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il y a 43 minutes, Skw a dit :

Ne pas croire qu'il existe une posture unique et partagée par l'ensemble de la classe politique allemande. Qui plus est, les opposants les plus radicaux au nucléaire sont aussi les principaux opposants à Nordstream. Par ailleurs, le risque est surtout  - ainsi que le redoutent les Américains - de voir les Russes se doter d'un moyen de pression vis--vis Allemands, plutôt que les Allemands vis-à-vis des Européens. Ce serait particulièrement mal vu, pour ne pas dire un rédhibitoire pour le futur des relations intra-européennes, si jamais les Allemands osaient faire pression en jouant sur l'alimentation en gaz passant par les Nordstreams 1 et 2. Autrement dit, ne pas trop se faire de films en la matière.

Tu regardes les politicailleries 

je regarde la posture geopolitique. Les americains ont completement rejoind la vision allemande c’est pas pour rien. 
parce que tu crois que se fera differemment que pour la distribution des aides europeennes ? Certes les allemands connaissent aujourd’hui les limites qu’ils veulent bien s’imposer mais demain ?

il n’y a pas de film regardes ou passe les pipelines et ceux a travers le monde. 

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il y a une heure, wagdoox a dit :

je regarde la posture geopolitique. Les americains ont completement rejoind la vision allemande c’est pas pour rien.

 Euh... Je veux bien ton analyse géopolitique, avec sources à l'appui, qui t'amène à penser que les Américains ont complètement rejoint la vision allemande. Et l'interprétation que tu fais de ce soi-disant alignement américain sur la vision allemande. Autrement dit, quel est ce "c'est pas pour rien" ?

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il y a 29 minutes, Skw a dit :

 Euh... Je veux bien ton analyse géopolitique, avec sources à l'appui, qui t'amène à penser que les Américains ont complètement rejoint la vision allemande. Et l'interprétation que tu fais de ce soi-disant alignement américain sur la vision allemande. Autrement dit, quel est ce "c'est pas pour rien" ?

Donner aux allemands les moyens du leviers sachant les allemands restent les lieutenant des usa en europe. 

de ce point de vu la, l’allemagne a complement remplacer les ru en europe depuis le brexit. L’aukus etait un moyen de redonner un role au anglais ailleurs. 
 

la source… biden a levé les sanctions tres rapidement apres. Trump avait une strategie totalement differente, ventre le gaz us par bateau donc decentralise 

Edited by wagdoox
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Face à la Russie, la «fermeté» hésitante de l’Allemagne  ... OURS de Berlin face à l' OGRE RUSSE ?  

Premiers pas de la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock

https://www.lefigaro.fr/international/face-a-la-russie-la-fermete-hesitante-de-l-allemagne-20220118

"Bousculée par la crise ukrainienne, la nouvelle coalition au pouvoir tente d’ajuster sa stratégie, vis-à-vis de Moscou, et de ses partenaires occidentaux qui attendent du chef de file de l’UE une ligne de conduite. Après une escale à Kiev, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, se rendra jeudi dans la capitale allemande pour des consultations avec ses homologues allemand, britannique et français, avant de rencontrer le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, vendredi à Genève."    18/01/2022

https://www.atlantico.fr/article/decryptage/ogre-russe---cette-incomprehensible-insouciance-occidentale-face-a-l-ultimatum-lance-par-vladimir-poutine-a-l-otan-ukraine-europe-diplomatie-conflit-negociations-francoise-thom

"Ogre russe : cette incompréhensible insouciance occidentale face à l’ultimatum lancé par Vladimir Poutine à l’OTAN   0                      5/01/2022 

Le ministère des Affaires étrangères russe a présenté deux projets d’accord concernant l’OTAN. Ces documents prévoient d'interdire tout nouvel élargissement de l'OTAN – à l'Ukraine, ainsi qu'à tout autre pays – et d'empêcher les activités militaires proches de la frontière russe. Cet ultimatum est susceptible de raviver les tensions avec la Russie et fait craindre une nouvelle offensive contre l'Ukraine."

Vue d'Allemagne ?? 

Edited by Bechar06
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  • 3 weeks later...

Jennifer Morgan, cheffe de Greenpeace et nouveau visage de la diplomatie allemande

La codirectrice américaine de Greenpeace intégrera le ministère des Affaires étrangères allemand le 1er mars. Outre-Rhin, cette nomination est un symbole : le nouveau gouvernement allemand veut placer l’environnement et le climat au centre de sa diplomatie.

