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Dino

Colombie, paix en vue ?

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Je n'ai pas vu de fil encore ouvert sur le sujet, or la nouvelle est importante et va peut être signer la fin de 50 ans de guerre dans ce pays: 

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Colombie : entre le gouvernement et les FARC, « la guerre est finie »

Le gouvernement colombien et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) sont arrivés à un accord de paix, après cinquante-deux ans de conflit armé. Il a été annoncé mercredi 24 août à La Havane, où se tenaient les négociations depuis quarante-quatre mois.

La conclusion des pourparlers ne vaut pas encore accord de paix définitif. Pour entrer en vigueur, le texte doit être signé par le président colombien, Juan Manuel Santos (centre droit), et par le chef des FARC, Rodrigo Londoño, alias Timochenko, à Bogota. Enfin, et surtout, il doit être ratifié par les électeurs, appelés à se rendre aux urnes le 2 octobre, jour du plébiscite promis par le président Santos. 


http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/08/25/apres-52-ans-de-guerre-civile-un-accord-de-paix-conclu-avec-les-farc_4987556_3222.html?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Facebook&utm_term=Autofeed#link_time=1472087592

 

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Colombie : les FARC décrètent un cessez-le-feu définitif historique

La guérilla colombienne des FARC a décrété un cessez-le-feu définitif à partirde dimanche 28 août à minuit. La décision intervient après l’accord de paix historique conclu cette semaine avec le gouvernement pour mettre fin à cinquante-deux ans de conflit armé.

« J’ordonne à tous nos commandements, à toutes nos unités et à chacun de nos combattants de cesser le feu et les hostilités de manière définitive contre l’Etat colombien à partir de ce soir minuit », a déclaré devant la presse à La Havane le chef suprême des Forces armées révolutionnaires de Colombie(FARC) Timoleon Jimenez, dit « Timochenko ».

Lire aussi :   Colombie : entre le gouvernement et les FARC, « la guerre est finie »

Jeudi, le président colombien Juan Manuel Santos, chef des armées, avait le premier ordonné un cessez-le-feu définitif avec les FARC à la même heure, au lendemain de la signature d’un accord de paix définitif avec la première guérilla du pays, issue en 1964 d’une insurrection paysanne et qui compte encore quelque 7 500 hommes armés.

« Nous avons entendu avec émotion l’ordre présidentiel à son armée, et nous donnons en conséquence le même ordre à nos troupes », a déclaré le chef des FARC.

C’est la première fois que le gouvernement et les FARC conviennent ensemble d’un tel cessez-le-feu, même si la guérilla observait depuis juillet 2015 une cessation des hostilités unilatérale qui a contribué à limiter considérablement les affrontements avec l’armée ces derniers mois.

 



http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/08/28/colombie-les-farc-decretent-un-cessez-le-feu-definitif-historique_4989023_3222.html?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Facebook&utm_term=Autofeed#link_time=1472420453

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Taux de participation faible du a une météo pour le moins défavorable. On ne sort pas quand on a un ouragan...

Mais il vrai que ce résultat est vraiment inattendu. Quid de la suite ? On repart en guerre ?

Edited by collectionneur

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A écouter ou réécouter

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/syrie-colombie-quand-letat-devient-assasin-24-colombie-limpunite-des-crimes-paramilitaires

Quote

Syrie, Colombie, quand l'état devient assassin (2/4)

Colombie, l’impunité des crimes paramilitaires

L’alliance macabre de l’armée colombienne avec des escadrons de la mort.

Plus de 400 défenseurs des droits de l'homme ont été assassinés dans les 50 dernières années en Colombie. Cette année 54 ont été assassinés.

