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Il y a 5 heures, Deres a dit :

Oui, sauf que :

D'accord sur le fond. Ce que tu écris peut d'ailleurs être résumé en "Lin Junyue a en fait tort"

Je me suis relu pour voir si j'avais manqué de clarté. Au cas où ça n'aurait pas été suffisamment évident : je ne soutiens absolument pas Lin Junyue.

Ce que je dis en revanche, c'est qu'il a des arguments, au sens d'être capable de citer des raisonnements qui peuvent apparaître convaincants aux yeux d'un certain nombre de personnes, et pas seulement en Chine, et pas seulement maintenant. C'est une tentation, comme l'a résumé Boule75. Et le système mis en place en Chine n'est probablement pas le dernier, et peut-être pas le pire de ce qui risque de se faire dans ce goût-là un peu partout dans le monde.

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Il y a 10 heures, Alexis a dit :

le despotisme du collectif par rapport à l'individu

La dimension culturelle est également importante, l'importance du groupe par rapport à l'individu - individu qui est tout en "occident" mais qui n'est rien dans certaines société comme ou Japon ou peut-être en Chine où prédomine l'appartenance au groupe.

Dans nos sociétés occidentales irriguées depuis presque 250 ans par les idées où prédominent l'humain pour ne pas dire l'individu (que n'entend-on parler actuellement de libertés individuelles bafouées) une telle vision semble bien lointaine.

Le groupe c'est bien, sauf quand on en fait pas partie.

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Il y a 6 heures, pascal a dit :

La dimension culturelle est également importante, l'importance du groupe par rapport à l'individu - individu qui est tout en "occident" mais qui n'est rien dans certaines société comme ou Japon ou peut-être en Chine où prédomine l'appartenance au groupe.

Dans nos sociétés occidentales irriguées depuis presque 250 ans par les idées où prédominent l'humain pour ne pas dire l'individu (que n'entend-on parler actuellement de libertés individuelles bafouées) une telle vision semble bien lointaine.

Le groupe c'est bien, sauf quand on en fait pas partie.

Cà c'est un gros cliché sur les asiatiques, petite fourmis au service de la collectivité. 

La réalité est que ceux ci sont beaucoup plus individualistes qu'on le dit, parfois plus que nous en occident.

Les chinois en particulier ont un fort esprit d'entreprenariat et de réussite individuel complétement à l'inverse du collectivisme. Ils ont aussi un fort sens de la propriété.

La japonais, on le voit ne permanence sont tout à fait capable de faire des choses complétement dingues et très individualistes. Les cosplay et les tenues originales montrent que ce ne sont pas vraiment des robots qui veulent se fondre dans un moule, mais que c'est juste une volonté de la société contre les individus. Les kamikazes souvent pris en exemple sont en fait un contre-exemple. Les premiers sont des décisions individuelles qui font une analyse crue et désespérée de la situation sachant leur très fiables chances de survivre de toute façon. Après c'est la hiérarchie militaire qui impose cette stratégie de suicide aux soldats alors que son efficacité diminue.

Il faut aussi voir ce qu'est le confucianisme qui n'est pas une forme de collectivisme. Cela prône l'obéissance sociale mais pas sans subtilité. Cela définit clairement des cercles d'appartenance sociale ou les cercles les plus proches sot prioritaires : Père > Seigneur > Roi > Empereur. Et cette obéissance ne se fait que si la personne au dessus en est digne. 

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il y a 5 minutes, Deres a dit :

Cà c'est un gros cliché sur les asiatiques, petite fourmis au service de la collectivité. 

La réalité est que ceux ci sont beaucoup plus individualistes qu'on le dit, parfois plus que nous en occident.

Les chinois en particulier ont un fort esprit d'entreprenariat et de réussite individuel complétement à l'inverse du collectivisme. Ils ont aussi un fort sens de la propriété.

La japonais, on le voit ne permanence sont tout à fait capable de faire des choses complétement dingues et très individualistes. Les cosplay et les tenues originales montrent que ce ne sont pas vraiment des robots qui veulent se fondre dans un moule, mais que c'est juste une volonté de la société contre les individus. Les kamikazes souvent pris en exemple sont en fait un contre-exemple. Les premiers sont des décisions individuelles qui font une analyse crue et désespérée de la situation sachant leur très fiables chances de survivre de toute façon. Après c'est la hiérarchie militaire qui impose cette stratégie de suicide aux soldats alors que son efficacité diminue.

Il faut aussi voir ce qu'est le confucianisme qui n'est pas une forme de collectivisme. Cela prône l'obéissance sociale mais pas sans subtilité. Cela définit clairement des cercles d'appartenance sociale ou les cercles les plus proches sot prioritaires : Père > Seigneur > Roi > Empereur. Et cette obéissance ne se fait que si la personne au dessus en est digne. 

Pour le Japon, on le sait très peu, mais historiquement, le mouvement anarchiste y était très fort:

https://www.persee.fr/doc/ebisu_1340-3656_2002_num_28_1_1266

Par ailleurs, si on remonte encore dans le temps, tous nos clichés sur les samouraïs sont liés à l'ére Edo, les périodes précédentes étaient sans doute très différentes avec une société nettement moins stratifiée et calcifiée ( Cf encore et toujours l'exemple d'Hideyoshi, fils de fermier devenu maître de tout le pays ).

