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Je me suis aussi posé la question. Pour l'instant, il y a une base US au Qatar, le pays achète aussi du matériel militaire allemand, tout cela doit le placer dans le camp des gentils, sous réserve de quelques accointances avec des islamistes.

 

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Un point de vue très intéressant de Forbes sur le programme de réarmement allemand et quelques remarques sur les projets en coopération, en particulier le SCAF:

COMMENT LA BUNDESWEHR DEVRAIT DÉPENSER SON ARGENT

MICHEL SHURKIN

21 MARS 2022

COMMENTAIRE

La décision du chancelier allemand Olaf Scholz à la fin du mois dernier d'augmenter les dépenses de défense allemandes à 2 % du PIB et de lancer l'augmentation avec une frénésie de dépenses de 100 milliards d'euros (environ 110 milliards de dollars) marque un changement radical dans la pensée de la défense allemande, qui aura des conséquences importantes pour la défense européenne, l'Union européenne et l'OTAN. Cela soulève également des questions immédiates sur la façon dont l'Allemagne dépensera cet argent et à quoi ressemblera la Bundeswehr après la folie. Cela aussi est très important pour les alliés de l'Allemagne : la défense européenne est un travail d'équipe, ce qui signifie que si soudain le géant endormi de l'Europedécide de devenir une puissance militaire, le reste de l'équipe voudra peut-être ajuster ses propres dépenses et sa planification. L'argent à l'échelle que l'Allemagne s'engage maintenant à dépenser signifie non seulement réparer toutes les façons dont la Bundeswehr est actuellement brisée, mais aussi devenir quelque chose de plus grand et de plus capable. Mais de quelles manières ?

La priorité de la Bundeswehr depuis 2014 a apparemment été de revenir sur les décisions prises entre 2006 et 2014 environ de réduire l'armée tout en augmentant le nombre de forces expéditionnaires déployables. Le mot que l'on rencontre fréquemment dans les documents de cette période est einsatzfähig , essentiellement « déployable ». (Voir, par exemple, le Weissbuch ou livre blanc sur la défense de 2006, publié par le ministère de la Défense, le rapport de la Commission Weise de 2010 et les diverses réformes proposées par le ministre de la Défense Karl-Theodor zu Guttenberg.) Cela signifiait non seulement couper la Bundeswehr, mais couper de manière disproportionnée ses unités plus lourdes et les principaux systèmes d'armes qui n'étaient pas appropriés pour des opérations telles que celles qui se déroulaient à l'époque en Afghanistan. C'est en 2010 que l'Allemagne a mis fin à la conscription et réduit la taille de la Heer, l'armée, de 100 000 à 70 000.

 

Après l'annexion de la Crimée par la Russie et l'invasion de l'Ukraine en 2014, l'Allemagne a commencé à reconstituer progressivement la force tout en s'éloignant de sa concentration étroite sur l'extrémité inférieure du spectre du conflit. Le Weissbuch de 2016 , par exemple, exprime une réelle préoccupation quant à la possibilité d'un conflit entre États en Europe et un engagement à renforcer les capacités de guerre conventionnelle de la Bundeswehr. Même d'un point de vue linguistique, il y a eu un abandon de l' einsatzfähig ou de l'Einsatszfähigkeit (déploiement) pour se préoccuper de l' Einsatzbereitschaft(préparation). Le parlement allemand et le public allemand, cependant, n'étaient pas disposés à payer pour des améliorations significatives et ont hésité à dépenser près de 2 % du PIB. Les ambitions de la Bundeswehr sont restées modestes au point même de renoncer en 2015 à l'objectif d'être entièrement équipée ( Vollausstattung ). Au lieu de cela, selon le lieutenant-général Jörg Vollmer, à l'époque l'officier le plus haut gradé d'Allemagne, le véritable objectif de la Bundeswehr était d'avoir « assez » pour répondre aux besoins actuels de l'armée. C'est durant cette période que l'armée allemande joue avec un système de maintien en puissance rotatif et dynamique ( Dynamisches Verfügbarkeitsmanagement ) conçu en effet pour permettre à l'armée de se débrouiller avec de faibles taux de disponibilité des véhicules.

En conséquence, tous les observateurs de la Bundeswehr s'accordent à dire que la Bundeswehr souffre d'une faible capacité et de lacunes béantes en matière de préparation. Les Allemands n'ont pu soutenir leurs opérations en Afghanistan et participer aux grands exercices et déploiements de l'OTAN qu'en cannibalisant diverses unités, souvent au prix d'une réduction significative de la disponibilité d'équipements majeurs à des fins d'entraînement. Une conséquence concrète a été que, comme je l'ai soutenu dans un rapport RAND en 2017, l'Allemagne aurait du mal à rassembler une brigade lourde pour une confrontation (maintenant pas si) hypothétique en Europe de l'Est et à la maintenir sur le terrain. Des rapports plus récents indiquent que la Bundeswehr a apporté de modestes améliorations, mais n'est toujours pas là où tout observateur pense qu'elle doit être. Il n'aurait pas beaucoup plus de facilité à créer et à maintenir cette brigade lourde, par exemple. Certains critiques rejettent complètement les rapports plus optimistes du ministère de la Défense. En 2019, Deutsche Welle a déclaré que la Bundeswehr était « en crise », et à vrai dire, rien ne laisse penser que la situation a changé depuis.

Production d'armes "artisanale"

Selon un document du ministère allemand de la Défense publié en décembre 2021, 71 systèmes d'armes majeurs avaient un taux de préparation opérationnelle moyen de 77 %, ce qui constitue une amélioration significative par rapport aux années passées. Cependant, 11 systèmes avaient des cotes inférieures à 50 %. Les véhicules de combat s'élevaient à 71 % (si cela est vrai, il s'agit d'une réalisation majeure étant donné qu'en 2017, la presse allemande rapportait que moins de la moitié des Leopard 2 allemands était opérationnelle). L'équipement des «unités de combat de la marine» s'élevait à un taux de préparation de 72%; les avions de combat et de transport étaient à 65 % ; véhicules de soutien à 82 % ; et les hélicoptères à 40 %. Une partie importante des flottes de véhicules allemandes dans tous les domaines sont également vieillissantes ou obsolètes, y compris bon nombre de ses véhicules blindés. Le ministère de la Défense a estimé que le problème était particulièrement grave pour les systèmes vieillissants et les éléments dont il n'y avait que quelques-uns. Les exemples incluent les hélicoptères allemands CH-53 et les avions de patrouille P-3C. Mais les nouveaux avions de transport stratégique A400M de la Bundeswehr, ainsi que ses hélicoptères NH90 et Tigre, étaient également en difficulté. De même, la marine allemande était en difficulté. Moins de 30 % de la flotte de la marine, observe le rapport,

Ces chiffres de 2021 semblent majoritairement positifs. Cependant, la situation est moins encourageante lorsque l'on vérifie les dénominateurs. Pourcentage de quoi ? Le document du ministère soulignait la différence entre ce que la Bundeswehr avait dans son inventaire et ce qu'elle jugeait « disponible » ( verfügbar ). Ce dernier terme s'applique aux articles qui sont entre les mains de la Bundeswehr plutôt que chez le fabricant en cours de mise à niveau ou de réparation. En d'autres termes, les taux de disponibilité mentionnés ci-dessus ne s'appliquent qu'aux articles « disponibles ». Cela fait baisser les chiffres de manière significative. Par exemple, le rapport indique que seuls 183 des 289 Leopard 2 de la flotte de la Bundeswehr sont « disponibles » (63 %). Parmi ceux-ci, le pourcentage indiqué de chars « prêts » est de 75 %, soit environ 137, ce qui représente moins de la moitié de la flotte globale.

