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Il y a 6 heures, herciv a dit :

C'est présenté de quelle manière chez toi ?

Jusqu'à présent, les reportages sur le sujet sont plutôt objectifs et neutres. Les médias proches des milieux économiques ne souhaitent pas une guerre commerciale contre les Etats-Unis. 

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Voilà, nous avons un nouveau ministre de la Défense ! Une surprise, il s'appelle Boris Pistorius (SPD, 62 ans). Qui est-ce ?

- il est ministre de l'Intérieur de Basse-Saxe depuis 10 ans
- il est plutôt considéré comme un "homme de droite" au sein du SPD et comme un homme de Law and Order (cela est certainement dû à son poste précédent)
- dans les forums proches de la Bundeswehr, il est majoritairement salué (il est membre de la réserve, il a fait son service militaire, il a une longue expérience exécutive, il a "commandé" des organes de sécurité/police en tant que ministre de l'Intérieur)

Scholz n'appréciera peut-être pas qu'il ait déjà fait un peu de bruit aujourd'hui avec une déclaration : https://www.faz.net/aktuell/politik/inland/boris-pistorius-deutschland-ist-indirekt-am-ukraine-krieg-beteiligt-18607878.html
Pistorius considère que l'Allemagne est indirectement impliquée dans la guerre en Ukraine

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il y a une heure, Manuel77 a dit :

Jusqu'à présent, les reportages sur le sujet sont plutôt objectifs et neutres. Les médias proches des milieux économiques ne souhaitent pas une guerre commerciale contre les Etats-Unis. 

C'est trop tard, la guerre est déclarée. La question maintenant est de savoir si on se défend ou si on capitule.

Von der Leyen est un tout petit peu allemande :

https://www.nbcnews.com/science/environment/eu-outlines-plan-clean-tech-future-boosted-subsidies-rcna66085

"Nous assistons à des tentatives agressives d'attirer nos capacités industrielles vers la Chine et ailleurs", a-t-elle déclaré.

Aucun chiffre précis n'a été mentionné, mais compte tenu de ce que les États-Unis prévoient dans leur loi de réduction de l'inflation de 369 milliards de dollars et de la façon dont l'UE a déjà accordé une aide de 672 milliards d'euros (727,5 milliards de dollars) pour permettre aux États membres de faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine, tout engagement de l'UE sera massif.

De nombreux dirigeants de l'UE ont vu dans la loi américaine une tentative d'exclure les entreprises européennes du lucratif marché américain des technologies d'énergie propre, comme les véhicules électriques, et de favoriser de manière excessive une approche "made in America" qui discrimine les multinationales européennes.

Dans une lettre adressée aux États membres de l'UE, la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a écrit la semaine dernière que le plan américain "risque d'inciter certaines de nos entreprises de l'UE à transférer leurs investissements aux États-Unis".

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il y a 20 minutes, Wallaby a dit :

"Nous assistons à des tentatives agressives d'attirer nos capacités industrielles vers la Chine et ailleurs", a-t-elle déclaré.

La stratégie allemande :

https://www.bloomberg.com/news/articles/2023-01-11/germany-s-scholz-backs-joint-eu-funding-to-counter-us-green-plan?srnd=premium-europe&leadSource=uverify wall

L’allemand Scholz soutient un financement conjoint de l’UE pour contrer l’aide américaine

·         Le SPD de Scholz soutient une réponse forte de l’UE à la loi américaine sur le climat

·         Les législateurs du SPD appellent à davantage de financement conjoint des technologies vertes par l’UE

Le chancelier allemand Olaf Scholz et ses sociaux-démocrates appelleront l’Union européenne à créer de nouveaux instruments de financement conjoints pour aider les États membres à faire face à l’augmentation des subventions américaines aux technologies vertes.

Les sociaux-démocrates de Scholz veulent voir une réforme des règles existantes de l’UE en matière d’aides d’État et plus de fonds pour correspondre à la poussée américaine de l’aide verte, selon un projet de document sur la stratégie industrielle européenne consulté par Bloomberg.

Une personne connaissant sa pensée a déclaré que le chancelier soutenait les propositions présentées par son parti et souhaitait que les dirigeants de l’UE approuvent des outils de financement supplémentaires afin que les États membres aux budgets plus serrés ne soient pas laissés pour compte dans la course aux subventions vertes.

Cette décision intervient dans un contexte de scepticisme croissant à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes quant à la possibilité que l’administration du président Joe Biden apporte des changements significatifs à son plan d’investissement vert de 370 milliards de dollars. Le bloc dit La loi établit une discrimination injuste contre les entreprises européennes et menace d’attirer les industries vertes outre-Atlantique.