Beaucoup de choses qui nous semblent basiques au sujet des japonais n'ont pu exister que grâce à a dictature figée et vermoulue des Tokugawa, il faut vraiment se garder des jugements hâtifs sur leur supposé "caractère national".

La Chine, je connais moins, mais là encore, je me méfie des clichés véhiculés par des régimes dictatoriaux qui étouffent toute tentative d'expression un tant soit peu individuelle des citoyens.

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Il y a 7 heures, pascal a dit :

La dimension culturelle est également importante, l'importance du groupe par rapport à l'individu - individu qui est tout en "occident" mais qui n'est rien dans certaines société comme ou Japon ou peut-être en Chine où prédomine l'appartenance au groupe.

Dans nos sociétés occidentales irriguées depuis presque 250 ans par les idées où prédominent l'humain pour ne pas dire l'individu (que n'entend-on parler actuellement de libertés individuelles bafouées) une telle vision semble bien lointaine.

Les sociétés occidentales font-elles vraiment prédominer l'humain voire l'individu sur le groupe ? Voire... N'oublions pas que l'Occident a une longue histoire, une riche tradition intellectuelle... qui a donné beaucoup de choses. Et pas toutes dans le sens libéral ni humaniste, c'est le moins qu'on puisse dire :dry:

Le mot "totalitarisme" est issu d'une langue européenne - l'italien. La pratique la plus aboutie du totalitarisme s'est vue d'abord en Russie et en Allemagne, pays européens s'il en est, avant qu'on commence à en parler en Chine populaire et en Corée du Nord. Et Karl Marx n'était pas japonais. Quant à la Chine populaire, lorsqu'on y joue l'Internationale, on la fait parfois précéder de sa version originale. Qui est bien dans une langue européenne :smile:

Je me demande même si un Chinois ne pourrait pas pester contre ces Occidentaux qui ont appris aux braves Chinois et à d'autres Asiatiques les doctrines du marxisme et du totalitarisme, avec toutes leurs conséquences en matière d'écrasement des individus...

Stop à l'influence occidentale collectiviste ! Retournons aux bonnes vieilles valeurs de l'individualisme asiatique :tongue: 

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Il y a 3 heures, Alexis a dit :

Les sociétés occidentales font-elles vraiment prédominer l'humain voire l'individu sur le groupe ? Voire... N'oublions pas que l'Occident a une longue histoire, une riche tradition intellectuelle... qui a donné beaucoup de choses. Et pas toutes dans le sens libéral ni humaniste, c'est le moins qu'on puisse dire :dry:

Le mot "totalitarisme" est issu d'une langue européenne - l'italien. La pratique la plus aboutie du totalitarisme s'est vue d'abord en Russie et en Allemagne, pays européens s'il en est, avant qu'on commence à en parler en Chine populaire et en Corée du Nord. Et Karl Marx n'était pas japonais. Quant à la Chine populaire, lorsqu'on y joue l'Internationale, on la fait parfois précéder de sa version originale. Qui est bien dans une langue européenne :smile:

Je me demande même si un Chinois ne pourrait pas pester contre ces Occidentaux qui ont appris aux braves Chinois et à d'autres Asiatiques les doctrines du marxisme et du totalitarisme, avec toutes leurs conséquences en matière d'écrasement des individus...

Stop à l'influence occidentale collectiviste ! Retournons aux bonnes vieilles valeurs de l'individualisme asiatique :tongue: 

Assez d'accord sauf que faire du marxisme une sorte de précurseur du totalitarisme comme s'il n'avait produit que ça est un peu ... disons à parti pris :smile: .

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Le totalitarisme chinois, avec l'aspect de société de surveillance ("surveillance state" en anglais, comme en a rêvé ou plutôt cauchemardé Orwell) apparaît ou réapparaît à l'époque du fondateur de la dynastie Ming, Hongwu (1368-1398) :

https://en.wikipedia.org/wiki/Hongwu_Emperor#Social_policy

Sous le règne de Hongwu, la Chine rurale a été réorganisée en li (里), des communautés de 110 ménages. Le poste de chef de communauté tourne entre les dix ménages les plus peuplés, tandis que les autres étaient encore divisés en dîmes (jia, 甲). L'ensemble de ce système était connu sous le nom de lijia. Les communautés étaient chargées de collecter les impôts et de recruter la main d'œuvre des corvées pour le gouvernement local. Les anciens des villages étaient également tenus de surveiller la communauté, de signaler les activités criminelles et de s'assurer que les résidents s'engagent pleinement dans les travaux agricoles[64][65].

Le système Zhuse Huji (諸色戶計) de la dynastie Yuan a été maintenu et les ménages ont été classés en différents types. Les types les plus fondamentaux, à savoir les ménages civils (民戶), les ménages militaires (軍戶), les ménages d'artisans (匠戶) et les ménages de paludiers (鹽灶戶), définissaient la forme de corvée de la famille. Les ménages militaires, par exemple, représentaient environ un sixième de la population totale au début de l'ère Yongle, et chacun était tenu de fournir un homme adulte en tant que soldat, et au moins une autre personne pour travailler dans des rôles de soutien à l'armée. Les ménages de militaires, d'artisans et de travailleurs du sel étaient héréditaires, et la conversion en ménages civils était impossible, sauf dans quelques situations très rares[66][67]. Une famille peut simultanément appartenir à l'une des catégories mineures, par exemple les ménages de médecins et les ménages d'érudits, en fonction de leur profession. En plus des "bons" ménages susmentionnés, il existait également des types discriminatoires, tels que les ménages d'amuseurs (樂戶)[68].

