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On prend les paris, les british quittent,ou pas, l'Europe?  

82 members have voted

  1. 1. pensez-vous que les brits vont quitter, ou pas, l'Union?

    • Ils se dégonflent et restent dans l'Europe.
    • Ils ont des "cojones" - des bollocks en fait - et quittent l'Europe.

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il y a 51 minutes, Wallaby a dit :

Cette déclaration de Kaczynski semble plutôt favorable à un retour à l'Europe à 28 membres. Ou alors il y a quelque chose que je n'ai pas compris.

Tu as raison mais, outre le fait que c'était plus une boutade de ma part que la moindre tentative de "prévision" sérieuse, je n'ai pas l'impression que l'humeur soit tellement à la galéjade à Paris, Berlin ou La Haye (liste non-limitative). L'idée selon laquelle il faudrait que l'UE fasse encore "des efforts pour que la Grande-Bretagne retourne dans l'Union", soit si c'est correctement traduit et si je l'interprète bien, revenir manger dans la main de Cameron en lui demandant ce qui ferait plaisir à une portion suffisante des électeurs qui ont voté pour le sortie de l'UE afin de les faire changer d'avis, cette idée là semble certainement intolérable pour les états fondateurs de l'UE et probablement pour un paquet d'autres.

Les avertissements prévenant que ce référendum n'était pas une bonne idée, que le débat serait rude, le score imprévisible, les conséquences probablement terribles pour Londres ont été lancés en temps et en heure, de manière circonstanciée, des concessions ont été faites, les dirigeants de l'Europe continentale et de l'UE se sont fait d'une discrétion de violette pour ne pas interférer : rien n'y a fait.

Donc, à moins d'un retournement violent de la position de la population anglaise dans les mois ou années qui viennent, les anglais partent, pour une décennie ou deux au moins, et si Kaczynski ou d'autres, estimant avoir perdu un allié, eh bien, on risque de perdre la Pologne ou, du moins, de la voir entrer dans un "second cercle", toujours dans l'UE, mais pas dans le groupes de pays qui vont aller de l'avant, plus vite, et probablement avec moins d'état d'âmes.

Je m'attend à l'annonce d'un corps européen de douaniers / gardes côtes, a minima, constitué par des pays pionniers, hors hiérarchies nationales. J'ai peut être parfaitement tort, bien sûr.

Il y a 1 heure, rendbo a dit :

oui, j'ai lu ça en haut de cette page :bloblaugh:

Toutes mes confuses !

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il y a 26 minutes, Boule75 a dit :

Donc, à moins d'un retournement violent de la position de la population anglaise dans les mois ou années qui viennent, les anglais partent, pour une décennie ou deux au moins, et si Kaczynski ou d'autres, estimant avoir perdu un allié, eh bien, on risque de perdre la Pologne ou, du moins, de la voir entrer dans un "second cercle", toujours dans l'UE, mais pas dans le groupes de pays qui vont aller de l'avant, plus vite, et probablement avec moins d'état d'âmes.

De façon beaucoup plus limitée, je pense que la déclaration que tu as citée de Kaczynski, souhaitant que la Grande-Bretagne revote, et revote "bien", est un message à destination du peuple polonais qui est désormais un peuple qui vit à moitié sur la Vistule et à moitié sur la Tamise. C'est un message de politique intérieure qui ne se soucie pas forcément beaucoup de la politique étrangère et européenne réelle. Kaczynski est une sorte d'éminence grise, parlementaire mais sans poste au gouvernement dont les paroles n'engagent pas la Pologne, même si l'on peut soupçonner que c'est lui qui détient le dernier mot dans les prises de décisions.

On peut prendre comme symboles de l'étroitesse des liens entre Grande-Bretagne et Pologne, d'abord les pilotes polonais qui ont permis à l'Angleterre de gagner la bataille d'Angleterre en 1940, puis plus récemment Radosław Sikorski, l'ancien ministre des affaires étrangères polonais, diplômé d'Oxford, membre du Bullington Club comme David Cameron et Boris Johnson, ayant obtenu la double-nationalité, et, cerise sur le gâteau, a fait une carrière dans la citerne de pensée américaine néoconservatrice "Enterprise institute", puis épousé la non-moins néoconservatrice Anne Applebaum, journaliste au très interventionniste et russophobe Washington Post.

