Asitane

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  1. Je pense que la coordination était le point d’achoppement. Je ne suis pas spécialiste de la chose mais en absence d’une ligne de communication direct (genre TSF) l’appel à l’aide ou les corrections de tires avec les navires au large devaient prendre du temps et être hasardeuses. Enfin, il faut aussi utiliser un langage et des procédures communs. Je doute que c’était le cas à cette époque. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de support naval. Tous les attaques alliées sont précédées d’un bombardement naval. Les marins essayent de maintenir une présence naval près des côtes, même après le 27 mai et la décision de retirer les grosses unités trop vulnérables (destruction du Goliath le 13 mai, le Triumph le 25 et le Majestic le 27) La marine fait aussi face à de multiples problèmes. Le relief accidenté et la proximité des lignes adverses (parfois quelques dizaines de mètres) faisaient que, pour éviter de toucher ses propres lignes, les tires avaient tendance à être allongés et tombaient souvent à l’arrière. Enfin, je crois (si quelqu’un pouvait le confirmer) que l’artillerie naval est plutôt conçue pour les tires tendus et donc ne pouvait qu’apporter un soutient qu’aux troupes basés le long des côtes. Toutefois, en quelques cas, les navires vont apporter une aide précieuse aux militaires sur le terrain. Par-exemple lors de l’attaque nocturne du 19 mai, les unités n’hésiteront pas à se rapprocher de la côte pour éclairer avec leurs projecteurs le champs de bataille et fournir un feu dévastateur.
  2. Bonsoir De lourdes pertes influence plus les effectifs des bataillons plutôt que le nombre de ceux-ci, je crois. Le passage de divisions de 12 bataillons à 9 est plus une organisation opérationnelle. Au début du conflit on a des divisions à deux brigades de deux régiments chacun, hérités de guerre du XIX siècle, et plus adaptés aux guerres de mouvements qu'aux guerres des tranchés. Avec des divisions à trois régiments non seulement on supprime le niveau des brigades, ce qui accélère la transition des ordres, mais on peut se permettre de mettre en ligne deux unités et en garder une en réserve/repos. Avec des divisions plus classiques on tient un front plus important mais on risque de voir la réserve intervenir à l'autre bout du dispositif avec comme conséquence les lignes de commandement des brigades qui s’entremèlent. A noter que l'armée ottoman avait déjà adoptée ce dispositif en 1913 suite à son expérience des Guerres Balkaniques.
  3. Les pilotes turcs ont toujours été formés en Turquie. Mais devant le manque criant de pilote confirmés, le rapport avions/pilotes serait actuellement de 1/0.8, ont a rappelé des pilotes civiles et essayer d’accélérer la formation de nouveaux. Pour cela l’armée demande des instructeurs supplémentaires et a fait appelle aux utilisateurs du F-16. Les Pakistanais ont répondu favorablement mais les États-Unis ont mis leur véto. Les Américains ne refusent pas de former les Turcs mais veulent que cela se déroule en Amérique, ce que les Turcs refusent. Il existe une école à Konya que les Turcs essayent de perfectionner depuis des années avec l’objectif d’offrir une alternative au Red Flag américain, d’où peut-être l’explication du rejet des Etats-Unis.
  4. Deux prototypes du char de combat turc « Altay » exposé à IDEF 2017 : la version MBT et la version dite de guerre asymétrique.
  5. La vidéo date déjà de quelques semaines… et non ce n’est pas un VBIED. D’ailleurs, il n’en a pas le comportement : il fait demi-tour et s’éloigne de la ligne de front, puis s’arrête lorsqu’il se croit en sécurité.
  6. L’EI a rendu le corps de deux militaires turcs qu’il détenait. Il semblerait que les autorités les aient échangés contre cinq activistes que la Turquie détenait. Ces deux hommes, membres des forces spéciales, sont tombés dans une embuscade le 29 novembre après qu’ils se soient égarés en territoire hostile. On avait cru dans un premier temps qu’ils avaient été faits prisonnier mais on sait aujourd’hui qu’ils ont succombé aux blessures reçues durant le combat. http://www.hurriyet.com.tr/deasin-kacirdigi-askerlerden-aci-haber-40331488
  7. L’armée turque reconnait la perte de 5 chars depuis le début de l’opération (avec celui d’aujourd’hui) Reconnaissons que les équipages des chars présentent de sérieuses lacunes dans leurs conduites. Je pense que cela est du à un manque d’expérience. La menace ATM est nouveau pour l’armée turques contrairement aux autres services qui ont eut le temps de se roder face au Pkk. D’ailleurs sur la vidéo on voit les blindés légers (un Cobra, un Kirpi et probablement un ACV-300) réagir plus promptement que les chars (Un excès de confiance envers leur blindage de la part des tanks ? Difficulté d’avoir un aperçu du champ de bataille ?) Déjà avant l’attaque les blindés légers semblent être moins statiques.
