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Ephéméride : 14 juin 1800, bataille de Marengo.


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Ben, il ne serait pas faux d'admettre que toutes les batailles se ressemblent, car déjà il faut au minimum deux adversaires pour la faire ... :P

Pour la comparaison avec Waterloo, on peut voir un parallèle avec l'arrivée de Blücher et celui de Desaix.

Sauf que, l'intervention de Blücher était prévu avant le commencement de la bataille, que cette action n'est pas une prise d'initiative. La preuve en est que Napoléon décide de positionner une partie du corps de Erlon (celle commandé par Durutte, je crois ?) dans cette zone pour prévenir une probable apparition des prussiens, cependant celle-ci a été malmené par la charge hasardeuse (et incontrôlable) de Uxbridge.

Tandis, que Desaix avait pris la décision seul et avec un sens quasi instinctif du danger en entendant les coups de canon.  

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Sauf que, l'intervention de Blücher était prévu avant le commencement de la bataille, que cette action n'est pas une prise d'initiative. La preuve en est que Napoléon décide de positionner une partie du corps de Erlon (celle commandé par Durutte, je crois ?) dans cette zone pour prévenir une probable apparition des prussiens, cependant celle-ci a été malmené par la charge hasardeuse (et incontrôlable) de Uxbridge

Il place Lobau (général Mouton, Comte Lobau.... Le très mal nommé :lol:) sur la droite avec l'équivalent d'une petite division (autour de 5000h mais avec peu d'artillerie) au début de la bataille, quand les avant-gardes prussiennes sont spottées à la sortie des bois, soit vers 13h30. Tout au long de la bataille, Lobau va recevoir des renforts sans arrêt, et surtout la quasi intégralité de la Jeune Garde et la Vieille Garde (dont les bataillons de grenadiers n'ont jamais vu les Anglais, de même que la plupart des chasseurs, sauf après le déclenchement de la retraite), faisant culminer ce flanc droit au-delà de 20 000h, peut-être un peu en-dessous de 30 000, soit près de la moitié de l'effectif total, et surtout la quasi intégralité de la réserve, qui manquera de fait pour.... Tout côté front anglais, le différentiel étant absorbé par le point de fixation de Hougoumont.

D'Erlon attaque avec tout son corps vers 13h30 depuis la droite, précisément flanqué par Lobau. C'est ce corps là dont les éléments de tête se prendront la charge d'Uxbridge, qui au final fait peu de morts, met désorganise les éléments avancés, fatigués par le rush et pris hors formation, et qui dans leur retraite heurtent le reste du corps et l'empêchent de réagir à la charge de cavalerie qui a, pendant quelques instants, le champ libre vers la grande batterie qu'elle ne fera qu'écorner, la contre-charge française étant immédiate.

Mais c'est l'occasion de la journée qui a été foirée à ce moment, le temps de réorganiser l'infanterie de D'Erlon étant celui consacré à plusieurs "petites" batailles (la Haye Sainte, Hougoumont, essentiellement, plus les charges de cavalerie), pendant lequel les Prussiens amènent des bataillons et batteries qui drainent la réserve, empêchent Napoléon de brusquer une autre attaque et orchestrent le grand "ciseau" qui entoure prend l'armée française sur 2 côtés.

Le vrai parallèle, ça aurait été si Grouchy avait fait comme Desaix et marché au canon, mais bon, Grouchy avait aussi un corps prussien pour le fixer, qui lui serait tombé sur le râble s'il avait tenté d'aller taper le corps principal des Prussiens; il lui serait passé au travers, ou aurait pu le manoeuvrer le temps d'arriver, mais ça aurait pris du temps, et le terrain était assez cloisonné.  

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Voilà oui, c'est Mouton, faut dire c'est le gros bordel pendant cette bataille ...

