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ChristoK4

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  1. https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/14/apres-la-liberation-de-kherson-les-ukrainiens-lorgnent-sur-la-crimee_6149718_3210.html Guerre en Ukraine : ce que change la reprise de Kherson Le retrait russe confirme l’aptitude du haut commandement ukrainien à réussir des offensives majeures. La perte de la zone tampon au nord du fleuve Dniepr fragilise le territoire annexé par Moscou en 2014. Dans la région de Kherson, la situation militaire s’éclaircit peu à peu. Le Dniepr sépare nettement les deux camps ennemis, qui s’observent à la jumelle par-dessus son flot majestueux. Les craintes initiales d’un piège russe destiné à attirer les troupes ukrainiennes dans un combat urbain très meurtrier dans la ville de Kherson ne se sont pas concrétisées. Kiev a repris le contrôle de la totalité des 4 500 kilomètres carrés occupés par la Russie sur la rive droite du Dniepr. L’Ukraine remporte une victoire avec de beaux paramètres, en premier lieu l’absence d’effusion de sang civil. Usant depuis le mois d’août de lance-roquettes Himars et de pièces d’artillerie occidentales, Caesar français, M777 américain, PzH 2000 allemand, entre autres, elle a brisé les lignes logistiques de l’envahisseur et l’a forcé à reculer. Cette contre-offensive n’avait rien d’évident dans une zone de steppe comptant un obstacle naturel, la rivière Inhoulets, mais très peu d’arbres facilitant les opérations d’infiltration. Il semble que les forces ukrainiennes ne disposaient ni de la supériorité numérique requise pour les offensives ni d’un nombre confortable de blindés pour protéger leurs troupes. La victoire de Kherson est la somme du renseignement et des livraisons d’armes occidentales, qui ont permis aux forces de Kiev, dont l’arsenal national est à l’étiage, de frapper l’envahisseur rapidement et avec précision jusqu’à 70 kilomètres au-delà de la ligne de front. Mais aussi, et surtout, de l’impressionnante bravoure et de la détermination des soldats ukrainiens à libérer leur territoire. En face, la Russie semble au moins avoir réussi son évacuation, à en juger par l’absence de groupes massifs de soldats capturés dans l’opération. Selon toute vraisemblance, l’évacuation de la rive droite par les Russes a été planifiée longtemps à l’avance, et avait débuté avant la mi-octobre, comme le montrent les images satellites publiées par le site d’investigation ukrainien Skhemi. Nul doute que l’état-major ukrainien en était averti. Dans l’incapacité d’évacuer les équipements lourds, l’armée russe a été contrainte d’en détruire une partie, le reste s’ajoutant aux deux mille cinq cents « trophées » que l’armée ukrainienne a déjà retournés contre son agresseur. Le retrait russe pose toutefois plusieurs défis à l’Ukraine. Ayant reculé derrière la large barrière naturelle constituée par le Dniepr, la Russie voit la ligne de front rétrécir d’un coup de 300 kilomètres. Une opération amphibie pour attaquer frontalement la rive gauche paraît extraordinairement risquée pour Kiev. L’arrivée de « sang frais », sous la forme de troupes russes récemment mobilisées, permettra à Moscou de muscler son assaut sur Bakhmout, dans l’est de L’Ukraine, et de fortement densifier les 500 kilomètres restants de la ligne de front. Ce qui compliquera la contre-offensive ukrainienne dans les régions de Louhansk et de Zaporijia. Or, Kiev ne veut pas d’un front qui se fige cet hiver et permette à la Russie de reconstituer ses forces pour une seconde manche l’an prochain. L’artillerie ukrainienne a d’ores et déjà commencé à « travailler » la rive gauche du Dniepr, comme l’atteste une série d’explosions violentes entendues à Tchaplynka, à 45 kilomètres au sud du fleuve, dans la nuit de samedi à dimanche. La disparition de la « zone tampon » sur la rive droite du Dniepr expose désormais aux frappes ukrainiennes une série d’infrastructures cruciales pour la Crimée, annexée en 2014 par Vladimir Poutine. Le départ du canal alimentant la Crimée en eau douce, qui part de Nova Kakhovka, se trouve désormais à portée des obus de mortier ukrainiens. La voie ferroviaire Donetsk-Melitopol-Djankoï, principale ligne de ravitaillement du groupe d’armées de Crimée, est désormais à portée des missiles Himars, qui risquent à nouveau de perturber la logistique de l’occupant. Signe supplémentaire que le vent tourne : des images satellites montrent que, depuis une semaine, des tranchées sont creusées dans le nord de la Crimée. De tête de pont menaçant tout le sud de l’Ukraine jusqu’à Odessa, la Crimée se change peu à peu en forteresse assiégée. La situation en mer, en effet, n’est pas plus rassurante pour Moscou, alors que l’Ukraine annonçait dimanche la constitution prochaine d’une flotte de drones marins kamikazes, du type de ceux qui ont frappé plusieurs bâtiments de la marine russe, le 29 octobre. Plus au nord de cette zone, côté ukrainien, on respire mieux. Deux grandes villes ukrainiennes encore à proximité du front la semaine dernière, Mykolaïv et Kryvy Rih, voient la menace de l’artillerie russe s’éloigner. A l’instar des autres agglomérations ukrainiennes de l’arrière, elles restent toutefois menacées par le feu, nettement moins nourri, des drones iraniens et des missiles de croisière russes. Dimanche, le gouverneur de Mykolaïv, Vitali Kim, a enjoint les entreprises et les ouvriers du BTP à venir rebâtir la région. Selon M. Kim, la perspective de la réouverture des ports se rapproche, surtout si la dynamique de libération des terres méridionales se poursuit. Fort de la victoire de son armée, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, évoque un terme encore tabou il y a peu, celui de négociation. Mais avec des conditions : « Nous sommes prêts à parler avec la Russie. Mais seulement avec cette Russie qui est réellement prête à la paix. » En octobre, le chef d’Etat avait exclu formellement toute forme de négociation avec Vladimir Poutine. Kiev signale n’être pas pressé. Les négociations avec Moscou « pourraient reprendre au second semestre 2023 », a précisé, dimanche, David Arakhamia, le président du groupe parlementaire proprésidentiel à la Rada d’Ukraine. Dans le passé, David Arakhamia avait conduit la délégation ukrainienne dans les négociations avec la Russie. La reprise de ce processus est soumise à des préalables : « Restauration de l’intégrité territoriale, compensation de toutes les pertes subies, traduction en justice de tous les criminels de guerre et garanties effectives que cela ne se reproduira plus », a-t-il fait savoir dans une publication sur sa chaîne Telegram. Cet hiver continuera de voir parler les armes et couler le sang.
