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Gallium

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Posts posted by Gallium

  1. Il y a 1 heure, ksimodo a dit :

    Le renouvellement de la population et l'évolution des idéaux font que dans 5 ans il est cuit cuit. Sauf à naturaliser ( ou droit de vote ) à tour de bras des immigrés tous frais assez sensibles à son côté conservateur ( religieux ).

    C'est déjà ce qui a été fait... l'opposition avait sorti des vidéos de personnes ne parlant même pas le turc, disant avoir voté Erdogan à la sortie d'un bureau de vote

     

    il y a une heure, ksimodo a dit :

    Faut pas trop se moquer quand on n'est pas irréprochable chez soi.

    Quand la démocratie se résume à avoir une constitution écrite et voté dans un contexte de quasi coup d'état, un parlement inutile, et un raïs à nous qu'on élit tous les cinq ans (entre temps c'est f. ta gueule), effectivement...

    Il nous reste les libertés individuelles au moins (:unsure:)

     

     

    Sinon, intéressant de voir le vote des "Turcs" de l'étranger, qui ont participé à la réélection d'Erdogan

    (et oui, l'Allemagne et la France on choisi des paysans d'Anatolie, d'autres ont été plus malin et ont ramené des bourgeois d'Istanbul...)

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  2. Il y a 15 heures, g4lly a dit :

    C'est l'effet guerre en Ukraine? L'état se mettrait à nouveau plus a craindre la menace extérieure que son propre peuple?

    non, comme je le disais, en réalité cette nouvelle affiche date de 2021 (mais je ne l'ai vu que maintenant sur l'entrée d'un bâtiment), cette évolution est donc plus ancienne que ce que je pensais, mais ça aura quand même prit 6 ans entre 2015 et 2021...

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  3. il y a 56 minutes, stormshadow a dit :

    la guerre en Ukraine a démontrée que la pénétration en TBA était très risqués.

    Je ne suis pas sûr qu'on puisse tirer une telle conclusion, de un, l'Ukraine est très plate (vous allez me dire que c'est le terrain qui commande, et donc que l'on ne pourra pas choisir le terrain, mais dans le cadre d'une pénétration TBA, un peu quand même), de deux, la plupart des aéronefs abattus en TBA sont des hélicoptères, les autres des avions en train de faire du CAS ;  on est loin d'un Rafale à 900km/h en mode suivi de terrain.

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  4. Sans vouloir de polémique, je ne voulais pas rester silencieux. Alors bon, je sais qu'il faut recruter, et que sans doute qu'il n'y a pas de mauvaise intention derrière, mais moi ça me fait quand même bizarre, on est pas en Russie ou en Chine, ou dans la IIIe république revanchiste ; ça et le SNU je trouve ça franchement "borderline"

  5. https://www.cairn.info/revue-defense-nationale-2019-2-page-119.htm

     

    L’effort de défense
    du gouvernement
    de Front populaire

    Claude Franc, RDN

    Alors que dans l’inconscient collectif militaire, le gouvernement de Front populaire est assimilé à un gouvernement au pacifisme exacerbé, et même pour certains, responsable, en tant que tel, de la défaite, c’est l’exact contraire qui se révèle conforme à la vérité historique.

    2 C’est à ce titre que, lors du procès de Riom où il comparaissait en tant qu’accusé, le président Léon Blum, en assurant lui-même sa défense, a fait tourner ce procès en dérision vis-à-vis de l’accusation, à un point tel que les autorités d’occupation ont dû intervenir auprès de Vichy pour l’ajournement sine die de ce procès.