J'ai cru comprend dans le livre d'Alessandro Barbero, qu'il y avait aussi les escadrons de lanciers de Domon(?) et de Subervie(?) qui ont fait face à l'avant garde prussienne, c'est après ça que Mouton redéploie ces hommes. D'ailleurs, chose tout de même incongru, les prussiens refuseront (pratiquement) d'obéir à l'ordre de ralliement de Wellington et, ils prennent l'initiative d'attaqué les troupes de Napoléon.

et surtout la quasi intégralité de la Jeune Garde et la Vieille Garde (dont les bataillons de grenadiers n'ont jamais vu les Anglais, de même que la plupart des chasseurs, sauf après le déclenchement de la retraite)

Pourtant, encore dans le livre de Barbero, je crois comprendre que Napoléon fait avancer deux escadrons du 1er régiment de grenadier de la Garde Impériale face aux hommes de Hall-machin-chose :rolleyes: , et, anecdote marquant est qu'il les fait progresser en formation en Carré.

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Pourtant, encore dans le livre de Barbero, je crois comprendre que Napoléon fait avancer deux escadrons du 1er régiment de grenadier de la Garde Impériale face aux hommes de Hall-machin-chose  , et, anecdote marquant est qu'il les fait progresser en formation en Carré.

Revérifie ;): tu parles de l'avancée contre la brigade Halkett? Là en l'occurrence, c'est le 1er bataillon du 3ème Grenadiers qui réalise là une performance hallucinante: il dégage une unité brunswickoise, franchit une ligne de batteries qu'il démonte, flanque la brigade Halkett qui a 4 bataillons et en dégage 2 bataillons qui refluent en panique (ont un de Highlanders pour la note). Les 2 autres bataillons, sur la droite de Halkett, seront engagés par le I/4 Grenadiers

Devant ce mouvement, Napoléon tenait en fait les unités de Vieille Garde qu'il avait sous la main (la seule réserve qui restait); la confirmation de cette avance (prématurée) lui fait décider d'envoyer les dits bataillons (3 en fait: les II/2 Chasseurs, II/2 Grenadiers et II/1 Chasseurs) vers Plancenoît, soit contre les Prussiens où le reste de la Vieille Garde était déjà et avait participé aux combats les plus sanglants de la bataille.

L'attaque finale contre la ligne anglaise, cette attaque de la Garde, s'est faite essentiellement avec 5 bataillons de la "Moyenne Garde" (I/3 Grenadiers, I/4 Grenadiers, I et II/3 Chasseurs, I/4 Chasseurs) avec des unités de ligne en appui, mais qui étaient trop loin derrière.

Le Ier Grenadier était complètement en arrière, et Napoléon en servira pour couvrir la retraite.

La Vieille Garde, ce sont les Ier et IIème Grenadiers et les Ier et IIème Chasseurs, pour l'Infanterie, et aucun autre. Le 3ème Grenadiers a été en fait un régiment hollandais entre 1810 et 1814, recréé avec des vétérans français en impro totale pendant les 100 jours; le 4ème fut en même temps. Les 3ème et 4ème Chasseurs sont aussi des créations de 1815. Avec d'autres spécialités, ils forment la Moyenne Garde. La jeune Garde repose sur un autre principe: prendre les meilleures recrues de la conscription et les soldats du rang prometteurs pour les y faire tourner un temps et en faire une école à sergents pour la ligne.

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Oui, c'était bien des troupes de Halkett que je faisait mention. D'autant qu'après relecture, Barbero avait fait une description des mêlées de Plancenoit avec la débandade des prussiens face à la Vieille Garde. :-X  C'est dans ces moment là que je me dis d'annoter toutes mes lectures ... :P