  2. La campagne de terreur lancée depuis dix jours contre les villes ukrainiennes a touché les Européens. La France a déjà livré, la semaine dernière, entre trois et quatre batteries de missiles Crotale. L’Allemagne, un système IRIS-T, déployé « dans le sud de l’Ukraine », selon le ministre de la défense ukrainien, Oleksii Reznikov. Et trente véhicules antiaériens Flakpanzer Gepard. Des indices suggèrent que ces deux dernières armes sont déjà entrées en action. Selon le groupe d’experts militaires Confict Intelligence Team, le Flakpanzer Gepard est sans doute à l’origine de la destruction d’un missile russe X-101, à peine une seconde avant qu’il ne s’écrase sur la centrale électrique n° 6 de Kiev, mardi 18 octobre. Ce même groupe signale aussi que les débris d’un missile IRIS-T SLM ont été retrouvés à proximité de la capitale. Concernant le Crotale français, le lieutenant-général et ancien premier adjoint du chef de l’état-major des forces armées ukrainiennes Ihor Romanenko explique au Monde qu’il s’agit d’un système qui n’a pas encore fait ses preuves en situation de combat. « Rien ne remplace une vraie guerre pour évaluer une arme. L’Ukraine est, à son corps défendant, devenue un polygone de test pour de nombreux types d’armes, nouveaux comme anciens », déplore l’officier. Pour les militaires ukrainiens, la contribution occidentale en matière de défense antimissile reste marginale. « Les systèmes qu’on nous donne sont en nombre très insuffisants. Un par-ci, un par-là. L’Ukraine est un vaste pays. Pour sécuriser l’espace aérien et les 2 500 kilomètres de frontière, il faut un grand nombre de systèmes. Nous aurions gagné cette guerre en quelques mois si nos alliés nous avaient fourni une aide massive et rapide », tranche M. Romanenko. « L’Ukraine a besoin de quarante de ces systèmes pour sécuriser le ciel, précise Oleh Jdanov, colonel et expert militaire au ministère de la défense ukrainien. Notre grande réussite, c’est d’avoir fermé le ciel aux avions russes. Leur attaque massive le 24 février n’a entamé que 30 % de notre défense antiaérienne, que nous avons reconstituée grâce à une division de S-300 slovaques. Depuis, l’aviation russe ne s’aventure pas au-delà du front, où il nous faudrait cinquante systèmes courte portée du type Gepard ou Toungouska [système soviétique] pour clouer au sol l’aviation russe. Reste le problème des missiles et des drones. » L’apparition inattendue, en septembre, du drone kamikaze iranien Shahed 136 (appelé « Geran » par le pouvoir russe, qui refuse d’admettre son origine iranienne), a provoqué d’importants dégâts matériels et humains dans le sud et l’ouest du pays, ainsi qu’au cœur de la capitale Kiev. L’implication iranienne et le fait qu’elle vise presque exclusivement des cibles civiles ont fait réagir Washington, le principal allié de Kiev. Le Pentagone examine « activement, dès à présent », différents systèmes antiaériens pour éliminer la menace que le Shahed 136 fait peser sur l’Ukraine, a déclaré, jeudi, John Kirby, le coordinateur du Conseil national de sécurité pour les communications stratégiques de la Maison Blanche. Selon lui, « l’Iran est directement impliqué sur le terrain » à travers la présence d’instructeurs militaires en Crimée. La lenteur du drone (200 km/h) et son bruit caractéristique de moteur à deux temps (les Ukrainiens le surnomment « la Mobylette ») le rendent repérable facilement parce qu’il vole à basse altitude. Un groupe de programmeurs a d’ailleurs conçu une application pour Android, nommée « ePPO » (acronyme signifiant « c’est la défense antiaérienne »), permettant à la population, depuis la mi-octobre, d’informer en temps réel l’armée du passage de Shahed 136 dans le ciel. Il suffit de braquer son téléphone dans la direction du bruit et de cliquer sur un bouton pour transmettre les coordonnées du danger. ePPO, qui compte déjà plus de 100 000 téléchargements, permet aussi de signaler des avions, des hélicoptères, des missiles et des explosions. Conscients de cette vulnérabilité, les militaires russes ont réduit l’utilisation tactique du drone, explique au Monde le procureur général de la région de Kharkiv, Oleksandr Filtchakov. « Dorénavant, le Shahed survole les grands axes routiers le matin, à l’heure de pointe, pour que son bruit soit couvert par celui des voitures. Et il frappe les centres-villes de l’ouest et du centre de l’Ukraine, que d’autres missiles à moins longue portée ne peuvent atteindre », précise-t-il. Des tactiques originales sont aussi employées contre les petits drones (quadroptères) d’observation russe utilisés sur le front. Des duels de drones ont été filmés la semaine dernière, montrant un drone fondant tel un faucon sur un autre modèle, un peu plus bas, brisant, par énergie cinétique, les pales de son adversaire qui tombe ensuite comme une pierre. Une autre innovation consiste à se positionner au-dessus de la cible et à larguer un filet sur les pales, ce qui aboutit pareillement à la chute du quadroptère. Reste la menace des missiles qui continuent d’être tirés chaque jour sans épargner aucune région ukrainienne. « Contrairement à ce qu’affirment certains politiques et experts, les stocks russes de missiles restent importants malheureusement », note Oleh Jdanov. Pour lui, les missiles hypersoniques comme le Iskander, le Kinjal et le Tsirkon constituent des menaces graves : « Sur 900 missiles balistiques Iskander tirés par les Russes, seuls 126 ont été abattus. » « Il nous faudrait des systèmes [américains] Patriot ou Thaad pour les abattre, estime M. Romanenko. Nos systèmes soviétiques ne sont pas conçus pour intercepter des missiles hypersoniques. » Paradoxalement, le dernier défi auquel la défense antiaérienne ukrainienne fait face consiste en un système antiaérien russe, le S-300. « Les Russes comptent de très grandes quantités de S-300 qui, de défensifs, sont convertis en missiles offensifs semi-balistiques sol-sol, explique encore M. Romanenko. Ils sont peu précis et visent les villes ukrainiennes à proximité du front. La meilleure parade consiste à attaquer leurs radars de conduite avec des missiles air-sol tactiques supersoniques AGM-88 HARM américains, que nous avons montés sur des Mig-29 [soviétiques]. » Preuve supplémentaire que la distinction faite par certains dirigeants occidentaux entre armes offensives et défensives ne correspond pas à la réalité de la guerre. Emmanuel Grynszpan(envoyé spécial à Kharkiv (Ukraine))