    3 Quels sont les faits ?

    4 En arrivant au pouvoir, en juin 1936, le président Léon Blum avait demandé à l’état-major de lui préparer une étude sur la politique militaire et de lui chiffrer les besoins de la France en matière d’armements. Le général Gamelin, reprenant une étude transmise à l’EMA l’année précédente lors du rétablissement de la conscription par l’Allemagne, chiffrait les besoins à 9 milliards (qu’il n’avait obtenus des gouvernements précédents) ; Daladier, ministre de la Guerre du gouvernement de Front populaire juge alors ce montant insuffisant et le porte à 14 milliards étalés sur quatre ans [2][2]Général Gamelin : Servir ; Paris, Plon, 1948, Tome II, p. 246.… Cet effort sera encore considérablement amplifié par la suite ; du 1er janvier 1937 à la guerre, ce seront 57 milliards qui seront affectés aux dépenses d’équipement. En effet, un gigantesque programme de plusieurs dizaines de milliards sur quatre ans a été voté en mars 1939 (dont un plan complet de rénovation de la Flotte) [3][3]Deux porte-avions, deux « sister-ships » des Richelieu et Jean…, suite à l’annexion de la Bohême-Moravie par l’Allemagne, annonçant la guerre prochaine.

    5 À la suite de cette décision initiale, prise le 7 septembre 1936, ce sont 550 millions qui sont immédiatement débloqués [4][4]Pour employer des termes modernes, ces 550 millions de francs… ; à la Chambre, les députés du parti communiste français votent pour ce programme [5][5]Qui s’identifie un peu aux actuelles lois de programmation,…, les députés de droite s’abstiennent (officiellement pour ne pas passer pour des bellicistes fauteurs de guerre, réellement pour ne pas à avoir à donner leurs voix à Blum !). Il convient de noter que, jusqu’à la chute du gouvernement Blum, et même au-delà, le parti communiste votera sans exception tous les budgets et crédits militaires, aériens et navals. En revanche, ses députés s’abstiendront lors des votes de politique étrangère en signe de protestation contre la décision de non-intervention en Espagne.

    6 Pour ce qui est de ce plan de réarmement, de septembre 1936, un organe de presse de droite modérée, conservatrice et catholique bon teint, L’Illustration, pas forcément très favorable au gouvernement de Front populaire écrit néanmoins [6][6]L’Illustration, n° 4882, 20 septembre 1936, p. 93. : « (…) Dans un ordre d’idées analogue, c’est le même gouvernement de Front populaire qui a pris l’initiative de proposer les plus fortes dépenses militaires qui aient été offertes à la France depuis la guerre : 14 milliards de crédits supplémentaires répartis sur quatre années. C’est ainsi que les circonstances imposent parfois leurs nécessités aux doctrines. »

    7 L’argument des lois sociales, notamment les « quarante heures », a également été mis en avant, lorsque les travailleurs allemands connaissaient des rythmes de soixante heures (dix heures de travail journalier durant six jours par semaine). Il convient quand même de considérer que la nature des deux régimes politiques n’était pas la même ! Par ailleurs, cet argument est à mettre en parallèle avec l’inadaptation et la vétusté de l’appareil de production d’armement français. Il était essentiellement constitué de petites entreprises et ateliers familiaux, en mesure de concevoir et de produire des prototypes, mais totalement inadaptés à la production de masse. C’est le cas notamment des ateliers blindés [7][7]L’inadaptation des ateliers français était telle, qu’une image… et d’avions. Il fallait attendre les effets des grandes lois structurelles votées le 6 août 1936, visant à nationaliser l’industrie d’armement autour de grands groupes comme AMX (Ateliers d’Issy-les-Moulineaux), nés de la nationalisation de la composante « armement blindé » de Renault en 1936 (ou les ateliers de production de canons Schneider au Creusot, ou les ateliers de production de canons antichars et antiaériens Hotchkiss de Levallois, ou encore les ateliers Brandt de fabrication de mortiers, transformés en arsenaux d’État) et que l’État puisse y consacrer les investissements nécessaires à leur modernisation, gage de leur adaptation à la production de masse, et surtout standardisée [8][8]C’est ainsi, qu’en matière de blindés (infanterie et cavalerie…. C’était chose faite début 1938, lorsque le gouvernement décida de surseoir à la loi de quarante heures dans l’industrie de la défense nationale.

