Tancrède

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Everything posted by Tancrède

  1. Et ça n'a en rien aidé la fréquentation des temples, le "changement moral" des populations concernées, ou un renouveau religieux dans les pays dits développés et/ou en déchristianisation, ce qui devrait souligner que c'est un débat séparé, qui n'a que peu à voir avec l'idée d'une "solution" aux problèmes que vit la religion dans les pays concernés, ce qui est l'angle d'attaque de la dite candidate. Secret de Polichinelle: en Afrique subsaharienne (et dans quelques autres lieux), les prêtres catholiques tendent souvent à être mariés de facto, avec une "tolérance" du Vatican pour le fait établi.... Sans doute un peu de réalisme, qu'on accepte plus ou moins tant que ce n'est pas clamé sur les toits . Mais franchement, que serait le catholicisme sans cette forme de pudibonderie et de culpabilité hypocrite? Pas la religion de mon enfance, môssieur!
  2. Des factions qui se dispute un quasi-cadavre qui a bien peu de chances de voir une renaissance quelconque dans nos contrées: outre l'aspect de la foi (en voie de disparition), l'essentiel des fonctions (sociales, économiques, administratives, éducatives) qui avaient favorisé le succès de la religion catholique alliées à l'autorité politique d'une part (qui favorise, aide, voire impose), à des circonstances différentes (époque, transmission/éducation familiale, contrainte sociétale/conformisme....) et à un certain aspect miraculeux (difficile à reproduire dans les mentalités d'une époque comme la nôtre), sont aujourd'hui l'apanage de l'Etat. La prêtrise est assez moribonde dans ses effectifs, ses approches et ses méthodes, et le refus constant depuis 50 ans d'envisager sérieusement la question d'un rôle changé du diaconat pour aider a plus sûrement encore condamné sa capacité à avoir un effet. Je crois que cette dame a beaucoup d'illusions sur le potentiel restant. Que là-dessus, il y ait des groupes "progressistes" qui veuillent opposer une soi-disant "nouvelle" approche, ça ne change pas grand-chose: une autre puce essayant de disputer à la vieille le cadavre sur lequel elles se trouvent. Mais bon, c'est HS: à la limite, si elle se présentait pour le poste de général des Jésuites, on serait un peu en lien avec le sujet .
  3. Non, franchement, je ne crois pas, ou en tout cas pas plus que marginalement même dans le meilleur des cas pour lui: - les camps politiques sont trop retranchés par le tribalisme pour que quoique ce soit de réel, aussi puissant que ce soit, puisse atteindre l'essentiel des troupes de votants dans un sens ou l'autre (à moins de quelque chose de réellement indéniable et si énorme qu'aucun spin ne peut l'affecter). Cela laisse une petite partie de l'électorat mouvant, et uniquement celui dans les swing states, soit assez peu de monde, difficilement identifiable: ils sont l'inconnue qui demeure. - si l'élu en place a un avantage de principe, il est souvent compensé par ce qui arrive: celui qui a l'air d'être aux commandes se voit attribuer la faute d'événements hors du contrôle de quiconque. Catastrophe naturelle, mauvaise récolte.... Sont à un degré ou un autre assimilé à une action du chef, c'est comme ça. Et la polarisation du débat américain, tout comme la centralisation croissante de l'attention sur la présidence depuis plusieurs décennies (alors que les gouverneurs sont en fait ceux qui agissent le plus et ont le plus de levier dans des situations comme la pandémie), qui a accompagné le développement et la concentration du marché médiatique qui "compte" dans la politique (emprise croissante des médias d'échelle nationale qui ont concentré la capacité à imposer l'agenda des discussions du pays et donc à diriger l'attention), ces deux facteurs, donc, garantissent que cet effet jouera autant qu'il le peut. Les médias alternatifs sont (encore?) trop peu puissants pour compenser, ou proposer des angles de vues (pas forcément plus favorables au président) différents. Les chaînes et radios locales sont le seul pouvoir de relativisation, mais même elles ont une programmation limitée (elles rediffusent en partie les programmes des grands réseaux nationaux). - la conversation nationale visible est par trop biaisée par l'état actuel de la scène publique, cad les médias: le ton ne changera pas, au contraire il