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Boris Johnson, champion de la campagne Brexit, ancien maire de Londres et possible futur Premier ministre, s'exprime dans les colonnes du Telegraph

Je ne peux insister trop sur ceci : la Grande-Bretagne fait et fera toujours partie de l'Europe

Texte intéressant, où Johnson tend la main aux Remainers et dessine en filigrane l'objectif de négociation pour la nouvelle relation avec l'UE tel qu'il le voit. Quelques extraits :

Citation

Après avoir rencontré des milliers de personnes pendant cette campagne, je peux vous dire que la question numéro un était le contrôle - la perception que la démocratie britannique était minée par le système UE, et que nous devions redonner au peuple ce pouvoir fondamental : renvoyer leurs dirigeants aux élections et en choisir de nouveaux.

(...)

Forger une nouvelle et meilleure relation avec l'UE - basée sur le libre-échange et le partenariat, plutôt qu'un système fédéral

(...)

Le libre-échange continuera, et l'accès au marché unique

(...)

Le seul changement - et il n'arrivera pas de manière précipitée - est que le RU va s'extraire du système législatif extraordinairement opaque de l'UE : le grand corpus croissant des lois édictées par une Cour Européenne de Justice qui n'admet aucun appel.

(...)

Oui, le Gouvernement pourra reprendre le contrôle de la politique d'immigration, avec un système à points équilibré et humain adapté aux besoins de l'économie et de l'industrie. Oui il y aura une somme importante que nous n'enverrons plus à Bruxelles, mais qui pourrait être utilisé sur des priorités comme le système de santé. Oui, nous pourrons avoir des accords de libre-échange avec les économies à forte croissance d'une manière qui est actuellement interdite.

(...)

Le verdict de l'Histoire sera que le peuple britannique avait raison.

 

 

Ces orientations sont cohérentes avec l'idée que le nouveau gouvernement britannique - que ce soit Johnson ou non qui le dirige :

- cherchera en priorité à maintenir l'accès au marché unique

- sait que la contribution britannique diminuera sans doute une fois hors de l'UE, mais ne sera pas nulle - et aucun engagement sur le montant de la diminution qui sera obtenu

- visera à ce que la politique d'immigration soit "adaptée aux besoins de l'économie", autant dire qu'elle continuera à contribuer à comprimer les salaires des moins qualifiés - et aucun engagement sur la nature et le degré de la "reprise de contrôle"

Tout ceci est pleinement compatible avec l' "option norvégienne", ou avec une variation proche.

Les affirmations fermes portent d'une part sur le contrôle britannique de la loi qui s'applique au Royaume-Uni, souveraineté législative qui est le principal gain du RU, découle mécaniquement de la sortie, et est la motivation principale au moins de la partie directrice de la campagne Leave. D'autre part sur l'accès au marché unique, le libre-échange, qui est l'objectif principal que Johnson propose à la négociation - rassurer les puissances économiques.

Ce qui est beaucoup plus flou, c'est l'économie directe sur la contribution à l'UE tout comme le degré de contrôle sur la politique migratoire. C'est normal - Oslo doit appliquer la libre circulation des personnes, et il contribue au budget européen.

Enfin, l'autre gain lié à la sortie, la capacité de faire du libre-échange avec des économies émergentes, doit aussi se comprendre comme la capacité à être une porte d'entrée à conditions préférentielles sur le marché UE pour les produits américains, chinois, indiens etc. Car c'est bien ce que permettrait cette position d'avoir à la fois plein accès au marché unique et droit de mettre les droits de douane avec Chine ou autre... je ne sais pas moi, à zéro par exemple ? Voilà qui permettrait de compenser et mieux encore les éventuels inconvénients commerciaux restants dans l' "option norvégienne".

 

C'est ce dernier point qui devra être vérifié comme le lait sur le feu dans la négociation pour définir la nouvelle relation UE-RU.

Tout le reste devrait à mon avis être négociable. Il n'y a aucun intérêt pour la France à mettre des bâtons dans les roues d'une relation raisonnable et positive avec le RU hors UE - j'ai bien dit pour la France... pour son président actuel, comme pour la structure UE, la chose serait discutable.

En revanche, laisser les Britanniques devenir une porte d'entrée "qui fuit" privant l'UE, déjà zone commerciale la plus ouverte de toute la planète, du faible levier qu'elle conserve pour négocier des contreparties avec d'autres pays ou zones commerciales, tout gouvernement français devrait y mettre son veto.

 

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il y a 2 minutes, Wallaby a dit :

La Norvège est dans Schengen, quand même...

