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AIR-DEFENSE.NET

Jésus

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Everything posted by Jésus

  1. Oui c'est bien cet aspect de "perte" et de régression qui frustre le Kremlin alors qu'il a en tête la grandeur et la puissance de l'URSS. Les russes ne supportent pas de voir qu'ils perdent en influence, en respect, en puissance, ils veulent encore se penser à la hauteur de l'OTAN, l'équivalence aux américains, ça en devient un complexe d'infériorité qui pousse à mener une politique cherchant des gains à court terme, cherchant du symbole, de la démonstration de force et qui construit une perte de long terme. La Russie d'aujourd'hui n'a que son armée pour s'affirmer et se convaincre de sa puissance, elle use de cela, acceptant le risque. Quand elle sait qu'elle peut le faire, elle le fait et quand la Russie dit ne pas vouloir voir l'Otan se répandre, ce n'est pas pour sa sécurité, c'est car elle sait que cette expansion l'empêchera d'agir militairement. Si la Russie pensait peut-être retourné l'Ukraine en sa faveur il y a quelques années, je pense qu'ils comprennent que ça ne se fera pas, que leur influence n'est plus ce qu'elle était et que sans la Crimée, sans l'Est du Donbass, il y a une population russophone qui penchait dans la balance en faveur des intérêts russes qui ne "participent plus". Le Kremlin considère sans doute aujourd'hui l'Ukraine comme perdue, qu'elle rejoindra l'Otan à un moment donné et que ces dernières semaines ils ont cherchés à le confirmer (pas à négocier). Donc dans cette condition, les russes vont prendre ce qu'ils voudront prendre dans un esprit ou il n'y a plus rien à perdre en Ukraine et ou tout ce qui peut être pris doit être pris avant que ce soit impossible de le faire. Au Kremlin, j'ai l'impression qu'on fonctionne comme au siècle dernier, derrière une carte du monde, on se rêve en conquérant, on dessine des frontières, on partage des pays avec d'autres puissances, on se réserve des "zones" d'influences" pour avoir des vassaux. Mais ce monde là n'est plus, la Russie ne veut pas l'entendre, ne veut pas le voir, ne veut pas le reconnaitre. On le voit encore dans les dernières exigences du Kremlin ou l'on décide du sort de l'Ukraine sans l'Ukraine, ou l'on se partage l'Europe et ses zones d'influences. En Syrie c'est pareil, la Russie qui offre à la Turquie des territoires syriens sans que la Syrie d'Assad ne fasse partie des tractations alors que les russes, leurs alliés, prétendent oeuvrer pour l'intégrité territoriale du pays. La Russie reste un pays dont le pouvoir exerce encore énormément une politique géographique ou les territoires sont des enjeux, des monnaies d'échanges centraux. Donc on ne peut pas penser que la Russie ne va pas vouloir prendre du terrain en Ukraine quand c'est semble t-il la seule chose à sauver et à gagner dans ce pays avant qu'il ne soit trop tard (adhésion à l'Otan).
  2. Ces deux seront les suivantes, Ménaka via Takuba, Gossi via l'armée malienne. On va vraiment être concentré sur Gao, Takuba en complément. La réarticulation de Barkhane touche principalement le Mali. On annonce un passage de 5000 à 3000 d'ici l'été, mais la plupart de cette attrition est au Mali. C'est un grand déménagement, le plus compliqué logistiquement a été fait, Kidal, Tessalit et Tombouctou. Ensuite il y aura aussi une grosse phase logistique qui se fera à partir de Gao et vers Abidjan pour le retour en métropole pour l'équipement en espérant que tout se passe bien sur les routes...