  3. Merci d'aller vous présenter ci après: http://www.air-defense.net/forum/30-presentez-vous/ Si je puis me permettre, s'inscrire et poster pour faire du ad hominem, c'est ni malin, ni sérieux mais plutôt gage de ne pas rester longtemps ici. ChristoK4, le noob qui clash les noob ! (mais grillé par Akhilleus, arf)
  4. qui dit ça du coup: Le matin du 10 octobre, les forces russes ont lancé une attaque massive, la plus importante depuis le 24 février, sur les villes ukrainiennes : Kiev, Dnipro, Ternopil, Kharkiv, Ivano-Frankivsk, Lviv, Konotop (région de Sumy), Kremenchug (région de Poltava), Odessa. Presque toutes les régions d'Ukraine ont été attaquées. Le nombre exact de victimes, morts et blessés, est encore inconnu, mais au moins 5 personnes auraient été tuées à Kiev. Selon les autorités ukrainiennes, 83 missiles ont été tirés sur le territoire de l'Ukraine (selon une autre estimation, il y a eu au moins 100 frappes au total), 43 d'entre eux ont été abattus par les systèmes de défense aérienne, les autres ont touché les villes. À l'heure actuelle, on sait que les forces russes ont utilisé non seulement des missiles, mais aussi des drones kamikazes - des munitions iraniennes de type Shahed-136 (Geran-2). Certains d'entre eux ont été interceptés - il existe des photos, montrant vraisemblablement le travail de la défense aérienne : une trace de l'interception de ces drones visible dans le ciel. Il existe également des photos de missiles de croisière survolant les régions d'Odessa et de Tchernihiv, ainsi qu'une vidéo du ministère russe de la défense montrant le lancement de missiles de croisière depuis un navire. Notre équipe est encline à croire qu'il s'agissait de missiles de croisière 3M-54 Kalibr (rappelons qu'il n'y a pas si longtemps, nous avons déclaré que la Russie était en train de manquer de ces missiles, mais qu'il devait y avoir une réserve d'urgence pour une occasion spéciale). Selon les informations disponibles, de nombreux missiles ont frappé des endroits aléatoires sans installations militaires à proximité, notamment le parc Taras Shevchenko, un pont piétonnier à Kiev, des immeubles résidentiels, des entrepôts, des rues et un centre d'affaires. Toutefois, plusieurs installations d'infrastructure énergétique ont été frappées. Dans de nombreuses autres villes, les habitants signalent des frappes sur une centrale électrique ou des infrastructures énergétiques. Nous avons connaissance de 11 installations d'infrastructure importantes dans 8 régions : - Kharkiv a subi une panne d'électricité complète pendant un certain temps. - À Lviv, en raison du manque d'électricité, les centrales de production combinée de chaleur et d'électricité de la ville ont été temporairement mises hors service. - Des témoins oculaires ont signalé un incendie à la centrale thermique de Kiev (le moment de l'impact a été filmé). - Dans la région de Zhytomir, des missiles ont également touché des installations électriques. - Des coupures de courant ont lieu à Lviv, Rivne, Ternopil et Kiev. - Un missile a frappé la centrale thermique de Kryvyi Rih. Réaction des autorités russes Dans son discours d'aujourd'hui, le président russe Vladimir Poutine a directement admis que le ministère de la défense et l'état-major général avaient préparé un plan de frappes sur les infrastructures énergétiques de l'Ukraine (il a également parlé des communications et des installations militaires). Il s'agit d'un aveu direct de crime de guerre, car l'infrastructure énergétique fait partie des biens civils, et les frappes contre elle sont interdites. Le fait que plusieurs régions d'Ukraine soient plongées dans le noir ne créera pas d'avantage militaire pour la Russie. Par conséquent, les frappes russes ne peuvent être qualifiées de raisonnables ou de proportionnelles. Réaction internationale Josep Borrell, le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a condamné les actions de la Russie et annoncé une aide militaire supplémentaire de l'UE à l'Ukraine. La Moldavie a affirmé que trois roquettes russes avaient violé l'espace aérien du pays. Elles ont probablement volé de la mer Noire vers Ivano-Frankivsk ou Lviv. Notre équipe s'attend à une réaction des États-Unis et de l'Europe qui fourniront à l'Ukraine de nouveaux types d'armes et augmenteront la pression des sanctions sur la Russie. Les forces russes ont bombardé Zaporizhzhia ces trois derniers jours, frappant constamment des bâtiments résidentiels. Chaque jour, des civils ont été tués, le nombre de victimes restant à définir. Très probablement, ces frappes sont aussi une réponse à ce qui s'est passé avec le pont de Crimée. Dans la nuit du 8 au 9 octobre, les forces russes ont frappé la base de la 55e brigade d'artillerie des forces armées ukrainiennes dans la région de Zaporizhzhia avec des munitions iraniennes de type Shahed-136 (Geran-2). La situation sur la ligne de front Au 10 octobre, un certain nombre de localités ont été libérées dans la direction de Svatove : Novoyehorivka, Nadiya, Andriivka, et Stelmakhivka. Nous pensons qu'après Stelmakhivka, les forces armées ukrainiennes se dirigeront vers Nyzhnia Duvanka afin de commencer l'encerclement progressif de Svatovo. Elles utiliseront très probablement des tactiques déjà éprouvées sans s'engager dans des batailles urbaines. De nombreuses sources pro-russes publient des vidéos de la livraison de renforts à Svatove et Kreminna. Sur l'axe de Kherson, après la libération de Nova Kamyanka, la situation s'est stabilisée, et nous ne prévoyons pas de progrès visibles ici dans les prochains jours. L'explosion du pont de Crimée De nombreuses fausses vidéos sont apparues, dans lesquelles le pont aurait été touché par un missile. Il existe également une version selon laquelle sur une capture d'écran de la vidéo prise par une caméra de surveillance, on peut voir une explosion et un camion intact. Cependant, cela prouve seulement que la caméra de