empirera pour désigner les coupables que les individus et groupes dominants ont choisi depuis longtemps. Et cette scène médiatique est à 80-90% sur-engagée du côté démocrate, ce qui empêche tout débat, toute critique ou compte à rendre pour la gauche (exemples: le gouverneur de NY, qui a plutôt foiré sa crise Covid, est porté aux nues. Le gouverneur de Californie, qui a amplifié la catastrophe économique, est lui aussi présenté en héros, garanti de n'être jamais importuné par les médias). Résultat, les leçons à tirer de l'expérience ont peu de chances de même approcher quelque chose d'utile, et l'affaire, depuis le début, aura été et sera encore plus dans les mois à venir, une attaque systématique avec pour seul but l'élection de novembre, tant l'attention médiatique est dédiée à la version la plus basse, politicienne, tribale et disproportionnellement partisane, de la politique. A ce stade, les médias (tous les grands) sont juste des spin doctors pour les factions politiques (et pour l'essentiel celles du parti démocrate, surtout de son establishment). Par ailleurs, le point n'est pas que, dans un monde idéal, la chose devrait bénéficier à Trump, mais d'examiner la crise telle qu'elle est arrivée, et d'en tirer des leçons. Avec pour but de pointer bonne et mauvaise gouvernance. La décentralisation américaine est trop grande pour dire que les Etats bleus ont merdé, et les rouges ont bien agi: le Colorado (Etat "pourpre" avec un gouvernement essentiellement démocrate), par exemple, a plutôt bien joué sa crise. https://www.nytimes.com/2020/05/25/us/politics/coronavirus-red-blue-states.html
  4. Un article assez intéressant du NYT (paywall) sur la division politique concernant la réaction face au virus. Je ne vais pas le résumer, mais ces simples chiffres sont assez édifiants en ce qu'ils illustrent la diversité des expériences, en notant une divisions plus géographique que socio-économique: les comtés gagnés par Trump en 2016 (le plus souvent, ce ne sont pas les plus riches) représentent 45% de la population US, 27% des contaminés, et 21% des morts. Les densités de population ne fournissent qu'une explication très partielle des différences! Los Angeles et les autres grandes villes californiennes, Miami et les villes de Floride, à forte sur-représentation de personnes âgées, les grandes villes du Texas.... N'ont été que peu touchées, alors que des zones à faible densité en grande périphérie de ces zones urbaines ont été à l'inverse durement atteintes. Et l'ont peut pointer que, ailleurs, de grandes concentrations urbaines (Corée, mais surtout le Japon, dont la réaction n'a pas été exemplaire pendant longtemps) s'en sont tirées sans grand dommage (et le Japon, sans confinement ou très grand changement côté distanciation). La disparité entre les Etats et comtés US est si énorme (même en excluant NY, qui concentre plus de 40% des morts) que la réalité vécue par maints lieux d'un si grand pays, aux cultures locales si différentes, pourrait tout aussi bien être celle entre des pays différents (11 morts/100 000 hab en Alabama, contre 122 au New Jersey, et ce n'est pas le plus fort contraste du pays, même en excluant NY). Les différences de politiques suivies entre les Etats et localités (comtés, villes) sont un des grands facteur d'explication des différences, en plus de la géographie physique (climat) et humaine (densité de l'habitat et du trafic interne et en provenance ou vers d'autres Etats/pays). Le Texas (dernier à confiner, premier à réouvrir), qui a pourtant de grandes zones urbaines très internationales (Houston-Galveston, Dallas-Fort Worth-Arlington, San Antonio, Austin), à forte fréquentation, compte parmi les plus bas taux de contamination (même en ne comparant que les grandes zones urbaines) et de mortalité. Cela peut expliquer la colère locale contre le confinement. La Floride, malgré une très mauvaise presse contre le gouverneur républicain, et malgré le handicap supplémentaire d'une forte population de personnes âgées (c'est "l'Etat-maison de retraite" de toute la côte est), a des résultats comparables au Texas. Plusieurs réalités, vécues différemment, mais une presse monoculturelle pour juger des performances, et devinez qui est porté aux nues et qui est blâmé. Un indice: les résultats (sur la contamination et l'économie) n'ont rien à voir avec les verdicts.
