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La Garde nationale le 14 juillet 1790


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C'est une milice qui double l'armée "officielle", fortement suspectée (et à juste titre vu que ses officiers sont nobles) de royalisme, en réorganisant les éparses milices républicaines locales en un truc un peu structuré. De 1789 à 1791 je dirais que c'est un peu à l'arrache et en fonction des moyens dispo dans chaque département.

Il y a de sérieux problèmes avec ce truc qui selon les villes et les régions sert tel ou tel chapelle.

Mais de toute façon l'armée "royale" continue d'exister, continuant à porter le blanc quelques temps d'ailleurs.

La plupart des régiments perdent leur appellation originale et deviennent le Xe de ligne ou le Xe Cuirassier etc ...

Par exemple le régiment Royal-Deux-Ponts (régiment étranger) devient le 99e régiment d'infanterie le 1er janvier 1791 et devient régiment français plus tard dans l'année.

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Dans les origine de la Garde nationale, on retrouve la garde bourgeoise de l'Ancien Régime, qui avait pour mission de défendre les biens et les personnes. C'est en 1789, que des villes de province organisent des milices pour lutter à la fois contre les complots aristocratiques et les soulèvements populaires. Comme à Paris où la municipalité craignant des débordement créer la garde parisienne. De nombreux volontaires issus de couches les plus aisés de la société ont adhérés spontanément. D'autant que cette milice bourgeoise joue un rôle très important dans les moment à venir , c.à.d la prise de la Bastille. Le 15 juillet, le roi Louis XVI nomme le marquis de La Fayette commandant en chef de la garde parisienne. Le mouvement de Grande Peur qui, dans les jours suivants, provoque l'affolement dans les campagnes et de nombreuses villes, va alors accélère dans tout le pays la formation de milices sur le modèle parisien.

Après de nombreux débat sur la mise en place de la Garde nationale. Le comité laisse au roi Louis XVI de disposer de la force publique, mais dans un soucis de la réglementer ses actions avec des lois strictes et en accord avec la nouvelle organisation du pouvoir. D'ou un peu plus tard, autorisant les départements à recourir à la garde nationale. Peu à peu les députés confie aux gardes nationaux, le rôle de gardiens de la Constitution. (Notamment en  prononçant un serment de fidélité à la Constitution)  

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Au début, il s'agissait de milices composées des habitants des villes et bourgs importants ayant un certain niveau de biens, tout comme d'ailleurs les 1ers bataillons de volontaires pour les armées, ceux de 1790 au début 1792 étaient des gens issus de ces "couches moyennes et moyennes supérieures", ou à tout le moins des gens dits "de bonnes vie et moeurs". Mais le mécanisme s'est grippé très vite, et en fait surtout à Paris où existaient ces mouvements de quartiers et d'associations portés sur l'action violente de rue, à mi-chemin entre l'agit-prop professionnelle et l'idéologie politique bas de gamme et revancharde/haineuse, le règlement de compte personnel (de quartier souvent), l'ambition (ces "petits chefs" dont certains ont fait des fortunes) et le purement crapuleux. Ces groupements étaient une clientèle politique pour certains, un tremplin de carrière pour d'autres, en même temps qu'une pression peu canalisée mais constante sur la politique et sur les politiques eux-mêmes. Leur accorder des places et/ou des grades dans la Garde Nationale, entre autres, relevait du clientélisme et de moyens de "caser" certaines de ces personnes (il y en avait d'autres) en les inscrivant dans un cadre légal et parfois rémunérateur qui d'autre part, outre leur donner prestige et légitimité, les associait d'une certaine façon à tel ou tel personnage politique qui avait obtenu cette inscription.

Faut pas oublier que les Sans Culottes, loin de l'imagerie révolutionnaire, étaient à la base des professionnels de l'émeute vite devenus une voyoucratie de quartier à part entière, subventionnés par l'Etat ou plutôt les politiques qui s'en servaient abusivement. Quand la majorité d'entre eux ont été envoyés aux armées vers 1792-1793, d'une part la dite armée s'en est plaint tant ils n'étaient bons à rien, querelleurs, indisciplinés et parasites, mais aussi ce sont eux qui se sont signalés par des horreurs sans nom en Vendée (pour la guerre aux frontière, sérieuse, personne n'en voulait).

Ainsi, les bataillons de volontaires, dont pas mal faits de "Gardes Nationaux", étaient en fait une masse qui n'a servi qu'à la répression interne, d'autant plus sanglante et abominable qu'ils étaient faits d'éléments ineptes et incapables, mais aussi idéologues ou simplement crapuleux. Les généraux tout comme les populations regrettaient les Gardes Nationaux et Volontaires de 1790-1792 qui étaient disciplinés, se sont vite adaptés à leur tâche et n'ont pas posé le moindre problème.

Donc les Gardes Nationaux de 1790 à la fête de la Fédération, c'est comme beaucoup de choses avec cette fête: une vitrine illusoire et peu représentative de la Révolution, un bref moment où l'on pouvait déjà voir, notamment dans la fédération parisienne, beaucoup d'éléments et groupes un peu douteux, souvent issus des mouvements en fait peu spontanés de l'été 1789 où s'étaient vues les premières horreurs et des déchaînements de violence aveugle.

Mais de toute façon l'armée "royale" continue d'exister, continuant à porter le blanc quelques temps d'ailleurs.

Pour la même raison que le blanc était à l'origine la couleur de l'uniforme de la majorité des troupes françaises: c'est moins cher, et équiper une armée de plus de 150 000 fantassins ainsi, ça douille un peu.

Peut-on dire que la Garde nationale était l'armée révolutionnaire

Si la rue parisienne était un champ de bataille, oui, c'était une des armées de la Révolution ou en tout cas d'une partie d'entre elles, de même que les mouvements de Sans Culottes et quelques autres trucs. Mais elle a même peu servi en tant que Garde Nationale, et plus comme lieu de division (il fallait contrôler une portion pour avoir du poids). Quand à servir aux armées "réelles", elle a juste servi au moment de la levée en masse pour envoyer des mecs dûment recensés sur ses registres :lol: (et dont souvent il fallait se débarrasser d'ailleurs).

Au final, elle prolongeait au début les milices provinciales et Gardes Côtes sur l'organisation desquelles elle s'est en fait bâtie (registres, dépôts, cadres, organisation, infrastructures, organisation territoriale), mais la perte de nombre de ces cadres et/ou de leur rôle social, la politique et la forme qu'a prise la Révolution, ont dégagé cette amorce limitée en fait à 1790-1792 (début 1792 en fait) et dénaturé le principe même de la chose via un changement radical de composition de la "troupe". La conscription universelle obligatoire a par ailleurs vite achevé de dégager tout intérêt à l'institution, en drainant directement les recrues initialement ciblées aux armées dont le rôle devenait de fait celui théoriquement assigné à la base à la Garde Nationale.

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