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Il y a 9 heures, Boule75 a dit :

Autre vidéo assez déstabilisante vue  aujourd'hui : la fête trumpienne organisée au même moment où l'on voit Trump en train de regarder longuement l'assaut (ou sa préparation immédiate), en compagnie de sa fille, et Eric Trump qui filme, fait le beau, et harangue la foule en diffusant en direct, le tout sur fond de musique festive (avec quelques dizaines d'invités).
Il faut faire attention aux heures je crois, car j'ai lu (j'sais plus où) que cette séquence intervient avant les véritables violences. Mais c'est... bizarre.

Le quotidien el pais montre des Trumpiens massés devant la Maison Blanche, qui vont ensuite, à l'appel de Trump, marcher sur le Capitole : l'enchaînement de la séquence pose problème...:dry:

capitolio-movil2.jpg?v=8203

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Il y a 11 heures, rendbo a dit :

Une tribune parue dans le Figaro sur la liberté d'expression et le risque majeur de celui qui doit modérer sans garde fou et/ou en fonction de ses critères personnels. Assez intéressant, et sur le fond il y a peu à contester je pense. De plus l'argument économique et la portée politique du geste sont souvent occultés par le plaisir de ne plus avoir à supporter cet affichage de populisme, d'inculture et de grossièreté...

La grossièreté, c'est largement un critère objectif, c'est généralement facile à jauger et à sanctionner. Populisme (si on parle de "qui s'intéresse au peuple"), inculture sont des mauvaises raisons de censurer, ça ne qualifie pas une volonté maligne : pas de raison de censurer.
La mauvaise foi et la malhonnêteté par contre, ça use.

Mais surtout, l'idée qu'il soit anormal que les Twitter, Facebook et autres ne puisse pas décider de ce qu'ils veulent concourir à diffuser est totalement alambiquée. L'origine de la non-censure c'est 1) un concept politique US (premier amendement, exportation de la liberté, tout ça) et 2) un besoin technico-opérationnel qui consiste à ne pas avoir à mobiliser trop de monde pour la modération tout en attirant plein de clients : la "liberté d'expression" sur ces supports est largement un corollaire de leur modèle économique.
Pour autant, ils restent "maîtres chez eux", leurs infrastructures sont privées, et ils n'ont jamais prétendu l'inverse.

Donc, par rapport à ça... :

"Cela veut dire qu’on donne à cette entreprise un pouvoir exorbitant sur ce qu’on a le droit de dire et de ne pas dire, et qu’on lui donne la possibilité d’influencer de manière considérable l’opinion publique, les campagnes électorales, les choix politiques, etc."

... la partie importante de la phrase est graissée : oui, on donne du pouvoir à ces entreprises, par nos usages, parce qu'elles proposent effectivement des services impressionnants "gratuits", parce qu'elles font "le buzz".
Si on veut leur retirer ou encadrer ce pouvoir, il faut :

  • investir collectivement pour bâtir un "service public de l'expression publique sur Internet pour les français",
  • ou le concéder à des acteurs avec contraintes et rémunération d'une manière ou d'une autre,
  • ou parvenir à une auto-régulation effective de ces acteurs (éventuellement hybride, un mix entre modération privée de première instance et "modération" par la Jusitce d'état en appel, que sais-je),
  • ou se contenter d'imposer des contraintes réglementaires (localisation des données, impératifs de réponse à la justice...) au-delà d'une certaine part de marché pour les acteurs des réseaux sociaux, charge à eux de se débrouiller avec les coûts induits,

ou sinon lâcher l'affaire et décider que c'est la jungle une fois pour toute.

 

Citation

Cela me fait penser au webinar auquel je me suis inscrit pour le mois prochain qui doit nous proposer une réflexion sur les espaces de libertés et d'expressions qui se réduisent et qui n'existent qu'en l'état ou l'état nous le permet. 

Ca me paraît douteux de plusieurs manières :

  • d'une part ton fournisseur d'accès, par exemple, peut te pourrir la vie numérique ; ton fournisseur de terminal (téléphone ou PC) idem. Bref, l'idée de l'état qui peut tout, c'est daté, mais daté... :sad:
  • d'autre part les états ont justement bien du mal à réguler tout ça. Ceux qui le font effectivement, la Chine au premier chef, y consacrent des moyens techniques et humains considérables pour une efficacité pas totale ; on en est trèèèès loin chez nous, surtout qu'ici il faudrait rajouter toute la couche légale qui n'intéresse pas Xi.
Edited by Boule75
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il y a une heure, hadriel a dit :

Personne n'a censuré Trump. La censure ça interdit la diffusion quelle que soit ça forme [...]