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N'empêche que le rapport avec Marengo paraît toujours difficile à établir :lol:. Ne serait-ce déjà que parce qu'il y a 3 armées en jeu, donc 3 commandements et non 2, et que l'arrivée de Blücher se déroule enfin au commencement de la bataille, même si en ordre dispersé: contrairement à ce que disent les Anglais, les Prussiens étaient là, signalés, dès le début, ce qui a en fait mobilisé la réserve et toute la capacité de 2ème échelon offensif d'une armée française qui a attaqué l'armée de Wellington (VRAIMENT pas faite que d'Anglais) en infériorité numérique certaine, avec un rapport situé quelque part entre 40 et 45 000h consacrés au front (contre 68 000 à Wellington, établi sur position préparée) et 20-25 000 progressivement consacrés au flanc droit: toute l'affaire a tenu à la première offensive de d'Erlon qui, même foirée, aurait du pouvoir être suivie d'un 2ème échelon assaillant les positions britanniques affaiblies et privées d'une partie significative de leur couverture de cavalerie après la charge d'Uxbridge. A cet endroit, la densité du front était faible, et la concentration d'artillerie réduite, la Haye Sainte était bloquée comme point d'appui, et aurait pu être vite emportée avec cette évolution.

Ce qui est difficile à comprendre en fait, c'est l'importance accordée par les historiens à "l'obsession" de Napoléon pour Hougoumont, vu comme le pivot de la bataille :rolleyes: :P (sûrement, si on considère qu'il s'agit d'un duel Napoléon-Wellington avec Blücher n'arrivant qu'en supplétif à la toute fin :P). Même si trop de troupes y ont été affectées et si l'endroit aurait pu être juste fixé/contourné, et surtout traité avec de l'artillerie, au final, les effectifs qui s'y sont dévoués n'étaient pas si énormes et certainement très loin d'être la masse critique qui a manqué ailleurs.

La Haye Sainte était nettement plus cruciale, et Napoléon l'avait bien compris: sa prise, trop tard dans l'après-midi, aurait pu être plus tôt le point de rupture de l'armée anglaise, dès lors que quelques canons y auraient été amenés (ce qui fut fait, mais trop tard, précisément à cause des Prussiens): les carrés anglais commençaient à y passer sévère.

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La pression qu'exerçait la charge de cavalerie de Ney sur la dorsale de La Haye Sainte était tellement forte que les carrés anglais et allemands ont failli lâchés. Cela malgré les efforts des cavaliers anglais trop peu efficace et indiscipliné, sans parler du fait que certaines troupes refusées de combattre! Chose encore incroyable, le placement de la cavalerie Allié était positionné de tel manière pour éviter les désertions. Barbero insiste aussi sur professionnalisme des troupes françaises, ainsi que de la qualité de leur équipement, contre des volontaires allemands peu entraînés et un cavalerie anglaise pétrie de romantisme, aux équipements quasi obsolètes. Du coup il aurait simplement fallu à Napoléon de faire intervenir sa réserve pour provoquer l'effondrement du front anglais.

N'empêche que le rapport avec Marengo paraît toujours difficile à établir .

En voyant très large on peut peut faire un rapprochement entre l'intervention de Blücher avec celui de Desaix. Perso, j'en vois pas d'autre ... faut attendre plus de détail de la part de Suchet.

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Mon parallèle est le suivant :

* Armées sur le point de craquer.

* Arrivée providentielle des renforts (bien qu'à Marengo la charge de la cavalerie de Kellermann sauve aussi l'armée).

* La Garde des Consuls saignée à Marengo ( il est dit qu'il ne restait que 200 gardes à la fin de la bataille).

* Von Melas s'en va, croyant la victoire acquise...

Et le plus important, se sont des batailles décisives toutes les deux. L'une renforce Napoléon, l'autre provoque sa chute définitive.