  8. Bien que dépourvu de tous insignes de reconnaissance visuelle, il semblerait que ce soient des hommes du 1er Komando de Kayseri. Ils sont équipés de HK-33 et non du G-3.
  9. A noter que les textes présentés par la partie russe et par la partie turque présentent une différence subtile : Selon les Russe la Turquie « ...présente ses condoléances à la famille du pilote et s’excuse (özür dileriz) » tandis d’après les Turcs « ...présente ses condoléance et les prie de ne pas leur en vouloir (kusura bakilmasin) » Bon, ceci dit, si les deux parties font mines de s’en contenter…
  10. L’Etat-major turc n’a pas encore reconnu les faits mais il semblerait bien qu’un T-155 ait été détruit (équipages absents au moment des faits) et que deux autres engins (probablement des M-60T Sabra placés là en couverture du T-155) aient eu des dégâts mineurs. A première vue exposer des obusiers si près de la frontière semble être une grossière erreur. Mais si vous les déplacez à distance de sécurité vous permettez à vos adversaires de se placer à la limite de votre portée et exposez votre frontière (et les civiles) à des tirs, sans possibilité de contre-batterie. Ceci dit, je reconnais que les positions auraient put être mieux préparées. Il semblerait qu’il y ait eu quelques négligences dans ce cas.
  11. J’ai l’impression que la BBC se base sur les pertes reconnues par l’organisation terroriste pour avancer ces chiffres (moins de 400). Mais alors le nombre de 40 000 tuées depuis le début est lui-même à mettre en doute. Après tout parmi ces morts 25 000 sont considérés comme étant ceux des terroristes alors que le Pkk n’en reconnait qu’un quart pour une revendication de plusieurs dizaines de milliers de membres de forces de l’ordre.
  12. « Capturé » c’est tomber aux mains de l’ennemi malgré une résistance. Le plus souvent blessé, il est vrai. « Blessé » fait référence à ceux qui ont pu être évacués et donc ne se sont pas fait capturés. Les statistiques font la distinction entre un blessé évacué par ses compagnons et celui qui s’est fait prendre. Après tout un blessé peut reprendre le combat après s’être fait soigné tandis que celui qui est capturé est définitivement hors course. De même il y a distinction entre « capturé » et « rendu ». Ces derniers peuvent notamment jouir des avantages accordés par la loi des « repentis »
  13. Avant le terme utilisé était « capturé mort » ou « capturé vivant ». Mais cela ne prenait pas en compte les morts suite à leur blessure ou ceux dont on a substitué le corps. Actuellement le décompte des pertes se fait d’une manière plus systématique : interrogation des prisonniers, écoute des communications adverses et quelques preuves physiques comme la présence de sang. Pour ce qui est du ratio morts/blessées, il est normal. Les militants du Pkk sont très idéologisés, très encadrés et soumis à une discipline rigoureuse. Il existe un système de « paire » parmi ses membres : vous êtes responsable de votre « paire » et devez l’empêcher qu’il ne tombe entre les mains de l’ennemi (mort ou vivant) en cas d’échec la sanction peut aller jusqu’à la mort. De même les dirigeants subalternes sont responsables de la conduite de leurs hommes et peuvent être châtiés en cas de faiblesse de leur troupe. Conséquence taux de mort supérieur à ce qu’on pourrait s’attendre. D’ailleurs, les statistiques font la plupart du temps la différence entre la capture et la reddition. Sinon la réciproque est aussi vraie : les forces de l’ordre se font très rarement capturées et se battent jusqu’à la mort lorsqu’elles sont acculées.