Pour moi, on est clairement sur de la censure, dans le sens où une organisation profite de son pouvoir pour limiter la parole d'un individu sur son domaine médiatique. La censure n'implique pas forcément une interdiction pure et simple. Ce peut-être une limitation : restriction du public pouvant avoir accès au contenu, restriction en termes de canaux de diffusion, etc. Un Professeur en Droit, Tim Wu, parle également de censure inversée (reverse censorship) pour évoquer toutes ces méthodes visant à inonder l'espace médiatique d'informations et trolls et ainsi priver l'accès à un autre message/contenu https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/06/is-the-first-amendment-obsolete/563762/. Ce que Boule75 a pu écrire ici sur les algorithmes fait d'une certaine manière pas mal écho à cela.

Sur le fond, peut-être était il d'ailleurs plus sage de brider Donald Trump. Peut-être un organisme de contrôle public, indépendant de la Maison Blanche, aurait pu décider de censurer Donald Trump sur les réseaux sociaux au regard des risques que celui-ci pouvait faire courir pour la démocratie en cette période de passation de pouvoir. Mais j'avoue dérangeant dans mon esprit de voir une organisation privée prendre un tel pouvoir sur l'arène politique et médiatique. 

Par ailleurs, on s'interroge beaucoup dans certains pays sur la ligne à géométrie variable des Twitter et Facebook https://eurasiantimes.com/to-hell-with-free-speech-how-big-social-media-firms-have-silenced-donald-trump-but-are-simply-ignoring-indian-hardliners. Bref, quand il est question d'enjeu démocratique aux USA, il semble être du devoir de Twitter et Facebook de policer la situation. Mais ils s'avèrent moins regardants sur les messages extrêmes et potentiellement déstabilisants par ailleurs.

Edited by Skw
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Pour rappel, si Internet est un espace public et la liberté d'expression y est absolue (voire même plus qu'absolue vu qu'il y est difficile de poursuivre les infractions aux limites usuelles de liberté d'expression (négationnisme par exemple)), les sites internets sont des espaces privés. Il s'agit d'un espace payé et maintenu par quelqu'un qui décide en conséquence de ce qui s'y trouve.

Par ailleurs, on ne peut forcer quelqu'un à publier quelque chose. Si empêcher quelqu'un de publier quelque chose est effectivement de la censure, l'inverse est de l'expression forcée ce qui n'est pas plus légal.

Chaque publicateur a ses propres règles et est libre de publier ou de refuser de publier ce qu'il désire.

 

Twitter refusant d'héberger les élucubrations du Président est tout à fait normal et légitime. Le Président peut si il le veut choisir une autre plateforme plus permissive pour publier ou créer sa propre plateforme, soit via son propre site, soit via son propre nœud d'un réseau décentraliser (Mastodon par exemple).

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Une contribution intéressante de Laurent Chemla (cofondateur de Gandi, membre de la quadrature du Net) sur la question des grandes plateformes:

https://blogs.mediapart.fr/laurent-chemla/blog/100121/la-chute-2

Citation

Il y a plus de 20 ans, j'avais plutôt proposé qu'en plus du statut de l'hébergeur, on crée un statut de "fournisseur de liberté d'expression" (que les plus hautes cours européennes ont acté depuis longtemps d'ailleurs) pour les plateformes qui fournissent au grand-public les moyens de s'exprimer. Dans mon idée, un tel statut impliquait une totale immunité pénale quant aux contenus hébergés en échange du respect - total lui aussi - de la liberté d'expression, chaque contenu censuré ou masqué (même pour "non respect des CGU") devant faire l'objet d'une déclaration à un parquet spécialisé (encore une fois) chargé de dire le droit (donc soit d'obliger la plateforme à remettre en ligne les contenus sous peine d'amende, soit de poursuivre l'auteur d'un délit ainsi masqué).

Il se pose par contre le problème de la législation nationale applicable: internet n'ayant pas de frontière (en Occident du moins), comment forcer un site américains à appliquer une loi française ou européenne?

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Pour moi la fermeture totale,  c'est clairement de la censure. Hypocrite qui plus est : ces réseaux sociaux se sont littéralement gavés financièrement sur le phénomène médiatique Trump.

