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33 minutes ago, elannion said:

 

Comme pays se voulant à la pointe du monde libre (ou du monde tout court) ça fait tâche

Quelle importance? Pour les gens "qui comptent", la Californie est à la pointe de tout: il suffit de s'en tenir aux endroits où ils sont: Palo Alto, la Nappa Valley, Santa Barbara et quelques autres coins. Là, c'est tout beau, tout super moderne et clean, avec un luxe de services inouï, et beaucoup de grillages et autres formes de barrières (le prix du mètre carré et la police/sécurité qui va avec). So, no problem. 

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https://www.spiegel.de/politik/ausland/trump-will-regenwaelder-alaskas-zur-abholzung-freigeben-a-1283969.html (28 août 2019)

Selon le Washington Post, le président américain Donald Trump a ordonné à son ministre de l'Agriculture, Sonny Perdue, d'exempter 9,5 millions d'acres (environ 3,8 millions d'hectares) de l'interdiction de coupe dans la forêt nationale de Tongass. [en Alaska]

https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/jul/31/alaska-tongass-national-forest-at-risk-logging-perdue (31 juillet 2019)

Ne vous laissez pas berner. En bref, Perdue et Murkowski [Lisa Murkowski, sénatrice d'Alaska, qui est également favorable au forage de pétrole dans l'Arctic national wildlife refuge] veulent exempter l'Alaska de la " règle zéro route " de l'USFS de 2001 qui interdit la construction de routes sur 44,8 millions d'acres dans 37 états. Ils veulent étendre la coupe à blanc (et la construction de routes) dans la première forêt pluviale tempérée d'Amérique, l'un des biomes les plus rares au monde.

Cela créerait des emplois, oui. Quelques-uns. Mais dans le monde d'aujourd'hui, tous les emplois ne sont pas des emplois intelligents. Tous les emplois ne rendent pas le monde meilleur.

En 1999, plus de 1,6 million de personnes ont commenté la règle de l'USFS sur l'absence de routes, dont 95 % étaient en faveur d'une forte protection sans routes pour garder les forêts vierges et les eaux propres.

Si Perdue comprenait l'écologie, la climatologie et l'économie de l'environnement, il verrait le Tongass comme étant déjà en bonne santé et travaillant pour nous. Les vieux arbres primaires - les arbres que Perdue veut abattre - respirent de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2, un gaz à effet de serre), le séquestrent et exhalent l'oxygène qui donne la vie. Dans le monde d'aujourd'hui, c'est la meilleure affaire qui soit.

Edited by Wallaby

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Ce n'est pourtant pas quelques chose de nouveau pour les Etats-Unis, car ils ont connus les mêmes problèmes que lors de la guerre du Vietnam. Les fractures sociales et la crise de confiance envers le gouvernement étaient autrement plus violentes et profondes que celles d'aujourd'hui, et le retour des vétérans fut aussi bien rude (et injuste) pour ces derniers. La seule variante semble être que le vétéran est passé du statut de bourreau à celui de victime, du moins c'est semble t-il les seules statuts qu'on le laisse prendre.

Je me demande bien ce qui ce passe en France dans ce genre cas, il faut noter que de notre coté qu'il y a pas beaucoup de source ... j'attends par là l'intégration du soldat français dans la société française une fois une opération terminée,  ainsi que la prise en charge de ceux souffrant TSPT ?

Edited by Rochambeau

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il y a une heure, Rochambeau a dit :

Je me demande bien ce qui ce passe en France dans ce même de cas, il faut notre que de notre coté qu'il y a beaucoup de source ... 

Lapin compris !