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Waterloo est difficilement qualifiable de bataille décisive: moment symbolique oui, bataille décisive non. Ca n'aurait été une bataille décisive que si Napoléon avait vaincu rapidement et sans trop de dégâts, soit si d'Erlon était passé vers 14h; à ce moment là, Wellington retraitait plus ou moins en ordre vers la mer, cherchant à rembarquer sans doute, la bourse de londres avait des possibilités authentique de se casser la gueule et de taper dans la volonté britannique, la carrière de Wellington, toujours en balance, était sans doute foutue. Napoléon pouvait se retourner contre les Prussiens et avait une vraie ouverture dans ces conditions: s'il l'emportait, au débouché du bois alors même, qu'ils arrivaient par paquets distincts en colonnes, c'était la fin de la campagne de Flandres et après, il devenait possible de mettre la zone ouest du Rhin en défense contre les Austro-Russes. Pas forcément du billard, mais en tout cas une option stratégique ouverte.

Défaite de Napoléon à Waterloo = constat de ce qui était déjà tracé d'avance au vu du rapport de force. Une chute consommée sauf miracle, et ce rien que par le facteur temps. Que la bataille ait eu ou non lieu, le fait était là.

La Jeune Garde a souffert un max à Waterloo, et la Moyenne Garde aussi, mais la Vieille Garde, à part 2 ou 3 bataillons (sur 8 ) et un peu de cavalerie, n'a pas été saignée à blanc, contrairement à Marengo où ce fut elle (la Garde des Consuls = Vieille Garde), du moins son infanterie, qui fut le pivot du temps gagné. S'il y a un parallèle à faire sur le déroulement de la bataille, à ce moment, c'est la cavalerie d'Uxbridge qui par sa charge inconsidérée et son sacrifice a gagné le temps nécessaire à rendre l'intervention prussienne décisive.

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Juste que la charge d'Uxbridge a rempli sans l'absolu le rôle de la Garde des Consuls à Marengo, à savoir gagner du temps et dégager l'opportunité d'arriver pour l'autre "corps" non/moins actif en 1ère phase de bataille. Sans la charge d'Uxbridge, le corps de D'Erlon passait sur la gauche anglaise, la Haye Sainte devenait intenable, de l'artillerie pouvait être amenée immédiatement sur le plateau, la jonction des coalisés devenait impossible, les Prussiens ne pouvaient flanquer sérieusement le dit corps d'Erlon puisqu'occupés par le flan droit français de Mouton ET débouchants par petits paquets d'une route unique, la position de Wellington ne tenait pas (retrouvé pris en ciseau)....

A Marengo, sans la Garde des Consuls, le front n'aurait pas tenu, le retrait était obligatoire, et Desaix arrivait comme un carabinier d'Offenbach.

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La pression qu'exerçait la charge de cavalerie de Ney sur la dorsale de La Haye Sainte était tellement forte que les carrés anglais et allemands ont failli lâchés.

J'avais cru comprendre que Ney justement y était allé trop fort dans ses charges, au point parfois de s'embourber dans les carrés anglais. En bref une approche trop directe.

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En fait les charges de Ney n'auraient pas été le gâchis (même si usant pour les Anglais.... Mais à un trop grand coût) tant décrié s'il avait fait munir certains effectifs de clous et/ou s'il avait fait suivre les charges par quelques troupiers dédiés à la tâche d'enclouer les canons anglais (une pratique pourtant habituelle): sitôt qu'une charge retournait sur ses lignes, les Anglais réoccuppaient leurs batteries laissées intactes par la cavalerie française.

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J'avais cru comprendre que Ney justement y était allé trop fort dans ses charges, au point parfois de s'embourber dans les carrés anglais. En bref une approche trop directe.

D'après ce que j'ai lu, dans le camp Allié il y avait beaucoup de troupes de volontaire manquant d'expérience du combat, pour certain c'était même leur première. En plus les cavaliers d'Uxbridge étaient incapable d'agir, seulement que ponctuellement, ce qui a permis aux cavaliers français de maintenir une pression psychologique énorme sur les Troupes de Wellington, d'autant que celui-ci et son état-major étaient bloqué à l'intérieur d'un carré, regardant impuissant les cavaliers français manoeuvrer. Ce que Barbero met évidence à propos de cette charge c'est non seulement de ne pas avoir endommager les canons mais aussi la non intervention de troupes d'infanterie, ce qui peut-être imputable à Ney car il n'a pas donné de détail à Napoléon sur dispositif anglais.

