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Vercingetorix : un nom propre ou un titre ?


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Attention distinction/contresens:

- les vergobrets sont les aristos parlementaires dirigeant collégialement pas mal d'Etats des Gaules. César les qualifie souvent de classe sénatoriale. Ils ont tendance, peu avant les Guerres des Gaules, à remplacer graduellement les monarchies qui étaient avant le régime dominant. Il s'agit de régies oligarchiques/aristocratiques correspondant surtout à l'accroissement en superficie et population, au développement économique et à la complexification de pas mal d'entités proto-étatiques celtes qui sont sur le chemin de "l'Etat moderne" à ce moment (défrichement, sédentarisation, urbanisation, capitalisme, grand commerce surtout avec le monde grec, hellénisation des élites....). Bref, les grands aristos se sentent souvent pousser des ambitions et contestent les monarchies (jusqu'ici, les Vergobrets étaient des sortes de "conseillers", l'assemblée des dignitaires auprès du roi), parfois violemment comme dans le cas des Arvernes où le jeune prince Celtill, futur Vercingétorix, voit dans sa jeunesse son oncle Gobanicio établir les vergobrets après un coup d'Etat aux dépends de son père qui est exécuté.

- vercingétorix (grand roi de tous les guerriers) est un titre exceptionnel, plaçant son titulaire même au-dessus du titre de cingétorix (roi des guerriers), sorte de leader temporaire, de chef de guerre d'une coalition de peuples/tribus élu pour l'occasion. Celtill a obtenu cette dénomination par le lobbying important de l'assemblée des druides des Carnutes, centre religieux et culturel de grande autorité.

Le mot "chef" se traduit plus, pour la zone gauloise, par "brenn", d'où vient le nom "Brennus" attribué par les Romains au chef des gaulois Sénons qui rançonna Rome au IVème siècle avant JC, mais dont le vrai nom était Ambigat.

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Selon Strabon, le "vergobret" (ou vergobretos / vercobretos) est le magistrat suprême des cités gauloises où la royauté avait été remplacée par un gouvernement oligarchique. César ajoute que le vergobret ne peut quitter sa cité. Ainsi que, deux personnes d'une même famille ne peuvent être vergobret et le vergobret ne peut désigner lui-même les magistrats. On nous apprend que certaines cités gauloises étaient dirigées par un vergobret, par opposition à d'autres, gouvernées par un roi. Parait-il que les cités gouvernées par un vergobret partageaient avec les romains d'époque républicaine, une même aversion à l'égard des monarchies. Une aversion trouvant son origine dans l'effondrement de l'Empire Arverne quelques décennies plus tôt. Car à la chute de l'Empire de Bituit, certaines cités gauloises choisirent de s'allier avec Rome.

César les qualifie souvent de classe sénatoriale.

César emploie toute une panel de terme pour designer le vergobret comme "souverain, le plus important", "le magistrat" (celle-ci revient souvent), "magistrat unique", "magistrat suprême", ou "prince de la cité"... il nous apprend aussi que chez les Eduens, le vergobret était élu pour un an par les druides de la cité et les magistrats. Le vergobret était le « magistrat suprême », mais d'autres magistrats existaient chez les Gaulois semble t'il puisqu'ils participent à l'élection du vergobret.

Le mot "chef" se traduit plus, pour la zone gauloise, par "brenn", d'où vient le nom "Brennus" attribué par les Romains au chef des gaulois Sénons qui rançonna Rome au IVème siècle avant JC, mais dont le vrai nom était Ambigat.

Alors d'après les livres de Delamarre et Savignac, le nom Brennus a semble-il pour origine le mot branos/bran-/branno- qui veut dire corbeau en celte, on le peut le retrouver dans le nom du peuple des "Aulerques Brannoviques", des Brandobrici de la Narbonnaise. Et aussi dans la ville anglaise de Brancaster, et de Brandon en Saône-et-Loire (anciens Branodunum). En faites, le mot pour désigner un chef est le terme rix/ -rigo-, mais avec le temps, il finit par prendre un sens plus honorifique que concret.

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nom Brennus a semble-il pour origine le mot branos/bran-/branno- qui veut dire corbeau en celte, on le peut le retrouver dans le nom du peuple des "Aulerques Brannoviques", des Brandobrici de la Narbonnaise. Et aussi dans la ville anglaise de Brancaster, et de Brandon en Saône-et-Loire (anciens Branodunum). En faites, le mot pour désigner un chef est le terme rix/ -rigo-, mais avec le temps, il finit par prendre un sens plus honorifique que concret.

Attention avec les conclusions sur les langues celtiques anciennes, pour l'essentiel disparues ;) :lol:, c'est un poil plus complexe. Brennus, si tu gicles le -us qui traduit une interprétation romaine bien avant que Goscinny y apporte son expertise phillologique :lol:, peut venir de divers mots, pas forcément si apparemment proches (entre autres parce que personne ne sait comment étaient prononcées les dites langues, notamment avec en plus la variation des prononciations et accents et la retranscription écrite romaine, pas forcément "phonétiquement correcte" vu le gap linguistique oral et l'absence de vernaculaire celte écrit) et qui supposent aussi l'inscription dans un contexte politique et culturel. Les (relatifs) consensus successifs sur le terme de "Brenn", tronc commun artificiel retrouvé à plusieurs époques pour plusieurs personnages (2 en particuliers: le dit Brennus, et un autre qui a participé à la grande et contestée invasion de la Grèce au IIIème siècle avant JC), ont été "roi" (proximité avec le terme gallois ancien "brenin") puis "personnage éminent", "qui sort de la masse", "extraordinaire" (dernier terme qui peut renvoyer aussi au caractère temporaire d'un commandement politique et de guerre chez les Celtes), et l'interprétation semble se cantonner au minimum syndical pour faire équivaloir le terme à "chef de guerre" (donc un titre plus temporaire).