  14. Un bilan non exhaustif de 9 mois de combat. https://twitter.com/kula_mer Forces de l’ordre : Officiers……………………………………………......……….20 Sous-officiers………………………………………....……….55 Soldats de carrière………………………………….………123 Soldats………………………………………………...……...34 Policiers………………………………………………...……153 Protecteurs de village (milice pro-gouvernementale)……..8 Total………………………………………………….....…….393 Blessées Forces armées…………………………………………….1271 Police…………………………………...……………………755 Protecteurs de village………………………..……………..24 Civiles tués…………………………………………………285 Pkk (en Turquie) Tuées……….……………2109 Blessées……………….....106 Capturés…….……………665 Redditions………..………201 Total……………..………3081 Pkk (hors frontières) Tuées…………………..1844 Blessées…………………505 Les forces de l’ordre ont annoncé avoir saisi 1451 fusils d’assaut 154 RPG 8 mitrailleuses lourdes 6 mortiers Avoir désamorcé 4489 engins explosifs Démantelés 2111 barricades Comblés 773 fossés Avoir perquisitionné 35421 maisons dont 14 qui piégés ont explosées. Au-delà des chiffres quelques point d’analyse. 1) Les pertes du Pkk en Turquie me semble assez correcte, par contre ceux en dehors sont un peu plus sujet à caution : elles proviennent en quasi-totalité des suites de bombardement par l’aviation de camps du Pkk en Irak et sont donc un peu plus difficiles à évaluer. 2) Seul 34 soldats figurent au nombre de tuées ce qui montre à quel degré la lutte contre le terrorisme s’est professionnalisée. Les conscrits ne sont plus envoyés au contacte comme dans les années 90 3) Avec 13 500 militants aguerris par son combat contre l’EI l’organisation terroriste avait atteint un pic historique en juillet 2015 ce qui prouve à quel niveau le cessez-le-feu lui fut bénéfique. 4) Retirant les leçons de Kobané, l’organisation a orienté ses efforts vers la guerre urbaine. Pour cela elle a crée des zones fortifiées en pleine cœur des villes où elle a essayé de mobiliser une partie de la population. Sa stratégie était : 1° De susciter au sein de la communauté internationale un élan de sympathie semblable à celui de Kobané. 2° Attirer les forces de l’ordre turques dans une guerre d’attrition et faire vaciller l’opinion publique turque. 3° Creuser le fossé entre la population locale et les forces de l’ordre. 5) Cette stratégie à double tranchant s’est retournée en quelque sorte contre lui : 1° Les combats se déroulent dans l’indifférence de la communauté internationale plus obnubilé par ce qui se passe au sud de la frontière. 2° Malgré les pertes l’opinion publique turque ne semble pas remettre en cause l’offensive des forces armées. Par ailleurs, ces zones fortifiées se sont révélé comme autant de pièges pour les combattants qui une fois encerclés n’avaient plus comme options que de périr ou de se rendre. 3° La population a autant tenue rigueur au Pkk qu’à l’état pour les destructions causées et le massacre de ses jeunes inexpérimentés envoyés au casse-pipe. 6) Malgré cet échec l’organisation terroriste persiste dans cette politique. Peut-être espère-t-elle que ses militants coincés par l’hiver dans leur zone de repli pourront plus efficacement soutenir l’action dans les villes à l’approche de l’été.
  15. Je suis d’accord avec Arnaud D. Mon intention n’était pas de prouver qui a tord qui a raison mais de dénoncer cette comparaison idiote avec les tensions gréco-turque qui revient à chaque fois.
  16. Ça serai bien d’éviter de ressortir l’exemple grec à tout bout de champs. Il s’agit de cas de figures différent non ? Dans un cas nous avons à faire à une frontière définie et acceptée. De l’autre une frontière contestée. Et si les Grecs ne tire pas ce n’est pas parce qu’ils sont plus civilisé que les Turcs mais parce que cela amènera à une escalade néfaste pour les deux parties. D’ailleurs les avions et les navires grecs violent aussi régulièrement la frontière turque sans pour être abattus. Sur le front syrienne la situation est totalement différente. Et c’est les Syriens qui ont ouvert le bal en abattant un avion turc. Les Turcs, prenant acte et avec beaucoup de mauvaise foi il est vrai, applique la même formule. Enfin l’argumentation russe n’est pas « Oui, nous avons violé l’espace turque, mais ce n’était pas intentionnel et ça se fait pas de se tirer dessus pour si peu » mais « Non, nos avions n’ont à aucun moment franchi la frontière » une façon de dire si donnez nous l’occasion et on vous rendra la pareille. Mon avis, La Turquie a montré sa détermination et n’a plus ni l’intérêt ni l’envie de poursuivre la confrontation avec la Russie. Elle se contentera de dénoncer les violations (inévitables) de son espace mais évitera d’y réagir. Sauf si les Russes donnent l’impression qu’ils n’accorde pas d’importance à la position turque et que les violations régulières reprennent.
