Napoléon III

LFC : 16 Juin 1940, un autre destin pour la France (Inspiré de la FTL)

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Mise à jour de Septembre 1940 : Dénonciation des Accords de Munich.

Mise à jour du 17 Juin pour tenir compte des remarques de Loki.

Modifié par Napoléon III

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Septembre 1941

A Moscou, la STAVKA s'attend à ce que les Allemands portent leur coup principal en direction de la capitale mais, dans les faits, les Panzers de Guderian piquent vers le sud pour prendre à revers les défenseurs de Kiev. Cependant, soucieux de défendre l'Ukraine, un nouveau Front, celui de Briansk, à été crée en vue de protéger le flanc nord des défenseurs de la capitale de la RSS d'Ukraine. Équipée des puissants chars KV1, bien plus puissant que ceux dont disposent alors les Allemands, cette armée soviétique malmène sérieusement les forces d'Heinz Guderian tandis que l'autre pince de l'encerclement programmé de la région de Kiev est longtemps incapable, en dépit des efforts de l'infanterie allemande et de celle des satellites du Reich, de franchir le Dniepr. Ce n'est qu'au prix de lourdes pertes que les Allemands finissent par refouler les Soviétiques. Le gain de temps offert à l'Armée rouge à non seulement coûté cher à l'Armée d'Hitler, mais à en plus permis à de nombreuses divisions de l'Armée de Staline de s'échapper vers l'est lorsque celui-ci a enfin compris qu'il fallait ordonner la retraite.

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Kiev en ruine après les bombardements de la Luftwaffe

Dans le secteur sud, la grande bataille d’encerclement autour de Kiev se conclue néanmoins par un désastre pour l’Union soviétique. Staline qui a longtemps refusé d’évacuer la ville donc, voit son armée perdre un demi-million d’hommes et une quantité importante de matériel de guerre. Cependant, le répit accordé par la fermeture de la poche et son « nettoyage » permet aux Soviétiques de gagner un temps précieux dans la défense de Moscou à l’heure où les premières pluies d’hiver commencent à transformer la terre en une boue épaisse, la « Raspoutitsa ». De plus, Joukov est parvenu, grâce à une attaque digne d'éloge, à chasser les Allemands de leur tête de pont à Elnya. Un millier d'Allemands sont capturés suite à cet assaut, ce qui renforce la position soviétique même si c'est principalement un succès de propagande qui remonte le moral aux dirigeants soviétiques. En effet, le gros des Panzers remontent d'Ukraine, contraignant Joukov à revenir en position défensive.

Il nous faut faire une parenthèse pour noter que les Allemands ne respectent pas la convention de Genève avec leurs prisonniers soviétiques et les traitent très durement.

Au nord, après de rudes combats contre les Soviétiques, les forces allemandes atteignent Leningrad mais n’ont plus la force de tenter un assaut. Elles en commencent donc le blocus sur ordre d’Hitler. Blocus auquel ne participent cependant pas les Finlandais qui se sont arrêtés le long de l’ancienne frontière.

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Soldats finlandais paradant dans Vyborg/Viipuri, capitale de la Carélie.

A Struganik, en Yougoslavie, a lieu une rencontre entre les 2 chef des principales factions de Résistance aux troupes allemandes, le croate Josip Broz dit Tito, secrétaire général du Parti Communiste de Yougoslavie et ancien agent de recrutement des brigades internationales d'Espagne, commandant les Partisans, les Résistants communistes, et le général serbe Draza Mihajlovic, officier royaliste à la tête des à la tête des Tchetnik, Résistants serbes et nationalistes.

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Le Général, Draza Mihajlovic, commandant en chef des Tchetniks.

Des différents majeurs séparent les 2 groupes et aucun accord n'est obtenu. Le désaccord sur ce que doit être la Yougoslavie d'après-guerre, une fédération ou un état centralisé, porte bientôt les 2 groupes à se combattre mutuellement. Néanmoins, Alger, principalement, décide de soutenir à fond les Résistants monarchistes fidèles au gouvernement de Pierre II en faisant tout pour empêcher certains d’entre eux de se rallier aux forces de l’Axe pour combattre les Partisans.

A Londres, Washington et Alger des représentants des gouvernements des États en guerre contre l’Axe signent la Charte de l’Atlantique.

A Moscou débute une conférence qui en présence de Staline réunit l’Américain Harriman, le Français De Gaulle (véritable représentant à l’extérieur de la France d’Alger) et le Britannique Lord Beaverbrook. De Gaulle profite de sa présence à Moscou pour demander à Staline qu'il ordonne aux Communistes français de diminuer l'ampleur de leurs attaques anti-allemandes, par soucis évident de ménager les vies des Citoyens français de Métropole occupée de plus en plus menacé par la politique des otages du Reich. Staline lui rétorque qu'il ne peut rien faire, qu'Alger devra demander elle-même aux Communistes français de limiter leurs actions à du renseignement et que pour obtenir le ralliement des Communistes à Alger, le gouvernement français devra faire des concessions à ceux-ci. De Gaulle comprend bien évidemment où Staline veut en venir. Lors de son retour à Alger, il demandera à Mandel la libération des députés communistes toujours détenus au Sahara, la permission à ceux-ci de siéger à nouveau à la Chambre des Députés et, même, la nomination de plusieurs d'entre eux dans son gouvernement. Dans le même temps, De Gaulle charge Passy d'entrer en contact avec les réseaux communistes et d'intégrer des représentants de ceux-ci au sein du CNRI.

Néanmoins, malgré le soutien apporté par les Occidentaux à l’URSS, le combat de la dernière chance semble avoir commencé. En effet, le groupe d’armée du Centre a récupéré ses Panzers et entament son avance sur Moscou tandis que le groupe d’armée sud attaque vers l’Ukraine orientale et la région du Donbass et que Leningrad est isolée.

En Tchécoslovaquie, le SS Heydrich devient Protecteur du Reich pour le Protectorat de Bohème-Moravie (État fantoche crée par les Nazis dans la région de Prague). Il remplace Von Neurath.

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Reinhard Heydrich, le "Boucher de Prague".

En Asie, conformément aux vœux exprimés par les représentants indochinois au « Conseil de l'Empire » et face à la menace nipponne de plus en plus forte, le Vietnam est réunifié tandis que son autonomie, ainsi que celle du Laos et du Cambodge, est renforcée sous la houlette d'Auriol et de Salan.

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Le général Salan, commandant les forces françaises en Indochine

Pendant ce temps, les dirigeants finlandais sont divisés. Si la majorité du gouvernement veut continue la guerre et pousser encore plus loin en territoire soviétique, le propre commandant en chef de leur Armée, Mannerheim, veut quant à lui signer une paix séparée avec les Russes ! Cependant, le Président Ryti préfère ménager la chèvre et le chou suite à ses nombreux entretiens avec Cassin et ordonne à Mannerheim, tout en continuant officiellement la guerre, de ne pas faire franchir l'ancienne frontière à ses forces. Cependant, une paix séparée apparaît désormais illusoire vu que Staline a repris espoir suite à la grande victoire de Joukov à Elnya. Il ne veut désormais plus entendre parler d'une cession définitive de la Carélie à la Finlande.

Octobre 1941

Odessa, ravitaillée par la Mer, tient toujours en ce mois d'Octobre 1941, et Staline a la ferme intention d'y rester, non seulement pour « ne plus faire un pas en arrière » mais également car la Citadelle assiégée fixe d'importantes forces roumaines qui autrement, pourraient être utilisées ailleurs par les forces de l'Axe.

Notamment en Crimée…

Von Manstein, envoyé sur place depuis le Front nord, il doit s'emparer de la péninsule. Cependant, en dépit de son génie et des moyens engagés, il est bloqué au sud de l'Isthme de Perekop, seule voie terrestre permettant le passage entre le continent et la péninsule. Pire, une violente contre-attaque soviétique balaye les Roumains sur son passage et menace les flancs de Manstein qui doit interrompre l'offensive pour repousser la menace. Il y parviendra, mais l'absence de la IVème Armée roumaine, bloquée devant Odessa, et le renforcement de la Crimée par des survivants de Kiev feront qu'il ne parviendra pas à faire sauter le verrou de Perekop.

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Erich von Manstein

En Ukraine orientale, les Allemands s'emparent de Kharkov et Stalino après de terribles combats à la fin du mois et marchent sur Rostov-sur-le-Don.

Mais l'événement de ce mois d'Octobre 1941 est le déclenchement de l'Opération « Taifun », « Tempête d'Hiver », l'attaque allemande sur Moscou. Les Soviétiques sont commandés par Joukov, le vainqueur d'Elnya. Les Allemands emploient leur tactique habituelle d'encerclement des formations ennemies mais Joukov parvient à résister et à infliger avant de lourdes pertes aux assaillants qui mettent 2 semaines à s'emparer de Briansk et Viazma tandis qu'une bonne partie des défenseurs parviennent à reformer une seconde ligne de défense, plus à l'est, suite aux habiles contre-attaques locales de Joukov.

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Ce n'est finalement que peu avant l'ordre d'arrêt du 30 Octobre 1941, dû aux pluies et à la boue, que les Allemands parviennent à s'emparer de Rjev.