  5. 3ème fusillade liée au terrorisme islamique dans une base navale américaine en 6 mois: après Pearl Harbor et Pensacola, c'est la base de Corpus Christi (Texas) qui a vu un tel événement. Un gardea été légèrement blessé, mais une barrière de sécurité a pu être activée, bloquant l'accès de la voiture du tireur qui a continué à pied et a été abattu. Il pourrait y avoir eu un second terroriste, qui serait encore dans la nature. https://edition.cnn.com/2020/05/21/us/naval-air-station-corpus-christi-lockdown/index.html https://www.politico.com/news/2020/05/21/active-shooter-neutralized-after-incident-at-texas-navy-base-272872 Les Islamistes sont jaloux de l'attention que monopolise COVID-19? Parce qu'on avait presque oublié qu'ils existaient, ceux-là.
  6. Ca se fait en Charente et en Bretagne aussi, mais c'est un truc de l'intérieur des terres, là où y'a des marais (non salés), pas tellement des côtes (mes racines).... Et pis c'est pas vraiment du ragondin, môssieur: on dit "lièvre des marais" parce que ça vend mieux... Mais j'ai pô essayé.
  7. Foutre du ragondin dans des rillettes? Tu veux refiler une crise cardiaque collective à tout le département de la Sarthe? Je suis pour une liberté d'expression quasi absolue, mais il y a des limites éthiques, humanitaires et surtout culinaires, quand même.
  8. Qu'est-ce qu'on dit face à ce genre d'alternative? "Croisons les doigts"? Je sais pas pourquoi, mais ça semble un tantinet.... Quelque chose. J'arrive pas à mettre le doigt sur le bon mot . Sinon, après l'apocalypse nucléaire, y'a encore des rillettes?
  9. Pffft, tu parles. Ce sera comme d'habitude: on commencera un fil, qui sera très vite hyper chaud-bouillant, donc illisible parce que personne n'a le temps de suivre autant de posts alignés si vite, que les pages s'accumulent trop vite pour que quiconque garde même un semblant de cohérence au topic, et encore moins une mémoire superficielle des diverses discussions. Et ça s'engueulera vite parce qu'aucune info ne sera fiable et que tout le monde se sera rangé d'emblée dans les certitudes liées à leurs sources préférées, si bien que ça virera aux attaques personnelles avant la page 15, que le fil sera du coup fermé, qu'un autre sera ouvert avec le même titre augmenté de "n°2" et d'un gros doigt colérique des modos.... Et que ça donnera la même chose à un rythme un peu plus lent..... Y'a un problème de format, et je propose donc cela aux modos: si une guerre mondiale/USA-Chine éclate, ça vaut un effort.... Après tout, à un certain degré, on s'est tous préparés depuis des années à la chose. Donc il faudra non pas un topic, mais une section entière du forum divisée en sous chapitres clairement définis, avec une liste de topics précis qui soit manageable. Allez, quoi, si le fofo était une personne, une telle guerre serait le sujet de sa vie! Et évidemment, une fois ces efforts faits, la guerre serait lamentable, et sans doute coupée court après quelques échanges de missiles, beaucoup de gesticulation et d'intimidation, puis des négos discrètes se terminant par une cérémonie pompeuse et vulgaire. Là-dessus, les modos enragent de l'effort consenti pour rien.... Et se vengent sur nous, parce que la vie, c'est trôzinjuste. C'était une vision du scénario probable.