« Nous avons besoin d’une initiative européenne d’investissement industriel avec un accent particulier sur les technologies futures, l’expansion des énergies renouvelables et la promotion de l’innovation industrielle », a déclaré le parti dans le document, qui a été finalisé lundi et doit être publié cette semaine.

À cette fin, l’UE devrait réaffecter les fonds inutilisés du fonds de relance post-pandémie et renforcer son programme d’investissement énergétique en particulier. En outre, le SPD souhaite que les États membres profitent de la prochaine révision du budget de l’UE pour hiérarchiser les projets d’investissement pour la transformation verte.

« Des instruments de financement conjoint supplémentaires devraient également être examinés de manière constructive », indique le projet de document de stratégie – sans préciser si cela impliquerait également des emprunts conjoints de l’UE, une question litigieuse pour de nombreux Allemands, qui craignent d’être tenus responsables des dépenses incontrôlées d’autres pays.

L’UE doute que Biden apporte des modifications favorables à l’Europe au projet de loi sur le climat

L’Allemagne soutient une action nationale dans le différend sur les subventions vertes avec les États-Unis

L’Allemagne autrefois mordue se méfie de la nouvelle guerre commerciale américaine sur la loi sur l’inflation

L’Allemand Scholz exhorte l’UE à dépasser le conflit de subventions avec les États-Unis

Scholz était ministre des Finances sous son prédécesseur, Angela Merkel, en 2020, lorsque les dirigeants ont scellé un accord historique pour émettre une dette conjointe pour financer des prêts et des subventions pour le fonds de relance. Le SPD a laissé entendre que cette fois-ci, les prêts garantis conjointement par le Banque européenne d’investissement pourrait être une option pour les États membres dont les budgets nationaux sont serrés.

« Nous voulons renforcer le rôle de la Banque européenne d’investissement », indique le document de stratégie. « L’organisation de la BEI doit être renforcée de manière globale et être dotée d’instruments supplémentaires. »

Bas du formulaire

Les discussions sur le sujet entre les dirigeants de l’UE en sont à un stade très précoce et il sera difficile de forger un consensus étant donné la résistance dans certains États membres ayant une tradition de prudence budgétaire, a déclaré la personne proche de Scholz. Tout accord prendra probablement plusieurs mois, mais Scholz estime néanmoins qu’il doit y avoir un financement européen en plus de l’augmentation des subventions nationales, a ajouté la personne.

Selon le document de stratégie du DOCUP, les mesures suggérées devraient créer un cadre commun solide pour le soutien européen qui fera preuve de solidarité envers les États membres qui ne disposent pas de possibilités de financement suffisantes.

Le SPD souhaite que l’UE élargisse son programme de subventions pour les grands projets technologiques européens. Les projets existants dans les domaines de la production de cellules de batterie et de l’hydrogène vert devraient être approfondis et recevoir davantage de financement, tandis que les nouveaux projets dans d’autres domaines devraient être accélérés beaucoup plus rapidement et avec moins de bureaucratie, indique le document.

Les dirigeants de l’UE se réuniront à Bruxelles le mois prochain pour discuter de sa réponse à la loi américaine, certains proposant un soi-disant Buy European Act pour aider à soutenir les entreprises nationales. Le bloc a déclaré qu’il pourrait déposer une plainte contre les États-Unis auprès de l’Organisation mondiale du commerce, une perspective qui pourrait saper l’unité transatlantique au milieu de la guerre de la Russie en Ukraine.

Néanmoins, Scholz et le SPD souhaitent que l’UE approfondisse ses relations commerciales avec les États-Unis en tant que partenaire commercial le plus important et utilise les discussions au sein du conseil commercial et technologique UE-États-Unis pour abaisser, voire abolir les droits de douane. « Une première étape pourrait être la reprise des négociations pour un accord tarifaire industriel euro-américain », indique le document.

En outre, l’UE devrait déterminer si les États-Unis sont disposés à entamer de nouvelles négociations en vue d’un accord plus large pour une zone de libre-échange commune.

 

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il y a 1 minute, Manuel77 a dit :

@herciv, @Wallaby

C'est intéressant. Il semble que von der Leyen se profile résolument comme une représentante des intérêts européens et non allemands. C'est d'ailleurs sa fonction. 