  3. Croyez bien que si demain la Russie (re)débarque en Ukraine, tout le monde parlera de la guerre et s'intéressera à cette guerre. Il n'y aura pas l'Otan et les USA humiliés qui feront la une des journaux et seront le coeur des préoccupations du monde diplomatique. Déjà la première chose c'est qu'on constatera que les inquiétudes sur une intervention russe étaient fondées, donnant de la crédibilité à ceux qui avançaient cela, la Russie qui mentait et manipulait le monde sur ses intentions montrerait encore une fois qu'on ne peut pas lui faire confiance (même si sa propagande retournera cela dans tous les sens pour faire croire au contraire). L'occident ensuite sera dans le dilemme de la réponse à apporter et c'est là tout l'enjeu. On sait déjà qu'il n'y aura pas d'intervention militaire, mais essentiellement économique. Une aide à l'Ukraine sous forme de livraisons d'armes n'est pas à exclure également, ainsi qu'une pression et un renforcement de l'Otan à l'Est, en mer noire. Pour moi le court terme (les premiers jours/semaines) ce sera cela. Je pense déjà que si la Russie intervient en Ukraine, elle ne cherchera pas à prendre tout le pays et que le fleuve Dnipr est une frontière naturelle qui remplit parfaitement un objectif militaire avec Kiev comme point particulier qui est à cheval sur le fleuve et ou la partie orientale serait prise mais pas la partie occidentale qu'on laissera à un pouvoir ukrainien. Les russes ne se gêneront pas pour forcer les populations n'acceptant pas leur présence à passer de l'autre côté du fleuve, ils n'hésiteront pas à le faire de force pour d'autres "résistants". L'occupation peut être alors largement simplifiée et tenable sur le long terme, surtout en constituant une force locale avec les populations favorables aux russes. Le fleuve permettant d'éviter une ligne de front militaire qu'il faudrait tenir avec de nombreuses forces armées. On en sera à des checkpoints des deux côtés des différents ponts, quelques petits patrouilleurs. En théorie, ce plan est le plus logique, le plus réaliste, le moins problématique d'un point de vue militaire, tant pour la phase offensive que la phase ou il faut tenir le terrain sur le long terme. La Russie pourrait justement exercer ensuite une pression pour "négocier" avec cette nouvelle Ukraine totalement ravagée et affaiblie afin qu'elle s'engage à ne pas intégrer l'Otan sous peine que l'offensive russe se poursuivra (même si ce n'est pas dans les plans). Bien entendu cette théorie qui est dans les intérêts russes, si on le laisserait comme il est, serait mise en pratique sans problèmes. Sauf que c'est bien là ou nous entrons en jeu pour amener à ces "gains" recherchés par les russes, soit des pertes qui feraient que le jeu n'en vaut pas la chandelle, soit faire échouer ce plan. Donc les sanctions économiques, la rivalité et la perte de confiance sur le long terme qui condamnerait nos relations avec elle (et ou la Russie cherchera du côté chinois de quoi combler (en partie seulement) ce problème) participe à faire que le jeun 'en vaut pas la chandelle, que les pertes de longs termes seraient plus fortes que les gains territoriaux. On est pratiquement certain qu'on aura droit à cela, par contre on ne sait pas vraiment si on va chercher à faire échouer les russes dans ce plan. Cela passerait comme je l'ai mentionné plus haut, par un soutien militaire indirect à l'Ukraine pour effectuer un effort militaire, dans ce jeu là, on miserait très clairement sur une défaite militaire russe, un bourbier qui irait exaspérer l'opinion publique. Car autant on peut imaginer une guerre facile et presque propre entre une armée russe avançant dans des plaines et prenant à revers une armée ukrainienne incapable de tenir ses positions, autant on peut avoir des villes se transformant en nid de guêpes à la sauce Grozny avec lesquelles l'action militaire russe (destruction massive, pertes civiles.) passeraient de moins en moins pour d'une faire accepter l'occupation russe et de deux d'amener des pertes militaires importantes qui agiteraient la société civile russe. Donc il ne faut pas trop se fier aux forces militaires sur le papier. Une notion particulière peut être évoquée, c'est celle visant la Biélorussie (qui fait partie des intérêts russes). Si ce pays est acteur de l'offensive russe, soit directement au combat, soit en servant de passage ou des bases arrières aux forces russes, l'occident pourrait agir plus fortement contre ce pays, plus facilement d'autant plus qu'on sait qu'il y a un courant d'opposition au gouvernement qui est fort. Autre élément qui peut jouer contre la Russie, c'est la Syrie. Elle y est engagée militairement, l'occident pourrait avec l'aide d'autres acteurs du coin, chercher à affaiblir le camp Assad. On pourrait presque imaginer un retour en grâce d'une coopération avec la Turquie en la soutenant dans une conquête territoriale. Indirectement, en infligeant des pertes au camp Assad, on infligera des défaites aux russes, on poussera à tenir un autre front avec des contraintes logistiques et militaires (car l'Ukraine pomperait tout) qui limiteraient les possibilités russes.
  4. Une solution pour ceux qui ne peuvent plus utiliser "citer" , en désactivant le bloqueur de pub type ABP (chez moi) ça refonctionne Je ne sais pas si pour tout le monde c'est la même chose.