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Combats près de Moscou

A Moscou, on reprend confiance dans l'avenir. Si Joukov est parvenu à freiner les Allemands avec les troupes dont il dispose pour l'heure, qu'est ce que ce sera quand il aura obtenu les divisions sibériennes, retirées du Front du Mandchoukouo ! D'ailleurs, la population, un moment inquiète, fait bloc derrière ses dirigeants et Staline en particulier, en qui on commence à voir le sauveur du Communisme et de l'URSS ! D'ailleurs, hormis lors des premiers jours de l'attaque, nul dirigeant soviétique n'a envisagé sérieusement d'évacuer Moscou.

Les ambassadeurs des pays alliés, tiennent dans le même temps à rester auprès de Staline, et donc à Moscou. C'est notamment le cas de l'ambassadeur de France, Eirik Labonne, de l'ambassadeur britannique, Stafford Cripps et, aussi, de l'ambassadeur états-unien à Moscou, Laurence Steinhardt.

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Laurence Steinhardt

Au Japon, la guerre semble être de plus en plus inévitable car le Prince Konoye, premier ministre est limogé car jugé trop conciliant avec les Américains. Il est remplacé par Tojo qui forme un cabinet pro-guerre.

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Le cabinet Tojo

En Tchécoslovaquie, Heydrich fait preuve de sa cruauté en faisant exécuter le maire de Prague, M.Klapka pour de présumées activités anti-nazies.

Dans l’Atlantique, la tension monte de plus en plus entre l’Allemagne et les États-Unis car les U-Boot d’Hitler se heurtent de plus en plus souvent à des escorteurs de convois alliés américains suite aux mesures prises par Roosevelt pour la défense des convois alliés dans l’Atlantique.

En France occupée, Passy commence les tractations en vue de l’intégration des mouvements communistes au sein de la Résistance intérieure unifiée. Mais les Communistes de Métropole réclament, comme préalable à toutes discussions, la réintégration des députés communistes dans leurs fonctions et une représentation du PCF au sein du gouvernement Mandel.

Les mêmes conditions que celles dont avait parlé Staline le mois précédent à de Gaulle…

Mandel, qui voit chaque semaine les Allemands exécuter 50 otages pour chacun de leurs militaires tués par un militant communiste, et bien obligé de céder mais nomme les Communistes à des postes secondaires. Maurice Thorez, de retour d’URSS, est nommé Ministre des PTT, Ambroise Croizat, Ministre de la santé tandis que Jacques Duclos rejoint la Commission préparatoire aux grandes réformes politiques et sociale prévues pour la France de l’après-guerre (où il est le seul représentant communiste).

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Maurice Thorez

Leurs députés réintégrés et des membres du Parti ayant été nommés au gouvernement, les Communistes acceptent d’intégrer le CNRI et de respecter ses consignes.

C’était Pierre Villon qui était pressenti au départ pour représenter le PCF au sein du CNRI mais Passy, de par sa propre opinion mais également sur ordre d’Alger, demande à ce que soit Charles Tillon qui soit nommé à sa place. Alger n’a pas oublié le fait que Tillon a appelé à la Résistance dès Juin 1940 !

Novembre 1941

Dans le Pacifique, la guerre apparaît désormais comme inéluctable. En effet, l’Empereur Hiro Hito vient d’approuver le plan d’attaque de sa marine contre Pearl Harbor, la grande base américaine du Pacifique. Néanmoins pour jeter de la poudre aux yeux des Américains, les Japonais chargent Saburu Kurusu d’une mission diplomatique à Washington. De toute façon, les câbles diplomatiques japonais étant interceptés, les Américains sont au courant des intentions de guerre de l’Empire du Soleil Levant. Avant-même l’échec des négociations, le Japon commence à déployer ses forces navales en vue de l’assaut contre les Occidentaux.

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Le Yamato durant sa phase d'essai.

De plus, le Japon entame des négociations secrètes avec la Thaïlande en vue de la signature d’une alliance qui permettra, notamment, la prise à revers de l’Indochine française (et l’annexion par la Thaïlande des territoires qu’elle avait perdue au profit de l’Indochine) et une offensive conjointe contre la Malaisie, colonie britannique. Néanmoins, pour ne pas alarmer trop tôt les Occidentaux, les forces japonaises seront déployées au dernier moment en Thaïlande.

Néanmoins, les Occidentaux sont bien conscients de la menace de guerre dans le Pacifique. La présence de la Marine nationale aux côtés de la Royal Navy dans le combat contre les marines allemandes et, surtout, italiennes permet aux Britanniques d’envoyer une puissante Task Force regroupée autour d’un Porte-avion, la Force Z, dans leur base de Singapour.

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Le HMS Prince of Wales, un des Cuirassés de la Force Z britannique.

Dans le même temps, les États-Unis ne perdent pas de vue la guerre contre Hitler et étendent la loi prêts-bails à l’Union Soviétique même si l’URSS était déjà aidée officieusement par les USA depuis le mois de Septembre.

Le 6 Novembre, pour célébrer l’anniversaire de la Révolution d’Octobre (car elle a eu lieu en Octobre du calendrier Julien, toujours en vigueur en Russie et donc en Novembre du calendrier Grégorien en vigueur en Occident), Staline fait un discours enflammé maximisant les pertes allemandes et minimisant les siennes propres. Staline se montre confiant dans la victoire prochaine de l’Armée rouge et son discours est du plus pur style communiste. Il parle de peuple soviétique, reprend le thème de défense de la Révolution de 1917 et appelle les Soviétiques, « Camarades ». En réponse, le 8 Novembre, Hitler fera un discours du même acabit sur la situation militaire de l’Allemagne en Russie.

Cependant, dans la nuit du 7 au 8 Novembre, les premières neiges de l’Hiver et le début du gel permettent aux Allemands de reprendre leur offensive contre Moscou, la boue étant redevenue de la terre solidifiée, apte à permettre le passage des véhicules.

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La boue a considérablement gêné l'avance allemande en bloquant les véhicules.

L’objectif des forces allemandes est de tourner Moscou à la fois par le sud et par le nord avant de s’en emparer dans un second temps.

Mais rapidement, le froid s’associe aux soldats de Joukov et devient également l’ennemi de l’Armée allemande qui voit se multiplier les cas de gelures dans ses rangs.

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L'Armée allemande souffre face au terrible hiver russe.

Quant à l’Armée rouge, bien commandée par Joukov et faisant face à des Allemands de plus en plus à bout, elle ne recule quasiment plus. En dépit de leurs efforts dans ses directions, les Allemands ne parviennent pas à s’emparer de Kalinine et de Toula et restent bloqués à une centaine de Kilomètres de la capitale de l’URSS. De plus, le groupe d’Armée Nord n’avance plus et doit même faire face à des contre-offensives locales des assiégés de Leningrad et des troupes de l’Armée rouge à l’extérieur de la ville cherchant à briser le siège. Ainsi, il n’a absolument pas les moyens de soutenir  l’attaque sur Moscou, tenant déjà avec peine ses positions.

En Ukraine orientale, une puissante contre-attaque soviétique repousse les Allemands et sauve Rostov.

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Bonjour à tous chers lecteurs,

Toutes mes excuses pour ne pas avoir posté la suite plus tôt ! Je vais de ce pas réparer cette faute !

Décembre 1941

Sur le front russe, l’Armée allemande est à bout tandis que les Soviétiques ont reçus le renfort de divisions sibériennes qui ont pu être rapatriées de la frontière avec le Mandchoukouo suite aux informations de l’espion soviétique Richard Sorge informant Staline des intentions japonaises d’attaquer les Occidentaux et non pas l’Union soviétique.

Doté de troupes fraîches et parfaitement formées au combat hivernal, Joukov peut lancer une contre-offensive contre le groupe d’armée du centre le 5 Décembre.

A l’État-major allemand, c’est la panique. On envisage déjà une retraite sur plusieurs centaines de Kilomètres mais Hitler refuse toute idée de repli et ordonne au contraire, de tenir sur place.

Néanmoins, les Allemands sont repoussés et Moscou est sauvée, au grand soulagement des Alliés.

Mais Staline voit trop gros et ordonne une contre-attaque générale sur l’ensemble du front, ce qui disperse les efforts soviétiques et en amoindri les effets.

Néanmoins, pour l’instant, l’Armée allemande semble au bord du désastre.

Hitler, furieux, limoge bientôt les commandants de ses 3 groupes d’Armée du Front Est et prend bientôt le commandement en chef de ses armées sur le Front russe.

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Situation en Europe en Décembre 1941

Mais l’événement majeur de ce mois de Décembre 1941 est l’entrée en guerre des États-Unis suite à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor du 7 Décembre.

Si les 8 Cuirassés présents dans le port sont endommagés ou coulés, ainsi que 18 autres navires d’un autre type, les 3 Porte-avions de la Flotte américaine du Pacifique n’étaient pas présents dans le port au moment de l’attaque car ils livraient des avions de combat à Midway et à Wake. Ils pourront s’opposer plus tard à l’expansion japonaise.

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L'USS Arizona en flamme.

3 Jours plus tard, l’Allemagne et l’Italie déclarent la guerre aux États-Unis dans l’espoir que le Japon déclare la guerre en retour à l’URSS.

Dès que les nouvelles de l'attaque de Pearl Harbor et de l'assaut nippon sur l'Indochine sont confirmés, la Force Z (Porte-Avion HMS Indomitable, Cuirassés Repulse et Prince of Wales et leurs escorteurs) se met en marche en vue d'attaquer la Flotte japonaise qui protège les forces qui débarquent autour d'Haiphong.