Les voyageurs devaient être munis d'un luyin (路引), un permis délivré par le gouvernement local, et leurs voisins devaient avoir connaissance de leur itinéraire. La migration intérieure non autorisée était interdite, et les contrevenants étaient exilés. Cette politique a été strictement appliquée pendant l'ère Hongwu[69].

Zhu Yuanzhang [alias Hongwu] a adopté une loi sur la coiffure obligatoire le 24 septembre 1392, imposant à tous les hommes de se laisser pousser les cheveux longs et rendant illégal le fait de se raser une partie du front en laissant des mèches de cheveux, ce qui était la coiffure mongole. La peine encourue par le barbier, la personne rasée et ses fils était la castration s'ils se coupaient les cheveux et leurs familles devaient être envoyées en exil aux frontières. Cela a contribué à éradiquer les coiffures mongoles partiellement rasées et à imposer la coiffure longue des Han[70].

https://en.wikipedia.org/wiki/Hongwu_Emperor#Economic_reform

Soutenu par les érudits-bureaucrates, il accepte le point de vue confucéen selon lequel les marchands sont uniquement des parasites. Il estimait que l'agriculture devait être la source de richesse du pays et que le commerce était ignoble. Par conséquent, le système économique des Ming mettait l'accent sur l'agriculture, contrairement au système économique de la dynastie Song, qui avait précédé la dynastie Yuan et qui dépendait des commerçants et des marchands pour ses revenus. Hongwu soutenait également la création de communautés agricoles autosuffisantes.

Cependant, son préjugé contre les marchands n'a pas diminué le nombre de commerçants. Au contraire, le commerce s'est considérablement accru durant l'ère Hongwu en raison de la croissance de l'industrie dans tout l'empire. Cette croissance du commerce était due en partie aux mauvaises conditions du sol et à la surpopulation de certaines régions, qui ont forcé de nombreuses personnes à quitter leur foyer et à chercher fortune dans le commerce.

Edited by Wallaby
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Le 13/10/2021 à 18:44, Deres a dit :

- Il y a aussi derrière tout cela l'illusion de la planification. Personne ne connait le futur et 90% des prédictions sont fausses même si

Ton analyse est orientée et injuste. La performance prédictive atteint quand même les 50%, lorsque la problématique admet un choix binaire pour sa résolution.:combatc:

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il y a 23 minutes, ftami a dit :

Ton analyse est orientée et injuste. La performance prédictive atteint quand même les 50%, lorsque la problématique admet un choix binaire pour sa résolution.:combatc:

?!

Une Hirondelle évanouie, une ;)

 

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il y a 18 minutes, Hirondelle a dit :

?!

Une Hirondelle évanouie, une ;)

 

Alors je suis un sûrement pas un as en statistiques mais je crois qu'il est mathématiquement difficile d'avoir tort plus d'une fois sur 2 quand on répond au hasard à une question dont la réponse est "oui" ou "non"

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il y a 2 minutes, ftami a dit :

Alors je suis un sûrement pas un as en statistiques mais je crois qu'il est mathématiquement difficile d'avoir tort plus d'une fois sur 2 quand on répond au hasard à une question dont la réponse est "oui" ou "non"

Plein d'expert ont des capacités de prédiction plus faibles que 50% :biggrin: . Bon à leur décharge c'est très souvent non-binaire.

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il y a 1 minute, nemo a dit :

Plein d'expert ont des capacités de prédiction plus faibles que 50% :biggrin: . Bon à leur décharge c'est très souvent non-binaire.

Hors plus ils sous-performent, les experts, plus ils présentent la problématique comme binaire, j'ai l'impression... mais je digresse, peut-être que cette discussion aurait plus de 50% de pertinence à se trouver dans le fil du brexit :biggrin:

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il y a 59 minutes, ftami a dit :

Alors je suis un sûrement pas un as en statistiques mais je crois qu'il est mathématiquement difficile d'avoir tort plus d'une fois sur 2 quand on répond au hasard à une question dont la réponse est "oui" ou "non"

Non c'était pas ça :biggrin:

Plutôt des phrases un peu alambiquées qui provoquent un tsunami électrique ds mon si petit cerveau !

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il y a une heure, ftami a dit :

Hors plus ils sous-performent, les experts, plus ils présentent la problématique comme binaire, j'ai l'impression... mais je digresse, peut-être que cette discussion aurait plus de 50% de pertinence à se trouver dans le fil du brexit :biggrin:

Bah le rôle des grands prêtres  experts est de donner la bonne parole, pas d'avoir raison.

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il y a une heure, nemo a dit :

Bah le rôle des grands prêtres  experts est de donner la bonne parole, pas d'avoir raison.