Le 26 septembre 2016, le gouvernement colombien et la guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) signaient un accord de paix pour mettre fin à plus d’un demi-siècle de conflit armé. Une guerre longue et particulièrement cruelle pour la population. Si les crimes de la guérilla sont connus, ceux commis par les forces de sécurité alliées à des groupes paramilitaires d’extrême-droite sont bien souvent méconnus. Ils représentent pourtant les deux tiers des violations des droits de l’Homme commis dans le pays. Car, sous prétexte de lutter contre les groupes rebelles, ces paramilitaires ont commis des crimes de masse : Massacres de paysans, assassinats de leaders populaires et de syndicalistes, disparitions forcées d’opposants politiques. Ces violations des droits de l’Homme ont été commises grâce à la complicité de larges secteurs de l’appareil d’Etat et de la classe dirigeante colombienne. Comment ces escadrons de la mort sont apparus ? Quels étaient les objectifs de la politique de terreur de ces groupes paramilitaires ? Ce documentaire se propose d’explorer cette violence d’Etat.

Au total, le déplacement forcé concerne 6 000 000 de personnes, sans doute la migration la plus importante du monde. A Bogotá, sur près de 8 000 000 d’habitants, 600 000 sont des victimes de la violence et à Medellín c’est un quart de la population.

Avec Ivan Cepeda, sénateur du Polo Democratico ; Alfredo Molano, écrivain ; Eduardo Carreño, avocat, membre du Collectif des avocats « José Alvear Restrepo » ; Luis Guillermo Perez, avocat, membre du Collectif des avocats « José Alvear Restrepo » ; Juan Manuel Echavarria, plasticien ; Gustavo Petro, homme politique, ancien maire de Bogota ; Mauricio Romero, politologue, Université Javeriana ; Alejandra Gaviria, victime des paramilitaires.

Extrait du film « Rio Chiquito » de Jean Pierre Sergent et Bruno Muel, Dovidis, 1965.

Une série documentaire de Nicolas Joxe, réalisée par Christine Diger

Avec la collaboration de Annelise Signoret 

 

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Wienand, Sandra, and Stiven Tremaria. "Paramilitarism in a Post-Demobilization Context? Insights from the Department of Antioquia in Colombia." publié en 2017 dans la Revista Europea de Estudios Latinoamericanos y del Caribe.

Résumé et extraits (traduits) :

Révélation

Résumé

Malgré les efforts déployés par l'État colombien depuis 2003 pour démobiliser les groupes paramilitaires et s'attaquer aux structures du crime organisé, la Colombie est toujours caractérisée par un système de répression et de contrôle social des groupes paramilitaires qui ont pris la relève dans certaines couches de la population. S'appuyant sur des informations provenant de la deuxième plus grande ville de Colombie - Medellín - et de diverses zones rurales du département d'Antioquia, cet article présente une description des séquelles du paramilitarisme, de sa continuité et des transformations liées à une confédération paramilitaire particulière, les Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) (Wikipedia). Dans de nombreuses régions, les AUC ont acquis le contrôle territorial, économique et social en développant l'économie illégale de la drogue et en perpétrant des violences politiques contre les partis de gauche et les organisations sociales. Les paramilitaires ont donc exercé ce que nous appelons la violence statu quo. Comme nous l'illustrons dans le cas de Medellín, les mécanismes de contrôle territorial, économique et social, ainsi que les manifestations particulières de violence liées à ces mécanismes, ont été transférées aux groupes paramilitaires qui ont pris la relève. Les résultats sont principalement basés sur les résultats d'une recherche qualitative sur le terrain menée à Medellín à la mi-2015. 

P. 2

L'évolution récente du processus de paix en Colombie - l'annonce de négociations de paix entre le gouvernement national et les guérillas de l'ELN en mars 2016 et la signature d'un accord de paix par le gouvernement colombien et les rebelles de gauche des FARC en septembre 2016 - promettent de mettre enfin un terme à la plus ancienne guerre civile qui a sévi en Amérique latine.

