Onyx29

Les Balkans, au coeur d'un nouveau "Grand Jeu" ?

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Verdict du procès concernant la tentative de coup d'État de 2016 au Monténégro, les principaux accusés condamnés à 5 ans de prison, 12 autres allant de 1 avec sursis a 15 de trou, 2 agents russes condamnés par coutumace :

https://www.lapresse.ca/international/europe/201905/09/01-5225411-coup-detat-dejoue-au-montenegro-prison-pour-deux-opposants-prorusses.php

Edited by collectionneur
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https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/europe/balkans-occidentaux/strategie-francaise-pour-les-balkans-occidentaux/ (29 avril 2019)

Le Président de la République se rendra en Serbie en juillet.

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se rendra en Albanie et au Kosovo cette année.

1. Développement économique et social par l’intervention de l’Agence française de développement (AFD)

Un accord intergouvernemental a été signé avec la Serbie, le 25 février. Les cinq autres accords sont en cours de négociation.

L’AFD portera également des projets dans le domaine de l’égalité femmes/hommes et soutiendra la réconciliation et la jeunesse au travers de l’Office régional de coopération pour la jeunesse (RYCO) des Balkans occidentaux (conçu sur le modèle de l’office franco-allemand pour la jeunesse OFAJ).
L’aide annuelle apportée par l’AFD (initialement 100 à 150 millions d’euro) servira de levier aux financements des autres bailleurs, en particulier la KfW allemande avec laquelle elle coopère étroitement.

2. Sécurité

    Lutte contre les trafics illicites d’armes légères et de petit calibre : poursuite de la mise en oeuvre de la feuille de route franco-allemande visant à mobiliser les pays de la région sur des mesures concrètes (en particulier de sécurisation, de lutte contre les réseaux de trafics, et de collecte des stocks d’armes illicites) et à coordonner l’assistance de la communauté internationale pour lutter contre le trafic d’armes.
    Renforcement de notre coopération bilatérale, notamment : mise en place d’unités permanentes de renseignement criminel (UPRC).

4. Défense
    Une offre accrue de formations d’officiers des pays des Balkans occidentaux dans les écoles françaises de formation et de ressortissants de ces Etats à l’Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN).

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/serbie/evenements/article/commemoration-des-180-ans-des-relations-diplomatiques-entre-la-france-et-la Serbie (mars 2019 ?)

François Duclos, nommé à cette fonction, s’est présenté au prince Milos Obrenovic le 19 mars 1839 pour lui remettre ses lettres de créances. Le 23 mars 1839, M. Duclos est arrivé à Belgrade où il a ouvert la représentation de la France. Ce faisant, la France et la Serbie renouaient des relations diplomatiques qu’elles avaient déjà entretenues dès le Moyen-Age (mariage d’Hélène d’Anjou et d’Uros Ier en 1245 ; alliance diplomatique de 1255). Le travail accompli par M. Duclos en 1839 pour suivre, dans des conditions difficiles, les développements complexes de cette époque a constitué une contribution décisive au développement de l’amitié franco-serbe. Celle-ci s’est renforcée, 75 ans plus tard, dans les batailles de la Grande Guerre, menées en commun et dont nos deux pays ont récemment commémoré le centenaire.

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https://www.faz.net/aktuell/politik/ausland/union-gegen-direkte-eu-verhandlung-mit-albanien-und-nordmazedonien-16211829.html (29 mai 2019)

Ouverture des négociations d'adhésion à la Macédoine septentrionale et à l'Albanie :

La commission est pour

La CDU est contre, le SPD est pour (quelle sera donc la position allemande ? a priori la CDU peut mettre son veto, mais le ministre des affaires européennes est SPD)

Les Pays-Bas, le Danemark, et la France, sont "critiques".

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https://foreignpolicy.com/2019/07/22/the-trump-administration-is-helping-kill-albanias-democracy/ (22 juillet 2019)

L'Albanie est en crise constitutionnelle depuis février, lorsque le magazine allemand Bild a produit des révélations sur des achats de votes et autres manipulations par le parti au pouvoir lors des élections législatives de 2017.

