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J'ai lu (mais en diagonale) le 1er tome de l'histoire officielle de l'ASIO (Australian Security Intelligence Organisation, le service de sécurité intérieure australien) et j'attaque mollement le second. (Si vous voulez les références exactes, elles sont sur Wiki fr.)

Un point qui m'a frappé, c'est à quel point ce service, pendant ses premières années, est engagé dans un véritable combat de tous les instants avec sa principale cible, le parti communiste australien (CPA), pour l'infiltrer tout en essayant de s'en protéger.

Les cas que j'ai relevés :

Citation

chapitre 9 : en juillet 1953, perquisition police/ASIO de bureaux du CPA à Sydney, ils trouvent un document avec des informations sur le personnel et les véhicules de l'ASIO. Ils supposent que les infos viennent d'une dactylo qui a démissionné en 1950.

chapitre 12 : début 1952 à Sydney le journaliste Rex Chiplin dit au correspondant TASS que l'ASIO s'intéresse à deux femmes travaillant à l'ambassade. Moscou ordonne à l'officier de renseignement Vladimir Petrov de demander à un officiel du CPA s'il peut avoir plus d'infos. Le mois suivant l'officiel lui répond que "l'information donnée par Chiplin est venue d'une amante d'un des communistes" et qu'elle est secrétaire à l'ASIO. Petrov passe aux Australiens en avril 1954, mais il faudra attendre 1969 pour qu'un officier identifie une secrétaire du bureau de Canberra qui a aussi fait de la dactylo pour la section B2 (contre-espionnage) du bureau de Sydney sur la période concernée. Elle avait une relation avec un membre probable du CPA mais a quitté l'ASIO avant la défection de Petrov.

chapitre 16 : En 1955, le Clerk of the House of Representatives Frank Green dit qu'il a infiltré une source dans l'ASIO, mais que des "mouvements de personnels ont compliqué l'obtention d'informations". Il dit que quand Petrov a eu un accident de voiture, la vieille dame âgée qu'il a blessé était la mère "d'un des protégés" du chef du bureau ASIO de Sydney. Effectivement c'était la mère d'un officier de l'ASIO. Et que sa source lui avait dit qu'un diplomate soviétique, Antonov, était sous surveillance, ce qui était vrai aussi. L'ASIO n'a jamais identifié l'informateur.

Ted Hill, sorte de chef de la sécurité du CPA, a également été entendu dire qu'il avait une source dans le ministère de la Justice qui a pu lui fournir des renseignements que l'ASIO avait réunis sur un congrès du CPA. Là aussi informateur jamais identifié.

En 1958, l'ASIO identifie une probable source de fuites dans son bureau de Perth : une secrétaire est vue copier des informations d'un index book (?) et mettre la copie dans son sac. Des investigations supplémentaires révèlent qu'elle avait déjà été vue faire ce genre de choses. L'ASIO n'arrive pas à savoir si elle travaille pour une organisation, mais elle a un rapport avec une personne réputée être communiste. La secrétaire démissionne le mois suivant.

chapitre 21 : fin 1962, le second secrétaire de l'ambassade soviétique établit un lien avec un policier de la Special Branch des Nouvelles-Galles-du-Sud, qui essayera ensuite d'intégrer l'ASIO.

Je passe sur les doutes sur des opérations qui ont raté sans qu'on soit sûr de la raison... Ca va autrement plus loin que ce que j'avais retenu de l'histoire du MI5 (2 cas de secrétaires informatrices du PC pendant la 2ème GM, mais démasquées assez rapidement grâce à la sonorisation du quartier-général du PC.). Autant d'exemples qui montrent que même un service de sécurité intérieure, sur son propre territoire, doit être extrêmement vigilant sur sa propre sécurité interne - et que la compartimentation est extrêmement importante.

A propos de la compartimentation, une anecdote amusante : une des premières employées de l'ASIO, interviewé pour l'ouvrage, dit que son travail - transcrire des écoutes téléphoniques - était si secret que même son mari, aussi officier de l'ASIO, ne savait pas ce qu'elle faisait. Une archive montre que son mari avait participé à l'installation de l'équipement des écoutes, mais apparemment il ne l'a jamais dit à son épouse... J'ai l'impression que ce serait difficilement imaginable dans les générations actuelles.

 

Edited by Rob1
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J'ai pas du posté dans le bon file mais j'ai reçu mon livre sur le général Delayen, un sacré parcours comme Marsouin de la Coloniale ! 

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Delayen

Le livre :

9782246007869-T.jpg

 

J'ai aussi trouvait un livre sur les artilleurs de Diên Biên Phu, Henri de Brancion, Diên Biên Phu Artilleurs dans la fournaise, Préface du Général Bigeard. 

Sujet qui me parle à moi l'ancien du 11ème RAMa ! Les artilleurs mais aussi les sections de mortiers lourd sont traité dans le bouquin ! 

Ça y est commandé ! 

 

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L'air de rien, il y a pas mal de bons ouvrages sur les Soviétiques en Afghanistan :

  • Tactiques de l'Armée rouge en Afghanistan ;
  • La guerre soviétique en Afghanistan ;
  • Afghanistan : les victoires oubliées de l'Armée rouge.

Par contre, est-ce que vous savez s'il existe quelque chose en français sur la Reishwehr et le réarmement clandestin de l'Allemagne dans l'entre-deux guerre ? 

Edited by Kiriyama

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William McRaven, The Theory of Special Operations

(disponible à https://apps.dtic.mil/docs/citations/ADA269484)

C'est la thèse de cet officier des forces spéciales de l'US Navy - promis à une grande carrière - faite pendant son passage en école en 1992-1993. Elle a ensuite été publiée sous forme de livre (Spec Ops : Case Studies in Special Operations Warfare, chez Presidio, en 1996).