Cependant, malgré ces mesures positives pour mettre fin à la guerre civile et réduire la violence en Colombie, le pays est toujours confronté à d'autres acteurs non étatiques armés : les groupes paramilitaires qui lui ont succédé. Après un processus de démobilisation (2002-2006) géré par le président de l'époque, Álvaro Uribe (2002-2010), la confédération paramilitaire nationale Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) fut officiellement démantelée. Cela dit, divers médias, instituts de recherche et organisations non gouvernementales ont fait état de la persistance de la violence paramilitaire depuis lors. Qui plus est, un héritage paramilitaire est resté - tant militairement que culturellement. Aujourd'hui encore, elle est profondément enracinée dans la société colombienne, comme l'a souligné Iván Velásquez, ancien juge adjoint de la Cour suprême de justice colombienne. Aujourd'hui encore, les groupes paramilitaires successeurs connus sous le nom de bandas criminales - BACRIM, grupos emergentes, ou combos - poursuivent des tâches de contrôle territorial, social et économique par la violence.

P. 4-5

En Colombie, malgré le processus officiel de démobilisation des AUC, certains pans de la population vivent encore sous des ordres violents et coercitifs illégaux établis par des groupes paramilitaires qui leur ont succédé. Selon le gouvernement colombien, ces groupes sont appelés BACRIM, des groupes criminels purs qui constituent les vestiges du paramilitarisme traditionnel fondé sur une logique contre-insurrectionnelle usurpée par les trafiquants de drogue. Néanmoins, il y a eu un débat intense sur la façon de classer ces groupes en fonction de leurs origines, de leurs motivations et de leurs membres. Les groupes paramilitaires successeurs comprennent principalement les paramilitaires démobilisés qui se sont réorganisés, suivis, en second lieu, des anciens combattants paramilitaires qui n'ont pas participé au processus de démobilisation et, en troisième lieu, de nouveaux groupes criminels, liés aux trafiquants de drogues illicites et comprenant des membres de gangs, des anciens guérilleros ainsi que des enfants et des adolescents. Nussio (2016) note que la contribution des ex-combattants à l'adhésion aux BACRIM et à la violence qui sévit en Colombie après le conflit est légèrement surestimée, car les anciens combattants paramilitaires deviennent vieux et les groupes armés sont caractérisés par un très fort renouvellement du personnel. 

Par la suite, dans le débat sur la question des BACRIM, la nature criminelle de ces groupes a reçu plus d'attention, tandis que leurs motivations politiques - et donc un héritage central aux paramilitaires des AUC - ont été moins débattues. Cependant, certains auteurs ont souligné les caractéristiques paramilitaires de certaines actions des BACRIM, telles que l'infiltration des institutions publiques (y compris les forces militaires et policières), et le contrôle des politiciens locaux et régionaux. D'autres auteurs ont affirmé que les effets de la violence des BACRIM sont encore politiques, voire "paramilitaires". Les principales victimes des activités de ces groupes paramilitaires qui leur succèdent sont encore des civils déplacés de force ou contraints de vivre sous l'autorité de l'un des BACRIMs. La violence des BACRIM présente un caractère politique, puisqu'elle est utilisée de manière sélective par différents groupes de pression, tels que les opposants aux processus de négociation avec les FARC et les rebelles de l'ELN.

P. 7

En raison de sa richesse en ressources naturelles et de sa situation stratégique, le département d'Antioquia est devenu l'une des régions les plus violentes de la guerre civile et a depuis connu la présence des guérillas, paramilitaires et dealers de drogue. En particulier, Medellín a connu trois grandes étapes de l'évolution paramilitaire, de l'ère du narcoterrorisme sous Pablo Escobar (1988-1993) à l'urbanisation du conflit violent (1993-2002), en passant par la consolidation de la domination paramilitaire sur les autres acteurs du conflit dans la ville (2002-2003). En ce sens, par rapport à d'autres régions du centre-nord du pays, Antioquia se distingue comme le département où la fusion précoce du projet anti-insurrectionnel initial avec des objectifs criminels liés au trafic de drogue devient la plus évidente. Par conséquent, l'analyse détaillée de Medellín et quelques exemples de la région rurale sont les plus appropriés pour illustrer la violence paramilitaire et post-paramilitaire en Colombie. 