Pourtant, l'Amiral Phillips, est moins confiant qu'il aurait pu l'être. En effet, il a derrière lui l'expérience des combats aéronavals ayant eu lieu en Méditerranée depuis 1940 et sait qu'une grande unités, aussi puissante soit-elle, peut être coulée par un petit avion. D'autant plus que les nouvelles qui lui parviennent des Français sont catastrophiques. Les navires protégeant les côtes indochinoises ont été coulés rapidement par l'aviation japonaise basée sur l'île de Hainan ou en Chine du sud (où les rapports signalaient de nombreuses constructions de bases aériennes par les Japonais).

Il se sent désormais à la place d'un Amiral italien et ce, en dépit de la présence, qui aurait pu être rassurante, de la couverture aérienne des Spitfires de l'Indomitable...

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L'Amiral Tom Phillips

Pourtant, les ordres de Churchill sont clairs et puis, si on laisse les Japonais conquérir l'Indochine, ils finiront par débouler en Malaisie !

Et quand les ordres sont clairs, il faut les suivre…

Cela faisait maintenant plus d'une journée que l'on avait quitté Singapour et les Britanniques arrivaient au large de Saïgon. Grâce aux renseignements des Français, Phillips savaient à peu près où se trouvaient les Japonais.

Mais ceux-ci, bien conscient de la présence de la Force Z à Singapour se tenaient prêts à la recevoir.

La Flotte britannique fut repérée par un appareil de reconnaissance nippon. Immédiatement ce fut le branle bas de de combat côté japonais. Tous les appareils basés à Hainan et en Chine du sud décollèrent en direction de leur cible. Ainsi, les Japonais disposaient d'une supériorité aérienne écrasante en dépit de la présence des appareils du Porte-avion britannique en couverture de la Force Z d'autant qu'ils détournèrent également de leurs missions les appareils d'appui au sol de la force d'invasion de l'Indochine française !

Yamamoto avait en effet, dès l'annonce de l'arrivée de la Force Z à Singapour, préparé sa destruction par l'aviation basée à terre, quitte à sacrifier temporairement l'offensive contre l'Indochine.

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Bombardiers G4M japonais, bientôt surnommés Betty. Plusieurs d'entre eux participèrent à l'assaut contre la Force Z.

Mais anéantir la puissante Flotte britannique en valait la peine.

En dépit du courage des pilotes britanniques, leur rideau défensif fut aisément brisé et les Japonais purent à leur guise faire pleuvoir la mort sur les 3 bâtiments principaux de la Force Z, et, en particulier, le Porte-avion. Moins d'une heure après l'explosion de la première bombe, ceux-ci gisaient au fond de la mer de Chine méridionale.

Ainsi que l'Amiral Phillips !

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Survivants britanniques en train d'être repêchés par un des escorteurs.

Les pertes japonaises furent minimales tandis que la Flotte britannique d'extrême-orient ne pouvait plus s'opposer à l'assaut nippon. D'ailleurs, très rapidement, la Flotte aérienne japonaise repris sa mission de couverture de l'assaut contre l'Indochine tandis que des convois quittèrent Hainan en vue d'envoyer des troupes en Thaïlande pour y soutenir l'Armée de Phibun, qui se bat depuis plusieurs jours contre les Britanniques venus de Malaisie et qui sont entrés en Thaïlande dès l'annonce de Pearl Harbor, pour, comme s'était malheureusement à prévoir, se faire accueillir à coups de feu par l'Armée thaïlandaise !

L'Amiral Shintarō Hashimoto avait parfaitement exécuté le plan de Yamamoto pour anéantir l'opposition britannique à l'expansion japonaise dans la région.

D'ailleurs, l'offensive japonaise est générale. Les armées de l’Empire du Soleil levant attaquent de la Malaisie à l’île de Wake en passant par l’Indochine (avec l’aide de l’Armée thaïlandaise) et les Philippines.

Bien qu’elle ait reçue quelques renforts du reste de l’Empire français et qu’Alger y ait entamée un train de réformes politiques, l’Indochine, attaquée depuis la Thaïlande à l’ouest, une partie de la Chine occupée au nord et subissant une série de débarquements dans la région de Haiphong sur sa côte est, l’Indochine apparaît condamnée, d’autant que la population locale apparaît favorable aux Japonais, en qui elle voit ses libérateurs tandis qu’une partie des colons français préfèrent secrètement la politique réactionnaire menée par Pétain et Laval en Métropole occupée à la politique d’ouverture et moderniste conduite par Mandel à Alger.

Néanmoins, si une partie des colons auraient pu tolérer la présence nipponne contre un rattachement à l’administration pétainiste, ce n’est pas cette carte que jouera l’Empire japonais mais celle des pseudos-indépendance des États anciennement colonisés. Ainsi, alors que Bao Dai, Empereur du Vietnam replacé sur le trône par la République française, est évacué en hâte vers Singapour (ainsi que Sisowath Monireth, Roi du Cambodge et Sisavang Vong, Roi du Laos), les Japonais font proclamer quelques jours après leur arrivée à Hanoï par des Nationalistes non communistes du Phuc Quôc Hôi, un « État du Vietnam », avec à sa tête le Prince Cuòng Dê.

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Drapeau de l’État du Vietnam.

Cependant, dès le soir du 9 Décembre 1941, jour de l'anéantissement de la Force Z au lendemain de Pearl Harbor (en effet, cette différence de date est liée à la différence de fuseau horaire entre les îles Hawaï et l'Indochine), le gouverneur général de l'Indochine française, Vincent Auriol et Raoul Salan, commandant en chef des forces françaises dans la région rencontrent, dans une villa à l'écart de la capitale de l'Indochine française, qui croule de nouveau sous les bombes japonaises après une brève accalmie lorsque les Japonais attaquèrent la Flotte britannique, Hô Chi Minh, chef du Parti communiste vietnamien. Celui-ci est en effet revenu de son exil chinois suite à la légalisation de son Parti en Octobre. Les 3 hommes discutent d'une coopération militaire pour faire face à l'invasion japonaise (de furieux combats ont alors lieux à Haïphong où viennent de débarquer les troupes nippones ainsi qu'à Lang Son, attaquée depuis la Chine occupée comme en 1940) mais Salan et Hô se regardent en chien de faïence. En effet, le premier représente la souveraineté française tandis que l'autre est un indépendantiste et, encore pire aux yeux du Général français, un Communiste ! Cependant, les 2 hommes sont intelligents et ils savent bien que la situation nouvelle causée par le désastre britannique exige qu'ils doivent obligatoirement se mettre d'accord, du moins pour le temps que durera la guerre contre le Japon.

Quant à l'après-guerre…

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Hô Chi Minh

C'est Auriol, socialiste, qui permet le compromis en ouvrant le dialogue entre le militaire français et le politicien vietnamien. Finalement, après de longues tractations, entrecoupés par de nombreux départs de Salan qui suit le déroulement des opérations non seulement à Haïphong et Lang Son mais aussi dans tout l'Extrême-Orient et le Pacifique, un accord est trouvé. Les « milices » de Hô seront placé sous le commandement français de Salan, mais jouiront en fait d'une quasi-indépendance. Hô est satisfait car il pourra obtenir pour ses forces l'aide américaine tandis que le colonisateur honni a fait de lui un partenaire incontournable ! Salan sait que cette nouvelle concession faîte aux Indochinois est nécessaire pour sauver l'essentiel à ses yeux, la place de la France en Orient et au sein de la coalition anti-japonaise. Mais il ne peut s'empêcher de penser à l'inévitable confrontation qui opposera la France aux Communistes une fois les Japonais vaincus. D'ailleurs, il poussera Auriol à s'entretenir avec Bao Daï pour lui expliquer les raisons qui ont poussé les autorités françaises à « s'allier » avec Hô Chi Minh et les Communistes et s'assurer du soutien de l'Empereur à la République (d'ailleurs, dès les premières bombes tombées sur Haïphong, le dirigeant vietnamien a appelé son peuple à combattre les Japonais).

Bao Daï, bien évidemment, déclare aux 2 Français qu'il les soutient pleinement mais, comme il l'avouera plus tard, en tant que Vietnamien, il ne put s'empêcher d'être heureux de ce nouveau pied de nez fait aux Français tout en sachant pertinemment lui aussi la confrontation inévitable contre les Communistes, confrontation qu'il ne pourra gagner qu'avec l'aide de la France…

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L'Empereur Bao Dai

A Alger, Mandel, soucieux de faire tout ce qu'il peut pour aider ses soldats qui combattent en Indochine, convoque l'ambassadeur de la République de Chine et convient avec lui de l'entrée de troupes chinoises au Tonkin. Cependant, les Chinois n'ont non seulement pas des ressources illimitées, car devant déjà se battre pour défendre leur propre pays, mais de plus, ont des sentiments ambivalents envers les Français. Certes, ils leur savent gré de les aider depuis 1937, mais certains hauts gradés de l'Armée chinoise se sentent plus proche du peuple vietnamien que de ses colonisateurs...

Pendant ce temps, plus au nord, les Japonais attaquent le petit territoire côtier français de Kouang-Tchéou-Wan situé au nord de l’île de Hainan.

Malgré le choc de l’invasion japonaise, partout les soldats alliés résistent comme des lions à l’envahisseur, comme les courageux défenseurs américains de l’île de Wake, qui résisteront à l’ennemi jusqu’à la dernière cartouche.