Quote

 

La politique climatique internationale de l’Allemagne sera à l’avenir dirigée par “l’une des militantes pour l’environnement les plus influentes au monde”. L’Américaine Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace International, s’apprête à rejoindre le gouvernement d’Olaf Scholz, selon l’hebdomadaire de centre gauche Der Spiegel. À 55 ans, cette fine connaisseuse de l’Allemagne et de la Chine doit occuper les fonctions de représentante spéciale pour la politique climatique internationale. “Par la suite, elle devrait devenir secrétaire d’État au sein du ministère des Affaires étrangères.”

.......

https://www.courrierinternational.com/article/coup-declat-jennifer-morgan-cheffe-de-greenpeace-et-nouveau-visage-de-la-diplomatie

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il y a 12 minutes, Borisdedante a dit :

La codirectrice américaine de Greenpeace intégrera le ministère des Affaires étrangères allemand le 1er mars. Outre-Rhin, cette nomination est un symbole : le nouveau gouvernement allemand veut placer l’environnement et le climat les USA au centre de sa diplomatie.

Voilà, c'est corrigé.

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https://www.zdf.de/nachrichten/politik/jennifer-morgan-baerbock-greenpeace-100.html (9 février 2022)

Baerbock transfère la politique climatique au ministère des Affaires étrangères

Ce qui est beaucoup plus intéressant dans cette annonce, c'est le rôle d'Annalena Baerbock, qui a réussi, dès les négociations de coalition, à s'approprier la politique climatique internationale et à la transférer du ministère de l'Environnement au ministère des Affaires étrangères.

Cela signifie que soit Baerbock, soit Morgan, représentera à l'avenir l'Allemagne lors des conférences internationales sur le climat. Ils regrouperont tous les fonds dépensés pour des projets de protection climatique à l'étranger - et détermineront en fin de compte où ils seront utilisés.

Une manœuvre habile

Le ministère de l'Environnement, par ailleurs également dirigé par un ministre vert, et le ministère de l'Aide au développement ont ainsi été dépossédés de leurs pouvoirs. Le ministère des Affaires étrangères et Baerbock sont nettement revalorisés. Le fait que la ministre s'entoure désormais pour cela d'une spécialiste confirmée, qui a en outre le soutien des jeunes activistes du climat, est une manœuvre habile.

Même Robert Habeck devrait tendre l'oreille. Bien qu'il porte le titre de ministre du Climat, il semble désormais uniquement responsable de la transition énergétique impopulaire et de la protection du climat au niveau national. On ne peut pas s'en attribuer le mérite, d'autant plus qu'il a plutôt été à l'origine de mauvaises nouvelles ces derniers temps, lorsqu'il a tout d'abord stoppé la promotion de l'isolation thermique, avant d'en corriger une partie peu de temps après.

Edited by Wallaby
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https://www.tagesschau.de/inland/gesellschaft/boehmermann-urteil-101.html (10 février 2022)

Deux tribunaux avaient partiellement interdit au satiriste Böhmermann un poème injurieux sur le chef d'Etat turc Erdogan. Il s'y est opposé en déposant un recours. La Cour constitutionnelle fédérale vient de décider : "Aucune chance de succès".

https://www.rtl.de/cms/lobbyismus-oder-traumbesetzung-greenpeace-aktivistin-jennifer-morgan-zieht-ins-auswaertige-amt-4915595.html (9 février 2022)

Morgan est considérée comme une experte en climatologie expérimentée et disposant d'un bon réseau international. Cette Américaine parle couramment l'allemand, travaille à Amsterdam et vit à Berlin. Selon les informations fournies, elle a participé à toutes les conférences internationales sur le climat depuis la première en 1995 à Berlin.

Dans sa nouvelle fonction, Jennifer Morgan devra notamment représenter l'Allemagne à la conférence mondiale sur le climat et diriger l'initiative climatique internationale de l'Allemagne en collaboration avec les autres ministères compétents. L'initiative fédérale soutient surtout les pays du Sud global dans leurs projets climatiques, comme par exemple l'abandon de l'électricité produite à partir de charbon en Afrique du Sud. Au total, un budget de près de six milliards d'euros est disponible à cet effet.