Améliorer l'état de préparation de l'Allemagne signifie augmenter le dénominateur. C'est aussi investir et restructurer l'ensemble de l'édifice industriel de la défense et sa relation avec l'armée : les industriels de l'armement allemands, comme ceux de la France, ont été orientés non pas sur la productivité mais sur la réduction des coûts pour l'armée tout en maintenant des chaînes de production ouvertes malgré la petite taille de activité globale. Cela signifie que la Bundeswehr a une capacité relativement faible pour réparer et moderniser son équipement (ce qui nécessiterait, entre autres, l'achat et le stockage de pièces ainsi que l'entretien des installations de réparation). Au lieu de cela, il renvoie de nombreux éléments majeurs au fabricant. Ceux-ci font leur travail lentement, par conception. L'idée de base est que si l'on n'a qu'un petit nombre de commandes par an, il faut faire traîner le travail de peur de devoir fermer la chaîne de production ou les installations de réparation et laisser partir les travailleurs. Pour cette raison, à bien des égards, la production d'armes modernes en Allemagne est artisanale plutôt qu'industrielle. Les coûts sont plus élevés et les usines industrielles ne peuvent pas simplement changer de vitesse pour produire plus, plus vite.

Un autre problème fondamental est celui de la main-d'œuvre. L'Allemagne a mis fin à la conscription en 2011 et a depuis découvert que le recrutement et le maintien d'une force entièrement volontaire est à la fois plus difficile et plus coûteux qu'elle ne l'avait imaginé. L'armée doit concurrencer d'autres employeurs, et l'Allemagne ne bénéficie pas autant que la France et les États-Unis d'un large soutien culturel à l'idée de s'engager. L'Allemagne pourrait trouver plus facile de construire plus d'armes que d'inciter son propre peuple à les faire fonctionner. Un certain nombre de rapports identifient le moral bas lié à la négligence des militaires comme un obstacle au recrutement et à la rétention .

Regard sur l'avenir du combat au sol

Reconstruire la Bundeswehr pour la rendre plus prête coûtera énormément d'argent, mais avec les nouvelles dépenses prévues, il en restera assez pour accroître la force et cultiver certaines nouvelles capacités. Une idée générale de ce que l'armée allemande veut devenir peut être trouvée dans un rapport de 2019 publié par le ministère allemand de la Défense, dont le titre se traduit essentiellement par « Principes essentiels pour la Bundeswehr du futur ». ( Le nouveau ministre de la défense a appelé à une nouvelle étude, mais jusqu'à présent on ne sait rien de ce qu'il pourrait contenir.) Le document est typique de son genre et de son époque : on y trouve beaucoup de discours sur les « multi-dimensions », par exemple, et une préoccupation pour les adversaires » capacités anti-accès/refus de zone ». Cependant, le rapport traite de généralités : la Bundeswehr devrait être mieux intégrée, avoir des structures de commandement plus robustes et agiles, être plus numérisée et, en somme, être un acteur solide de l'équipe OTAN. C'est quelque chose qui distingue la pensée de la Bundeswehr de celle de l'armée française : on met relativement peu l'accent sur l'autonomie ou la capacité de mener des opérations seul ou même simplement d'être le chef d'une coalition. De plus, l'échelle globale est modeste, appelant par exemple à pouvoir aligner une division complète.

Dans cet esprit, la Bundeswehr a lancé un programme de modernisation connu sous le nom de Division 2027. L'idée de base était de pouvoir disposer d'une brigade entièrement équipée et équipée en attente pour la force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation de l'OTAN d'ici 2023, une division mécanisée modernisée d'ici 2027, et trois divisions mécanisées prêtes au combat d'ici 2031.

La Division 2027 apparaît désormais trop modeste. La vérité, cependant, est qu'il serait peut-être préférable que la Bundeswehr vise à en faire une réalité et ne laisse pas le parfait être l'ennemi du bien. Mon argumentaire est donc pour la Division 2027+, avec quelques investissements spécifiques supplémentaires. En outre, il y a aussi des investissements clés qui sont en retard pour la Luftwaffe et la marine allemande, des investissements qui ne sont pas bon marché. La plus importante est la décision que vient d'annoncer le ministère allemand de la Défense d'acheter 35 F-35A et 15 variantes de guerre électronique de l'Eurofighter Typhoon pour remplacer sa flotte vieillissante de Tornado. Les F-35 à eux seuls pourraient coûter 4 à 5 milliards d'euros. La presse allemande cite un prix de 80 millions d'euros pour chaque F-35. La marine a besoin de plus de coques et développe actuellement de nouveaux types de frégates, les F126 et F127. Le programme F126 à lui seul coûtera plus cher que les F-35 . Raison de plus pour s'en tenir à un plan relativement modeste pour l'armée allemande.

La guerre terrestre de nos jours nécessite des chiffres, que la division 2027 augmente. Un exemple est le besoin criant de la Heer pour plus de tirs à longue portée, une capacité qui a considérablement souffert lors des coupes budgétaires de l'après-guerre froide, comme ce fut le cas avec les armées britannique et française. Dans la Heer, le nombre d'unités d'artillerieest passé de 70 pendant la guerre froide à quatre à partir de 2020. Pour mettre le déclin en d'autres termes, le ratio artillerie / unités de combat est passé de 1: 2 en 1990 à 1: 9. La division 2027 appelle à reconstituer les unités d'artillerie, en les étendant à trois régiments (un pour chacune des trois divisions que les Allemands voulaient d'ici 2031) plus un bataillon de système de lancement multiple de fusées. L'armée allemande a également prévu d'associer ses excellents obusiers blindés PzH 2000 à une version à roues plus mobile, quelque chose comme l'obusier automoteur français CAESAR, mais peut-être sur un châssis blindé Boxer. Ce n'est sans doute pas suffisant, mais c'est un début.