Elle est entrée en conflit avec le ministre allemand des Finances Lindner (FDP) à Davos :

https://www.manager-magazin.de/politik/weltwirtschaft/weltwirtschaftsforum-in-davos-duell-zwischen-ursula-von-der-leyen-und-christian-lindner-a-f8c16fff-4630-4c2a-a91c-61792b6ad724

Von der Leyen et Lindner se livrent à un échange de coups à Davos
Lors de la première journée du Forum économique mondial de Davos, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a défendu la création d'un fonds de souveraineté européen en réponse au programme de subventions prévu par les Etats-Unis. Le ministre des Finances Christian Lindner a en revanche lancé une mise en garde pressante à ce sujet.

Ca part un peu dans tous les sens dans le gouvernement Scholz. La stratégie évoquée au-dessus semble être assez proche de celle de VDL et contredit celle de FCL.

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Stratégie comparée avec la France :

https://www.latribune.fr/economie/france/industrie-europeenne-le-plan-de-bataille-de-la-france-face-a-l-inflation-reduction-act-de-biden-948263.html

Révélation

Industrie européenne : le plan de bataille de la France face à l'Inflation Reduction Act de Biden

Aides publiques massives vers des secteurs stratégiques, création d'un fonds de souveraineté, renforcement de la commande publique...Matignon et Bercy viennent de dégainer un arsenal de propositions pour renforcer le « Made in Europe ». L'objectif est de trouver un terrain d'entente sur ces propositions avant le grand sommet des chefs de l'Etat européens prévu les 9 et 10 février prochains.

 

La bataille industrielle s'accélère sur le Vieux continent. Après le sommet de l'Eurogroupe lundi 16 et mardi 17 janvier, le ministre de l'Economie français, Bruno Le Maire, a fortement insisté sur la nécessité de mettre en place des aides publiques en faveur de l'industrie européenne. « Je veux aujourd'hui plaider pour une nouvelle donne en matière de politique industrielle européenne. Je pense que c'est la priorité pour 2023, » a déclaré le locataire de Bercy lors d'un point presse.

Les 27 pays membres étudient actuellement les pistes possibles pour mettre en œuvre un arsenal commun d'aides avant un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement décisif prévu les 9 et 10 février prochains. Objectif : éviter un décrochage de l'industrie du Vieux continent par rapport à la Chine et aux Etats-Unis, un scénario redouté par les milieux économiques et les industriels. Il y a urgence. Aux Etats-Unis en effet, l'IRA (Inflation reduction Act), ce plan massif de 370 milliards de dollars destiné à soutenir le « Made in America » et le verdissement de l'économie commence à se mettre en place.

« Il y a un changement de vision européen. On ne peut pas être ouvert à tous sans réagir dans le domaine commercial, » explique un haut fonctionnaire de Bercy très bon connaisseur du dossier. Au quai d'Orsay, un diplomate estime de son côté que « la France a pris conscience des risques de dépendance à l'égard de certains pays comme la Chine. Il y a un agenda de résilience et de souveraineté. En même temps, il y a un refus de découplage systématique avec la Chine. La politique commerciale peut servir de levier d'influence. S'engager uniquement dans 'le friendshoring' (les relations commerciales entre amis) serait signer l'arrêt de mort du multilatéralisme.  » => alignement sur l'Allemagne

Un « choc de simplification » en matière d'aides européennes

En amont du sommet avec les autres ministres des finances de la zone euro, le ministre français a réclamé « un choc de simplification » sur les aides européennes à l'industrie. => différence avec l'Allemagne mais consensuel je pense

«Nous avons les projets d'intérêt communs (PIEEC). Ils sont utiles mais trop lents. Ils sont encore trop complexes pour beaucoup d'entreprises, en particulier pour les PME [...] Nous voulons que ces projets puissent aboutir en six mois pour répondre à la nécessité de réindustrialiser l'Europe, » a avancé Bruno Le Maire. Depuis l'éclatement de la guerre en Ukraine et l'envolée des prix, beaucoup d'industries en France et en Europe ont réduit la cadence ou mis sur pause leurs chaînes de production.

D'autres ont menacé de délocaliser une partie de leur activité aux Etats-Unis. Depuis le début de la crise sanitaire il y a trois ans, la position de la Commission européenne en matière d'aides a beaucoup changé depuis la pandémie. Les instances bruxelloises ont accordé de la souplesse et des dérogations à de nombreux Etats sur les aides accordées à leurs entreprises. Reste à savoir si ces régimes d'exception vont devenir plus pérennes.