Et il n'y a pas là-bas de gros secteur financier posant problème de souveraineté pour le reste de l'UE : le libre échange des biens ne gène pas l'UE tant que la Livre ne dévalue pas de trop et que le RU n'est pas utilisé comme porte de contournement de toute politique douanière européenne. La libre circulation des personnes va poser des soucis à Boris, puisqu'une bonne partie de sa base n'en veut pas.

Par contre, la finance, là, c'est un enjeu pour tout le monde, d'où d'ailleurs le désarrois de la City devant le résultat du vote.

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Là je suis surpris, je ne pensais pas qu'ils auraient les couilles de le faire. Personnellement je ne trouve pas ça plus mal : d'une part un pays de l'UE a écouté sa population et ça servira peut-être d'avertissement aux instances dirigeantes.

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Je ne sais pas si c'est avoir des couilles que de claquer la porte, c'est même assez quand on assume (ce qui ne semble plus tout à fait être le cas) ... Se battre de l'intérieur et convaincre est à mon avis plus difficile donc courageux.

Le référendum britannique du 23 juin constitue le troisième échec concernant les affaires européennes en six mois. Le 3 décembre 2015, les Danois rejetaient une participation de leur pays aux programmes européens de sécurité : 53,1% des électeurs disaient "non" à l'adoption de 22 règles européennes en matière de lutte contre le crime organisé, la fraude financière transfrontalière, la menace djihadiste, le trafic d'êtres humains, la cybercriminalité, l'abus et l'exploitation sexuelle des enfants. Le 6 avril dernier, les Néerlandais rejetaient à 61% le traité d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine.

Edited by Pierre_F
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Un article du journal Le Monde où l'on lit des choses assez hallucinantes au sujet du référendum britannique. Par exemple la meilleure:

Un diplomate bruxellois interrogé par Le Monde se prend à espérer : « Avec le temps, les “Brexiters” vont se rendre compte de l’erreur qu’ils ont faite, et le référendum sera annulé. Personne ne s’en plaindrait ici. » Réponse dans quelques semaines.

Ils savent encore ce que c'est que la volonté populaire ces messieurs?
http://www.lemonde.fr/referendum-sur-le-brexit/article/2016/06/27/royaume-uni-le-brexit-peut-il-ne-pas-se-produire_4959221_4872498.html

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Par l'observatoire européen des élections

L'article 50 du traité de Lisbonne stipule que l'Etat membre qui choisit de se retirer de l'Union doit notifier son intention au Conseil européen. Par la suite, Bruxelles "négocie et conclut avec cet Etat un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union". Les traités européens cessent d'être applicables à l'Etat concerné "à partir de la date d'entrée en vigueur de l'accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification, sauf si le Conseil européen, en accord avec l'Etat membre concerné, décide à l'unanimité de proroger ce délai".

200 accords commerciaux vont devoir être renégociés, 80 000 pages de lois communautaires examinées mais les traités européens n'ont rien prévu pour la période spécifique du retrait d'un Etat membre qui peut donc durer plusieurs années. Quid du commissaire britannique (Jonathan Hill, commissaire à la Stabilité financière, aux Services financiers et à l'Union des marchés de capitaux, a démissionné de ses fonctions le 25 juin), des 73 députés européens britanniques? Continueront-ils à se prononcer sur la législation européenne alors qu'ils sont appelés à quitter l'Union? Quel sera le calendrier des négociations ? Celles sur l'élaboration de nouvelles relations entre les Britanniques et les Européens seront-elles concomitantes à celles sur le divorce entre Londres et Bruxelles ? Le traité de Lisbonne ne permet pas de répondre à ces questions.

 

Donc la première négociation est  "quelles sont les modalités du retrait." Si il n'y a pas d'accord , c'est prorogé ... donc cela peut durer longtemps.

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37 minutes ago, Wallaby said:

De façon beaucoup plus limitée, je pense que la déclaration que tu as citée de Kaczynski, souhaitant que la Grande-Bretagne revote, et revote "bien", est un message à destination du peuple polonais qui est désormais un peuple qui vit à moitié sur la Vistule et à moitié sur la Tamise. C'est un message de politique intérieure qui ne se soucie pas forcément beaucoup de la politique étrangère et européenne réelle. Kaczynski est une sorte d'éminence grise, parlementaire mais sans poste au gouvernement dont les paroles n'engagent pas la Pologne, même si l'on peut soupçonner que c'est lui qui détient le dernier mot dans les prises de décisions.

