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Jésus

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  1. C'est encore et toujours le même "réseau" qui se dit "panafricaniste" et dont le combat politique et idéologique c'est le combat contre la France. Sur les réseaux sociaux ça se donne la main entre groupes et individus de différents pays. Internet donne un écho à leur idéologie à leurs démonstrations/manifestations qui va répéter les mêmes slogans peu importe que vous êtes au Mali, au Burkina, au Niger, en RCA. En fait ce panafricanisme n'est pas global à toute l'Afrique, il est bien concentré sur l'Afrique francophone et il est clairement dirigé contre la France, les intérêts de la France et les alliés politiques de la France. On a l'impression de voir un mouvement qui se veut révolutionnaire, de type Marxiste-communiste et je l'ai déjà dit ici, je le redis, ces mouvements sont soutenus par d'autres états dont l'objectif est de dégager l'influence française pour soit l'affaiblir, soit la remplacer. On observe très souvent dans ces groupes qui se disent patriotes et indépendantistes, contre toutes formes de présences étrangères, faire curieusement exception pour la Russie, pour la Chine, quand ce n'est pas après quelques minutes de dialogue, un appel très nette à voir ces pays s'installer chez eux dans une logique de remplacement. Je le redis il n'y a pas un de hasard dans cet attrait vers ces pays, cela ne tombe pas du ciel. Je ne dis pas que ces pays sont les créateurs de ces groupes et mouvements, mais qu'ils en sont des soutiens, sur le plan financier, politique, médiatique mais qu'ils cherchent également des soutiens militaires capables de faire un coup d'état... Il faut savoir que ces mouvements ne sont parfois pas représentatif de la majorité, mais par contre ils agissent pour être vu et entendu et ils exploitent parfaitement les réseaux sociaux pour créer un effet de masse avec la profusion de commentaires avec des multitudes de pseudos qui servent à donner de la diversité à ceux qui font cela toute la journée, dans les sites et réseaux locaux, mais ils viennent aussi chercher chez nous pour nous "attaquer" et pour se confronter à des français, leur défouloir. Quand vous avez 1000 personnes dans une salle qui ne disent rien, il suffit d'un seul individu qui gueule pour que tous ne verront et ne se souviendront que de lui. C'est pareil avec eux, ils sont ceux qui gueulent, ils sont ceux qui se font voir, une manifestation de 500 personnes dans Bamako ça suffit pour l'effet médiatique et pour qu'ils séduisent sur place ou qu'ils vont finir par convaincre les français qu'ils ne sont pas les bienvenus. Et cela marche, combien de français disent et répètent qu'ils ne veulent pas de nous et appellent au retrait total en pensant naïvement sanctionner ceux qui sont contre nous? En vérité, il faut accepter cette opposition et ne pas s'y soumettre, ne pas lui donner la victoire car en agissant ainsi, on ne gagnera jamais rien, on ne se fera jamais respecté, on ne sera jamais craint. Si ces groupes prospèrent et se sentent tout puissant contre la France, c'est par ce qu'on n'accepte pas de combattre des ennemis dès lors qu'ils n'ont pas d'armes dans les mains, qu'on ne pousse pas nos alliés locaux à combattre ces gens, qu'on ne cherche pas à faire de la propagande active qui va donner tort à leur imagination, on manque de fermeté. Par peur d'être clivant en cherchant à plaire à tous, on finit par plaire à personnes et à donner l'avantage à ceux qui font de l'anti-France . On se montre faible et distant, faisant une opération militaire qui manque d'une communication "brute" que le "simple d'esprit" attend (y compris en France), ce qui laisse libre place à l'imaginaire. Nous avons une mauvaise communication, qui n'est tout simplement pas adapté à la société moderne. Les communiqués ne suffisent pas, ne suffisent plus. Le public ne comprend pas une guerre ou l'action sont des mots car les mots sont de moins en moins des faits, car les mensonges, les manipulations, les théories du complot sont passés par là. Aujourd'hui dans ceux qui appellent la France à dégager du Sahel, on voit le discours qui prête à la France d'armer, d'entrainer et d'être derrière les terroristes. Ils disent que nous ne les combattons pas et nos communiqués, qu'ils ne croient pas, ne changent pas leurs avis, au contraire pour eux c'est de la manipulation. Nous allons faire et autoriser des reportages sur l'opération Barkhane, oui on va avoir de belles images de convois, de la vie au camp, mais jamais on ne voit clairement l'ennemi. Cette information participe à deux mauvaises choses, la première c'est celle ou en France on a l'impression de ne rien faire et d'avoir pleins de moyens pour un faible résultat, qu'on tourne en rond, la deuxième c'est celle qui conforte l'imaginaire de ceux qui s'opposent à nous et qui verront dans le terrassement d'une rangée de bastion wall la preuve que la France pille l'or du Mali. On doit arrêter cela, je sais que nous sommes une armée conventionnée, je sais qu'on suit des principes, mais il va falloir cesser de parler, cesser d'écrire et avoir une communication "visuelle". Les images parlent mieux que les mots et il faut satisfaire un "public" français qui veut voir du concret sur l'ennemi, mais aussi pour clouer le bec à ceux qui pensent que nous ne faisons rien ou que nous sommes les alliés des terroristes. L'essentiel des pertes de l'ennemi sont le fait de frappes aériennes et elles sont presque toutes enregistrées. De même que les actions des Tigres ou la surveillance des drones. Nous avons des vidéos qu'on pourrait balancer en nombre sur les médias, les réseaux sociaux et qui pourrait faire un sacré coup à nos détracteurs mais aussi à des français qui parfois n'ont d'autres débats que de savoir ce que veut dire "neutraliser" dans un communiqué de presse. Si officiellement c'est compliqué et d'une certaine façon proscrit de réaliser ces diffusions, faisons comme s'il y avait une "fuite"... Derrière cela, je suis aussi favorable à ce que nous nous attaquions aux têtes "pensantes" de l'anti-France ainsi qu'à leurs relais, d'assumer ce combat et de leur mettre une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le service action de la DGSE doit reprendre des activités d'éliminations ciblées, de sabotage. Ne surtout pas le faire symboliquement une fois ou deux, car le symbole va au contraire galvaniser et victimiser ceux d'en face, il faut en faire une menace permanente qui frappe constamment quitte à embaucher des locaux. Car comprenez bien, tout cela n'est pas juste lié à notre présence, ce n'est pas en partant que ça s'arrêtera, faire cela leur offrira juste une victoire et poussera leur lutte bien à d'autres intérêts français et ils finiront par pousser ce combat jusque dans notre pays. Ils ont une haine, ils cultivent une haine contre tout ce qui est français, du soldat à l'opérateur téléphonique, ils veulent qu'on perde tout, ils veulent l'échec et l'écroulement de la France c'est obsessionnelle. C'est un ennemi idéologique et ces gens là qui disent vouloir lutter contre le terrorisme sont en réalité ceux qui construisent les terroristes de demain, donnez leur des armes et vous verrez s'ils resteront pacifiques. Le monde actuel n'est plus celui d'il y a 30 ans, ou le classique "rentrez chez vous" restait local et épisodique en fonction de rumeurs et d'événements. On est aujourd'hui dans une mondialisation ou ce combat est devenu et devient pour beaucoup celui de leur vie, ou il est permanent, s'étendant et voulant s'étendre à tous les pays dans un esprit parfois de "revanche" de l'époque coloniale (qu'ils n'ont pour l'immense majorité, jamais connue). C'est l'éradication de présence française que ce soit militaire, économique, diplomatique, politique (avec les dirigeants locaux qu'ils jugeront trop proches de nous), mais aussi culturel, historique et finiront par exploiter l'immigration africaine en France, qu'ils victimiseront ou embrigaderont pour mener le combat idéologique ici, quand il ne deviendra pas un combat armé et terroriste. Ne prenons pas cela pour un simple ras le bol de Barkhane, c'est bien plus que ça, bien plus qu'une simple question locale et qui cessera avec notre départ. Il ne faut pas non plus penser qu'avec notre retrait, les terroristes leur donneront tort, ils sont au contraire typiquement ceux qui seront leurs alliés, déjà prêts au Mali à "négocier" avec eux. Que le terroristes se jouent par la suite d'un combat axé contre la France et vous allez voir que les volontaires de ces groupes seront nombreux et ne penseront pas rejoindre un combat islamiste ou terroriste (même s'il le restera d'une certaine façon) mais un combat contre la France.