  17. C’est curieux, voici une nouvelle totalement occultée et dont même en Turquie j’ai du mal à trouver trace : Apparemment mardi en soirée dans la région de Kilis, des militaires voulant empêcher des contrebandier d'entrer sont tombé dans une embuscade de l’EI. Un soldat a été tué et un autre enlevé. Suite à cela l’artillerie a bombardé les positions de l’EI et des avions turcs et américains sont intervenus. On ignore encore le sort du soldat. http://www.tsk.tr/3_basin_yayin_faaliyetleri/3_1_basin_aciklamalari/2015/ba_57.html http://www.haberturk.com/gundem/haber/1124067-kayip-asker-isidin-elinde Un blackout volontaire ? Jusqu’à aujourd’hui ce genre d’enlèvement s’est dénoué dans la discrétion. A mettre, peut-être, en parallèle avec l’enlèvement de 18 travailleurs à Bagdad.
  18. Non, le Pkk est accusé de trafic de drogue, d’êtres humains, de racket, et autres sur le territoire de l'UE. C'est très clairement une organisation terroriste et ce classement n'est nullement politique. Ce qui me choc moi c'est ce raisonnement à deux balles que vous avez toi et Mani : l'ennemi de mon ennemi est mon ami et l'ennemi de l'ennemi de mon ennemi est donc mon ennemi. Cette logique a poussé le gouvernement turc à soutenir l'EI contre Assad et maintenant on commence à en payer le prix. Et toi ? Serai tu capable d'en assumer les conséquences ?
  19. Erdogan veut la majorité pour pouvoir modifier la constitution. Ça c’est vrai. Et pour y arriver, il serait prêt à faire n’importe quoi ou à s’allier avec n’importe qui (y compris avec ses adversaires kurdes) Eliminer le Hdp et provoquer des nouvelles élections est en effet une possibilité. Mais ne fais pas de confusion : la majorité au parlement est le problème d’Erdogan, le Pkk est celle de la Turquie. La riposte mise en place actuellement aurait été identique quelque soit le gouvernement en place. Une petite parenthèse en passant. J’ai l’impression que le succès du parti kurde Hdp n’a pas été correctement analysé par la presse étrangère. L’électorat du Hdp (et celle de tous les partis kurdes qui lui ont succédé) a toujours été de 4-6%. Relativement peu si on considère le pourcentage de la population kurde à 15-20% (c’est du moins ce que les journalistes aiment à nous rappeler) Pour la première fois ce parti à obtenu 13%. Tout le monde semble interpréter cela comme un retour massif de votes kurdes déçus par la politique de l’Akp. C’est faux. Pour la première fois le Hdp a tenté d’élargir sa base électorale en militant sur les droits des autres minorités, les droits de la femme… Enfin, un certain nombre d’intellectuels turcs de gauche ont appelé à voter pour le Hdp dans le but de faire rentrer le Hdp au parlement et donc de faire perdre sa majorité à l’Akp. Conséquence, le Hdp navigue lui aussi en eau troubles. C’est ce qui fait que pour la première fois son président avait, quelques temps avant les violences, appelé le Pkk à déposer les armes. Je me rappelle d’un incident lors d’un festival. La gendarmerie, ayant entendu que des éléments du Pkk y seraient présents en armes, était allée enquêter. Une fusillade avait éclaté et plusieurs gendarmes blessés. Suite à quoi une opération avait été montée dans la région et des avions avaient bombardé des positions du Pkk. C’est légèrement différent de ce que tu as rapporté. Et il n’a pas été question de la fin du cessez le feu. De plus je le répète, la Turquie ne reconnait pas ce cessez le feu. Depuis 30 ans certains essayent, sans succès. Tout à fait d’accord. Et c’est pourquoi la Turquie continuera à leur mettre des bâtons dans leurs roues.