Des aides d'Etat plus massives vers des secteurs stratégiques

Le ministre des finances a également réclamé des aides d'Etat « plus massives » vers des secteurs stratégiques. ll a notamment cité « l'hydrogène, les batteries électriques, les panneaux solaires, les semi-conducteurs. Ils doivent faire partie de cette liste de projets industriels stratégiques », a-t-il insisté. => les Allemands eux veulent tout mettre sur le vert : absence de consensus possible

En revanche, il n'a pas avancé de montant précis d'aides nécessaires au soutien de cette industrie verte. Pourtant, les besoins d'investissements sont faramineux. Bercy compte notamment s'appuyer sur le plan France 2030 doté d'une enveloppe de 54 milliards d'euros à dépenser sur les 7 prochaines années. => les Allemands n'ont rien chiffré mais les sommes doivent être du même ordre que celles des USA pour être crédible

Dans une note préparée pour France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon, l'économiste Jean-Pisani Ferry a notamment préconisé d'investir 2,5 points de produit intérieur brut (PIB) en France, soit environ 70 milliards d'euros en 2030 pour la transition énergétique et écologique. Une somme colossale pour le gouvernement qui plaide actuellement pour une baisse de la dépense publique.

La stratégie du « Made in Europe » de Matignon et du Quai d'Orsay

Dans une note dévoilée par le site Contexte, les services de la Première ministre Elisabeth Borne et le Quai d'Orsay viennent de dégainer un plan pour « le Made in Europe ». Ce plan s'articule autour de quatre piliers. Le premier doit passer par un arsenal législatif européen. « Très concrètement, l'Union devrait se donner, en fonction des sujets stratégiques, des cibles de production à atteindre d'ici à 2030. Dans ce cadre, une réflexion sur l'adaptation de la commande publique européenne aux enjeux de la politique industrielle européenne sera nécessaire, pour que des critères qualitatifs puissent être pleinement mis en œuvre et inclus dans les appels d'offres », explique Matignon. => çà par contre c'est spécifique à la partie française. On parle de planification là. C'est très intéressant.

S'agissant du financement des projets, les conseillers de la cheffe du gouvernement défendent la mise en place « d'un fonds de souveraineté, un projet défendu depuis des semaines par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui l'a une nouvelle fois évoqué mardi à Davos. => Pas mal 

« Il pourrait être construit « en deux temps », dit-on à Matignon. « Un fonds d'urgence pourra être créé à très court terme, en s'appuyant sur les financements existants qu'il serait utile de réorienter en partie sur les priorités stratégiques. » => consensuel avec l'Allemagne qui évoquait l'utilisation du fond convid

Lire aussi : Soutien à l'industrie: Ursula Von der Leyen défend la création d'un fonds de souveraineté de l'UE

L'entourage de la première ministre plaide par la suite pour la mise en œuvre « d'un fonds de souveraineté complet » qui devra être opérationnel avant la fin de l'année 2023. Les proches de la Première ministre préconisent de s'inspirer du système « SURE » mis en place par la Commission européenne au début de la pandémie. Pour rappel, ce système qui prévoyait une enveloppe de 100 milliards d'euros permettait à l'Union européenne de financer le chômage partiel des Etats. Ces aides prenaient la forme de prêts à des conditions favorables. A l'époque, la mise en œuvre de cet instrument avait été jugé « rapide » par de nombreux économistes malgré les divisions. Cette fois-ci, le contexte a bien changé avec la guerre en Ukraine.=> consensuel avec l'Allemagne Mais là c'est encore plus précis. Non seulement on utilise les fond mais en plus on réaménage l'instrument lui-même. Dit autrement on ne fait que renommer "SURE".

Je ne m'étais jamais lancé dans cet exercice de comparaison. Mon impression très personnelle c'est qu'il y a convergence avec l'Allemagne sur la grande majorité des sujets sauf sur les secteurs stratégiques concernés. L'Allemagne veut tout mettre sur "le vert" la France veut élargir en particulier aux semi-conducteurs. Cette position est compréhensible compte tenu que les américains ont en plus de "Inflation reduction act" un "chip act" très largement doté. Bien plus que l'équivalent européen. 

Edited by herciv
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il y a 52 minutes, Non inultus premor a dit :

Ces deux tweets ont été publié le même jour (19 janvier) par le ministère de la défense allemand. Notez le choix des mots : les Etats-Unis sont qualifiés d'allié "le plus important" tandis que la France est qualifiée d'alliée "le plus proche"

Je me suis déjà régalé de cette formulation intelligente ! Il résume parfaitement la politique allemande en la matière.  :happy:

D'ailleurs, le nouveau ministre de la Défense Pistorius semble avoir plus de liens avec la France que je ne le pensais : il a passé six mois à Angers. 