  2. 3 semaines pour faire la guerre ou pour gagner la paix et éviter un bourbier de plusieurs années alimenté par l'OTAN ? Il ne faut pas simplement comparer deux armées sur le papier pour se demander qui va gagner, la guerre on sait comment elle commence, mais rarement comment elle se termine et ce qui peut sembler simple au départ peut tourner au vinaigre assez vite. Les principales zones russophones d'Ukraine sont dans les mains russes. Plus ils vont aller à l'ouest, plus il y aura des populations hostiles qui fabriqueront des résistants et deviendront un problème sur la durée à une armée d'occupation. La zone de manœuvre territoriale russe est limitée à l'Est , descendre à Kiev serait une belle erreur. La Russie ne va pas craindre la guerre contre l'armée ukrainienne sur le papier, elle va craindre l'imprévu, craindre un risque de conflit insurrectionnel sur la durée, craindre les réactions et actions occidentales pour la sanctionner, la combattre (indirectement par l'Ukraine, ce n'est pas la Tchétchénie isolée, l'Otan borde l'Ukraine) et exercer une pression militaire. Craindre la réaction de la population russe quand les conscrits rentreront dans des boîtes ou que l'économie dégrade son niveau de vie (sanctions, baisse du rouble, coût de la guerre...). Craindre de ne pas gagner la paix. L'épisode de la Crimée ne peut pas se répliquer à toute l'Ukraine, c'était une péninsule particulière dans une situation particulière pour une action opportuniste évitant l'affrontement.
  3. Non. Il y a une histoire derrière qui fait que le programme d'une automitrailleuse légère voulue par l'armée qui était d'avoir un engin avec 2 mitrailleuses de 7.5mm et d'un lance grenade et qui accoucha de l'AML. AML est devenu le nom d'un châssis et non la fonction du véhicule. D'ailleurs l'AML 60 c'était un mortier, faut-il en conclure qu'un mortier de 60mm est une auto-mitrailleuse légère? Il n'y a pas de débat à avoir, ce n'est pas moi qui cherche à imposer une vision que dieu, mon père m'aurait communiqué, inférieur à 20mm on parle de mitrailleuses et de cartouches, au-delà on parle de canons et d'obus.
  4. Ce n'est pas vraiment du 50/50 si on considère le nombre de personnes arrivés après 1994 sur l'île (environ 17%). L'absentéisme est à prendre en compte, car généralement dans ce genre de référendum, ceux qui veulent que ça change se déplacent plus que ceux qui pensent que rien ne changera (car pensant que le oui ne passera pas), ce qui explique notamment la baisse du non l'an dernier. La Nouvelle-Calédonie ce n'est pas les Kanaks d'un côté (tous favorables à l'indépendance) et les blancs de l'autre. Si tel serait le cas, il y aurait une victoire large du oui dès le premier référendum. Beaucoup de Kanaks sont contre, j'en connais beaucoup qui sont militaires, pas un ne soutient l'indépendance de la N.C. Il faudra bien entendu faire politiquement avec les indépendantistes pour éviter qu'ils ne sombrent dans la violence. Mais il ne faut pas que l'idée indépendantiste persiste dans leur mouvement, il faut leur offrir des prérogatives locales, une acceptation culturelle, de quelques symboles, mais c'est tout. Malheureusement je pense que les indépendantistes tourneront dans une contestation et une opposition continue afin d'arriver à leur indépendance
  5. Le programme VBAE n'est pas lancée et comme je l'ai expliqué, il sera un successeur au VBL, il ne va pas créer une nouvelle capacité. On a des unités qui sont là, qui ont des missions et qui utilisent aujourd'hui le VBL, le VBAE viendra remplacer ce véhicule, il ne va pas remplacer la Sagaie, il ne va pas servir de mini Jaguar. Son côté "agression" ne sera pas différent de ce qu'on voit sur le VBL, c'est à dire celui od'une mitrailleuse pouvant aller jusqu'à une adaptation d'un poste anti-char (mais qui démontable par l'utilisateur pour l'utiliser en débarqué). Le monde évolue, les besoins évoluent, les moyens s'adaptent. Il n'y a pas une norme internationale qui dit que tel calibre=VCI ou tel calibre=cavalerie. Comme toujours ce n'est pas le véhicule qui est déterminant, c'est son rôle et ses missions, qui relève donc d'une doctrine, d'une tactique et des utilisateurs. Le VBCI ne pouvait tout simplement pas avoir un canon de 40mm car à l'époque il n'existait pas et le passage au 25mm était déjà une évolution par rapport au canon de 20mm du 10P tout en représentant une standardisation avec d'autres VCI de l'Otan comme le Bradley par exemple. Comme je l'ai indiqué plus haut, vous verrez que pour le remplacement du VBCI on a de fortes chances de se tourner vers un modèle chenillé avec un canon qui pourrait être celui de 40mm. Car le Griffon va combler un besoin de véhicules à roues fortement protégé, que la haute intensité poussera à développer une composante VCI lourde à chenille pour les 2 brigades concernées, tout cela en lien avec le développement du MGCS. Le Jaguar n'est pas une automitrailleuse (< 20mm = mitrailleuse ; >20mm = canon) il ne faut pas essayer de rabaisser cela par ce qu'on n'est pas content du calibre. Ce n'est pas une question financière qui a poussé à ce choix, ce n'était pas moins coûteux de développer un canon plus gros que le 40mm et d'en retirer le MMP. La cavalerie c'est une mission qui n'est pas juste le fait de véhicules à gros canons. On a le besoin d'un véhicule de reconnaissance et de combat qui soit polyvalent et non axé sur l'idéologie d'affronter des chars adverses. La France possède l'arme nucléaire. Je ne dis pas que c'est un appui-feu massif qu'on utilisera dans un combat intense, je dis que l'arme nucléaire permet aux pays qui l'ont de ne pas "subir" une guerre massive qui irait à user nos forces comme on pouvait le voir dans le passé ou dans des conflits concernant des pays n'ayant pas l'arme nucléaire. Cette réalité qu'on oublie souvent mais qui a un effet phénoménale sur la force militaire a conduit à rendre des conflits impossibles. Non on ne fera pas la guerre à la Russie, à la Chine, aux USA, au RU ou à Israël, peu importe les tensions, les vieux réflexes ou de possibles escarmouches en dehors C'est important car c'est un énorme avantage qui fait que les pays nucléarisé ont une armée conventionnelle qui sert essentiellement à porter des coups ailleurs, à défendre d'autres pays qui se prennent des coups. Notre armée doit se voir sous le prisme de la projection de forces et non pas d'une armée qui va faire la guerre en mode survie nationale comme pourrait l'être un pays comme l'Ukraine, l'Arménie ou d'autres. L'appui feu est donc proportionnelle non pas à une guerre fantasmée qui verrait toute notre armée affronter une autre, mais celle d'un corps expéditionnaire qui peut ou non être au sein d'une coalition. Que ça plaise ou non, la réalité militaire chez nous est ainsi. La question est donc de savoir quelles sont nos ambitions et quels sont les moyens qu'on veut mettre pour cette ambition. On a donc un "contrat opérationnel" qui est globalement de mémoire, 15 000 hommes sur 6 mois. On peut regretter qu'on ne puisse pas aller au-delà, on peut souhaiter comme moi vouloir faire plus, mais pour l'instant c'est sur cela qu'on doit s'intéresser. La puissance de feu est-elle suffisante pour ces 15 000 hommes? Contre qui et avec qui on peut mettre cette force à contribution? On ne va pas chercher trop loin, la guerre de haute intensité qu'on parle, ce n'est pas une guerre d'usure comme à Verdun pour toute l'armée ou on subirait une attrition de dingue et pour laquelle il faudrait établir une économie de guerre pour pouvoir renouveler hommes et matériels rapidement. Beaucoup pensent que c'est cela, mais la haute intensité c'est avant tout une organisation tactique et un comportement dans l'action face à un ennemi équivalent ou supérieur, ce n'est pas une guerre totale. On peut avoir une guerre de haute intensité qui ne concernera à un moment donné que 5000 hommes face à une armée équivalente d'un petit pays, la haute intensité ce n'est pas être capable de résister et vaincre l'armée russe, ce n'est pas qu'une question de volumes. Si on juge que nous n'avons pas les moyens (seuls ou en coalition) de défaire un ennemi trop puissant ou qu'on juge que ça n'en vaut pas la peine, nous ne ferons rien, tant pis, ça fera mal à l'égo, mais ça ne fera pas venir cet ennemi jusqu'à chez nous. Je sais que je me suis égaré dans cette réponse par rapport au fond de votre commentaire, mais je considère vraiment qu'il est important de saisir la réalité militaire qui est la nôtre ainsi que nos vraies possibilités de conflits militaires. La puissance de feu est ce qu'elle est, mais elle n'est pas un tout, car le tout rassemble aussi les moyens