surveillance du pont ne filme pas une vidéo de haute qualité, et que sa matrice n'est pas capable d'enregistrer correctement un flash lumineux au crépuscule.La version avec une sorte d'embarcation qui a fait sauter le pont par en dessous semble également intenable, car il est impossible de livrer discrètement près d'une tonne d'explosifs par voie d'eau (il faudrait pour cela une barge entière). On ne voit pas non plus de missile capable de transporter une charge aussi puissante. Des images satellites récentes de Maxar montrent la section brûlée du pont. Selon notre équipe, seule une explosion à la surface du pont pourrait laisser de telles traces (ce qui confirme indirectement la version du camion). Un autre avion d'attaque russe Su-25 semble avoir été perdu, c'est confirmé par le canal télégraphique FighterBomber. Le ministre de la défense slovaque a écrit qu'en l'honneur de l'anniversaire de Poutine, la Slovaquie transfère deux autres canons automoteurs Zuzana-2 à l'Ukraine. L'ancien commandant d'Azov, Maksym Zhorin, a publié une vidéo tournée à Kupiansk, dans laquelle des corps de civils sont (prétendument) jetés dans une fosse. La vidéo a suscité les commentaires du propagandiste russe Aleksandr Kots. Il affirme que la vidéo montre des Ukrainiens en train d'exécuter des collaborateurs. Pour notre équipe, ses arguments ne semblent pas fondés. Une vidéo est apparue d'un train de marchandises chargé de chars et de personnel à Orsha (ville en Biélorussie). Il est intéressant de noter que les chars T-72 du train sont d'un type assez ancien. Il leur manque également des blocs de blindage réactifs. Les wagons de marchandises avec des soldats à l'intérieur qui ont surpris beaucoup de monde ne sont généralement pas utilisés pour transporter du personnel militaire de nos jours, mais sont toujours utilisés pour transporter des sentinelles qui gardent les trains de marchandises avec du matériel militaire. Nous estimons toujours que la probabilité que l'armée biélorusse envahisse l'Ukraine est très faible. Leur armée est encore moins organisée et préparée à des opérations militaires de grande envergure que l'armée russe. Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)
  5. Les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 touchés par des fuites de gaz inexpliquées en pleine mer Baltique Le Danemark a placé en état d’alerte ses infrastructures énergétiques, ajoutant qu’il était « trop tôt » pour connaître les causes de ces incidents, très rares. Controversés et hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nordstream reliant la Russie à l’Allemagne ont été tous deux subitement touchés par des fuites inexpliquées en mer Baltique, ont annoncé mardi 27 septembre les autorités danoises et suédoises, suscitant des soupçons de sabotage. Au lendemain de l’annonce d’une fuite dans le gazoduc parallèle Nord Stream 2, le gazoduc Nord Stream 1 reliant la Russie à l’Allemagne est à son tour touché par deux très rares fuites de gaz en mer Baltique. Copenhague a immédiatement placé en état d’alerte ses infrastructures énergétiques, tout en estimant qu’il était « trop tôt » pour s’exprimer sur les causes de ces incidents simultanés. Objets de bras de fer géopolitiques ces derniers mois, les deux pipelines exploités par un consortium dépendant du géant russe Gazprom ne sont pas opérationnels à cause des conséquences de la guerre en Ukraine. Mais tous les deux étaient encore remplis de gaz. Le Kremlin s’est dit « extrêmement préoccupé », estimant qu’il ne fallait exclure « aucune » hypothèse, y compris celle d’un sabotage. Après l’annonce lundi soir par le consortium exploitant les gazoducs d’une baisse de pression subite sur Nord Stream 1, le ministre du climat et de l’énergie danois, Dan Jorgensen, et les autorités maritimes suédoises ont confirmé mardi matin « deux autres fuites » outre celle affectant Nord Stream 2. Toutes trois sont localisées au large de l’île danoise de Bornholm. Les fuites sur Nord Stream 1 ont lieu hors des eaux territoriales mais se trouvent pour l’une dans la zone économique exclusive du Danemark, l’autre dans celle de la Suède. « Les fuites de gazoducs sont extrêmement rares et nous voyons donc une raison d’augmenter le niveau de vigilance à la suite des incidents auxquels nous avons assisté au cours des dernières vingt-quatre heures », a expliqué dans un communiqué le directeur de l’Agence danoise de l’énergie, Kristoffer Böttzauw, promettant « une surveillance approfondie des infrastructures critiques du Danemark ». Le niveau d’alerte a été porté à orange, le deuxième plus élevé. Des mesures concrètes pour augmenter la sécurité des usines et des installations vont devoir être mises en place par les entreprises du secteur. Construit en parallèle au gazoduc Nord Stream 1, le pipeline Nord Stream 2 était destiné à doubler la capacité d’importation de gaz russe en Allemagne. Mais sa mise en service imminente a été suspendue, en représailles à l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Gazprom a progressivement réduit les volumes de gaz livrés par Nord Stream 1 jusqu’à la fermeture complète du gazoduc à la fin du mois d’août, accusant les sanctions occidentales d’avoir retardé les réparations nécessaires du pipeline. Les autorités allemandes n’ont pas fait de commentaire dans l’immédiat. Mais, selon une source proche du gouvernement allemand, citée par le quotidien allemand Tagesspiegel « tout parle contre une coïncidence ». « Nous ne pouvons pas imaginer un scénario qui ne soit pas une attaque ciblée », a insisté cette source. La navigation dans un rayon de cinq milles nautiques (environ 9 kilomètres), ainsi que leur survol dans un rayon d’un kilomètre sont interdits. Selon les autorités, les incidents sont sans conséquence pour la sécurité ou la santé des résidents des îles danoises voisines de Bornholm et de Christianso. L’impact environnemental devrait, lui, être local et limité, selon les premières évaluations. Mardi, la première ministre danoise inaugure justement avec ses confrères norvégien et polonais le Baltic Pipe, un gazoduc reliant la Pologne à la Norvège et passant à travers le territoire et les eaux du pays scandinave.