Les Philippines, bien que son président, Quezón, ait un moment espéré que les Japonais respecteraient la neutralité de cet État semi-indépendant, sont également attaquées. Sur place commande le général US Mac Arthur, spécialiste de l’Asie. Conscient de l’infériorité en homme et en matériel de ses troupes face à l’agresseur, il ordonne le repli sur la péninsule de Bataan, à l’ouest de la baie de Manille où elles conduiront une défense héroïque en attendant des renforts qui ne viendront jamais, du fait de la défaite initiale des Alliés sur l’ensemble du front et de la stratégie « Europe First » décidée à la conférence Arcadia, une banlieue de Washington, où se sont réunis Roosevelt, Churchill et Mandel, à la fin du mois. Durant cette conférence, les dirigeants des 3 grands acceptent également l’idée d’un commandement unique des armées alliées sur le front européen.

En Tchécoslovaquie occupée, les Alliés parachutent un Commando tchécoslovaque. Celui-ci doit, en coopération avec la Résistance locale, assassiner Heydrich, le Protecteur de Bohème-Moravie et Nazi fanatique notoire.

Avec l'entrée en guerre des États-Unis, le gouvernement de la République française pense qu'il est temps de changer de généralissime pour envoyer un signal fort de leur désir de combattre à leur allié américain. Doumenc est remplacé par l'un des tenants du Sursaut français, le général Noguès, tandis que c'est Catroux qui le remplace comme commandant en chef du théâtre nord-africain.

En ce mois de Décembre 1941, lancement d'un raid audacieux des plongeurs de combat italiens du Xe Flottiglia MAS contre la Flotte britannique basée à Alexandrie. 2 Cuirassés sont gravement endommagés à l’heure où désormais, en plus de devoir surveiller les débris de la Regia Marina calfeutrés dans ses bases, les Britanniques doivent lutter contre l’expansion rapide du Japon et ont subi un désastre avec la destruction de la Force Z. Heureusement, les Britanniques peuvent compter sur la puissante Marine nationale pour maintenir l’avantage en Méditerranée face à la Marine italienne et l'arrivée prochaine de nombreux bâtiments de l'US Navy.

C'est ce calcul que fait Hitler. Se rendant compte de l'affaiblissement qui n'est que temporaire des Marines alliées en Méditerranée, il décide de déployer sur le Front de l'est plusieurs des divisions maintenues en Grèce pour surveiller la Crète au lieu de lancer un nouvel assaut sur l'île grecque. Il demande même à Mussolini l'envoi en Russie de la division de parachutiste italienne « Folgore », qui était maintenue en réserve en vue d'un assaut soit sur Malte, soit sur la Crète, bien qu'il doute de plus en plus de la capacité militaire des Italiens (sauf des plongeurs de combat, bien évidemment).

 

Janvier 1942

A Washington s'achève la conférence Arcadia. Priorité est donnée à la victoire sur l'Allemagne tandis qu’est décidée la création d'un commandement unique interalliés. Par ailleurs, décision est prise de l'organisation d'un débarquement en Sicile pour mettre fin à la menace de l'Axe sur l'Afrique du nord et ouvrir le second front réclamé par Staline. Enfin, le 1er Janvier voit la signature par 27 États dont la France, l'URSS, la Grande-Bretagne et les États-Unis de la Déclaration des Nations Unies, qui réaffirme les principes de la Charte de l'Atlantique.

En URSS, la contre-offensive de l'Armée rouge se poursuit, repoussant les Allemands jusqu'aux environs de Smolensk. Plusieurs poches de résistance allemande de plus ou moins grandes importances se forment. Goering ordonne à la Luftwaffe de les ravitailler par les airs. Odessa, toujours assiégée, continue de tenir, en dépit des assauts furieux de l'aviation de l'Axe contre les convois soviétiques la ravitaillant. Dans le secteur Nord, l'Armée rouge parvient à briser partiellement le blocus de Leningrad. Du ravitaillement et des renforts sont envoyés à la garnison tandis qu'une partie de la population civile est évacuée.

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Un char soviétique T-34 dans la neige

En Asie, création du commandement ABFDA pour American-British-French-Dutch-Australian sous la direction du général Percival. Il a notamment pour objectif de défendre Singapour et les Indes néerlandaises, bien que l'Indochine fasse aussi partie de sa zone de commandement. Mais celle-ci apparaît déjà comme condamnée, face à la multiplication des débarquements nippons sur sa côte orientale, au durcissement de l'offensive lancée depuis les régions de Chine occupée frontalières et à l'encerclement dû au fait que la Thaïlande participe au conflit du côté du Japon.

En Chine, le général Stilwell est nommé chef d'état-major du maréchal Tchank Kai-chek suite à l'accord du gouvernement chinois.

Par ailleurs, l'Armée chinoise qui a pénétré au Tonkin est sévèrement étrillée par les forces de Takuma Nishimura, commandant des troupes japonaises qui envahissent l'Indochine. Les Chinois, commandés par Long Yun, le Seigneur de la guerre qui dirige le Yunnan, se replient vers leurs bases, abandonnant définitivement les Français du Tonkin à leur sort...

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Le Seigneur de la guerre chinois Long Yun

L’offensive générale menée par le Japon se poursuit. Le Japon s’empare notamment de la ville de Rabaul sur l’île de Nouvelle-Bretagne. Ils y installeront rapidement une très importante base navale. Les Japonais progressent dans les Indes néerlandaises tandis qu’aux Philippines, ceux-ci font toujours face à la résistance héroïque des soldats américains et philippins sur la presqu’île de Bataan tandis que leur armée de Malaisie, commandée par le Général Yamashita, passé maître dans l'usage de la force blindée et en plus soutenu par les Thaïlandais qui assurent ses arrières, progresse rapidement vers le sud et Singapour (Kuala Lumpur tombe le 19 Janvier), contournant par la mer les différentes lignes de défense mises en place par les soldats de sa Gracieuse Majesté. De plus, en dépit de l'envoi de plusieurs escadrilles de chasse en Extrême-Orient par Churchill, l'aviation japonaise a le dessus, celle-ci s'étant rapidement installée en Thaïlande après l'anéantissement de la Force Z. Il faut néanmoins noter que les Japonais ont considérablement affaiblis leur forces basées dans le Mandchoukouo afin d'être en mesure d'attaquer simultanément les Français d'Indochine et les troupes du Commonwealth britannique en Malaisie, désireux qu'ils étaient de s'emparer au plus vite de la puissante base navale britannique tout en mettant fin à la menace sur leurs lignes de communication représentée par l'Indochine.

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Char japonais du Type 95 Ha-Go, clé du succès japonais en Malaisie.

Bao Dai, réfugié à Singapour, rencontre l'ex-Empereur d'Annam, Duy Tan, désormais connu sous le nom de Vinh San, et qui s'est engagé volontairement après le sursaut comme radiotélégraphiste au sein de la Marine nationale. Mandel a en effet décidé que le prince vietnamien serait plus utile à la cause de la France auprès de Bao Dai. Bao Dai craint d'abord d'être démis de son pouvoir impérial au profit de Vinh San, désormais chaud partisan de la France mais celui-ci lui explique qu'il n'est ni dans ses intentions, ni dans celle d'Alger, de le remplacer. Vinh San lui propose en effet de se mettre à son service en prenant la tête d'un gouvernement « moderne » de l'Empire du Vietnam. Bao Dai, qui se doute bien que les Français sont derrière cette idée et qui avait craint d'être déchu, accepte facilement. Les 2 hommes seront désormais le visage du Vietnam impérial luttant aux côtés des Alliés.

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Vinh San

Mais Vinh San n'est pas le seul membre d'une famille royale d'Indochine qui soit un fervent partisan de la guerre menée par la France. Le Roi du Cambodge, Sisowath Monireth, évacué contre son gré à Singapour alors qu'il était prêt à rester à Phnom Penh pour y poursuivre la lutte contre les armées qui envahissaient son pays. En effet, le nouveau Roi a fait preuve de son courage lors de la Campagne de France et s'est vu remettre en personne par Mandel la Légion d'Honneur et la médaille de guerre ! Cependant, les Français lui ont expliqué qu'il sera plus utile à l'abri pour pouvoir servir son pays à l'avenir, après la victoire commune.

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Sisowath Monireth

Les Allemands lancent l’Opération « Roulement de Tambour » qui consiste en l’envoi d’U-boots au large de la côte est américaine pour y attaquer les navires de commerce non encore organisés en convois.

En Europe, Hitler prédit un prochain débarquement allié en France (il avait un temps envisagé une action de ce type en Norvège mais il s’était ravisé, conscient que ces « maudits Français » ont dû faire pression sur leurs alliés britanniques et, désormais, américains, pour que le débarquement ait lieu dans leur pays). En conséquence, le Prinz Eugen, le Scharnhorst et le Gneisenau resteront stationnés en France métropolitaine.

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Le Scharnhorst

A Alger, le Ministre de la Marine, l'Amiral François Darlan, propose en plus de l'envoi de bâtiments de surface qui épauleront les Marines alliées sérieusement étrillées en Extrême-Orient et dans le Pacifique, d'utiliser massivement la Force sous-marine française afin de harceler les lignes de communications des Japonais en attaquant leurs convois et, dans la mesure du possible, leurs vaisseaux de guerre. En effet, les Sous-marins français, hormis la mission cruciale consistant à maintenir des liaisons avec la Résistance métropolitaine et l'attaque des convois allemands assurant la navette entre le Reich et la Norvège occupée, ne sont que peu utilisées, en dépit du courage manifeste et de la volonté de se battre des équipages.

