 milliards de dollars en 2021, soit une hausse de près de 50 %.

    Les mêmes observateurs économiques notent que les investissements américains en Thaïlande restent inférieurs à ceux de la Chine, en particulier dans le secteur manufacturier créateur d'emplois - bien que le géant chinois des télécommunications Huawei ait fait de grandes percées dans les infrastructures liées à la 5G, ce qui a contribué à l'envolée du déficit commercial sous la forme d'importations d'équipements de télécommunications moins chers que ceux fabriqués par des entreprises occidentales concurrentes.

    Ces liens commerciaux de longue date et toujours solides avec les États-Unis expliquent probablement pourquoi la Thaïlande a défié les cajoleries de Wang à Anhui et a choisi de faire partie des 13 premiers pays à rejoindre l'IPEF, qui a été officiellement lancé par Biden au Japon. Le Premier ministre Prayut s'est rendu à Tokyo quelques jours plus tard, où il a lancé ce que certains ont entendu comme un appel inspiré par l'IPEF pour que le Japon investisse davantage dans le secteur crucial et plein d'espoir des véhicules électriques (VE) en Thaïlande.

    Si les Thaïlandais, qui sont par nature peu enclins à la confrontation, avaient le choix diplomatique, les États-Unis et la Chine s'abstiendraient de se disputer le pouvoir et l'influence à l'intérieur du royaume. Les critiques franches de l'ambassadeur américain sortant, Michael Desombre, à l'égard de la politique chinoise, publiées dans un éditorial en langue thaïe critiquant les manœuvres de la Chine sur le Mékong, ont irrité de nombreux responsables thaïlandais.

    Ils auraient préféré l'approche plus équilibrée du chargé d'affaires américain de langue thaïlandaise Michael Heath, qui, selon les personnes connaissant la diplomatie de l'envoyé principal de facto, s'est concentré sur le rétablissement des liens sans pousser les Thaïlandais à prendre parti sur le plan géopolitique - même si l'ambassadeur chinois Han s'en prend ouvertement aux États-Unis sur les canaux de médias sociaux de son ambassade.

    Si M. Han a manifestement été envoyé en Thaïlande pour faire avancer les choses sur plusieurs fronts bloqués - on dit qu'il a été envoyé sur l'ordre personnel du président chinois Xi Jinping - l'attitude plus dure de l'envoyé ne lui a pas valu de nombreux alliés ou défenseurs au ministère thaïlandais des affaires étrangères.

    Là-bas, nombreux sont ceux qui considèrent que son style " go-go " est poussif, pour ne pas dire qu'il manque de tonus, par rapport au chargé d'affaires thaïlandais [Chinois!] Yang Xin, qui a occupé le poste d'envoyé principal pendant près de deux ans alors que le poste d'ambassadeur était curieusement laissé vacant.

    Mais si la Chine est en train de perdre et les États-Unis de regagner la Thaïlande, alors la diplomatie du vaccin de Pékin est en partie à blâmer. La Chine a cherché à devancer les États-Unis dans la lutte contre la pandémie en faisant la promotion de son vaccin Sinovac à un moment où la Thaïlande, pour des raisons encore obscures, était en retard dans l'approvisionnement en vaccins ARNm fabriqués aux États-Unis. (Le groupe thaïlandais CP, lié à la Chine, détient une participation de 15 % dans Sinovac Biotech).

    Un éventuel don de vaccins Pfizer par le gouvernement américain a sans doute permis de renverser la vapeur lors de la vague mortelle de la maladie de Delta en août dernier, permettant à Washington de réaliser un coup de relations publiques grâce à sa technologie médicale supérieure, alors que les questions concernant l'efficacité du Sinovac contre les souches émergentes de Covid se posent encore aujourd'hui.

    Alors que la Chine continue de faire don de Sinovac, apparemment plus pour des séances de photos diplomatiques que pour lutter réellement contre la maladie, les équipes médicales thaïlandaises incinèrent discrètement les stocks inutilisés, les Thaïlandais délaissant largement Sinovac au profit de Pfizer et Moderna, selon une source gouvernementale thaïlandaise au courant de ces incinérations.

