Cathax

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  1. Interrogation de béotien: pourrait-on imaginer de palier au risque de frappe de décapitation en ayant par exemple, un officier général placé dans un bunker à la fois susceptible de survivre à une frappe nucléaire et disposant des moyens de communications protégés adéquats pour ordonner une riposte ? L'idée est de disposer d'une permanence susceptible de prendre le relais en cas d'élimination de l'échelon de décision, mais j'imagines que le gros problème à cela est la dimension éminemment politique de l'arme nucléaire, qui exige de ne la confier qu'au dépositaire de la volonté nationale via le suffrage universel; or on ne peut coincer celui-ci dans un abri "au cas où". Plus généralement, comment envisage t'on de se prémunir d'une frappe éliminant ceux qui peuvent donner l'ordre de riposter lorsque l'on est une puissance nucléaire ?
  2. Juste. Cependant, quelle aurait été l'ampleur des perturbations produites si cela avait été organisé de façon décousue, sans plan d'ensemble ? On peut ralentir, perturber, voire casser, mais deux points me semblent probables: -que l'ensemble des sympathisants communistes ne se seraient pas forcement rebellés d'un bloc: ce n'est pas une décision anodine à prendre, et il faut être en mesure d'exercer un contrôle suffisant sur la base pour cela. Le mot d'ordre de chefs respectés et connus nationalement pourrait être déterminant, à mon humble avis, dans ce type de circonstances, ceci sans minimiser la capacité d'entraînement et d'action de cadres locaux décidés ou de leaders surgissant dans le feu de l'action; -quel impact pour une série d'actions hostiles locales peu ou pas coordonnées par rapport à un plan d'obstruction méthodique, exécuté au besoin avec l'appui des SR du PAVA ?
  3. Il me semble que la plupart des gouvernements occidentaux avaient des plans et prévisions de surveillance/incarcération préventive/interdiction concernant un certain nombre de leaders et organisations subversifs marquées "soviéto-compatibles" en cas de conflit.
  4. C'est peut-être même l'avenir: y'a 2-3 ans, j'avais entendu parler de polonais qui avaient montés une appli de rencontre type Tinder, mais où les gens se rencontraient pour boire ensemble. Apparemment, y'avait eu pas mal de succès.
  5. Il y a de ça, et je soupçonne que c'est aussi vu comme un moyen privilégié pour la Russie depuis les tsars de montrer qu'elle est une grande puissance européenne (au sens "comme les Européens de l'époque moderne qui s'affirment aux XVII-XVIII siècles )à vocation mondiale. C'est probablement un poil capillotracté de ma part, mais c'est l'impression que j'avais retiré d'une histoire de la marie russe parue dans les années 90, et qui montrait la marine tsariste comme l'instrument de l'affirmation russe dans le jeu européen (via les conflits en Baltique et en mer Noire), le tout compété par le gros morceau mémoriel de la guerre de Crimée, et la fierté des expéditions navales russes du XIXe, de l'Arctique à la Californie. En somme, ça me parait être assez classiquement le vecteur permettant de montrer que la Russie se rattache à une certaine histoire européenne et à ses moments de gloire; j'extrapole peut-être trop, mais cela m'avait frappé sur le moment. Et pour ceux que ça intéresse, il y a un fort russe en Californie, vestige des expéditions du XIX: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Ross
  6. Trop peu, trop tard ? C'est mon impression: même si le Japon avait pu disposer de chasseurs à réaction, améliorer ses engins-suicides, lancer un programme de recherche nucléaire... sur combien d'engins réellement opérationnels auraient-ils pu tabler ? Admettons qu'il n'y ait pas eu de plâtres technologiques à essuyer: la fin du conflit est proche, le Japon n'a plus beaucoup de ressources en carburant, sa production militaire est agonisante, ses pilotes ne peuvent plus être réellement formés en nombre... quelques chasseurs n'auraient pas fait pencher la balance, ni même quelques coups heureux sur les flottes américaines: celles-ci peuvent recompleter leurs effectifs matériels et humains incomparablement plus facilement. A vue de nez, le jeu était plié, et cela aurait juste conduit à infliger quelques pertes supplémentaires aux Alliés, nullement déterminantes. Et ce, à condition que le volet industriel suive côté japonais: rien que là, j'ai des doutes.
  7. Mais qu'est ce qui gêne si viscéralement les Américains avec le concept même de parade militaire ? J'ai remarqué cela depuis un moment: Trump ou pas Trump, l'idée de faire défiler des soldats et du matériel les fait tout de suite tiquer en mode non, et assez raidement avec ça. Alors où est le problème en terme de mentalité ? Est-ce que c'est trop lié aux exemples de défilés des pays communistes pendant la guerre froide ?