Jamais autant d'argent n'a été investi que dans ces dernières élections, et ces réseaux en ont largement profités. De plus, Le Trumpiste est aussi quelque part l'"enfant" de ces réseaux sociaux.

Après ils lâchent Trump car il ne sera plus président dans 10 jours, ils se pourraient même qu'il y ait des pressions venant du camp des vainqueurs pour essayer de faire "taire définitivement" Trump.

A rapprocher de la procédure de destitution à venir, qui n'a que pour but de rendre Trump inéligible pour 2024.

Intéressant de voir, ce que les sénateurs républicains vont choisir comme stratégie : écarter Trump de leur primaire de 2023 , ou bien choisir le statu quo. 2 choix perdants de toutes façons.

Triste approche que celle de Démocrates,  elle me donne l'impression de fuir le débat ( renoncer à convaincre une partie importante de la population), en bâillonnant l'opposition et en rendant inéligible leur tête de proue,

ce n'est pas vraiment glorieux pour une grande démocratie. Promis, juste une petite entorse aux principes car on est incapable de gérer le phénomène Trump.

Mais c'est une erreur;  Trump n'est pas une cause, c'est une conséquence .  Bref ça doit bien rigoler chez pas mal de "régimes méchants de la planète". 

Pour finir, je ne serais pas surpris de voir la famille Trump lancer son propre réseau social , un bon moyen de préparer 2024 (avec ou sans papa) et aussi de faire du business   :blush:

 

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https://www.franceculture.fr/emissions/lesprit-public/le-monde-parallele-de-donald-trump-covid-vaccin-une-question-de-logistique (10 janvier 2021)

36:33 Brice Couturier : Ce type [Donald Trump], quoi qu'on pense de lui, vient d'obtenir 74 millions de voix aux États-Unis dans une élection. Je trouve extravagant personnellement qu'un président en exercice -parce qu'il l'est encore pour dix jours - soit débranché par des acteurs privés. Il est vraiment temps de mettre fin à ces oligopoles, de les mettre sous contrôle. On ne peut pas tolérer que les geeks californiens décident de ce qui est dicible et de ce qui ne l'est pas.  Ça ne les regarde pas. Ou bien ils deviennent des médias orientés politiquement, comme les autres : quand on achète Le Figaro on sait que c'est de droite, quand on achète Libération on sait que c'est de gauche. Je suis désolé, quand on poste des choses sur Twitter ou sur Facebook on ne sait pas si c'est de droite ou de gauche. C'est nos avis, c'est nos principes, c'est nos affirmations à nous. Que ces geeks californiens décident dorénavant de qui a le droit de parler et qui n'a pas le droit, c'est entrer dans un processus extrêmement inquiétant de privatisation de l'espace public, et de censure généralisée.

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Dans ce cas, aucun problème : on supprime la censure. C'est bien ce qui est demandé ?

Ou alors, on refonde une sorte d'ORTF mais pour le numérique, avec contrôle strict.

Bizarrement, je ne suis pas certain que Couturier, Ruffin et les autres valident ces deux hypothèses.

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il y a 2 minutes, Ciders a dit :

Dans ce cas, aucun problème : on supprime la censure. C'est bien ce qui est demandé ?

Non, on la retire des mains privées et on la confie uniquement aux juges qui jugent suivant les procédures habituelles : existence d'une loi votée démocratiquement et droit de l'accusé à se défendre. Charge de la preuve qui incombe à l'accusation, présomption d'innocence, etc...

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il y a une heure, Deconfine82 a dit :

Triste approche que celle de Démocrates,  elle me donne l'impression de fuir le débat ( renoncer à convaincre une partie importante de la population), en bâillonnant l'opposition et en rendant inéligible leur tête de proue,

ce n'est pas vraiment glorieux pour une grande démocratie. Promis, juste une petite entorse aux principes car on est incapable de gérer le phénomène Trump.

Mais c'est une erreur;  Trump n'est pas une cause, c'est une conséquence .  Bref ça doit bien rigoler chez pas mal de "régimes méchants de la planète".

 

effectivement, de notre point de vue de citoyen de démocratie libérale , c'est un débat sur des grands principes qui impact peu nos vie, pour tout les autres cette décision est catastrophique.

Edited by kmltt

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il y a 8 minutes, Ciders a dit :

Dans ce cas, aucun problème : on supprime la censure. C'est bien ce qui est demandé ?