    "La Chine nous considère comme un client ; les États-Unis nous considèrent comme un partenaire [huhu!]", a déclaré un autre haut fonctionnaire thaïlandais. "Cela a toujours été la différence".

    https://asiatimes.com/2022/06/china-losing-us-gaining-crucial-ground-in-thailand/?mc_cid=cdff580d1f&mc_eid=ea24d5ae72

    testimage

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  10. (Opex360), 14juin

    La Marine nationale évalue un drone sous-marin norvégien pour ses futurs concepts d’opérations dans les abysses

    (…) en février dernier, Florence Parly, désormais ex-ministre des Armées, fit savoir qu’elle venait de décider de doter la Marine nationale de « moyens capables d’atteindre une profondeur de 6000 mètres ». Ce qui, avait-elle expliqué, permettrait de « couvrir 97% des fonds marins et de protéger efficacement nos intérêts, dont les câbles sous-marins, clé de voûte des télécommunications et d’Internet ». (…)

    http://www.opex360.com/2022/06/14/la-marine-nationale-evalue-un-drone-sous-marin-norvegien-pour-ses-futurs-concepts-doperations-dans-les-abysses/

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  11. Il y a 10 heures, Patrick a dit :

    De quoi financer la continuation des études du Shortfin Barracuda/SMX Ocean! Avec AIP Mesma si possible s'il vous plaît.

    Et pourquoi pas même l’AIP 3G?:

    (…) Le système AIP 3G de Naval Group, présenté comme une première mondiale, associe deux technologies de rupture protégées par pas moins de 70 brevets. En premier lieu, l'hydrogène qui fait fonctionner la pile à combustible est fabriqué à bord via un processus chimique de reformage du gazole. Cela permet d'éviter les problèmes de sécurité liés au stockage de l'hydrogène à bord. Qui plus est, le gazole est disponible partout et à moindre coût. L'autre innovation majeure porte sur la production d'air, toujours à bord, par injection d'azote au niveau de l'arrivée d'oxygène, stocké sous forme cryogénique dans un réservoir. Cet air entre en réaction avec l'hydrogène dans la pile à combustible, afin de générer l'électricité nécessaire aux besoins à bord du sous-marin et à sa propulsion.

    En outre, ce système présente l'avantage d'une grande discrétion acoustique si on le compare avec la première génération de l'AIP Mesma vendu au Pakistan en 2008, (…)

    https://www.lesechos.fr/pme-regions/innovateurs/naval-group-valide-une-nouvelle-technologie-de-propulsion-sous-marine-1146460

    (2019)

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  12. #Inde-Iran (Chabahar), INSTC, Asie centrale

    (EconomicTimes, 04juin)

    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, se rendra en Inde la semaine prochaine.

    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, se rendra en Inde la semaine prochaine. La connectivité via le port de Chabahar, la situation en Afghanistan et les marchés mondiaux de l'énergie devraient dominer les discussions bilatérales.

    Il s'agira de la toute première visite d'Abdollahian en Inde depuis sa prise de fonction l'année dernière. Il était prévu qu'il se rende en Inde au début de l'année, mais cette visite a été reportée car le ministre des affaires étrangères, S. Jaishankar, a été diagnostiqué comme souffrant d'un cancer. Cependant, depuis l'année dernière, les deux hommes se sont rencontrés à trois reprises en marge de divers événements multilatéraux.

    ET a appris que l'expansion du commerce et des fournitures via le port de Chabahar vers l'Afghanistan, l'Asie centrale et l'Eurasie seront les points clés de l'ordre du jour de la visite. La situation afghane et le traitement des talibans seront également à l'ordre du jour.