On peut prendre comme symboles de l'étroitesse des liens entre Grande-Bretagne et Pologne, d'abord les pilotes polonais qui ont permis à l'Angleterre de gagner la bataille d'Angleterre en 1940, puis plus récemment Radosław Sikorski, l'ancien ministre des affaires étrangères polonais, diplômé d'Oxford, membre du Bullington Club comme David Cameron et Boris Johnson, ayant obtenu la double-nationalité, et, cerise sur le gâteau, a fait une carrière dans la citerne de pensée américaine néoconservatrice "Enterprise institute", puis épousé la non-moins néoconservatrice Anne Applebaum, journaliste au très interventionniste et russophobe Washington Post.

Il a été membre du Bullingdon Club? Je croyais qu'ils recrutaient que dans l'élite "pure race" nationale. M'enfin, ça reste le club des trous du culs par excellence. 

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il y a 16 minutes, Pierre_F a dit :

Donc la première négociation est  "quelles sont les modalités du retrait." Si il n'y a pas d'accord , c'est prorogé ... donc cela peut durer longtemps.

Toutes les instances de l'UE (Conseil, Commission, Paris, Berlin, Rome, Pays-Bas...) ont signalé que tant qu'il n'y aurait pas d'invocation de l'article 50, il n'y aurait pas de négociation tout court, y compris sur les modalités de négociation. Les anglais sont déjà tricards (pas là mercredi). Pas sûr que ce soit tenable longtemps pour eux : leur main est assez faible.

http://www.boursorama.com/actualites/allemagne-france-et-italie-proposent-une-nouvelle-impulsion-pour-l-ue-61bd2ad23385ecdee28ff2ec9090b209

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Il y a 21 heures, Tancrède a dit :

2 réponses possibles à cela:

- si c'est ça qui est nécessaire.... On n'est pas dans la merde

- avec l'insistance sur la parité des sexes dans le personnel politique :tongue:... Oups, il est tard, le macho intérieur voulait s'exprimer

 

Disons quand même qu'une certaine conception du libre-échange (auquel on ajouterait vite un -isme s'il fallait être plus descriptif), bien plus représentée, puissante et unilatérale que l'intérêt des populations ou que toute autre approche là où les choses se décident, n'est pas exempte de tout reproche non plus: ta façon de formuler semble présenter non seulement les instances dirigeantes de l'UE, et plus gravement l'ensemble des élites élues et non élues (mais décisionnaires) comme une force neutre dans les grands choix économiques opérés depuis 30 ans, et ne fait pas assez de part à cet espace flou entre les directions nationales et l'UE, qui a offert un échappatoire aux dites directions nationales pour favoriser une certaine orientation économique et sociale sans avoir à en référer à leurs populations (rôle du conseil européen notamment) ou à en payer le prix politique ("c'est Bruxelles qui fait ça"). C'est infiniment plus que le seul processus de décision européen: il s'agit ici du moule dans lequel sont forgés les décisionnaires européens (par formation initiale ou adhésion ultérieure) et de l'écosystème dans lequel ils baignent. Qu'on le veuille ou non, il y a une élite européenne à mentalité sans cesse plus commune (et trop souvent intérêts communs) qui a, par l'édifice bureaucratique et décisionnel multi-échelons qui a été construit (dont le fonctionnement a peu voire pas de contrôle démocratique sérieux ou de responsabilisation politique), trouvé un moyen de parasiter la démocratie. La marge de manoeuvre des Etats (et donc la responsabilité qu'ils portent dans leurs problèmes) en a été sérieusement réduite depuis un bon moment maintenant, au point de les voir forcés de jouer sur un chemin très étroit où ils peuvent se débattre un peu, mais dont ils ne peuvent pas s'écarter à moins d'envisager un choix "à la britannique". 

 

Ma position quant au déficit démocratique de l'Union ayant déjà été formulé à de maintes reprises, j'ai pensé inutile de la reprendre une nouvelle fois, tant par manque de temps que par lassitude.

Mais oui, les institutions européennes fonctionnent mal, très mal et servent de dédouanement. Après je pense quand même que vu le poids du Conseil des ministres dans le processus de décision et l'identité de ceux à l'origine du dédouanement, il y a une écrasante responsabilité dans le chef des hommes et femmes politiques nationaux, élus pour le coup. Et les politiciens britanniques sont en belle position vis-à-vis de leurs propres peuples.