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Les charges de cavalerie se déroulent à partir de 15h30-16h, quelque chose comme ça, à ce moment:

- le corps de D'Erlon est en bordel et regroupement, en tout cas indispo: mine de rien, ce corps, moins les pertes quelques éléments organisés qui servent ici et là pour la ligne, c'est autour de 20 000h

- Compte environs 3000 artilleurs, plus les troupes du train et du génie

- ajoute ce qui est fixé autour de Hougoumont soit à ce stade peut-être jusqu'à 10 000h (certain n'étant pas sur la ferme elle-même mais faisant le tampon pour la continuité du front, plus des tirailleurs)

- après viennent les troupes de couverture, sur la gauche surtout, puis les tirailleurs disséminés ici et là et allant taquiner le rosbif; au pif, quelque chose comme 5000 fantassins et cavaliers, en unités ou ordre dispersé

- vient ensuite le flan droit opposé aux Prussiens, à ce stade sans doute déjà 20 000h

- les cavaliers réalisant les charges, peut-être 5000h

Soit déjà quelque chose comme 63 000h. Reste la réserve, où ne doit plus y avoir que des unités de Moyenne et Vieille Garde: 4 à 5000 de plus iront vers Plançenoît, moins de 4000 iront charger le centre britannique.....

Ney ne devait pas avoir des masses d'infanterie à choper au moment de ses charges, d'où la remarque de Napoléon à cet égard.

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- les cavaliers réalisant les charges, peut-être 5000h

Selon, Barbero c'était près de 8000 hommes, notamment quand Napoléon fait aussi intervenir les escadrons de Milhaud(?), et avec la division des chasseurs à cheval et lanciers de Piré pour faire le leurre sur la route de Nivelles.

Sinon, je parlais bien des réserves de la Moyenne et Vieille Garde, mais de toute manière, au moment même ou Ney fait sa demande de soutien, les troupes de Wellington avaient déjà repris leurs esprit et la charge française, qui a durée 2 heures environs, avait perdu toute sa puissance. Certes la pression prussienne sur Plancenoit joue beaucoup sur la décision de Napoléon, sans parler de la présence de troupes prussiennes sur la zone Smohain pouvant dans le pire scénario couper la route aux troupes ... Ceci dit, il faut admettre que le Tondu avait (peut-être) manqué l'occasion de se débarrasser d'un ses adversaires.

Car lors de la charge, il y eu vraiment un moment de flottement dans les troupes de Wellington, une cavalerie incapable de bouger, des carrés sous pression, et des servants abandonnant leurs canons charger! Bref, à cette instant là, la situation pour les anglais était vraiment au limite.

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Pas vraiment: sans appui artillerie ni/ou accompagnement d'infanterie, la cavalerie ne démolit pas une ligne d'infanterie, surtout rangée en carrés sur plusieurs échelons en profondeur, avec en plus de la cavalerie derrière (qui est en vue, même si elle ne bouge pas). A l'occasion, elle peut en ébranler quelques-uns voire les faire éclater et les anéantir, mais c'est, sauf panique généralisée, peu significatif.

Le vrai moment de flottement du centre gauche de Wellington, donc sur le plateau au centre gauche, c'est la prise de la Haye Sainte qui permet d'amener des canons et de commencer à pilonner les carrés en tir direct, alors même qu'ils sont échaudés par les charges de cavalerie qui leur ont bouffé des nerfs et beaucoup de sous-offs et bas officiers (qui dans des unités de ligne servent presque uniquement à tenir les rangs). Si la Haye Sainte avait été prise plus tôt dans l'après-midi, les charges auraient pu se faire dans la situation voulue, à savoir après pilonnage d'artillerie et assaisonnement par l'infanterie légère, avec moins de cavaliers (donc une réserve de cavalerie) et un échelon d'infanterie de ligne prêt à monter pour sécuriser le "coin" enfoncé dans l'armée de Wellington.