  5. Je rejoins Rob1, il ne s'agit pas d'une négociation, il s'agit d'une proposition qui se veut dès le départ non acceptable. Soit le Kremlin est vraiment encore à s'imaginer 30 ans en arrière soit il cherche effectivement un prétexte justifiant ses craintes pour lancer son opération militaire en Ukraine. Ainsi la Russie interviendra pour sa "sécurité" afin d'éviter que l'Ukraine intègre l'Otan ou du moins ne se fasse envahir et occupé par l'Otan du point de vue russe. Ce n'est pas une petite affaire de communication sur laquelle on assiste, c'est bien un prémisse à une guerre injustifiable qu'il faut pouvoir justifier principalement au peuple russe.
  6. Et des gens continuent de crier que la Russie n'utilise pas le gaz comme une arme géopolitique, qu'on doit lui faire confiance les yeux fermés... De toute façon c'est toujours les "autres" le problème, la Russie est une victime qui ne ferait que "répondre"
  7. Le conflit du Donbass a une particularité qui est problématique pour la Russie, c'est qu'officiellement elle n'y est pas. Moscou n'avait jamais envisagé mener une guerre dans le Donbass, la Crimée a été un opportunisme à sa portée en raison d'une politique ukrainienne bordélique, d'une présence militaire sur place et d'une population pouvant l'accepter. A l'époque, l'Ukraine semblait toujours "partagée" dans un esprit pro-européen et pro-russe et on peut penser que l'action russe dans l'Est ne visait pas à créer un conflit armé, mais bien un coup d'état à sa faveur, faire triompher le camp pro-russe. C'était donc pour la Russie, d'appuyer clandestinement le "local" pro-russe pour reprendre l'Ukraine sous son influence sans que cela ne passe pour être de son initiative. On peut penser que le Kremlin espérait voir l'Ukraine rebasculer (peut-être même avec le retour de Ianoukovytch) et que le cas de l'annexion de la Crimée lui soit accordé légalement par une négociation (aide économique par exemple) avec Kiev. Sauf que cette reconquête qui se voulait "populaire" n'a pas fonctionné car Kiev s'est mobilisée pour mâter les rebelles et c'est à ce moment qu'on est entré dans un conflit militaire. Les russes n'étaient tout simplement pas prêts à cela et il est important de comprendre qu'une guerre ça se prépare, qu'une armée ça se mobilise et que ça prend du temps, ça prend des mois, on n'envoie pas l'armée en un claquement de doigts, on ne définit pas en une semaine la stratégie et la tactique d'une guerre. La Crimée n'a pas vue débarquer énormément de forces russes, le fait que ce soit un territoire relativement isolé permet de la contrôler facilement vis à vis de l'Ukraine. Le Donbass c'est autre chose. Les russes ont soutenus indirectement une guerre qui allait se perdre au profit des forces ukrainiennes. Amenant des hommes, des armes et en laissant supposer qu'ils sont tous des locaux représentants de la population. Mais cette aide était en réalité une sorte de "réflexe" pour ne pas perdre la face devant une Ukraine qui ne rebasculerait pas dans le camp pro-russe, mais n'était pas du tout dans un projet de conquête militaire de l'Ukraine par la Russie. C'est pour ces raisons que la Russie restait à l'écart, que ce conflit était sans objectifs concrets et que donc les russes acceptaient un "gel" après avoir mis l'armée ukrainienne en difficulté dans une contre offensive. Le problème c'est que cette situation pour Moscou n'est pas la même que celle pour Kiev. Du côté russe le Donbass est un moyen de tenir l'Ukraine sous pression, mais du côté ukrainien ça reste un territoire lui appartenant et pour lequel l'action militaire de reconquête est très probable en raison justement du fait que la Russie a depuis le début décidé de ne pas s'y ingérer directement. Ainsi Kiev se réarme lentement mais sûrement, acquérant des capacités nouvelles qui perturbent le rapport de force établie sur place qui pouvait prévaloir alors. Les drones, les Javelin et d'autres éléments apportent des briques qui modifient la donne. On le voit récemment, les drones d'attaque acquis à la Turquie ne passe pas, l'exemple arménien (mais pas que) est dans les esprits, les russes ne se plaignent pas par "principe", c'est que c'est véritablement ce qu'on qualifie de "game changer" sur lequel l'équipement pro-russe du Donbass est vulnérable et pour lequel on ne peut pas trop pousser à y envoyer de gros moyens sol-air qui d'une démontrerait de facto l'engagement russe et de deux amènerait de nouveau une responsabilité sur la destruction du vol civil de la Malaysian que le Kremlin cherche à éviter. On a beau se dire que pour l'instant cette menace n'est pas grande, quelques drones ne font pas la