L'opposition a alors démissionné du parlement, estimant qu'il n'est pas fonctionnel puisque les législatives étaient truquées.

D'autre part l'opposition a également demandé le report en octobre des élections locales prévues pour le 30 juin 2019.

Le premier-ministre a maintenu les élections locales du 30 juin, que l'opposition a boycotté, permettant ainsi au parti au pouvoir de prendre une position hégémonique au niveau local.

Les Etats-Unis soutiennent le parti au pouvoir :

[Le sous-secrétaire d'État américain aux affaires européennes Matthew] Palmer a fait valoir de façon déroutante que les élections devraient d'abord avoir lieu (même au prix de la création d'un État à parti unique sans freins et contrepoids), et la sélection par le gouvernement d'une nouvelle cour constitutionnelle devrait avoir lieu ensuite, qui déciderait alors de la validité du vote. (A ce stade, l'opposition n'accepterait jamais la légitimité d'une cour constitutionnelle à moins qu'elle ne joue un rôle dans sa sélection.) Il a également laissé entendre implicitement que les États-Unis couperaient les liens avec tout parti dont les partisans s'adonnent à la violence, sans reconnaître le bien-fondé des griefs de l'opposition pour avoir été injustement marginalisés dans le processus électoral. L'une des prémisses fondamentales de la gouvernance est que pour que les institutions fonctionnent correctement - qu'il s'agisse d'élections ou de tribunaux - elles doivent être considérées comme légitimes. Palmer a suggéré que les Albanais devraient ignorer ce principe, sans en reconnaître les conséquences dangereuses.

Les électeurs albanais ont finalement ignoré la campagne du gouvernement socialiste et la tentative d'intervention de Palmer en s'abstenant silencieusement de participer aux élections. Il en a résulté un taux de participation aux élections historiquement bas, de l'ordre de 20 %.

Dans son analyse cinglante des élections, la mission internationale d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a conclu qu'elles avaient eu lieu " sans égard pour les intérêts de l'électorat ".

Tout cela soulève de sérieuses questions sur le Département d'État [américain], qui continue de prôner l'acceptation par les Albanais de la légitimité de ces élections. Sur quelle base les États-Unis refusent-ils les demandes d'équité de l'opposition, qui ne peut faire confiance au processus électoral ? Pourquoi ne pas suivre la voie du compromis proposée par le président albanais légitimement élu ? Il n'y a pas de raison claire expliquant l'approche que Palmer et ses collègues du département d'État ont adoptée.

Cette affaire soulève également des questions plus larges : Qui fait marcher la boutique du département d'État pendant que le secrétaire d'État Mike Pompeo se concentre sur les principaux points chauds et les initiatives de politique étrangère ? Qui guide les bureaucrates américains qui jouent un rôle clé dans le maintien de la stabilité des pays et des régions fragiles dans le monde et avec quels principes ? Il semble clair que l'absence sans précédent de confirmations [par le Sénat] des postes à haut niveau au département d'État fait des ravages.

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/botched-local-elections-undermine-albanias-eu-prospects/ (5 juillet 2019)

Dans le même temps, la demande du gouvernement néerlandais à la Commission européenne de suspendre l’accord de libéralisation du régime des visas de l’Albanie a été rejetée. Le parlement néerlandais avait voté en juin en faveur de cette demande, après que les députés eurent insisté sur le fait que le régime d’exemption de visa profite au crime organisé.