Jennifer Morgan apporte donc à son nouveau poste non seulement sa longue expérience en tant que militante pour le climat, mais aussi de nombreux contacts internationaux. Elle est par exemple familière avec les représentants climatiques des États-Unis, le négociateur en chef et le vice-président de la Commission européenne. Elle a influencé la politique climatique européenne pour la première fois en 2007 au sein d'un comité consultatif de l'UE.

Son passé d'activiste et de directrice de Greenpeace est également critiqué. Beaucoup voient en elle une lobbyiste qui pourrait avoir des difficultés à défendre les intérêts allemands. Interrogé par RTL, Lobbycontrol confirme que Morgan devra à l'avenir défendre les positions du gouvernement fédéral et non celles de Greenpeace. "Le ministère des Affaires étrangères doit en outre s'assurer que Greenpeace ne bénéficie désormais d'aucun avantage particulier par rapport aux autres acteurs des négociations climatiques", précise Lobbycontrol.

Jennifer Morgan semble toutefois consciente de cette responsabilité. "Si je parle au nom de l'Allemagne, je défendrai bien sûr la position du gouvernement fédéral, pas la mienne personnellement ou celle d'une autre organisation", précise-t-elle mercredi.

Il reste néanmoins à savoir où se situent les loyautés de Morgan lorsqu'il s'agit de questions de politique climatique et des intérêts de l'Allemagne. En premier lieu, elle continue de se battre pour l'environnement et pour le climat, y compris dans son rôle politique. "Cela fait 30 ans que je me bats pour cette planète. Je suis toujours à l'endroit où je pense pouvoir faire la plus grande différence et je pense qu'en ce moment, c'est le ministère des Affaires étrangères", a déclaré Morgan.

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il y a 34 minutes, Wallaby a dit :

Son passé d'activiste et de directrice de Greenpeace est également critiqué. Beaucoup voient en elle une lobbyiste qui pourrait avoir des difficultés à défendre les intérêts allemands.

Les intérêts allemands étant ceux des Etats-Unis, il n'y aura pas de problème.

Edited by Kiriyama
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Il y a 3 heures, Kiriyama a dit :

Les intérêts allemands étant ceux des Etats-Unis, il n'y aura pas de problème.

Dans le domaine précis du climat, pas si les Républicains dominent les deux chambres, sans parler d'une réélection de Trump. Mais c'est vrai qu'à la tête d'un budget de 6 milliards, on peut influencer de nombreux pays dans toutes sortes de domaines :

https://www.zdf.de/nachrichten/politik/jennifer-morgan-baerbock-greenpeace-100.html

Dans sa nouvelle fonction, Jennifer Morgan devra notamment représenter l'Allemagne à la conférence mondiale sur le climat et diriger l'initiative climatique internationale de l'Allemagne en collaboration avec les autres ministères compétents. L'initiative fédérale soutient surtout les pays du Sud global dans leurs projets climatiques, comme par exemple l'abandon de l'électricité produite à partir de charbon en Afrique du Sud. Au total, un budget de près de six milliards d'euros est disponible à cet effet.

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Il y a 2 heures, Wallaby a dit :

Dans le domaine précis du climat, pas si les Républicains dominent les deux chambres, sans parler d'une réélection de Trump. Mais c'est vrai qu'à la tête d'un budget de 6 milliards, on peut influencer de nombreux pays dans toutes sortes de domaines :

https://www.zdf.de/nachrichten/politik/jennifer-morgan-baerbock-greenpeace-100.html

Dans sa nouvelle fonction, Jennifer Morgan devra notamment représenter l'Allemagne à la conférence mondiale sur le climat et diriger l'initiative climatique internationale de l'Allemagne en collaboration avec les autres ministères compétents. L'initiative fédérale soutient surtout les pays du Sud global dans leurs projets climatiques, comme par exemple l'abandon de l'électricité produite à partir de charbon en Afrique du Sud. Au total, un budget de près de six milliards d'euros est disponible à cet effet.

Ah ben oui que les autres arrêtent le charbon pendant qu'eux continuent à en brûler et ils vont sûrement revendre à prix d or leurs conseils et le matos sur les enr

Z'ont pas oublié d être stupides nos amis allemands...

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https://www.morgenpost.de/kolumne/meine-woche/article234557419/Gefaehrlicher-Ungehorsam.html (13 février 2022)

Blocage d'une autoroute à Berlin

Le dialogue devient alors difficile : les activistes climatiques du groupe "Die letzte Generation" veulent poursuivre leurs blocages de rues à Berlin jusqu'à ce que le gouvernement fédéral ait promulgué une loi sur l'utilisation durable des denrées alimentaires. Cette loi doit obliger les supermarchés allemands à faire don des aliments périmés.