  8. Sans la moindre originalité aucune: l'Enterprise: il s'est retrouvé juste après Pearl Harbor être la cheville ouvrière de la flotte du Pacifique affaiblie (avec ses homologues Yorktown et Saratoga), il a fait toutes les batailles importantes de la guerre du Pacifique, et a survécu. Il a évolué au cours de ses réparations/modernisations pour rester au standart, et se paye des états de service impressionnants. Alors ce n'est certes pas le plus moderne ni le plus puissant des porte-avions du conflit, mais c'est véritablement un navire de légende.
  9. En effet, la légion a échappée au combat fratricide en Syrie, par chance. Le 6e REI (3350 hommes, 4 bataillons), créé en 1939 à partir du 6e bataillon du 1er REI est présent du côté vychiste, et la 13e DBLE représente la légion côté gaulliste (intégrée à la 1ere DFL, ex brigade française légère d'Orient). Il n'y eut qu'un échange de tir, à Kadem, où se trouve un poste du 3e bataillon du 6e REI; la DBLE a d'ailleurs eu l'occasion d'entendre le clairon d'en face jouer les premières notes du boudin, juste après eux. Le commandant Amilakhvari, pour la 13e DBLE, va parlementer avec le sous-officier commandant le poste; à son départ, les légionnaires du 6e lui présentent les armes. Le moment a du être quelque chose.
  10. J'en profite pour signaler un détail que je viens d'apprendre sur les Taiping: les Pavillons noirs, ces irréguliers chinois qui ont notamment combattu les forces françaises lors de la conquête de l'Indochine, sont indirectement liés au mouvement Taiping. Pour schématiser, dans l'ambiance de guerre civile que traverse la Chine à cette période, se démarquent un certain nombre de mercenaires, profiteurs etc. Les Pavillons Noirs sont justement un de ces groupes mercenaires, alliés des Taiping, et chassés du sud de la Chine par la répression gouvernementale; une partie d'entre eux se réfugièrent au Tonkin, et la cour impériale d'Annam trouva judicieux de les prendre à son service. D'ailleurs, je retrouve des informations éparses dans diverses sources sur leur armement, apparemment venu de plusieurs pays occidentaux: il y aurait probablement des choses à creuser sur l'histoire du trafic d'armes dans l'Asie de cette époque, et sur la circulation de mercenaires occidentaux, avec un impact sur certains mouvements locaux en terme de circulation de savoir-faire.
  11. Je me souviens d'un ancien numéro de Raid qui évoquait leur emploi selon les mêmes modalités ( distances relativement faibles) par l'IRA provisoire: généralement lors d'embuscades tendues aux forces de sécurités, le fort calibre servant plus pour le pouvoir de perforation que pour du tir de précision stricto sensu. Cela semble être un choix tactique récurrent des groupes paramilitaires en général.
  12. Ce n'est pas que la flotte argentine qui est en mauvaise posture, c'est l'ensemble de leurs forces armées, notamment l'aviation qui n'est jamais réellement remontée en puissance après la guerre de 82. Mais, je me fais un point d'honneur de vous les remémorer, le seul vrai propriétaire des Malouines, ce n'est ni le RU, ni l'Argentine, mais ça: Ce qui, déja, à une autre gueule, et en plus, permettrait de régler cette vieille querelle. Moi je dis çà, je dis rien...
  13. C'est ce que l'on appelle le jus ad bellum, qui règlemente le droit -se voulant- légitime à recourir au conflit armé, par opposition au jus in bello, le droit de la guerre lui-même (au sens des pratiques pouvant ou non être admises dans un conflit). Notamment, il y fait mention de la souveraineté des états comme comme autorités légitimes pour déclencher un conflit, ou des raisons justifiant le déclenchement des hostilités: en substance, l'idée est que l'on reconnait l'existence de paramètres qui rendent le conflit "juste" dans ses objectifs et que les options pacifiques et/ou légales ont échouées ou ne sont pas opérables. Cela dit, je ne suis pas juriste, donc que quiconque à une meilleure définition ne se gêne pas pour pointer mes erreurs éventuelles.