Révélation

https://www.youtube.com/watch?v=PWqRKyVBdvw

 

 

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Le 17/08/2019 à 11:12, Wallaby a dit :

https://www.latimes.com/california/story/2019-08-12/california-greenhouse-gas-emissions-fell (12 août 2019)

Les émissions de CO2 de Californie ont diminué de 1% en un an, principalement grâce à une baisse de 9% de l'électricité carbonée. Atteignant 424 millions cette année, l'objectif de rester sous la barre des 431 millions de tonnes de CO2 en 2020 sera probablement atteint. Par contre pour l'objectif d'abaisser la barre de 40% d'ici 2030 ne sera probablement pas atteint si on continue à ce rythme d'escargot. Les émissions dues aux transports, qui constituent 40% du total ont encore augmenté de 1% cette année. Trump s'agite pour empêcher la Californie de placer des restrictions sur les émissions des voitures. Les émissions de la Californie avaient diminué de 2.8% en 2016 et de 1.2% en 2017, donc on voit que ça se tasse. Le fait que tout cela se passe dans un contexte de relativement forte croissance économique suscite divers commentaires. Les chiffres ci-dessus ne tiennent pas compte des incendies de forêt en augmentation ces dernières années, qui, si ils étaient comptés, alourdiraient le bilan.

Après la Californie, l'État de New York se fixe des objectifs ambitieux en matière de décarbonisation, avec un accord qui a été conclu entre le gouverneur et la majorité parlementaire :

https://www.nytimes.com/2019/06/18/nyregion/greenhouse-gases-ny.html (18 juin 2019)

En vertu d'un accord conclu cette semaine entre les dirigeants législatifs et le gouverneur Andrew M. Cuomo, le Climate Leadership and Community Protection Act exigerait que l'État réduise d'ici 2050 la pollution qui réchauffe la planète de 85 % par rapport aux niveaux de 1990, et compense les 15 % restants, peut-être par des mesures visant à séquestrer le dioxyde de carbone de l'atmosphère.

New York n'a jusqu'à présent réussi à réduire ses émissions que de 8 % entre 1990 et 2015, d'après le dernier inventaire de l'État.

Le projet de loi exige que New York produise 70 % de son électricité à partir de sources renouvelables comme l'énergie éolienne, solaire et hydraulique d'ici 2030 et qu'elle passe entièrement à une énergie sans carbone une décennie plus tard.

"Les New-Yorkais vont payer très cher leur électricité à cause de ce projet de loi ", a déclaré Gavin Donohue, président des Independent Power Producers of New York, dont les membres produisent environ les trois quarts de l'électricité de l'État.

New York produit actuellement environ 60 % de son électricité à partir de sources sans carbone, principalement des barrages hydroélectriques et des centrales nucléaires, avec de petites quantités d'énergie éolienne et solaire. Pour l'aider à atteindre ses nouveaux objectifs, l'État prévoit d'ériger d'énormes éoliennes offshore, d'accélérer les programmes solaires sur les toits et d'installer de nouvelles grandes batteries pour jongler avec toute cette énergie renouvelable.

Alors que la ville de New York a récemment adopté une loi exigeant que ses plus grands gratte-ciel deviennent plus économes en énergie, la nouvelle loi pourrait signifier la modernisation de milliers de bâtiments dans tout l'État. Pour que les propriétaires d'immeubles se conforment à la loi de la ville, le coût estimatif a dépassé les 4 milliards de dollars.

"Ce sera un grand pas en avant ", a déclaré Michael Gerrard, directeur du Sabin Center for Climate Change Law de l'Université Columbia.

Il a noté que la technologie permettant de réduire les émissions de certains secteurs, comme les cimenteries ou les avions, n'en est encore qu'à ses balbutiements. Pour compenser ces sources, l'État devra peut-être chercher des méthodes pour éliminer le carbone de l'atmosphère, comme la plantation d'arbres, la restauration des terres humides ou le captage du carbone.

Si cette mesure est adoptée, New York rejoindra la Californie, le Colorado, le Nevada, le Nouveau-Mexique et Washington, qui ont tous adopté des projets de loi visant à obtenir 100 % de leur électricité de sources sans carbone - comme l'énergie éolienne, solaire, hydraulique et, dans certains cas, nucléaire - au milieu du siècle ou plus tôt.