aériens. Les véhicules sont un élément du combat, mais c'est avant tout les hommes qui font la différence, ce sont les tactiques, couper les approvisionnements, la logistique, la psychologie qui va jouer sur le moral. Vous pouvez défaire des armées sans forcément les affronter, gagner un combat alors que tout sur le papier vous donne perdant. On se fixe beaucoup trop sur les combats, sur la destruction de l'adversaire, on pense que c'est celui qui détruira les forces de l'autre qui va gagner, sauf que dans tous les conflits depuis la nuit des temps, ce qui fait gagner ou perdre une bataille, c'est la mise en échec stratégique du plan et des positions adverses. On a vue des armées défaites sans qu'elle n'eût utiliser ses moyens militaires, car tout simplement la pensée tactique a été perturbée, les chefs ne savaient pas quoi faire, les unités n'avaient pas d'ordre, ne comprenaient pas ce qui se passaient et finissaient par se rendre. Donc oui, c'est bien d'avoir une puissance de feu, mais ce n'est pas celui qui a la plus grosse qui gagne, c'est celui qui a la meilleure tactique et la meilleure stratégie. Les israéliens en 2006 contre le Hezbollah avait sur le papier une puissance de feu largement supérieure, incontestable, pourtant ils n'avaient pas de stratégies, ils ont usés de vieilles tactiques (la percée blindée) face à un ennemi qui s'y était préparée, qui avait une tactique, des positions et des moyens suffisants pour contrer la supériorité blindée (missile antichar) afin d'amener l'ennemi à un combat égal, d'hommes à hommes. Même si le Hezbollah a subit beaucoup de pertes, il a gagné la guerre car les israéliens se sont retrouvés bloqués tactiquement et se sont retrouvés désorganisés. Ce conflit amena Israël a développer pour ses chars les protections actives contre les missiles et surtout à revoir leurs tactiques. Mais ces protection actives ne se généralisent pas, elles sont déjà coûteuses et elles induisent des effets collatérales qui va restreindre l'usage pour des engins avec du personnel. Cela fait 10 ans que j'entends que ça va se généraliser, oui quelques grands pays en parlent, quelques uns développent des systèmes, mais la généralisation est loin, dans ces pays déjà, mais également à l'ensemble des véhicules blindées (hors chars). Sachant que globalement ces pays ne seront jamais nos adversaires,les plus petits pays sont eux loin d'en généraliser l'usage. Le nombre de chars dans le monde diminue constamment, quoi qu'on en dise, quoi que les nouveaux programmes laissent supposer. La grande majorité des chars restent ceux de la guerre froide, acquis pour pas cher (et pour beaucoup dans un sale état), les nouveaux sont acquis en bien plus faible quantité que par le passé, car les prix ne sont pas les mêmes, idem pour les avions. On continue à vouloir se faire encore peur avec des hordes de chars qu'il faut stopper, mais nous ne sommes plus dans une telle situation. Quand on fait le ratio des chars anciens et récents, quand on fait le ratio de ce qui roule réellement et de ce qui fait office de chiffres pour jouer sur la dissuasion, de ce qui a et pourrait recevoir un système de protection actif (car ce n'est pas un T-55 ou 72 qu'on va équiper avec), ben je peux vous assurer qu'avec un MMP on est encore largement capable de frapper 99% des chars qu'on pourrait avoir face à nous pendant plus de 20 ans. Il est bien plus crucial aujourd'hui de vouloir protéger nos chars à nous des missiles adverses que craindre ces systèmes. Car nos chars resteront (y compris avec le MGCS) l'outil qui fera la différence sur les chars modernes susceptibles de recevoir une protection active.
  6. Le Jaguar émane d'un retex de la Sagaie et du 10RC dans l'usage courant ou il a été plus d'une fois préférable d'avoir un canon à plus grande cadence. Ce n'est pas parce qu'on faisait avec et que ça suffisait que c'était le moyen le plus adapté, en particulier dans nos opex africaines. Ne vous inquiétez pas pour le Jaguar, il fera très bien la chose. On a donc privilégié le canon de 40mm pour la cadence de tir et ou le MMP amène une solution AC. Par ailleurs cela fait longtemps que nous n'avons plus 140 Sagaie en inventaire. S'il faut revoir certaines choses, c'est au niveau du char de bataille, malheureusement on doit garder encore le Leclerc pour bien 15 ans avant l'arrivée du successeur Ce sera à ce moment seulement qu'on pourra revoir le modèle que nous avons. Ce n'est pas un VBAE qui va compenser quoi que ce soit. Pour ce qui est de la puissance de feu, il faut comprendre aussi qu'elle est multiple et complexe, qu'elle le devient de plus en plus. Si par le passé il était facile de faire une comparaison de véhicules face à face pour se dire qui gagnerait un "duel". Mais la prolifération de missiles anti-chars, de drones de combat, de drones suicide, de soutien aérien se faisant parfois à des dizaines de km, de l'artillerie avec des obus guidés ou à effet spéciaux (ex:BONUS), le véhicule devient de plus en plus une cible "facile" pour un traitement indirect ou discret, dans des situations ou la possession d'un canon de 140mm plutôt que d'un 20mm ne change rien et n'apporte rien. La puissance de feu est relative à l'environnement qui l'accompagne et le complète, pendant très longtemps nous étions focalisé sur une confrontation équivalente, un char pour combattre un char et on mesurait la puissance d'une armée au nombre de ces chars, celui qui en avait le plus était le plus fort. Sauf que toutes les guerres montrent que ce rapport ne colle pas à la réalité, on voit des chars se faire pulvériser par les airs, par des missiles AC, immobilisé par des mines, harcelé par des roquettes, bien souvent inadaptés si ce n'est impuissants malgré un gros canon en tourelle. Il y a tant de moyens pour faire de l'anti-blindé que la seule focalisation sur les canons de véhicules semble émaner d'un autre temps. Il y a des éléments et des évolutions qu'il faut prendre en compte, que ce soit pour s'équiper ou pour s'en prémunir. Je crains moins un ennemi qui continue un vieux "modèle" d'armée qui misera sur une force blindée pour percer qu'un ennemi qui cherchera à réinventer une guerre avec de nouvelles méthodes pour justement éviter de jouer le jeu de puissance sur le terrain ou l'ennemi le veut et l'attend. Quand vous avez un ennemi qui va jouer avec un char et qu'en face on va avoir un binôme avec un MMP sur un quad électrique (pour la fibre écolo et de discrétion), qui va gagner? Ou est la puissance de feu et l'efficacité? Ce n'est pas si simple et cela fait plusieurs années que je remet en question pas mal de choses dans le domaine militaire en ce qui concerne le rapport de force et la recherche de l'avantage disruptif.
  7. L'importance du référendum (x3) c'est la légitimité. Légitimité pour être indépendant, mais aussi légitimité de la France à prendre les mesures nécessaires pour son maintien. Si le non l'emporte une nouvelle fois, les indépendantistes perdront la légitimité d'un combat qu'ils mènent depuis très longtemps et ne pourront plus prétendre à l'indépendance par la voie politique. Par leur appel au boycott du référendum, ils préparent le terrain pour demain, celui ou ils pourront prétexter que les conditions n'étaient pas réunis pour qu'il soit viable et le résultat reconnu. Ils pourront ainsi continuer leur lutte. Mais ça c'est pour la survie des figues politiques de l'indépendance. Le problème c'est que beaucoup d'indépendantistes comprendraient que c'est "mort", qu'il n'y aura plus rien de ce genre, que c'est "perdu". Ces gens pourraient dans ce cas reprendre des actions violentes pour obtenir cette indépendance ou un nouvel accord politique pour le préparer et l'obtenir. Mais la France a la légitimité pour s'opposer à ces gens par la force plutôt que négocier leurs revendications. C'est une zone ou on a une arme dans chaque foyer, ce ne sont pas des armes de guerre, ils n'ont pas non plus des milliers de munitions, mais il y a de quoi s'inquiéter et il y a une facilité pour mener des actions armés de la part d'une population radicalisé dans sa lutte. Un dérapage peut arriver, comme par le passé et pourra amener les autorités à agir plus fortement, voir à tirer. Mais n'allons pas dramatiser une situation qui ne l'est pas encore, spéculer sur un résultat qui n'est pas fait. Il est même très probable que la victoire du "non" laisse indifférent le camp du "oui" et qu'on assistera à plusieurs années d'acceptation avant de voir des groupes se radicaliser. En fait je pense même que si le "oui" à l'indépendance gagne, on assistera bien plus à des manifestations de personnes mécontentes craignant pour son futur.