Depuis le milieu des années 80, plus de 150 petites bandes criminelles ont opéré à Medellín et dans les environs. Ces gangs - principalement des groupes de jeunes hommes - sont d'abord apparus comme de petits groupes criminels qui commettaient des vols, des cambriolages et d'autres infractions mineures. Plus tard, lorsqu'ils ont subi l'hégémonie de l'entreprise criminelle de Pablo Escobar, le cartel de Medellín, ils se sont transformés en un réseau criminel complexe et ont travaillé comme dealers de drogue et tueurs à gages. Avec la scission de ce cartel de la drogue après la mort de son chef en décembre 1993, ces gangs ont été contraints de se regrouper autour de l'organisation criminelle suivante, le Bureau d'Envigado, désormais dirigé par Diego Fernando Murillo - alias Don Berna - un des principaux dirigeants de Los Pepes, une coalition des ennemis de Escobar qui a rendu possible la chute du cartel Medellín.

P. 10-11

Avec le début de la présidence d'Uribe en 2002, les négociations entre le commandement des AUC et le gouvernement national ont commencé, aboutissant à l'accord de Santa Fe de Ralito en juillet 2003, un document signé par 22 des 26 blocs paramilitaires. Les chefs paramilitaires se sont mis d'accord sur un cessez-le-feu et ont promis de démobiliser tous les combattants d'ici la fin de 2005.  En contrepartie, le gouvernement colombien a concédé de limiter les poursuites pénales et d'accorder de nouvelles concessions aux combattants. Les détails de la démobilisation ont ensuite été ratifiés dans le cadre de la loi Justice et Paix, décrétée en juillet 2005.  Le principal bloc des AUC opérant dans le département d'Antioquia, le Bloque Cacique Nutibara, a été démobilisé entre novembre et décembre 2003. Cependant, même après cette démobilisation officielle, on dit que de nombreux membres de rang intermédiaire sont restés en activité - aujourd'hui regroupés sous le nom de Bloque Héroes de Granada - et étaient responsables des activités criminelles et du commerce de la drogue, jusqu'à ce qu'un accord de démobilisation soit signé avec le gouvernement, en août 2005.

Partout dans le pays, 31 671 paramilitaires ont été démobilisés. Le processus de démobilisation a officiellement pris fin le 5 août 2006 et les principaux dirigeants des AUC ont été transférés dans une prison de haute sécurité située dans la ville d'Itagüí, à 8 km au sud de Medellín. Les efforts de DDR [désarmement, démobilisation et réintégration, NDLR] ont été critiqués par le secteur universitaire et les organisations de la société civile comme étant incohérents et insuffisants, en raison de l'accent mis exclusivement sur la démobilisation militaire, et de l'absence de mesures à long terme de réintégration sociale et économique, ainsi que des concessions très souples d'amnistie. En outre, le gouvernement n'a pas vérifié qui exactement avait été mobilisé et a omis de demander aux personnes démobilisées des informations sur d'autres partisans et les réseaux criminels connexes. Comme l'a montré Human Rights Watch, l'une des conséquences de ce processus de démobilisation incomplet est que de nombreux paramilitaires sont restés actifs, ont réussi à cacher leur capital et ont recruté de nouveaux membres après avoir été réorganisés en nouveaux groupes.

En résumé, qu'il s'agisse d'une force contre-insurrectionnelle ou d'un acteur criminel, les AUC représentaient une organisation complexe qui a réussi à mettre en place un ordre territorial, social et économique dans de nombreuses régions et à remplacer l'autorité étatique formelle au niveau local. Là où ces groupes paramilitaires prédominaient, ils ont créé et maintenu des régimes locaux dirigés d'une manière monopolisée, appelés " systèmes de protection illégaux ", qui contenaient parfois la systématisation du recours à la violence. Après la démobilisation, ces systèmes de protection ont été perturbés et ont poussé plusieurs acteurs non étatiques armés à se disputer les rentes et le pouvoir en recourant à la violence.

