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Kiriyama

Le Putsch de Moscou en 1991

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Bonjour,

Je me demande si le Putsch de Moscou en août 1991 aurait pu réussir ou, alors, ce qui lui a manqué pour aboutir.

C'est peu probable que les tenants du coup de force aient pu conserver l'intégralité de la structure de l'Union soviétique, notamment les républiques baltes, mais ils auraient pu se recentrer sur la Russie et ses atterrages proches comme la Biélorussie et l'Ukraine.

Une autre version des événements, venant de Vladimir Boukovski, veut que Mikhail Gorbatchev ait été partie prenante dans cette affaire.

 

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Edited by Kiriyama

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J'ai lu quelques trucs sur le putsch récemment, je conseille notamment le livre de John B. Dunlop qui a un chapitre très détaillé sur le putsch d'août 1991.

 

Je pense que l'objectif était irréaliste : tenter d'empêcher la dislocation de l'URSS alors que le processus est bien engagé avec des institutions russes légales et démocratiques crées...

 

Après, s'ils avaient une chance, les putschistes l'ont complètement laissée s'échapper en ratant à peu près tout ce qu'il était possible de rater : les points cruciaux ne sont pas confiés à des hommes de confiance, l'opposition n'est pas mise hors d'état de nuire, les médias ne sont pas contrôlés, aucune action radicale n'est prise...

 

Les lectures en question :

- John B. Dunlop, The Rise of Russia and the Fall of the Soviet Empire, 1993 (une édition paperback de 1995 a quelques ajouts mais le chapitre sur le putsch est le même)

- John B. Dunlop, "The August 1991 Coup and Its Impact on Soviet Politics", article dans le Journal of Cold War Studies, 2003 (résumé et mise à jour avec de nouvelles sources)

- Général [Konstantin Ivanovitch] Kobets, La vie quotidienne à Moscou pendant le putsch : 18-21 août 1991, éditions Hachette, 1991, ISBN 2-01-019179-X (témoignage d'un militaire-politique ayant été aux côtés d'Eltsine)

Edited by Rob1
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ça me rappelle ma jeunesse lors d'un travail sur l'URSS et la Russie ensuite !

 

Si Boris Eltsine n'était pas là, le putsch aurait pu être réussi. Mais l'économie soviétique était au plus mal et, les politiques de Perestroïka et Glasnost de Gorbatchev ne contribuaient pas à crédibiliser les putschistes. A moins d'une purge stalinienne à grande ampleur ...

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Je pense aussi que l'institution militaire était divisée sur la question et que l'armée n'était pas très fiable.

Ce qui a peut-être empêché la prise de mesures radicales (éliminations d'opposants, mater les manifestations, contrôler les médias...).

Les dirigeants du Putsch ont peut-être pensé que la population et toute l'armée se rallieraient à eux spontanément.

Edited by Kiriyama

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Je pense aussi que l'institution militaire était divisée sur la question et que l'armée n'était pas très fiable.

 

Ce qui a peut-être empêché la prise de mesures radicales (éliminations d'opposants, mater les manifestations, contrôler les médias...).

 

Les dirigeants du Putsch ont peut-être pensé que la population et toute l'armée se rallieraient à eux spontanément.

Concernant l'armée, certains militaires et officiers ne savaient pas ce qu'ils fallaient faire et eux-mêmes étaient surpris par la tournure des événements. D'ailleurs, on le voyait lors des reportages TV.

 

J'ai l'impression que le putsch était de l'improvisation, un manque de préparation, de concertation politique et militaire, ...

 

Si les putschistes avaient joué la carte nationaliste ou propagande violente (médias et presse) contre les séparatistes ou sécessionnistes des républiques soviétiques comme écraser les insurrections baltes ou dans le Caucase, ... et contre Boris Eltsine, à mon avis cela aurait pris une autre tournure ?!

Edited by Mani
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J'ai lu de nouveaux points de vue sur ce putsch : notamment que ça aurait été mis sur pied par Gorbatchev et Ieltsine eux-même. Le but était justement de faire passer Gorbatchev pour un héros de la démocratie et lui attirer la sympathie de l'Occident et faciliter les aides financières à la Russie. 

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Je viens de tomber sur Democratization and Revolution in the USSR, 1985-1991 de Jerry F. Hough. Il n'est pas aussi bourré d'informations que le bouquin de Dunlop mais a une analyse fine et intéressante des principaux mystères du putsch.