1982 à 1983 : études de français Université Catholique de l'Ouest, Angers, France

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Les articles célébrant l'amitié franco-allemande commencent à arriver chez nous : Ténor : c'est difficile, mais il faut y travailler. Rien de nouveau. 

https://www.fr.de/politik/frankreich-deutschland-elysee-vertrag-beziehungen-macron-scholz-spannungen-92040248.html

60 ans du traité de l'Élysée : les notes discordantes se multiplient
C'est maintenant au tour d'Emmanuel Macron et d'Olaf Scholz. Mais d'une manière ou d'une autre, le moteur ne tourne plus rond. Le Hanseat cassant et le "flamboyant président" ont du mal à s'entendre. Pourtant, ils suivent une ligne de conduite similaire - tout aussi prudente - vis-à-vis de Kiev dans la guerre en Ukraine. Des dissonances sont apparues sur le thème du plafonnement des prix de l'énergie ou de l'énergie nucléaire. Lorsque Scholz a lancé son "double coup de balai", les Français auraient aimé savoir ce que le chancelier voulait faire avec les 200 milliards d'euros, mais Scholz est resté discret. Sur la Spree, Macron a en revanche suscité le mécontentement lorsqu'il a laissé la dette publique française dépasser les 115 pour cent du produit intérieur brut - et qu'au lieu de fermer le robinet de l'argent et de lutter contre l'inflation, il a décidé, en tant que "souverain élyséen dépensier", de modifier les règles relatives au déficit et à la dette.

La livraison par Macron de véhicules blindés légers de combat d'infanterie à l'Ukraine n'avait pas non plus été convenue avec Berlin. Elle a augmenté la pression sur Scholz pour qu'il suive. Autrefois, du temps de Merkel, il aurait été évident de se concerter. La chancellerie n'aurait pas non plus déclaré un "changement d'époque" sans consulter Paris.

60 ans du traité de l'Élysée : une relation sans alternative ?
La cordialité de 1963 a souffert. Les mésententes et les malentendus se multiplient. En octobre, Macron s'est emporté lorsque Scholz a lancé son "European Sky Shield Initiative" (ESSI) sans la concertation habituelle avec Paris. Paris reste à l'écart de ce bouclier aérien contre les missiles russes. Impensable pour la France, pionnière de l'UE et fière de la plus grande armée de l'Union. Macron a réagi de manière sensible et a fait sauter une réunion du gouvernement franco-allemand à Fontainebleau.

L'esclandre a fait son effet - et Macron en a rajouté une couche : il a fait savoir à Scholz que l'Allemagne s'était "isolée" sur la question du prix de l'énergie. Comme d'habitude, Berlin et Paris se sont rapidement efforcés de recoller les morceaux. La réunion commune du gouvernement est revenue au programme. C'est ainsi que l'on se retrouve ce dimanche à l'université de la Sorbonne à Paris pour célébrer le 60e anniversaire du traité de l'Élysée.

Seuls les accents lyriques devraient être plus sobres. On l'a remarqué et on le célèbrera : La relation franco-allemande n'a pas d'alternative. Mais les tournées en solo de ces derniers mois ont laissé des traces. Macron regarde vers le sud, où il sait qu'il y a des gens qui pensent comme lui. Fin 2021, il avait déjà conclu un traité d'amitié avec l'Italie - à l'époque encore sous le Premier ministre Mario Draghi. Le traité de l'Élysée a servi de modèle. Jeudi, Macron a conclu un accord similaire avec l'Espagne à Barcelone. L'amitié franco-allemande n'est-elle plus la seule, l'exclusive ? Ou plus simplement encore : Macron est-il étranger ?

60e anniversaire du traité de l'Élysée : marginalisé
Ce n'est pas si simple. A Paris, on pense au contraire que c'est l'Allemagne qui regarde de plus en plus vers l'Est et qui tourne le dos à la France. L'historien et germaniste français Jacques-Pierre Gougeon cite Wolfgang Schäuble, selon lequel l'avenir de l'UE se trouve en Europe de l'Est - et la Pologne est désormais aussi importante que la France. De tels points de vue font mal en France, où l'on ne peut en revanche pas simplement se tourner vers l'ouest - il n'y a plus que l'Atlantique. La France, pays central de l'UE, se sent repoussée en marge d'une UE toujours plus grande. Et l'Europe du Sud n'est pas non plus un véritable substitut.

Finalement, c'est le sentiment diffus que "les amis allemands" se détournent de la France qui a provoqué la réaction de Macron. L'ancien conseiller de Mitterrand, Jacques Attali, a révélé à quel point cela faisait mal lorsqu'il s'est laissé aller à cette constatation provocatrice : "La guerre entre la France et l'Allemagne redevient possible". Les deux pays ont toujours eu des intérêts stratégiques divergents, a déclaré Attali, seule la peur d'un nouveau conflit comme lors des guerres mondiales les maintient ensemble.