  8. Pour le Griffon, il y a bien entendu des limites pour en faire un "VCI". Sa modularité prend en compte un certain type de tourelle à un emplacement donné, ajouter plus gros comme cette tourelle belge amènera une modification structurelle assez importante qui fera perdre la modularité, en gros on aura un Griffon VCI mais qui restera toujours ainsi et non une tourelle qu'on pourra prendre sur l'un et mettre sur l'autre. Mais la question ne se pose pas encore et à mon avis elle ne se posera pas avant 10 ans, la priorité du moment est de réceptionner les véhicules et en passant du VAB au Griffon/Serval, on progresse déjà bien. Avoir une tourelle (que ce soit en 7.62/12.7 ou LG40mm) téléopéré en quantité (75% du parc pourra recevoir une tourelle) est déjà une avancée quand pour le VAB on était réduit à 200 ou 300 exemplaires (tourelle fixe et non transposable à d'autres VAB) et ou la grande majorité n'était pas armé ou avait une 12.7 servis manuellement. Le fait d'avoir aujourd'hui un VBCI avec un canon de 25mm ne créer pas un "manque" dans le domaine des VCI fortement blindé à roues. Le fait d'avoir dans la cavalerie un échelon intermédiaire avec "Jaguar" n'est pas une chose commune à toutes les armées du monde, il faut le rappeler. Beaucoup d'armées vont avoir le char de combat et compenseront avec des VCI en allant créer des version disposant d'un armement plus conséquent. Nous l'oublions souvent dans nos comparaisons ou on va comparer un VCI de notre armée avec le VCI d'une autre armée et en se disant "oui mais les leurs ont un plus gros canon" et quand on vient évoquer le Jaguar, on ne sait pas dans quelle cas le mettre. Il n'y a pas un modèle d'armée unique, chaque armée à son modèle qui a les qualités de ses défauts et je regrette que dans les analyses, il ne faut pas aller prendre le VCI de telle armée, prendre le char de telle autre armée, un véhicule de reconnaissance encore ailleurs pour dire au final "qu'ailleurs c'est mieux et qu'ils ne font pas comme nous, qu'on doit les imiter". On doit cesser de prendre les avantages des uns et des autres pour essayer de donner l'image d'une armée française désavantagée partout. Je m'égare du sujet, peut-être, mais je considère qu'il est important de toujours comprendre notre modèle, notre concept, nos modes d'engagement afin de comprendre et connaitre nos besoins. Une armée c'est une chaine out tous les maillons se complètent et sont liés les uns aux autres, faut cesser de vouloir mettre un Griffon face à un VCI qu'on aura choisi sur wikipédia pour se dire qu'il se fera pulvériser car l'un a un canon de 40mm et l'autre une 12.7. Ce n'est pas comme ça que cela se passe. En fonction de la menace, on adapte nos moyens et dans ce cas autour d'un Griffon/Serval on aura du Leclerc, du Jaguar, du VBCI (sans compter les moyens aériens, mais faisons comme s'ils n'existent pas). Le Griffon n'est pas un VCI mais un transporteur de troupes. Son armement est celui qu'on peut qualifier de "2e niveau", adapté à un environnement dégagé d'une menace blindé mais toujours "pollué" par une menace de type infanterie (donc de toutes les armes qu'un tel soldat peut transporter). La menace à traiter est donc articulé sur de l'autodéfense et un appui dédié au groupe embarqué pour traiter de l'infanterie adverse. La menace blindée est celle de l'imprévue, un véhicule qui était caché par exemple, mais là aussi, avant de regarder l'armement du Griffon en se disant "que ça ne suffirait pas", il faut comprendre que l'arme numéro un d'un VTT c'est le groupe embarqué et que dans ces groupes, il y a des roquettes, des MMP. Il ne faut pas se focaliser tout le temps sur le véhicule. On a ce qu'il faut pour faire cette complémentarité. Le problème auquel on fait face, c'est que souvent, pour des plus petits conflits, nous n'allons pas tout déployer pour des raisons (très souvent) budgétaires. Ainsi dans de petits conflits, ou même si la menace blindée est inexistante, on peut manquer d'un canon plus gros (car aucun char n'est déployé), pour faire de l'anti-infrastructure, pour faire des appuis plus "choquants", ou pour traiter des véhicules légers d'une manière plus nette (plutôt que d'utiliser des MMP...). Si bien entendu l'aérien compense généralement, il manque une immédiateté dans l'action terrestre. C'est donc dans cette expérience et ces situations qu'on cherche souvent à vouloir compenser en cherchant à avoir des véhicules qui disposeraient d'un armement plus conséquent. Quand on prend cela en compte, la trame de véhicule concerné est celle du VBCI et du Jaguar. Avec l'évolution à venir et la doctrine de la haute intensité, il y a des chances de voir le VBCI se faire remplacer (horizon 2040 quand même) par un véhicule chenillé qui serait potentiellement armé de la tourelle du Jaguar. On verrait alors un pan entier de l'infanterie et l'ensemble des VCI passer dans une catégorie "trop lourd/trop coûteux" pour un grand nombre de petits engagements comme on peut en faire au Mali. C'est uniquement dans ce scénario là qu'on pourrait voir un besoin émerger pour transformer le Griffon voir le Serval afin de lui donner un peu plus de puissance de feu. Mais ce ne sera pas du tout généralisé, ça pourrait être par exemple 25% des véhicules des régiments d'infanterie (soit environ 200 véhicules Griffon et Serval). Soit on arrive a concevoir une tourelle adapté à du 20 au 25mm soit on compensera par l'introduction d'un module de roquettes guidées laser voit un mixte des deux. Mais comme je l'ai indiqué on est là sur une perspective 2040 ! Le VBAE n'est pas un véhicule de "compensation" entre un VCI et un char. Il n'est pas non plus une version allégée du Jaguar comme le VBL n'est pas une version allégé du 10RC (...). Il restera un véhicule léger de reconnaissance, un véhicule presque d'ouverture d'itinéraire dont le but principal et premier est la recherche d'informations. Son armement sera léger car la destruction de l'ennemi n'est pas la raison d'être de la majeure partie des unités qui utiliseront ce véhicule. Pour les unités qui pourraient s'en servir pour la lutte anti-char (comme dans une section anti-char d'un régiment d'infanterie) on n'ira pas plus loin qu'une adaptation pour y accrocher un poste portatif du MMP voir dans le meilleur des cas une tourelle téléopéré pour MMP. Le VBAE est comme son nom l'indique une "aide" à l'engagement, entendez par là qu'il est une sorte de précurseur avant la venue de la "vraie" force, il n'est pas un véhicule qui engage l'adversaire, il cherche à le déceler. Sauf exception pour les unités qui l'utiliseront en AC mais ça s'articulera autour du MMP comme dit, pas de tourelles de 25, 30 ou 40mm, ce n'est pas un véhicule qu'on va greffer à une tourelle. Ce n'est pas une question de faisabilité ou non, c'est une question d'organisation de notre modèle d'armée qui n'a pas évolué et ou le VBAE reprendra les missions du VBL et ou les besoins n'ont pas changés fondamentalement. Le "faire mieux et plus" se concentrera sur la mission de renseignements, des liaisons de communications, l'armement est presque secondaire, du domaine de l'autodéfense dans un repli après contact et ou il est même préférable d'avoir une mitrailleuse légère avec une cadence de tir plus importante qu'un canon.
  9. Les chasseurs ont commencés à les vacciner Première dose pour lui
  10. On ne peut pas prétendre qu'ils pensaient que c'était des rebelles ou je ne sais quoi, les égyptiens même bronzés ne vont pas ressembler aux locaux. Il y a en RCA un pouvoir qui est totalement verrouillé et sanctuarisé, usant d'étrangers (dont les russes) pour se protéger et éviter des coups d'états. L'ONU est un problème pour ce pouvoir qui cherche à dominer. Ils deviennent une mafia qui prend confiance en elle et va pousser de plus en plus dans l'excès afin d'obtenir ce qu'elle veut.