Dans l'air

Un ajout plus délicat serait quelque chose d'absent du plan de la Division 2027 : des drones armés et des munitions qui traînent, y compris des drones plus gros exploités par la Luftwaffe et des drones plus petits exploités par la Heer. Les performances des drones turcs Bayraktar TB2 en Ukraine semblent confirmer leur utilité dans un conflit conventionnel face à un adversaire moderne. L'Allemagne serait bien avisée d'y investir et peut choisir parmi une grande variété d'options américaines, israéliennes et turques. (La Luftwaffe loue actuellement des drones de reconnaissance israéliens pour la surveillance à longue portée qui existent également dans des variantes armées ) . pendant des années a reporté les décisions en attendant " de nouvelles discussions.” Cependant, Scholz a déclaré dans le cadre de son annonce de dépenses de défense le 27 février son intention, enfin, d'acquérir des drones armés, en particulier des Herons israéliens et éventuellement l'Airbus "Eurodrone".

L'armée allemande doit également remédier à son manque de systèmes de défense aérienne à courte portée. Il a perdu une capacité de défense aérienne utile en 2012 lorsqu'il a retiré le Gepard Flakpanzer, un système anti-aérien blindé et chenillé, qui a deux canons automatiques montés sur un châssis de char. Ils sont idéaux pour se défendre contre certaines classes de drones. L'Allemagne aurait environ 50 Gepards en stock (la Roumanie en exploite encore quelques-uns). Les ramener n'est peut-être pas faisable, mais faire une nouvelle version basée sur un châssis plus moderne ne devrait pas poser de défi technique majeur. Augmenter cette capacité serait également un moyen significatif par lequel la Bundeswehr pourrait compléter ses partenaires européens de la coalition, qui se sont efforcés de proposer des capacités anti-drones efficaces. En général, toutes les armées de l'OTAN sont faibles en matière de défense aérienne à courte portée, résultat de plus de 20 ans d'opérations sur des théâtres sans menace aérienne sérieuse.

La nature de la vieille école du Flakpanzer souligne une leçon importante fournie par la guerre en Ukraine. Alors que l'Allemagne a clairement adhéré à la tendance occidentale d'acheter des articles de la plus haute qualité, comme en témoigne la décision d'acheter des F-35, cela pourrait être une erreur de calcul étant donné, par exemple, l'apparente incapacité de la Russie à détruire l'armée de l'air ukrainienne ou ses défenses aériennes. . Il semble que ce soit une question de compétence, voire de travail d'équipe. Cette leçon s'applique à tous les efforts d'approvisionnement de l'Ouest. Oui, les F-35 ont du sens en raison de leur capacité à faire fonctionner des bombes nucléaires B-61 fournies par les États-Unis, mais ce ne sont pas les seuls avions qui sont ou pourraient être certifiés pour utiliser ces armes. Pendant ce temps, la guerre d'Ukraine indique que tous les avions de combat occidentaux (F-15/16/18, Rafale, Grippen) entre des mains expertes sont plus que suffisants contre la Russie. Combien de ces avions peut-on avoir pour le prix de 35 F-35A ? La réponse est incroyablement difficile à connaître, mais on peut présumer que la réponse est "plus". Encore une fois, il pourrait s'agir de ne pas laisser le parfait être l'ennemi du bien. La question de savoir si la Luftwaffe possède les compétences requises est une autre question, mais il y a de fortes chances que ce soit le cas, en particulier lorsqu'elle opère au sein d'une coalition de l'OTAN. La même leçon vaut pour les véhicules de combat au sol et les navires de guerre.

Implications pour l'Europe

La discussion ci-dessus suggère que la Bundeswehr, une fois sa transformation de 110 milliards de dollars terminée, sera probablement plus capable et aura une plus grande capacité. Cependant, il ne sera pas si bon dans l'ensemble qu'il évite à tout allié de l'Allemagne d'avoir à investir dans ses propres capacités et capacités. Heureusement, il semble que de nombreux alliés de l'OTAN, sinon la plupart, aient récemment décidé de dépenser plus, et non moins, pour la défense, et tout cela à cause de l'Ukraine. En termes de complémentarités, elles deviennent évidentes à un niveau stratégique plus large : il est clair que l'Allemagne se concentre (et devrait se concentrer) sur la guerre terrestre (bien qu'elle devrait ajouter la défense aérienne), et il serait logique que l'Allemagne se concentre sur la défense de ses alliés de l'OTAN pour l'est sur les airs et sur terre, laissant au Royaume-Uni et à la France le problème de l'arbitrage entre la défense européenne et les impératifs de leurs ambitions plus globales. Les deux pays voudront développer leurs capacités expéditionnaires à un degré que l'Allemagne n'a pas besoin d'égaler. Une armée allemande ravivée signifie que la Pologne et d'autres à l'est de l'Allemagne voudront être particulièrement attentifs à l'interopérabilité avec l'Allemagne.  Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Italie, l'Espagne et d'autres alliés voudront faire de même. Des exercices à grande échelle impliquant les divisions prévues par l'Allemagne devraient être à l'ordre du jour de tout le monde. Une armée allemande ravivée signifie que la Pologne et d'autres à l'est de l'Allemagne voudront être particulièrement attentifs à l'interopérabilité avec l'Allemagne. 

Quant aux capacités spécifiques, en vérité, nous devons attendre et voir. Compte tenu des particularités de la politique allemande en matière de dépenses de défense, nous ne pouvons pas supposer que le gouvernement allemand dépensera quoi que ce soit comme les 100 milliards d'euros et les 2 % du PIB promis par Scholz, et ces seuls F-35 et F126, si le ministère de la Défense va de l'avant avec ces programmes, engloutira de grosses sommes d'argent. L'Allemagne va-t-elle renforcer ses tirs à longue portée ? Va-t-il acquérir des drones armés ou des munitions vagabondes ? Va-t-il améliorer ses capacités de défense aérienne ? Sera-t-il capable de soutenir sur le terrain les unités qu'il construit ? Pourra-t-elle recruter suffisamment de personnel pour ses trois divisions et ses nouvelles frégates ? Nous ne savons pas.