  20. Judi, j’ai l’impression que notre divergence provient d’une incompréhension. Je n’ai jamais dit que la Turquie n’était pas partie prenant dans la guerre locale. Je te parles de la forme que celle-ci prend avec le refus de s’engager au sol (ce qui soit dit en passant est la même position que la coalition qui bombarde l’EI) Que le bombardement du territoire syrien soit ou non une déclaration de guerre contre qui que se soit n’était pas le sujet de mon intervention. Personne ici ne fait l’amalgame, et évité aussi de le faire, entre les Kurde et le Pkk. Voir même entre les Kurdes de Syrie, d’Irak et de la Turquie. Affaiblir l’organisation terroriste Pkk est l’objectif de la Turquie. Celle d’Erdogan est d’obtenir la majorité lors des élections. C’est deux choses différentes. Et si on peut obtenir des voix en affichant une position ferme, ce n’est pas ça qui affaiblira l’électorat kurdes en Turquie. Par ailleurs, pour la Turquie le Pkk est une organisation terroriste et n’a pas reconnu le cessez le feu décrété par celle-ci. Même si les forces de l’ordre se sont abstenues jusqu’à présent d’action offensive, elles n’ont pas vraiment besoin de prétexte pour la combattre. J’ignore à quels événements tu fais allusion quand tu décris les bombardements sur le territoire turc. Si tu pouvais me les rappeler je pourrais mieux te répondre. Pour g4lly : C’est vrai, mais jusqu’à présent je n’ai obtenu aucun renseignement sur cet incident. Positions bombardées, dégâts, victimes… Je pense que c’est encore quelque peu flou pour qu’on puisse se baser là-dessus. Après tout ça fait depuis des années que des obus tombent de chaque côté de la frontières dans le coin. Je voudrais terminer en disant que contrairement à se que tous le monde croit, les Turques ne craignent pas vraiment la création d’un état kurdes en Syrie. Près tout le nord de l’Irak est déjà un état kurde de fait depuis belle lurette. Ce qui rend nerveux les autorités turques (et ça c’est indépendant d’Erdogan ou pas) c’est que l’entité qui domine chez les Kurdes en Syrie possède les mêmes origines que le Pkk. Mais comme je l’ai déjà dis jusqu’à présent les deux parties, Turcs et PYD, semblent s’être convenu d’une paix froide. Et que personne ne s’attende à ce que la Turquie fasse quoi que ce soit pour les Kurdes Syriens (contre l’EI, les Syriens ou les martiens) tant que le PYD ne rejettera pas le Pkk.
  21. Le fait que les avions ne franchissent pas la frontière est un signal de l’armée qui refuse de s’engager sur le terrain syrien. C’est loin d’être un détail. Et je n’ai vu nulle part où il était question de repousser les Kurdes hors de leur zone de contrôle. Jusqu’à présent, et même maintenant, la Turquie n’est pas intervenue contre les Kurdes de Syrie. Ceux-ci ont d’ailleurs joué le jeu en ne pas trop affichant leur lien avec le Pkk. Une reprise des combats aurait permis de montrer qu’il dispose encore d’une force de nuisance et qu’il est toujours un acteur avec lequel il faut compter dans la politique intérieur turque. Voilà deux ans que tout était calme et l’organisation a très certainement voulu le rappeler. Il est vrai que c’est beaucoup de spéculation mais je persiste à croire que c’est une mauvaise stratégie de la part du Pkk. En attaquant les forces de l’ordre en Turquie, le Pkk allait très certainement savoir que la riposte n’aurait pas tardé à arriver.
  22. Concernant la création d’une zone de sécurité en Syrie je doute fort d’un engagement turc au sol. Le gouvernement aimerait bien mais l’opinion publique et opposé et l’armée est réticente. D’ailleurs, et c’est fort révélateur, jusqu’à présent les Forces Armées Turques n’ont pas franchi la frontière. Même pour les cibles qui ont été bombardé en Syrie, le communiqué de l’armée insiste là-dessus, les avions n’ont pas traversés la frontière. On se dirige plutôt vers une zone expurgé de l’EI, tenus par l’ASL et sous protection de l’artillerie. C’est pour quoi je pense qu’elle ne dépassera pas les 30 km de profondeur. Ceci dit l’ASL a-t-elle les moyens pour occuper cette zone …? Concernant l’offensive turque, c’est curieux depuis plusieurs jours je lis des choses aberrants sur le « jeu turc » Or, tous ces journalistes semblent éluder, volontairement ou non, les faits, c’est bien le Pkk qui a rompu le cessez-le-feu et non la Turquie. C’était déjà dans l’air depuis quelques temps. Ces deux derniers mois l’état-major à relevé une centaine d’actions armées : tirs de harcèlements, propagande armée, destruction de machines de chantiers… Moins de 24 heures avant l’attentat de Suruç c’est une embuscade qui a provoqué la mort d’un sous-officier turc (ça, personne ne l’a mentionnée, pourtant l’affaire avait fait grand bruit ici). Et, à peine quelques heures après c’est une série d’attentats qui provoquent la mort de plusieurs policiers et militaires. Cette « spontanéité » des actions a quelque chose de suspect et semble être une stratégie maladroite. Alors qu’en jouant profil bas et se plaçant comme « victime » le Pkk aurait pu s’attirer un peu plus de sympathie et peut-être une immunité. On peut se demander si l’organisation terroriste n’avait pas essayé de profiter de l’impasse politique dans laquelle est la Turquie actuellement, la formation d’un gouvernement de coalition piétine depuis le 7 juin et que Suruç ne soit qu’un heureux hasard qui sert de prétexte.