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23 minutes ago, Chronos said:

 

Ma position quant au déficit démocratique de l'Union ayant déjà été formulé à de maintes reprises, j'ai pensé inutile de la reprendre une nouvelle fois, tant par manque de temps que par lassitude.

Mais oui, les institutions européennes fonctionnent mal, très mal et servent de dédouanement. Après je pense quand même que vu le poids du Conseil des ministres dans le processus de décision et l'identité de ceux à l'origine du dédouanement, il y a une écrasante responsabilité dans le chef des hommes et femmes politiques nationaux, élus pour le coup. Et les politiciens britanniques sont en belle position vis-à-vis de leurs propres peuples.

C'était mon point justement: il y a d'une part un échelon européen dont une grande part de l'action échappe à tout contrôle démocratique, parce qu'il a pris sa vie propre (tant dans son mécanisme de fonctionnement et ses attributions que via son vivier de recrutement, une élite de moins en moins différenciée et sortie d'un moule idéologique unique), et d'autre part des hommes politiques nationaux qui ne sont que partiellement nationaux. Ils appartiennent pour beaucoup à cette élite à mentalité unique, mais surtout, ils ont, par le fonctionnement des institutions européennes, une marge d'action échappant au contrôle démocratique (en bonne partie parce qu'on ne peut savoir ce qu'ils y font: on ne voir que le résultat final, qui est collégial et multinational) et dont ils peuvent défalquer la responsabilité sur le dit échelon européen, qu'ils aient oeuvré dans un sens ou un autre. Cette part de leur activité est entièrement hors de contrôle, et ce d'autant plus que le duopole de fait des "partis de gouvernement" (dans à peu près tous les pays) garantit le plus souvent une unicité de pensée avancée quand on en vient aux questions européennes (donc un verdict des urnes qui ne peut punir que chou vert ou vert chou, l'autre prenant la place.... En référence à la phrase de Séguin sur la droite et la gauche, détaillantes du même grossiste). Il y a de ce côté une forte absence de fait d'une offre politique alternative à tous les échelons de gouvernement, et un affaiblissement continu -et croissant à mesure qu'on grimpe- de la capacité de contrôle démocratique sur chacun d'entre eux, jusqu'au niveau de la Commission où la capacité de contrôle est très faible, indirecte et délayée dans le temps. 

 

Sinon, je ne résiste pas. Pour ceux qui connaissent Nassim Nicholas Taleb, il n'est pas à présente; pour les autres, c'est un essayiste et statisticien controversé, très impliqué dans le débat politique en terre anglo-saxonne, et spécialiste des questions de probabilités, de risk-management et de l'impact d'événements improbables sur les systèmes humains complexes. Son best-seller sur le sujet, The Black Swan (le terme, devenu depuis une théorie, définit les événements imprévisibles de très grande portée), paru en 2007, est considéré comme très important, même si très critiqué, et a donné suite au reste de son oeuvre insistant sur l'importance non de pouvoir prévoir de tels événements, mais de bâtir des systèmes pour pouvoir s'y adapter. Et évidemment, le Brexit est un moment de choix pour lui, dont il a critiqué l'interprétation générale par les médias.... Notamment dans un tweet ce dimanche:

Quote

 

NassimNicholasTaleb ✔@nntaleb

When people vote the way of the IYI elite, it is "democracy". Otherwise it is misguided, irrational, swayed by populism & lack of education.

7:18 PM - 26 Jun 2016

 

J'aime beaucoup l'expression IYI: Intellectual Yet Idiots. Souvent utilisée pour qualifier les puissants (et leurs laquais, porte paroles et moutons qui suivent leurs avis) défendant leurs intérêts dans les analyses qu'ils présentent, qu'ils s'en rendent compte (auquel cas c'est de l'hypocrisie) ou non (auquel cas ils se sont persuadés que ce qui est bon pour eux est bon pour tous, ou que seul ce qui est bon pour eux compte vraiment). Dans le cas présent, il critique l'universalité de la menace d'apocalypse économique qui domine actuellement les nouvelles, et qui a essentiellement constitué le seul argument de la campagne du Remain, comme une sorte de gouvernement par la peur de la part de l'élite dirigeante qui, de nos jours, semble recourir à cette méthode plus qu'à toute autre, ne sachant ainsi que dire "moi ou le chaos/l'abomination" quel que soit le sujet. 