  11. Tentative d'assassinat par drone du premier ministre irakien https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20211107-le-premier-ministre-irakien-visé-par-une-attaque-au-drone-piégé Nous sommes nombreux ici à avoir pointé du doigt le danger du drone. Il devient une arme "politique" qui peut permettre à des groupes (voir des états) d'agir d'une manière clandestine pour éliminer des "têtes". On était habitué d'avoir des drones qui allait abattre des dirigeants terroristes, je pense qu'on va assister de plus en plus à des drones grand public bricolés (afin d'éviter une identification) par des terroristes, des groupes politiques extrémistes, des agents spéciaux afin d'éliminer des hommes d'états. Ce qui s'est passé en Irak n'est pas une première du genre, mais ça va préfigurer une banalisation du concept et il viendra un moment ou cela concernera une cible occidentale et seulement là on va faire semblant de découvrir ce danger. L'assassinat par drones permet l'action clandestine sans mettre en danger la vie ou la capture de ses auteurs. Le doute sera toujours grand, l'accusation compliquée. En Irak on se doute bien de qui sont les auteurs, mais comment accuser ceux qui quelques temps disaient que c'est un jeu dangereux que de leur faire porter le chapeau d'une attaque dans la zone verte. Un peu comme un type qui va dire à ses potes que si son voisin qu'il déteste se fait tuer ce ne sera pas lui le fautif et lorsque la semaine d'après son voisin se fait mystérieusement tuer, il dira qu'est-ce que je vous ai dit l'autre fois? C'est le hasard ou alors c'est un complot...
  12. Effectivement, ce n'est pas demain que les ukrainiens vont commencer par s'équiper d'avions neufs. Bien qu'ils réalisent un effort militaire depuis 2014, ils doivent prioriser et ce n'est pas l'héritage soviétique qui sur le papier semble (pour tous les pays de l'ex URSS) important, que la remise en état est gagné. Bien entendu, au début on va essayer de tirer un maximum de ce qui est en inventaire, par la réparation ou la modernisation, mais il y a des limites. Pour les ukrainiens, la réflexion sur les besoins n'est pas sur la construction ou l'invention d'ennemis imaginaires, l'ennemi et ses moyens sont connus, c'est la Russie. Ainsi ils vont chercher des moyens et des solutions qui vont en opposition aux moyens russes. Quand on connait les moyens anti-aériens russes qui ont toujours été la solution russe pour contrer la supériorité aérienne de l'Otan, ajoutez à cela les moyens russes pour frapper dans la profondeur il est idiot pour les ukrainiens d'investir des milliards dans une micro flotte d'avions neufs de haut niveau qui serait une cible de choix pour les russes. Il est plus emmerdant pour les russes de faire face à des systèmes anti-aérien ukrainien que de faire face à une aviation ukrainienne, car de l'une, cela rendrait "inutile" l'ensemble de la composante sol-air russe, de deux ça compliquerait l'utilisation de son aviation. Les ukrainiens privilégient donc aujourd'hui une aviation sur la base de drones, peu coûteux, apportant une précision de frappe, plus compliqué à détecter et à détruire (même s'ils restent à la portée de nombreux systèmes anti-aérien), pouvant apporter du nombre, pouvant aussi être plus "mobiles" par rapport à des bases aériennes classiques, les stations de commandes peuvent se déplacer, de petites pistes se faire ici ou là. L'armée de l'ai ukrainienne va donc miser sur des drones du moins tant qu'elle est dans cette phase de reconstruction. Après c'est comme partout, il faut des années et des années pour (re)construire une armée et même si les budgets augmentent, ils restent limités.
  13. La Chine aime et veut des pays "stables" pour investir, elle veut une classe dirigeante qui s'achète et celle au pouvoir en Ethiopie remplissait ces conditions. La guerre civile n'est pas une opportunité pour Pékin, c'est un problème ou la solution sera de déposer des valises de billets aux nouveaux "patrons" (s'ils destituent l'actuel) pour maintenir ce qu'elle a. Les chinois n'interviendront pas militairement et préféreront perdre leurs investissements que de faire une guerre dans une zone très peuplée qu'elle ne connait pas historiquement, d'autant plus qu'il y a sans doute certains pays qui seraient prêts à aider les rebelles pour combattre la Chine. Donc en Ethiopie, c'est unanime, tout le monde laisse faire, tout le monde regarde. C'est surprenant que sur les réseaux sociaux, les traditionnels pourfendeurs de la colonisation restent silencieux sur ce pays (le seul d'Afrique qui n'a jamais connu la colonisation) pour en expliquer la réussite sécuritaire, économique et sociale... La "faute à la France" qu'on devrait entendre, non? Comme le coup d'état au Soudan? L'Afrique francophone, je le redis indirectement à ces gens, n'est pas une "exception" en Afrique.
  14. Je suis pour un système de rémunération, tous les 10 points = 1€
  15. J’ai déjà remarqué que vous ne supportez pas la moindre critique sur la Russie et cherchez toujours à relativiser ou la défendre. https://www.janes.com/defence-news/news-detail/russia-to-conduct-mass-testing-of-uran-9-ugv-in-2022 Je le redis, ils sont dans une phase d’expérimentation, de tests et cette unité sert à cela et n’est aucunement le début opérationnel de ces drones terrestres. Les russes veulent se donner une avance par la fabrication rapide de produits et où les essais viennent derrière, ils n’ont pas créer ces drones comme l'aboutissement de programmes (il en va de même pour des drones aérien comme le SU70, vite présenter un truc aux yeux du monde). C’est important de comprendre cette façon de faire, qui souvent se fera en trompe œil, l’important étant la forme et non le fond, l’important étant d’impressionner pour gagner la guerre de l’image en se faisant passer pour une armée moderne qui n’a pas à rougir face à l’occident (le complexe d’infériorité est permanent) Moi j’attends de voir la finalité de la chose et je vous mets la main à couper que dans 1 à 2 ans, on verra l’Uran 9 se faire remplacer par un autre projet qui sera assurément plus évolué, plus moderne, plus fiable, plus performant afin de faire oublier l’Uran 9 et ses problèmes qu’ils ne divulgueront jamais. Et nous comme toujours, on va boire avec du petit lait les déclarations russes afin qu’on se sente en retard, impuissant, qu’on craigne la Russie, bref l’objectif de la propagande mascovite qui n’à jamais changé, mais que beaucoup ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre en pensant que les russes veulent juste nous cultiver et nous informer...
  16. C'est surtout que les russes veulent donner l'image d'être en avance car ne voulant pas qu'on la considère être en retard. Ils vont donc sortir pleins de choses qu'ils mettront devant les caméras et feront le discours optimiste qui va bien. Il n'y a rien de compliqué à faire un véhicule télécommandé pas plus compliqué que d'avoir une commande pour tourelle téléopérée. Faire cela ne veut pas dire être en avance, pourtant c'est bien ce qu'on fait les russes. Le problème des drones terrestres c'est la communication, c'est la doctrine'demploi, d'automatisation c'est sa place dans le dispositif. Une communication problématique qui au moindre masque (forêt,relief, zone urbaine) vous perdez le signal. C'est bien beau sur un grand découvert à quelques centaines de mètres maximum, mais c'est juste bon pour la démonstration devant les caméras pas pour l'opérationnel. Les russes ne sont pas équipés organiquement de ces drones, ils sont comme nous, dans une phase de tests, de concept d'emploi. Les livraisons vont à une unité "test" et le déploiement en Syrie a été également un test avec un gros aspect médiatique pour donner à la Russie une avance, afin d'être là "première" (ils aiment bien jouer sur ce genre de symboles) Le drone terrestre de combat version russe c'est beau sur le papier mais ce n'est pas une réalité opérationnelle. Nous pourrions également très facilement faire par exemple un jaguar télécommandé juste pour le montrer , mais chez nous on préfère étudier le concept, voir les perspectives, les opportunités avant de faire, les russes font et voient ensuite ce qui ne va pas, ce qui fait que souvent on a des projets qui sont discrètement abandonné sans que jamais ils n'equiperont l'armée russe.
