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Santé publique ressource stratégique?

283 messages dans ce sujet

Le Business du Sang

 

Chaud les dealers de drogues qui utilisent les camés comme vaches à laits...

Modifié par Conan le Barbare
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C'est dingue de voir que les meilleures initiatives peuvent être détournées... Désespérant même que certains ne les voient que comme ça.

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Georges-Pompidou : l'hôpital "le plus moderne" de France, symbole de la souffrance du personnel hospitalier.

Étranglé par les restructurations et les différents plans d'économies, le personnel hospitalier manifeste de nouveau ce mardi 7 mars pour de meilleures conditions de travail. Focus sur l'hôpital parisien Georges-Pompidou devenu l'un des emblèmes du mal-être de la profession.

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Sous l’imposant toit de verre de l’hôpital européen Georges-Pompidou, l’un des plus prestigieux de la capitale, des patients et leurs familles tentent d’occuper le temps. Face à l’accueil, assis sous d’immenses palmiers avec le dernier hors série "Manger sain" entre les mains ou branchés via leur smartphone sur les derniers rebondissements du "FillonGate", tous attendent sagement. Dans les couloirs, quasi-vides et très propres, peu de traces visibles des différents maillons de cette grosse machine qui compte plus de 1.000 lits et totalise presque 100.000 hospitalisations par an. A "Pompidou" pourtant, derrière les portes et les écrans d’ordinateur, c’est la course.

"On fait une toilette à un patient, le patient d’à côté va sonner, on se rend compte qu’on a oublié un gant, alors on va chercher le gant, entre-temps le téléphone sonne, on répond, puis un visiteur vous arrête parce qu’il ne trouve pas la chambre de son ami, les ambulanciers vous arrêtent à leur tour parce qu’ils ne retrouvent pas leur patient et dans la chambre, le patient à qui on fait la toilette attend toujours qu’on revienne avec le gant", raconte d’un seul souffle Nacerine, une jeune aide-soignante de l’hôpital. En quatre ans, le constat est sans appel : la jeune femme, une jolie brune qui a toujours voulu travailler "dans le social", a vu sa charge de travail décupler.

"Mutualiser, fusionner, multiplier les partenariats public-privé"

Alors ce mardi 7 mars, dans la continuité des journées de mobilisation du personnel hospitaliser des 8 novembre et 24 janvier derniers, Nacerine, dont les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader, va une nouvelle fois manifester. Aujourd’hui, "on ne peut plus faire notre métier", explique-t-elle. En cause selon Joran Jamelot, l’un des représentants CGT de l’hôpital Georges-Pompidou, cette logique libérale sur laquelle se sont calqués les gouvernements successifs depuis plusieurs décennies et qui ne vise qu’à "mutualiser, fusionner, multiplier les partenariats publics-privés" pour à terme, estime-t-il, "réduire l’offre de soin".

Une logique dans laquelle s’inscrit notamment l’une des mesures phares de la dernière loi de modernisation de notre système de santé : la mise en place de groupements hospitaliers de territoire (GHT). Censée garantir l’accès aux soins pour tous, cette mesure portée par la ministre Marisol Touraine se traduit surtout, pointe Joran Jamelot, par la "suppression de lits". Outre le nouveau plan d’économies - trois milliards d'euros d’ici à fin 2017 - et les"22.000 suppressions de postes dans la fonction publique hospitalière prévues cette année", 135 GHT doivent en effet à l’avenir réunir à eux seuls l’activité des 850 hôpitaux français actuels. Principale conséquence aujourd’hui de cette volonté de "restructuration permanente", conclut le représentant CGT : la diminution de la durée moyenne des hospitalisations enregistrées partout sur le territoire.

"Restructuration permanente"

"Le séjour à l’hôpital est raccourci", confirme Nacerine. Et "c’est du boulot en plus pour nous." Car en une journée "à six entrées, entre les chambres à préparer, les patients à accueillir, les bilans complets à réaliser, les soins, les examens et les transmissions écrites", la charge de travail est "énorme". Sans compter le manque de lits, qui concerne même les patients programmés plusieurs semaines à l’avance et qui donne lieu à tout un système de "patients hébergés", explique la jeune aide-soignante. Ce mic-mac, désormais bien rôdé, consiste tout simplement à caser le patient au hasard des services, là où il y a de la place. Ainsi n’est-il pas rare qu’un patient venu se faire soigner pour un cancer se retrouve au service orthopédie ou au service ORL, développe la jeune femme.