Mais Greg Biryla, le directeur new-yorkais de la National Federation of Independent Business, a déclaré que le projet de loi donnait peu de détails sur la façon dont les petites entreprises, travaillant avec de faibles marges, allaient réorganiser leurs activités de fabrication et autres. "Il ne semble pas y avoir d'étude d'impact fiscal pour quelque chose qui vise à réinventer complètement l'économie de notre État", a-t-il dit, ajoutant que cela conduirait inévitablement les entreprises à migrer ailleurs. "Cela rend d'autres états encore plus attrayants pour les investissements."

M. Donohue, des Independent Power Producers of New York, a déclaré que si le projet de loi de l'État avait " des objectifs louables ", il n'y avait " pas beaucoup de détails sur la manière d'y parvenir ".

Si Donohue a raison, alors ne faudra-t-il pas classer cette loi parmi les "neutrons législatifs" ?

https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/voeux-du-president-du-conseil-constitutionnel-m-pierre-mazeaud-au-president-de-la-republique-0 (3 janvier 2005)

J'en viens maintenant à une dérive de la loi contre laquelle, je l'avoue, je ne peux retenir une sorte de colère sacrée: les dispositions non normatives, si bien appelées " neutrons législatifs " par mon ami et maître Jean Foyer.

La loi n'est pas faite pour affirmer des évidences, émettre des voeux ou dessiner l'état idéal du monde (en espérant sans doute le transformer par la seule grâce du verbe législatif?)

La loi ne doit pas être un rite incantatoire.

Elle est faite pour fixer des obligations et ouvrir des droits.

En allant au-delà, elle se discrédite.

Mais, pour s'en tenir au rôle qui est le sien, tout son rôle et rien que son rôle, le législateur doit:

- apprendre à résister à la " demande de loi ",

- s'interdire de faire de la loi un instrument de communication.

Or, je le dis solennellement, tel n'est pas toujours le cas aujourd'hui, tant s'en faut.

La dégénérescence de la loi en instrument de la politique spectacle, la loi d'affichage, nous en avons eu des illustrations récentes, et pas seulement dans des amendements parlementaires, pas seulement dans des propositions de loi adoptées au creux propice de niches parlementaires...

Comment qualifier autrement que de " disposition d'affichage " telle mesure économique à finalité incitative si complexe et si peu attractive:

- qu'on peut douter de son utilisation future;

- et qu'elle ne semble placée dans un projet de loi que pour signifier à l'opinion que les pouvoirs publics prennent en charge un problème qui la trouble?

Comment ne pas avoir l'impression, parfois, que l'on veut une " grande loi " sur tel sujet majeur, avant d'avoir une idée bien définie de son contenu? Et que, lorsqu'elle est finalement promulguée, la " grande loi " est devenue un catalogue de mesures utiles certes, mais hétéroclites et très en retrait de l'exaltant dessein premier ?

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Il y a 11 heures, Rochambeau a dit :

Ce n'est pourtant pas quelques chose de nouveau pour les Etats-Unis, car ils ont connus les mêmes problèmes que lors de la guerre du Vietnam. Les fractures sociales et la crise de confiance envers le gouvernement étaient autrement plus violentes et profondes que celles d'aujourd'hui, et le retour des vétérans fut aussi bien rude (et injuste) pour ces derniers. La seule variante semble être que le vétéran est passé du statut de bourreau à celui de victime

C'est un mensonge historique que de prétendre que les vétérans du Vietnam ont été traités comme des bourreaux. Il se colporte tout un tas de légendes et de mythes à ce sujet, sur les horribles et abominables anti-guerre (bouh les affreux hippies, pacifistes bêlants) qui soit-disant leur crachaient à la gueule.

En réalité, tout ça c'est des foutaises. Les activistes anti-guerre qui accueillaient les soldats de retour n'étaient ni insultants ni aggressifs, ils cherchaient au contraire à recueillir le soutien des vétérans revenus et, bien souvent, obtenir leur retour était la raison première de leur activisme, car les soldats envoyés pour se battre au Vietnam étaient leurs frères, leurs fils, leurs amis...