  17. Le retard d'une guerre est une vue de l'esprit, il y a tant de facteurs à prendre en compte. Mais dans les faits, c'est toujours plus une question de tactiques et de stratégies qui permet la victoire qu'une question des moyens. Est-ce que la Russie est en retard d'une guerre pour ne pas avoir de drones? Non, pas plus que nous ne le sommes de ne pas en avoir assez. L'armée russe serait-elle inefficace contre une armée équipée de drones? Non, l'armée russe a des moyens conséquents pour y faire face. Les drones comme le Bayraktar, le Reaper, l'Orion restent de gros drones à portée de moyens anti-aériens classiques. Il en va autrement des munitions rôdeuses qui sont à mes yeux un bien plus grand danger que le drone de combat car on s'affranchit du vecteur aérien et on pousse à une miniaturisation qui devient problématique pour la plupart des systèmes anti-aérien. Est-ce grave pour l'efficacité de l'armée russe d'avoir ce retard au niveau des drones? Non pas vraiment, elle garde ses qualités. Mais le drone amène un avantage, un complément qui serait très utile pour une armée comme la Russie. Chez nous on peut compenser par une aviation qui est capable d'amener cette précision, le drone devenant surtout un plus pour l'observation, mais pour un pays qui manque de précision dans le soutien aérien, le drone armé est vraiment intéressant. Il est évident que le drone remet en cause certaines habitudes et pratiques militaires. Dans le cas ukrainien par exemple, si la Russie entrait directement en guerre, l'armée ukrainienne ne tiendrait pas et les drones ne feraient pas de différence. Mais cette réalité militaire sur le papier est-elle une réalité militaire dans les faits? Non, car la Russie ne veut pas et ne va pas s'embarquer dans une guerre qui verrait très vite l'Otan se ranger avec les ukrainiens (soutien indirect) et l'enfoncer dans une situation dangereuse, d'un bourbier, de sanctions, de pressions multiples. La Russie n'a pas une économie qui va formidablement bien, elle a besoin d'une stabilité dans ses relations avec l'occident et d'autres pour assurer ses revenus pétroliers et gaziers, pour assurer un marché, il est illusoire de croire que la Chine compense l'occident, même si le Kremlin veut donner ce sentiment afin de "normaliser" ses relations avec nous (c'est le but caché de la manoeuvre). Les russes vont jouer comme toujours les menaçants prêts à la guerre si les ukrainiens bougent leur petit doigt au Donbass, mais ça c'est le discours d'apparat. Derrière et depuis le début du conflit au Donbass, malgré de nombreuses occasions, les russes ont toujours voulus s'afficher comme "non impliqué" dans le conflit. Même si on sait qu'ils fournissent armes et combattants, on cherche à éviter l'entrée formelle dans une guerre pour en éviter les conséquences car comme je le disais, le problème ne commence pas et ne s'arrête pas aux moyens de l'armée ukrainienne. Cette position dans le Donbass qui pouvait être une force pour la Russie peut se retourner contre elle. Kiev le sait, le Donbass ce n'est pas la Russie et la Russie ne considère pas le Donbass comme l'un de ses territoires (à contrario de la Crimée qui est une autre histoire). Il y a une carte à jouer et il y a une forte probabilité que malgré tous les discours et menaces russes, que le Kremlin choisisse de préférer un soutien indirect que l'entrée directe en guerre, de préférer "perdre" le Donbass qu'assumer les conséquences d'une guerre. Pour les ukrainiens l'important sera d'aller vite et de prendre un ascendant sur les rebelles, chose que des drones peuvent amener en faisant la différence, ce n'est qu'une question de volumes mais aussi une question de légitimité à agir, donc de provoquer à la faute qui sera exploitée. Faut pas croire, les ukrainiens reçoivent beaucoup d'infos par l'occident, des photos satellites et autres.
  18. Le Brexit est un rappel, celui ou la bonne entente et la coopération en Europe, entre les pays, n'est pas acquis. L'UE, on peut la critiquer pour de bonnes raisons, mais elle permet une entente, même contrainte qui évite de voir des pays jouer à celui qui gagne et qui impose à l'autre ses volontés dans des situations qui politiquement pousse à l'escalade afin de ne pas se désavouer. Les équilibres sont fragiles et beaucoup cherchent le déséquilibre car pensant en tirer un profit politique, idéologique. Un brin de discours nationaliste qui permettra de donner l'illusion d'être exceptionnel ou plus fort que les autres, le peuple suivra et demandera même ce genre de "confrontation".
  19. C'est ce que je disais, les russes utilisent des missiles air-sol à défaut de bombes guidées. Le KH38 n'a rien de nouveau, il est une déclinaison d'un autre missile air-sol. C'était le modèle d'aviation qu'on avait aussi par le passé, des bombes lisses avec des (gros) missiles permettant d'amener un minimum de précision pour des missions spécifiques. On avait par exemple l'AS-30L ou le AS-37 Martel qui permettait des frappes lointaines et avec de la précision. Mais entre temps l'arrivée de la bombe guidée a été largement inclus dans les inventaires, chose que les russes n'ont jamais réalisé (la fin de l'URSS comme excuse valable). Ils ont continués avec le modèle de la bombe lisse et des missiles qui peuvent parfois impressionner par la taille mais qui ne sont pas forcément plus utile qu'une bombe guidée. Les russes continuent sur ce modèle car ils n'ont pas autre chose en stock. Le KH38 n'est pas une bombe guidée mais un missile et les russes l'utiliseront comme telle et certainement pas en grand nombre car c'est autrement plus coûteux. C'est un peu comme si en France nos avions auraient essentiellement que des bombes lisses et à côté de cela nos SCALP seraient nos munitions de précisions. Un SCALP (même allégé) n'est pas une GBU ou AASM, le problème russe est dans ce type de munitions, la miniaturisation, la précision métrique qu'ils doivent compenser aujourd'hui par de la quantité ou de grosses charges explosives. Là aussi, on en reste sur une modification d'un missile Toute la question c'est la conjugaison du verbe "avoir". Entre ce qu'ils ont, ce qu'ils développent et ce qu'ils auront réellement, il y a en Russie tout un monde. Par le passé ils avaient très bien développés des munitions de précisions, mais les achats ne suivaient pas ou alors ils étaient par échantillons, souvent juste pour dire et faire valoir un même niveau technologique. L'Orion comme le Korsar restent des drones qui n'équipent pas l'armée russe mais qui sont toujours présents dans les salons d'exposition, les médias. Des drones qui à l'instar d'un Su-57 ou d'un T-14 semblent équiper l'armée russe mais qui sont encore dans des phases de tests, d'améliorations. Ils vont envoyer un prototype en Syrie pour en faire un "combat proven" alors que le produit reste dans les mains des industriels ou de l'analogue de la DGA russe. C'est important de bien différencier ce qu'ils ont, ce qu'ils aimeraient avoir et ce qu'ils auront, de différencier ce qu'ils veulent faire paraitre sur les performances et la qualité et ce qu'il en sera réellement, car les russes n'ont aucun scrupule pour faire bonne impression, pour faire peur et pour défendre leur "rang". Mais comme je le disais, les russes sont "capables" d'y arriver, mais il ne faut pas aller plus vite que la musique en leur donnant déjà des moyens qu'ils n'ont pas. Au même titre qu'il ne faut pas dire que la France dispose du Neuron.
  20. Si le retex syrien a sans doute démontré ce "manque" de munitions guidées, cela n'est pas le signe que les russes commandent massivement des munitions guidées pour remplacer leurs anciennes munitions. Il y a un prix non négligeable, des avions pas forcément adaptés. Pour la Russie on reste encore aujourd'hui sur une aviation de "bombardement" utilisant des bombes lisses et une aviation de bombardements plus spécifiques qui utilisera des missiles spéciaux (dont les missiles de croisière) qui sont destinés à des cibles de haute valeur ou des cibles complexes nécessitant des frappes lointaines. Mais ce n'est pas aujourd'hui ni dans un avenir proche qu'on verra la Russie tirer uniquement des bombes guidées comme on peut le voir chez nous, à tel point qu'on considère notre stock en fonction du nombre de kits de guidage et que l'usage d'une bombe non guidée devient presque impossible (malgré que les pilotes s'y entrainent encore). Les russes n'ont pas de drones réalisant des frappes quotidienne en Syrie. Les russes se lancent comme bien d'autres dans le drone de combat, mais l'Orion qui est le seul à pouvoir être armé est tout récent, mais au niveau des munitions ce n'est toujours pas cela. Ils ont même utilisé ce drone pour larguer une bombe lisse. Le développement de drones armés en Russie n'est pas au point, ils se lancent dedans, ils ont les compétences pour y arriver mais le retard est là. La Russie a un énorme problème avec les munitions de précision qu'elle n'a jamais commandés massivement, continuant sur son modèle de camions à bombes et de missiles spéciaux comme je le disais au-dessus. Donc tout le système qu'on développait en occident depuis des années, se basant sur les désignations laser embarqués sur aéronef ou au sol, la miniaturisation et l'allègement des munitions, font qu'aujourd'hui elle se retrouve avec un gros retard et la médiatisation de projets ou de programmes ne comble pas ce manque. Les images de frappes de précision en Syrie par les russes sont pour l'essentiel des images de missiles Kalibr (filmés par des drones) et de quelques missiles téléguidés. Dans d'autres images il s'agit de frappes de missiles d'hélicoptères. Mais les russes ne publient que rarement des images en rapport au nombre de frappes réalisées, pour cause l'immense majorité sont faîtes par l'aviation classique et de bombes lisses.