"Rix/rex" indique déjà un cran au-dessus, moins en terme d'importance en soi que de permanence du titre. Le problème d'une définition exacte étant rendu insoluble par l'absence de langue celte écrite, par la variété des peuples et coutumes, et surtout par les réinterprétations d'époque, aussi bien grecques que romaines, peu regardantes sur la rigueur de la description culturelle, surtout de peuples jugés "barbares".

César emploie toute une panel de terme pour designer le vergobret comme "souverain, le plus important", "le magistrat" (celle-ci revient souvent), "magistrat unique", "magistrat suprême", ou "prince de la cité"... il nous apprend aussi que chez les Eduens, le vergobret était élu pour un an par les druides de la cité et les magistrats. Le vergobret était le « magistrat suprême », mais d'autres magistrats existaient chez les Gaulois semble t'il puisqu'ils participent à l'élection du vergobret.

Emanation du conseil des oligarques d'un peuple gaulois, le titre tournait en fait dans un nombre restreint de familles, celles qui avaient à la fois des terres, un oppidum (moins une ville en soi qu'un "hub" commercial, un centre d'artisanat et de production, et surtout un entrepôt géant pour les réserves avant tout alimentaires), des réseaux commerciaux et le contrôle local des axes de circulation, et une importante clientèle personnelle qui déterminait entre autres la capacité à lever des troupes (dont une part qualifiées et permanentes, aristocrates, ambacts et associés, une part de conscrits un peu entraînés en milices, et une part de levées de pégus et serfs). Ca limitait la chose à un nombre si restreint d'individus dans chaque peuple que ca a encouragé César à appeler souvent les vergobrets "Consuls" et ces groupes aristocratiques "sénateurs".... Ce que par ailleurs il a retranscrit en faisant entrer certains de ces aristos des provinces nouvellement romaines au Sénat romain :lol:, chose mal vécue par les optimates traditionnels même après la fin de la guerre civile.

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@ Tancrède,

Attention, j'avais nullement l'intention d'affirmer que Brennus signifié ceci où cela. ;) Mais en lisant les livres de Delamarre et Savignac, ils expliquent, notamment à travers les études sur vieil irlandais/breton/gallois, que "l'origine" de son nom vient du terme celtique désignant le "corbeau". Ils ajoutent à cela que le corbeau est une allégorie du guerrier, comme semble l'indiquer le nom de Brennos. Car le corbeau symbolise, selon eux, la souveraineté guerrière, il est (comme la corneille) souvent associé aux déesses de la guerre (la Morrigan en Irlande ou Catubodua en Gaule) ou à Lug dans son aspect guerrier, mais il est aussi celui de la chasse, de la sagesse et de la connaissance.

"Rix/rex" indique déjà un cran au-dessus, moins en terme d'importance en soi que de permanence du titre. Le problème d'une définition exacte étant rendu insoluble par l'absence de langue celte écrite, par la variété des peuples et coutumes, et surtout par les réinterprétations d'époque, aussi bien grecques que romaines, peu regardantes sur la rigueur de la description culturelle, surtout de peuples jugés "barbares".

Oui, c'est d'ailleurs pour cela qu'on retrouve "rix" sur Vercingetorix alors qu'il n'avait pas le titre de roi ...

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Attention, j'avais nullement l'intention d'affirmer que Brennus signifié ceci où cela.  Mais en lisant les livres de Delamarre et Savignac, ils expliquent, notamment à travers les études sur vieil irlandais/breton/gallois, que "l'origine" de son nom vient du terme celtique désignant le "corbeau

L'association de l'interprétation allégorique du corbeau comme liée à certains (pas tous) titres de chefs est une spécificité en fait galloise (ni bretonne avant l'immigration massive du VIème siècle qui donne un caractère gallois à la péninsule, ni irlandaise) liée au personnage mythique de Bran le Béni (dont le nom se traduit en fait par "corbeau béni"); en cela, le titre est porteur d'un caractère particulier passant par ce roi mythique de l'ancienne Bretagne, donc l'Angleterre, dont la tradition a fini par se concentrer, avec la conquête saxonne, dans les Marches galloises pour l'essentiel, et de là en partie dans la "petite Bretagne" continentale. Bran le Béni n'a d'importance que dans l'île de Bretagne où la tradition celtique le place ex aequo voire plus haut que l'autre "grand", Arthur.

Mais il faut se rappeler qu'il y a un monde celte immense, et que chaque partie a ses traditions, son histoire spécifique, des proximités régionales parfois, des évolutions de langages qui parfois ne partagent que de très lointaines origines tant la séparation depuis les migrations originelles remonte à loin. Et l'histoire mythique ou rélle de chaque endroit diffère. Le fait est pour les langues des Gaules qu'on est aujourd'hui encore infoutus de savoir à quoi elles ressemblaient, pour l'essentiel d'entre elles.

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