  6. Bonjour et merci pour le lien Serait-il possible de faire un petit résumé des points importants ?
  7. Est-ce que tu voudrais bien détailler/expliciter/justifier (vite fait, si possible) pour les profanes en économie qui aimerait en comprendre la logique/les mécanismes ? Edit: C'est HS, pardon, (en MP) Pour ma défense, ça ferait remonter ce fameux "niveaux" sur le forum qui "ne cesse de baisser": j'imagine que je suis pas le seul pignouf ici à lire expert et spécialiste en absolument rien mais curieux et intéressé par la compréhension globale d'à prêt tout
  8. https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/31/guerre-en-ukraine-dans-le-donbass-l-imprevisible-issue-de-l-offensive-de-moscou_6128328_3210.html Guerre en Ukraine : dans le Donbass, l’imprévisible issue de l’offensive de Moscou A l’est, l’armée russe est entrée dans Sievierodonetsk. Au nord, Sloviansk et Kramatorsk craignent, après la chute de Lyman, d’être les prochaines cibles. Tandis que sur le front le plus oriental du Donbass, l’armée russe est entrée dans Sievierodonetsk et pilonne la ville voisine de Lyssytchansk (province de Louhansk), elle menace aussi directement, sur le front nord de la région, depuis la chute de la bourgade de Lyman, les deux villes stratégiques de Sloviansk et de Kramatorsk (province de Donetsk) qui, après avoir été sporadiquement visées par des tirs de missiles depuis trois mois, craignent désormais de se retrouver sous le feu de l’artillerie. De la résistance ou non de ces quatre villes dépend le sort du Donbass. A Sievierodonetsk, « les Russes avancent vers le cœur de la ville, la situation est très difficile », reconnaît le gouverneur de Louhansk, Serhiy Hayday. La situation à Sievierodonetsk et Lyssytchansk « est aussi compliquée que possible, c’est aujourd’hui un territoire continuellement bombardé par tous les types d’armes dont dispose l’armée russe, des bombes aériennes, de l’artillerie et des chars. Tout », a indiqué M. Hayday, lundi 30 mai, dans son communiqué quotidien. Les deux villes de la poche de Louhansk ne sont plus reliées à l’ouest du Donbass que par un fragile corridor, lui-même régulièrement bombardé, menant à la ville de Bakhmout, elle aussi menacée par l’offensive russe. Alors que Sievierodonetsk est presque coupée du monde depuis que l’unique pont encore ouvert vers sa voisine est devenu impraticable en véhicule, car en permanence sous le feu ennemi, de rares évacuations de civils et de soldats blessés ont encore lieu de Lyssytchansk. Au nord de Sloviansk et de Kramatorsk, Moscou a par ailleurs confirmé, le 28 mai, avoir achevé la conquête de Lyman. Les derniers défenseurs de la ville se sont repliés vers Sloviansk en faisant sauter un pont sur la rivière Siversky Donets, afin de freiner l’offensive russe. La conquête russe de Lyman a été finalisée, selon diverses vidéos filmées depuis une colline et par des drones de surveillance ukrainiens, par l’usage de bombes thermobariques. Cette arme effroyable, qui déclenche une onde de choc, une privation d’oxygène puis une combustion nettement plus élevée qu’une munition classique, n’est certes pas officiellement interdite, mais elle n’est généralement employée que contre des cibles très spécifiques, tels que des bunkers souterrains. Autour de Lyman, il semble que l’armée russe ait utilisé « l’onde de chaleur », telle que l’arme est surnommée en russe, de manière indiscriminée. Sur ce front, Sloviansk et Kramatorsk craignent d’être les prochaines cibles. « Ce ne sera pas si facile pour l’armée russe de traverser la rivière Siversky Donets, mais nous sommes désormais à portée de leur artillerie », reconnaît le maire de Sloviansk, Vadym Liakh. Même inquiétude à Kramatorsk, où le maire, Oleksandr Goncharenko, estime que « la protection de la rivière pourrait inciter l’armée russe à s’installer dans une guerre de position et à [les] bombarder à l’artillerie, comme ils le font partout ». Si les forces armées ukrainiennes commentent peu leurs opérations, sauf pour dire que l’Ukraine sera « libérée » dans son intégralité, il semble qu’il y ait une différence entre le front de Sievierodonetsk et Lyssytchansk et celui de Sloviansk et de Kramatorsk. Tandis qu’à l’extrême est les soldats témoignent du peu de renforts reçus, et notamment de l’absence d’armes modernes récemment livrées par des pays occidentaux alliés de l’Ukraine, le front nord semble être davantage renforcé. Partout, autour de Sloviansk et Kramatorsk, on creuse des tranchées, on consolide des positions défensives. Des convois militaires sont vus chaque jour en train d’acheminer des troupes et du matériel dans la région. « Une question de semaines » « Nos soldats sont prêts à défendre nos villes », affirme M. Liakh. « Même si elle manque encore d’artillerie lourde et d’armes antiaériennes, notre armée est forte ici », avance aussi M. Goncharenko. Outre la question de l’éventuelle destruction des villes par une artillerie russe puissante et brutale, le problème ukrainien dans le Donbass serait surtout celui du rythme de l’arrivée des armes occidentales. Un officier confie qu’il serait, selon lui, malvenu d’exposer les armes reçues tant qu’elles ne sont pas encore là en quantité suffisante, et qu’elles ne seront engagées sur le champ de bataille qu’une fois qu’elles permettront de lancer de véritables contre-offensives. « En attendant, il faut tenir. C’est une question de semaines… », espère-t-il. Après l’échec de l’assaut russe contre Kiev, puis une première contre-offensive ukrainienne autour de Kharkiv, dans le nord du pays, l’armée ukrainienne vient de lancer une seconde contre-offensive en direction de Kherson, dans le Sud. Il semble donc que ces deux opérations aient bénéficié de renforts et d’armes qui font peut-être encore défaut dans le Donbass. Après de premiers succès vers Kherson ces derniers jours, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé lundi : « Pas à pas, nous libérons notre terre, et nous nous rapprochons du moment où la Russie devra déposer les armes et avancer vers la diplomatie. » Il avait répété, quelques jours auparavant, que, quelle que soit la difficulté de la situation, « le Donbass sera ukrainien ». Le moral des combattants, s’il paraît très aléatoire dans la poche de Louhansk, semble continuer à être au plus haut partout ailleurs. Les soldats ukrainiens se préparent à une guerre longue, et nul n’envisage de déposer les armes avant une victoire. Nul ne croit non plus en l’idée que Moscou serait un jour prêt à négocier une paix respectant l’intégrité territoriale de l’Ukraine. L’heure est donc toujours, avec autant de détermination que dans les jours et semaines qui ont suivi l’attaque du 24 février, à la mobilisation. Lorsqu’on évoque la guerre en Ukraine, les semaines qui passent et l’incertitude quant à l’avenir, Nikolaiy, un infirmier de Kiev engagé volontaire sur le front de Sloviansk, décide de raconter « une belle histoire ». L’homme à la coiffure de cosaque, qui passe ses journées en ambulance à faire des allers-retours entre le front et l’hôpital, a pris en charge la semaine dernière un combattant très gravement blessé. « Il est mort trois fois. Deux dans l’ambulance et une à