A Paris, Attali s'est vu reprocher d'avoir une fois de plus fait preuve de mauvaise foi dans le choix des mots. Au Quai d'Orsay, le ministère français des Affaires étrangères, les cercles diplomatiques font plutôt preuve de compréhension pour la situation difficile de l'Allemagne, dont toute la politique orientale - économique et sécuritaire - est en miettes. Nulle part à Paris, on n'entend de commentaires selon lesquels on avait prévenu les amis allemands que le "Nord Stream 2" renforcerait encore la dépendance de l'Allemagne vis-à-vis du Kremlin.

Avec le démantèlement du gazoduc, cette dispute franco-allemande s'est réglée d'elle-même. Ce qui reste, c'est une vision fondamentalement différente de la politique de sécurité et de défense : la France promeut l'"autonomie stratégique" de l'Europe sans le parapluie protecteur des Etats-Unis ; l'Allemagne, en revanche, ne veut pas compter sur une armée européenne tant que cela reste un vœu pieux. C'est pourquoi Berlin avait très mal pris les reproches de Macron en 2019, selon lesquels l'OTAN était "en état de mort cérébrale". Mais Paris reste également frustré par la persistance de cette divergence stratégique.

60 ans du traité de l'Élysée : le traité d'amitié a tenu bon
Ces divergences ne sont pas nouvelles. Dans le traité de l'Élysée, de Gaulle avait déjà fait en sorte que les États-Unis, la Grande-Bretagne ou l'OTAN ne soient même pas mentionnés en tant qu'alliés - comme s'il n'existait pas d'alliance de défense occidentale. Le Bundestag à Bonn a corrigé cette vision de manière unilatérale : il a ratifié l'accord franco-allemand en ajoutant un préambule pour la partie allemande, dans lequel la République fédérale reconnaissait le pacte atlantique.

De Gaulle s'en était déjà remis. Le traité d'amitié a néanmoins tenu. Pour les Allemands comme pour les Français, les avantages l'emportaient, à savoir la formation d'une relation centrale au cœur de l'Europe, à laquelle personne ne devait échapper. Une situation "gagnant-gagnant", comme on dirait aujourd'hui : La République fédérale d'Allemagne est revenue dans le concert des nations européennes grâce à la France, et la France a pu transmettre sa grandeur au-delà de ses frontières au projet européen. Aujourd'hui encore, Berlin et Paris restent tributaires l'un de l'autre s'ils veulent s'imposer dans un environnement modifié au sein et en dehors de l'UE. Leur diamant de 60 ans a certes subi quelques égratignures, il présente même des fissures dues à une certaine aliénation au cours des dernières années.

Mais il reste plus solide que ce que l'on pourrait penser au vu des nombreuses divergences. Souvent, il faut des efforts colossaux pour se retrouver bilatéralement : Les projets d'armement communs comme le système d'avions de combat FCAS n'ont été sauvés que par un coup de force de l'Élysée et de la Chancellerie, et même ainsi, ils ne sont pas encore tirés d'affaire. Mais l'exemple le montre : Berlin et Paris n'ont pas d'autre choix que de faire cause commune. Surtout en temps de crise et de guerre. (Stefan Brändle)

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Le 18/01/2023 à 20:00, Manuel77 a dit :

[...]Afin de ne pas complètement déstabiliser les Français, Berlin maintient en vie le FCAS, le programme commun d'avions de combat. [...]

Révélation

mark-pesce-interview-drogue-realite-augm

Révélation

illusions-d-optiques.jpg

 

Edited by 13RDP
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Un documentaire détaillé sur l'état des relations franco-allemandes (TV Arte). Il se concentre sur les 15 dernières années. A l'occasion du Traité de l'Elysée, on peut l'écouter dans les deux langues. 

https://www.arte.tv/de/videos/108461-000-A/deutschland-frankreich-beziehungsstatus-ungeklaert/

"Ziemlich beste Freunde (Les meilleurs amis, en quelque sorte) - Relations non clarifiées". Des hommes politiques (par ex. Bruno Le Maire et Lars Klingbeil, président du SPD), mais aussi des analystes et des journalistes y prennent la parole.
----
Ma conclusion polémique après ce film pourrait être la suivante : l'amitié franco-allemande est en état de mort cérébrale, l'OTAN est fraîche comme le matin à Biarritz. :mellow:

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Le 18/11/2022 à 12:00, Wallaby a dit :

https://www.bfmtv.com/societe/education/la-situation-est-grave-l-allemand-en-voie-de-disparition-dans-les-ecoles-francaises_AN-202211070005.html (7 novembre 2022)

Entre 2006 et 2021, le nombre d'enseignants d'allemand dans l'Hexagone a été divisé par presque deux.