Ou alors, on refonde une sorte d'ORTF mais pour le numérique, avec contrôle strict.

Bizarrement, je ne suis pas certain que Couturier, Ruffin et les autres valident ces deux hypothèses.

oui il faut lutter contre la censure et il faudrait mettre en place une modération cogérée et étagée sur des bases juridiques partagées autre qu'une charte d'utilisation à l'application à géométrie trop variable et

sans possibilité d'appel . Où alors si elles veulent rester privées, ces plateformes doivent renoncer à être des espaces publics politiques et en bannir tout contenu politique.

Sans parler de mettre un juge derrière chaque message signalé, il faudrait bien un cadre juridique pour déterminer ce qui rendre dans la modération quotidienne (de la plateforme), et ce qui demande un avis juridique compétant, avec potentiellement plusieurs niveaux d'instances.

Sinon, on peut parfaitement imaginer que ces plateformes emploient la modération pour défendre leur propre intérêt, et faire taire les critiques, et la concurrence . 

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il y a une heure, Skw a dit :

Pour moi, on est clairement sur de la censure, dans le sens où une organisation profite de son pouvoir pour limiter la parole d'un individu sur son domaine médiatique.

Oui, mais en quoi est-ce illégitime ou original ? Encore une fois, aucun journal, en France, n'est tenu de publier ce qui le rebute !

Tu me diras oui mais ce ne sont pas des journaux qui ont une activité éditoriale en propre, ce sont des supports de diffusion de contenus fournis par des tiers. Soit ! L'analogie, dans ce cas, qui me semble la plus proche, est celle des services de publicité, de ceux qui vendent de l'affichage par exemple, ou des journaux eux-même. Eh bien ils ont toute latitude pour refuser telle ou telle campagne qui leur déplaît ou dont le contenu leur semble contraire à la loi. Si, à Paris, la régie du métro et Decaux refusent de placarder des affiches qui appellent au meurtre ou contestent le résultat d'une élection non-douteuse, ça gênerait quelqu'un ?

Le fond de l'affaire, c'est notre hyper-dépendance désormais à quelques très grosses boîtes, étrangères qui plus est.

il y a 18 minutes, hadriel a dit :

Il se pose par contre le problème de la législation nationale applicable: internet n'ayant pas de frontière (en Occident du moins), comment forcer un site américains à appliquer une loi française ou européenne?

On est quand même capables de les pourrir sauvagement, de rendre illégale les paiements qui leurs seraient destinés, etc... Ca va faire bobo au business model.

il y a 8 minutes, Deconfine82 a dit :

Mais c'est une erreur;  Trump n'est pas une cause, c'est une conséquence .  Bref ça doit bien rigoler chez pas mal de "régimes méchants de la planète". 

Oui bien sûr.

il y a 8 minutes, Deconfine82 a dit :

Pour finir, je ne serais pas surpris de voir la famille Trump lancer son propre réseau social , un bon moyen de préparer 2024 (avec ou sans papa) et aussi de faire du business   :blush:

Je doute qu'il en ait les moyens. Peut être ses partisans vont-ils devoir se rabattre sur WeChat ou Telegram. Je vois venir d'ici la rhétorique sur "l'utilisation des armes de l'ennemi" pour justifier l'usage d'un truc qui passe par la Chine. Comme les QAnon & Co. sont décérébrés, ça devrait passer.
Sinon il y a apparemment une autre appli (Parler) qu'ils pensaient utiliser comme moyen de repli : le combo Google + Apple a décidé de rendre ça plus compliqué...

Au final ça fleure bon la division profonde du pays, numérique aussi : l'affaire Dreyfus des réseaux sociaux.

il y a 16 minutes, Wallaby a dit :

Non, on la retire des mains privées et on la confie uniquement aux juges qui jugent suivant les procédures habituelles : existence d'une loi votée démocratiquement et droit de l'accusé à se défendre. Charge de la preuve qui incombe à l'accusation, présomption d'innocence, etc...

Pourquoi pas mais il va falloir travailler longtemps, revenir en arrière sur l'anonymat total, prévoir des procédures robustes et très rapides, etc... Ca va coûter cher ! Je doute que le modèle économique de ceux qui s'y conformerait survive intact. Il y a de bons gros risques de régression quand même.