    8 Pour permettre la budgétisation de ces plans d’équipement, le gouvernement Blum a décidé de recourir à un grand emprunt dit de la « Défense nationale » en mars 1937. Dans son discours de présentation, Léon Blum, soulignant le libéralisme des dispositions prises dans l’ordre monétaire, formula le vœu que le rapatriement des capitaux, qui avaient fui à l’étranger en juin 1936, s’investisse dans l’emprunt national. Cet emprunt devait être émis en franc, en livre sterling et en dollar, c’est-à-dire les devises des pays signataires de l’accord monétaire de septembre 1936. Ainsi, le coupon émis devait-il se trouver à l’abri des fluctuations de la parité de ces monnaies entre elles.

    9 L’Union nationale des combattants, dont on sait le rôle qu’elle a joué dans les affaires de février 1934, approuva ces mesures, ainsi que diverses personnalités du monde politique, notamment, le président de la République, et les présidents des Chambres ; même le cardinal Verdier, archevêque de Paris, donna publiquement son approbation. Mais il fallait que le Parlement votât en faveur de cet emprunt de la défense nationale, ce qui fut effectif, par 402 voix contre 32. Lors du débat, Jacques Duclos apporta le soutien du Parti communiste. L’opposition des voix « contre » ne vint que de la part d’individualités de la droite. Quant au Sénat, il adopta le projet à la quasiunanimité des votants, à l’exception notable d’un sénateur pacifiste, Pierre Laval, qui vota contre. L’ouverture de la souscription fut fixée au 12 mars 1937, avec un taux d’intérêt de 4,5 %, le prix d’émission à 98 francs et la première tranche limitée à 5 milliards.

    10 Le résultat dépassa toutes les espérances : l’émission fut couverte dans la journée et la clôture prononcée le soir même. Même la CGT avait souscrit pour un montant de 250 000 francs, ce qui était considéré comme un exemple donné à ses fédérations. Le mardi suivant, le 16 mars, la deuxième tranche d’un montant de 3 milliards fut couverte dans la journée.

    11 Les seules oppositions à cet emprunt de défense nationale sont venues des néo-socialistes de Déat et Marquet – dont l’organe de presse L’Œuvre titrera au moment de l’entrée en guerre « Mourir pour Dantzig » – et d’organes presse extrémistes de la droite de la droite dont l’opposition à Léon Blum était plus de nature antisémite que politique.

    12 Ainsi, l’idée selon laquelle le gouvernement de Front populaire aurait été le fossoyeur de la défaite en négligeant la défense nationale par une priorité exclusive à la question sociale ne résiste pas à l’analyse. En matière de définition de la politique suivie, les meilleurs indicateurs en ont toujours été les votes budgétaires et ceux de politique étrangère.

  6. Il faut relativiser, les indépendantistes là sont plus dans une indépendance de principe que dans une revendication concrète après l'élection, je pense d'ailleurs qu'ils ont plus été élu contre l'ancien gouvernement, que pour l'indépendance. Notons d'ailleurs qu'ils n'ont pas fait campagne sur ce point.

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  7. il y a 32 minutes, christophe 38 a dit :

    Mayotte, c'est une ile, mais, nous imageons en disant que c'est un village..

    c'est petit, en taille

     

    étant moi meme porteur d'un uniforme bleu, ayant receptionné les véhicules ce mois écoulé, nous n'avons pas ces toyota sur l'ile.

     

    enfin, la plaque du 1er.... D8 448 ou DB 448... le format n'est pas le notre, coté immat, on en est à Fou G....

    bref, ce n'est pas chez nous

     

    (sinon, pour acheminer une voiture par cargo, il faut compter environ 2 mois....)

    pas réaliste, pas crédible

    ce ne serait pas des journalistes mais des journalistes de CNEWS

    Peut on louer de tels véhicules à Mayotte ? C'est la question

    Quant au journaliste @Fusilier, il a un parti prit évident (il suffit d'ailleurs de voir sa thématique), mais jusqu'à présent il ne m'a pas semblé rapporté de faits faux ou tenter de les travestir.