Une question bien plus délicate que « que devrait acheter la Bundeswehr » est de savoir comment l'Allemagne et ses alliés devraient gérer les industries de défense européennes, et s'ils devraient persister à essayer des programmes multinationaux, coopératifs ou des efforts nationaux. L'avenir du programme franco-germano-espagnol "Future Combat Air System", destiné à remplacer les Rafales et les Eurofighters, est actuellement incertain - pour de nombreuses raisons politiques et liées aux politiques, qui ne seront probablement pas affectées par le boom des dépenses de l'Allemagne. et le système de combat terrestre principal franco-allemand, qui est destiné à remplacer à la fois le char Leclerc et le char Leopard II. Nous pouvons ajouter à cette liste n'importe quel nombre de navires, de véhicules blindés, d'obusiers et de missiles proposés par des consortiums. La consolidation des industries de défense européennes pourrait réduire les coûts unitaires et donc permettre l'achat d'un plus grand nombre d'articles. Cela pourrait également se traduire par une plus grande capacité à augmenter la production en cas de crise. Enfin, des efforts majeurs en solo comme le programme britannique de chasseurs de sixième génération Tempest (en concurrence avec le Future Combat Air System) semblent invraisemblables en raison de leur coût faramineux.

Cela étant dit, la nécessité d'orienter les nouvelles dépenses de défense vers les industries nationales est impérieuse. Mon propre pari serait contre le Future Combat Air System et le Main Ground Combat System, à moins que l'Allemagne ne permette à des entreprises françaises comme Dassault et Nexter de dominer ces programmes et de les rendre effectivement français, mais il est difficile d'imaginer le célèbre Krauss-Maffei Wegmann et cédant leur savoir-faire et leur coutume pas plus que Nexter. Par ailleurs, les flirts de l'Allemagne avec la limitation des exportations d'armes aux clients peu recommandables vont à l'encontre d'une longue pratique française.

C'est peut-être une façon longue de dire que l'argent supplémentaire que Scholz a l'intention de dépenser pour la Bundeswehr l'améliorera certainement, mais il est peu probable qu'elle en fasse un mastodonte militaire ou qu'elle modifie radicalement son portefeuille de capacités. Cela étant dit, une Bundeswehr en bonne santé avec trois divisions mécanisées représenterait une amélioration significative des défenses de l'OTAN et rendrait l'Europe moins dépendante de l'Amérique pour la dissuasion conventionnelle. Comparez cette vision à la situation actuelle, où bricoler une seule brigade blindée, bien que possible, représenterait néanmoins un effort majeur. Une Bundeswehr reconstituée serait également une bonne nouvelle pour les États-Unis, qui ressentiraient moins de pression pour compenser le petit nombre d'Européens et n'auraient pas nécessairement besoin de précipiter des renforts outre-Atlantique.

 

DEVENIR MEMBRE

 

Michael Shurkin est un ancien analyste de la CIA et politologue senior de la RAND. Il est actuellement directeur des programmes mondiaux chez 14 North Strategies - un cabinet de conseil axé sur l'Afrique - et fondateur de Shurbros Global Strategies.

Désolé, c'est pas Forbes mais "War on the Rocks"

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il y a 35 minutes, Alberas a dit :

Michael Shurkin est un ancien analyste de la CIA et politologue senior de la RAND. Il est actuellement directeur des programmes mondiaux chez 14 North Strategies - un cabinet de conseil axé sur l'Afrique - et fondateur de Shurbros Global Strategies.

Désolé, c'est pas Forbes mais "War on the Rocks"

Voici d'ailleurs le lien vers l'original en anglais.

 

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Il y a 3 heures, Alberas a dit :

Une question bien plus délicate que « que devrait acheter la Bundeswehr » est de savoir comment l'Allemagne et ses alliés devraient gérer les industries de défense européennes, et s'ils devraient persister à essayer des programmes multinationaux, coopératifs ou des efforts nationaux. L'avenir du programme franco-germano-espagnol "Future Combat Air System", destiné à remplacer les Rafales et les Eurofighters, est actuellement incertain - pour de nombreuses raisons politiques et liées aux politiques, qui ne seront probablement pas affectées par le boom des dépenses de l'Allemagne. et le système de combat terrestre principal franco-allemand, qui est destiné à remplacer à la fois le char Leclerc et le char Leopard II. Nous pouvons ajouter à cette liste n'importe quel nombre de navires, de véhicules blindés, d'obusiers et de missiles proposés par des consortiums. La consolidation des industries de défense européennes pourrait réduire les coûts unitaires et donc permettre l'achat d'un plus grand nombre d'articles. Cela pourrait également se traduire par une plus grande capacité à augmenter la production en cas de crise. Enfin, des efforts majeurs en solo comme le programme britannique de chasseurs de sixième génération Tempest (en concurrence avec le Future Combat Air System) semblent invraisemblables en raison de leur coût faramineux.

Cela étant dit, la nécessité d'orienter les nouvelles dépenses de défense vers les industries nationales est impérieuse. Mon propre pari serait contre le Future Combat Air System et le Main Ground Combat System, à moins que l'Allemagne ne permette à des entreprises françaises comme Dassault et Nexter de dominer ces programmes et de les rendre effectivement français, mais il est difficile d'imaginer le célèbre Krauss-Maffei Wegmann et cédant leur savoir-faire et leur coutume pas plus que Nexter. Par ailleurs, les flirts de l'Allemagne avec la limitation des exportations d'armes aux clients peu recommandables vont à l'encontre d'une longue pratique française.

C'est peut-être une façon longue de dire que l'argent supplémentaire que Scholz a l'intention de dépenser pour la Bundeswehr l'améliorera certainement, mais il est peu probable qu'elle en fasse un mastodonte militaire ou qu'elle modifie radicalement son portefeuille de capacités. Cela étant dit, une Bundeswehr en bonne santé avec trois divisions mécanisées représenterait une amélioration significative des défenses de l'OTAN et rendrait l'Europe moins dépendante de l'Amérique pour la dissuasion conventionnelle. Comparez cette vision à la situation actuelle, où bricoler une seule brigade blindée, bien que possible, représenterait néanmoins un effort majeur. Une Bundeswehr reconstituée serait également une bonne nouvelle pour les États-Unis, qui ressentiraient moins de pression pour compenser le petit nombre d'Européens et n'auraient pas nécessairement besoin de précipiter des renforts outre-Atlantique.

Thèse: oui
Antithèse: non
Synthèse: boah ça va, c'est pas si mal!

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Il y a 6 heures, Alberas a dit :

Pendant ce temps, la guerre d'Ukraine indique que tous les avions de combat occidentaux (F-15/16/18, Rafale, Grippen) entre des mains expertes sont plus que suffisants contre la Russie. Combien de ces avions peut-on avoir pour le prix de 35 F-35A ? La réponse est incroyablement difficile à connaître, mais on peut présumer que la réponse est "plus". Encore une fois, il pourrait s'agir de ne pas laisser le parfait être l'ennemi du bien.

On retrouve dans cet extrait la vision très dominatrice des américains. Les avions européens sont "biens", le F35 représente la perfection. Selon l'auteur, on ferait mieux de fabriquer des matériels de défense (pas seulement les avions!) simplement "bons", mais en grande quantité, plutôt que de rechercher la perfection, qui sera toujours trop chère et produite en petite série.