P. 14

Dans le débat scientifique, le phénomène des BACRIM est considéré comme le principal résultat d'un processus de réorganisation des activités criminelles en Colombie après la démobilisation des paramilitaires ; c'est pourquoi il présente des différences considérables par rapport à ses prédécesseurs et que la classification de ces groupes comme "troisième vague du paramilitarisme" a été fortement contestée dans le domaine universitaire et politique. Des ruptures évidentes entre l'organisation des AUC et des BACRIMs sont observables, en particulier en ce qui concerne la structure et la régionalisation, les sources de financement, et les motivations politiques. 

Dans un premier temps, en ce qui concerne leur structure organisationnelle et leur couverture géographique, les BACRIM constituent de petites cellules ou des noeuds qui travaillent indépendamment ou sont liés à d'autres groupes avec des liens flexibles et changeants, sans commandement unifié ou cadre confédéré, comme dans le cas des AUC. Les BACRIM manquent d'une structure verticale au-delà de la hiérarchie propre au commerce de la drogue, mais ils fonctionnent comme un réseau, au sein duquel trois types d'organisations peuvent être identifiés : 1) les combos - petites bandes criminelles composées de jeunes - opérant à la plus petite échelle territoriale, comme les districts ruraux ou les bidonvilles ; 2) les bandas, qui exercent un contrôle sur les arrondissements ou les comunas ; et 3) les structures du crime organisé et les bureaux de facturation qui contrôlent diverses municipalités ou départements, ainsi que des liens transnationaux avec d'autres groupes liés au trafic de stupéfiants et au blanchiment de fonds. Dans la plupart des cas, les combos entretiennent une relation d'externalisation avec les structures criminelles les plus complexes, puisqu'ils sont en charge des activités criminelles mineures, exercent un contrôle social sur les habitants de l'arrondissement et perçoivent ainsi des impôts à un niveau local. 

Deuxièmement, les BACRIM montrent une diversification plus large des sources de financement, allant au-delà du commerce de la drogue, y compris un large éventail d'activités illégales et, plus récemment, une intrusion dans des marchés légaux. Tout comme les AUC, les groupes paramilitaires qui leur succèdent obtiennent leurs principales sources de financement par le biais d'activités liées à l'économie de la drogue, au blanchiment d'argent, au trafic humain, au commerce illicite des armes, au trafic illicite de drogue et de jeux, à l'extorsion, et au petit trafic. Ce qui est remarquable, c'est la constatation que ces groupes se déplacent progressivement dans les zones urbaines vers le contrôle d'activités légales, telles que le commerce de produits de consommation courante, tels que les produits laitiers, les œufs, les arepas [spécialité culinaire vénézuélienne et colombienne, NDLR] ou les boissons gazeuses. Dans les zones rurales, l'exploitation minière illégale de l'or et de l'argent est une source importante de financement, en particulier dans les municipalités de Remedios, Saragosse, El Bagre et Segovia, toutes voisines du département de Bolívar.

P. 17

Dans les bidonvilles de Medellín, les combos continuent de jouer un rôle clé en tant que vecteurs d'ordre social et de punition des comportements considérés comme troublants pour la communauté. Cette fonction sociale s'explique en partie par la méfiance des citoyens à l'égard des agents de la force publique, en particulier de la police. Dans la dimension urbaine, ces groupes jouent également un rôle d'arbitres pour résoudre les tensions intracommunautaires, en tant que mécanisme rapide de gestion des conflits. Étant donné que leurs membres proviennent principalement des mêmes quartiers où ils opèrent, de nombreuses personnes préfèrent faire appel à leur intervention en cas de conflits interpersonnels, plutôt que de s'adresser à la police ou aux autorités locales. Par ce comportement, certains segments de la population, en particulier dans les quartiers les plus pauvres, confèrent à ces groupes une légitimité à agir comme médiateurs de querelles interpersonnelles et aussi en suivant les "codes de conduite" qu'ils imposent pour réguler la vie quotidienne, par exemple un système d'amendes en cas de musique trop forte la nuit, de comportement désordonné dans les lieux publics ou d'épisodes de violence domestique. Dans les zones rurales, le contrôle social est exercé de manière plus violente par ces groupes, car leurs activités sont principalement orientées vers la concentration des terres pour la culture de la coca ou l'exploitation minière, contrariant ainsi les intérêts des populations locales. Pour cette raison, c'est dans les campagnes d'Antioquia que l'on observe encore les taux les plus élevés de déplacements forcés et de violences physiques contre les paysans par des groupes armés illégaux. 