C'était l'autre occasion concrète de la journée, qui n'a pas pu être réalisée par manque de considération pour l'objectif de la Haye Sainte dans un premier temps, qui aurait du subir des assauts plus persistants et un bombardement permanent dès le début.

Evidemment, tout cela préjuge un peu de ce que les décideurs, tondu en tête, voyaient et savaient à l'instant de leurs décisions.

8000 cavaliers? Je rallie toujours Barbero, par défaut ou non :lol:, mais ça semble beaucoup pour un si petit espace si découpé par le relief.... La charge d'Eylau, gigantesque et en plaine, en a rassemblé quelque chose comme 9000 et des brouettes.

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Attention, je n'ai pas dis que la cavalerie seul ferait écrouler les carrés, moi je parlais d'un action coordonné entre la cavalerie et l'infanterie. Ce type d'action a été fait à de nombreuse reprise lors de la bataille, d'ailleurs c'est avec cette méthode que les troupes de Wellington épuiseront finalement la charge de Ney.

Je ne nie pas non plus l'importance de la Haye Sainte, en plus sur le chapitre dédié sur sa prise, Barbero énumère les avantages notamment celui du plus important: la fragilisation de la ligne de Wellington situé derrière la ferme, cela grâce au bombardement intensif de la Grande Batterie combinée avec les manoeuvres des cavaliers et infanteries envoyés par Donzelot.

les charges de cavalerie qui leur ont bouffé des nerfs et beaucoup de sous-offs et bas officiers (qui dans des unités de ligne servent presque uniquement à tenir les rangs).

Des témoignages rapportent que les officiers des carrés frappaient avec le plat du sabre, quiconque sortant de la formation ou ne respectant pas les ordres de tire. Donc effectivement il était impossible pour de cavaliers de faire rompre un carré et encore moins de les anéantir ... d'autant que la cavalerie Allié était là pour empêcher toute désertion.

Evidemment, tout cela préjuge un peu de ce que les décideurs, tondu en tête, voyaient et savaient à l'instant de leurs décisions.

Exacte, Napoléon ne voyant rien à cause de la topographie du champs bataille, ceci explique en partie la non intervention de l'infanterie lors du "flottement" côté anglais. 

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Des témoignages rapportent que les officiers des carrés frappaient avec le plat du sabre, quiconque sortant de la formation ou ne respectant pas les ordres de tire. Donc effectivement il était impossible pour de cavaliers de faire rompre un carré et encore moins de les anéantir ... d'autant que la cavalerie Allié était là pour empêcher toute désertion.

Surtout que les carrés de bataillons étaient plus nombreux que dans les armées continentales, mais plus encore groupés sur 4 rangs (barbero rappelle que les fantassins anglais avaient eu tellement la trouille à Quatre Bras qu'il était impossible de les assigner, en ligne ou en carré, sur moins de 4 rangs, disposition inhabituelle), ce qui les compactait pas mal. Ajoute le planquage derrière la contre pente, qui rendait inefficace le tir des 3/4 de la Grande Batterie: seuls les obusiers pouvaient les taper.... La seule infanterie qu'ils verront vraiment, outre celle qui, à distance, s'attaquait à la Haye Sainte, ce sont les fantassins légers qui les harcèleront en flinguant officiers et sous-offs.

Mais pourtant, pour certains carrés et avant que quelques canons puissent être foutus devant la Haye Sainte, certains carrés flancheront sous les assauts répétés de la cavalerie qui n'avait pour soutien que ces quelques essaims de tirailleurs. Du résultat certes, mais trop cher pour la cavalerie pour valoir quoi que ce soit; Ney méritait des baffes, il aurait du savoir ça, au moins, en plus des canons qui auraient du être encloués dès le premier assaut (les charges eussent été nettement moins coûteuses, déjà, la Haye Sainte non soutenue par l'artillerie et donc débordable).