C'est par exemple l'avis exprimé il y a quelques jours par la nouvelle ministre de l'Environnement du gouvernement fédéral, Steffi Lemke (Verts). "Il est tout à fait légitime de manifester pour défendre ses intérêts et d'utiliser pour cela des formes de désobéissance civile", a déclaré cette native d'Allemagne de l'Est - s'attirant ainsi de vives critiques. Heureusement.

Et aussi de la part des représentants du gouvernement de coalition tricolore, comme le ministre fédéral de la Justice Marco Buschmann (FDP). "Dans le droit allemand, la désobéissance civile n'est ni un motif de justification ni un motif d'excuse. Les manifestations non déclarées sur les autoroutes sont et restent illégales", a tweeté Buschmann. "Je pensais jusqu'à présent qu'il n'était pas nécessaire d'expliquer cela dans un cabinet fédéral. Apparemment, si".

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Après, il ne faut pas oublier les facteurs géographiques (quelle surprise que l'Allemagne importe plus de gaz russe que l'Irlande !) et démographique (quelle surprise que l'Allemagne importe plus de gaz russe que la Lettonie !).

 

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il y a 33 minutes, Desty-N a dit :

Tonton Vlad avait déjà prouvé à plusieurs reprises qu'il pouvait être extrêmement  retors

Pardon ? Ce n'est pas Poutine qui menace de couper le gaz russe à l'Allemagne, mais Biden.

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il y a 4 minutes, Wallaby a dit :

Pardon ? Ce n'est pas Poutine qui menace de couper le gaz russe à l'Allemagne, mais Biden.

Je ne qualifierais pas une menace directe de manœuvre retorse :smile:. Je verrai plus tonton Vlad, comme un adepte Paulo Coehlo "parfois la peur de souffrir fait plus de dégats que la souffrance elle-même."
Pour dire les choses autrement, un bon maître-chanteur sait inspirer la crainte en ne recourant que rarement à la violence. Néanmoins, tout le monde sait qu'il peut le faire et qu'il n'aura aucune hésitation. C'est un peu ce qui se passe avec l'Ukraine en ce moment, non?:dry:

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il y a 45 minutes, Desty-N a dit :

Déjà, l'Allemagne, où la part de gaz russe représente plus de la moitié de ses importations (55%),

C'est en pourcentage de la consommation de gaz. En pourcentage de l'énergie totale, cela doit être beaucoup plus faible.

Il faudrait comparer aux importations allemandes de pétrole soviétique au beau milieu de la guerre froide, où la Russie ne se contentait pas de menacer l'Ukraine, mais elle occupait militairement un tiers du territoire allemand et la moitié de la capitale, Berlin !

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https://www.ost-ausschuss.de/sites/default/files/pm_pdf/German-Russian-Energy-Relations-since-1970.pdf (17 juin 2020)

L'achat de gaz soviétique était considéré comme une mesure pour instaurer la confiance.

[gazoduc Transgas via la tchécoslovaquie (et l'Ukraine)  https://de.wikipedia.org/wiki/Transgas-Pipeline ]

Dès 1969, le ministère des Affaires étrangères considérait comme concevable une part de 20 % de gaz soviétique sur le marché allemand.

De plus, la République fédérale espérait une énergie bon marché et l'Union soviétique était avide de devises étrangères.

Otto Schedl, ministre bavarois de l'économie dans les années 1960, tentait de rattraper le retard de la région agricole de l'époque en termes d'énergie bon marché et de progrès technologique.

Un raccordement de la Bavière au réseau gazier soviétique offrait également la possibilité de surmonter le monopole d'approvisionnement en gaz naturel des Néerlandais de l'époque et de positionner la Bavière comme plaque tournante pour la distribution du gaz dans la Communauté européenne, les Italiens et les Français étant également ouverts à la coopération énergétique avec l'Union soviétique.

Les actionnaires de Ruhrgas AG étaient BP et Shell, deux entreprises de Grande-Bretagne et des Pays-Bas, qui étaient elles-mêmes liées à la société américaine Exxon. L'activité du gazoduc germano-russe avait donc une dimension internationale dès le début.