Un mode récent de pénétration dans le tissu des organisations sociales locales et de collecte de fonds consiste à infiltrer les conseils communautaires (appelés Conseils d'Action Communautaire), afin d'obtenir une partie des ressources allouées par le gouvernement local aux assemblées de quartier dans le cadre d'un budget participatif. L'intervention dans ces conseils consiste à la fois à déterminer dans quels domaines les fonds seront alloués et à décider qui sera responsable de la mise en œuvre des projets sociaux.

P. 18

Et enfin et surtout, une dernière caractéristique du maintien d'un ordre social violent à travers les BACRIM est à la fois la cooptation de l'Etat, ou coopération avec l'Etat. En Colombie, l'intersection entre les groupes illégaux et le cadre institutionnel de l'État est l'une des conséquences d'une confrontation de longue date entre l'État et la société, dans laquelle l'adaptation aux contextes d'illégalité des agents publics et des citoyens ordinaires a été engendrée. Au cours du travail ethnographique à Medellín, on a évoqué l'existence d'une étroite collaboration des agents de l'État au fonctionnement des groupes paramilitaires successeurs par le biais d'un réseau largement dispersé de corruption aux différents niveaux du cadre institutionnel de l'État, qui comprend des juges, des agents de la force publique et des fonctionnaires de bas rang. En particulier, les citoyens ordinaires ont mentionné la connivence des militaires et des agents de police dans les opérations des groupes armés non étatiques. Cela se traduit dans la pratique par des paiements illégaux ou des "doubles salaires" aux membres des organes de police locaux, afin de collaborer avec eux, soit par action, soit par omission. Les rapports pour l'année 2013 de l'Unité du ministère public colombien contre les groupes émergents font état de liens existants avec 208 membres des forces de sécurité de l'État, avocats, greffiers, maires et conseillers municipaux des groupes BACRIM ; 43 de ces cas sont survenus dans le département d'Antioquia. 

L'article

 

Edited by Baba1
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Ben s'il se font flinguer parce qu'ils ont déposés les armes et intégré un processus démocratique...pas étonnant qu'ils reprennent le maquis

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Il y a 5 heures, kalligator a dit :

Ben s'il se font flinguer parce qu'ils ont déposés les armes et intégré un processus démocratique...pas étonnant qu'ils reprennent le maquis

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'on leur fait le coup.

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Encore un attentat contre une femme politique. La voiture blindée d'une candidate du parti libéral à «cible d'un attentat avec des armes de longue portée» puis incendié :angry::

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/colombie-assassinat-d-une-candidate-electorale-et-cinq-autres-personnes-20190902

.... Le Parti libéral a déploré dans un tweet cette attaque qu'il a attribuée à des «terroristes» et a exigé des garanties de sécurité du gouvernement du président Ivan Duque pour participer au scrutin d'octobre. Cet attentat porte à 12 le nombre de personnes tuées en 48 heures dans le même secteur. Un homme et deux femmes ont été tués samedi sur la commune de Cerro Tijera, tandis que les cadavres de trois autres hommes, attachés avec du fil barbelé et la tête dans un sac de plastique noir, ont été découverts dimanche dans la municipalité de Corinto, toujours selon le défenseur du peuple.