Les résultats du dernier Capes d’allemand, qui fournit le principal vivier de professeurs de langue germanique dans l’Hexagone, font état de 72% de postes non pourvus en 2022.

Les élèves du primaire et secondaire n’étaient que 14,7% à pratiquer la langue de nos voisins germaniques en 2021, contre 22,9% en 1995. À l’opposé de l’espagnol, passé de 28,9% à 58,3% d’adeptes sur la même période.

Le constat est en complète contradiction avec le discours affiché par les dirigeants politiques, rappelant sans cesse l’importance de l’amitié franco-allemande. Lors du Conseil des ministres franco-allemand du 31 mai 2021 mené par Emmanuel Macron et Angela Merkel, 13 nouveaux projets de coopération ont été annoncés. En haut de la liste: "Développer une stratégie de promotion de la langue du partenaire."

Contacté, le ministère de l'Éducation nationale français n’a pas répondu à nos sollicitations.

https://www.lenouvelespritpublic.fr/podcasts/383 (22 janvier 2023)

Michaela Wiegel

"J’avais déjà alerté à ce micro sur la baisse préoccupante des élèves français qui apprennent l’allemand. 70% des places de professeurs d’allemand n’ont pas été pourvues l’année dernière, par manque de candidats. Aujourd’hui, nous avons les chiffres d’Allemagne, guère plus réjouissants. Il n’y a plus que 15,3% des élèves allemands qui apprennent le français. A la différence de la France, cette langue reste tout de même la deuxième étudiée (derrière l’anglais). Mais l’espagnol monte en puissance, et le latin reste très faible. Ce chiffre global cache des disparités, et c’est probablement la seule note d’espoir. La Sarre, qui a une stratégie très offensive pour l’enseignement du français, a encore 51,2% de ses élèves qui l’apprennent. On voit donc bien qu’il s’agit de volonté politique, puisque qu’en Rhénanie du Nord - Westphalie, un Land tout proche, le chiffre n’est que de 11,5%. "

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Source : https://www.letelegramme.fr/journal/

https://www.letelegramme.fr/france/parlez-vous-deutsch-apprendre-le-francais-et-l-allemand-ne-fait-plus-ecole-22-01-2023-13263165.php

En Allemagne, mais plus encore en France, l’enseignement de la langue du voisin bat de l’aile, alors que l’on célèbre, ce dimanche, les 60 ans du traité de l’Élysée.

Il y a quelques années, Elisabeth Ploewka enseignait le français à trois classes de son lycée de Berlin. Aujourd’hui « je n’en ai plus qu’une », constate, dépitée, cette enseignante qui assiste au désintérêt des élèves pour une langue qui a perdu de son aura.

La situation est encore plus dramatique en France : en 2021, seuls 147 000 élèves ont choisi l’allemand comme première langue, contre plus de 600 000, en 1995, d’après les statistiques de l’Éducation nationale, une chute de… 75 %.

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il y a une heure, Wallaby a dit :

Source : https://www.letelegramme.fr/journal/

https://www.letelegramme.fr/france/parlez-vous-deutsch-apprendre-le-francais-et-l-allemand-ne-fait-plus-ecole-22-01-2023-13263165.php

En Allemagne, mais plus encore en France, l’enseignement de la langue du voisin bat de l’aile, alors que l’on célèbre, ce dimanche, les 60 ans du traité de l’Élysée.

Il y a quelques années, Elisabeth Ploewka enseignait le français à trois classes de son lycée de Berlin. Aujourd’hui « je n’en ai plus qu’une », constate, dépitée, cette enseignante qui assiste au désintérêt des élèves pour une langue qui a perdu de son aura.

La situation est encore plus dramatique en France : en 2021, seuls 147 000 élèves ont choisi l’allemand comme première langue, contre plus de 600 000, en 1995, d’après les statistiques de l’Éducation nationale, une chute de… 75 %.

Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir incité encore et encore, et parlé d'Europe aux enfants à tous les repas pendant tout ce temps.

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il y a 1 minute, Patrick a dit :

Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir incité encore et encore, et parlé d'Europe aux enfants à tous les repas pendant tout ce temps.

L'Europe parle anglais, pas allemand. Comme le montre ce texte [1], les Allemands eux-mêmes, sont prêts à mettre leur langue à la poubelle, et les Français ne sont pas loin non plus de faire pareil avec le Français.