 

Février 1942

En URSS, en dépit du discours optimiste du président Kalinine, chef de l’État officiel de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, annonçant la libération prochaine des Républiques Soviétiques occupées, l’offensive de l’Armée rouge commence à ralentir.

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Mikhaïl Kalinine

L’Indochine, submergée de toute part, voit ses garnisons françaises soit décrocher vers la Chine (où elles seront relativement bien accueillies par le gouvernement nationaliste qui veut peut être se faire pardonner le fait d'avoir abandonner ces mêmes Français aux Japonais...) soit se replier dans l’arrière-pays pour y former des maquis qui mèneront la vie dure aux forces d’occupation nippones. D’ailleurs, nécessité faisant loi, les maquis de l’Armée française d’Indochine combattront, comme convenu en Décembre 1941, aux côtés de ceux constitués par les Communistes vietnamiens d’Ho Chi Minh. Auriol est évacué d'Indochine par le Sous-Marin Surcourf en direction de Pondichéry (où il rejoint les monarques laotiens, cambodgiens et vietnamiens qui ont été de leur côté évacués de Singapour, menacée par la fulgurante avance japonaise en Malaisie) peu avant l'entrée des troupes japonaises dans Saïgon. Quant à Salan, il a refusé d'évacuer et prend le maquis à la tête de ses troupes.

Maîtres de Vientiane et de Phnom Penh, les Japonais y installent leurs fantoches, choisis parmi les Nationalistes locaux non communistes. Son Ngoc Thanh, un journaliste, devient « Chef de l’État » au Cambodge tandis qu'un « État lao » est proclamé à Vientiane.

Dans le même temps, la campagne de Malaisie s'achève avec l'entrée en vainqueur des forces de Yamashita à Singapour. Le général japonais obtiendra le surnom de « Tigre de Malaisie » et pour toute récompense de Tojo, d'être envoyé sur un front secondaire en Mongolie intérieure pour s'être montré relativement modéré avec les Malais désormais sous domination japonaise. Churchill parlera de la chute de Singapour comme du « plus grand désastre de l'histoire militaire britannique ».

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Tomoyuki Yamashita

Plus au sud-est, la Flotte alliée est écrasée par son homologue nipponne à la bataille de la Mer de Java, prélude à l’invasion de l’île la plus importante des Indes orientales néerlandaises par les armées de l’Empire du Soleil Levant. Le commandant de la Flotte alliée ABFDA, l'Amiral néerlandais Karel Doorman, est tué au cours de l'engagement. Notons qu'en dépit du nom de cette force, aucun bâtiment de la Marine nationale ne participera à cet engagement.

Dans le Pacifique centre, les Américains mènent leurs premiers raids contre les bases japonaises des Îles Gilbert et des Îles Marshall.

Comme prévu, se tient la première conférence d’État-major entre des officiers américains, britanniques et français.

Au Canada, les candidats anti-conscriptions sont largement battus dans 4 élections partielles.

En Pologne occupée, création de l’AK, l’armée de l’intérieur polonaise par la fusion de plusieurs groupes de résistance polonais. L’AK sera le bras armé en Pologne du gouvernement polonais en exil à Alger (qui compte par ailleurs plusieurs divisions dans son armée régulière qui se bat aux côtés des Alliés).

En Prusse orientale, où Hitler et les Nazis ont transféré la plupart de leurs prisonniers français issus d'Afrique noire, espérant cruellement que le rude climat leur sera néfaste, Léopold Sédar Senghor, le chantre de la « négritude » et de l'identité africaine, succombe à une pneumonie.

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Léopold Sédar Senghor

LFC, ça n'est pas systématiquement un monde meilleur que le nôtre

Mais le gouvernement allemand a beau être démoniaque, certains combattants allemands font preuve d'une grande humanité.

Le 9 Février 1942, le U-156, commandé par Werner Hartenstein, croise la route du Normandie, reconverti en transport de troupes suite à un accord entre Alger et Washington et le torpille. Le Paquebot avait déposé des centaines de soldats américains à Casablanca et, reprenant la route de l'Amérique, il avait pris à son bord des milliers de prisonniers italiens, capturés lors de « La guerre éclair du désert » de 1940, que les Alliés avaient décidés de mettre hors de portée de l'Axe, aux États-Unis. Des centaines de civils désireux de rejoindre la sécurité de l'Hémisphère occidentale avaient également été embarqués.

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Werner Hartenstein

Hartenstein se rendant compte de la présence de civils et de prisonniers italiens à bord du navire mourant, prend le risque d'expédier en clair un SOS proposant une trêve, le tout en Anglais et en Français. L'officier allemand annonce son intention de déposer les canots de sauvetage pris en remorque à Ponta Delgada, capitale des Açores, archipel portugais donc neutre.

Rapidement, d'autres U-Boots arrivent sur place sur ordre de l'Amiral Donitz et prennent en charge les survivants.

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U-Boots sauvant des survivants du Normandie

Les Alliés ne sont bien évidemment pas en reste. Leurs bateaux présents dans l'Atlantique ont captés le message et l'ont retransmis à leurs amirautés respectives. Mandel est stupéfait par la situation. Alors que jusque là les Allemands foulaient au pied la France, voilà qu'un commandant de sous-marin du IIIème Reich prend des risques considérables pour sauver les survivants d'un navire français (dont plusieurs sont Juifs d'ailleurs) !

Darlan, ministre de la Marine, propose d'envoyer des destroyers en « éclaireurs » sur place. En effet, ce sont des bâtiments très rapides et, si jamais l'Allemand tend un piège, on le coulera avec leurs charges sous-marines.

3 destroyers (2 Français, 1 Britannique (Churchill est moins méfiant que les Français quant aux intentions des Allemands et a vite donné son accord)) qui escortaient un convoi à une journée de navigation sont détachés de leur tâche et envoyés sur place.

Une « Task Force » française en patrouille restera à bonne distance et aux aguets mais prête à aider les survivants si les Allemands n'ont pas mentis.

Au cas où Hartenstein trahirait sa parole, les Alliés n’envoient qu'un sibyllin « Trêve acceptée. Les secours sont en route. » en clair et en Allemand.

Cependant, une fois sur place, les Alliés découvrent des U-Boots en pleine mission de sauvetage et dont le pont est recouvert par d'immenses Croix-Rouges.

Entre temps, à la stupéfaction générale, un message signé de l'Amiral Donitz semblait confirmer la trêve !

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L'Amiral Donitz

Les Capitaines des Destroyers informent leurs commandements de la situation et reçoivent rapidement l'ordre de prendre en charge les survivants.

Quelques heures plus tard, la « Task Force » française (composée notamment du Gloire) arrive sur les lieux et recueille le reste des naufragés.

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Le Gloire, Croiseur français ayant participé aux opérations de sauvetage.

Cette trêve, inouïe, a donc permis de sauver la majeure partie des survivant du Normandie qui seront pris en charge aux Açores avant de reprendre, quelques semaines plus tard, la route de l'Amérique.

Cependant, cette trêve restera unique du fait du durcissement de la guerre sur Mer et de l'utilisation de plus en plus massive par les Alliés du système des convois.

Le U-156 sera coulé, comme tant d'autres U-Boots, en Mai 1943 mais Werner Hartenstein et son équipage survivront au naufrage et finiront capturés par les Alliés.

 

Mars 1942

En Asie, le Japon remporte un nouveau succès en mettant virtuellement fin à l’existence des Indes orientales néerlandaises en faisant capituler l’île de Java. Dans le même temps, l’armée japonaise débarque en Nouvelle-Guinée. Aux Philippines, le général Douglas Mac Arthur, refusant de faire moins bien qu'un « Frenchy », décide de ne pas fuir les Philippines mais, comme le fait Salan en Indochine, d'y animer la Résistance locale en se retirant dans l'arrière-pays. Son refus d'obéir à Roosevelt fut bien évidemment caché à une presse alliée qui fit la une sur son héroïsme, au point de presque oublier Raoul Salan !

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Les soldats japonais, à l'instar des Allemands en URSS, se montrent impitoyables avec leurs prisonniers, que ce soit en Indochine, en Malaisie, à Singapour ou aux Philippines, multipliant les exécutions sommaires.

En Birmanie, les Japonais soutenus par les Thaïlandais peuvent enfin déclencher leur offensive après la défaite alliée en Malaisie et en Indochine.

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En France, un audacieux raid Franco-britannique, soutenu par la Résistance intérieure, permet la destruction de l’écluse de la cale sèche du port de Saint-Nazaire, la seule de la côte atlantique capable d’accueillir un cuirassé de la taille du Tirpitz. Mandel et Churchill étaient en effet extrêmement inquiets de la possibilité qu’avaient les Allemands de transférer leur Cuirassé Tirpitz sur la côte française dans l’optique d’y mener des opérations contre les convois alliés dans l’Atlantique.

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Le Commando britannique N°4

En URSS, une contre-attaque allemande leur permet de rendre à nouveau total le blocus de Leningrad. Cependant, leur armée est trop éprouvée pour pouvoir lancer un assaut frontal contre l'ancienne Petrograd. Le siège reprend donc tandis qu'un autre s'achève, celui d'Odessa. La courageuse Cité succombe sous l'assaut conjugués des Roumains et des Allemands (qui ont reçus des renforts de troupes auparavant maintenues en Grèce), d'ailleurs très bien pourvus en artillerie lourde de siège. La garnison sera évacuée par la mer. Dans le secteur centre du Front, une série de contre-attaques locales permettent aux Allemands de rejoindre plusieurs des « Hérissons » encerclés par les Soviétiques.