"L’autre fois, se souvient-elle, dans mon service, on avait une patiente hébergée, envoyée de chirurgie réparatrice. Une femme brûlée de la tête aux pieds qu’on devait préparer avant son opération. On ne savait pas comment faire. Est-ce qu’elle avait le droit de se doucher ? Est-ce que ce n’est pas trop risqué avec la peau brûlée ? On a dû appeler les collègues pour savoir quoi faire. On ne peut pas se permettre d’avoir autant de patients hébergés et nous aussi d’envoyer nos patients."

A cela s’ajoute par ailleurs bien souvent le manque de matériel, y compris lorsqu’il s’agit de réaliser les plus petits soins du quotidien, comme prendre une tension. L’appareil qui défaille, le brassard qui s’arrête de gonfler… Nacerine multiplie les anecdotes, comme lorsqu’il lui arrive de parcourir toutes les chambres à la recherche d’un pied à perfusion, qui s’échange au gré des besoins des patients. "Franchement on passe la moitié de notre journée à aller dans les autres services parce qu’il nous manque ceci ou cela. Et l’hôpital est immense…", pointe Nacerine qui reconnaît toutefois avoir récemment reçu dans son service de tous nouveaux tensiomètres… les premiers en quatre ans ! "Alors que les tensiomètres, c’est quelque chose qu’on utilise toute la journée, une fois par équipe donc trois fois par jour", s’étonne-t-elle encore. "Mais heureusement qu’il y a un vrai esprit d’équipe dans mon service, qu’on s’entraide", se rassure la jeune soignante.

Ramener la Santé au centre des débats

La solidarité du personnel ne suffit pas toutefois à soulager le mal-être des effectifs. L’hôpital Georges-Pompidou, avec ses pôles d’excellence - cardio ou cancérologie - répartis sur 120.000 mètres carrés et huit étages, en est devenu ces derniers mois un triste symbole, au fil des suicides qui ont touché le personnel. A l’image de cet infirmier qui s’est tué par défenestration le 6 février à l’hôpital, ou encore de ce cardiologue qui s’est également jeté par l’une des fenêtres de l’établissement fin 2015.

Nacerine ne connaissait pas l’infirmier, pas plus que le cardiologue. Tout juste avait-elle eu l'occasion de saluer le premier. Mais elle s’interroge : "C’était quelqu’un de discret , qui ne travaillait pas ce jour-là. Alors pourquoi est-il venu se suicider à l’hôpital ?"

"Pourquoi est-il venu se suicider à l'hôpital ?"
Nacerine, aide soignante

Face à l'urgence sur le terrain, la ministre de la Santé a bien annoncé une série de mesures grâce au déblocage d’une enveloppe de 30 millions d'euros, parmi lesquelles la création d'une mission nationale chargée de la qualité de vie au travail des soignants ou encore, le déploiement en trois ans de services de santé au travail, intégrant entre autres des psychologues. Pour le délégué CGT de Georges-Pompidou, c’est néanmoins toute la "logique économique", cette politique du chiffre et "ses impératifs financiers qui dominent tout, qui écrasent tout", qu’il faudrait revoir.

"Ramenons au centre des débats la question de la Santé", plaide donc Joran Jamelot dans un contexte de campagne présidentielle sans cesse aspirée par les affaires, aveugle à la souffrance du quotidien, des petites mains, et qui se manifeste parfois, pour Nacerine, par des menaces de patients ou de proches excédés. "Je vais te tabasser, je t’attends en bas à la fin de ton service", s’est-elle déjà entendu dire. Elle qui n’a pas même le temps, certains jours, de faire une pause voire d'aller aux toilettes, mais qui croit toujours en ce qu’elle fait.

"Quand il y a des périodes catastrophiques, je me dis ‘pourquoi je n’ai pas fait un autre boulot ?’ Et quand je rentre dans la chambre d’un patient et qu’il me remercie pour mon travail, là je me dis ‘bah voilà’".

Oui mais jusqu’à quand ? Dans cet hôpital décrit comme avant-gardiste lors de son inauguration en 2001, qui s’avère être lui-même le fruit de la plus importante opération de restructuration hospitalière jamais menée à l’époque en Europe, la question s’agite dans toutes les têtes. Jusqu’à quand tiendront-ils comme ça ? Symbole de ce délitement : le dispositif de valises automatiques via lequel tous les prélèvements sanguins sont directement acheminés au laboratoire de l’établissement sans que le personnel ait à se déplacer. Un dispositif érigé fièrement lors de l’ouverture de l’hôpital début 2000 et… en panne lorsque nous rencontrons Nacerine, mi-février.