Pour la première fois, l'Union soviétique faisait partie d'une chaîne d'approvisionnement internationale au-delà des pays qu'elle contrôlait politiquement, ce qui était en fait incompatible avec l'idéologie communiste d'autosuffisance. Le traité d'Essen est donc devenu non seulement un projet phare pour les Allemands et les Russes, mais aussi un tournant décisif dans les relations Est-Ouest.

Une autre particularité parmi les accords sur les gazoducs était l'accord triangulaire de 1975 appelé IGAT, dans lequel l'Allemagne et d'autres pays d'Europe occidentale coopéraient non seulement avec le Kremlin mais aussi avec le Shah de Perse. L'Iran fournissait du gaz à l'Union soviétique, qui à son tour transmettait la même quantité à l'Europe occidentale.

[gazoduc Yamal via la Pologne]

Parallèlement, les Américains ont également développé rapidement leurs échanges avec l'Union soviétique durant l'ère Kissinger. Entre 1971 et 1979, le commerce américano-soviétique a été multiplié par quinze pour atteindre 3,6 milliards de dollars US. Avec une part de 19,9 %, les États-Unis étaient en 1979 le deuxième fournisseur le plus important de l'URSS, après la République fédérale, qui les devançait de peu avec 20 %.

La crise des relations entre l'Allemagne de l'Ouest et les États-Unis, qui avait été sévère jusqu'alors, s'est prolongée pendant des mois en 1981/82. Wolff von Amerongen, qui a tenté d'expliquer à Washington que les investissements dans le gazoduc profiteraient surtout aux producteurs d'équipements occidentaux et qu'avec une part d'approvisionnement soviétique de 30 % de la consommation allemande de gaz naturel et de moins de 10 % des besoins énergétiques totaux de l'Allemagne, il n'y aurait pas de dépendance risquée, a lui-même été pris dans la ligne de mire. Le chroniqueur William Safire a écrit dans le New York Times que l'attitude de Wolff était une "insulte à l'Amérique" et que "100 000 travailleurs esclaves" seraient utilisés pour construire le gazoduc. Mais Wolff von Amerongen a réussi à trouver des alliés influents, en particulier dans l'économie américaine. Entre autres choses, le chef des Chambres de commerce américaines a écrit une lettre au président Reagan, mettant en garde contre les sanctions à l'encontre des alliés occidentaux et promouvant la stratégie allemande consistant à devenir moins dépendant des approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient.

À l'époque, les ministres des affaires étrangères de la Communauté Européenne étaient également unanimement opposés à la politique de sanctions américaine et à sa prétention à l'extraterritorialité, qui allait à l'encontre des principes du commerce mondial. Néanmoins, au cours de l'été 1982, l'administration Reagan a placé deux fabricants français de compresseurs, ainsi qu'une société italienne et une britannique chacune, sur une liste de sanctions américaines et a refusé d'utiliser les licences américaines pour le projet Yamal. En conséquence, les entreprises allemandes ont envoyé des "lettres de protection" au ministère fédéral de l'économie, qui montraient que les sanctions américaines violaient la loi allemande sur le commerce extérieur. "L'application de la loi américaine est nulle et non avenue dans des États étrangers souverains", a commenté Wolff von Amerongen sur les activités américaines dans ses mémoires.

Dans un communiqué de presse du 2 juillet 1982, l'Association des entreprises allemandes de commerce avec l'Est a averti que "l'extraterritorialité d'une décision du gouvernement américain, revendiquée maintenant pour la première fois", conduirait à une "violation grave du principe de loyauté et d'honnêteté" et a demandé une révision du décret américain. Il y aurait un risque que les demandes de dommages et intérêts de Moscou se chiffrent en milliards ainsi qu'une "atteinte à la division internationale du travail".

La professeur américaine Angela Stent, qui est toujours un expert commercial actif à l'université de Georgetown à Washington, aurait déclaré que les États-Unis craignent que les Européens "aident l'ennemi" avec des transactions commerciales. Selon de nombreux Américains, ces transactions sont plus avantageuses pour l'Union soviétique. D'autres experts, en revanche, ont spéculé à l'époque sur le fait que le gazoduc de Yamal pourrait être superflu, car la demande de gaz dans l'UE diminuerait de toute façon. George Sokoloff, conseiller du président François Mitterrand, a quant à lui souligné dans la même contribution que l'objectif des Européens était d'encourager l'Union soviétique à investir des milliards dans le secteur non militaire (et donc à s'éloigner des programmes d'armement). "Alors que M. Reagan préfère les embargos, les Européens veulent de nouveaux programmes de coopération", a déclaré M. Sokoloff. Et l'analyste allemand Friedemann Müller de souligner qu'il est possible de rester en dialogue sur des projets économiques communs et de désamorcer les conflits à un stade précoce.