J’ai une théorie que je résume par «les experts sont FAITS pour avoir tort » qu’il faut encore affiner, car dit comme ça, c’est péjoratif alors que je ne pense pas ça.

[ca date, exactement de la 1ere  guerre du Golfe, où malgré mon jeune âge -20 ans- j’ai constaté que sur certains sujets, les experts, les universitaires, sont BEAUCOUP plus mauvais que les politiques. Depuis, j’ai eu le temps de documenter ce point de vue :rolleyes:]

C’est ce qu’il manque dans Antigone pour être exhaustif sur la gouvernance : il y a le réalisme cynique de Créon, il y a l'idéalisme volontaire d’Antigone, mais rien sur le pragmatisme de celui qui doit être réélu et doit gouverner entre temps, et qui LUI n’oublie rien dans sa synthèse.

Révélation

Pour moi c'était Brouilly à midi, en accompagnement d’un tajine poulet/haricots très passable : c’est contre-intuitif, mais ça marche bien un Brouilly un peu vert avec le tajine :bloblaugh:

Par contre, ça amoche...

 

Edited by Hirondelle
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https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/l-economie-chinoise-est-elle-hors-de-controle (14 octobre 2021)

"L'impact en Chine d'une éventuelle faillite des grands groupes immobiliers, est en train de s'agrandir. Il faut voir qu'en septembre, les ventes de logements ont chuté d'un tiers, ça devient inquiétant, et il devient indispensable de restructurer les entreprises concernées. Evergrande ne pourra pas survivre sans une intervention extérieure car ils ont des dettes, à court terme, beaucoup trop importantes par rapport aux actifs qu'ils peuvent mettre en avant même s'ils sont en train d'en vendre plein en ce moment, comme on l'a vu à Hongkong récemment. Il faut donc une intervention de l'État. Ce qui inquiète les marchés internationaux, c'est que cette intervention, on ne la voit pas pour l'instant. On a l'impression que l'État continue à attendre un peu pour bien montrer que ce marché doit être assaini et que l'État ne va pas faire n'importe quoi pour aider les entreprises de l'immobilier" Hubert Testard

"Dans le passé, d'autres sociétés chinoises ont eu le même problème et étaient au bord de la faillite comme Anbang Insurance ou Hainan Airlines. Le gouvernement chinois à chaque fois a joué un rôle important, Anbang Insurance est devenu un autre groupe d'assurance, et il marche très bien aujourd'hui, si bien que deux de ses actionnaires publics chinois veulent vendre parce que le groupe est sur la bonne voie. Hainan Airlines, elle, a été réorganisée. On peut faire plus ou moins la même chose pour Evergrande" Chunyan Li

"En ce moment, c'est le problème de la contagion qui se pose sur l'ensemble du secteur immobilier. En Chine, on avançait les fonds, on achetait l'appartement sur plan, et de plus en plus, on s'était mis à emprunter parce que le gouvernement commençait à restreindre le crédit. Or là, on arrête, les fournisseurs ont peur de ne pas être payés. Toutes ces entreprises immobilières, qui se sont toutes construites sur le même modèle, sont à l'arrêt" François Godement

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Un autre problème interne que la Chine est en train d'exporter : la hausse et la pénurie des engrais. Elle va globalement interdire les exportations alors qu'elle constitue 30% du marché mondiale. 

https://www.zerohedge.com/commodities/china-export-curbs-fertilizer-could-worsen-global-food-price-shock

Notez bien que comme la Chine fait maintenant partie de l'OMC, elle n'interdit pas les exportations d'engrais de manière claire. Non, elle indique juste  qu'elle va drastiquement augmenter les inspections des douanes ce qui va augmenter les délais et ajouter le besoin de nouveaux documents. Personne n'est dupe bien entendu surtout pas les autorités chinois qui savent obéir aux consignes verbales du parti.

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Le 13/10/2021 à 18:44, Deres a dit :

- "Tout va bien, la preuve personne ne se plaint". Evidemment, quand se plaindre t'envoie au goulag, tu vis nécessairement au paradis en le criant haut et fort sur les toits car ton avancement en dépend ...

- On parle souvent d'un système idéalisé ou le collectif prend le pas sur l'individuel. Mais c'est une chimère car en réalité, l'intérêt collectif va être déterminé par le groupe tenant les rênes du pouvoir. Donc le fameux intérêt collectif qu'il va défendre sera en premier lieu les intérêts de son groupe derrière un charabia auto-justificatif.

- Il y a aussi derrière tout cela l'illusion de la planification.

Il y a beaucoup de gens qui se plaignent en Chine. Le nombre de mouvements sociaux était en croissance exponentielle dans les années 2000 :

https://en.wikipedia.org/wiki/Protest_and_dissent_in_China

Le nombre de manifestations annuelles n'a cessé d'augmenter depuis le début des années 1990, passant d'environ 8 700 "incidents de masse" en 1993[1] à plus de 87 000 en 2005[2]. En 2006, l'Académie chinoise des sciences sociales a estimé que le nombre d'incidents de masse annuels dépassait 90 000, et le professeur de sociologie chinois Sun Liping a estimé à 180 000 le nombre d'incidents en 2010[3][4]. [Les incidents de masse sont définis au sens large comme "des rassemblements planifiés ou impromptus qui se forment en raison de contradictions internes", et peuvent inclure des discours publics ou des manifestations, des affrontements physiques, l'expression publique de griefs, et d'autres comportements de groupe qui sont considérés comme perturbant la stabilité sociale[5].