Marianne

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Un livre présentant la santé comme une ressource publique à protéger et réinventer sous peine de la voir disparaitre. N'ayant pas lu le livre je ne peux que vous inciter à lire l'article dessus :  http://www.unificationfrance.com/article47756.html . Le chapeau :

L’espérance de vie a baissé pour la première fois en 2016. Les hôpitaux tuent, les médicaments tuent, beaucoup plus que la voiture ou le cannabis : tous les ans une ville de la taille d’Angoulême ou Bastia est rayée de la carte. Les petits hôpitaux sont voués à disparaître d’ici dix à quinze ans. Les personnes âgées et les personnes handicapées subissent un véritable enfermement. La désertification s’accentue. Et, pendant ce temps-là, le « docteur » Google s’apprête à prendre le relai de notre vieille sécurité sociale avec une offre de santé globale. D’où qu’on l’observe, notre système de santé est en panne. Simples citoyens, patients, professionnels, nous avons tous été témoins, quand ce n’est pas victimes, de ses dysfonctionnements. Plus grave encore, nous avons perdu confiance dans l’un des fondements de la Ve République, dont la médecine publique est une composante essentielle. Voici le bilan rigoureux et sans concession d’un observateur convaincu que la santé participative est la seule alternative à l’effondrement de notre système de santé. Antoine Vial, expert et acteur de l’innovation en santé aujourd’hui, propose ainsi que nous concevions ensemble les dispositifs, les aides techniques, les services et les organisations de demain afin d’apporter des réponses concrètes aux enjeux de la collectivité et aux aspirations de chacun.

 

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C'est vrai que c'est quelque chose que l'on oublie (entre autres) dans les débats politiques. On parle sans cesse immigration, terrorisme (alors que ça tue bien moins que les autres causes de mortalité) mais rien sur les soins de santé.

De plus, on explique souvent que les gens vivent de plus en plus longtemps alors que je pense que ce n'est qu'une moyenne. Les gens qui ont les moyens peuvent vivre centenaires, mais combien de gens meurent prématurément à cause d'une trop faible qualité de vie ? Et l'espérance de vie en bonne santé diminue.

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T2A : à l'hôpital public, une situation "intenable" pour les soignants

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La souffrance du personnel dans les hôpitaux publics s'est récemment invitée dans la campagne présidentielle. Le sociologue Frédéric Pierru et le diabétologue André Grimaldi reviennent pour Marianne sur l'une des causes du problème : la mise en place de la tarification à l’activité (T2A) depuis 2004.

Le constat est unanime. Les conditions de travail des soignants dans les hôpitaux publics français n’ont cessé de se détériorer. Le suicide par défenestration d'un infirmier de l'hôpital parisien Georges-Pompidou sur son lieu de travail l'a une nouvelle fois démontré, début février, en pleine campagne électorale. En cause, le fonctionnement de notre système de santé et notamment la mise en place, à partir de 2004, d’un nouveau mode de financement de l'hôpital public : la tarification à l’activité (T2A), à laquelle se sont ajoutées les mesures d’économies successives et la baisse des tarifs. Une situation "intenable" pour le sociologue Frédéric Pierru et le diabétologue André Grimaldi, tous les deux membres du mouvement de défense de l'hôpital public.

Entretien.

Marianne : Quel bilan dressez-vous la tarification à l’activité (T2A) ?

Frédéric Pierru : L’adoption en 2004 de la tarification à l’activité est la réforme la plus structurante du secteur hospitalier depuis 30 ans. Elle a considérablement changé la prise en charge. On est en effet allé vers l’industrialisation de la médecine hospitalière ; la T2A ayant été le principal levier de l’augmentation de la production. Mais là où c’est particulièrement pernicieux, c’est qu’au même moment, on a renforcé à l’hôpital la contrainte budgétaire, autrement dit les mesures d’économies. On a donc augmenté la productivité des personnels sauf qu’en parallèle, le recrutement d’effectifs n’a pas suivi. Chaque année, le gouvernement disait de surcroît : comme vous avez vraiment multiplié votre activité, on vous baisse les tarifs pour rester dans l'enveloppe.