  8. https://www.dna.fr/amp/defense-guerre-conflit/2023/04/21/le-ministre-des-armees-sebastien-lecornu-au-contact-a-meyenheim

    Des mortiers de 120mm

    Le ministre indique également qu’une section du RMT percevra des mortiers de 120 mm tractés  (par quel véhicule d'ailleurs ; le RMT est sur VBCI) et qu’une autre sera équipée « pour des missions d’appui électronique ». Des mesures qui seront déclinées dans d’autres régiments d’infanterie et permettront à ces derniers de gagner en autonomie. « Les retours d’expérience de l’Ukraine et du Mali nous ont montré qu’il fallait agir au plus vite, raccourcir les boucles » (arguments déjà évoqués ici), décrypte le général Pinon, patron de la 2e  brigade blindée de Strasbourg. « On a besoin de regagner en réactivité au niveau des plus petits échelons », insiste-t-il. L’arrivée de mortier permettra par ailleurs d’« augmenter la létalité des régiments d’infanterie ».

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  9. Il y a 3 heures, Ardachès a dit :

    … Trop conservateur ou juste avec une vision un peu trop européocentré ?

    Comme listé ci-dessus, mis à part les actionnaires, SpaceX n’a de compte à rendre à personne -en dehors des consignes environnementales et celles liées à la sécurité - ce qui fait que si pour eux, malgré la destruction de leur fusée, ils jugent que ce test remplit ses objectifs ou ce trouve le problème ?

    Cette fusée ne volant pas avec l’argent des contribuables ( et quand bien même dirait certain), ils peuvent -tant qu’ils peuvent en fabriquer- en envoyer autant qu’ils veulent pour faire progresser leur technologie, ça n’impactera rien d’autre que l’assise financière de la société ou leur crédibilité. 

    Qui sommes nous pour leur donner des leçons ? 

    Je ne vais pas réécrire ici toutes les avancées qu’ils ont réalisé avec un timing incroyable… on aime ou pas, on juge que c’est « borderline » ou pas, force est de constater qu’ils font avancer à pas de géant l’industrie aérospatiale (sur moins d’une génération) et rien que pour ça il faudrait les en remercier.

    J'aurais pu être d'accord... mais il y a quand même un problème quand tu vois ça :

    XaqXeF3RqHBCyvelAdSR8ZN-0Tf2Kzu9LKENOHn2

    Franchement,  pourquoi pas un système de noyage et un canal d'évacuation des gaz ? Ce truc utilisé par tous le monde. Pas assez "audacieux", trop banal ? Trop cher ?

    Et pareil quand tu saccage la zone naturelle d'à côté et que tu vois des poussières de béton retombées sur la ville du coin. Je serai un habitant, il aurait du fric à se faire en justice...

    EDIT : je parle même pas des seuils de bruit déclarés qui n'ont pas été respectés (habitations dans la zone du seuil de douleur)

    https://blog.esghound.com/p/spacexs-texas-rocket-is-going-to

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  10. il y a une heure, Gibbs le Cajun a dit :

    Alors on a eu l'épisode guerre du Golfe et la Bosnie , néanmoins quand le colonel du 2e REI en RCA voyait bosser les artilleurs du 11e RAMa sur le 120 , ben il admettait que ces 2 SML dispersé beaucoup plus en comparaison des Bigors au niveau précision ...

    Bien évidemment,pour ces  SML ça restait "propre" , même si ça epapillé , mais on tapait des objectifs dans la verte ou le désert ... 

    Comme le répondait nos cadres ai Colonel du 2e REI , ben c'est notre métier dans tous les sens du terme , et de la pratique , je dirais même une forme de philosophie , un art !