Les cadres du parti sont formés à répondre à ces mouvements sociaux le plus vite possible, en amont, à la source, pour éviter au maximum qu'ils fassent boule de neige et ne s'étendent. C'est basé sur la rapidité d'intervention. Et pas uniquement sur la planification. Ils ne sont pas fous, ils savent très bien que la planification ne peut pas prévoir tous les problèmes à l'avance.

Par exemple :

Le 25/05/2018 à 13:39, Wallaby a dit :

https://www.theepochtimes.com/chinese-veterans-hold-protests-across-country-calling-for-adequate-welfare-medical-treatment_2526326.html (16 mai 2018)

Le 9 mai, à Leizhou, province de Guangdong, plus de 100 anciens combattants de la guerre sino-vietnamienne ont manifesté en demandant des emplois et l'accès aux prestations sociales.

À Pékin, le 8 mai, des anciens combattants anciens employés licenciés des quatre grandes banques d'État ont manifesté devant le tout nouveau ministère des anciens combattants qui a démarré ses activités le 16 avril. Ils n'ont pas de retraites.

La source a également déclaré que le ministère n'a pas résolu les plaintes des anciens combattants, mais les a envoyées à Jiujingzhuang à Pékin, une prison noire notoire pour avoir détenu des pétitionnaires.

Une manifestation d'ancien combattants a eu lieu également le 8 mai devant l'administration de la Marine, à Pékin.

- -

Le 26/05/2018 à 13:54, Wallaby a dit :

http://www.scmp.com/news/china/diplomacy-defence/article/2141894/chinas-military-veterans-ministry-opens-after-pension (16 avril 2018)

Tout vient de la décision de réduire les effectifs de l'armée populaire de libération de 300.000 hommes. Il y a eu des manifestations en octobre 2016, puis en février 2017, puis en mars de cette année la création d'un ministère des anciens combattants a été annoncée.

Les fonctions étaient auparavant assurées par le Ministère des affaires civiles, le Ministère des ressources humaines et de la sécurité sociale et la Commission militaire centrale.

Ou après l'interdiction de la pêche dans le Yangtsé on prévoit des aides pour la reconversion des pêcheurs :

Le 28/12/2020 à 17:50, Wallaby a dit :

https://www.scmp.com/news/china/politics/article/3115431/china-passes-law-protect-river-yangtze (27 décembre 2020)

La Chine a imposé une interdiction de pêche de 10 ans au début de cette année pour conserver ses stocks de poissons en déclin.

L'interdiction, qui couvrait initialement 332 tronçons du fleuve [Yangtsé], sera étendue à l'ensemble de la voie navigable et à ses principaux affluents l'année prochaine.

Les chiffres du ministère de l'agriculture au début de ce mois montrent qu'environ 231 000 pêcheurs ont renoncé à leurs droits le long du Yangtsé.

Le vice-premier ministre Han Zheng a déclaré en début de semaine qu'une aide accrue devrait être accordée à ces pêcheurs pour les aider à trouver de nouveaux emplois et de nouveaux lieux de vie.

 

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https://supchina.com/2021/09/30/labor-unrest-and-how-china-balances-repression-and-responsiveness/ (30 septembre 2021)

Dans le livre, je compare le nombre d'incidents de cette ampleur en Chine, soit ceux réunissant plus de 1 000 grèvistes, selon le China Labor Bulletin, avec les chiffres américains. En tenant compte de l'estimation du China Labor Bulletin selon laquelle il ne saisit qu'environ 10 % de tous les conflits qui se produisent, j'estime qu'en 2015, par exemple, la Chine a connu 70 fois plus de grèves que les États-Unis, même en tenant compte d'une population beaucoup plus importante, je pense que c'est beaucoup plus intense.

Récemment, l'école ILR de l'université Cornell a établi une carte des grèves pour combler les lacunes dans les rapports sur les États-Unis, ce qui mérite peut-être d'être revu. Quoi qu'il en soit, je pense que la principale leçon à tirer est que les grèves sont très courantes et quelque peu normalisées en Chine.

Vous vous souvenez peut-être qu'il y a quelques années, des chauffeurs de bus venus de Chine continentale ont fait grève à Singapour. C'était une affaire très importante à Singapour, car il n'y avait pas eu de grève dans le pays depuis environ 25 ans. Mais lorsqu'ils ont interrogé les chauffeurs, ces derniers n'ont pas semblé comprendre le pourquoi de cette agitation. Ils pensaient qu'il s'agissait d'une réponse naturelle aux problèmes qu'ils rencontraient et que c'était ainsi qu'ils avaient géré les choses en Chine avant de venir à Singapour.

Il y a eu beaucoup de protestations après les licenciements, suite à la crise financière de 2008. Et puis il y a eu des protestations, mais autour de salaires plus élevés, à nouveau en 2010, lorsque l'économie se portait vraiment bien. Mon ensemble de données, en particulier, suit grosso modo les hauts et les bas des conflits du travail officiellement jugés, c'est-à-dire les affaires portées en médiation et en arbitrage devant les tribunaux, que le gouvernement chinois rapporte dans son annuaire statistique du travail.