    Le port de Chabahar revêt une importance considérable pour l'Inde en ce qui concerne la connectivité avec l'Afghanistan, l'Asie centrale et la Russie. Le Kazakhstan et l'Ouzbékistan souhaitent utiliser le port de Chabahar pour commercer avec l'Inde et accéder à la région de l'océan Indien. Le corridor international de transport Nord-Sud ou INSTC, qui relie l'Inde à la Russie via l'Iran, prend également de l'ampleur et pourrait être évoqué lors de la visite du ministre iranien des Affaires étrangères. L'Iran et la Russie partagent des liens politiques et sécuritaires étroits.

    Après le début des opérations au port de Chabahar en décembre 2018, le port a traité plus de 8200 EVP et 1,28 million de tonnes de marchandises en vrac.

    Le mois dernier, les deux ministres des Affaires étrangères ont eu une conversation téléphonique au cours de laquelle Jaishankar a invité son homologue iranien à visiter l'Inde. Au cours de cette conversation, les deux ministres ont discuté de la situation en Afghanistan, au Yémen et en Ukraine. La volatilité des marchés énergétiques mondiaux devrait également figurer au programme de la visite d'Abdollahian. Vendredi, lors d'un forum en Slovaquie, M. Jaishankar a remis en question la logique occidentale de retenir le pétrole iranien et vénézuélien sur le marché mondial.

    La visite a lieu dans le contexte du premier engagement officiel de l'Inde avec les Talibans et quelques jours après que l'Inde ait accueilli le ministre israélien de la défense. La visite se déroule également à la suite d'une réunion entre les autorités nationales de sécurité de l'Inde et de l'Iran, en marge de la réunion régionale des autorités nationales de sécurité à Douchanbé sur la situation en Afghanistan.

    https://m.economictimes.com/news/india/irans-foreign-minister-hossein-amir-abdollahian-to-visit-india-next-week/articleshow/92009854.cms

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  13. Bonjour, à propos de “l’accord sur le nucléaire iranien” (aka JCPOA), dont on ignore ce qui est négocié exactement, ceci:

    (AP via english.alarabiya, 31mai)

    Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a abordé mardi les négociations avec les États-Unis sur l'accord nucléaire de 2015 qui s'est effondré, disant aux journalistes qu'il a partagé ses préoccupations avec la vice-présidente américaine Kamala Harris par l'intermédiaire d'un tiers lorsqu'ils étaient à Munich plus tôt cette année.

    L'Iran a demandé à plusieurs reprises des garanties qu'aucun futur président américain ne pourrait abandonner unilatéralement l'accord, comme l'a fait l'ancien président Donald Trump en 2018.

    "J'ai demandé (à un intermédiaire) de dire aux hauts responsables américains qui étaient à Munich, à Mme Kamala Harris et au secrétaire d'État américain M. (Antony) Blinken, pourquoi, lors des pourparlers, malgré tout le travail accompli au cours des derniers mois, vous continuez à dire que, quel que soit l'accord sur lequel nous nous mettons d'accord, nous ne pouvons pas garantir que la prochaine administration américaine l'honorera", a déclaré Amirabdollahian.

    Il a ajouté : "J'ai dit au ministre (non identifié) de dire à Mme Kamala Harris : 'Si un groupe de rebelles prend le contrôle de la Maison Blanche, pourriez-vous nous le faire savoir?'. Même si un groupe de rebelles prend le pouvoir, ils doivent s'engager à respecter les accords internationaux, fondés sur le droit international. Il n'est pas acceptable, ni juridiquement ni politiquement, qu'une administration en place revienne sur un accord pour dire que je ne peux offrir aucune garantie quant à ce que fera la prochaine administration."

    La Maison Blanche a déclaré qu'elle ne pouvait pas prendre un tel engagement.

    Les pourparlers visant à rétablir l'accord nucléaire entre Téhéran et les puissances mondiales sont dans l'impasse.

