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Il y a 13 heures, Kelkin a dit :

- "Voulez-vous rester en France ou devenir indépendants ?"
- "Non."
- "Non à quoi ? La première ou la deuxième ?"
- "Oui."

Et bien on fera exactement comme vous le dites !

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Kiribati :

https://theconversation.com/kiribati-larchipel-au-coeur-de-la-lutte-dinfluence-entre-la-chine-et-les-etats-unis-141930 (17 juillet 2020)

Taneti Maamau, candidat à sa réélection, promouvait un rapprochement avec la Chine, alors que le chef de l’opposition, Banuera Berina, soutenait des relations étroites avec Taïwan. À l’issue du vote, c’est Taneti Maamau qui a été réélu à la présidence, consacrant ainsi Beijing comme allié du gouvernement.

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Rapa, la plus australe de l'archipel des îles Australes

https://books.openedition.org/demopolis/863 (2014)

Le contexte socio-culturel de Rapa ne favorise pas l’émergence d’un « polynésianisme » tel qu’il s’est fait jour et opère à Tahiti. Il ne se produit pas suffisamment d’interactions productrices de cette logique identitaire car, d’une part, les touristes en quête d’une image de la polynésianité ne viennent pas à Rapa, et, d’autre part, le bouleversement des structures économiques, familiales et culturelles qui pourrait pousser à une recherche d’ancrage compensatoire à des racines est loin d’être aussi brutal et caractérisé que dans le chef-lieu de la Polynésie française – même si Rapa est, inévitablement, entrée dans le jeu d’une certaine monétarisation et consommation de biens, d’ailleurs précipitée par la présence des militaires de la station météorologique à la fin des années 1960 (cf. « Passages et résidences des ‘autres’ »). La présence importante de non-Polynésien-ne-s et les processus d’acculturation qui sont associés aux transferts politiques, économiques, culturels, etc., ont stimulé à Tahiti les revendications culturelles de personnes se définissant comme māòhi face à des modèles imposés. À Rapa en revanche, la quasi-absence de non-Polynésien-ne-s et l’immersion dans la vie locale des très rares qui s’y trouvent ne permettent pas vraiment d’alimenter une revendication identitaire distinctive. Aucune référence n’y est par ailleurs possible à des savoirs anciens, des textes sacrés ou sacralisés, pour reconstruire une quelconque « culture Rapa », comme y pourvoit notamment le livre Tahiti aux temps anciens de Teuira Henry (2004), dans le contexte tahitien.

Une affirmation identitaire plus spécifiquement Rapa se donne du champ dans les thèmes choisis par la troupe Tamariki Oparo lors de ses déplacements à Tahiti, pour le concours du Heiva ; ce sont autant de renvois à des faits historiques, artistiquement modifiés où à des légendes (comme ces dernières années le destin tragique de Tinefara, la sœur du dernier du roi2, l’arrivée du premier missionnaire, John Davies, à Rapa, une légende locale, etc.). Les tenues endossées (pagnes de feuilles de kaokaro, de roseaux, etc.) et les activités présentées sur scène (préparation de la pōpoi, fabrication du sucre à l’ancienne avec le jus de tī, allumage du feu avec des bâtons, etc.) font aussi référence à l’ancestralité et la valorisent. Ce n’est pas sans raison que les prestations de la troupe de Rapa sont toujours très appréciées au concours du Heiva qui se tient chaque année sur la place Tarahoi à Papeete : l’île s’est fait une place de choix dans l’imaginaire régional par son décentrement et sa spécificité foncière. Le qualificatif « authentique », central dans les revendications identitaires, est très souvent employé à propos de Rapa.

Le souci de la protection vient de l’idée que les maladies et les menaces sur la quiétude de la vie insulaire viennent toujours de l’extérieur de l’île. En effet, si l’arrivée des bateaux signifie le retour attendu de proches et l’approvisionnement en objets de consommation désormais nécessaires, elle est aussi associée à l’apparition de maladies. C’est un lieu commun à Rapa : toute présence à bord d’un porteur de germe engendre des réactions en chaîne dans l’île. Stokes notait qu’en 1922 « les insulaires affirment que chaque navire qui arrive dans l’île leur apporte des maladies » (1930/1). Cette représentation ancrée dans l’imaginaire local n’est pas sans fondement. Des épidémies dévastatrices (notamment la variole et la dysenterie) apportées par les étrangers ont véritablement frappé la population de Rapa (cf. « Un passé ancestral ») et cela a contribué à marquer les esprits de génération en génération. La dernière épidémie importante eut lieu dans les années 1964 et 1965, début de l’implantation de la station météo du CEP à Rapa, avec une arrivée massive et de nombreux mouvements de militaires, durant lesquelles 24 personnes (parmi lesquelles 13 bébés ou enfants et 11 adultes âgé-e-s) furent emportées.

Aujourd’hui la grande majorité des Rapa qui résident dans l’île ne veulent pas d’aéroport. J’ai ainsi souvent entendu : À Rapa on ne veut pas d’avion mais un bateau plus rapide. Si les Rapa sont tous d’accord sur l’importance de pouvoir effectuer des évacuations sanitaires d’urgence, l’aéroport constitue clairement un seuil critique dans la représentation et la gestion de l’île. La très grande majorité estime qu’avec son apparition plus rien ne serait pareil. Une dimension sélective dans l’appréhension des nouvelles technologies est ici en jeu. De façon significative, un jeune Rapa, Tehapai, me disait un jour : On veut bien la technologie moderne à Rapa mais pas l’aéroport… L’enjeu est bien ici d’assimiler la nouveauté en la contrôlant. C’est pourquoi l’idée d’une liaison aérienne avec un hydravion, qui par définition ne suppose pas d’aéroport, est souvent évoquée par les insulaires comme ‘la solution’. Mais les vents tournants, subits et imprévisibles rendent l’usage d’un hydravion problématique et ce projet ne semble pas intéresser les autorités politiques à Tahiti.

Au moment où j’écris ces lignes, la tension insulaire est tombée car le projet d’aéroport n’est plus véritablement à l’ordre du jour. Mais si la menace d’un aéroport dans l’île est passée, depuis peu les Rapa sont conscient-e-s d’autres menaces sur l’ordre insulaire. Les vues légitimes (par filiation généalogique) des Rapa non résident-e-s sur les terres de l’île engendrent ainsi des inquiétudes nourries par la conscience que ces Rapa décentré-e-s ont une compréhension plus individualiste des principes locaux et des décisions prises au nom de la communauté par le Toohitu ou d’autres institutions comme le comité des pêches.

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