Par contre, effectivement, ceux qui se sont ralliés aux mouvement anti-guerre se sont fait crachés dessus, au sens figuré au moins, par les lobbies qui ont ensuite répandu le mythe du vétéran mal-accueilli. Ce sont aussi les même lobbies qui ont créé un autre mythe, celui des milliers de prisonniers de guerre toujours au Vietnam, commémoré par un drapeau que chaque bâtiment administratif aux USA doit hisser certains jours de l'année...

Ces impostures historiques ont surtout servi à défendre le complexe militaro-industriel et à justifier la prolongation d'une guerre sans condition de victoire.

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Le 29/08/2019 à 19:03, Kelkin a dit :

C'est un mensonge historique que de prétendre que les vétérans du Vietnam ont été traités comme des bourreaux. Il se colporte tout un tas de légendes et de mythes à ce sujet, sur les horribles et abominables anti-guerre (bouh les affreux hippies, pacifistes bêlants) qui soit-disant leur crachaient à la gueule.

Les témoignages des vétérans du VVAW (mouvement anti-guerre composé de vétérans du Vietnam) ont pourtant bien affirmé que leur retour au pays fut horrible, les insultes à leur encontre étaient courant. John Kerry (lui aussi vétéran du Vietnam) qui était membre actif du mouvement témoigne* aussi du mauvais accueil fait à ces vétérans à leur retour, alors que Kerry est pourtant un fils d'une famille de classe aisée. Pour avoir une idée plus visible, je vous renvoie à l'exemple de Jane Fonda qui accusa les prisonniers américains (cela sans distinctions) d'être des criminels de guerre, et qu'ils méritaient de mourir.

Pour les mouvements anti-guerre il y avait certes la famille et les mouvement pacifiste lors des première phases du conflit, mais une fois ou l'administration américaine commença a utiliser des appelés le mouvement changeait totalement de forme en plus radical et agressif. (Un militant pacifiste parle même de mouvement d'égoïsme) Ou les gouvernements successif n'ont pas eux besoin de faire grand chose pour les rendre antipathique, entre manifestation violente, émeutes et acte terroriste dans les centres de recrutements ces mouvements ce décrédibilisés tous seuls. 

* A voir sa touchant allocution durant la Commission des Affaires Etrangères du Sénat sur le Vietnam (connu aussi sous le nom "Fulbright Hearings"), ou lui ne fait absolument pas ombrage des crimes de soldats américains.

Edited by Rochambeau
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Il y a 5 heures, Rochambeau a dit :

Les témoignages des vétérans du VVAW (mouvement anti-guerre composé de vétérans du Vietnam) ont pourtant bien affirmé que leur retour au pays fut horrible, les insultes à leur encontre étaient courant. John Kerry (lui aussi vétéran du Vietnam) qui était membre actif du mouvement témoigne* aussi du mauvais accueil fait à ces vétérans à leur retour, alors que Kerry est pourtant un fils du famille de classe aisée. Pour avoir une idée plus visible, je vous renvoie à l'exemple de Jane Fonda qui accusa les prisonniers américains (cela sans distinctions) d'être des criminels de guerre, et qu'ils méritaient de mourir.

Pour les mouvements anti-guerre il y avait certes la famille et les mouvement pacifiste lors des première phases du conflit, mais une fois ou l'administration américaine commença a utiliser des appelés le mouvement changeait totalement de forme en plus radical et agressif. (Un militant pacifiste parle même de mouvement d'égoïsme) Ou les gouvernements successif n'ont pas eux besoin de faire grand chose pour les rendre antipathique, entre manifestation violente, émeutes et acte terroriste dans les centres de recrutements ces mouvements ce décrédibilisés tous seuls. 

* A voir sa touchant allocution durant la Commission des Affaires Etrangères du Sénat sur le Vietnam (connu aussi sous le nom "Fulbright Hearings"), ou lui ne fait absolument pas ombrage des crimes de soldats américains.

Tout ceci montre surtout que comme dab les généralisations font rage en fonction du message politique que l'on souhaite faire passer. Il y a forcément des situations différentes en fonction des lieux, des personnes et des moments. 