    Les hostilités se sont envenimées alors que l'Iran accélère son programme nucléaire bien au-delà des limites de l'accord nucléaire et a saisi la semaine dernière deux pétroliers grecs sur une route pétrolière clé dans le Golfe.

    https://english.alarabiya.net/News/middle-east/2022/05/31/Iran-confirms-contact-with-US-over-nuclear-talks-

    Déjà début avril, Josep Borrell déclarait (Anadolu, 06avril): La possibilité de revenir sur l'accord sur le nucléaire iranien "s'amenuise", [(…) et] Robert Malley, qui a mené pendant plus d'un an des pourparlers indirects avec l'Iran, a déclaré que les perspectives de relance de l'accord nucléaire de 2015 étaient au mieux "ténues".»

    https://www.aa.com.tr/en/world/possibility-of-returning-to-iran-nuclear-deal-shrinking-eu-foreign-policy-chief/2605859

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  14. (ForeignPolicy, 06mai) #medor-eastmed, #Grèce-Chypre-Israel

    [cit]Le moment Kumbaya* au Moyen-Orient ne durera pas

    Les réinitialisations diplomatiques et la sensibilisation en cours ne sont que de la concurrence par un autre moyen.

    La semaine dernière, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est rendu en Arabie saoudite, où il a rencontré le roi Salman et le prince héritier Mohamed bin Salman. Fin avril, les médias iraniens ont confirmé que de hauts responsables de la sécurité de l'Arabie saoudite et de l'Iran s'étaient rencontrés pour une cinquième série de pourparlers de normalisation organisés sous les auspices des gouvernements irakien et omanais. En mars, le président israélien, Isaac Herzog, s'est rendu en Turquie - la première visite d'un haut responsable israélien dans ce pays depuis 14 ans. Le même mois, le président syrien Bashar al-Assad s'est rendu à l'Expo 2020 de Dubaï et a rencontré les dirigeants émiratis. Erdogan a effectué une visite aux Émirats arabes unis en février, après que le prince héritier d'Abou Dhabi se soit rendu en Turquie en novembre dernier. Et au cours de l'hiver, les Émiriens et les Iraniens ont échangé des délégations de commerce et d'investissement. 

    Toute cette activité diplomatique fait que certains coins de Washington parlent de "désescalade" et de "réalignement" régionaux. Il s'agit d'une donnée pour les partisans du retrait des États-Unis du Moyen-Orient, la logique étant que si les acteurs régionaux se comportent de manière responsable et règlent leurs différends, alors les États-Unis peuvent se retirer et ne revenir qu'en cas de crise.

    Cela semble formidable, mais je n'y crois pas. Il ne s'agit pas des arguments en faveur du retrait et de l'équilibrage à l'étranger, qui ont du sens (bien qu'ils n'apparaissent le plus souvent que dans des articles de journaux). Ce que je ne crois pas, c'est que cette récente vague de diplomatie annonce une nouvelle ère de paix, d'amour et de compréhension au Moyen-Orient. Au contraire, les diverses réinitialisations et ouvertures en cours dans la région ne sont qu'un moyen supplémentaire pour ses dirigeants de poursuivre la même compétition et les mêmes conflits que lors de la dernière décennie.

    Même pour quelqu'un d'aussi profondément cynique que moi, c'est une bonne nouvelle que les puissances régionales se parlent. La sagesse conventionnelle veut que l'argent soit le moteur d'une nouvelle atmosphère régionale qui privilégie les investissements et la coopération économique plutôt que les guerres par procuration et les armées de trolls.

    Comme Ankara est à l'origine d'une grande partie de la réinitialisation de la région, cela a beaucoup de sens. 

    La mauvaise gestion économique d'Erdogan a contribué à une crise de la lire qui dure depuis des années et, avec une inflation d'environ 70 %, le dirigeant turc a promis de faire croître l'économie pour sortir de la calamité qu'il a lui-même créée. Il a donc abandonné la rhétorique belliqueuse selon laquelle les Émiratis seraient, entre autres choses désagréables, des pirates, des ignorants et des incompétents. 

    Erdogan a également transféré le procès (par contumace) des personnes accusées du meurtre de Jamal Khashoggi en Arabie saoudite, mettant fin à toute possibilité qu'elles soient tenues pour responsables. Il s'agit là de la version géopolitique d'un coup de chapeau dans l'espoir d'un investissement de la part des énormes fonds souverains du Golfe, d'accords commerciaux, d'échanges de devises et peut-être de ventes de drones.