  10. Clipperton pas concernée? Namého! Ce sont les réserves stratégiques françaises de guano dont tu parles si cavalièrement, là!
  11. Si peu d'anticorps? Ca doit être la tendance suédoise au politiquement correct: choper un virus étranger serait de l'appropriation culturelle. Nous ne voyons pas d'autre explication.... (Parti. Très loin)
  12. C'est vache comme comparaison: - Gaston Lagaffe n'a jamais été sénile, et possiblement atteint d'Alzheimer - Gaston Lagaffe n'a pas donné dans le harcèlement sexuel: demande à Moizelle Jeanne - Gaston Lagaffe n'a pas trempé dans divers scandales de corruption/manipulation internationale.... A moins que tout ce qui se passe avec Demaesmaker soit en fait une série d'actions ciblées et parfaitement calculées pour le compte de quelqu'un d'autre....
  13. Certes, mais toute la question est de savoir ce que, au delà des déclarations à l'emporte pièce et du susmentionné jeu de chaises musicales pour ministres, il peut réellement "faire", si l'essentiel de l'appareil d'Etat, des hauts (et peut-être moyens) échelons de l'administration, répond à d'autres allégeances. C'est ça qui est plus difficile à déterminer de l'extérieur: qui obéit à qui, qui fait quoi avec les directives présidentielles, dans quelle mesure les ordres directs sont-ils appliqués, négligés, désobéis dans le fond mais pas dans la forme.....
  14. "Dans son camp" ne veut pas dire qu'il a une mesure de contrôle sur eux, surtout une mesure de contrôle suffisante pour gouverner même juste un peu comme il l'entend. C'est ça aussi, le capital politique: ça se construit patiemment, ça se transmet... Et ça implique des listes énormes de gens et de groupes à qui on doit des choses et qui vous doivent des choses, et avec lesquelles de subtils équilibres se créent et changent en permanence au gré des événements, des choix, des changements d'opinion, d'ambitions et d'allégeances, et des coups pourris qui se font au sein des mêmes factions. Et le seul ingrédient du cocktail composant le capital politique que Bolsonaro possède, c'est son élection (= proof of concept et pouvoir de nominations et de la "signature" des actes gouvernementaux), et son niveau de popularité (= degré d'acceptation de ses décisions dans la population, relais d'opinions, et probabilités de réélection et d'impact sur les candidatures législatives soutenues par lui): si ce dernier baisse, le nombre de gens "dans son camp" peut passer de beaucoup à zéro en une seconde, parce qu'il n'a rien d'autre pour les retenir. Le pouvoir des démagogues qui ne sont pas du sérail est très fragile s'ils n'ont que la démagogie dans leur arsenal.
  15. From the horse's mouth: "tout dans l'Etat, rien en dehors de l'Etat, rien contre l'Etat". Saupoudre d'un genre de culte censément unificateur (une forme ou une autre d'ultra nationalisme avec un thème dominant: nostalgie impériale romaine, idéologie de la race assortie d'un genre de néo-paganisme völkisch pour les deux régimes qu'on connaît, sphère de coprospérité pan-asiatique.... Avec un senior partner auto-intoxiqué dans l'idée de sa "supériorité" culturelle/religieuse...). Le fascisme est un totalitarisme, soit à différencier d'autres régimes autoritaires en ce qu'il ne demande pas simplement ta passivité ("la dictature, c'est ferme ta gueule"), mais ta participation active au régime dans tous les aspects de la vie (professionnels, sociaux, personnels): tu es suspect (cad, dans un tel régime, coupable) si tu ne fais pas de zèle sur tous les plans, dans tous les domaines. C'est le principe général. Aujourd'hui, quand le mot "fasciste" est lancé à quelqu'un dans une discussion, ça