différence me direz-vous, mais l'Ukraine compte en acquérir bien d'autres, d'en construire sur place même. Si pour vaincre l'armée russe ça semble insignifiant, il en est autrement pour vaincre les forces présentes au Donbass qui sont "taillées" pour affronter l'armée ukrainienne de 2014, c'est à dire un combat direct au sol ou le ciel est dégagé et ou celui qui a l'artillerie bénéficie du meilleur appui à disposition. Ce réarmement de l'Ukraine va prendre de l'ampleur et ils cherchent justement des moyens "nouveaux" qui placera la Russie dans une situation moins confortable. On le voit encore au niveau naval avec le partenariat engagée avec la Turquie pour l'acquisition de corvettes (qui ne sont pas forcément d'un niveau inférieur aux grands navires russes de la mer Noire, de la relance de construction de corvettes (dont certaines déjà en chantier depuis un moment), avec l'aide britannique notamment, de la livraison de plus en plus de petits navires. Ces moyens peuvent sembler pas assez suffisants pour vaincre la marine russe, mais l'objectif n'est pas là, l'objectif c'est de contester à la Russie une domination maritime locale. C'est cette "perspective" qui inquiète les russes, car si aujourd'hui ce sont les navires/avions de l'Otan qui emmerde la suprématie russe en mer noire, demain il y aura un voisin qui emmerdera bien plus qu'actuellement et forcera les russes à devoir augmenter leurs propres moyens pour y faire face. Alors quand aujourd'hui on a un navire ukrainien sans armement qui s'approche du détroit de Kerch ou qu'il s'agit d'une petite vedette avec 5 marins à bord, pour la marine russe c'est tranquille, la garde côte est suffisante. Mais si demain ce sont des corvettes de 2500t , comprenez que le rapport de force ne sera plus le même. Le réarmement de l'Ukraine n'est pas massif, il ne se fait pas non plus sur une très courte période, mais il constitue un danger croissant pour la Russie, car cette Ukraine ne lui est plus amicale, que la prise de la Crimée ne passera pas, que le Donbass ne passera pas et que ces actions russes qui au départ étaient adaptés à l'opportunisme de situation, deviennent des problèmes de long terme qui font perdre l'influence russe sur l'Ukraine et augmente celle de l'Otan. Pour le Kremlin la donne a changée et elle va changer à l'avenir. Le risque de voir l'Ukraine obtenir une armée "problématique" qui exercerait un contre poids local à l'hégémonie russe dans la zone est réel. Le risque de voir l'Ukraine faire une guerre pour reconquérir le Donbass un peu comme les azerbaïdjanais est très plausible du fait justement de la non implication directe des russes. Le risque de voir l'Ukraine intégrer l'Otan est probable à moyen terme. Le risque de voir l'occident armer et soutenir l'Ukraine pour conduire une phase de reconquête du Donbass et même de la Crimée est assez logique stratégiquement par rapport à la politique russe. Donc il est normal pour la Russie de se trouver une stratégie qui va réduire ou éliminer ces risques. Si en 2014 (et après) attaquer l'Ukraine directement n'était pas dans les cartons, que ça n'avait aucun intérêt car cela ne faisait pas partie d'un "plan", il en va autrement désormais. Car l'Ukraine semble effectivement "perdue" pour les russes, elle s'en détache de plus en plus et son influence se réduira continuellement. Difficile d'imaginer le retour d'un parti pro-russe dans ce pays. Faire la guerre à l'Ukraine ne serait pas la recherche d'un gain économique, c'est purement politique, militaire et idéologique. Je suis du même avis que Snapcoke, une invasion ne serait pas totale, elle aurait pour limite le fleuve Dnipr, afin d'avoir une frontière naturelle facile à contrôler, afin d'éloigner le problème autour de la mer d'Azov, régler le problème d'eau en Crimée. Une invasion limitée de ce genre permet de maintenir un état ukrainien, une identité ukrainienne et permettra d'expulser facilement les récalcitrants d'une occupation s'ils ne partent pas d'eux mêmes. Ainsi les troupes aux portes de Kiev, les russes pourront imposer une négociation. Les russes pourraient alors faire reconnaitre à Kiev la souveraineté russe sur la Crimée et pourrait imposer un partage du pays avec la partie Ouest et la partie Est (type RFA /RDA) ou la Russie exercerait un rôle d'accompagnement pour la montée en puissance d'une autonomie afin de ne pas persister comme un occupant. On ne peut pas dire qu'un tel plan n'est pas sérieux et ne remplit pas les intérêts de la Russie. Cette dernière sait que le temps ne joue pas pour elle et que ni les accords politiques, ni les pressions ne marchent. Encore là le secrétaire général de