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il y a 16 minutes, Wallaby a dit :

Non, on la retire des mains privées et on la confie uniquement aux juges qui jugent suivant les procédures habituelles : existence d'une loi votée démocratiquement et droit de l'accusé à se défendre. Charge de la preuve qui incombe à l'accusation, présomption d'innocence, etc...

Moi j'appelle ça une usine à gaz qui ne fonctionnera même pas sur le papier. Et je ne parle pas de la justice française tragiquement sans moyens. Aucune justice même richement dotée ne parviendrait à contrôler tous les flux. Même en dotant Pharos de 10 000 fonctionnaires, on n'y arriverait pas.

à l’instant, Boule75 a dit :

Pourquoi pas mais il va falloir travailler longtemps, revenir en arrière sur l'anonymat total, prévoir des procédures robustes et très rapides, etc... Ca va coûter cher ! Je doute que le modèle économique de ceux qui s'y conformerait survive intact. Il y a de bons gros risques de régression quand même.

Si on touche à l'anonymat, on touche aux libertés fondamentales. Même pas en rêve.

Pour le reste, aucun modèle économique n'y parviendrait. Et accessoirement... laisser à l’État le monopole de la gestion des réseaux en se basant sur le principe que le privé le fait mal cache mal le fait qu'un Etat peut faire aussi mal sinon pire que les dites entreprises privées.

Il faut trouver un équilibre viable.

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il y a une heure, mehari a dit :

Pour rappel, si Internet est un espace public et la liberté d'expression y est absolue (voire même plus qu'absolue vu qu'il y est difficile de poursuivre les infractions aux limites usuelles de liberté d'expression (négationnisme par exemple)), les sites internets sont des espaces privés. Il s'agit d'un espace payé et maintenu par quelqu'un qui décide en conséquence de ce qui s'y trouve. [...]

Cela ne veut pas dire que la manière d'appréhender ces sites/sociétés ne peut évoluer. A titre de comparaison, on a un nombre croissant de juristes et politistes américains qui considèrent que les Homeowner Associations (des copropriétés, de trois statuts distincts, mais pour certaines d'entre elles bien plus puissantes/structurantes que celles que l'on peut trouver en Europe et notamment en France) doivent être considérées comme des gouvernements locaux privés et donc soumises au respect du Bill of Rights, visant à protéger notamment les individus face aux autorités gouvernementales des différents échelons. Comment en sont-ils venus à cette conclusion ? Parce qu'ils estiment que ces organes de gestion des copropriétés, bien que privés, ont dans les faits plus de moyens que les municipalités publiques (notamment bien plus de moyens financiers), la plupart voire même l'intégralité des compétences d'une municipalité (réception d’écots pouvant s’assimiler à un impôt, production de règlements pouvant être très intrusifs dans la vie des individus, délivrance d'amende pour non respect du règlement, présence parfois de milices privées pour assurer la sécurité et le respect du règlement), une influence désormais majeure sur la gouvernance de nombreuses aires urbaines, et bien plus de latitude légale (en partant du principe que les propriétaires ont signé une clause attachée à l'acte lors de l'acquisition du bien, cela donnant force contractuel).* Sauf que l'idée qu'il y ait un réel choix pour les acquéreurs de biens immobiliers est en fait largement contestée, sachant que l'extrême majorité des biens construits ces 2 dernières décennies sur certains états et certaines agglomérations sont en fait régis par des Homeowner Associations. Autrement dit, cela remet en question l'argument des libertariens, voyant dans ces associations de copropriétaires des alternatives idéales aux autorités municipales puisque reposant sur un contrat choisi plutôt qu'un hypothétique contrat social. Tout cela pour dire que le droit et la manière d'appréhender juridiquement certains dispositifs/organisations/acteurs ne sont pas immuables. Je pense que l'on imaginait difficilement, même du côté de leurs fondateurs, le rôle et le poids des réseaux sociaux il y a seulement une dizaine d'années. 

* Lire par exemple sur l'essor et l'influence prise par ces HOA dans la gouvernance des espaces résidentiels américains : https://books.google.fr/books?id=oTtRG7jBB9kC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false (désolé, l'ouvrage n'est pas disponible en intégralité)

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il y a 10 minutes, Ciders a dit :

Si on touche à l'anonymat, on touche aux libertés fondamentales.