    Ne penses tu pas qu'il y avait/aura un facteur culturel à prendre en compte : c'est à dire que concrètement ce ne soit pas les meilleurs éléments des RI qui aillent s'occuper de ces mortiers car ce n'est pas dans leur culture et dans leur conception de leur métier de soldat ?

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  11. Il y a 8 heures, pascal a dit :

    Le factuel pour l'instant c'est un échec marqué - quand même - par un certain nombre de sujets d'étonnement.

    J'ai le sentiment - pour avoir suivi d'assez près l'aventure Ariane - que les deux entités d'un côté ESA/CNES et de l'autre ce que j'appellerai "l'univers Musk" ne travaillent pas du tout avec la même philosophie. D'un côté on est sur du pas à pas, relativement prudent peut être même conservateur, un mode de fonctionnement qu'on rencontre beaucoup en aéronautique. On avance, on teste on exploite avec une certaine progressivité.

    Avec Musk et ses équipes (je mets Musk en avant car ce programme est très personnalisé) on avance à grand pas mais il semble bien que le but est de réussir certes mais en s'affranchissant de nombreux gardes fou ce qui explique l'incroyable succession d'évènements durant ce lancement.

    Ça donne l'impression que le mot d'ordre est: "l'intendance suivra" ... sauf que là on ne produit pas des bagnoles.

     

    C'est à dire (je dois être trop conservateur diront les space x boys) que j'ai l'impression qu'ils ont décidés d'abandonner tous les protocoles qui ont été développé depuis le XIXe pour EVITER d'avoir à risquer des accidents pour mieux s'améliorer, en drapant ça d'audace et de "disruptivité"

    "-on a la plus haute cathédrale du monde pour la gloire du Seigneur

    -mince la voute s'est effondré sur les fidèles en pleine messe

    -c'est pas grave tu n'as pas le bon mindset, c'était prévu, on saura mieux faire la prochaine fois, ils iront au paradis de toute façon"

     

    Bon, ça finira par marcher... Peut être qu'un entre deux est souhaitable

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  12. https://www.lepoint.fr/monde/nexter-mene-la-guerre-des-munitions-20-04-2023-2517154_24.php

    Nexter mène la guerre… des munitions

    Près de Bourges, le fabricant de munitions allie la qualité du travail de précision avec une production plus industrielle amenée à monter en puissance.

    Dans 216 bâtiments tous séparés de merlons de plusieurs mètres de hauteur et répartis sur plus de 200 hectares au milieu de la campagne du Berry, Nexter fabrique ce qui constitue le nerf de la guerre : les munitions. Sur le site de La-Chapelle-Saint-Ursin, l'entreprise française produit des munitions de moyen calibre ainsi que des obus de plus gros calibre, comme le 105 mm, tiré par les blindés de reconnaissance AMX-10 RC, dont la France a fait don d'une trentaine de spécimens à Kiev. Mais aussi les 155 mm tirés par l'artillerie de l'Otan, notamment les fameux canons Caesar.

    En février 2022, avant le déclenchement de l'invasion russe, Nexter produisait sur ce site environ 40 000 obus par an, à ajouter aux 20 000 fabriqués par une filiale en Italie. Mais la guerre de haute intensité menée par Moscou contre Kiev a vite révélé un problème d'échelle majeur : l'Ukraine tire en moyenne plusieurs milliers d'obus par jour, et la Russie a été en mesure de tirer un an de production française en 24 heures de conflit. Le site de La Chapelle est donc au cœur des préoccupations du politique, qui souhaite monter en puissance dans le cadre de la création d'une « économie de guerre ». En mars dernier, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a annoncé que la France doublerait ses livraisons d'obus de gros calibre à Kiev pour les porter à 2 000 unités par mois dès la fin mars.