veut essentiellement dire qu'une personne de gauche n'est pas d'accord avec ce quelqu'un. Bolso est juste un clown démago sans compétence, qui veut s'en foutre plein les fouilles, être intégré à la "haute caste" brésilienne, et/ou, si ses fantasmes patriotiques ont vraiment une emprise sur lui, peindre à gros traits une image du pays qu'il a dans sa tête, et qui n'est sans doute pas vraiment sophistiquée. Et la première compétence dont il manque en tant que dirigeant, avant examen de ses qualités/défauts personnels (que nous ne connaissons pas vraiment), c'est qu'il ne connaissait personne dans la technocratie brésilienne avant sa campagne électorale, et encore moins de "power players" dans le monde politique: bref, il n'avait dès le début pas de capital politique autre que son élection, ce qui peut sembler beaucoup.... Et dans le monde pratique ne veut pas dire grand-chose, vu qu'il n'avait derrière lui à peu près personne d'autre que des compagnons de route et ralliés post-succès, soit trop peu de gens (très loin d'une masse critique) dont un dirigeant a besoin sur lesquels il a une mesure de contrôle sérieux. Son idéologie, ses aspirations, comptent peu à côté de cela: cela fait de lui le jouet de ceux qui tiennent les rouages de la politique et de l'administration du pays. Il peut juste faire le matamore dans les médias, jouer au jeu des chaises musicales, mais juste au top du top de la pyramide (mais les baronnies administratives, c'est quelque chose qui s'appuie sur beaucoup plus d'échelons que le sommet), et il peut faire quelques décisions exécutives fracassantes, qui sont authentiquement connes, ou semblent connes de l'extérieur mais reflètent juste une lutte de pouvoir derrière la scène.... Mais diriger le pays? Ca, il n'en a pas vraiment la capacité, parce que, individuellement capable ou non (et tous ici, on penche pour "non"), il semble qu'il soit en fait bien seul. Sans un vaste réseau de relais de pouvoirs ayant du capital politique et de la compétence, et sur lesquels on a du contrôle, un président, c'est juste un gars dans un bureau avec des dorures.
  16. Y'en a encore qui sont mentalement capables de faire plus qu'aspirer leur alimentation avec un cathéter et regarder quotidiennement des rediffs du même épisode de Columbo?
  17. Et ils sont toujours pas foutus de monter une junte en bonne et due forme? La compétence disparaît quand on ne pratique pas pendant longtemps.
  18. Beaucoup de choses en fait.... Tout dépend de comment "la norme" est définie: ce peut être une très vaste fenêtre d'Overton où tout, sauf les plus extrêmes/radicaux/physiquement dangereux des points de vue et attitudes sont autorisés.... Ou la très Sainte Inquisition/l'URSS & Co, qui permettent à chacun de marcher comme il veut.... Sur un fil de rasoir. En Suède, beaucoup de choses sont permises en théorie, même s'il y a des interdits légaux qui peuvent choquer sur certains points, mais le niveau de pression sociale plus ou moins informulée est tel qu'en pratique, bien moins de latitude existe pour chacun. A l'ère de l'internet et des médias sociaux, cette façon d'être a commencé à présenter certaines failles qui tendent maintenant à s'aggrandir. Mais ce rigorisme moutonnier suédois, qui s'assortit d'un immense sentiment de supériorité innée par rapport aux voisins (c'est vraiment pas une blague), fait toujours autant rire les Danois, plus libéraux dans l'humour et l'expression, qui ne se privent pas d'en faire une des principales ressources pour leurs comédiens. A côté, les vannes ciblant les Belges ou Québécois, chez nous, c'est du petit artisanat rarement pratiqué et très timide.