  14. Pour continuer sur le Sud: le chiffre de 51% de déserteurs est celui du 1er janvier 1864: mea culpa, j'ai carrément oublié de le préciser. La source, ce sont les Officials records que j'ai cité, pour être plus précis: volume 46-1, page 62. J'ai le chiffre de 205000 hommes, selon le Bureau de la conscription. Avec une dose de prudence: quantifier numériquement les armées sudistes est un exercice qui suscite beaucoup de controverse. Pour nuancer mon propos précédent, qui était peut-être un peu trop à charge envers le Sud et les raisons du conflit: oui, il me semble que l'esclavage est la cause principale, mais quand j'évoques le rôle de la propagande sudiste, il me semble probable qu'elle tire parti d'un élément banal: l'esclavage est une réalité sociale du Sud, même si les possesseurs d'esclaves sont minoritaires. En un mot, c'est une réalité fondamentale de l'organisation économique sudiste, d'où son corollaire logique: il est facile d'en faire une part importante de l'identité sudiste, puisqu'au travers du prisme économique, l'esclavage joue un rôle sur l'organisation sociale/géographique/culturelle... du Sud. A partir de là, quand le conflit éclate et que le Nord se prépare à envahir, on rajoute une dimension supplémentaire à l'idée de défendre le Sud: côté sudiste, on défend sa terre, sa famille, et son mode de vie, réel ou revendiqué. En somme, une forme de ce que Fusilier nommerait probablement du romantisme. Et en allant par là, même si l'idée de l'esclavage est répugnante, on est en face d'un processus plutôt classique de mobilisation/revendication d'une identité. Evidemment, ce n'est qu'une vision personnelle, et je peux complètement me planter: je suis preneur de tout élément qu'il vous semblera intéressant d'invoquer. En revenant au conflit lui-même, et à la désertion: j'ai vu citer comme principaux facteurs explicatifs la faim, la maladie et la misère. Le Sud a pour problème essentiel la mise en ordre rationnelle de son économie de guerre, et en premier lieu la gestion de ses ressources alimentaires. Les ressources sont abondantes au début, mais se raréfient vite, et dès 62, les rations baissent. La demande est massive, et trop concentrée en quelques lieux pour des marchés régionaux de trop petites tailles pour suivre: c'est une situation que le Sud n'a simplement jamais connue avant, et il peine à s'adapter. On met en place des réquisitions, procédures impopulaires et sujettes à toutes les formes de malversations et d'abus possibles; de plus, les unités qui s'en chargent ont tendance à prélever sur les mêmes zones (les plus proches d'elles), au lieu de répartir la charge. Le bureau des subsistances passe pour le plus mal géré des services administratifs confédérés. Il faut y rajouter le problème du conditionnement: il y a un déficit de tonneaux/sacs/produits d'emballages, par rapport à la masse à fournir. Et à cela s'ajoute l'un des points faibles les plus notables du Sud: l'insuffisance des voies ferrées. Richmond a d'ailleurs été choisie comme capitale en partie à cause de sa situation de plaque tournante (4 des 5 compagnies ferroviaires qui connectent le Sud au Nord y passent, en plus de la présence d'un port), mais l'encombrement de la ville est telle qu'on y trouve des hangars pleins de vivres qui ne peuvent être acheminés sur le front. Le Sud pressure en somme ses campagnes, avec une politique sociale trop limitée pour pallier le manque de main d'oeuvre qui s'y fait jour suite à l'envoi des hommes sur le front: la misère s'installe, et les lettres des soldats dépouillées par les historiens sont parlantes à cet égard: beaucoup quittent l'armée pour tenter d'empêcher leur famille de crever de faim. Il faut y rajouter un enthousiasme initial qui s'émousse vite: on passe d'un afflux de volontaires au début du conflit (dont près de 200000 restent bloqués dans les dépôts, car on n'a pas de quoi les équiper), à une conscription obligatoire, seule à même de conserver des effectifs jugés suffisants. Les exemptions accordées sont vite impopulaires, et renforcent l'idée d'une guerre de riches faite par des pauvres. Il faut aussi noter la permanence, variable selon les lieux, d'un sentiment unioniste bien réel: les Allemands du Texas (29% de la population de l'état) sont plutôt opposés à la sécession.
  15. Concernant les désertions, il faut apparemment tenir compte de l'action de cercles pro-unionistes (comme l'Ordre des Héros: https://www.civilwar.vt.edu/wordpress/the-secret-societies-of-the-south-southern-unionist-societies-during-the-civil-war/), qui, à mesure que la situation militaire se détériore, amplifient leur propagande. Si on y rajoute les effets de la mobilisation inadéquate des ressources du Sud et la ponction sur cette société agraire, cela donne déja pas mal de mécontentement. Il faut tenir compte également de la situation particulière de chaque état: la Virginie perd une bonne partie de son territoire qui devient Virginie-occidentale, la Caroline du Nord est très travaillée par les pro-union, la Géorgie a une classe politique pro-confédérée mais qui critique tout ce que fait Richmond... Pour les chiffres, comme j'ai quelques jours en ce moment, je reprends cela et je vous fais un compte-rendu de ce que j'ai. Le chiffre, de mémoire, est tiré de ceci : https://en.wikipedia.org/wiki/Official_Records_of_the_War_of_the_Rebellion