Les trois aspects décisifs amenant Ronald Reagan à céder dans le grand conflit des pipelines de 1982 furent principalement :

1. les entreprises américaines impliquées n'étaient pas du tout en accord avec la politique d'embargo de leur propre gouvernement et rendaient plausible le fait qu'elles étaient ainsi distancées dans la concurrence mondiale et sur le marché européen.

2. Le chancelier Helmut Schmidt, qui était connu à Washington comme un défenseur de la double décision de l'OTAN, a clairement soutenu le projet énergétique et a fait comprendre au président Reagan que l'Union soviétique ne pourrait pas acheter de céréales aux États-Unis sans les recettes en devises provenant des transactions gazières.

3. Schmidt pouvait compter sur le soutien unanime de chefs d'État européens tels que François Mitterrand, ainsi que sur la large approbation de l'économie et du public ouest-allemands. Helmut Kohl (CDU), le nouveau chancelier fédéral qui succéda à Schmidt à l'automne 1982, adhéra également à l'affaire du gazoduc. adhérait également à l'affaire des pipelines.

Le 13 novembre 1982, les sanctions américaines furent finalement levées.

Le processus de transformation en Europe de l'Est, les négociations prolongées sur l'utilisation des terres en Biélorussie et en Pologne et les défis climatiques extrêmes en Sibérie septentrionale ont ensuite entraîné un retard considérable du projet Yamal a été considérablement retardé. Ce n'est qu'en 1995 que le gazoduc de 5 000 kilomètres de long a été achevé, puis exploité par une coentreprise russo-polonaise.

La relation de confiance que les entrepreneurs et les hommes politiques allemands avaient établie avec Moscou depuis les années 1950 a peut-être été un élément décisif dans ce processus de transformation. Les Polonais, Slovaques, Tchèques, Biélorusses et Ukrainiens devenus indépendants ont pu bénéficier d'une infrastructure énergétique moderne et de droits de transit considérables grâce aux nombreux accords germano-soviétiques sur les gazoducs. Le fait qu'ils aient dû accepter en contrepartie la conversion graduelle des prix de l'énergie subventionnés à ceux du marché par la Russie est le revers de la médaille.

Edited by Wallaby
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@Wallaby : finalement, on est pas tellement en désaccord.

Il y a 3 heures, Wallaby a dit :

https://www.ost-ausschuss.de/sites/default/files/pm_pdf/German-Russian-Energy-Relations-since-1970.pdf (17 juin 2020)

L'achat de gaz soviétique était considéré comme une mesure pour instaurer la confiance.

[gazoduc Transgas via la tchécoslovaquie (et l'Ukraine)  https://de.wikipedia.org/wiki/Transgas-Pipeline ]

Dès 1969, le ministère des Affaires étrangères considérait comme concevable une part de 20 % de gaz soviétique sur le marché allemand. (...)

Wolff von Amerongen, qui a tenté d'expliquer à Washington que les investissements dans le gazoduc profiteraient surtout aux producteurs d'équipements occidentaux et qu'avec une part d'approvisionnement soviétique de 30 % de la consommation allemande de gaz naturel et de moins de 10 % des besoins énergétiques totaux de l'Allemagne, il n'y aurait pas de dépendance risquée, a lui-même été pris dans la ligne de mire. (...)

Actuellement, on parle de 55% de PDM pour le gaz russe dans les importations. Des proportions bien au delà de ce que mentionnent le ministre des affaires étrangères de laRFA ou Wolff von Amerongen.
D'ailleurs même les dirigeants allemands commencent à se poser des questions

Citation

Une grande dépendance au gaz russe… Le problème a été mis en lumière par la crise en Ukraine, mais l’Allemagne préfèrerait l’occulter. Début février, l’ancien vice-chancelier Sigmar Gabriel (SPD) faisait amende honorable dans l’hebdomadaire économique WirtschaftsWoche, en reconnaissant que « les dernières décennies, marquées par la dérégulation du marché de l’énergie, nous ont conduits à choisir le gaz le moins cher, celui fourni par le gazoduc russe ». Selon les statistiques du cabinet IHS Markit, celui-ci représente 55% des importations allemandes, devant les livraisons de la Norvège (30,6%) et des Pays-Bas (12,7%). (...)
https://www.usinenouvelle.com/article/l-allemagne-en-quete-de-solutions-pour-reduire-sa-dependance-au-gaz-russe.N1784922