    Un obus toutes les 8 minutes

    Pour répondre à ces besoins colossaux, Nexter travaille à augmenter sa production de 50 % d'ici à 2024 et pourrait bien la doubler (par rapport à début 2022) en 2025, si la demande se fait encore sentir. La société a investi 30 millions dans un nouveau bâtiment destiné à réintégrer la fabrication des douilles sur le site. « Cet investissement était déjà prévu quelques années avant la guerre, mais les événements récents nous ont motivés à voir plus grand », explique Hervé Le Breton, directeur du site ainsi que de celui de Bourges, où sont notamment fabriqués les tubes des canons Caesar. En tout, 1 140 salariés travaillent sur les deux entreprises, dont 440 pour les munitions.

    Comme les bâtiments de La Chapelle accueillent des poudres hautement explosives, la sécurité est un enjeu majeur : 700 tonnes d'explosif sont réparties sur le site, en moyenne. Outre les merlons censés détourner le souffle d'une explosion, les installations sont toutes très espacées. Certains bâtiments sont conçus comme des bunkers, l'atmosphère y est contrôlée. L'ensemble de l'activité, classée Seveso III, est soumise à quelque 7 500 normes et réglementations, selon le directeur du site.

    Si la plupart des opérations sont automatisées et tournent en « 3 x 8 », certaines actions nécessitent un savoir-faire tout particulier. Sur les obus les plus précis, par exemple, la poudre est compressée selon un procédé spécifique et très contraignant, qui implique de comprimer les granules de matière explosive à 2 000 bars (l'eau sort de votre robinet à 2 bars, 150 bars pour un nettoyeur haute pression). Pour cela, l'entreprise a eu l'idée de récupérer la culasse (là où l'on charge l'obus et la charge propulsive) d'un des huit canons de 380 mm du cuirassé Richelieu, fierté de la marine française lancé en 1939 et désarmé en 1967.

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    La culasse d'un canon de 380 mm de l'ancien cuirrassé Richelieu utilisée pour comprimer les charges explosives : une fois chargée avec les paquets de granules d'explosif et refermée, celle-ci est mise sous pression pour les comprimer et assurer une parfaite homogénéité des charges, gage de qualité. 

    Révélation

    Un opérateur place donc ses charges dans le trou d'acier pour qu'elles soient compressées, avant de positionner sur la culasse 33 tonnes de métal, au cas où l'explosif détonerait, pour éviter de projeter la pièce à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Lorsqu'on lui demande s'il pourrait produire davantage, l'ouvrier pyrotechnicien, incollable sur la pièce historique qu'il manie, nous souffle qu'il « en reste d'autres en Bretagne ou dans des musées ».

    Mais cela ne concerne que les obus les plus haut de gamme, la plus grande partie des munitions étant produite selon des procédés moins techniques et plus rapides, notamment les munitions de moyen calibre (de 20 mm à 40 mm). Dans tous les cas, le processus de fabrication normé et très exigeant garantit un très haut niveau de qualité alliant précision, sûreté et efficacité. Un obus de Caesar est capable de tomber dans la surface d'un demi-terrain de football à 40 kilomètres.

    Hervé Le Breton insiste sur la technicité du moindre obus produit sur le site. « Il faut se rendre compte, tout ça va subir une énorme accélération au moment du tir, passer de 0 à 900 mètres seconde d'un coup, en quelques mètres, et quand même fonctionner », s'émerveille-t-il devant un panneau détaillant le mécanisme de neutralisation automatique d'une munition de 25 mm, dans le cas où elle n'atteindrait pas son but.

    Pour répondre à l'économie de guerre, l'entreprise a décidé d'augmenter ses stocks et ses capacités de production : elle réfléchit notamment à réintégrer à La Chapelle la peinture des obus, qui nécessite aujourd'hui un aller-retour des munitions à Tulle entre deux étapes industrielles. Mais les facteurs limitants ne sont pas forcément sur les cadences de production. Frantz Caillau, directeur de Nexter Arrowtech (la filiale « munitions » de l'entreprise), insiste sur les goulets d'étranglement des fournisseurs : « Dès le déclenchement de la guerre, tout le monde s'est rué sur les poudres. Nous nous fournissons en Europe, notre sous-traitant Eurenco, va réintégrer sa production sur le territoire national, mais les matières premières font encore l'objet d'une rude compétition », explique-t-il.