Cette théorie peut se défendre pour atteindre plus rapidement une masse critique opposable à l'ennemi visé, mais il ne faut jamais arrêter de viser le meilleur. La perfection, elle, n'existe pas. Surtout si on prend le F35 en exemple.

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On notera au passage, par simple perfidie, que l'Eurofighter Typhoon ne fait pas partie des appareils jugés suffisants contre le Russie. Par contre il mentionne le F-15 qui n'a pas un seul utilisateur européen.

 

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  • 1 month later...

Un article fleuve du New York Times sur le cas Schröder:

https://www.nytimes.com/2022/04/23/world/europe/schroder-germany-russia-gas-ukraine-war-energy.html

Le gars reste droit dans ses bottes, pas l'ombre d'un remords.

Citation

HANOVER, Germany — On the evening of Dec. 9, 2005, 17 days after Gerhard Schröder left office as chancellor of Germany, he got a call on his cellphone. It was his friend President Vladimir V. Putin of Russia.

Mr. Putin was pressing Mr. Schröder to accept an offer to lead the shareholder committee of Nord Stream, the Russian-controlled company in charge of building the first undersea gas pipeline directly connecting Russia and Germany.

“Are you afraid to work for us?” Mr. Putin had joked. Mr. Schröder might well have been, given the appearance of possible impropriety — the pipeline he was now being asked to head had been agreed to in the final weeks of his chancellorship, with his strong support.

He took the job anyway.

Seventeen years later, the former chancellor, who recounted the events himself in a pair of rare interviews, remains as defiant as ever.

“I don’t do mea culpa,” Mr. Schröder said, sitting in his sprawling light- and art-filled office in the center of his home city, Hanover, in northwestern Germany. “It’s not my thing.”

With Mr. Putin now waging a brutal war in Ukraine, all of Germany is reconsidering the ties with Russia that — despite years of warnings from the United States and Eastern European allies — have left Germany deeply reliant on Russian gas, giving Mr. Putin coercive leverage over Europe while filling the Kremlin’s war chest.

That dependency grew out of a German belief — embraced by a long succession of chancellors, industry leaders, journalists and the public — that a Russia bound in trade would have too much to risk in conflict with Europe, making Germany more secure while also profiting its economy.

Mr. Schröder was far from alone in that conviction. But today he has become the most prominent face of that long era of miscalculation, not only because he expresses no regret, but because he has also profited handsomely from it, earning millions while promoting Russian energy interests.

His close ties to Mr. Putin have made him a pariah in his own country, where many now criticize him for using his clout and connections over the past two decades to enrich himself at the expense of Germany.

“He took advantage of the reputation and influence of the chancellor’s office and offered himself up as an agent for Russian interests to get rich,” said Norbert Röttgen, a conservative lawmaker, former minister and longtime Russia hawk.

In the interviews, Mr. Schröder, now 78, spoke with undiminished swagger, cracking jokes but arguing in essence that, well, if he got rich, then so did his country. When it came to Russian gas, everyone was on board, he pointed out, mocking his detractors over copious amounts of white wine.

“They all went along with it for the last 30 years,” he said. “But suddenly everyone knows better.”

Mr. Schröder scoffed at the notion of now distancing himself personally from Mr. Putin, 69, whom he considers a friend and sees regularly, most recently last month in an informal effort to help end the Ukraine war.

Mr. Schröder refuses to resign from his board seats on Russian energy companies, despite calls to do so from across the political spectrum, not least from Chancellor Olaf Scholz, a fellow Social Democrat, who worked closely with Mr. Schröder when he was chancellor.

Distancing himself now, Mr. Schröder said, would lose him the trust of the one man who can end the war: Mr. Putin. Even so, after all of his years of close relations with Mr. Putin, he walked away with nothing during his one brief interlude trying to mediate in the Ukraine conflict.

It is hard by now — with Mr. Putin unrelenting more than two months into the Ukraine war — to avoid the impression that Mr. Schröder is useful to the Russian leader as a cat’s paw to further his own interest in hooking Germany on cheap Russian gas.

Germany’s reliance on Russian gas surged to 55 percent before Russia’s attack on Ukraine began in February, from 39 percent in 2011, amounting to 200 million euros, or about $220 million, in energy payments every day to Russia.

It has helped make Mr. Putin perhaps one of the world’s richest men, has buoyed his otherwise feeble economy, and has enabled and emboldened him to pursue his aggression in Ukraine.

Even as Mr. Putin was massing troops on the Ukraine border last fall, Mr. Schröder visited the Russian leader in Sochi, one of Mr. Putin’s favorite retreats, across from the Black Sea coast that Russian forces are now trying to rip from Ukraine.

A cellphone photograph that Mr. Schröder showed me from that visit shows the two men smiling at each other, Mr. Putin in red hockey gear and Mr. Schröder in a light blue shirt and blazer. Asked what they talked about, he told me, “Soccer.”

Mr. Schröder distanced himself from the war, though not from Mr. Putin. I asked about the by-now notorious atrocities in Bucha, a Kyiv suburb. “That has to be investigated,” Mr. Schröder said, but added that he did not think those orders would have come from Mr. Putin, but from a lower authority.

“I think this war was a mistake, and I’ve always said so,” Mr. Schröder said. “What we have to do now is to create peace as quickly as possible.”

“I have always served German interests,” he added. “I do what I can do. At least one side trusts me.”

That side is not the German side.

Since Russia’s attack on Ukraine began, the entire staff of Mr. Schröder’s parliamentary office resigned in protest, including his chief of staff and speechwriter of 20 years, who had been with him since his days as chancellor.

He relinquished his honorary citizenship in Hanover before his home city could strip it from him — something it last did, posthumously, to Adolf Hitler. When even the soccer club Borussia Dortmund, which Mr. Schröder has supported since he was 6, demanded a strong statement on Mr. Putin from him, Mr. Schröder canceled his membership.

Calls for his expulsion are growing louder among Social Democrats, too.

But Mr. Schröder is undaunted. He remains chairman of the shareholder committee of Nord Stream, reportedly earning about $270,000 a year, and served as head of the supervisory board of Nord Stream 2, which built a second pipeline connecting Russia to Germany under the Baltic Sea, until it was shuttered before the war.

Three weeks before Russia launched its attack on Ukraine, Gazprom — the Soviet energy ministry turned Russian state-controlled gas company, which owns 51 percent of Nord Stream and all of Nord Stream 2 — announced that Mr. Schröder would join its board, too. (Mr. Schröder would not say whether he would accept the nomination.)

... Il y en a encore des pages...