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https://www.bbc.com/news/world-europe-50100201 (18 octobre 2019)

Lors du sommet de l'UE, le président français Emmanuel Macron a conduit un petit nombre de pays à rejeter la candidature des pays des Balkans occidentaux à l'adhésion. Il a été rejoint par le Danemark et les Pays-Bas pour refuser l'Albanie, mais la France seule a rejeté la Macédoine du Nord. Tous les États membres de l'UE doivent se mettre d'accord avant d'approuver l'ouverture des négociations d'adhésion.

http://www.rfi.fr/europe/20191018-elargissement-albanie-macedoine-nord-france-reticence-ue-tusk-juncker (18 octobre 2019)

Emmanuel Macron donnait une conférence de presse. « J’assume de porter une voix qui n’est pas majoritaire », a déclaré le président français. « Ça ne marche pas bien à 27, comment on explique que ça marche mieux à 28,29, 30 ou 32, a-t-il poursuivi. On est trop lents à nous réformer nous-mêmes avant d'élargir. Les mêmes qui nous disent la main sur le coeur qu'il faut élargir nous disent qu'ils veulent un budget à 1%. Quand la tartine est plus grande et qu'on met moins de beurre, il faut étaler le beurre et on finit par ne plus le voir ».

Sur Twitter, le Commissaire à l'Élargissement Johannes Hahn a évoqué une « déception extrême »

Jean Claude Juncker n'a pas caché pas son amertume. Il a dénoncé une « lourde erreur historique » tout comme le président du Conseil, Donald Tusk à ses côtés.

 

 

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il y a 1 minute, Wallaby a dit :

https://www.bbc.com/news/world-europe-50100201 (18 octobre 2019)

Lors du sommet de l'UE, le président français Emmanuel Macron a conduit un petit nombre de pays à rejeter la candidature des pays des Balkans occidentaux à l'adhésion. Il a été rejoint par le Danemark et les Pays-Bas pour refuser l'Albanie, mais la France seule a rejeté la Macédoine du Nord. Tous les États membres de l'UE doivent se mettre d'accord avant d'approuver l'ouverture des négociations d'adhésion.

http://www.rfi.fr/europe/20191018-elargissement-albanie-macedoine-nord-france-reticence-ue-tusk-juncker (18 octobre 2019)

Emmanuel Macron donnait une conférence de presse. « J’assume de porter une voix qui n’est pas majoritaire », a déclaré le président français. « Ça ne marche pas bien à 27, comment on explique que ça marche mieux à 28,29, 30 ou 32, a-t-il poursuivi. On est trop lents à nous réformer nous-mêmes avant d'élargir. Les mêmes qui nous disent la main sur le coeur qu'il faut élargir nous disent qu'ils veulent un budget à 1%. Quand la tartine est plus grande et qu'on met moins de beurre, il faut étaler le beurre et on finit par ne plus le voir ».

Sur Twitter, le Commissaire à l'Élargissement Johannes Hahn a évoqué une « déception extrême »

Jean Claude Juncker n'a pas caché pas son amertume. Il a dénoncé une « lourde erreur historique » tout comme le président du Conseil, Donald Tusk à ses côtés.

 

 

Est-ce qu'on peut y voir de E.Macron une sorte de vengeance en réponse au fait que S.Goulard se soit faite retoqué au poste de commissaire ?

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Ou peut-être aussi une forme de sagesse : on n'arrive déjà pas à se gérer à 27/28, on n'arrive déjà pas à gérer les Hongrois, les Roumains et les Bulgares. Et ce sont des gentils sans trop de casseroles. Là, tu as l'Albanie et la Macédoine... erf. C'est déjà assez le bordel comme ça non ?

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Le PR a cette fois raison accepter des pays quasi failli ou quasi maffieux alors que l'UE est déjà bien pataude à force de de s'étendre...

Je m'inquiète pour moi : ces jours je critique Poutine et fait un complément à Macron...je vais aller consulter

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Il y a 21 heures, Ciders a dit :

Ou peut-être aussi une forme de sagesse : on n'arrive déjà pas à se gérer à 27/28, on n'arrive déjà pas à gérer les Hongrois, les Roumains et les Bulgares. Et ce sont des gentils sans trop de casseroles. Là, tu as l'Albanie et la Macédoine... erf. C'est déjà assez le bordel comme ça non ?

Sagesse?. Non, de son propre aveu off ca a plus a voir avec la politique intérieure française. Par contre c'est a moyen terme une connerie. Tu ne demande pas des efforts a quelqu'un pour dire que mm si ces efforts sont faits il peut aller se faire foutre.