Le Cauca, très affecté par le conflit armé et la violence, est une région stratégique pour l'expédition vers les Etats-Unis de tonnes de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial. Depuis le désarmement de l'ex-guérilla Farc, suite à l'accord de paix de 2016, des rebelles de l'Armée de libération nationale (ELN), des dissidents Farc et des narco-trafiquants se disputent ce territoire. Selon le Parquet général, ces groupes sont responsables des assassinats de leaders communautaires et de militants des droits humains. Au total, 462 d'entre eux ont été tués depuis le 1er janvier 2016, dont la majorité dans le Cauca, selon le Défenseur du peuple.

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Guerre en vue entre narco et coco :

https://www.20minutes.fr/monde/2664255-20191201-colombie-plus-2000-civils-fuient-peur-affrontements-entre-guerilla-narcos

Au moins 2.160 personnes ont fui et 680 autres sont confinées par crainte d’affrontements entre la guérilla de l’ELN et des narcotrafiquants dans une région du nord-ouest de la Colombie, stratégique pour l’exportation de la cocaïne, a annoncé samedi une agence de l’ONU.....

 

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C'est extrêmement grave. Exactement au moment où se déroule un salon de défense à Bogota? (du 2 au 4 décembre)

On sait quel contrat il accompagnait? Ou quels produits de Thalès il présentait à ExpoDefensa 2019?

Edited by Patrick
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pas grand chose de plus si ce n'est

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/un-ingenieur-francais-abattu-par-un-tueur-a-gages-a-bogota-ce-que-l-on-sait-20191204

 

Citation

Interrogée par l’AFP sur place, une chargée de communication de Thales a indiqué que la victime «ne participait pas» au salon. «Il travaillait sur un projet civil», a ajouté Patrick Colas des Francs, le co-organisateur d’Expodefensa. Le journal national El Tiempo indique toutefois que l’homme participait au salon. Une source interrogée par le journal assure qu’il y était «venu pour faire des contacts d’affaires. Par exemple, proposer des produits ou des machines».

 

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il y a 2 minutes, kalligator a dit :

Ca dépend si la France accepte d'être payée en poudre blanche qui n'est pas du sucre. Autrement ils sont plutôt fauchés

c'est plutôt une bonne idée: ensuite on dépénalise, et on créé un monopole d'état qui tuera tous les trafics illicite, donc baisse de la criminalité et de la possible corruption !

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Tentant mais j'ai trop vu de mec arriver en psy à 4h du matin, après s'être frité avec une meuf qui ne voulait se laisser tripoter, après s'être battu avec le mec de cette meuf, avec les videurs de la boîte puis les policiers venu le chercher...sans parler de ceux qui prennent le volant qui se prennent et finissent comme Schumacher. C'est vraiment pas une drogue qu'il faut dépénaliser

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Il y a 22 heures, kalligator a dit :

Tentant mais j'ai trop vu de mec arriver en psy à 4h du matin, après s'être frité avec une meuf qui ne voulait se laisser tripoter, après s'être battu avec le mec de cette meuf, avec les videurs de la boîte puis les policiers venu le chercher...sans parler de ceux qui prennent le volant qui se prennent et finissent comme Schumacher. C'est vraiment pas une drogue qu'il faut dépénaliser

100% d'accord

Bon par contre, cette description, on peux la reprendre sans en changer une virgule pour parler de l'alcool #dryjanuary

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La coke a un effet mégalodéshinibitant on se prend pour quelqu'un qu'on est pas, on maîtrise ses pulsions encore moins mais tu as raison sur l'essentiel, d'ailleurs ces deux produits sont bien trop  souvent associés ce qui permet de boire plus, bien plus j'ai vu souvent des taux d'OH de 2-3 pour mille normalement à ce taux  on devrait s'effondrer mais non le gars est remonté prêt à démolir tous ceux qui ne lui plaisent pas

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