 

Edited by collectionneur
Encore au lieu d'encre
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  • 1 month later...

https://www.tagesschau.de/inland/spiegel-flut-ruecktrittsforderung-101.html (10 avril 2022)

Spiegel était partie en vacances quelques jours après les inondations dévastatrices de la Ahr - ses opposants exigent désormais la démission de la ministre de l'environnement de Rhénanie-Palatinat de l'époque. Le gouvernement du Land rejette les critiques.

L'actuelle ministre fédérale de la Famille, Anne Spiegel, continue d'être critiquée dans le cadre des inondations catastrophiques de la Ahr en juillet 2021. Dix jours après les inondations, elle avait entamé des vacances familiales de quatre semaines en France, alors qu'elle était encore ministre de l'Environnement du Land de Rhénanie-Palatinat.

https://www.tagesschau.de/inland/innenpolitik/familienministerin-lisa-paus-105.html (14 avril 2022)

Elle est remplacée par Lisa Paus

Le fait que cette mère célibataire d'un fils se retrouve aujourd'hui à la tête du ministère de la Famille peut paraître surprenant à première vue. En tant que présidente des Verts, elle siège à la commission des finances du Bundestag. Elle a notamment participé à la commission d'enquête Wirecard. Les Verts devront donc expliquer pourquoi la vice-présidente du groupe parlementaire a été choisie pour succéder à Spiegel.

https://www.spiegel.de/politik/deutschland/christine-lambrecht-nimmt-sohn-in-regierungsflieger-mit-a-2a328311-df25-4400-8eda-f0ec0e0d080b (9 mai 2022)

La ministre de la défense Christine Lambrecht, emmène son fils en vacances sur l'île de Sylt dans son hélicoptère de fonction.

Comme l'accompagnement n'était pas lié à des raisons professionnelles, la ministre a pris en charge les frais occasionnés par le vol. "Le vol et le remboursement des frais se sont déroulés en parfaite conformité avec les règles en vigueur", a souligné le porte-parole. Le 13 avril, Lambrecht avait visité la position de reconnaissance de Bramstedtlund, une partie de la reconnaissance fixe du bataillon de guerre électronique 911 de Stadum. Son fils n'a pas participé à cette visite. Toutefois, Lambrecht et lui sont ensuite partis en vacances sur l'île de Sylt. Ce court voyage sur l'île de la jet-set, en pleine crise de la guerre contre l'Ukraine, a fait froncer les sourcils de certains à Berlin.

https://www.lopinion.fr/international/bagarre-entre-berlin-et-les-lander-autour-du-pass-transport-a-neuf-euros (19 mai 2022)

Pour neuf euros par mois, parcourir l’Allemagne à volonté en train régional, monter dans le bus dans n’importe quelle ville du pays. Les écologistes allemands ont imposé cette idée dans le deuxième paquet de mesures pour soutenir le pouvoir d’achat, annoncé en mars, où chaque composante de la majorité d’Olaf Scholz avait pu imprimer sa marque. Au moment où les prix des carburants dépassent 2 euros le litre et où le pays doit faire des efforts pour atteindre ses objectifs climatiques, les Allemands sont ainsi incités à délaisser leur voiture et se servir des transports en commun.

Le dispositif doit entrer en vigueur au 1er juin pour trois mois

« Cela n’a aucun sens de déclencher un feu de paille et de laisser ensuite retomber la fréquentation », fait valoir Winfried Kretschmann, ministre-président du Bade-Wurtemberg.

https://www.tagesschau.de/wirtschaft/verbraucher/neun-euro-ticket-preise-nahverkehr-spritpreise-angebot-sylt-101.html (30 mai 2022)

L'association des entreprises de transport s'attend à ce que les billets de transport en commun deviennent plus chers après la fin du ticket à 9 euros.

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Il y a 12 heures, hadriel a dit :

Les verts allemands sont devenus très favorables aux armes US sur leur territoire:

 

Il y a 10 heures, Kelkin a dit :

Atomkraft? Nein danke Yeah, baby!

Voyons, il est évident que les bombes atomiques américaines entre des mains allemandes supposées exploser sont moins dangereuses que les centrales nucléaires françaises construites selon des designs américains, mais qui elles ne sont pas supposées exploser du tout... :rolleyes:

@Manuel77 Navré de critiquer autant ton pays, mais j'espère que tu peux te mettre à notre place et comprendre (même un petit peu) notre sentiment. :laugh:

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Cela démontrer surtout que les Allemands trouvent la protection états-unienne bien plus fiable que la protection française. Ce qui est totalement logique au vue de la puissance des Etats-Unis, sur ce coup là vous pouvez pas dire que les Allemands ne sont pas pragmatiques ! 

C'est plutôt nos élus, qui depuis de nombreuses années ne semblent comprendre ce fait ou font semblant pour servir leur petit place électorale. Je n'aime pas Macron, toutefois ils semble l'un des rare à avoir compris et assimilé ce fait, mais il pêche de par ses méconnaissances en géostratégie et géopolitique, qui sont nécessaires à revoir son approche avec les Allemands.

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il y a une heure, Patrick a dit :

Voyons, il est évident que les bombes atomiques américaines entre des mains allemandes supposées exploser sont moins dangereuses que les centrales nucléaires françaises construites selon des designs américains, mais qui elles ne sont pas supposées exploser du tout... :rolleyes:

On a vu jusqu'à présent plus de centrales nucléaires que de bombes atomiques exploser de manière non intentionnelle. M'enfin, je rajouterais bien que les dégâts climatiques et les coûts sociétaux induits par les centrales à charbon sont encore plus certains et étendus que les risques d'explosion d'une centrale nucléaire.

Edited by Skw
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il y a 6 minutes, Skw a dit :

On a vu jusqu'à présent plus de centrales nucléaires que de bombes atomiques exploser de manière non intentionnelle. M'enfin, je rajouterais bien que les dégâts climatiques les coûts sociétaux induits par les centrales à charbon sont encore plus certains et étendus que les risques d'explosion d'une centrale nucléaire.

Par contre il y a plus de bombes atomiques qui explosent de manière intentionnelle que des centrales nucléaires qui font de même.

Edited by Picdelamirand-oil
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Il y a 1 heure, Skw a dit :

On a vu jusqu'à présent plus de centrales nucléaires que de bombes atomiques exploser de manière non intentionnelle.

Je suis partiellement en désaccord.
Il y a plein de cas emblématiques qui ne correspondent pas exactement à la définition mais battent en brèche l'aspect sécuritaire du nucléaire militaire. Mais on s'éloigne du sujet.

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Il y a 1 heure, Skw a dit :

On a vu jusqu'à présent plus de centrales nucléaires que de bombes atomiques exploser de manière non intentionnelle.