La c'est la porte ouverte a l'entrisme de la Russie, Chine et Turquie qui se frottent les mains

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il y a 31 minutes, Akhilleus a dit :

Sagesse?. Non, de son propre aveu off ca a plus a voir avec la politique intérieure française. Par contre c'est a moyen terme une connerie. Tu ne demande pas des efforts a quelqu'un pour dire que mm si ces efforts sont faits il peut aller se faire foutre.

La c'est la porte ouverte a l'entrisme de la Russie, Chine et Turquie qui se frottent les mains

L'Albanie, la Macédoine (dans une moindre mesure) ou le Kosovo dans le giron Russe ou Chinois, moi je dis bon débarras :) 

Edited by ManuG

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il y a 39 minutes, Akhilleus a dit :

Sagesse?. Non, de son propre aveu off ca a plus a voir avec la politique intérieure française. Par contre c'est a moyen terme une connerie. Tu ne demande pas des efforts a quelqu'un pour dire que mm si ces efforts sont faits il peut aller se faire foutre.

La c'est la porte ouverte a l'entrisme de la Russie, Chine et Turquie qui se frottent les mains

Je suis d'accord. Mais il y a un mais.

A l'heure actuelle, l'Europe n'a strictement rien à offrir à ces pays sur le plan stratégique et ils ne nous apporteront rien non plus, sauf des clients potentiels pour l'industrie américaine et pour le PPE. L'erreur n'est pas de leur fermer la porte maintenant mais de la leur avoir ouverte il y a plusieurs années.

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il y a 2 minutes, Capitaineconan a dit :

Et le Kosovo l’enfant chéri de la France et des États Unis...

ça c'est encore une autre question...

Edited by Chronos

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Il y a 2 heures, Ciders a dit :

Je suis d'accord. Mais il y a un mais.

A l'heure actuelle, l'Europe n'a strictement rien à offrir à ces pays sur le plan stratégique et ils ne nous apporteront rien non plus, sauf des clients potentiels pour l'industrie américaine et pour le PPE. L'erreur n'est pas de leur fermer la porte maintenant mais de la leur avoir ouverte il y a plusieurs années.

J"aurai tendance a etre d'accird avec ton mais. Malheureusement le dogmatisme de l'elargissement a tout crin a fait que la porte a deja été ouverte (dans tous les sens di terme). On ne refait pas l'histoire mais il eu fallu atteindre avant de promettre l'adhesion en y mettant des conditions restrictives plus hardues que celles qui ont prevalues a l'entrée des mauvais eleves, Grece, Roumanie, Bulgarie et Hongrie

Il y a 2 heures, Chronos a dit :

En soi, l'Albanie et la Macédoine du Nord ne paraissent pas, selon tous les indicateurs, être prêts à une adhésion à l'Union européenne. La seule question de leur collaboration à un espace de sécurité et de Justice me paraît suffisante pour rejeter une poursuite du processus d'adhésion ou même son entame. La Pologne, la Hongrie et la Roumanie (je songe au limogeage de cette procureur par le parti au pouvoir parce qu'elle avait osé poser les bonnes questions) sont des cas déjà bien préoccupants pour justifier que l'on n'en ajoute pas d'autres.

Il apparaît en outre raisonnable de chercher à consolider l'existant plutôt qu'à étendre l'Union et lui adjoindre de petits Etats ruinés et peu aptes à subvenir à leurs besoins qui vont mécaniquement exclure plusieurs régions sinistrées d'Europe de l'Ouest des mécanismes FEDER et autres alors qu'elles en ont bien besoin. Ça va créer de grosses frustrations et pas qu'à l'Ouest. 

Les lâcher serait toutefois clairement excessif pour les raisons que tu évoques. Stabiliser les Balkans au profit de l'Union est un enjeu stratégique. Il me semble plus judicieux et viable, pour l'heure, de travailler sur des partenariats particuliers.