l’hôpital, raconte Nikolaiy. A chaque fois, nous sommes parvenus à relancer son cœur. » Le lendemain, le combattant devait être convoyé de Sloviansk vers des hôpitaux mieux équipés, à Kramatorsk puis Dnipro. Le hasard fait qu’il tombe de nouveau sur Nikolaiy et ses camarades. « Là, je me suis aperçu qu’il portait le même prénom que moi, et que c’était le jour de son anniversaire. On a arrêté l’ambulance devant une échoppe et on a acheté des fruits et des friandises. On a fêté son anniversaire durant le trajet dans l’ambulance. » Nikolaiy montre une vidéo des infirmiers lui chantant « Joyeux anniversaire ». L’histoire n’est que celle d’un soldat anonyme parmi tant d’autres blessés, d’un survivant, un miraculé. Mort trois fois, ressuscité trois fois. On croit cependant comprendre, à l’œil pétillant et au sourire en coin de Nikolaiy, qu’il est peut-être en train de raconter une autre histoire. Celle d’un pays ébranlé par une guerre d’une ampleur terrible, parfois en train de sombrer, comme ces temps-ci dans le Donbass, mais qui croit en sa résurrection. Rémy Ourdan(Sloviansk et Kramatorsk (Donbass, Ukraine), envoyé spécial)
  9. L’aviation, clé de la percée russe dans le Donbass La cadence effrénée des attaques aériennes semble avoir contribué au récent recul des forces ukrainiennes sur le front du Donbass, dans l’est du pays. Par Emmanuel Grynszpan Trois mois après le début de l’invasion de l’Ukraine, les forces aériennes russes intensifient leurs opérations. L’augmentation des sorties et le recours à de nouvelles tactiques pourraient avoir joué un rôle crucial dans la percée effectuée par l’armée russe, depuis la mi-mai, dans l’est du Donbass, au niveau de la ville de Popasna. De nombreuses images diffusées par le ministère de la défense russe, la télévision d’Etat ainsi que des vidéos postées sur les réseaux sociaux russes montrent des tirs de roquettes et de missiles guidés depuis des Su-25 [avions d’attaque au sol] et des hélicoptères d’attaque contre les lignes de défense ukrainiennes, sur toute la ligne de front entre Donetsk et Sloviansk. Des images montrent aussi l’usage de plus en plus fréquent de drones suicides KUB, commandés à partir de drones ZALA, contre des positions ukrainiennes. L’aviation militaire russe, pourtant dix fois supérieure à son équivalente ukrainienne, avait échoué jusqu’ici à prendre le contrôle intégral du ciel, faute d’avoir pu éliminer le danger représenté par la défense antiaérienne ukrainienne. Au 30 mai, la Russie a perdu 29 avions, 42 hélicoptères et 79 drones. Soit près de trois fois les pertes de l’aviation ukrainienne qui, malgré son infériorité numérique et l’âge moyen plus élevé de ses appareils, est loin d’avoir été anéantie. « L’aviation a probablement joué un rôle important dans la percée effectuée dans le Donbass », explique Jean-Christophe Noël, chercheur au Centre des études de sécurité de l’IFRI. D’un rythme de 250 sorties par jour, on est passé à une cadence de 400 sorties. Il s’agit de procéder à des frappes d’interdiction, avec des bombes qui écrasent tout. Le rôle de l’aviation, dans ce cas de figure, double celui de l’artillerie. C’est une arme de saturation et non de précision. Avec leurs salves de roquettes de 122 millimètres, les Su-25 vont raser toute une zone et faire de gros dégâts « , indique l’expert. Ecraser l’adversaire sous un déluge de feu Sur une chaîne Telegram, un pilote de Su-25 russe, qui se présente comme « Ivanovitch », a diffusé la vidéo d’une attaque et décrit la manœuvre consistant à tirer une salve de roquettes : « D’une hauteur de 200 à 250 mètres, j’ouvre le feu, je quitte le piqué à une altitude de 20 à 25 mètres et je change de régime moteur pour générer une accélération maximale jusqu’à une vitesse de 900 à 950 kilomètres à l’heure. C’est pour éviter les ennuis, car l’ennemi va certainement me tirer dans le derrière avec un Stinger [missile guidé de fabrication américaine]. » L’Ukraine a reçu un nombre important de Manpads, ces systèmes portatifs de défense aérienne (ou missiles sol-air) de type Stinger. Le pays dispose aussi d’un très vaste arsenal de systèmes portatifs soviétiques Igla, qui sont la hantise des pilotes d’avions et d’hélicoptères volant à basse altitude. « Comme les Russes ont encaissé des pertes importantes au début du conflit, ils sont désormais plus prudents et prennent soin de tirer à la plus grande distance possible des lignes ennemies », poursuit M. Noël. « Le Su-25 est le cheval de bataille de l’aviation russe. Cet appareil est un véritable “camion à bombes”. » La tactique russe reste basique et consiste, comme durant la seconde guerre mondiale, à écraser l’adversaire sous un déluge de feu, afin de percer des brèches dans lesquelles des colonnes de blindés vont aussitôt s’engouffrer. Contrairement à la doctrine occidentale, les Russes se contentent d’affirmer très localement leur supériorité aérienne. C’est une méthode éprouvée en Afghanistan, puis en Syrie. Les aéronefs russes doivent aussi prendre garde à ne pas tomber sous le « feu ami » de leur propre artillerie. C’est pourquoi, selon M. Noël, « lorsque l’aviation de Moscou passe à l’attaque, les tirs d’artillerie sont remplacés par le feu d’armes légères comme des mitrailleuses. Celles-ci obligent les soldats ukrainiens à rester abrités dans leurs tranchées, ce qui les empêche de saisir leurs missiles sol-air pour abattre les avions ». « L’aspect le plus compliqué du conflit » Les experts admettent qu’il est très difficile d’évaluer le rôle de l’aviation dans la guerre menée à l’Ukraine par la Russie. « C’est précisément l’aspect le plus compliqué du conflit parce que c’est là où il existe le moins de sources ouvertes d’information », signalait l’expert militaire américain Michael Kofman dans le podcast « War on the Rocks » du 14 mai. Pour lui, il est clair que les Russes ont augmenté leurs sorties aériennes. Mais il observe aussi que « la supériorité aérienne russe sur les champs de bataille du Donbass ne s’est pas transformée en puissance de feu substantielle à cause du déficit de munitions guidées et d’équipages capables de mener des frappes de précision ». Il n’est pas exclu que l’introduction progressive du drone suicide KUB change la donne en termes de précision. Une vidéo récente montre l’un de ces appareils fondre sur une batterie d’obusiers américains M777 fournis à l’Ukraine courant mai. Le KUB semble rater sa cible de quelques mètres. Une vidéo plus récente montre un autre exemplaire de ce même drone s’écraser au beau milieu d’un commando de neuf soldats ukrainiens, qui semblent tous tués ou au moins mis hors de combat par l’explosion. L’expert indépendant russe Pavel Luzin reste toutefois dubitatif sur l’efficacité du couple de drones KUB/ZALA. « Les ZALA [fabriqués dans l’Oural] avaient initialement une vocation civile et commerciale. Ils sont entièrement constitués de composants importés. L’armée les a achetés en raison de la pénurie aiguë de drones militaires, qui n’a été compensée ni par les drones israéliens Forpost ni par les drones [russes] Orlan-10. » Selon lui, la tactique russe ne change pas : les percées ne se réalisent qu’au prix de la démolition totale des villes ukrainiennes.