En Hongrie, Miklos Kallay est nommé Premier ministre par le Régent. Quoi que conservateur, il n'a aucune sympathie pour le Nazisme et refusera de livrer les Juifs hongrois aux Allemands. Il lancera d'ailleurs des pourparlers de paix secrets avec les Alliés.

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Miklos Kallay

Le général De Gaulle prononce un discours sur les ondes de Radio-Alger.

« La guerre mondiale est à son point culminant.

Il est naturellement assez arbitraire de chercher dans le passé une comparaison avec le présent. Je crois bien, tout de même, que beaucoup d'esprits réfléchis découvrent des analogies entre la situation actuelle de la guerre et celle qui se présentait vers la fin de 1917.

Aujourd'hui, l'ennemi, car le Japon, l'Allemagne et l'Italie ne font qu'un, tient dans le Pacifique un avantage certain. Il a enlevé Singapour, envahi les Indes Néerlandaises, submergé les Philippines, foulé au pied l'Indochine, notre Indochine, pénétré en Birmanie. Il se cramponne énergiquement à ses positions en Russie. Les mers foisonnent de ses sous-marins. On sent approcher le suprême effort d'Hitler.

Dans l'automne de 1917, l'ennemi avait abattu la Russie et pénétré jusqu'au Caucase; il venait d'écraser à Caporetto l'armée italienne; il poussait ses avant-gardes jusqu'au canal de Suez et aux abords de Salonique; sur le front principal de l'Ouest, il tenait en échec les Français, les Anglais et les premières troupes d'Amérique; il menait dans l'océan la guerre sous-marine renforcée. On attendait l'ultime assaut d'Hindenburg.

Or, quelques mois après, cet assaut avait été brisé et l'offensive des Alliés se déclenchait sur tous les théâtres, jusqu'au jour où, sans aucune raison en apparence décisive, l'ennemi envoyait ses plénipotentiaires capituler dans le wagon de Rethondes.

Je ne dirai certes pas que ce processus victorieux doive se dérouler de nouveau suivant le même rythme et dans le même délai. Rien n'est écrit d'avance et le fatalisme passif est, à la guerre, le pire danger. Mais nous avons deux bonnes raisons pour compter ferme que le drame actuel se terminera, comme le précédent, par l'écrasement de l'ennemi.
La première raison est d'ordre matériel.

L'ennemi a eu, jusqu'à présent, la partie belle. En Extrême-Orient comme en Europe, il a toujours attaqué par surprise ses adversaires mal préparés. Mais s'il a su, tout de suite, faire le plein de ses succès parce qu'il avait fait d'emblée le plein de ses forces, ses adversaires se sont ressaisis. Nous faisons notre compte. Nous savons de quels moyens puissants dispose maintenant le parti de la liberté et nous savons de quels moyens énormes il disposera avant un an.

La deuxième raison de notre certitude est en nous-mêmes. Elle est d'ordre moral. Si c'est le moment du doute pour les cœurs faibles, c'est, pour les cœurs forts, le moment des grandes résolutions.

Or, parmi ceux qui mènent le bon combat, nous constatons qu'on renonce au moindre effort. L'absurde esprit de défensive et de concessions au mal, qui s'exprimait, stratégiquement parlant, par " Ligne Maginot " et, politiquement parlant, par Munich , est bel et bien en train de faire place à l'esprit d'attaque et d'intransigeance sans lequel toute guerre est perdue.

La France, pour occupée qu'elle soit, participe au redressement mondial. Ceux de ses enfants qui combattent serrent les rangs et redoublent d'efforts. Ceux qui ne peuvent encore le faire lèvent la tête vers l'espérance. Nous ne savons que trop que nos terres sont un champ de bataille, malgré le mensonge des Collaborateurs. Chez nous, l'ennemi et ses amis écoutent chaque jour grandir contre eux la haine et la menace. Et l'on voit même des patriotes, que les traîtres ont traînés devant de pseudos cours de justice, bousculer la mascarade et accuser la trahison.

Allons ! Le pire va finir, le meilleur est en marche.

Voici l'heure de Clemenceau ! »

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Avril 1942

L’heure de la revanche a sonnée dans le Pacifique. Le 16 Avril, l’audacieux Lieutenant-colonel Doolitle a conduit un raid courageux sur le Japon même avec une force de bombardiers B-25 qui ont décollés depuis le Porte-avion USS Hornet qui s’est dangereusement approché des côtes japonaises pour que les bombardiers puissent atteindre le Japon puis rejoindre la Chine nationaliste (l’URSS ayant refusée d’accueillir les bombardiers sur son sol après le raid car souhaitant préserver sa neutralité avec le Japon). Bien que les effets militaires soient quasi-nuls, le raid a le don de regonfler le moral du peuple américain tout en provoquant l’ire des Japonais qui ont constatés que leur pays n’était pas à l’abri des bombardiers américains malgré la conquête d’un immense empire.

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Un bombardier américain décollant du pont de l'USS Hornet.

Le raid arrive peu après la reddition de la péninsule de Bataan après une résistance héroïque. Commence une « Marche de la mort » vers les camps de prisonniers pour les soldats alliés capturés.

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Peu de temps auparavant, les Japonais, profitant de la chute de Singapour, ont lancé 5 Porte-Avions (Akagi, Hiryu, Soryu, Shokaku et Zuikaku) contre la Flotte britannique d'Extrême-Orient. Cependant, les Britanniques, qui n'ont que 3 Porte-avions à leur opposer (et encore, l'un d'entre eux est le vieillissant HMS Hermes. Les autres sont le HMS Formidable et le HMS Ark Royal), préfèrent se retirer dans la base de Diego Suarez, à Madagascar. Les Japonais causent néanmoins de lourdes pertes aux convois ravitaillant la Birmanie (causant d'importants dégâts au trafic ravitaillant non seulement les forces alliées dans la région mais également l'Armée chinoise) ainsi qu'aux installations de l'île de Ceylan au prix de pertes minimes.

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Le pont du Zuikaku

A l'issue du raid, et suite à l'attaque de Doolittle sur Tokyo, l'Amiral Yamamoto décide que la prochaine cible de sa Flotte combinée sera l'atoll de Midway. Une flotte de 3 Porte-avions (Zuikaku, Shokaku et Shoho), initialement destinée à l'offensive MO sur Port-Moresby, est néanmoins envoyée à Singapour pour « garder à l'œil » la Flotte britannique d'Extrême-Orient et protéger le flanc ouest des territoires sous contrôle nippon. Port-Moresby sera tout de même attaquée mais le convoi de débarquement ne sera couvert que par l'aviation basée au sol à Lae et Rabaul.

En Allemagne, le Général Henri Giraud s’évade de la forteresse de Königstein où il était détenu et parvient à rejoindre la France avec l’aide des services secrets français. Celui-ci rejoindra l’Algérie à bord d’un sous-marin de la Marine nationale où il sera reçu chaudement par les membres du gouvernement, notamment de Gaulle qui voit en lui un militaire d’envergure capable de conduire les armées de la République à la victoire. En représailles à cette évasion, Hitler ordonnera l’exécution des officiers ayant aidés, et quelques-uns sur de simples présomptions, à l’évasion du général.

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Le Général Giraud

En Union soviétique, les combats, violents, se poursuivent sur l’ensemble du front.

En France occupée, les Allemands, soucieux de renforcer encore plus leur emprise sur l’État français, contraignent Pétain à transmettre la majeure partie de ses pouvoirs à Pierre Laval. Ce dernier aurait aimé se débarrasser complètement du Vieux Maréchal en se proclamant lui-même « Chef de l’État » mais les Allemands préfèrent non seulement garder Pétain comme moyen de pression sur Laval mais en plus maintenir la fiction Maréchaliste qui parvient tout de même à tromper certains Français. Cependant, le gouvernement collaborateur est remanié et voit les Conservateurs et les Maréchalistes en être chassés au profit de Collaborationnistes purs et durs. Laval et Abetz feront en sorte qu'un juste équilibre soit trouvé entre les proches amis de Déat et ceux de Doriot soit trouvé afin que les 2 chantres de la soumission de la France se neutralisent mutuellement.

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Affiche de recrutement des Forces de sécurité légionnaires aussi appelée Légion.

La réaction de De Gaulle est notable et il en fait part aux Français de Métropole sur les Ondes alliées.

« Il paraît que, parmi les traîtres collaborateurs, Hitler a prononcé certaines mutations. Nous attendions cette formalité.

La situation de ses armées l'amène à renforcer les sûretés que lui avaient données, voici tout juste vingt-deux mois, quant à notre territoire, nos ressources et nos forces de police, des chefs militaires et politiques indignes. Il juge bon d'y employer des personnages revêtus d'une plus apparente indignité.

Les nécessités de ses armements le conduisent à exiger davantage de la production française, des usines françaises, du travail français, et à placer aux leviers de commande des hommes aux mains encore plus sûres, plus dures et plus impures.

Sa volonté de pervertir la France, pour mieux l'asservir et l'exploiter, le porte à y déléguer l'exercice de l'oppression à des gens plus spécialement habiles dans l'art de corrompre et de terroriser.

Mais il n'y a là qu'utilité et opportunité.

Rien qui change le fond des choses. Rien qui modifie les données du jeu terrible qu'Hitler a engagé contre la France et contre le monde en se servant, comme toujours, de l'infamie et de la trahison.