Comme dis au dessus je serais assez d'accord avec ca..... si ce n'est que des promesses ont aussi été faites d'un côté entrainant des grosses concessions, sacrifices de l'autre

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Faut voir aussi l'opinion de ceux des Balkans :

Citation


Discours de Sa Majesté Margareta de Roumanie, Institut Clingendael, La Haye, 9 octobre 2019

Vos Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je suis honoré d'être parmi vous aujourd'hui, non seulement parce que je reconnais que l'Institut néerlandais des relations internationales est l'un des principaux groupes de réflexion européens, mais aussi parce que j'admire votre double mission d'informer le public et de contribuer au débat sur les questions de sécurité, mais aussi de former des responsables politiques, militaires et commerciaux de tout le continent dans le cadre de vos activités diplomatiques. C'est ce double rôle qui vous rend unique parmi les groupes de réflexion en Europe.

Je dois d'abord rappeler l'hospitalité que vous avez accordée à mon père, feu le Roi, lorsqu'il est venu vous parler il y a 17 ans. Il vaut la peine de se rappeler où se trouvait la Roumanie à l'époque. Elle n'est encore membre ni de l'OTAN ni de l'Union européenne, bien qu'elle soit candidate aux deux. Elle est toujours confrontée à des problèmes majeurs d'intégration en Europe et à de sérieuses interrogations quant à sa vocation européenne. Mon père s'est battu avec acharnement pour répondre à ces questions et dissiper les idées fausses, et le programme que vous lui avez alors présenté était important.  Quelques mois après son intervention devant vous en 2002, la Roumanie a été invitée à adhérer à l'OTAN, et exactement deux ans plus tard, nous sommes devenus membres à part entière.

Bien que l'adhésion à l'OTAN ne soit pas directement liée à l'adhésion à l'Union européenne, mon père a prédit il y a 17 ans que l'élargissement de l'OTAN signifiait aussi un élargissement accéléré de l'Union européenne - c'est ce qui s'est passé en 2007. Le fait que vous étiez prêt à écouter nos arguments à l'époque était important. C'est pourquoi, une fois de plus, j'exprime notre gratitude pour cela.

Vos Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je ne pense pas que vous m'ayez invité ici pour donner une image positive ou une " perspective " des défis auxquels mon pays est confronté, ou pour essayer de faire la lumière sur les difficultés que nous rencontrons. Les citoyens de votre pays, y compris nombre de vos hommes politiques, avaient sans aucun doute raison lorsqu'ils ont affirmé au début des années 2000 qu'une véritable et complète intégration européenne prendrait du temps et que le simple fait de rejoindre l'Union devrait être suivi de nombreuses décennies de dur labeur.

Néanmoins, je voudrais faire valoir qu'au lieu d'être à moitié vide, le verre est en fait à moitié plein, et que la Roumanie elle-même et l'Union européenne, avec la Roumanie en son centre, font des progrès.

Rappelons-nous que, pendant des décennies, nous avons entendu dire que la plus grande force de l'Union européenne était l'incitation qu'elle donnait aux pays candidats à mettre en œuvre de sérieuses réformes avant d'être autorisés à devenir membres à part entière de l'UE, que l'acquis communautaire était l'un des mécanismes de réforme les plus puissants d'Europe. Ce point de vue optimiste a prévalu lorsque 10 pays d'Europe centrale ont adhéré en 2004.

Pourtant, lorsque la Roumanie s'est jointe à la Bulgarie trois ans après la première vague, c'est le point de vue opposé qui s'est fait jour, à savoir que mon pays et la Bulgarie ont été autorisés à entrer dans l'UE sans avoir été obligés d'entreprendre les réformes nécessaires, qu'ils ont été autorisés à y entrer pour des raisons politiques plutôt que pratiques. En fait, l'argument a encore plus changé. Ainsi, alors que dans le passé, la question à laquelle les gouvernements européens étaient confrontés était de savoir si un pays donné était prêt pour l'Union européenne, l'argument est maintenant inversé et la véritable question est de savoir si l'Union européenne est prête pour ses pays partenaires. Eh bien, je crois que cet argument est non seulement faux, mais risqué.