A la recherche d'une théorie des opérations spéciales, l'auteur y développe l'idée que les opérations spéciales reposent sur six principes : simplicité, sécurité opérationnelle, répétition, surprise, vitesse et purpose (terme que je n'arrive pas à traduire car il implique à la fois concentration sur l'objectif et détermination à l'atteindre). Ces six principes sont nécessaires à la réussite d'une opération spéciale sur un objectif pourtant défendu par l'ennemi en y acquérant temporairement une supériorité relative.

L'auteur étudie huit cas pour soutenir sa thèse :
- l'attaque du fort belge d'Eben-Emael par des paras allemands en mai 1940,
- l'attaque des cuirassés britanniques dans le port d'Alexandrie par les torpilles humaines italiennes en décembre 1941,
- le raid des commandos britanniques sur les installations portuaires de Saint-Nazaire en mars 1942,
- la libération de Mussolini au Gran Sasso en septembre 1943,
- l'attaque du Tirpitz par les mini-sous-marins britanniques en septembre 1943 (aussi),
- le raid de Rangers sur le camp de prisonniers de Cabanatuan en janvier 1945,
- le raid sur le camp de prisonniers de Son Tay au Nord Viêt Nam en novembre 1970, et
- la libération des otages à Entebbe par les forces spéciales israéliennes en juillet 1976.

Dans tous les cas il a consulté divers ouvrages, a interviewé des participants (sauf le Gran Sasso) et a parfois visité les lieux (Eben-Emael, St-Nazaire, Gran Sasso). (Il avait aussi commencé des recherches sur l'opération du GSG-9 à Mogadiscio en 1977 et le raid américain en Iran en 1980 mais n'a pu les terminer.) Chaque cas a au moins une carte qui permet de suivre le déroulé de l'action. Et ça se lit facilement.

Je ne résiste cependant pas à ma tendance à détailler le vide du verre à moitié plein. Sur la théorie, vous aurez compris aux exemples retenus que c'est une théorie des opérations spéciales d'action directe sur un objectif ponctuel (et assez important). Pas applicable aux missions de reconnaissance ou d'environnement, ou les missions de guérilla ou contre-guérilla, et même dans l'action directe, on peut se demander jusqu'à quel point c'est déclinable sur les objectifs les plus fréquents des FS, le super-raid étant plus l'exception que la norme. Sur la théorie elle-même, je ne suis pas certain que les principes que l'auteur dégage, et en particulier les graphes de supériorité relative donnés pour chaque opération, apportent vraiment quelque-chose par rapport au simple dicton "surprise, speed and violence of action".

Sur les exemples, si l'auteur a incontestablement bossé ses sujets, le résultat est variable. Les sources qu'il a pu utiliser varient, il y a des rapports de mission (quelque-fois), des témoignages et études faits dans un cadre de retour d'expérience, comme des ouvrages destinés au grand public. La partie terrestre d'Entebbe ne repose que sur deux ouvrages parus à chaud, et surtout celle sur le Gran Sasso reprend la version de Skorzeny (avec juste une mention que les paras lui contestent la paternité du plan en bas de page). Et si le récit des opés se lit bien sans verser dans le lyrisme, les petites parties biographiques sentent la brosse à reluire : le commandant ou l'homme qui a atteint l'objectif avait le CV et les qualités qui expliquent sa réussite... dans tous les cas. Ce n'est pas ici que vous entendrez parler des côtés vantard ou nazi sans remords de Skorzeny.

Enfin, et paradoxalement pour une thèse dont le coeur est ce concept de supériorité relative, l'adversaire n'a jamais voix au chapitre.

Ah, sinon, je remarque que très souvent (et opérations sous-marines mises à part), acquérir cette supériorité relative se fait en crashant une masse critique de commandos directement sur l'objectif : en planeurs à Eben-Emael et au Gran Sasso, en destroyer-bélier à St-Nazaire, ou en hélicoptère en crash contrôlé à Son Tay.

 

5th Special Forces Group (Airborne) in Desert Shield/Desert Storm

Cet ouvrage-là, c'est un livre de photographies publié par la Special Forces Association, et probablement destiné à un public interne. Un tel paquet de photos authentiques ne peut être qu'intéressant, mais il faut savoir qu'il y a pas mal des photos "de famille" (photos de groupe des différentes unités, retrouvailles avec les familles après le conflit, et même l'équipe de soutien familial aux states), et la qualité des photos est souvent bof... Au prix où les exemplaires se vendent, c'est à ne réserver qu'aux vrais passionnés.

https://www.worthpoint.com/worthopedia/5th-special-forces-airborne-desert-2026495637

Edited by Rob1
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Never Fight Fair! de Orr Kelly

Ce n'est pas que je sois devenu fan des phoques, mais bon, j'ai fini ce livre-là aussi. C'est un recueil de témoignages, et non un documentaire qui déroule la narration d'un sujet précis. Il y a un peu de tout, des histoires qui illustrent tel grand conflit ou tel aspect maritime, aérien ou terrestre de leur entraînement. Mais peu d'action, à tel point que ça a dû nuire aux ventes (il n'y a que quelques récits de missions du Viêt-nam et deux sur la Grenade, pour un livre paru en 1995). Visiblement c'est retranscrit avec peu de modifications, ce qui fait que c'est parfois un peu long pour en venir au sujet.

Bref, intéressant mais pour ceux qui cherchent des anecdotes variées et inattendues.

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