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31 août 2019. Greta Thunberg "presque seule" à la manifestation "Fridays for Future" à New York devant le siège de l'ONU. "100 à 150" jeunes manifestants étaient présents. Aucune comparaison n'est possbile avec l'Europe où chaque vendredi des milliers de jeunes manifestent.

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https://en.wikipedia.org/wiki/Business_Roundtable

Le 19 août 2019, la Business Roundtable a publié une nouvelle "Déclaration sur l'objet d'une société". Signé par près de 200 directeurs généraux dont Jeffrey Bezos d'Amazon, Tim Cook d'Apple, Mary Barra de General Motors et Safra Catz d'Oracle, le groupe cherche à " s'éloigner de la primauté des actionnaires ", un concept qui existait dans les principes du groupe depuis 1997, et à " inclure un engagement envers toutes ses parties prenantes ". Il note que "les entreprises jouent un rôle vital dans l'économie" en raison des emplois, de la promotion de l'innovation et de la fourniture de services essentiels. Mais elle place les intérêts des actionnaires au même niveau que ceux des clients, des employés, des fournisseurs et des communautés. "Chacune de nos parties prenantes est essentielle ", dit l'énoncé. "Nous nous engageons à leur apporter une valeur ajoutée, pour le succès futur de nos entreprises, de nos communautés et de notre pays."

Cela a été commenté dans la presse économique comme étant un tournant post-néolibéral. Je ne suis pas sûr toutefois que beaucoup de gens aient relevé le "notre pays", qui semble indiquer un tournant nationaliste.

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Le 01/09/2019 à 00:37, Tancrède a dit :

J'ai surtout l'impression que cela relève d'un habillage altruiste d'une réalité purement corpo-politicienne: le groupe en question est un groupe exclusivement composé de CEOs, cad en langage clair, de "chefs de l'exécutif" de grandes sociétés, par opposition aux actionnaires qui, directement ou par des représentants, sont le pouvoir législatif et les "citoyens" ou élus des "citoyens"/propriétaires. C'est un coup d'échec pour que les dits CEOs essaient de s'arroger plus de prérogatives dans le mix au nom de "valeurs" et entités plus abstraites. Non qu'elles soient nécessairement abstraites en soi (la nation, "l'intérêt général", la main d'oeuvre, les communautés d'implantation....), mais dans le sens où elles ne peuvent réellement avoir une représentation efficace, légitime ou qui "pèse" dans le processus de décision. En l'état de telles déclarations, ce serait le dit PDG qui déterminerait la politique en ce sens, soit un "power grab" aux dépends du conseil d'administration, un peu plus vers l'idée d'un patron-monarque tenu par des "obligations" (que, pour l'essentiel, lui seul détermine avec des apparences de consultation avec des entités extérieures... A grands coups de com) qui lui donnent plus de marge de manoeuvre par rapport aux actionnaires. Il est possible que certains d'entre eux croient à ce soudain besoin "d'altruisme" et de "valeur ajoutée sociale" de l'entreprise, mais outre le fait que cela implique plus nécessairement un processus sans doute plus autoritaire dans la boîte (et plus de budgets et activités discrétionnaires), on est plus en face de patrons qui sont en train de devenir de vrais petits seigneurs féodaux. Déjà que nos patrons du CAC ont en général plus de pouvoir dans leur boîte que les patrons US, et que les tentatives de plus de gouvernance partagée/transparente ne sont jamais allées nulle part, on voit la tendance générale dans la mentalité de ces gens. 

C'est juste le Game of Thrones corporate: faut pas se fier à ce que dit la bande annonce. Aucun d'entre eux n'a la fibre humanitaire ou citoyenne dès qu'il s'agit de leur ambition et de leur "bottomline". Les requins ne se mettent pas soudainement au tofu. 

 

N'est-ce pas là aussi le retour d'un balancier ayant outrageusement profité à des structures d'actionnariat des années 80 à aujourd'hui, notamment en empêchant les entreprises d'adopter toute forme de politique à long terme, de réinvestissement, de capitalisation interne et de croissance un minimum saine et à favoriser des appels de marge systématique ?