l'Otan refuse que l'on interdit à l'Ukraine de rejoindre l'alliance. Pour Moscou, la gesticulation militaire, médiatique politique marche de moins en moins, le risque d'une guerre ne fait rien changer à la situation, Moscou n'obtient pas ce qu'elle veut, que ce soit dans la reconnaissance de la Crimée, l'autonomie du Donbass, la non adhésion de l'Ukraine à l'Otan, la non livraison d'armes à Kiev. Ils n'ont rien. Au bout d'un moment vous vous devez d'agir pour ne pas perdre la face, pour na pas paraitre faible et pour éviter de trop perdre. Vous cherchez à gagner des choses. La seule problématique n'est pas l'envie russe d'obtenir ces gains, c'est la légitimité pour y arriver, c'est l'imprévu de l'action. L'imprévisibilité des ukrainiens dans un combat, car les rapports de force sur la papier et la réalité peuvent être bien différentes. L'imprévisibilité de l'opinion russe devant une guerre pas assez justifiée qui verrait son lot de morts, nous ne sommes pas dans la grande guerre patriotique là, même si on sent qu'on joue sur certains refrain (génocide à venir, les nazis de Kiev etc..). Mais également l'imprévisibilité internationale, comment va réagir les occidentaux, quelles sanctions? Vont-ils armer et soutenir l'armée ukrainienne dans le combat. Ce sont uniquement ces éléments qui font douter la Russie. Quand elle prépare son armée comme maintenant, ce n'est pas juste une manoeuvre habituelle, arrêtons de croire que pour l'armée russe on déplace des armées comme on déplacerait des équipes de foot chez nous. Une guerre ça se prépare, une armée ça se mobilise et se prépositionne, la réflexion du pour ou du contre le Kremlin doit la calculer depuis un moment et on ne peut pas dire avec certitude que tout cela c'est une illusion occidentale quand dans le même temps on a le fort sentiment que dans les communiqués officiels, les médias publics russes, on semble chercher un casus belli légitimant une action de force. Les russes semblent vouloir attendre une "occasion" d'intervenir en cherchant à provoquer une action en face.
  8. Très bientôt on aura droit à la menace nazi pour faire réapparaître la menace de la 2e GM et faire mijoter l'unité nationale de la grande guerre patriotique... Après Maiden et avant la Crimée, on avait le même discours. La Russie réfute une volonté d'envahir l'Ukraine mais elle va jouer la légitime défense afin de donner une raison "noble" d'une agression. Non la Russie ne veut pas envahir l'Ukraine, mais elle sera "obligée" de le faire... Paul affirme qu'il ne veut pas se battre avec Jacques, mais Paul continue de lui jeter des pierres en disant que si Jacques s'énerve et lui renvoie une pierre il sera contraint de se défendre, c'est "légitime" !
  9. C'est tout le problème, il ne s'agit pas savoir ce que la Russie pense. La diplomatie a des codes, des règles, des pratiques qui sont communes et reconnues. C'est ce qui donne de la valeur à un traité par exemple. La Russie n'est pas une exception à cela , elle joue comme tous les autres le jeu de la diplomatie, des traités. Prétendre que l'Otan a promis de ne pas s'étendre à l'Est , c'est prendre les russes pour des amateurs en imaginant que la parole suffit. Un tel accord se met par écrit, se signe et engage les pays des signataires et pas seulement les personnalités qui le signe. La Russie n'aura aucun problème a sortir un traité vieux de 200 ans signé par le Tsar pour défendre un territoire qu'elle détient mais rechignera à concéder aux autres. La Russie est beaucoup trop dans son propre monde et avec ses propres perceptions. C'est une attitude qui en diplomatie n'offre que méfiance et sa parole offre peu de sérieux. D'où le besoin permanent de vouloir un rapport de force pour imposer des choses et une impossibilité à dialoguer car la seule chose qu'ils acceptent c'est que nous acceptons ce qu'ils veulent. L'Ukraine a des frontières reconnues internationalement, l'ONU comme garant et témoin. Tous les pays membres reconnaissent les autres états. Ce n'est pas une question de ce que la Russie considère ou non , ni une question de ce que les américains considèrent, c'est ce que l'ONU considère et c'est elle qui donne la légitimité. Une modification de frontières ou une indépendance peut se faire par des principes connus et reconnus, des traités, des référendums. Mais ça n'est pas une façade, un référendum se fait par le pays concerné, c'est à dire l'Ukraine et se fait sous la supervision de l'ONU. Notre référendum en Nouvelle Calédonie est supervisé par l'ONU. C'est pour ces raisons que le référendum russe en Crimée n'a aucune valeur, ces pour ces raisons que les russes n'aiment pas l'ONU , qu'ils font tout pour qu'elle ne soit jamais présente, du Donbass à la Géorgie, il n'y a pas de légitimité dans leurs intérêts qui est reconnue, seul un rapport de force. Les russes sont aussi les seuls à créer leur propre force de maintien de la paix en lieu et place des casques bleus à l'ONU. Je ne parle même pas de leurs méthodes cachées pour faire des soutiens militaires qui échappent aux conventions avec leurs mercenaires. Une armée conventionnelle, donc qui suit des conventions (Genève etc.) sont soumises à des principes qu'on nomme souvent les lois de la guerre et c'est ce qui caractérise les forces armées légitimes des forces illégitimes. Et si les russes aiment évoquer des conseillers, des formateurs ou autres, c'est qu'ils savent parfaitement que des opérations violentes menées par ce genre de mercenaires est condamnable , qu'elle peut amener à des mesures à son encontre. Les russes sont systématiquement en train de se jouer de tout, seul contre tous et c'est ce qui pourrit les relations, c'est ce qui fait perdre aux russes leur crédibilité diplomatique, gèle des conflits qui ne peuvent pas se régler par des traités car ils ne jouent pas le jeu. On se retrouve avec des territoires comme la Transnistrie, l'Ossétie du Sud, l'Abkhazie,le haut Karabgh, le Donbass... C'est sans fin et sans solutions, pas la faute des "autres" qui ne veulent pas faire plaisir aux intérêts russes, mais car la diplomatie mondiale (ONU) ne va pas dans les intérêts russes et que ces derniers devraient finalement céder bien des choses en concordance des droits et des légitimités de chacun pour trouver la paix. L'ONU est le médiateur internationale pour tous les conflits du monde, regardez bien dans tous les conflits ou la Russie est impliquée, l'ONU n'est jamais autorisée ni présente pour faire ce travail. En Ukraine on va chercher un "format Normandie" en Syrie c'est un format "Sotchi" , en Géorgie un format " Sarkozy". L'ONU toujours écarté et si elle est saisie, c'est le veto. Posez vous les bonnes questions, au même titre que les personnes qui n'aiment pas la police sont rarement celles qui respectent la loi et ont les mains propres, peu importe leurs appréciations de la justice et de leurs intérêts personnels.
  10. Le brouillage n'est pas aussi facile qu'on se l'imagine. Tout d'abord car le brouillage ciblé est compliqué car les équipements ne sont jamais sur les mêmes fréquences, il s'agit là d'une contre-mesure face au brouillage. On a du chiffrement numérique, des sauts de fréquences ou encore de quoi trouver une fréquence non soumise à un brouillage. Ceci pour éviter l'écoute, l'interception et le brouillage. Ces choses sont importantes pour tous les systèmes, de la radio au drone, en passant par les satellites et c'est ce qui va différencier un matériel civil d'un matériel militaire. Dans le civil on s'en fout un peu, on a son système qui fonctionne sur telle fréquence et naturellement le brouillage est facile, même accessible au grand public (brouilleur de téléphone par exemple). Si les Turcs ont leur drone Bayraktar qui n'a pas un système pour contrer le brouillage, ben pour les russes (ou autres) ce sera facile de le brouiller, d'en capter les émissions vidéos voir d'en prendre le contrôle. Bien plus compliqué si ce n'est pas le cas. Vu que dans le monde militaire moderne la contre-mesure existe, le brouillage est généralement global, c'est à dire qu'il perturbe toutes les fréquences possibles. Ce genre de systèmes ont l'avantage de toucher très certainement une fréquence recherchée, mais ont le gros désavantage de brouiller également vos propres réseaux. Quand vous menez un combat offensif, tel que le scénario d'une invasion de l'Ukraine, les russes auront besoin de leurs communications et la guerre électronique qu'ils mèneront ne sera pas celle du brouillage mais plus de l'écoute du réseau civil et des matériels de transmissions qu'ils connaissent bien. Le brouillage ciblé peut se faire, mais sera compliqué dans un champ de bataille qui évolue. Pour les satellites américains, le signal émis et reçu ne se trouvera pas en Ukraine et s'il était possible de brouiller un satellite, on ne chercherait pas à les détruire avec des missiles. Les russes n'iront pas provoquer les américains en détruisant un satellite Donc avoir des moyens de brouillage est une chose , le cibler sur les moyens adverses sans être handicapé en est une autre. Il est bien plus préférable de faire un travail d'interception des communications pour obtenir du renseignement que de brouiller sans rien savoir. Il y a de grosses limites dans le brouillage, il ne faut pas non plus trop le phantasmer.