  21. L'arme principale d'un drone c'est sa caméra. Celle-ci permet de fournir des images de frappes et induit logiquement une guerre psychologique, de propagande qui va amplifier le phénomène du drone. Mais dans le Donbass, ça se tire dessus tous les jours, les ukrainiens annoncent très souvent des morts, le camp d'en face ne reconnait pas ses pertes et dénonce des bombardements sur les civils, ceci dans le cadre d'une propagande qui est celle ou l'on cherche à diaboliser les ukrainiens et à légitimer la "résistance" contre eux. Il n'y a pas d'images, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a rien. Il faut savoir différencier l'information qu'on reçoit et de celle qu'on ne reçoit pas. Le conflit azerbaïdjanais a montré que la guerre de l'image est importante. En noyant "le système" d'information d'images de frappes, on se place comme le dominant, celui qui gagne et cela a un impact important sur le moral, tant sur l'ennemi que sur vos propres forces. C'est bien différent d'un conflit sans images. Bien évidemment les azerbaïdjanais n'ont pas découvert ce procédé, les américains ont été les grands initiateurs de cela avec la guerre du golfe, ou l'image de leurs frappes de précision a offert à de nombreux pays, dont le nôtre, un sentiment d'avoir une guerre de retard. Israël est aussi un grand amateur de cela et les russes quand ils ont débarqués en Syrie ont voulus jouer de la même façon que l'occident, montrer des images de bombardements. Sauf que chez eux, les premières images montraient des bombardements avec des munitions non guidées et cela ne jouait pas pour eux, au contraire cela permettait de confirmer les bavures de bombardements aveugles. Après cela les russes ont arrêtés de diffuser les images de leurs bombardements mais ils se sont sentis dans le besoin de rectifier le tir en utilisant des missiles de croisière, car étant une munition de précision, ils pouvaient ensuite avoir des images de frappes précises. Certains ne veulent pas le croire, mais l'utilisation des missiles de croisière par la Russie en Syrie ne nourrissait aucun besoin militaire sachant qu'ils avaient une aviation sur place, c'était de la propagande de démonstration pour l'occident, c'était aussi de la propagande de l'image pour montrer que les russes ne frappent pas au hasard et ne font pas de victimes collatérales. Ainsi la Russie allait placer des drones d'observations avec un réticule au centre qui donnaient le sentiment d'un guidage indirect par le drone pour des missiles programmés à guidage satellite. Mais dans les bombardements de tous les jours, les russes utilisent des bombes lisses, car ils n'ont pas grand chose dans leur inventaire en terme de bombes guidées (pas qu'ils ne savent pas faire, mais qu'ils n'ont jamais acquis). En dehors de quelques vieux missiles téléguidés (qu'ils ont évidemment mis en avant devant les caméras en Syrie ), c'est le vide. Donc l'exemple russe en Syrie que j'ai développé est très intéressant car il montre que la propagande de l'image de bombardements n'est pas une généralité, qu'il ne suffit pas de montrer des images d'explosions pour que ça fonctionne. Il faut que ces images soient "efficaces", il faut qu'elles montrent de la précision qui est signe d'efficacité, de "propreté" (cibles militaires), d'une domination (on frappe tranquillement un ennemi qui ne peut pas répondre). Et peu importe que l'ennemi réponde derrière et créer des pertes, les images seront toujours de votre côté, pour votre avantage et pour le moral, l'opinion public, c'est très important. L'Ukraine se lance dans ce jeu, elle va avoir de plus en plus de drones qui ont une capacité de frappes. Pour ceux d'en face, cela devient un gros problème car ils ont été taillés par la Russie pour faire face à une guerre "terrestre" face à un ennemi de même niveau. Le drone qui permet la frappe de précision, change la donne, que ce soit du point de vue opérationnel, comme du point de vue de la propagande. La Russie est également en mauvaise posture, car l'affaire du vol de la Malaysian abattu par l'un de ses systèmes anti-aérien (qu'elle n'assumera jamais) va la pousser à rester sur la réserve dans la fourniture de tels moyens. Car rappelons le, la Russie continue de nier son implication dans le conflit et continuera sans doute ainsi pour s'éviter des problèmes internationaux voir intérieur (car ce n'est plus la conquête pacifique de la Crimée, le Donbass c'est la guerre et c'est assumer les pertes d'une politique agressive). Au niveau de la propagande de l'image, les ukrainiens peuvent avoir une arme qui mettra à mal la propagande russe qui repose pour beaucoup sur de la fabrication d'informations qui vise à faire peur, à scandaliser dans un esprit (croyez ce qu'on dit). Dans les pratiques russes, il y avait souvent la diabolisation des ukrainiens qui tuent aveuglément les civils, donc le processus de la défense des populations comme légitimité à agir en cas de poursuite d'une offensive ukrainienne ou la légitimité à un groupe militaire non étatique à "défendre" le Donbass. Kiev en ayant des images de drones offrira une réalité visible d'un conflit ou ceux qui sont frappés sont bel et bien des cibles militaires, que les frappes ne sont pas aveugles. Bien qu'en face on fera tout de même de la propagande, elle sera beaucoup moins efficace/crédible. Le Donbass a les caractéristiques du haut Karabagh, c'est celui d'un conflit de positions, ou on a des lignes de défense des deux côtés avec des forces terrestres ayant des matériels de la guerre froide. Une aviation anecdotique qui est à peine prise en compte dans le rapport de force, donc comme menace, l'artillerie devenant un plus gros problème. La venue des drones a immédiatement offert un avantage face à un camp qui ne s'attendait pas à voir cela venir, vous ne tenez pas une tranchée avec un drone effectuant une frappe métrique comme vous tenez une tranchée contre des tirs d'artillerie, ce n'est pas adapté. Au Donbass, les rebelles pro-russes sont bien préparés pour un combat au sol ou de positions "classiques" avec l'artillerie mais ne sont tout simplement pas prêts à faire face à la menace des drones. Ces rebelles ne sont pas non plus en bonne posture pour avancer contre la ligne de défense ukrainienne, ce n'est plus 2014 avec un terrain ouvert avec deux unités manoeuvrantes. La Turquie a également annoncée il y a quelques jours ne pas être responsable de l'usage fait par les ukrainiens de ses drones, ils ont les mains libres et ça ne va pas contraindre les turcs à cesser les ventes.