Un peu facile d'écarter les explosions intentionnelles d'armes nucléaires, d'autant qu'elles sont plus de mille fois plus nombreuses que les explosions accidentelles de centrales nucléaires. (Je compte au moins 2090 explosions intentionnelles d'armes nucléaires, deux utilisations guerrières à Hiroshima et Nagasaki, et 2088 tests nucléaires officiels, dont plus de 400 en atmosphérique...)

Mais néanmoins, je compte de très nombreuses explosions non-intentionnelles de bombes nucléaires. C'est juste que ce furent des explosions conventionnelles, sans réaction en chaine, ce qui ne veut pas forcément dire sans pollution radioactive. Par exemple, rien qu'en 1950, il y a eu cinq explosions de bombes nucléaires aux États-Unis causés par des problèmes sur les bombardiers les transportant.

  1. https://en.wikipedia.org/wiki/1950_British_Columbia_B-36_crash
  2. https://en.wikipedia.org/wiki/1950_Fairfield-Suisun_Boeing_B-29_crash
  3. https://en.wikipedia.org/wiki/1950_Rivière-du-Loup_B-50_nuclear_weapon_loss_incident
  4. et deux autres incidents qui n'ont pas de pages wikipedia pour eux : un B-29 à Kirtland AFB le 11 avril, et un B-50 à Biggs AFB le 13 juillet, tous les deux se sont écrasé au sol, entraînant l'explosion des charges conventionnelles des bombes nucléaires qu'ils transportaient.

Ce qui me fait en une seule année deux fois plus d'explosions non-intentionnelles de bombes nucléaires que d'explosions de centrales nucléaires.

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On peut ajouter à la liste les essais nucléaires foirés ayant entraîné des conséquences imprévues.

Bref, tout ça pour dire que la comparaison faite plus haut n'était pas forcément mal à propos.

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Le Spiegel sur les tergiversations allemandes concernant les livraisons d'armes. Une bonne mise en perspective des éléments connus,  je sélectionne 3 remarques du gouvernement : 

- Le BND se demande si l'Ukraine ne pourrait pas s'effondrer dans les 4 ou 5 prochaines semaines (alors à quoi ça sert de se décarcasser à livrer des trucs  aujourd'hui)

- L'Ukraine pourrait devenir imprudente  si elle marque une série de victoires et avancer en Russie "which would mean that German tanks would once again be inside Russia."

-Et pourquoi que l'on ne critique pas plus la France qui fait moins que l'Allemagne (plusieurs milliards d'aide)

 

https://www.spiegel.de/international/germany/olaf-scholz-and-ukraine-why-has-germany-been-so-slow-to-deliver-weapons-a-7cc8397b-2448-49e6-afa5-00311c8fedce

 

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il y a 42 minutes, Manuel77 a dit :

Tu ne peux pas continuer à affirmer sans conséquence que seul un armement nucléaire totalement souverain est dissuasif.

C'est pourtant bien l'arsenal nucléaire américain souverain qui dissuade les adversaires de l'OTAN. Le prépositionnement dans certains pays de l'alliance n'enlève rien au caractère entièrement souverain des USA sur leurs armes nucléaires.

il y a 42 minutes, Manuel77 a dit :

Tu ouvres ainsi une course à l'armement à laquelle tu ne peux opposer aucun argument.

J'ai envie de dire "ainsi soit-il". La France critiquerait-elle l'accession à l'arme atomique souveraine par un autre pays en Europe? Je ne pense pas.

Même du temps de la course à la bombe en Iran qui semblait alors, au début des années 2000, inarrêtable, Chirac avait déclenché une polémique en disant ceci à propos de la bombe iranienne: "et de toutes façons sur qui vont-ils la lancer? Israël? Elle n'aura pas fait 300 mètres dans l'atmosphère que Téhéran sera rasée".

Dans le même ordre d'idées la France avait essayé d'amener à la fois le Brésil mais aussi l'Allemagne, à disposer d'un siège de membre permanent au conseil de sécurité de l'ONU. Une initiative qui n'a pas fait que des heureux, même dans les pays concernés, et a valu à la diplomatie française des contre-propositions hallucinantes, du genre "la France devrait donner son siège à l'Europe" ou encore "la France devrait donner ses armes nucléaires à l'Europe".

En bref l'arme atomique est nécessairement souveraine, et surtout elle est encore un gage de puissance, même diplomatique, qui ne peut pas se partager. Elle donne aussi des responsabilités immenses au pays qui la possède, et par conséquent s'en équiper est un choix structurant et difficile à faire, car il engage son acquéreur pour des décennies, voire des siècles, à devoir de facto jouer un rôle important dans la diplomatie internationale. Visiblement, cette éventualité n'intéresse pas grand-monde en Europe ou ailleurs. Surtout si, dans un monde interconnecté, se mettre dans la situation d'un paria atomisant tous ses voisins, est tout simplement impossible à envisager, même pour des dictatures féroces et autarciques. Or, échanger un pouvoir théorique en échange de responsabilités pratiques, n'est pas un choix que souhaitent faire un certain nombre de pays.

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Le 04/06/2022 à 13:14, Kelkin a dit :

Un peu facile d'écarter les explosions intentionnelles d'armes nucléaires, d'autant qu'elles sont plus de mille fois plus nombreuses que les explosions accidentelles de centrales nucléaires. (Je compte au moins 2090 explosions intentionnelles d'armes nucléaires, deux utilisations guerrières à Hiroshima et Nagasaki, et 2088 tests nucléaires officiels, dont plus de 400 en atmosphérique...)

Mais néanmoins, je compte de très nombreuses explosions non-intentionnelles de bombes nucléaires. C'est juste que ce furent des explosions conventionnelles, sans réaction en chaine, ce qui ne veut pas forcément dire sans pollution radioactive. Par exemple, rien qu'en 1950, il y a eu cinq explosions de bombes nucléaires aux États-Unis causés par des problèmes sur les bombardiers les transportant.

  1. https://en.wikipedia.org/wiki/1950_British_Columbia_B-36_crash
  2. https://en.wikipedia.org/wiki/1950_Fairfield-Suisun_Boeing_B-29_crash
  3. https://en.wikipedia.org/wiki/1950_Rivière-du-Loup_B-50_nuclear_weapon_loss_incident
  4. et deux autres incidents qui n'ont pas de pages wikipedia pour eux : un B-29 à Kirtland AFB le 11 avril, et un B-50 à Biggs AFB le 13 juillet, tous les deux se sont écrasé au sol, entraînant l'explosion des charges conventionnelles des bombes nucléaires qu'ils transportaient.

Ce qui me fait en une seule année deux fois plus d'explosions non-intentionnelles de bombes nucléaires que d'explosions de centrales nucléaires.