  11. Réalisme non assumée politiquement et opportunisme devant une situation géostratégique dans laquelle la Turquie seule ne peut pas se placer.
  12. Erdogan comme tous les autres ne se remettra pas en question, le problème ce n'est pas lui, c'est tous les autres!
  13. C'est bien connu que pour empêcher l'Otan de s'étendre à l'Est, l'idée originale russe s'est de foncer vers l'Ouest pour s'approcher de l'Otan.... Le truc c'est de savoir si en cas d'offensive russe , ceux qui disent que la Russie n'est pas stupide à ce point, qu'elle n'a aucun intérêt de le faire, que c'est un fantasme des ukrainiens ou de l'Otan se remettront en question et regarderont différemment la Russie, ou alors s'ils afficheront leur parti pris de la rhétorique. Attendons donc, si la Russie est une nation pacifique et victime de préjugés occidentales, on le verra bien....
  14. Jésus

    Eurofighter

    Qui a osé faire remonter le fil de l'Eurofighter? Laissons le au fond des abysses.
  15. La réalité, c'est que l'ennemi fuit les forces françaises, ce n'est pas l'Afghanistan et ses embuscades. Nos véhicules n'ont même pas d'impacts de balles, même ceux qui ne sont pas blindés ne sont pas pris pour cible. La menace reste celle des IED, celles des SVBIED, ceci depuis Serval. Pour les RPG, il y en a très peu, c'est presque de l'exception. L'armement des types d'en face c'est essentiellement de la Kalash et de la PKM, c'est très léger et c'est ce qui explique qu'ils ne combattent pas. Ils ont de rares mortiers, de rares mitrailleuses lourdes, quelques roquettes de 122mm, tout cela étant principalement l'héritage des pillages de 2012 de l'armée malienne mais aussi de temps à autres des prises de guerre lors de raids sur les armées locales. Il n'y a pas un gros réseau de ravitaillement comme on se l'imagine depuis la Libye, les voies d'acheminements sont si longues, si rudes avec des terrains compliqués que bien souvent le trafic se résume à de petites armes souvent démontées. Le jeu n'en vaut pas la chandelle tout simplement, trop risqué. Donc on a pour l'instant la chance d'avoir au Sahel un ennemi qui est faible et ou sa seule "force" ce sont les mines. Pour le Griffon le danger est là, il a plus de chance de rouler sur une mine que d'avoir un impact de balle sur tout le parc engagé et c'est pareil pour tout le reste. Les kits se veulent justement adaptatifs et non pas automatiques. Le blindage additionnel est lié à la menace IED mais aussi dans l'intérêt de l'évaluation opérationnelle (on pousse au maximum les contraintes), car ce déploiement du Griffon a un objectif qui vise à amener un retex et à trouver des problèmes ou des choses à apporter. Mais c'est vrai que pour l'instant il est plutôt très positif et pas seulement en comparaison du VAB.
  16. Des filles ou des gars, faut se mettre à jour de la société "moderne" bon sang!
  17. La relation inter-étatique reste quand même l'essence même de tout contrat d'armement. On vend avant tout à des pays qui sont proches de nous et à qui on est prêt à faciliter les payements. La qualité du Rafale se fait ensuite et permet de convaincre de s'engager à ceux qui hier, même chez nos alliés, pouvaient s'interroger. Car dans les considérations plus techniques, le combat proven est important, mais ce qui compte aussi c'est d'envisager le futur. Le Rafale et un avion omnirôle et évolutif, on n'est même pas complètement équipé qu'on est déjà à travailler sur des améliorations avec des délais très court. Ceux qui achètent le Rafale aujourd'hui savent qu'ils n'auront pas de problèmes pour le moderniser à mi vie et à maintenir un avion au top. Plus il y a d'opérateurs de l'avion, plus on est rassuré sur l'évolution de l'avion, son soutien. La polyvalence des munitions proposées et la carte "indépendance" qu'on joue sont aussi attirants. Cette commande va conforter les clients actuels du Rafale, mais va aussi faire interroger les potentiels autres clients qui sont bien plus tiraillés par l'enjeu politique que par l'avion lui même. Le cas Suisse d'il y a plusieurs années (avec le Gripen) qui usait du Rafale que "personne ne veut" afin de justifier sa mise à l'écart en est un exemple. En réalité il y en a qui doivent s'agacer de cette situation, notamment ceux qui n'ont pas choisis le Rafale par le passé dans les compétitions dans lequel il était engagé. Mais c'est aussi le cas des indiens, qui trop hésitants avant de l'acquérir a perdu du temps et doit se dire qu'elle était stupide de ne pas l'avoir commandé en plus grand nombre, quand on voit l'Egypte ou les émirats en prendre par dizaines. Ils pouvaient hier se donner l'image d'une "exception" avec 36 Rafale, y allant avec légèreté et un certain recul dans son choix, il persiste dans ce pays tout un lobby qui cherche à descendre le Rafale en le faisant passer pour une erreur, un avion trop cher, cherchant des affaires de corruption etc. La multiplicité des clients et les volumes chez ces derniers font que l'Inde va avoir un regard qui va favoriser le Rafale, cet avion ne peut plus (après cette année 2021) être acheté avec hésitations et scandales, le Rafale devient un avion commun et le temps n'est plus permis aux indiens d'attendre trop longtemps. On va bientôt se battre pour entrer dans le calendrier de livraison.