Aussi bien la France que l'Allemagne sont sur une trajectoire de ce que Rémy de Gourmont appelle le "suicide linguistique" [2]

[1] http://www.air-defense.net/forum/topic/18727-allemagne/page/243/#comment-1599628

[2]

Le 05/01/2022 à 12:49, Wallaby a dit :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k295676/f78.item

Rémy De Gourmont, Esthétique de la langue française, 1899, p.76-79

Les petits-fils de Vercingétorix s'avisèrent que le celte était une langue sans utilité commerciale ; Ils apprirent le latin très volontiers. Ceux qui résistèrent à l'esprit du siècle se retirèrent dans l'Armorique ; leur entêtement a légué au français environ vingt mots : c'est tout ce qui reste des dialectes celtiques parlés en Gaule, puisque les Bretons d'aujourd'hui sont des immigrés gallois.

Une langue n'a pas d'autre raison de vie que son utilité. Diminuer l'utilité d'une langue, c'est diminuer ses droits à la vie. Lui donner sur son propre territoire des langues concurrentes, c'est amoindrir son importance dans des proportions incalculables.

Il y a deux sortes de peuples : ceux qui imposent leur langue et ceux qui se laissent imposer une langue étrangère. La France a longtemps été le peuple de l'Europe qui imposait sa langue ; un Français d'alors, comme un Anglais d'aujourd'hui, ignorait volontairement les autres langues d'Europe ; tout mot étranger était pour lui du jargon et quand ce mot s'imposait au vocabulaire, il n'y entrait qu'habillé à la française.

Allons-nous, sur les conseils des comités coloniaux, devenir une nation polyglotte, sans même nous apercevoir que cela serait un véritable suicide linguistique, et demain un suicide intellectuel ?

Un homme intelligent et averti peut savoir plusieurs langues sans avoir la tentation d'entremêler leurs vocabulaires ; c'est au contraire la joie du vulgaire de se vanter d'une demi-science, et le penchant des inattentifs d'exprimer leurs idées avec le premier mot qui surgit à leurs lèvres. La connaissance d'une langue étrangère est en général un danger grave pour la pureté de l'élocution et peut-être aussi pour la pureté de la pensée.

On a récemment insinué qu'un bon moyen pour inculquer aux français une langue étrangère serait de les envoyer faire leurs études à l'étranger. Les « petits Français » seraient remplacés en France par des petits Anglais, par des petis Allemands ; ainsi chaque peuple, oubliant sa langue maternelle, irait patoiser chez son voisin : système excellent, grâce auquel les Européens, sachant toutes langues, n'en sauraient parfaitement aucune.

Je résumerai en un mot ma pensée : le peuple qui apprend les langues étrangères, les peuples étrangers n'apprennent plus sa langue.

 

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il y a une heure, Patrick a dit :

Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir incité encore et encore, et parlé d'Europe aux enfants à tous les repas pendant tout ce temps.

Ce n'est pas le problème, c'est notre société, notre façon d'échanger avec le monde qui a changé. J'ai eu l'occasion de bosser avec des espagnols et il était clair que les anciens espagnols parlaient beaucoup plus français qu'anglais, pour la jeune génération c'était l'inverse. 

Actuellement on s'en fout de l'allemand (de toute façon ils parlent tous anglais), il vaut mieux prendre espagnol, arabe, mandarin en LV2 

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il y a 3 minutes, Fanch a dit :

Ce n'est pas le problème, c'est notre société, notre façon d'échanger avec le monde qui a changé. J'ai eu l'occasion de bosser avec des espagnols et il était clair que les anciens espagnols parlaient beaucoup plus français qu'anglais, pour la jeune génération c'était l'inverse. 

Actuellement on s'en fout de l'allemand (de toute façon ils parlent tous anglais), il vaut mieux prendre espagnol, arabe, mandarin en LV2 

Ou russe.
On lisait il y a quelques années que c'était une langue d'avenir.
Mais ça, c'était avant.

La Grande Bretagne n'est plus dans l'Europe et les USA restent un compétiteur stratégique d'une Europe qui souhaiterait s'affirmer.

L'anglais est pratique parce que simpliste. Mais le vrai anglais n'est pas le globish esperanto-iesque que l'on baragouine tous plus ou moins volontiers.

Abandonner une diversité langagière permettant la nuance sans laquelle il n'existe par ailleurs pas de diplomatie, et donc pas non plus d'échanges fondés sur la compréhension de l'autre, c'est au mieux de l'acculturation, au pire un suicide en effet, comme mentionné par @Wallaby.

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