  23. Quelques remarques du point de vue côté turc : La presqu’île de Gallipoli ne se trouve qu’à 200 km de la capitale. Or Istanbul est le principal centre de formation et concentre la majorité des fabriques et ateliers. Les Ottomans vont pouvoir alimenter en continu le front. Cela va permettre de maintenir la pression sur les Alliés et réduire leurs possibilités. C’est d’ailleurs ce qui manquera aux Ottomans sur le front palestinien en 1918. Un commandement tactique efficace. Contrairement à ce qu’on affirme les officiers ottomans sont compétents et instruits. La majorité d’entre eux possède l’expérience des Guerres Balkaniques et ont eut le temps de s’adapter aux exigences nouvelles. Sur le terrain, l’interdisciplinarité et l’amalgame d’unités ne pose aucun problème. Contrairement aux Alliés qui non seulement sont d’origines divers mais aussi parfois au sein d’une même armée national peuvent être très disparate. Exemple, l’armée britannique qui est composé à l’époque de l’armée de métier, de troupes coloniales et du territorial. Or ces trois corps sont aussi différents entres eux que peuvent l’être des armées de pays différents, ne sont pas habitués à coopérer et à agir de concert. Profitons aussi pour briser l’image d’une armée naturellement faible soutenue par des Allemands. En réalité, les militaires allemands n’ont été que d’une efficacité réduite dans l’entrainement et le commandement des soldats turcs. Ils étaient trop peu nombreux, sont arrivés trop tard, n’ont jamais appris la langue local (ils passaient par des traducteurs le plus souvent francophone) et n’avaient aucune connaissances des mœurs et coutumes. Par contre, rendons à César ce qui est à César, leur apport (ainsi qu’aux Autrichiens) fut essentiel dans des domaines techniques et la mise en ligne d’unités spécialisés d’artillerie lourde, d’aviation ou encore de logistique (camions). Ce qui a manqué aux Alliées ? Un bombardement naval prématuré qui n’a eu pour effet que d’alerter les Ottomans. Des renseignements corrects. Les cartes dataient de la Guerre de Crimée, les hommes se sont acharnés sur des objectifs pas toujours stratégiques et de front. Un haut commandement parfois défaillant. Exemple, le Débarquement de Sulva. Une volonté politique de réussite. Peu de personnes croyaient en la réussite ou dans le bien fondé de l’entreprise aussi peu de gens y on mit le cœur. Exemple, des péniches de débarquement avaient été mise au point à l’époque dans le plus grand secret, mais Kitchener n’en avait pas jugé utile de mettre au courant le général Hamilton.
  24. La position de la Turquie est claire : Il n’y aura pas d’intervention (directe) turque à moins d’une quelconque menace sur l’enclave du Nakhitchevan. De même, je crois que les Russes défendront les frontières « officielles » de l’Arménie, sans intervenir dans le Haut-Karabagh. Ceci-dit, sans illusion, on peut s’attendre à quelques bombes ou obus « égarés » de part et d’autre ainsi que quelques combattants à l’accent bizarre.
  25. Il s’agit des deux premiers (sur un total de quatre) prototypes du char Altay. Le premier servira à tester sa motorisation et sa mobilité. A priori, pas besoin d’y intégrer les blindages. Il suffira de respecter les dimensions et la masse. Le deuxième servira pour des tests de tirs. Je suppose qu’il s’agit ici d’y intégrer le canon et les systèmes de tir. Pour ce qui est de sa masse, pas de chiffres officiels mais il sera probablement supérieur à 60t (d’après les rumeurs glanées sur les forums turcs).