Non, pas forcément :

  • d'une part parce que l'anonymat n'est répandu que sur Internet, et qu'on a fait sans anonymat pendant des siècles
  • d'autre part parce qu'il est loisible d'imaginer un système qui préserve l'anonymat dans le cas général et permette de le lever sur décision d'un juge (ou d'une instance ad hoc en tout cas). On peut même imaginer des levées partielles (identité non-révélée, mais paiement d'amende, etc...).
    J'avais pondu un truc ici. Là précisément :

 

 

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Peut on considérer ça comme un échec du renseignement intérieur ? https://www.lci.fr/international/capitole-envahi-a-washington-l-invasion-avait-ete-planifiee-en-ligne-depuis-plusieurs-semaines-2174885.html

Peut-être une forme d'aveuglement, en mode "ils en parlent, mais non, non, ils n'oseront pas".

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il y a 3 minutes, mehari a dit :

Et de nouveau, je rappelle qu'on ne peut pas forcer à publier.

Pourquoi pas ? On peut forcer à distribuer le courrier. On peut forcer à distribuer l'électricité, etc... En général, dans le droit de la consommation, c'est le refus de vente qui est pénalisé.

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à l’instant, FATac a dit :

Peut on considérer ça comme un échec du renseignement intérieur ? https://www.lci.fr/international/capitole-envahi-a-washington-l-invasion-avait-ete-planifiee-en-ligne-depuis-plusieurs-semaines-2174885.html

Peut-être une forme d'aveuglement, en mode "ils en parlent, mais non, non, ils n'oseront pas".

Je pense. A force d'entendre les extrêmes des deux camps pérorer, il y a sans doute une sorte d'affaiblissement de la vigilance, surtout quand ça fait trois ou quatre fois que tu t'attends au pire et qu'il ne se passe rien. Et puis, tu ne t'attends sans doute pas à ce que POTUS leur donne son aval.

il y a 6 minutes, Boule75 a dit :

Non, pas forcément :

  • d'une part parce que l'anonymat n'est répandu que sur Internet, et qu'on a fait sans anonymat pendant des siècles
  • d'autre part parce qu'il est loisible d'imaginer un système qui préserve l'anonymat dans le cas général et permette de le lever sur décision d'un juge (ou d'une instance ad hoc en tout cas). On peut même imaginer des levées partielles (identité non-révélée, mais paiement d'amende, etc...).
    J'avais pondu un truc ici. Là précisément :

 

 

Autrement dit, ce qu'on appellerait vulgairement du fliquage.

Tu vois venir les critiques justifiées et injustifiées derrière ?

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Just now, Wallaby said:

Pourquoi pas ? On peut forcer à distribuer le courrier. On peut forcer à distribuer l'électricité, etc... En général, dans le droit de la consommation, c'est le refus de vente qui est pénalisé.

Sauf que ce n'est pas la même chose. Tu ne peux pas te fournir en électricité ailleurs que chez un producteur d'électricité. Tu ne peux pas te fournir en eau ailleurs que chez un distributeur d'eau. Tu ne peux pas avoir accès à Internet ailleurs que chez un fournisseur d'accès. L'accès à ces marchés est excessivement compliqué et c'est pour ça qu'il est régulé.

La publication en revanche, et surtout sur Internet, est quelque chose de complètement différent. Il est extrêmement simple de créer son propre site ou de créer son propre serveur. C'est à la portée de qui veut bien prendre la peine d'ouvrir un livre (ou plus réalistiquement, un guide sur Internet).

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il y a 1 minute, Boule75 a dit :

 

Je doute qu'il en ait les moyens. Peut être ses partisans vont-ils devoir se rabattre sur WeChat ou Telegram. Je vois venir d'ici la rhétorique sur "l'utilisation des armes de l'ennemi" pour justifier l'usage d'un truc qui passe par la Chine. Comme les QAnon & Co. sont décérébrés, ça devrait passer.
Sinon il y a apparemment une autre appli (Parler) qu'ils pensaient utiliser comme moyen de repli : le combo Google + Apple a décidé de rendre ça plus compliqué...

Je ne parle pas de monter un concurrent au GAFA. On a oublié qu'il y avait plein de petits réseaux d'échanges sur le net au début des années 2000,

techniquement ça ne coute pas grand chose, surtout que pas mal d'utilisateurs seraient près à payer un abonnement de quelques dollars par mois (5 M d'abonnés à 3 à 5$ par mois me parait largement atteignables très rapidement ) . 

On peut donc imaginer un site avec une chaine info privé (un parti politique français l'a fait),  une appli de chat légère mobile, diffusable en dehors des plateformes Google et Apple .