  18. C'est confirmé les EAU achètent des F-35...pour un escadron d'agressor à l'entrainement!
  19. N'oublions surtout pas l'essentiel, la relation politique et stratégique
  20. C'est une bonne nouvelle, mais c'est vrai qu'il va falloir revoir la production, surtout avec d'autres potentiels commandes. Car qu'on le veuille ou non, premier arrivé premier servi et certains clients qui temporise vont devoir accélérer leur réflexion pour être livré à temps. Donc il n'est pas exclu que les emiriens vont précipiter d'autres clients. 80 avions, presque autant que notre armée de l'air...
  21. Les sanctions on en parle toujours comme si ça serait un blocus économique de la Russie, mais jamais on va évoquer ce qu'elles sont vraiment. Pour cause, les sanctions prises n'impactent pas le quotidien du peuple russe. Elles visent essentiellement des "personnalités" russes ainsi que quelques flux financiers pour quelques banques (qui peuvent être détournées facilement). Derrière il y a des sanctions qui visent le cas de la Crimée, interdiction d'investir en Crimée, interdiction de fournir à des entreprises de l'équipement pour les besoins de la Crimée et sanctions des entreprises russes actives en Crimée. Enfin il y avait aussi quelques sanctions interdisant les transferts de technologies militaires de l'UE vers la Russie, sanctions pour 3 entreprises d'armement, sanctions pour interdire le transfert des technologies de forage en Arctique. Ajoutons à cela les sanctions américaines qui s'articulent essentiellement sur NS2 et les exportations d'armement. Et ? Ben c'est globalement tout, la Russie répondant derrière par un embargo alimentaire contre l'UE. Donc en soit le peuple russe ne peut pas souffrir de sanctions qui visent essentiellement le cercle de Poutine, la Crimée et le secteur de l'armement. L'embargo alimentaire a fait plus de mal mais c'est Moscou qui se l'est imposé car ils savaient pouvoir investir dans ce secteur pour ne pas être trop perdant. Derrière il y a les effets psychologiques des tensions, des sanctions qui ont fait fuir les investisseurs, chuter le rouble etc. Quand le baril de pétrole chute de 10$, ça fait bien plus mal à l'économie russe que les sanctions. Maintenant il y a beaucoup de largesses possibles pour frapper durement l'économie russe dans sa globalité, au niveau des sanctions il n'y a pas grand chose et cela a été symbolique, ce sont bien plus les effets collatérales des sanctions qui ont été emmerdantes (investissements..) Pensez vous aussi que le Kremlin irait pleurer et se mettre à genoux? Le Kremlin a besoin de se montrer fort, la faiblesse n'est pas admise, les problèmes ne sont pas reconnus, tout va toujours bien, droit dans ses bottes, tête droite, on ne laisse rien paraitre, les sanctions renforcent le pays même! Mais il faut comprendre cette "nécessité" de posture qui est adopté et qui tiendra même dans un effondrement total du pays. Poutine qui cède aux occidentaux, ce serait un suicide politique et ce besoin d'exprimer de la force, de la puissance, de la crainte (qui ne date pas de Poutine non plus) , c'est aussi un problème important car il verra dans l'action militaire un gain politique intérieur, que ça permet de détourner l'attention de problèmes internes. Tant qu'on ne veut pas comprendre que Poutine défend son trône au Kremlin sur le dos des "intérêts de la Russie", on ne comprendra jamais certaines choses.
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