    14 producteurs de munitions en Europe

    En Europe, Nexter fait face à 14 producteurs dans 11 pays différents, dont certains beaucoup plus gros, comme l'allemand Rheinmetall. Sur d'autres produits, comme l'acier, le munitionnaire reste un « petit » client des aciéries, bien qu'il commande des alliages haute performance qui nécessitent des savoir-faire très spécifiques. « Pour augmenter nos capacités, il nous faut de la visibilité sur plusieurs années », plaide Frantz Caillau, saluant toutefois la décision de mettre en place des commandes pluriannuelles pour l'armée française consacrée dans le projet de loi de programmation militaire 2024-2030 récemment présenté. Parmi d'autres gros programmes, l'Union européenne a lancé fin mars une initiative visant à fournir 1 million d'obus à l'Ukraine d'ici à la fin d'année, en prélevant sur les stocks nationaux et procédant à des achats groupés.

    Au-delà des matériaux, une telle industrie de pointe ne tourne pas sans personnel très qualifié. « Il faut au moins un an et demi pour former un nouveau salarié, et près de dix ans pour en faire quelqu'un de complètement polyvalent », détaille Hervé Le Breton. La guerre en Ukraine et la visibilité du matériel Nexter sur le terrain ont permis de dynamiser les recrutements, nécessaires pour augmenter les cadences, mais la formation manque toujours.

    L'entreprise déplore que plus aucune formation de pyrotechnicien n'existe en France, à l'exception de celle qu'elle est en train de monter à Bourges en partenariat avec l'IUT de la ville.

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  13. Il y a 2 heures, Eau tarie a dit :

    On l'avait pas vu venir celui là si ?

    Ils avaient du faire les AVURNAV et tout le tralala

    si ça été relayé mais moins que d'habitude, le contexte j'imagine

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  14. Le 17/04/2023 à 15:13, Gallium a dit :

    "il faudrait" être identifiable, mais on laisse des baceux ressembler à des racailles (ce qui a déjà provoqué des quiproquo sanglants...)

    Dans l'actualité

    https://actu17.fr/justice/tirs-sans-sommation-au-bois-de-boulogne-un-policier-ecope-de-trois-mois-de-prison-avec-sursis.html

    Dans la nuit du 29 au 30 avril, trois véhicules de la brigade anti-criminalité (BAC) avaient intercepté une voiture avec six occupants âgés de 16 à 22 ans, soupçonnés d'avoir volé un sac à main. Les policiers n'arboraient aucune identification montrant leur qualité, lors de l'intervention, ce qui a poussé les occupants de la voiture à penser qu'ils étaient victimes d'un vol à main armée.

    Lors de son témoignage, Alexis B. a décrit son action comme un "tir de riposte instinctif" visant à protéger ses collègues. Il a soutenu qu'il était en état de légitime défense, tout en admettant qu'il avait commis "une erreur" en ne portant pas de brassard. Le procureur a qualifié l'action de l'officier de police de "particulièrement mauvaise maîtrise de la situation" et a requis une peine de trois mois de prison avec sursis sans interdiction professionnelle.

    Moi perso, un type en noir qui me braque au volant au bois de Boulogne en pleine nuit, sans brassard, sans gyrophare, je pense pas en premier à un policier...

    Note (pas dans l'article) : aucun gyrophare n'étaient visibles sur les voitures de police sur la vidéo de la scène... et heureusement que cette vidéo était là parce que comble du cynisme, le conducteur a au début été poursuivi avant que les charges ne tombent... Il se serait passé quoi s'il y avait eu un mort ? trois mois avec sursis ?

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