Pour commencer, il convient de rappeler que les pressions exercées sur la Roumanie et les procédures de réforme mises en place avant son adhésion à l'UE ont été très sérieuses et soutenues. Je peux vous assurer, en tant que personne qui était dans le feu de l'action à l'époque, qu'un énorme effort a été entrepris.  Personne qui a travaillé sur le projet ne croyait alors que la Roumanie se voyait offrir un "ticket d'entrée" facile dans l'UE.  En effet, bien au contraire, de nombreux fonctionnaires et administrateurs du pays pensaient qu'on demandait à la Roumanie de faire ce que d'autres anciens pays communistes n'étaient pas censés faire.

Bien sûr, au moins un argument logique peut être avancé selon lequel nous aurions dû passer plus de temps à nous préparer avant d'adhérer à l'Union. Mais cet argument est, je crois, tout aussi difficile à soutenir.  Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de soutenir devant cet auditoire d'experts que l'idée de maintenir la Roumanie ou la Bulgarie en dehors de l'UE aurait été pour elles une incitation à entreprendre davantage de réformes est mal conçue.

En réalité, l'Europe doit trouver un équilibre entre le fait de rendre crédible la promesse d'adhésion pour encourager les pays à se réformer, mais aussi le fait de convaincre les pays candidats que les réformes qu'ils doivent mettre en œuvre doivent être sérieuses. Je pense qu'il est indéniable que l'Union a eu raison en ce sens qu'elle a rendu réelle et possible la promesse de l'adhésion, mais qu'elle a également rendu réelle et immédiate l'insistance sur les réformes.

Il suffit de regarder l'exemple de la Turquie pour se rendre compte de ce qui se passe lorsque les deux processus - à savoir le processus d'incitations et le processus d'insistance sur des réformes structurelles profondes - se désynchronisent ; le résultat est que ni l'un ni l'autre ne deviennent réalisables. Donc, oui, l'élargissement à mon pays était au moins en partie un acte de foi. Mais il en a été de même lorsque la Grèce a rejoint l'Union européenne et lorsque l'Espagne et le Portugal ont fait de même. Tout cela a été un acte de foi qui s'est transformé en un partenariat loyal. Et il n'y a aucune raison qu'il n'en soit pas de même pour la Roumanie.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je reviens sur des arguments qui ont été entendus pour la dernière fois il y a plus d'une décennie. La raison en est que la façon dont nous encadrons le passé influence grandement la façon dont nous interprétons le présent. Croyez que c'était une erreur d'inclure la Roumanie dans l'Union européenne à l'époque, et vous êtes plus susceptibles de croire aujourd'hui que, quoi que nous fassions, nous ne serons pas en mesure de rattraper le reste du continent. Toutefois, si l'on considère l'intégration de la Roumanie comme un processus plus ou moins continu, les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui deviennent essentiellement des défis qu'il faut surmonter, plutôt que des erreurs supposées des temps passés.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je pense que, dans nos efforts pour améliorer le fonctionnement de notre Union, nous sommes peut-être devenus trop obsédés par le processus plutôt que par la vision, si bien que nous oublions souvent à quel point nos réalisations ont été énormes. Un continent divisé depuis deux générations par la guerre froide est de nouveau uni. Nous l'avons fait avec des sacrifices mutuels non pas parce que nous voulions réduire le coût des tomates ou des voitures dans nos pays, mais parce que nous partagions la même vision et les mêmes valeurs. Et nous partageons toujours les mêmes valeurs et les mêmes inclinations aujourd'hui.

Oui, nous avons des problèmes. Il y a eu une croissance économique phénoménale dans l'ancienne moitié communiste du continent, et mon pays est l'une des économies les plus dynamiques d'Europe.  Mais cela n'a pas effacé les écarts de richesse importants entre la moitié orientale et la moitié occidentale du continent. Trois décennies se sont écoulées depuis la fin du communisme, mais il faudra probablement encore trois décennies pour effacer complètement les effets nocifs de la dictature et de la mauvaise gestion communistes. Bref, une génération entière passera avant que nous soyons véritablement et pleinement unis, et presque aucun de ceux qui étaient mûrs lorsque les événements de 1989 dans mon pays ont fait disparaître le dictateur communiste pourrait vivre jusqu'au jour où le fossé économique est-ouest de l'Europe disparaîtra complètement. Je ne cherche pas à trouver des excuses ou à attribuer le blâme, mais simplement à expliquer le sentiment de frustration ressenti dans de nombreux nouveaux États membres.