Encore une fois ce qui me gène, ce n'est pas d'acheter du gaz à la Russie, mais d'en acheter trop, au point d'en devenir dépendant. Faire des économies en achetant pas cher, d'accord, mais mettre tous ses œufs dans le même panier, ça comporte des risques. Berlin commence à se rendre compte de son erreur...
Le bon côté, c'est que l'UE fait bloc et qu'elle pourrait en ressortir renforcée: 

Citation

La Commission a multiplié les contacts pour diversifier ses approvisionnements. Les détails du plan de sanctions envisagé par les Vingt-Sept envers la Russie en cas d’offensive contre l’Ukraine restent secrets.   (...)
Après une discussion à vingt-sept organisée avant le sommet Union européenne-Union africaine, le mot « unanimité » était sur toutes les lèvres. « Tous sur la même ligne, c’est trop rare pour ne pas être souligné », ironisait une diplomate. L’absence du premier ministre hongrois, Viktor Orban, resté à Budapest pour une rencontre avec le président brésilien, Jair Bolsonaro, – lequel arrivait de Moscou – aura sans doute facilité les choses. (...)
https://www.lemonde.fr/international/article/2022/02/18/crise-ukrainienne-l-union-europeenne-se-dit-prete-a-faire-face-aux-coupures-de-gaz-de-moscou_6114240_3210.html

  Si j'ai le temps, je développerai le thème de la réaction européenne sur le fil dédié 

Révélation

Mais pour lancer une piste, je rappelle que l'Iran a d'énorme réserves d'hydrocarbures et tout spécialement de gaz …:wink:

Un dernier point sur la guerre des pipeline du début des années 80. Il se peut que Reagan n'ait pas eu pour unique motivation de faire plaisir à l'Allemagne ou aux entreprises américaines :happy: : 

Citation

(...) Au début des années 80, grâce à des renseignements fournis par la France, Ronald Reagan a ordonné une invraisemblable opération de déstabilisation technologique de l'URSS, qui a notamment conduit à l'explosion d'un gazoduc à l'été 1982. C'est ce que révèle Thomas C. Reed, ancien conseiller de Reagan, dans un livre à paraître aux Etats-Unis, At the Abyss : An Insider's History of the Cold War (éd. Ballantine Books) (...)
En se plongeant dans les 4 000 documents fournis (...) via la France, les Américains ont découvert, effarés, que les Soviétiques étaient infiltrés dans nombre de laboratoires occidentaux et avaient accès à des plans et des logiciels extrêmement sensibles. (...). Grâce à la découverte de ces canaux, la CIA décide d'envoyer des fausses informations aux Soviétiques. Notamment des logiciels (...) contenant des erreurs indétectables.
(...). Un de ces logiciels, conçu pour gérer des installations gazières (pompes, turbines, valves...), a parfaitement rempli son office : (...), il a déclenché une pression excessive, qui a conduit à l'explosion d'un pipeline sibérien, «la plus monumentale explosion non nucléaire jamais vue depuis l'espace», selon l'auteur. Les Soviétiques ont alors commencé à suspecter toutes leurs installations, «ce qui était le but de toute l'opération». (...)
https://www.liberation.fr/planete/2004/02/28/comment-reagan-a-piege-la-technologie-sovietique_470604/

Révélation

In the book, Reed stated the United States added a Trojan horse to gas pipeline control software that the Soviet Union obtained from a company in Canada. (...) According to Reed, when the components were deployed on a Trans-Siberian gas pipeline, the Trojan horse led to a huge explosion. (...) He wrote: "The pipeline software that was to run the pumps, turbines and valves was programmed to go haywire, to reset pump speeds and valve settings to produce pressures far beyond those acceptable to the pipeline joints and welds. The result was the most monumental non-nuclear explosion and fire ever seen from space."  (...)
https://en.wikipedia.org/wiki/At_the_Abyss & https://www.nytimes.com/2009/10/27/science/27trojan.html?_r=1&ref=science&pagewanted=all 

  

 

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