Au fond la puissance relative des CEO et des conseils d'administration (souvent pléthoriques, on se souviendra de Kodak*, d'IBM et de General Electric pour ne citer que ces entreprises) était la norme du siècle dernier plus que l'exception avec tous les excès que cela pouvait avoir. La question est de savoir si ces excès étaient plus néfastes que ceux qui se sont développés ces quarante dernières années. Compte tenu de la destruction des tissus industriels en Occident à cette même époque et en partie à cause de cela, une réponse tranchée me paraît difficile.

S'agissant des patrons du CAC 40, le problème ne résiderait-il pas plutôt dans la mollesse de l'actionnariat et ce d'autant plus que, contrairement aux USA, celui-ci n'est que minoritairement constitué de fonds d'investissement mais bien de l'Etat, qui pour le coup ne semble pas avoir de stratégie actionnariale ?

 

*Kodak qui ne savait plus vraiment ce qu'elle inventait, y compris l'appareil photo numérique. Pareil pour IBM d'ailleurs.

Edited by Chronos

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33 minutes ago, Chronos said:

 

N'est-ce pas là aussi le retour d'un balancier ayant outrageusement profité à des structures d'actionnariat des années 80 à aujourd'hui, notamment en empêchant les entreprises d'adopter toute forme de politique à long terme, de réinvestissement, de capitalisation interne et de croissance un minimum saine et à favoriser des appels de marge systématique ?

Au fond la puissance relative des CEO et des conseils d'administration (souvent pléthoriques, on se souviendra de Kodak*, d'IBM et de General Electric pour ne citer que ces entreprises) était la norme du siècle dernier plus que l'exception avec tous les excès que cela pouvait avoir. La question est de savoir si ces excès étaient plus néfastes que ceux qui se sont développés ces quarante dernières années. Compte tenu de la destruction des tissus industriels en Occident à cette même époque et en partie à cause de cela, une réponse tranchée me paraît difficile.

S'agissant des patrons du CAC 40, le problème ne résiderait-il pas plutôt dans la mollesse de l'actionnariat et ce d'autant plus que, contrairement aux USA, celui-ci n'est que minoritairement constitué de fonds d'investissement mais bien de l'Etat, qui pour le coup ne semble pas avoir de stratégie actionnariale ?

 

*Kodak qui ne savait plus vraiment ce qu'elle inventait, y compris l'appareil photo numérique. Pareil pour IBM d'ailleurs.

Quoiqu'il arrive, la gouvernance d'une grande structure et la vision conflictuelle des intérêts qui s'y retrouvent est la norme: il est rare qu'il y ait un "PDG visionnaire" qui peut mener avec succès une politique de longue haleine, avec le plein soutien du CA ou un CA qui se fait tirer l'oreille. Cela n'arrive qu'avec des fondateurs exceptionnels et/ou particulièrement habiles et obstinés (cf le pré-mentionné Bezos, qui n'a pas fait de bénef avec Amazon pendant quoi? 10? 15 ans? Avant que la sauce prenne pleinement), et l'occasionnel personnage providentiel, ou celui qui arrive quand un faisceau de circonstances exceptionnellement favorables se réunit au bon moment. Pour le reste, il y a de la gestion moyenne, avec des variations en bien et en mal. Il y a certes un tas de mauvaises incitations construites dans le système: résultats de très court terme qui prennent le dessus, souvent parce que la moyenne de durée en poste d'un PDG est elle-même plutôt basse (quelque chose comme 4-5 ans dans les grandes boîtes il me semble), ce qui les attache peu à l'entreprise et incite à une mentalité "après moi le déluge", soit un mercenariat corporate focalisé sur le résultat annuel, voire semestriel, et de faux objectifs à 4-5 ans, avec souvent la plus grande complicité des "movers and shakers" du CA qui sont au final du même vivier, et font le même genre de carrière (tout le monde se renvoyant l'ascenseur sur ce plan: les tirages dans les pattes et poignards dans le dos, c'est juste le quotidien). On a aussi une trop grande centralisation des marchés financiers qui favorisent trop d'homogénéité de mentalités, trop de concentration du pouvoir d'allocation des ressources, avec une part trop grande réservée à ce qu'on appelait jadis la spéculation. Et il y a enfin un problème (issu de ce milieu d'entente) de réglementation et d'application des lois, qui, au fil du temps, a formé un cadre incitant par trop à la triche, à l'exemption, à la déresponsabilisation des décideurs, et à l'absence de transparence. 