Comment la répression et la réactivité interagissent-elles ?

Manfred : Eh bien, sur le lieu d'une manifestation particulière, cela peut signifier que le gouvernement fait pression sur une entreprise pour qu'elle verse une sorte d'indemnité aux travailleurs, pour étouffer l'affaire. Mais en même temps, la police se dirige vers les personnes qu'elle pense être les meneurs de la grève et les arrête ou les presse de se retirer ou d'accepter ce que l'entreprise a à offrir. Dans une perspective plus large, si l'on s'éloigne d'une usine particulière, cela signifie dépenser à nouveau beaucoup pour la police, réorienter l'appareil syndical officiel pour qu'il soit un peu plus anticipateur, un peu plus ouvert aux travailleurs. Cela signifie qu'il faut adopter de nouvelles lois sur le travail, comme la Chine l'a fait de manière spectaculaire en 2008, cela signifie qu'il faut faire tout un ensemble de choses différentes et tout cela en même temps. Et d'une certaine manière, tout cela est cohérent : tous les gouvernements n'emploient-ils pas la carotte et le bâton ?

Lorsque [les employés de l'usine de chaussures Stella à Dongguan] ont fait grève en [2015], la police a été très efficace, elle est arrivée rapidement, a mis les travailleurs au pied du mur et les a entourés de chiens policiers. L'ONG syndicale qui a tenté de s'impliquer a été rapidement écartée de la scène. [L'avocat des droits de l'homme] Gao Zhisheng, bien sûr, n'était plus là pour s'occuper de l'affaire des travailleurs, il avait été mis en prison, libéré, remis en prison. Et donc, d'une certaine manière, la situation des travailleurs a vraiment régressé par rapport à 2004.

Mais d'un autre côté, en 2015, le gouvernement a fait pression sur Stella, la société mère, pour qu'elle verse aux travailleurs leur aide au logement en espèces. Et quand l'une des usines a touché le fond quelques années plus tard, ils ont reçu une généreuse indemnité de départ qui allait un peu au-delà de ce qui était exigé par la loi. Et le simple fait qu'ils se concentrent sur l'aide au logement des années plus tard et non sur ces conditions de travail très basiques montre à quel point les choses se sont améliorées.

Les responsables chinois, à différents niveaux, sont évalués selon toute une série de critères différents, allant de la protection de l'environnement à la mise en œuvre de la politique de l'enfant unique, du moins dans le passé, en passant bien sûr par la croissance du PIB. Mais le maintien de la stabilité est l'une des choses que l'on appelle parfois un veto d'une voix sur leurs performances. Ainsi, s'ils obtiennent de mauvais résultats en matière de stabilité, cela annule toutes leurs autres réalisations et c'est un aspect qui est assez facile à mesurer. L'incitation pour un fonctionnaire est donc de montrer qu'il prend la question au sérieux.

Ainsi, en cas de troubles intenses, on ne peut raisonnablement attendre d'un fonctionnaire qu'il remette le génie dans la bouteille immédiatement, mais il peut faire preuve de créativité et de cran face à ce défi. Cela signifie qu'ils doivent s'engager dans des réformes qu'ils n'auraient pas entreprises autrement, mais aussi être très sévères envers les meneurs.

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https://www.smh.com.au/world/asia/purges-a-plot-and-the-real-reason-why-xi-jinping-might-be-afraid-to-leave-china-20211018-p590x4.html

En moins d'une semaine, Xi a pris des mesures décisives à l'encontre de deux des plus hauts responsables de la sécurité intérieure de la Chine, un vice-ministre de la sécurité publique en exercice et un ancien vice-ministre.

L'un d'eux, Fu Zhenghua, était vice-ministre jusqu'au 2 octobre et également ministre chinois de la justice. Il était responsable de la police, de la police secrète, du ministère public et du système judiciaire chinois, ce qui le plaçait au sommet de l'appareil politico-juridique du pays. Il a été décrit par le journal japonais Nikkei comme "l'homme qui en savait trop sur les jeux de pouvoir de Xi".

Une "clique de conspirateurs" aurait été impliquée dans la "planification de quelque chose d'illégal et d'inapproprié" contre le président lors d'une visite attendue dans la ville de Nanjing, dans la province du Jiangsu.

Plusieurs hauts responsables de la police du Jiangsu ont été cités dans ce complot, qui aurait été financé par un milliardaire exécuté pour corruption en janvier, l'ancien dirigeant de la société Huarong Asset Management, Lai Xiaomin.

Quelle est la crédibilité de l'histoire du complot déjoué, retirée en 24 heures des deux sites qui l'ont rapportée ?

"Elle semble très crédible parce que les deux médias - NetEase et Sohu.com - ne sont pas des porte-parole du parti, mais je les décrirais comme semi-officiels", déclare Lam, de l'Université chinoise de Hong Kong.

Xi a lancé une "campagne de rectification" contre la police et l'establishment de la sécurité publique en 2020 pour s'assurer de leur loyauté à l'approche du Congrès crucial du Parti de l'année prochaine.