Mouais... parce que les Allemands sont censés subir un essai nucléaire sur leur sol ? Quelle fut la pollution induite par le crash d'un B-36 comparée à celle de Tchernobyl pour la population allemande ? J'ai dans ma belle-famille allemande quelques personnes qui ont eu des problèmes thyroïdiens suite à cette épisode, sans que la causalité puisse être totalement établie... mais m'amenant à comprendre pourquoi on s'inquiète plus dans le pays des conséquences d'une éventuelle explosion de centrale dans les parages que de la chute d'un B-36 ou d'un essai nucléaire sur l'Île de Rügen.

Edited by Skw
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Un article qui devrait intéresser beaucoup de monde ici. L'auteur est un expert italien en matière de défense, spécialisé dans l'Allemagne. 

https://taz.de/Sondervermoegen-der-Bundeswehr-und-die-EU/!5856587/

Des initiatives individuelles redoutées
Les alliés de l'Allemagne saluent le fonds spécial de la Bundeswehr. Mais il reste aussi du scepticisme et des critiques, car Berlin a tendance à faire cavalier seul.

"Changement de temps" est devenu en un éclair le concept de l'année en matière de politique de sécurité. L'annonce d'un changement radical dans la stratégie de défense allemande est devenue, même dans les pays de l'UE, un emprunt politique à l'allemand, comme "Spitzenkandidat" ou "Ostpolitik".
La position claire du gouvernement fédéral a été majoritairement saluée, et ce pour des raisons compréhensibles : Sans l'Allemagne, une défense européenne qui fonctionne à peu près n'est pas envisageable, et l'état désastreux de la Bundeswehr a généralement été considéré à l'étranger comme la conséquence de la politique d'austérité allemande.
Dans le même temps, beaucoup se demandent quel sera l'impact d'une reconstruction de la Bundeswehr sur l'équilibre politique de l'UE. Après tout, Berlin a minimisé pendant des années les effets internationaux de sa propre politique économique. Et si l'Allemagne agissait cette fois encore sans tenir compte des autres partenaires européens ? L'idée est banale et pourtant désenchantée, précisément parce qu'elle semble partiellement réaliste, contrairement à la renaissance du militarisme prussien.
Dans les conversations d'arrière-plan, la frustration est ouvertement exprimée par les alliés, un diplomate britannique déclarant par exemple sans détour à propos de l'affaire du Dôme de fer : l'acquisition du système israélien de protection contre les missiles à courte portée aurait été avant tout un activisme hypocrite et aurait mis en danger l'unité de la défense aérienne intégrée de l'OTAN.


Méfiance française
L'achat s'est finalement avéré être une fumeuse image (la République fédérale va acheter le système américano-israélien Arrow-3), mais cela ne change rien au sentiment que Berlin agit de manière plus démonstrative que stratégique, et uniquement dans une optique de politique intérieure. Il ne faut pas oublier qu'une mise à niveau efficace de la protection antimissile n'est envisageable qu'en partenariat avec les pays riverains de la Russie.
Lors de l'émission du fonds de 100 milliards, il y aura très probablement de nombreux "quick fix" de ce type - c'est en fin de compte aussi le sens et le but de ce fonds spécial que d'assainir rapidement l'armée allemande en panne. Et pourtant, dans les relations avec les alliés européens, les perceptions sont aussi importantes que les actes. Le manque de clarté sur la dotation à moyen terme du budget régulier de la défense et d'autres questions en suspens sur la planification des dépenses n'aident pas non plus à réfuter les soupçons d'une politique nationale protectionniste.


Les experts en sécurité et les décideurs français évoquent ouvertement un tel risque. Dans ce contexte, les attentes françaises correspondent également à une conception des dépenses de défense comme instrument de politique industrielle. Du point de vue de Paris, il n'est pas du tout exclu que l'Allemagne veuille se servir du "changement d'époque" comme d'un booster pour l'industrie de défense allemande inefficace.
En outre, l'Allemagne pourrait s'affranchir du choix stratégique entre Paris et Washington en cas de doute, comme lors de l'achat de l'avion de combat F-35. Des membres de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale se demandent si une industrie allemande renforcée ne remettrait pas en question l'équilibre négocié dans des projets communs comme le FCAS.


Des Italiens ambivalents
Dans le doute, ce serait au détriment de l'économie française, qui s'est jusqu'à présent taillée la part du lion. Pour les entreprises, l'avenir d'un marché européen de la défense consolidé est un jeu à somme nulle, et l'Etat français ne serait jamais en mesure de fournir plus de quelques milliards d'euros pour soutenir Dassault et d'autres entreprises.
La perspective italienne est en revanche plus ambivalente. D'un côté, on est favorable à un engagement plus important de l'Allemagne, notamment pour faire contrepoids à Paris. Les investissements allemands pourraient également permettre de nouveaux projets de coopération bilatérale, notamment pour le développement de nouveaux modèles de chars et dans le domaine naval. D'un autre côté, on craint également en Italie que l'Allemagne fasse cavalier seul et que les initiatives de l'UE en matière de défense soient dévalorisées.
Cela priverait Rome de la couverture politique nécessaire pour augmenter les dépenses de défense. Actuellement, l'Italie est engagée dans un débat sur l'objectif des 2 % de l'OTAN, où, contrairement à l'Allemagne, le renforcement des projets de défense de l'UE est un dénominateur commun des partisans et des opposants à l'augmentation des dépenses militaires. En outre, il ne faut pas oublier qu'en Italie, les experts conservateurs et eurosceptiques en matière de sécurité marquent considérablement le débat public. Certains parlent même d'une "ambition hégémonique" allemande et d'un conflit larvé avec les États-Unis pour la domination de l'Europe.

 

Les craintes des alliés allemands
Il est clair que le scepticisme européen face au changement d'époque de l'Allemagne repose sur une compréhension superficielle de la politique de défense allemande. Concrètement, il ne fait guère de doute que l'Allemagne continuera à participer aux nombreux projets de défense européens déjà existants. Mais cette évidence nécessite également un engagement clair et répété ainsi qu'un engagement à consacrer une grande partie du budget de la défense à des projets européens.

Une perspective européenne est particulièrement nécessaire. Il suffit de penser à quel point la publication de la boussole stratégique de l'UE a été peu discutée dans les médias allemands. On ne peut pas ignorer les craintes des alliés dans cette phase dangereuse. Les chercheurs allemands et les dirigeants du BMVg devraient aborder ce sujet de manière proactive avec les partenaires étrangers de l'UE.

Une mise en réseau plus dynamique est de toute façon nécessaire de toute urgence. Le réarmement n'est pas un concept de sécurité en soi, et un manque de coordination serait fatal, non seulement en termes de gaspillage de ressources, mais aussi pour le développement durable de l'ordre sécuritaire européen.

 

 

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