    En toute honnêteté, le rapprochement du gouvernement turc avec Israël est moins lié à l'argent - ou même à Israël - que beaucoup pourraient le croire. Les responsables d'Ankara estiment que s'ils s'entendent avec le gouvernement israélien, cela allégera la pression qu'ils subissent à Washington. Cela n'est pas faux, bien sûr. Après tout, une logique trilatérale sous-tend les relations de l'Égypte avec les États-Unis, dans laquelle Israël joue un rôle. Les Turcs semblent croire que les organisations pro-israéliennes et juives des États-Unis plaideront en leur faveur si Erdogan accueille son homologue israélien et que les deux hommes échangent des appels téléphoniques.

    Si l'on met de côté la vision grossière de l'influence de ces groupes, rien ne prouve que les groupes de défense représentant les Juifs américains ou les partisans d'Israël souhaitent aider Erdogan, que ce soit pour sortir la Turquie des sanctions américaines liées à l'achat par Ankara du système de défense antimissile S-400 de fabrication russe ou pour faire disparaître l'enquête du ministère américain de la Justice sur les allégations de contournement des sanctions et autres chicaneries de la Halkbank, contrôlée par le gouvernement turc.

    En ce qui concerne la désescalade avec l'Iran, les Émiratis auraient exprimé leur intérêt pour des opportunités d'investissement dans ce pays, en particulier un projet d'énergie renouvelable. Les Saoudiens et les Iraniens ne sont pas allés aussi loin. Le mieux que l'on puisse dire de ces rencontres, c'est qu'elles se poursuivent.

    Pourtant, même avec tous ces sourires et ces discours sur la coopération, il est difficile de ne pas croire que quelque chose d'autre se passe. Après une décennie passée à se traiter mutuellement de terroristes, à s'accuser mutuellement d'être des sources d'instabilité régionale et à armer leurs adversaires respectifs, les déclarations actuelles d'une nouvelle ère dans les relations fraternelles sont trop soignées et patelines.

    N'ayant pas réussi à imposer leurs volontés à leurs antagonistes par la force, les dirigeants de la région tentent maintenant une autre approche. Les Émiriens, par exemple, ne sont guère tombés amoureux d'Erdogan, et le sourire suffisant du prince héritier saoudien sur l'une des photos prises lors de la récente visite du président turc suggère que les Saoudiens, comme les Émiriens, sont bien conscients du désespoir d'Erdogan face à une économie défaillante et à des sondages en baisse.

    [j’insère]:

    https://twitter.com/alarabiya_eng/status/1519808202610823168?s=21&t=4U5OUOSbp9Ez9TUnR88ndw

    … Il s'agit donc d'un moment propice pour que ces États du Golfe puissent exercer une certaine influence sur Ankara grâce à leur puissance financière, ce qu'ils n'ont pas pu faire en soutenant, par exemple, Khalifa Haftar en Libye, qui cherchait à renverser un allié turc, le gouvernement libyen internationalement reconnu de Tripoli.

    Pour leur part, les Israéliens se montrent prudents avec les Turcs. Ils ne font pas confiance à Erdogan, mais ils semblent jouer le jeu, surtout s'ils peuvent tirer profit du besoin du dirigeant turc d'améliorer sa position à Washington. Amener Erdogan à sévir contre les terroristes du Hamas opérant depuis la Turquie, par exemple, serait une victoire pour le Premier ministre israélien Naftali Bennett.

    Dans le même temps, les Israéliens ne sont pas prêts à renoncer à leurs solides liens économiques et sécuritaires avec la Grèce et la République de Chypre - deux ennemis de longue date de la Turquie - au nom de l'amélioration des relations avec Ankara. Cette approche est similaire à celle de l'Égypte face aux efforts concertés et jusqu'ici infructueux de la Turquie pour courtiser le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi.

    Réfléchissez-y un instant : Le gouvernement turc veut rétablir ses relations avec Israël et l'Égypte. Pourquoi ce changement d'avis ? En deux mots : La Grèce et Chypre. 