1) Sur Gorbatchev : Gorbatchev avait un besoin "pathologique" d'éviter les responsabilités pour les actions brutales, tout en en ayant autorisé à ses subordonnés en coulisses (notamment l'affaire de Vilnius en janvier 1991). En décembre 1990, le commandant des troupes parachutistes Achalov est nommé ministre adjoint de la défense supervisant ces mêmes troupes, rôle jusqu'alors dévolu au ministre adjoint de la défense pour les forces aériennes, poste de Shaposhnikov, un pro-réformiste. Cette nomination a été approuvée par Gorbatchev.

Le 17 juin, peu après qu'Eltsine soit élu président de Russie, Pavlov (1er ministre), Krioutchkov (KGB), Pougo (MVD) et Iazov (Défense) vont voir le Soviet suprême, dans le dos de Gorbatchev, pour demander qu'il reprenne certains pouvoirs que Gorbatchev vient de céder aux républiques. Ca fuite et c'est ce qui pousse le maire de Moscou Gavril Popov à dire aux Américains qu'il s'attend à un coup d'État. Gorbatchev dit au Soviet suprême qu'il comprend les inquiétudes de Pavlov mais que ses demandes ne sont pas nécessaires. Krioutchkov et d'autres disent que Gorbatchev avait plusieurs fois approuvé l'élaboration de mesures d'urgence pour empêcher un effondrement économique, mais avait à chaque fois dit qu'il fallait "attendre le bon moment", y compris juste avant de partir en vacances à Foros.

A cause de ces ambigüités, ses lieutenants pensaient sincèrement qu'il donnerait son accord à la mise en place de l'état d'urgence lorsqu'ils sont allés le voir à Foros. Son refus a été une douche froide pour les putschistes, qui ne s'y attendaient pas. Jerry F. Hough dit qu'il y a trois explications au comportement de Gorby : a) il peut avoir été fatigué et laissé tomber b) il peut avoir accepté que l'URSS deviendrait une confédération et que ses pouvoirs seraient limités, et avoir manoeuvré pour mettre fin du gouvernement soviétique en essayant d'éviter une réaction conservatrice c) il peut avoir accepté cyniquement la perte des pouvoirs en comptant sur une réaction conservatrice à son bénéfice qu'il pourrait nier. L'auteur conclut qu'aucune de ces explications n'arrive à expliquer toutes ses actions.

2) Sur les plans des putschistes : les membres du comité d’État pour l'état d'urgence ont prétendu que le putsch a été improvisé en quelques jours mais c'est d'évidence faux (ils ont donnés leur version alors qu'ils étaient arrêtés et en attente de procès). Comme dit plus haut, Gorbatchev avait autorisé l'élaboration de plans pour l'état d'urgence au cours des mois précédents. Un des planificateurs a dit que Krioutchkov avait déclaré le 14 août que l'état d'urgence serait mis en place contre la volonté de Gorby. Il est cependant clair qu'ils n'avaient pas prévu le refus de Gorbatchev et les témoignages montrent une incroyable désorganisation. Une explication serait que les putschistes avaient le scénario de Prague 1968 en tête, où une démonstration de force avait fait l'essentiel. Une autre (pas incompatible) était que les putschistes avaient des vues divergentes, entre celle du vice-président Ianaïev pour qui Gorby était malade d'indécision mais viendrait approuver une fois la situation stabilisée, et le commandant des forces terrestres Verrenikov pour qui c'était à un traître à traiter au mieux comme Khrouchtchev. Cette absence d'objectif les a pas mal gênés (les forces à leurs ordres étaient priées de virer un Eltsine démocratiquement élu et populaire pour remettre en selle un Gorbatchev incapable de redresser le pays, et sans garantie que celui-ci ne se retournerait pas contre eux).

Les mémoires de putschistes sont étonnamment vides quant à leurs plans. Ils espéraient sans doute vaguement trouver une solution avec le Congrès ou le comité central du Parti pour désigner un leader réformateur modéré qui reprendrait la perestroïka de façon plus lente, sauf que ceux-ci ont évité de se prononcer pour ou contre le putsch.

 

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Merci du compte rendu. Cela a l'époque me semblait ressembler a l'équivalent du putsch des généraux d'Alger avec des responsables nostalgiques du temps perdu et le même plan d'amateur croyant avoir un soutien populaire imaginaire.

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Certains dissidents ont soutenu la thèse d’un double jeu de gorby.

Thèse reprise par Gérard de Villiers dans la série SAS, numéro 105 KGB contre KGB

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