Rien qu'entre février et juillet de cette année, cette purge a infligé des sanctions à 178 431 membres du personnel de sécurité, dont 1 258 chefs de département.

Et puis il y a l'armée, l'ultime garant du pouvoir de Xi. L'officier supérieur du commandement du théâtre occidental de la Chine a été changé quatre fois en moins d'un an. Selon M. Lam, c'est le signe que le contrôle exercé par Xi sur l'Armée populaire de libération est "moins qu'inébranlable". Ce commandement particulier est responsable des zones sensibles du Xinjiang et du Tibet, ainsi que de l'Inde et de l'Afghanistan.

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/10/05/le-president-chinois-xi-jinping-poursuit-sa-campagne-de-purges_6097178_3210.html

Cette campagne a fait deux nouvelles victimes, non pas de simples « mouches » mais de véritables « tigres », pour reprendre une image utilisée par le président chinois lui-même : Sun Lijun, ex-vice-ministre de la sécurité publique, et Fu Zhenghua, ex-ministre de la justice.

Deux hommes redoutables. Au cours de sa carrière, le premier a durement réprimé les membres de la secte Falun Gong puis a été directeur des affaires de Hongkong au sein du ministère de la sécurité publique. En février 2020, il avait fait partie de l’équipe de choc envoyée en urgence à Wuhan pour gérer la pandémie. On avait d’ailleurs vu Sun Lijun aux côtés de Xi Jinping. Cela ne l’empêcha pas d’être arrêté un mois plus tard.

Le 2 octobre, la commission centrale du contrôle et de la discipline du Parti annonçait l’ouverture d’une enquête visant le deuxième homme, Fu Zhenghua. Directeur de la sécurité publique de Pékin de 2010 à 2013 puis vice-ministre de la sécurité publique de 2013 à 2018, il est considéré comme l’un des principaux responsables de l’arrestation de centaines d’avocats spécialisés dans la défense des droits de l’homme, en juillet 2015. Il a été arrêté pour « violation sérieuse de la discipline et des lois nationales ». On n’en sait pas davantage. L’homme passait pour être loyal à Xi Jinping. Il a même joué un rôle important dans l’arrestation en 2014 de Zhou Yongkang, ministre de la sécurité publique de 2002 à 2007, premier membre du Comité permanent du bureau politique, le cœur du pouvoir, à « tomber » pour corruption.

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Xi Jinping est un Khmer Vert :

https://www.telegraph.co.uk/business/2021/10/28/cop26-conundrum-does-chinas-eco-warrior-xi-jinping-keep-building/

Xi Jinping est ce qui se rapproche le plus d'un croisé de l'environnement dans les hautes sphères du système politique chinois. Il était vert avant que cela ne devienne à la mode.

Il y a 20 ans, alors qu'il était chef du parti du Zhejiang, il a écrit une chronique hebdomadaire dans un journal où il dénonçait la dégradation de l'environnement et avertissait que le modèle économique chinois, "à forte intensité énergétique et très polluant", n'était pas viable.

Cette prise de position, unique parmi les chefs régionaux de son rang à l'époque, a nécessité un certain courage, l'opposant à l'orthodoxie dominante de l'industrialisation galopante et du culte du PIB.

M. Xi a soutenu la campagne radicale du "PIB vert" en 2004 - elle a été lancée pour la première fois dans le Zhejiang - qui demandait aux gouvernements locaux de présenter des données plus honnêtes, en soustrayant les dommages écologiques et la "dette envers l'avenir" des chiffres bruts du PIB. Des mesures de répression ont été prises à l'encontre des entreprises électriques et industrielles les plus fautives.

Les intérêts particuliers ont eu raison de la campagne, bien que Xi ait continué à publier des chiffres verts corrigés pour le Zhejiang après que d'autres aient repris le jeu normal de l'inflation du PIB, ce qui donne l'impression que son mandat n'a pas été couronné de succès selon la mesure brute de l'époque.

Un personnage clé de cette saga oubliée du PIB vert, Xie Zhenhua, est désormais le principal envoyé de la Chine pour le climat à la Cop26. C'est lui qui a poussé le concept d'une courbe de Kuznets modifiée - un "U" inversé - où les émissions de CO2 atteignent un pic puis diminuent lorsqu'un pays atteint un seuil de développement économique.

C'est cette courbe de Kuznets qui a donné à M. Xi les arguments dont il avait besoin pour justifier les mesures climatiques contre l'opposition bien ancrée de la vieille garde. Elle a ouvert la voie à la fameuse discussion du soir de Yingtai avec Barack Obama, qui a débouché sur l'accord de Paris sur le climat en 2015.

Il s'agissait d'une rupture totale avec le rôle d'obstruction de la Chine (avant Xi) à Copenhague en 2009, lorsque Pékin avait malencontreusement transformé l'accord en une lutte entre les pays pauvres et l'Occident.

Jianqiang Liu, de Carbon Brief, explique qu'un thème vert inébranlable traverse la carrière de Xi Jinping, jusqu'à sa doctrine caractéristique de "civilisation écologique", et sa promesse de "zéro émission" d'ici 2060, faite l'année dernière.