  19. Il semble qu'ils diminuent considérablement leur capacité de mobilité par les airs, aussi: 6 escadrons d'hélicos (3 lourds, 3 médians) en moins. Mais pour l'artillerie, dont il a été mentionné plus haut qu'elle était censée être réduite, je constate avec étonnement le changement dans les objectifs, plutôt qu'une réduction pure et simple: disparition de 16 batteries canons pour n'en laisser que 5, MAIS grosse augmentation du nombre de batteries de roquettes (HIMARS), qui sont censées passer de 7 à 21. Tu vois une explication à ce genre de proportions? 5 batteries canons, ça fait pas lourd pour une troupe de cette taille, donc ça renvoie à un emploi ultra-spécialisé. Et 21 de HIMARS, ça fait en revanche du très lourd. Pour référence, le mémo dit Force Design 2030: https://www.hqmc.marines.mil/Portals/142/Docs/CMC38 Force Design 2030 Report Phase I and II.pdf?ver=2020-03-26-121328-460
  20. Fais ce que beaucoup de gens font de plus en plus à l'ère de ces grands services de streaming qui sont en train de tout bouffer (ce sont les chaînes télés de demain, voire déjà d'aujourd'hui, si on compte les paires d'yeux): tu t'abonnes au mois pour voir ce que tu veux dessus, tu résilies le suivant, et tu attends qu'ils aient accumulé suffisamment de nouveaux trucs que tu veux voir avant de re-raquer pour un mois. Disney + essaie d'éviter cette pratique en forçant des abonnements plus longs, mais pas encore en rendant leur offre financièrement irrésistible (ça viendra, avec la concurrence, surtout avec le coup que l'économie, et avec elle tous les portefeuilles, vient de prendre). Vu qu'il est de plus en plus difficile de trouver durablement chaussure à son pied en matière de séries, ne serait-ce qu'à cause de l'immensité de l'offre, il va falloir sampler sur tous les services dispo (si on veut opérer légalement) et trouver ses perles. Après, il suffit d'optimiser sa conso sous peine de se retrouver avec une note salée chaque mois: on a Netflix (qui pourrait racheter CBS/Paramount), Disney et Hulu (incluent donc Fox et ABC), Amazon Prime Video, Apple TV, bientôt Peacock (NBC/Universal/Dreamworks), HBO (donc Warner Bros). Ca commence à faire lourd si on veut pouvoir avoir accès à l'ensemble de la production de trucs ambitieux et friqués, en plus de ce qui se fait dans son propre pays. A quelque chose comme 10-12 euros/mois en moyenne par service, c'est pas gérable sans prévoir un peu sa conso selon les productions qu'on veut voir/essayer, en attendant de voir des "bouquets" nouvelle génération émerger.
  21. Un autre professeur d'université arrêté pour motif de situation "délicate" avec la Chine: https://www.dailymail.co.uk/news/article-8309777/University-Arkansas-professor-arrested-fraud-not-revealing-ties-Chinese-government.html (J'aurais préféré citer un autre journal, mais le Wapo a un paywalll) On peut subodorer que, le climat étant ce qu'il est, il va y avoir un plus sérieux coup de loupe sur l'implication visible et moins visible de la RPC dans les campus américains (les instituts Confucius), le lobbying qu'ils y font et l'instrumentalisation qui peut en résulter dans certains cas et sur certains sujets (d'ici à ce que certains ressortent le vieux terme de "subversion"....). Reste à savoir dans quelle mesure, et si des excès sont possibles, du moins à ce stade.