  10. Le point du jour de Michel Goya la carte Situation générale Evacuation complète du Nord de l’Ukraine. Les trois armées russes engagées à l’Ouest et au Nord de Kiev sont en cours de recomplétement en Biélorussie et probablement inaptes au combat. La 2e AG et la 6eA tiennent la frontière Est entre Soumy et Kharkiv. La 1ère ABG a été transférée dans le secteur Donbass-Nord en vue de la bataille décisive du mois d’avril. Hors Marioupol, les autres secteurs ne font l’objet que d’opérations limitées. Situations particulières Donbass-Nord La zone de combat Donbass-Nord peut être divisée en trois secteurs : Yzioum, rivière Donets face au bastion Sloviansk-Kabarovsk et Severodonetsk. L’ensemble semble avoir été pris en compte par l’état-major de la 1ère Armée blindée de la garde, venu de la région de Soumy, et qui prend sous commandement puis celui d’états-majors de division (3e DM, 144e DM) une dizaine de GTIA de marche et sans doute aussi la 106e Division aéroportée, peu engagée jusque-là. Lorsque cette masse d’attaque sera usée au combat fin avril-début mai, la capacité de manœuvre russe sera réduite à peu de choses. Quoiqu’il arrive à ce moment-là, il sera sans doute nécessaire de procéder à une longue pause opérationnelle. Face à la 1ère ABG, dans le secteur d’Yzium les forces ukrainiennes sont réduites à trois unités régulières : la 25e Aéroportée et les 81e et 95e brigades d’assaut aérien (en réalité des brigades d’infanterie mécanisée). Le bastion Sloviansk-Kabarovsk est solidement tenue par la 57e brigade motorisée et plusieurs unités territoriales ou paramilitaires (police, milices organisées) et Severodonetsk par la 79e brigade d’assaut par air et là encore plusieurs unités territoriales et paramilitaires. Les forces ukrainiennes de la zone représentent 1/6e des forces totales. Elles sont de bon niveau tactique et s’appuient sur des positions solides mais elles sont déjà usées. L’intention russe est clairement à l’Est de s’emparer au plus vite du saillant de Severdonetsk et surtout à l’Ouest de pousser d’Yzium vers Bervinkove, une petite ville de 8 000 habitants à 30 km à l’Ouest de Sloviansk tenue par la 85e brigade. Il n’est pas question pour l’instant de s’emparer du bastion urbain Sloviansk-Kabarovsk mais de le contourner. Donbass-Est Le 2e Corps d’armée LNR accompagne par l’Est l’action russe contre Severodonetsk et tente plus au Sud de s’emparer de Popasna tenue par la 24e brigade mécanisée ukrainienne. Le 1er Cors d’armée DNR tente toujours de progresser vers l’Ouest depuis la ville de Donetsk sur la N15 et surtout l’autoroute E50 mais la 95e brigade d’assaut aérien résiste sur des positions fortifiées. Donbass-Sud Les Russes progressent toujours dans Marioupol mais très lentement. L’incertitude est complète sur la date de la prise de la ville. Il paraît difficile d’imaginer que la 150e division motorisée russe soit capable d’enchaîner un nouveau combat à l’issue, par exemple en direction de Zaporijjia. Equilibre des forces dans la ligne Sud Donbass entre trois brigades ukrainiennes en défense (59e, 56e et 53e motorisées/mécanisées) et la 42e division motorisée russe. La prise de Zaporijjia serait d’un grand intérêt pour les Russes mais ils se contentent pour l’instant de bombarder la ville, en attendant sans doute les moyens d’une attaque. Sud-Ouest Attaques ukrainiennes Kherson depuis Kryvyi Rhi et Mykolayev. La reprise de Kherson par les forces ukrainiennes et le franchissement du Dniepr serait un coup très dur porté aux Russes, mais c’est très peu probable. Notes La structure de base de l’armée de Terre russe est le « GTIA lourd » de 800 à 1000 hommes, à 120 véhicules blindés dont une puissante artillerie (il s’agit en fait d’un bataillon de « mêlée » et d’un bataillon d’artillerie accolés). La structure ukrainienne est différente avec des « GTIA légers » de 300 à 500 hommes, de différentes configurations en fonction de leurs équipements majeurs, mais presqu’entièrement de mêlée. Les GTIA russes sont réunis par deux, trois ou parfois quatre, dans des brigades indépendantes ou des régiments incorporés dans des divisions blindées ou motorisées, brigades ou divisions commandées par des armées. Les GTIA ukrainiens sont regroupés par trois ou quatre, avec un groupement d’artillerie dans une brigade d’environ 3 000 hommes. En fonction du dosage des types de GTIA, l’armée ukrainienne dispose d’une trentaine de brigades de différents type (blindées, mécanisées, motorisées, montagne, légère, assaut aérien, aéroportée, infanterie navale). Au niveau tactique (le combat local), il existe un seuil de densité de forces sur les points de contact en dessous duquel on n’exerce pas assez de puissance de feu pour être efficace et au-dessus duquel on ajoute surtout des pertes. Cela conduit à des rapports de volumes souvent proches (très rarement supérieurs à 2 contre 1). Le GTIA Ukrainien semble mieux adapté que le russe, à la fois lourd à commander, insuffisant en troupes de contact et moins efficace dans ces feux indirects face à un adversaire en défense dans une localité ou dans une position très retranchée, ce qui est souvent le cas. Les expériences russes réussies de 2014 et 2015 ont pu être trompeuses dans la mesure où les GTIA bénéficiaient de l’infanterie des milices séparatistes et où les unités ukrainiennes moins bien organisées n’étaient pas dans des positions aussi solides. L’organisation générale ukrainienne est zonale avec quatre commandements régionaux qui combinent ces brigades de manœuvre, des éléments organiques (une brigade d’artillerie et un bataillon de reconnaissance par région, par exemple), les bataillons territoriaux de réservistes et les bataillons de volontaires divers souvent rattachés au ministère de l’Intérieur, pour former des groupements ad hoc de défense de zones. Ces groupements de zones, par exemple à Chernihiv articulés autour de la 1ère brigade blindée ukrainienne, ont pu résister chacun à une armée complète russe. De l’importance des réserves, dans l’armée territoriale bien sûr mais aussi dans l’armée régulière avec notamment un tiers des brigades les plus lourdes. Sans réservistes, l’armée ukrainienne n’aurait sans doute pas résisté, et avec de réelles unités de réserve professionnelles, l’armée russe ne se trouverait pas dans cette situation.