Nous avons aussi des points de vue différents sur la vie sociale et les coutumes. Nous sommes plus religieux, plus patriotiques et plus méfiants à l'égard des niveaux élevés d'immigration. Il se peut que certains en Occident n'aiment pas ça. Mais rejeter nos sentiments comme n'étant que du "racisme et de la xénophobie" ou tout diviser entre "progressiste" - c'est-à-dire occidental - et "réactionnaire" est clairement contre-productif. Il est également clairement faux de prétendre que nos valeurs ne sont pas des valeurs européennes ; elles ne sont peut-être pas à la mode dans certaines parties de l'Europe, mais ce sont des valeurs qui appartiennent au continent. Lorsque la crise de l'immigration de 2015 a frappé notre continent, la Roumanie a été l'un des pays qui ont accepté que le fardeau de l'installation de ces immigrants soit partagé.

Je le répète : rien de tout cela ne veut dire que les nouveaux États membres devraient être libérés, quoi qu'il arrive dans leur pays. La lutte contre la corruption, par exemple, doit se poursuivre sans relâche. Et il ne fait aucun doute que certains développements politiques dans mon pays ont fait sourciller nos partenaires européens.

Mais le point de départ de toutes les activités est de cesser de traiter avec condescendance les nouveaux États membres et d'éviter de les menacer par des clauses de conditionnalité artificiellement étendues. Diverses propositions visant à utiliser la conditionnalité politique dans le décaissement des fonds du prochain budget septennal de l'Union en échange de certaines concessions politiques sont non seulement illégales en vertu des traités de l'UE existants, mais elles garantissent également la division plutôt que l'unité de l'Europe.

Dès 2011, la Commission européenne a estimé que la Roumanie remplissait toutes les conditions techniques nécessaires pour devenir membre à part entière de Schengen. Pourtant, l'une après l'autre, des conditions ont été ajoutées. Des fonctionnaires d'un certain nombre de pays, y compris, malheureusement, le vôtre, nous disent maintenant en privé que des considérations de politique intérieure rendent difficile l'intégration de la Roumanie à Schengen. Je peux comprendre cet argument.  Mais j'espère que vous comprendrez aussi que nos dirigeants politiques subissent des pressions internes similaires, de la part de notre propre peuple qui ne peut accepter qu'ils soient dans une position inférieure à celle de nos concitoyens européens.

Néanmoins, je pense que nous méritons tous de nous féliciter pour ce que nous avons accompli au cours des deux dernières décennies et à quel point le continent a changé pour le mieux depuis que mon père était ici en 2002. Les Roumains sont presque trois fois plus riches aujourd'hui que lorsque nous nous sommes débarrassés du communisme. Il existe un consensus national dans mon pays sur le fait qu'il n'y a pas d'autre endroit que la Roumanie au cœur de l'OTAN et de l'UE.  En effet - et comme je le rappelle souvent à nos frères européens, les vrais idéalistes de l'Europe se trouvent maintenant surtout dans la partie orientale du continent ; les vrais cyniques sont souvent à l'Ouest.

Bref, la vocation européenne de la Roumanie reste inébranlable. Tout comme, je l'espère, votre amitié et votre soutien pour notre nation.

Merci beaucoup !


Traduit avec www.DeepL.com/Translator

 

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Il y a 2 heures, Zalmox a dit :

Discours de Sa Majesté Margareta de Roumanie, Institut Clingendael, La Haye, 9 octobre 2019

...et que la Roumanie elle-même et l'Union européenne, avec la Roumanie en son centre, font des progrès.