  22. Elles lancent des enquêtes et procès bien plus sûrement que des missiles?
  23. C'est là où je préfère ne pas me prononcer, parce que je crois qu'on n'en sait rien et qu'on n'a réellement aucun moyen de savoir: sans en faire une personne "normale" et équilibrée, on peut pointer que, comme la télé réalité dont il vient, le personnage médiatique de Trump n'a sans doute que des liens très distendus avec la réalité du bonhomme (c'est plus une caricature de ce qu'il doit être, avec certains très particulièrement accentués pour viser un résultat jugé comme le plus efficace). Le terme de télé réalité est lui-même un mensonge: il n'y a rien de "réel" ou spontané dedans: c'est pas à proprement parlé scripté, mais c'est scénarisé, c'est orchestré, et tout y est fait pour produire l'effet désiré, juste sur un registre différent de la fiction. Il a juste perçu qu'il ne pouvait pas se permettre d'aller dans la fange habituelle du marigot politico-médiatique, et s'est efforcé de créer sa propre fosse à purin pour y faire venir les autres. L'un des résultats est de mieux montrer à beaucoup plus d'électeurs que ce qu'il y avait avant était tout aussi boueux, mais de façon mieux déguisée. Avec Trump, tout le monde se met à nu, lui agissant comme miroir.... Et ô Dieu qu'ils n'aiment pas voir leur reflet. Maintenant, savoir si ce grand bain de boue révélateur permettra d'assainir un tant soit peu la scène, et qui ou quoi pourrait opérer un début de transition, c'est une toute autre histoire. Et c'est là que j'ai peur du rôle des grandes plates-formes internet qui, au lieu d'être le ressort du changement, referment le jeu au profit des grands acteurs médiatiques existants depuis 2016. A voir si des alternatives à Youtube/Facebook/Instagram/Twitter/Reddit vont pouvoir émerger et contester l'oligopole.
  24. Ouais, mais faire le tri est devenu un défi, vu la quantité de trucs produite, et les façons d'attirer le chaland avec de la qualité (superficielle au moins) de production (fric sur l'écran et tous les trucs bien rôdés pour tirer l'oeil et l'intérêt dans le court terme), des thèmes en apparence séduisants, une idée mise en valeur dans les bandes annonces, voire souvent, des premiers épisodes corrects avant que la vraie teneur de la série ne pointe son museau. Quand on parle des quantités de séries lancées actuellement, il faut vraiment ajuster ses antennes pour faire du pré-tri, sinon on passe trop de temps à juste faire du sampling des 2-3 premiers épisodes de trop de séries.
  25. Il ne faut pas se fier au discours politique/médiatique d'aucun côté: il n'a à ce stade aucun lien avec la réalité et sert entièrement à la guéguerre des perceptions, des messages tribaux, des egos et ambitions, des règlements de comptes.... Il se trouve que le déséquilibre grave des préférences et tropismes politiques dans la presse fait que les démocrates n'ont que très peu de comptes à rendre sur les conneries et mensonges qu'ils profèrent, sur leurs contradictions et affabulations, ou sur leurs méfaits et scandales, un état de fait qui dure depuis très longtemps, mais a atteint un niveau caricatural cette dernière décennie. Les républicains n'ont généralement pas ce luxe, sauf sur Fox et quelques réseaux régionaux: quand la chose atteint un tel degré, tu obtiens un Trump, qui casse en partie cette barrière permanente par l'outrage constant, l'attaque, l'outrance, la provocation.... Créant ainsi lui aussi sa bulle codifiée qui fait réagir (mal) la majorité des médias à son tempo, et expose plus fréquemment leur parti pris. Mais effectivement, ça veut dire qu'il s'astreint à dire n'importe quoi et à se vautrer dans le too much et les maniérismes qui les piquent au vif (en suivant ce qui sont apparemment ses penchants naturels), là où, pour illustrer avec un de ses ex-concurrents, un Jeb Bush n'aurait, tels qu'étaient déjà les médias en 2016, jamais pu percer la barrière médiatique et avoir une chance d'être traité avec un minimum de fair play. Bref, les médias sont devenus monstrueux, donc l'écosystème qu'est la politique leur a opposé un monstre. Mais le point est que à peu près 100% de ce qui domine les médias, de ce qui trende, de ce qui se dispute le haut de l'affiche pour essayer de monopoliser les perceptions, c'est un jeu