La Chine compte 20 % de la population mondiale mais 6 % de l'eau douce, et cet approvisionnement est en danger. Les réserves d'eau renouvelables - un quart de la moyenne mondiale par habitant - ne peuvent couvrir l'irrigation intensive, si bien que les aquifères de la plaine de Chine du Nord sont systématiquement épuisés.

L'Himalaya et le Tibet - le "château d'eau" de l'Asie - se réchauffent deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Selon un rapport de l'administration météorologique chinoise publié en août, la perte des glaciers a déjà atteint 15 %.

Ce phénomène risque de s'accélérer et de déstabiliser les grands réseaux fluviaux qui ont alimenté la Chine au fil de l'histoire. Au lieu du lent goutte-à-goutte de la fonte saisonnière des glaces, l'eau descendra en cascade dans des crues de printemps qui emporteront la terre arable, suivies de longues sécheresses. La Chine a eu un avant-goût cette année.

Un projet de 60 milliards de dollars (44 milliards de livres) est en cours pour canaliser l'eau du sud de la Chine vers les plaines arides du nord, mais c'est une course contre la montre face à la désertification rampante. Le Gobi perd 3 000 km² de prairies par an. Selon une étude réalisée par des scientifiques chinois et publiée dans Nature, les tentatives d'enrayer l'érosion par une campagne effrénée de plantation d'arbres se sont soldées par un échec tragique, augmentant la probabilité d'une catastrophe écologique irréversible [1].

Alors pourquoi la Chine de M. Xi continue-t-elle à hypothéquer son propre avenir en prévoyant de nouvelles centrales au charbon ? Selon Global Energy Monitor, la Chine a mis en service 38 GW de nouvelles centrales au charbon en 2020, soit trois fois plus que le reste du monde réuni.

Elle a lancé 74 GW de capacité supplémentaire l'année dernière et représente désormais 85 % de toutes les centrales en cours de développement sur la planète.

Les chiffres sont grotesques. La part de la Chine dans les émissions mondiales est déjà de 28 %. La combustion du charbon à cette échelle garantit un changement climatique galopant et ferait de la Chine un État paria.

C'est une énigme. Une réponse (faible) est qu'il s'agit de capacité, et non d'utilisation. La Chine craint un blocus énergétique américain du type de l'embargo imposé par Roosevelt au Japon en 1941. Le charbon domestique est une solution de secours stratégique.

M. Xi est sans doute plus puissant aujourd'hui et il serre la bride. En janvier, les éco-inspecteurs chinois ont fait la leçon à l'Administration nationale de l'énergie, lui ordonnant de se soumettre à une "rectification" pour avoir enfreint les objectifs climatiques en accordant des licences excessives pour l'exploitation du charbon et l'industrie lourde.

Le rapport demandait aux fonctionnaires de "mettre résolument en œuvre la pensée de civilisation écologique de Jinping et d'établir fermement le concept de développement vert".

D'une certaine manière, il s'agissait de la première manœuvre de la grande perturbation en cours en Chine, alors que M. Xi tente de briser l'addiction nationale au métal, à la construction et à l'industrie fossile, et de briser le dos du "capital désordonné" en général.

[La Chine] a installé 74 GW d'énergie éolienne l'année dernière, soit plus que le reste du monde et trois fois plus qu'en 2019. Elle atteindra 40 % de la capacité solaire mondiale d'ici la fin de l'année. Le 14e plan quinquennal (2020-2025) fait paraître modeste le Green Deal européen.

[1] https://www.nature.com/articles/s41598-021-93948-5

Ces dernières années, on a assisté à un boisement à grande échelle dans la région de Gobi, dans l'ouest de la Mongolie intérieure, en Chine. Cependant, cette région a de faibles précipitations annuelles de 35-55 mm, et une capacité d'évaporation annuelle élevée de 3842 mm. En outre, les ressources en eau de cette région sont rares et ne peuvent pas soutenir la croissance durable des arbustes. Ainsi, sans une irrigation efficace, les arbustes ne peuvent survivre et, en fin de compte, le boisement à grande échelle dans la région de Gobi détruira la "végétation noire" [ce ne sont pas des plantes, mais des graviers noirs qui retiennent le sable]. La surface de cette zone est couverte de gravier dense (65,43-82,08% ; moyenne de 77,14%), résultat d'une érosion à long terme causée par des vents forts. Les sédiments sous-jacents à la couche de gravier sont riches en sable (60,34-87,51%) et en limon (11,26-35,18%). Une fois que la couche de gravier de surface est détruite, le sable et le limon sous-jacents sont exposés et augmentent l'apport de poussière, ce qui entraîne une augmentation de l'intensité et de la fréquence des tempêtes de poussière. Ainsi, le boisement à grande échelle dans la région de Gobi est un désastre écologique pour ces terres très sèches.

https://media.springernature.com/lw685/springer-static/image/art%3A10.1038%2Fs41598-021-93948-5/MediaObjects/41598_2021_93948_Fig8_HTML.png

Diagramme des différents stades de développement du boisement à grande échelle dans la région de Gobi (a : surface du sol d'origine ; b : trous creusés pour le boisement ; c : arbres vivants plantés ; d : surface du sol lorsque les arbres sont morts).

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