Bien entendu, la France Républicaine n'a jamais douté, même une heure, que tel serait, inéluctablement, -le processus de la stratégie d'Hitler. Pas une minute, la France Républicaine ne s'est laissé prendre à des illusions dérisoires sur le redressement possible de chefs prosternés dans la boue. Pas une seconde, la France Républicaine n'a imaginé que des hommes, qui ont livré notre pays à l'ennemi, lancé leurs sbires contre le peuple de France lui-même et qui, sur le sol frémissant de la martyrisée, sont allés mettre leur main dans la main d'Hitler, pourraient jamais sortir du déshonneur.

Mais l'événement fera voir peut-être que, pour les hommes de bonne volonté, dans l'ancien et le nouveau monde, il est grand temps de voir aussi clair. La guerre que nous faisons n'est pas seulement une bataille entre des armées. Elle est la lutte du mensonge contre la vérité, de l'ombre contre la lumière, du mal contre le bien. Nous ne la gagnerons qu'à la condition d'attaquer le mal, de percer l'ombre, de poursuivre le mensonge. L'archange même sera vaincu s'il se laisse prendre aux artifices de Lucifer.

Le devoir de chaque Français, le devoir de chaque Française, est aujourd'hui identique à ce qu'il était hier. Mais il est plus évident. Le devoir de chaque Français, le devoir de chaque Française, est de continuer à lutter activement et par tous les moyens en son pouvoir à la fois contre l'ennemi lui-même et contre les gens du dit État français qui sont les complices de l'ennemi. A ces gens-là, comme à l'ennemi, les Français ne doivent rien, excepté de les chasser et, en attendant, de saboter leurs ordres et de haïr leurs figures. La libération nationale ne peut être séparée de l'insurrection nationale.

Depuis que le monde est le monde, plusieurs grands conquérants ont prétendu le dominer. Aucun n'y réussit jamais. Car, quelque grave erreur faussa toujours, au moment décisif, les calculs de chacun d'eux.

La nation française n'a d'ailleurs jamais cessé de montrer comment et pourquoi Hitler s'est trompé sur son compte. Nous croyons qu'elle va poursuivre la démonstration. Il est possible qu'Hitler succombe pour s'être cru capable de disposer de la France. »

Le gouvernement canadien de M. Mackenzie-King fait voter la population canadienne lors d'un référendum national pour permettre "d'employer hors du dominion les troupes recrutées par conscription".

La proposition gouvernementale est soutenue par la majorité en dépit de la majorité donnée au non par les Francophones du Québec.

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Mai 1942

Exécution d’Heydrich par la Résistance tchécoslovaque. Les représailles allemandes sont terribles (destruction du village de Lidice).

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Photographie du véhicule où se trouvait Heydrich lors de son exécution par des parachutistes tchécoslovaques.

Opération Millenium/Millénaire. Raid de plus de 1000 bombardiers alliés sur la ville allemande de Cologne. Henri Dailliére, connu pour avoir bombardé le premier Berlin le 7 Juin 1940 avec le « Jules Verne », un Farman F.222 et pilotant désormais un bombardier plus moderne fourni par les Américains, participe à l'opération bien que lui et son équipage soient condamnés à mort par les autorités nazies ! En effet, bien que ses supérieurs aient voulus les placer à des postes moins exposés (formateurs entre autres), Dalliére et ses hommes ont insisté pour faire partie des gigantesques formations de bombardiers alliés qui matraquent le Reich afin, comme le dit Dalliére, de « Venger la nation française foulé au pied par l'ennemi allemand ! »

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En URSS, sur le front sud, l’offensive déclenchée par les Soviétiques est un désastre. Cette déroute ouvre la voie au déclenchement de leur propre offensive par les Allemands en direction des puits de pétrole du Caucase. Les unités italiennes, pourtant vivement critiquées par les Allemands depuis le début du conflit, s'illustreront dans la défense puis la contre-attaque qui s'ensuivra. Ce sera notamment le cas de la division parachutiste italienne Folgore.


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Des soldats italiens à l'assaut sur le Front de l'est

La France, la Grande-Bretagne et l'URSS signent un traité d'assistance mutuelle par lequel ces 3 puissances s'engagent à combattre l'Allemagne jusqu'à la victoire finale, et à ne pas faire de paix séparée. Elles acceptent aussi de signer une alliance de 20 ans, de ne pas rejoindre une coalition qui serait dirigée contre l'une des signataires, et à ne pas interférer dans leurs affaires internes. Ce traité est, bien évidemment, un acte tactique, les 3 signataires se méfiant les uns des autres, surtout Alger et Moscou.

Bataille pour Port-Moresby. Nimitz, connaissant les plans japonais, a décidé de ne pas envoyer de Porte-avions contre la Flotte assaillant Port-Moresby. Cependant, les forces aériennes locales ont été renforcées en vue de repousser l'assaut. C'est un désastre pour les Japonais qui redonne espoir aux Alliés dans le Pacifique. On peut aussi arrêter les Japonais ! Néanmoins, beaucoup de pilotes alliés perdirent la vie ce jour là. Mais le véritable sort de la Guerre dans le Pacifique se jouera plus à l'est. En effet, décryptant les messages japonais, les Américains savent que l'offensive principale de l'ennemi sera lancé contre l'atoll de Midway. Ils se tiennent prêt à repousser l'envahisseur lors d'un titanesque combat naval. Cette-fois, la France participe à l'effort, fournissant certes des vaisseaux de surface (notamment le redoutable Cuirassé Richelieu, modernisé aux États-Unis), mais principalement des sous-marins, qui quadrillent les différentes routes que peuvent emprunter les Japonais.

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Midway

Aux Philippines, la dernière position tenue par les Américains, la forteresse de Corregidor, tombe aux mains des Japonais. Cependant, cette reddition ne marque pas la fin des combats aux Philippines car la guérilla continue sous le commandement de Mac Arthur, dont les Japonais ont mis la tête à prix. En représailles de cette résistance, les Japonais exécutent le Général Wainwright en dépit du fait qu'il avait ordonné à toutes les forces américaines se battant encore dans l'archipel de se rendre. Cette mise à mort outre les Américains qui jurent de venger le Général. En parallèle, le Président du Commonwealth des Philippines, Manuel L. Quezon, prend la tête d'un gouvernement en exil.

En Birmanie, les Japonais parviennent après de durs combats à s'emparer de Rangoon, la capitale du pays. Soucieux de se rallier les Indépendantistes birmans, et contrairement à leurs plans initiaux, ils proclament immédiatement l'indépendance du pays avec à sa tête, Ba Maw.

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Image de propagande japonaise

En Chine, les Japonais attaquent dans les provinces du Tché-Kiang et du Kiang-si. L'objectif des Japonais est double. Tout d'abord empêcher les Américains d'y installer des bases aériennes d'où ils pourront attaquer le territoire nippon. Leur second objectif est de récupérer les pilotes américains ayant participé au Raid de Doolittle et qui ont atterris dans le secteur, en plus de se venger des civils chinois qui leur sont venus en aide.

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Soldats japonais en Chine

Au Canada, conformément au référendum tenu le mois précédent, la loi de conscription prend effet. Cependant, les conscrits ne seront pas obligés de se battre outre-mer.

Le Mexique déclare la guerre à l'Allemagne, au Japon et à l'Italie.

En France occupée, le gouvernement, en la personne de Pierre Laval, annonce l'instauration du Service du Travail Obligatoire suite aux demandes de main-d’œuvre des Allemands, représentés par Fritz Sauckel. Le « Chef du gouvernement » justifie la mesure en expliquant que le STO est la participation française à la guerre menée par l'Allemagne contre le Bolchevisme. En dépit de la propagande promettant des salaires plus élevés en Allemagne qu'en France et de l'action des FSL et des soldats allemands dans la traque des réfractaires, le STO servira plus à gonfler les rangs de la Résistance qu'à aider à augmenter la productivité des usines du Reich, à tel point que la Résistance intérieure aura parfois bien du mal à nourrir ses nouvelles recrues !

Le Général De Gaulle s'adresse au peuple français :

« Ainsi, malgré le désastre et l'occupation, malgré l'oppression écrasante de l'envahisseur, malgré la trahison inlassable des hommes qui ont usurpé les attributs du gouvernement, malgré la propagande acharnée de ces gens et de l'ennemi qui monopolisent pour les empoisonner toutes les sources de l'information publique, malgré les exécutions, les détentions, les représailles, la France, au pire moment de cette troisième année de guerre, la France combat toujours. Bien plus, son effort de guerre, au-dedans et au-dehors, apparaît comme essentiel dans l'effort commun du parti de la liberté, en attendant que, demain peut-être, il apparaisse comme décisif.

Sans la France, quelle serait la situation matérielle et morale des Alliés en Afrique? Sans la France, qui donc aujourd'hui dominerait l'Orient arabe ? Sans la France, quelles communications resteraient aux Alliés pour relier les continents américain et australien et nourrir, par-là, les grandes batailles du Pacifique? Sans la résistance héroïque du peuple français et les preuves sanglantes qu'il en donne, à Saint-Nazaire comme à Châteaubriant, à Nantes comme à Paris, à Bordeaux comme à Strasbourg, quel obstacle empêcherait les traîtres, collaborateurs d'Hitler, d'assurer la victoire allemande en mobilisant le désespoir de la France ? En vérité, l'issue du conflit mondial dépend, dans une large mesure, de ce que fait et fera la France. Écrasée, d'abord, presque seule, à l'avant-garde des démocraties, elle reste en mesure d'aider puissamment à leur victoire en conservant l'esprit de lutte et en se battant comme elle peut.