Mais je ne vois pas en quoi les propositions de ce groupe aideraient beaucoup: j'y vois plus un "power grab" par une bande d'ambitieux jouant leur jeu habituel de pouvoir, qui a bien peu de chances d'établir une gouvernance plus vertueuse ou respectueuse des actionnaires tout en permettant des "visions de long terme" (notamment parce que les visionnaires ne sont pas légions). Qu'on agisse d'abord sur les "incentives" des dirigeants, qu'on ne leur accorde pas aussi facilement des rems pharaoniques comme si elles leur étaient dues de droit divin (et attribuées entre gens du même monde), qu'on les force à lier leur fortune à celle des boîtes dont ils prennent le contrôle (et pas sous forme de stock-ops), et qu'on s'outille pour appliquer plus sérieusement les lois et certains principes de base. Et j'aime surtout pas l'idée de patrons-seigneurs pouvant jouer un rôle plus hybride encore entre business et politique, se taillant des images de grands mécènes (avec le fric des autres) et de vastes clientèles sociales/politiques ce faisant. Même sur le simple plan de l'actionnariat, j'imagine que des épargnants et investisseurs seraient pas super joasses à l'idée de voir leurs économies et espoirs servir l'ambition, le délire idéologique ou égomaniaque, ou encore le jeu politique, d'un patron moins contrôlé, qu'il se la pète humanitaire ou joue un jeu cynique avec. Parce qu'à ce niveau, décider de l'allocation des ressources d'une boîte a plus de chances de servir la personne à sa tête qu'autre chose. Et une chose dont je suis sûr, et qui serait un bon indicateur de la réalité d'un tel patron à vision focalisé aussi sur l'utilité sociale de "l'entreprise citoyenne", c'est qu'il ne paiera pas mieux ses employés, surtout vers le bas de l'échelle, et n'améliorera pas le sort des travailleurs de pays à bas coût; ce serait pourtant la vraie utilité sociale d'un tel décideur "reformaté": une entreprise acceptant un plancher sur ce qu'elle peut contraindre dans son processus de production, acceptant pour ce faire un certain plafond sur la rapacité de ceux qui exigent des retours. Hors de ça, ce qu'on verrait en réalité, ce sont de constantes photo-ops autour du dit patron en train d'investir avec munificience dans des projets qui plaisent aux médias (et au secteur de la com' en général, grassement alimenté par ces processus), et qui ont aussi.... Une valeur de court terme (c'est ce qui paie le mieux en matière de com: les vrais trucs utiles sont peu télégéniques). 

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Le 27/08/2019 à 06:20, Snapcoke a dit :

Moi je pense surtout Tancrède, que tu devrais être président...

...

Si tu veux pouvoir capter son attention, propose lui plutôt un poste de proconsul dans une province romaine ou de légat d'une légion.

Go !

Edited by Shorr kan
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Il y a 2 heures, Wallaby a dit :

Steve Jobs n'a jamais laissé ses enfants toucher à un iPad, parce qu'il considère que les écrans sont trop addictifs. Version sous-titrée en français : https://www.businessinsider.fr/video-steve-jobs-enfants-ipad

Du Steve Jobs tout craché, il a bien mérité son statut de plus grand héros de tout les temps dans les écoles de commerce.

Et pendant ce temps là, de l'autre coté de l'atlantique, un  certain Hollande F. estimait lui qu'il était pertinent d'endetter encore un peu plus le conseil général de Corrèze (le plus endetté de France) afin d'offrir un ipad a chaque élève de 6ème :rolleyes:

 

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