    Les Israéliens, les Égyptiens, les Grecs et les Chypriotes ont tous resserré leurs liens les uns avec les autres en réponse à la position inutilement agressive de la Turquie en Méditerranée orientale. Perdu dans tous les discours heureux de désescalade et de réalignement, il semble clair que la Turquie essaie d'arracher deux amis puissants à Athènes et Nicosie. En effet, avec l'attaque éclair de la Russie en Ukraine qui domine l'attention de tous, peu ont remarqué la récente augmentation précipitée des incursions turques dans l'espace aérien grec au-dessus de la mer Égée [ah bon? je n’ai pas fait attention à ça, trop longtemps que je n’ai pas lu Ekathimerini**]. Il semble que la Turquie veuille désamorcer la situation dans certains endroits pour pouvoir l'aggraver ailleurs.

    Il y a ensuite le dialogue de l'Iran avec les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite. Lorsque les Émiriens et les Saoudiens s'assoient pour discuter avec les Iraniens, leur vulnérabilité face à Téhéran - tant ses missiles que ses mandataires - n'est que trop évidente. Ils ont donc de bonnes raisons de réduire les tensions, d'autant plus qu'ils estiment ne plus pouvoir compter sur les États-Unis comme source de sécurité et de stabilité régionales.

    Soyons clairs, cependant : Cette désescalade vise à donner à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis le temps de trouver la meilleure façon de répondre à la menace iranienne, que ce soit en se rapprochant d'Israël, en travaillant avec les gouvernements chinois et russe ou en développant la technologie nucléaire. Partager la région avec l'Iran n'est pas quelque chose que ses voisins de la partie occidentale du Golfe - à l'exception du Qatar - sont enclins à faire.

     

    Au cours des deux dernières décennies, les États-Unis ont trop souvent mené des politiques fondées sur des hypothèses erronées concernant le Moyen-Orient. Déduire que le moment actuel de rapprochement apparent n'est rien d'autre que de la concurrence par d'autres moyens serait une autre mauvaise hypothèse pour justifier le repli. Ce moment de Kumbaya ne durera pas.[/cit]

    https://foreignpolicy.com/2022/05/06/erdogan-saudi-arabia-visit-turkey-iran-uae-relations-diplomacy/?utm_source=PostUp&utm_medium=email&utm_campaign=Editors Picks OC&utm_term=42072&tpcc=Editors Picks OC

    ——-

    *Ne cherchez pas YT-kumbaya-Baez, ça va faire inutilement gueuler le chien pauv bête.

    **J’y lis à l’instant: «La principale opposition de la Turquie, le CHP, dirigée par Kemal Kilicdaroglu, s'est rangée du côté de la coalition gouvernementale sur la question de la contestation de la souveraineté des îles grecques dans la mer Égée.»

    https://www.ekathimerini.com/news/1185894/turkish-leaders-rally-behind-island-claims/

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  15. Le lien de @Bechar06 montre que les US ont envoyé à Goa deux monoplaces. On peut en déduire que, si l’exigence de biplaces est maintenue, ils ne seront pas embarqués.

    De là à dire qu’ils ne serviront qu’à la formation…

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  16. (economictimes.indiatimes.com, 08mai)
    L'Inde et le Mozambique vont étendre leur lutte contre le terrorisme

    Dipanjan Roy Chaudhury

    L'Inde et le Mozambique ont décidé d'intensifier leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et de lancer des mesures de déradicalisation dans un contexte d'actes terroristes croissants qui ont jeté une ombre sur les investissements indiens dans l'énergie et l'exploitation minière dans le pays d'Afrique de l'Est.

    Ces questions, ainsi que les efforts visant à freiner la contrebande illégale de stupéfiants, qui alimente le terrorisme, et à étendre les liens de défense, y compris la sécurité maritime, sont en tête de l'ordre du jour de la visite du conseiller adjoint à la sécurité nationale (NSA) Vikram Misri au Mozambique cette semaine, selon des personnes [bien informés]

    Misri, qui a rencontré de hauts responsables du Mozambique, y compris des conseillers présidentiels, a également officiellement lancé deux Fast Interceptor Crafts offerts par l'Inde aux forces de sécurité du Mozambique, ont déclaré les responsables.