  22. On s'y dirige. Comme indiqué, les indépendantistes veulent et appellent à boycotter le scrutin. Ils sont sans doute convaincu que le "non" a plus de chances de l'emporter (mais on ne sait jamais). C'est le dernier référendum des accords de Nouméa, si le non ne passe pas, il n'y aura pas d'indépendance et ça va casser les indépendantistes dans leur recherche d'une solution pacifique et démocratique pour arriver à leur idéal. Pour le 1er et le 2e référendum, il y avait toujours l'option du "suivant" qui permettait de faire accepter la victoire du "non" aux indépendantistes, ce ne sera plus le cas. En jouant dès aujourd'hui sur le 3e référendum, ils poussent à le rendre "illégitime". La victoire du "non" à l'indépendance sera alors perçue comme contestable et permettra de continuer le combat pour l'indépendance. On se souvient du "boycott" politique il y a plusieurs décennies, même tactique. Il y a en N.Calédonie beaucoup d'armes, les forces de l'ordre le savent parfaitement. Bien sûre ce ne sont pas des Kalash, mais il y a déjà de quoi mener un combat armé par des indépendantistes extrémistes qui ne verront que cette voie pour parvenir à leurs objectifs. Donc contrairement aux deux précédents, ce troisième référendum sera tendu. Tout peut très vite déraper, le moindre élément, bavure ou autres peut pousser des individus à la violence
  23. La haute intensité n'est pas une question de capacités, c'est un "type" de combat ou on est en face d'un ennemi conventionnel de même niveau ou d'un niveau supérieur. Trop de personnes pensent que la haute intensité veut dire gros volumes de forces sur une longue durée, ce qui n'est pas vrai. Vous pouvez avoir un conflit de basse intensité qui prendra des volumes conséquents et plus de temps qu'un conflit bref mais de haute intensité. Vous me direz que l'Afghanistan a été un conflit de basse intensité mais le conflit du Donbass de la haute intensité, pourtant le premier aura mobilisé plus de moyens sur une plus longue période que le premier, non? La haute intensité ne veut pas dire être capable de faire une nouvelle guerre mondiale, en supportant ou renouvelant des pertes colossales dans un esprit de la bataille de Verdun. Il est important de comprendre ce qu'est la haute intensité et ne pas s'en faire sa propre définition et tant qu'on ne comprend pas cela, tant qu'on s'imaginera que c'est une question de volumes, on ne comprendra jamais pourquoi l'effort qu'on fait aujourd'hui pour y arriver se joue sur l'entrainement, la préparation et le commandement. La haute intensité peut se faire avec un volume de force limité, qui peut être combiné à d'autres forces. La France reste un pays avec de nombreux alliés et si certains aiment penser que c'est une faiblesse, en vérité c'est une force. La France est un pays qui dispose de l'arme nucléaire, sa première dissuasion est là et ce qui empêchera de vivre une 3e guerre mondiale comme on l'imagine en reflet des deux précédentes, c'est cela, pas le nombre de canons, pas d'avoir un patrouilleur supplémentaire. Il est très important de prendre cela en compte et cesser de regarder notre armée sous le seul aspect des forces conventionnelles, de se comparer à des pays qui n'ont pas l'arme nucléaire et dont la dissuasion ne peut se faire qu'au niveau des forces standards. Les pays qui ont l'arme nucléaire ont une dissuasion qui n'est pas comparable. Les habitudes continuent à nous faire imaginer des conflits entre grandes puissances, mais la réalité nucléaire fait que les grands ne s'affrontent plus depuis Hiroshima et Nagasaki, que les conflits entre eux peuvent se faire par des intermédiaires dans des conflits touchant des pays non nucléaire et généralement faible. Rien n'empêche de connaitre des escarmouches, des tensions qui peuvent conduire à des escalades qui se limiteront très vite d'elles même, car on ne peut pas pousser l'un ou l'autre vers une défaite militaire stratégique pour laquelle l'échec amènerait à l'utilisation de l'arme ultime. Aucun pays ayant l'arme nucléaire n'acceptera de s'user militairement comme on pouvait le faire en 14-18 ou en 39-45 et aucun pays ayant ou n'ayant pas l'arme nucléaire envahira/attaquera un pays la possédant comme il le ferait avec un pays ne l'ayant pas. Ce rapport de force, cette différence entre les différents pays ayant et n'ayant pas l'arme atomique doit être également comprise. En ayant parfaitement compris cela, on arrive bien mieux à concevoir les différentes possibilités de conflits, entre ce qui est réaliste et ce qui revêt de la fiction. On se rend alors vite compte que l'armée d'un pays avec l'arme nucléaire ne fait pas face aux mêmes risques qu'une armée d'un pays ne l'ayant pas. Qu'on ait 100 ou 1000 chars, 10 ou 100 frégates, 100 ou 1000 avions, au final cela n'augmente pas ni ne diminue le risque de se faire attaquer sur notre territoire. Par contre pour un pays sans armes nucléaire , c'est important pour dissuader. En vérité, notre armée est bien plus un glaive qu'un bouclier et qu'en conséquence il est utile de le voir ainsi. Trop de personnes continuent de considérer l'armée comme le bouclier défendant le territoire nationale d'une attaque ennemie et qu'il faut du volume pour pouvoir dissuader et faire face, c'est une erreur. Notre armée est donc un glaive, qui va permettre de faire respecter nos intérêts, de faire valoir nos ambitions. Que ce soit pour aider un allié ou alors qu'on soit partie prenante d'une action militaire contre un autre pays pour diverses raisons. En tout cas dans ce genre d'engagement, on amènera les forces qu'on jugera utile, si on ne peut pas aller au delà de 10 000 hommes, ben on fera avec, mais le combat se fera à l'étranger, pour l'étranger et si l'échec militaire arrive, cela restera local, on se repliera, mais ça n'engendrera pas une défaite de la France avec l'ennemi qui défilera en vainqueur à Paris si vous voyez ou je veux en venir. Ensuite bien entendu nos capacités et le volume de forces qu'on peut engager déterminera le niveau de l'adversaire qu'on peut combattre. C'est uniquement là que ça va jouer d'avoir une grosse armée, c'est là que doit porter le débat sur les moyens, il ne faut pas s'inventer des guerres improbables, des invasions fantasmées, il ne faut pas faire comme si l'arme nucléaire était absente et sans effets, qu'un nombre de chars ou d'avions serait plus dissuasif qu'elle. Il est regrettable d'avoir une armée conventionnelle plus réduite que par le passé, regrettable d'avoir imposé une cure d'austérité. Il est souhaitable et je le défendrai toujours d'investir plus pour pouvoir agir plus et regagner une capacité conventionnelle utile à la défense de nos intérêts dans le monde, utile à avoir plus de poids dans certains rapports de forces ou l'on serait plus craint comme dans le cas ou deux pays sans armes nucléaires se font face (type Grèce et Turquie). Par contre je n'accepte pas le discours alarmiste qui laisse toujours planer le spectre de mai 40 sur nos têtes dès lors qu'on jugera qu'il n'y a pas assez de chars ou de canons. Qu'on fait croire à un désastre à venir, que cela va inciter les autres à nous envahir car on pensera que c'est un patrouilleur de plus ou de moins qui fait toute la différence. Nous n'avons pas de territoires qui sont disputés ou convoités par d'autres puissances. Il n'y a que Mayotte qui est concernée et on ne va pas me dire que les Comores sont une menace militaire. Mais arrêtons de faire croire que la protection de la ZEE est fondamentale pour éviter une invasion ou un pillage de masse, dans la vraie vie c'est une police des pêches ou un assistanat à des navires en difficultés. Qu'il y ait 1 ou 10 patrouilleurs, ça ne changera rien, vous ne verrez aucune différence et ça ne réduira pas les ambitions d'un pays qui secrètement aimerait envahir un atoll polynésien. De par le monde, il y a un nombre conséquent de pays ayant des forces armées qui ne valent rien, certains n'ayant même pas d'armée, ce n'est pas pour autant que ça pousse à l'invasion par des pays tiers. Pourquoi donc s'emmerder à entrer en guerre contre la France pour une île perdue au milieu de l'océan ici ou là quand vous avez tellement de cibles plus "faciles" et qui ne sont pas pour autant prises d'assauts? Tout cela est une question de légitimité, d'intérêts, d'Histoire, de géographie et non de moyens militaires qui vont défendre ou empêcher une agression. Alors bien entendu qu'il faut des navires pour exercer ces missions de surveillance, mais comprenons bien de quoi on parle, notre ZEE est peut-être très importante sur le papier, mais elle est en grande partie isolée et très/trop éloignée. C'est un avantage qui fait qu'il n'y a pas beaucoup de navires dans la zone mais c'est aussi un désavantage car on ne pêche pas au milieu du pacifique comme on pêcherait au large de le Bretagne, il y a une question de logistique, de rentabilité à comprendre. Pourtant parfois on a l'impression qu'on cherche à amplifier la menace autour de ces îles, on cherche à vouloir faire croire que la N.Calédonie ou la Polynésie seraient à côté de la Chine, que ces îles sont soumises à la même menace que les Paracels ou les Spratleys, pourtant Paris est plus proche géographiquement de Pékin que ne l'est cette dernière de Nouméa ou Tahiti, mais on fait comme s'il fallait être en mesure de repousser des frégates ou des sous-marin chinois. C'est assez énervant de voir qu'on va focaliser l'attention et créer une grande menace sur une question de patrouilleurs dans la ZEE. S'inventer des menaces et des dangers a souvent servis de pression pour obtenir des moyens. Il y a cependant un facteur essentiel à prendre en compte pour notre armée, c'est que l'absence de réelles menaces ne favorise pas l'augmentation des moyens. Si à côté de cela il n'y a pas d'ambitions, ben on a ce qu'on vit depuis de nombreuses années. Pourtant c'est bien la menace qui détermine les moyens et non les scénarios fantasmées ou l'on va se créer une menace ou se positionner à la place d'autres pays qui sont eux soumis à des menaces réelles. Ce n'est donc pas la superficie d'une ZEE qui détermine les moyens pour la "défendre" mais bien les menaces. Vous pouvez avoir une ZEE beaucoup plus petite et être soumis à des menaces ou des pêches illégales plus nombreuses et conduisant à y mettre plus de moyens, il n'y a rien de proportionnelle à la taille, pas plus que le Kazakhstan se doit d'avoir une armée de terre plus forte qu'Israël en raison d'un territoire plus grand. Je vais m'arrêter là, mais je pourrai continuer des heures.
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