de manipulation, de déformation extrême, de cadrage, contextualisation et habillage mal intentionné des faits, soit la dimension théâtrale de la politique qui a pris un contrôle total de ce qui est censé être la sphère de l'information et du débat. Trump joue le jeu ainsi, parce qu'il sait que quand il parle normalement, ça ne va jamais dans un article de journal ni ne passe à la télé. Tout comme, s'il faut en croire les "audiences" des articles de presse écrite (plus mesurables aujourd'hui), les articles de type "brèves" (= les courts trucs télégraphiques parlant d'un fait qui est arrivé, sans emphase, contexte ou traitement particulier, type dépêche d'agence de presse), ne sont presque pas lus: le titre putaclicage domine le traffic. C'est ainsi qu'il faut voir les annonces, attaques et autres trucs tonitruants qui bouffent le temps de cerveau et les émotions: du putaclicage par Trump et ses adversaires (politiques et presse). Rien à voir avec la réalité. C'est par exemple comme ça qu'Andrew Cuomo est devenu en quelques semaines la superstar chouchou des médias, alors que sa gouvernance de l'Etat de NY pendant la pandémie n'a pas franchement été bonne (quelques grosses conneries), et n'a certainement pas différé de celle d'autres Etats. Mais le traitement a été entièrement tourné vers le laudateur.... Peut-être parce que la candidature Biden commence à inquiéter le camp démocrate, entre ses casseroles qui commencent à faire tache (notamment des.... Indélicatesses du type Metoo) et le fait que, visiblement, il sucre les fraises et a du mal à faire des phrases. Donc du coup, qui a bénéficié d'un culte de la personnalité façon régime totalitaire, et d'une totale absence de comptes à rendre ou de contradiction dans les médias? Andrew Cuomo et Gavin Newsome (gouverneur de Californie). Parce que pépé commence à alarmer, et qu'il semble bien que personne ne croit a ses chances côté démocrate. L'arène médiatique/politique, c'est la Cour de Versailles (et tout y est "l'affaire du collier"): aucun personnage n'est ce qu'il semble, à peu près tout le monde (journalistes/présentateurs encore plus) est devenu un personnage de télé-réalité, tout lien avec le monde réel a été coupé, les derniers l'ayant été avec l'élection du Donald et la réaction qu'elle a entraîné. Et la tactique médiatique de Trump (ce qu'on voit, qui n'a pas grand chose à voir avec ce qui se fait), c'est celle dite du "mud monster", qui est la seule offrant des chances de succès aux républicains: contraindre le camp opposé à se rouler dans la boue avec lui. On sait qu'il est un "mud monster", mais le camp d'en face, qui se présente comme propre et paré de toutes les vertus avec la complicité de 90% des médias, se retrouve lui aussi dans la boue, le tout agissant comme révélateur que les démocrates et la presse sont tout aussi boueux que leurs adversaires, à ceci près qu'ils le nient. On va voir si l'affaire qui vient de se déclencher autour des révélations sur le Russiagate et la persécution de Michael Flynn ("Obamagate" a battu tous les records de trending hier sur Twitter) va déboucher sur quelque chose (si un démocrate est élu en novembre, c'est sûr que tout sera enterré), mais c'est une des possibilités du moment dans ce vaudeville permanent. Je me souviens encore quand j'ai commencé à vraiment lire sur le sujet après avoir appris les fondamentaux pendant mes études: l'après 11 septembre a été mon cas pratique d'étude, et évidemment surtout la montée vers la guerre en Irak, ou quand il est devenu manifeste que le storytelling avait pris le pas sur l'information (j'ai quelques bons bouquins dessus pour ceux que ça intéresse), ce qui a remis en perspective le commentaire d'un ancien vieux routier du reportage de guerre qui avait pris sa retraite dans les années 90 quand (sans doute pas pour la première fois), un producteur du 20h lui avait demandé de "mettre" une explosion présente sur sa vidéo de l'autre côté de l'écran la prochaine fois. Du plus petit détail au filtre général qui sert à tamiser le flot d'infos, tout est fait en fonction d'un axe narratif. Et le système n'a fait que pousser plus avant dans ces principes depuis. On a juste là une fusion de plus en plus complète des systèmes politique, journalistique et du divertissement.