    Au cours de ses réunions, Misri a également exprimé la volonté de l'Inde d'aider le Mozambique à moderniser et à entretenir ses infrastructures ferroviaires et portuaires. Le gouvernement indien est prêt à aider le Mozambique à améliorer les capacités opérationnelles des infrastructures ferroviaires et portuaires, ont déclaré les responsables.

    Le groupe extrémiste Al-Shabab du Mozambique, qui n'a aucun lien avec al-Shabab en Somalie, mène des attaques dans la province la plus septentrionale du pays, Cabo Delgado, depuis 2017. Les liens d'Al Shabab avec les réseaux existants du crime organisé dans la région compliquent encore la question. Le groupe est actif dans la région riche en ressources du Mozambique. Le pays dispose de 100 billions de pieds cubes de réserves prouvées de gaz naturel, les troisièmes réserves prouvées de gaz naturel les plus élevées en Afrique, après le Nigeria et l'Algérie.

    La Chine a une grande présence au Mozambique, un pays qui a une importance stratégique pour l'Inde également puisqu'il est situé à proximité des Seychelles et de Maurice, les partenaires stratégiques de l'Inde depuis des décennies. Lorsque le ministre de la Défense Rajnath Singh s'est rendu au Mozambique en 2019, le pays avait demandé la coopération de l'Inde pour faire face à la menace croissante du terrorisme et de la radicalisation. Au cours de cette visite, Singh avait annoncé l'assistance de matériel de communication et signé deux protocoles d'accord sur le partage d'informations sur l'expédition des Blancs [white shipping information]  la marine marchande et la coopération dans le domaine de l'hydrographie. La marine indienne a désigné le canal du Mozambique comme faisant partie de sa principale zone d'intérêt maritime.

    Les entreprises indiennes ont investi massivement dans les ressources énergétiques du Mozambique. Selon certaines estimations, ces investissements représentent près d'un quart du total des investissements directs étrangers (IDE) de l'Inde en Afrique, selon une note du ministère des Affaires extérieures. Les investissements les plus importants ont été dans les industries du gaz naturel et du charbon. En 2014, deux sociétés d'État indiennes, ONGC Videsh et Oil India, ont finalisé l'acquisition d'une participation de 20 % dans la zone 1 de l'énorme bloc gazier Rovuma au Mozambique, pour un coût d'environ 5 milliards de dollars. Cela s'ajoutait à la participation de 10 % déjà détenue dans le même bloc par une autre entreprise du secteur public indien (PSU), Bharat Petro Resources.

    Dans le secteur des mines de charbon, en juillet 2014, International Coal Ventures, un consortium de cinq PSU indiennes (SAIL, NMDC, RISL, CIL et NTPC), a acheté une participation de 65 % dans les actifs de charbon vendus par Rio Tinto. Les autres sociétés indiennes présentes dans le secteur des mines de charbon comprennent JSPL, JSW, Coal India, Tata Steel, Essar, Midwest Africa et le groupe Sunflag. Les investissements indiens dans des secteurs autres que l'exploitation minière incluent l'intérêt du groupe Essar dans le développement d'un terminal de charbon au port de Beira.

    https://economictimes.indiatimes.com/news/india/india-and-mozambique-to-expand-fight-against-terror/articleshow/91404902.cms?from=mdr

    (merci au posteur originel)

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  17. Il y a 5 heures, prof.566 a dit :

    Pas mal vu. Tu connais la reponse serieuse. (roue de tisserand)? 

    Le rouet de Gandhi figurait sur le drapeau pré-indépendance.

    ils y ont substitué le “bouclier” d’Ashoka (empereur dynastie Maurya):

    574px-Sarnath_capital.jpg(et c’est un symbole bouddhiste)

    https://en.m.wikipedia.org/wiki/Ashoka_Chakra

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