ça peut s'avérer une source d'économie importante en vue de future campagne électorale, des candidats familly Trump d'avoir leur "propre réseau" de communication.

et  puis Trump a amassé des centaines de millions pour contester les résultats de la campagne,  il n'a peut être pas tout dépensé  ;) .

Non, les principaux problèmes et coûts seraient la sécurité et la lutte contre piratage, car cette structure seraient surement la cible de très "nombreuses attaques bienveillantes"  .

Peut être que certains pays, lui proposeront  d'héberger ces serveurs et de fournir l'assistance pour la sécurité  :blush:

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il y a 8 minutes, FATac a dit :

Peut on considérer ça comme un échec du renseignement intérieur ? https://www.lci.fr/international/capitole-envahi-a-washington-l-invasion-avait-ete-planifiee-en-ligne-depuis-plusieurs-semaines-2174885.html

Peut-être une forme d'aveuglement, en mode "ils en parlent, mais non, non, ils n'oseront pas".

Oui clairement. Et il va y avoir des enquêtes bien sûr, surtout si rajoutes les 2 IED qui n'ont pas explosé et le pickup chargé d'une "machine infernale" découvert depuis. A force de nommer des loyalistes à Trump à la tête des agences, qui eux-même nomment leurs sbires... C'est aussi ce qui rend si étrange l'espèce de fête trumpienne avec diffusion en direct des événements.

il y a 13 minutes, Ciders a dit :

Autrement dit, ce qu'on appellerait vulgairement du fliquage.

Pas exactement, non : mais sortir du principe de totale irresponsabilité pour les propos tenus en ligne, oui.

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à l’instant, Boule75 a dit :

Pourquoi pas mais il va falloir travailler longtemps, revenir en arrière sur l'anonymat total, prévoir des procédures robustes et très rapides, etc... Ca va coûter cher ! Je doute que le modèle économique de ceux qui s'y conformerait survive intact. Il y a de bons gros risques de régression quand même.

Bof. On a une plateforme d'interceptions téléphoniques qui nous a couté un bras, on pourrait mettre des sous dans un système qui une fois un contenu signalé, contacte l'hébergeur/réseau social, récupère l'ip, et puis contacte le FAI et récupère l'identité. Tout ça automatiquement. Le juge n'a plus qu'à voir le contenu incriminé et cliquer sur suspendre si il enfreint la législation, et éventuellement infliger une amende. Ca fait un système de comparution immédiate pour l'internet.

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il y a 6 minutes, Deconfine82 a dit :

Je ne parle pas de monter un concurrent au GAFA. On a oublié qu'il y avait plein de petits réseaux d'échanges sur le net au début des années 2000,

techniquement ça ne coute pas grand chose, surtout que pas mal d'utilisateurs seraient près à payer un abonnement de quelques dollars par mois (5 M d'abonnés à 3 à 5$ par mois me parait largement atteignables très rapidement ) . 

On peut donc imaginer un site avec une chaine info privé (un parti politique français l'a fait),  une appli de chat légère mobile, diffusable en dehors des plateformes Google et Apple .

ça peut s'avérer une source d'économie importante en vue de future campagne électorale, des candidats familly Trump d'avoir leur "propre réseau" de communication.

et  puis Trump a amassé des centaines de millions pour contester les résultats de la campagne,  il n'a peut être pas tout dépensé  ;) .

Non, les principaux problèmes et coûts seraient la sécurité et la lutte contre piratage, car cette structure seraient surement la cible de très "nombreuses attaques bienveillantes"  .

Peut être que certains pays, lui proposeront  d'héberger ces serveurs et de fournir l'assistance pour la sécurité  :blush:

Oui. Tu parles d'un extranet en fait, mais ça n'aurait aucunement le même impact médiatique de masse. Et un tel réseau ne bénéficierait peut être pas d'ailleurs du même statut d'hébergeur, statut qui immunise contre les poursuites liées au contenu. Si l'inscription est contrôlée, si des gens à travers cet outil commencent à conspirer, les proprios n'ont qu'à bien se tenir.

---

Sinon : Amazon, Apple et Google bannissent l'application Parler. L'implication d'Amazon est significative, en tant que pur hébergeur technique (et Parler va probablement avoir du mal à s'en relever vite...). Le même sort attend peut être d'autres applications : ça va renforcer à court terme l'oligopole des société sdéjà en place.

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