  11. Tu peux développer ton propos et tes croyances ? Je suis encore récent ici et je ne connais pas les positions des uns et des autres ni même d'ailleurs l'état moyen de connaissance et compréhension de l'urgence écologique (qui est triple, urgence climatique, destructions systémique de la biodiversité et destructions des habitats naturel) par les contributeurs du forum et plus généralement auprès "des militaires". Mais j'imagine qu'une majorité ont compris qu'il ne s'agit pas de délire de bobo écolo et autres hippies ne comprenant rien aux "choses sérieuses" ni même de conséquences à plusieurs dizaines d'années. (dans la notion de stratégie globale, on est bien sur le temps long hein?) Les conséquences sont déjà visible (hausse en nombre et/ou en intensité des évènements climatiques extrême) , particulièrement depuis quelques années et vont augmenter de manière exponentielle dans les années à venir. L'impact à long terme et les répercussions politiques sont immense et dramatique, le coût de l'inaction climatique est supérieur à l'effort qu'il faudrait fournir pour la réduction d'émission de Co2 notamment. Les premiers, et ceux qui vont morfler le plus fort sont les plus pauvres (pour changer). Rappel, si tu es smicard français, tu fais partie des 10% des plus riches de la planète. Mais tout le monde va morfler, vous et particulièrement vos enfants. (sauf peut-être les ultra-riches et je doute qu'il y en ait beaucoup sur le forum) Donc évidemment que ceux qui galère à manger, ceux qui doivent se battre pour survivre ont d'autres chats à fouetter. C'est bien pourquoi c'est à nous (européens, éduqué, étant plutôt sur les besoins secondaire de la pyramide de maslow) de prendre le problème à bras le corps (et aussi car c'est bien le capitalisme, l'extraction fossile et globalement "l'occident" qui a induit cette fuite en avant et dissimulé/nié la prise de conscience/l'action) Ceci étant dit, je ne suis pas spécialiste, ni scientifique et donc pas un super interlocuteur. J'ai juste lu et regardé beaucoup de choses (et j'ai l'esprit critique, je suis un pragmatique, joueur de poker qui résonne quasi toujours avec Ev+ (l'Expected Value)(la rentabilité sur le long terme) Je vous invite donc tous, ceux que ça intéresse mais et surtout ceux qui sont très très loin de ça et soit qui considèrent que c'est loin d'être une priorité d'aller lire les différents volets du dernier rapport du GIEC (c'est le minimum, sérieux)(y'a des synthèse bien faite) et d'aller jeter un œil sur le site de bonpote qui fait un travail de synthèse et de vulgarisation et de pédagogie impressionnant
  12. J'ai tenté la génération automatique de sous titre youtube et c'est assez peu concluant. (c'est un euphémisme) Est-ce que tu postes là pour traduction par un russophone ou est-ce que tu as pu en tirer quelque chose? Si oui, qu'est-ce que tu en ressors?
  13. La première génération de JAPD je crois. (j'suis de 1981) Mon rapport avec le militaire, c'est lors de la première journée la présentation d'une double page du programme télé et des questions du style: Quand se déroule l'émission "Le Bigdil" (ou un truc du genre) J'avais trouvé ça un peu ridicule.... avant de me rendre compte le nombre de personnes ayant du mal à piger les consignes/lire correctement le programme TV ! Donc pas d'expérience dans l'armée mais j'ai beaucoup regardé du Starcraft 2 sur Twitch, ça compte? P.S. Dans x années, quand les drones et autre robots rempliront les champs de batailles, ça serait bien d'être dans le camps des coréens ! Sont balèze !
  14. S'il n'y avait que la fédération internationale de chats, la fédé de biathlon et de judo et les restaurateurs québécois proposant "la poutine", ça serait ridicule. Là, c'est l'accumulation / constellation de sanction/bannissement qui compte. L’intérêt est double (au moins) - Atteindre/semer le trouble directement à l'intention de la population russe qui n'a principalement que le narratif de la télé russe (en tout cas pour ceux qui ne cherche pas [particulièrement] à s'informer) - indignation / émotion / sanctions internationale (particulièrement le monde du sport) dans le domaine du civil "permet" la mise au ban de la Russie dans la communauté internationale dans sa définition la plus large et incite ses soutiens potentiels à la prudence: typiquement, la Chine est très (très) attentive à son image à l'internationale. (source Le Monde) (désolé que mon premier post soit un poil HS, ça aurait plus sa place dans répercussions géopolitiques et économiques) Et sinon, mettre l'extrême gauche française au niveau de l'extrême droite française sur le soutient à Poutine c'est juste ridicule et factuellement faux (proximité idéologique, financement de campagne, déclaration de "sympathie", visite diplomatique, etc...) (et pourtant, je n'apprécie pas du tout le positionnement à l'internationale de Mélenchon) Pour revenir à l'opérationnel: L'Ukraine annonce une action de masse imminente (ça veut dire quoi d'ailleurs imminente en temps de guerre? plusieurs heures, 2 jours ou une semaine?) dans l'est. Quid des renforts (armée régulière et volontaire de la territoriale) ukrainiens en provenance de l'ouest et/ou de Kiyv ? Ont-il besoin d'homme ou de matos principalement? J'imagine que ses renforts sont zieuté par le renseignements russe et qu'il est nécessaire de se dispatcher pour ne pas être une cible trop attrayante pour l'aviation/les missiles russes. Est-ce que le soutient sera suffisant pour tenir? Au passage, merci à tout ceux qui postent des cartes, des fois "sur-grimé" par leur soins pour aider à la visualisation et la compréhension de combats et objectifs militaires micro et ceux qui prennent le temps d'expliquer les stratégies/tactiques. C'est précieux pour les profanes (comme moi)
  15. Bonjour a tous J'ai débarqué sur ce forum complétement par hasard lorsque le fil "Guerre Russie Ukraine 2022+: Opérations militaires" avait un peu plus de 300 pages parce que je cherchais à obtenir plus de détail sur les opérations militaire au 4ème jour (de mémoire) de l'attaque Russe et à comprendre si effectivement la "seconde armée du monde" était bien en train de se foirer. C'est donc une bête recherche google qui m'a fait arriver là. Depuis, je geek-me tient au courant sur ce fil là et sur les celui des répercussions géopolitiques et économiques. Quarantenaire, jeune père de deux filles, militant climat, gauchiste, amateur (monomaniaque) de jeux de stratégie (Twilight Struggle = meilleur (ou l'un des) jeu de plateau (et online)de stratégie à 2 joueurs, avec comme toile de fond la guerre froide ndlr), de sport (le biathlon, ça gagne!), séries (Des gens ici pour me dire que la série Chernobyl, que j'ai trouvé très bonne et très en phase avec l'urgence climatique, bah en fait c'est de la merde?) ... Venu se présenter pour pas me faire houspiller par Akhilleus si je me décidais à poser une question sur l'un des fils que je suis. Bien à vous !
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