 

On constatera cependant que le "Leave" est encore loin d'avoir gagné la partie. D'abord parce que le Leave n'est pas un parti, même pas un camp: c'est un ensemble en ordre dispersé, même si sa base électorale est vaste et présente des doléances et une colère en grande partie communes. Johnson et Farage ne sont pas potes ou alliés, aucun des deux n'est réellement maître de sa propre faction et s'y trouve contesté, et aucun des deux n'a de plan, voire même de réelle volonté au-delà de la rhétorique, n'ayant sans doute jamais pensé que le truc allait passer et espérant sans doute juste une meilleure position politique, ou s'étant persuadé que quoiqu'il arrive, rien ne changerait vraiment. Ensuite, et là est le noeud du problème, il y a réellement beaucoup d'étapes avant une vraie sortie de l'UE, et il est probable que cela n'ira pas jusque là, hors des apparences et de quelques changements mineurs. Rien n'est jamais très net en politique, surtout quand tant d'intérêts croisés sont en jeu. Comme indiqué plus haut, ce vote était consultatif, et dans les faits pas contraignant sur le plan strictement légal, laissant une grande marge à la gouvernance britannique, surtout avec une UE divisée, dont les intérêts sont contradictoires, les contraintes énormes, et où les groupements d'intérêts économiques ont une voix forte et un agenda clairement défini. De fait, sur le sujet de l'immigration qui a sans doute procuré aux "Leavers" la marge de la victoire, il y a de fortes chances qu'ils soient effectivement complètement baisés. 

Une vue intéressante sur la crise boursière (à prendre avec des pincettes), par un "insider", hedge funder et ancien prof à l'université du Michigan:

http://www.hussmanfunds.com/wmc/wmc160627.htm

 

Edited by Tancrède
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Il y a 3 heures, Pierre_F a dit :

Donc la première négociation est  "quelles sont les modalités du retrait." Si il n'y a pas d'accord , c'est prorogé ... donc cela peut durer longtemps.

 

Il y a 2 heures, Boule75 a dit :

Toutes les instances de l'UE (Conseil, Commission, Paris, Berlin, Rome, Pays-Bas...) ont signalé que tant qu'il n'y aurait pas d'invocation de l'article 50, il n'y aurait pas de négociation tout court, y compris sur les modalités de négociation. Les anglais sont déjà tricards (pas là mercredi). Pas sûr que ce soit tenable longtemps pour eux : leur main est assez faible.

http://www.boursorama.com/actualites/allemagne-france-et-italie-proposent-une-nouvelle-impulsion-pour-l-ue-61bd2ad23385ecdee28ff2ec9090b209

Oui ce rappel était attendu - pas d'intérêt pour personne à commencer des pré-négociations avant que le gouvernement britannique n'ait agi.

La situation intermédiaire n'est confortable pour personne, mais je ne vois pas ce qui pourrait empêcher les Britanniques d'attendre d'avoir un nouveau gouvernement avant d'invoquer ce fameux article 50. On connait déjà la date au plus tard de nomination du nouveau premier ministre c'est le 2 septembre. Vu la fin de non-recevoir opposée à toute velléité de pré-négociation, j'ai du mal à imaginer que le nouveau premier ministre tarde à communiquer officiellement la décision de retrait - quel serait le prétexte, quel serait l'avantage ?

Donc le calendrier se clarifie :

- Article 50 invoqué en septembre 2016

- Retrait du Royaume-Uni de l'UE en septembre 2018 au plus tard. Rappelons que le délai de deux ans contenu dans l'article 50 est un délai maximal. Si en septembre 2018 aucun nouvel accord n'était signé pour définir la nouvelle relation EU-RU, alors il y aurait "sortie sèche" et le commerce entre Royaume-Uni et Union Européenne serait gouverné par les règles de l'OMC.

La seule possibilité qui existait pour des négociations durant des années et des années, c'était que les pré-négociations durent si longtemps. Cette possibilité étant éliminée, les négociations seront assez courtes, non pas par rapport au cycle médiatique, mais par rapport à la durée habituelle des négociations commerciales. Deux ans pour mettre fin à une participation à l'UE qui en dura 43 avant le référendum de sortie.

 

 

il y a 12 minutes, Carl a dit :

( Quelle bande de trolls :rolleyes: )

Bon je ne suis pas nécessairement d'accord avec la manière dont tu as décrit toutes ces étapes... mais je reconnais que j'ai bien ri :laugh:

 

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