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8000 cavaliers? Je rallie toujours Barbero, par défaut ou non , mais ça semble beaucoup pour un si petit espace si découpé par le relief.... La charge d'Eylau, gigantesque et en plaine, en a rassemblé quelque chose comme 9000 et des brouettes.

Cela s'explique tout simplement par le fait que me suis trompé sur les chiffres, j'ai mal noté. :-\ :-X Alors donc pour reprendre Barbero, il y avait: les cuirassiers de Milhaud, une division de cavalerie légère de la Garde sous le commandement de Lefebvre-Desnouettes, composé d'un régiment des chasseurs à cheval aussi fort à lui seul que trois ou quatre régiments ordinaire avec 1200 hommes, et un régiment de lancier de huit cents hommes ; c'est selon lui au moins 3500 hommes.

La vache, je me croirait presque de retour à l'école avec mes notes. :P

La seule infanterie qu'ils verront vraiment, outre celle qui, à distance, s'attaquait à la Haye Sainte, ce sont les fantassins légers qui les harcèleront en flinguant officiers et sous-offs.

Il raconte aussi lors de la prise de la Haye Sainte, l'artillerie française c'est approchée tellement prés des carrés ennemis que les servants se faisaient parfois balayer par une salve, comme ce fut le cas avec les fusiliers de Kincaid qui réduisit au silence une majeure partie des artilleurs trop impudent. Ou au contraire des officiers du 1er Nassau, déjà malmené par une charge de cuirassiers, voient se déployer à 300 mètres une batterie les mitraillant! La pression fut tel, que le seul moyen de maintenir le carré était de "menacer" les hommes, les sergents se positionnaient derrières eux, leurs piques à l'horizontale, comme l'indique les témoignages des officiers du 3/1er Foot Guards.

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Une excellent bouquin celui de Barbero.

D'ailleurs, Barbero dit aussi que à 17 heures il me semble, les coalisés pensaient avoir perdus la bataille.

Je ne peu confirmer car j'ai déjà rendu le livre à la bibliothèque locale.

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D'ailleurs, Barbero dit aussi que à 17 heures il me semble, les coalisés pensaient avoir perdus la bataille.

Oui,

Cette état d'esprit a commencé à se propager au moment de la prise de la Haye Sainte, et de l'installation de l'artillerie. Selon le témoignage du capitaine Mercer qui disait "Ce feu était d'une rapidité et d'une précision épouvantables ...", et face à la perte importante l'oblige à reculer ces canons. Mais aussi, les membres de l'EM de Wellington étaient soit blessés ou mort, la situation était arrivé à un tel point de prendre la décision de récupérer tous les drapeaux de la brigade de Halkertt pour les mettre en lieu sûr ...

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Et ce résultat s'obtenait avec l'équivalent d'UNE SEULE batterie devant la Haye Sainte.... Qu'auraient chialé les Rosbifs s'il y en avait eu 3 ou 4 :-[? Wellington aurait décidé de s'éloigner au maximum et d'embarquer direct pour l'Ecosse :lol:?

Pour les anglo-fans et jingoistes, outre les nombreuses inventions habituelles sur la bataille (notamment les insultres injustifiées à l'égard des Belges et Hollandais qui leur ont sauvé le cul), faudrait leur rappeler ça: malgré la charge de d'Erlon qui fut la grande occasion d'en finir dans la première heure (empêchée par une initiative du gars qui n'a PAS obéi à Wellington :lol:); malgré le retardement de la prise de la Haye Sainte, pas assez considérée comme objectif primordial, c'est quand même en grave infériorité numérique (autour de 45 000 contre 68 000, 25 000h étant contre les Prussiens et une petite réserve de Vieille Garde restant) et alors même qu'il est en position de devoir attaquer, que Napoléon parvient à ce résultat contre un adversaire retranché sur une position défensive et extrêmement concentré (Waterloo est une bataille "dense" avec un front très étroit).

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