Elle a raison. Avec l'élargissement à la Turquie et à l'Ukraine, plus la Géorgie, voire le Kazakhstan et la Mongolie, la Roumanie sera le "centre" de l'UE. Qu'attend-on pour déménager la commission européenne de Bruxelles à Bucarest ?

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Il y a 1 heure, Wallaby a dit :

Elle a raison. Avec l'élargissement à la Turquie et à l'Ukraine, plus la Géorgie, voire le Kazakhstan et la Mongolie, la Roumanie sera le "centre" de l'UE. Qu'attend-on pour déménager la commission européenne de Bruxelles à Bucarest ?

C'est une traduction automatique de l'anglais. Le texte original est :

Nevertheless, I would like to argue that instead of being half empty, the glass is actually half full, and that both Romania itself and the European Union with Romania at its core are making progress.

Traduction qui peut être faite et c'est le cas ici, par coeur ou noyau à la place de centre. Le mot center n'a pas été utilisé. C'est plus du domaine de l'âme que de la géographie.

https://www.romaniaregala.ro/jurnal/discursul-custodelui-coroanei-la-institutul-clingendael-din-haga

Edited by Zalmox
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https://www.politico.eu/article/macron-urges-reform-of-bizarre-system-for-eu-hopefuls/ (16 octobre 2019)

[Macron] a clairement indiqué qu'il ne pouvait pas accepter l'ouverture de pourparlers avec l'Albanie à ce stade, mais semblait laisser une certaine marge de manœuvre pour la Macédoine du Nord.

"Je pense que nous devons réformer cette procédure, qui est pour l'instant irréversible, non progressive et ne s'est pas adaptée, a-t-il dit. "Nous faisons des choses bizarres... Nous donnons la libéralisation des visas, le droit de circuler librement entre nos pays, avant même d'ouvrir les négociations."

M. Macron a cité l'exemple de l'Albanie, dont les citoyens peuvent se rendre en France sans visa, bien qu'elle n'ait pas entamé de négociations d'adhésion à l'UE.

"C'est bizarre, en tant que type de relation," dit-il.

Il a demandé comment il pouvait dire aux Français que "tout va si bien que nous allons ouvrir des négociations" avec l'Albanie, alors que "des milliers et des milliers" d'Albanais demandent l'asile en France.

Mme Merkel, pour sa part, a déclaré qu'elle soutenait l'appel de la France à réformer le processus d'adhésion, mais elle a noté qu'il y avait une question ouverte sur les conditions que la Macédoine du Nord et l'Albanie devraient remplir avant de pouvoir entamer les négociations.

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https://www.lefigaro.fr/international/le-president-serbe-denonce-des-actions-du-renseignement-russe-20191121

Un événement assez rare :

Le président serbe Aleksandar Vucic a confirmé jeudi que des membres des services de renseignement russes avaient approché depuis 2017 plusieurs responsables militaires serbes, l'un d'eux ayant remis par «trois fois» de l'argent à ses sources.

Je ne pensais pas que la Serbie avait déjà assez basculé dans le camp OTAN, pour critiquer le "grand frère russe"

Citation

 

Le chef de l'Etat serbe s'est adressé à la presse à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité national, convoquée après la diffusion par la presse locale d'une vidéo mettant en cause un officier russe.

Ce dernier a été filmé à Zemun, dans la banlieue de Belgrade, alors qu'il remettait à un homme un sac en plastique avec une enveloppe contenant de l'argent. M. Vucic a précisé qu'à cette occasion, le 24 décembre 2018, le lieutenant-colonel russe Georgy Kleban avait rencontré un lieutenant-colonel serbe à la retraite, dont les initiales sont Z.K.

Il a expliqué qu'il ne s'agissait pas de l'unique rencontre avec des sources serbes de Georgy Kleban, à l'époque selon lui adjoint de l'attaché militaire russe en Serbie. «Dix contacts de Georgy Kleban avec trois sources conspiratrices ont été documentés. Trois fois, (ce) lieutenant-clonel a remis de l'argent» à ses contacts serbes, a dit le président.

 

 

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