André Grimaldi : Que font par conséquent les directeurs d’hôpitaux ? D'abord, ils compriment les dépenses de personnel (qui représentent 65% des dépenses). Ensuite, ils augmentent l’activité. Les malades restent par conséquent hospitalisés le moins longtemps possible, parce qu’il faut faire du chiffre. Forcément, au détriment de la qualité. Cela a mis le personnel dans des positions intenables.

Comment fonctionne la T2A ?

Frédéric Pierru : Dès qu’un patient entre à l’hôpital, il est classé selon sa pathologie, dans ce qu’on appelle un GHM (groupe homogène de malades). Il est ainsi rangé dans une catégorie à laquelle on a attribué un tarif (ce tarif est le même pour tous les hôpitaux et résulte d’un calcul statistique sur une trentaine d’hôpitaux-témoins : il s’agit d’un coût moyen représenté par les catégories/types de séjour dans ces trente établissements). Résultat : on a créé une espèce de pseudo-marché. Avant la T2A, les hôpitaux étaient automatiquement financés par une dotation globale. Quelle que soit leur activité, ils recevaient chaque année la même somme augmentée d’un certain pourcentage, ce qu’on appelait le taux directeur. Cela avait des défauts aussi mais là, on finançait des structures et pas l’activité. Clairement, les établissements hospitaliers, à compter de 2008 - parce que c’est monté progressivement en charge -, ont eu intérêt à faire de l’acte pour faire rentrer des recettes. C’est-à-dire qu’on disait aux établissements "faites de l’activité mais limitez-vous à l’enveloppe allouée". Par quoi cela s’est-il traduit ? Par la baisse des tarifs.

André Grimaldi : Tout passe par conséquent aujourd’hui à l’hôpital par le prisme de la rentabilité.

Quelles conséquences a eues cette politique sur le personnel ?

Frédéric Pierru : Les personnels administratifs puis les soignants ont été les premiers à faire les frais de cette politique. Parce que si vous ne faites pas assez d’activité, on vous retire des postes, on vous retire des lits. C’est une logique de business plan, on vous met des moyens là où il y a de l’activité. C’est vraiment une vision de l’hôpital-usine : un hôpital performant pour la T2A, c’est un hôpital pensé pour produire des soins à flux tendus. La T2A a de ce fait beaucoup heurté les équipes soignantes en ce qu’elle a conduit à donner un prix au malade. Cela a induit le personnel à voir le patient non plus comme une personne avec qui vous nouez une relation thérapeutique, mais comme une recette. Du côté des équipes, cela a contribué à la perte de sens du travail. Les technos au ministère ne comprennent pas que cela heurte profondément l’éthique des soignants de donner une valeur économique à des patients.

André Grimaldi : Les conséquences sont multiples. Pour les soignants par exemple, la continuité des soins a disparu. On ne parle désormais que de polyvalence. En tant que patient, si vous êtes hospitalisé une semaine, vous risquez de voir troisinfirmières différentes. Il n’y a plus d’équipes stables. La formation aussi a disparu, par manque de personnel. Pour bien mettre en place cette politique, on a par ailleurs cassé les équipes : les services n’existent plus. Les médecins n’ont plus leur mot à dire quant aux missions confiées à leur équipe. Avant, vous étiez chef de service, vous pouviez encore dire "non, ça ne se passe pas comme ça". Là, c’est l’administration qui décide. Cela cause une désorganisation majeure : qui parle au patient, aux familles ? Comment on organise la sortie ? La cadre infirmier ne connaît plus les patients, ni les familles. En parallèle, la bureaucratie a, à l’inverse, augmenté. Les soignants passent une grande partie de leur temps à faire les transmissions (les rapports sur l’état du patient à la fin de leur service, ndlr). On a mis l’hôpital dans une logique commerciale avec en plus une inflation bureaucratique, ce qui veut dire qu’on a l’inconvénient des deux.

Que préconisez-vous quant à la T2A ?

Frédéric Pierru et André Grimaldi : Il faudrait diversifier les sources de financement de l’hôpital. La « T2A » pour les actes purement techniques. « Le prix à la journée » est plus adapté au soin palliatif. La « dotation gobale » pour les maladies chroniques…

Marianne.fr

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Je viens de tombé sur le tableau des principaux produits exportés dans le monde en 2015, si la part du pétrole et du marché automobile ne m'a pas surprit, je suis étonné que le commerce du sang (Blood Fractions) dépasse celui de l'aéronautique !  Les médicaments sont au même nouveau que les ordinateurs (celui des téléphones portables m'a aussi étonné, mais cela n'est pas le sujet) ::

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