Cependant, la France qui combat ne combat que pour la France. Elle méprise infiniment les vociférations de l'ennemi et des amis de l'ennemi qui l'accusent de servir l'étranger. Oui, certes, elle est pro-britannique, pro-russe, pro-américaine, pour cette raison que la victoire des Britanniques, des Russes, des Américains, doit être en même temps sa victoire. Elle demeure dans leur camp, malgré ce que cela lui coûte, pour que, dans leur camp, soient servis, défendus, représentés par elle, l'âme, l'honneur, les intérêts de la France. Elle a choisi de rester fidèle au parti de la liberté, parce qu'elle entend y satisfaire, en même temps que son idéal, sa volonté d'indépendance et d'intégrité nationales. Il serait aussi vain, pour elle, de revendiquer ses droits en s'abstenant de ses devoirs qu'il serait vain, pour les autres, de l'enfermer dans ses devoirs en lui contestant ses droits.

La France qui combat, c'est la France. Oui, la France déchirée par l'ennemi et trahie par des politiciens sans scrupules, mais la France qui se rassemble pour la victoire et pour le renouveau. L'union sacrée s'est faite, malgré les douleurs, les chaînes, les barrières, les mensonges, entre tous ses enfants fidèles du dedans et du dehors, autour de ceux à qui il est donné de soutenir par les armes son honneur et son intégrité! C'est par là qu'on voit apparaître, une fois de plus dans l'Histoire, l'éternel miracle français.

Pour les ennemis de la France et pour les traîtres qui les servent, c'est l'échec évident et, bientôt, la chute certaine. Pour ses amis, c'est l'élément unique, mais sûr, qui leur garantit l'aide grandissante de la France dans la guerre et son concours nécessaire dans la paix. »

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Juin 1942

Conformément aux plans de leur Haut-Commandement, les Allemands lancent un assaut préliminaire sur la Crimée en vue de protéger le flanc sud de leur assaut contre les champs pétrolifères du Caucase. Si la Crimée est rapidement occupée, ce n'est pas le cas de la forteresse de Sébastopol qui résistera 1 mois aux assauts des Nazis aidés pourtant de leurs alliés roumains et de canons géants. Ainsi, Sébastopol n'est pas encore tombée lorsque le reste du groupe d'Armée du Sud lance sa grande offensive d'été en direction du Caucase et de Stalingrad.

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Sebastopol après la bataille

En France, le « Chef du gouvernement » de l’État français collaborateur, Pierre Laval, déclare, dans un discours prononcé le jour anniversaire du déclenchement de Barbarossa, soit le 22 Juin, souhaiter la victoire de l'Allemagne car « sans elle, le Bolchévisme s'installerait partout » ! Bien évidemment, ce discours est rapidement dénoncé par le gouvernement de la République française depuis Alger, De Gaulle mettant toute sa verve à dénoncer le « Collaborateur Laval ». Georges Mandel rappelle dans le même temps l'admiration du peuple français pour l'héroïque résistance du peuple soviétique.

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Pierre Laval et Carl Oberg

C'est en ces termes que le Général répondra au « Chef du gouvernement » de l’État français.

« Les derniers voiles, sous lesquels l'ennemi et la trahison opéraient contre la France, sont désormais déchirés. L'enjeu de cette guerre est clair pour tous les Français : c'est l'indépendance ou l'esclavage. Chacun a le devoir sacré de faire tout pour contribuer à libérer la patrie par l'écrasement de l'envahisseur. Il n'y a d'issue et d'avenir que par la victoire.

Mais cette épreuve gigantesque a révélé à la nation que le danger qui menace son existence n'est pas venu seulement du dehors et qu'une victoire qui n'entraînerait pas un courageux et profond renouvellement intérieur ne serait pas la victoire.

Un groupe, issu d'une criminelle collaboration, s'exalte en pouvoir personnel. Le peuple français le condamne. La France s'unit pour la victoire.

Malgré les chaînes et le bâillon qui tiennent la nation en servitude, mille témoignages, venus du plus profond d'elle-même, font apercevoir son désir et entendre son espérance. Nous les proclamons en son nom. Nous affirmons les buts de guerre du peuple français.

Nous voulons que tout ce qui appartient à la nation française revienne en sa possession. Le terme de la guerre est, pour nous, à la fois la restauration de la complète intégrité du territoire, de l'Empire, du patrimoine français et celle de la souveraineté complète de la nation sur elle-même. Toute usurpation, qu'elle vienne du dedans ou qu'elle vienne du dehors, doit être détruite et balayée. De même que nous prétendons rendre la France seule et unique maîtresse chez elle, ainsi ferons-nous en sorte que le peuple français soit seul et unique maître chez lui. En même temps que les Français seront libérés de l'oppression ennemie, toutes leurs libertés intérieures devront leur être rendues. Une fois l'ennemi chassé du territoire, les institutions pour l'instant en exil, reprendront leur place conformément au vœu profond du peuple français.

Nous voulons que tout ce qui a porté et tout ce qui porte atteinte aux droits, aux intérêts, à l'honneur de la nation française soit châtié et aboli. Cela signifie, d'abord, que les chefs ennemis qui abusent des droits de la guerre au détriment des personnes et des propriétés françaises, aussi bien que les traîtres qui coopèrent avec eux, devront être punis. Cela signifie, ensuite, que le système totalitaire qui a soulevé, armé, poussé nos ennemis contre nous soit à tout jamais renversé.

Nous voulons que les Français puissent vivre dans la sécurité. A l'extérieur, il faudra que soient obtenues, contre l'envahisseur séculaire, les garanties matérielles qui le rendra incapable d'agression et d'oppression. A l'intérieur, il faudra que soient réalisées, contre la tyrannie du perpétuel abus, les garanties pratiques qui assureront à chacun la liberté et la dignité dans son travail et dans son existence. La sécurité nationale et la sécurité sociale sont, pour le gouvernement de la République, des buts impératifs et conjugués.

Nous voulons que l'organisation mécanique des masses humaines, que l'ennemi a réalisée au mépris de toute religion, de toute morale, de toute charité, sous prétexte d'être assez fort pour pouvoir opprimer les autres, soit définitivement abolie. Et nous voulons en même temps que, dans un puissant renouveau des ressources de la nation et de l'Empire par une technique dirigée, l'idéal séculaire français de liberté, d'égalité, de fraternité soit désormais mis en pratique chez nous, de telle sorte que chacun soit libre de sa pensée, de ses croyances, de ses actions, que chacun ait, au départ de son activité sociale, des chances égales à celles de tous les autres, que chacun soit respecté par tous et aidé s'il en a besoin.

Nous voulons que cette guerre, qui affecte au même titre le destin de tous les peuples et qui unit les démocraties dans un seul et même effort, ait pour conséquence une organisation du monde établissant, d'une manière durable, la solidarité et l'aide mutuelle des nations dans tous les domaines. Et nous entendons que la France occupe, dans ce système international, la place éminente qui lui est assignée par sa valeur et par son génie.

La France et le monde luttent et souffrent pour la liberté, la justice, le droit des gens à disposer d'eux-mêmes. Il faut que le droit des gens à disposer d'eux-mêmes, la justice et la liberté gagnent cette guerre, en fait comme en droit, au profit de chaque homme, comme au profit de chaque État.

Une telle victoire française et humaine est la seule qui puisse compenser les épreuves sans exemple que traverse notre patrie, la seule qui puisse lui ouvrir de nouveau la route de la grandeur. Une telle victoire vaut tous les efforts et tous les sacrifices. Nous vaincrons! »

En Birmanie, les Japonais, du fait de la mousson, ne peuvent aller plus loin. La Route de Birmanie qui permet aux Alliés de ravitailler l'Armée chinoise reste donc ouverte.

Dans le Pacifique, la bataille de Midway commence par une attaque de diversion des Japonais sur les îles Aléoutiennes, en Alaska. Mais les Américains, au courant des plans japonais car ils ont pu décrypter leurs messages radio, n'ont pas dispersés leurs forces et se tiennent prêt à repousser l'assaut d'une force de 4 Portes-avions (Akagi, Kaga, Hiryu, Soryu) avec un nombre équivalent de Portes-avions (Enterprise, Hornet, Yorktown et Lexington).

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L'Akagi est prêt au combat
La bataille qui s'ensuit est rude et est la première de l'histoire à opposer 2 flottes qui ne se combattront que par aviation interposée.

Les premiers à attaquer sont les Japonais, qui lancent un raid contre l'île de Midway elle-même. En effet, Nagumo, qui commande l'avant-garde, se sent protégé par l'écran de sous-marins placé entre Midway et Pearl Harbor par l'Amirauté japonaise.

Cependant, ce sont les sous-marins alliés qui détectent la Flotte combinée avant leurs homologues nippons et signalent sa position à Nimitz.

Malheureusement, le Sous-marin américain est repéré. Cependant, même s'il parvient à s'échapper, il a mis les Japonais en état d'alerte.

Pendant ce temps, Midway est ravagée par les bombes japonais non sans que les courageux défenseurs US n'infligent des pertes substantielles aux assaillants.

Au retour des avions qui ont participé au raid sur Midway, Nagumo décide de faire de l'assaut aérien contre les Portes-avions américains une priorité pour sa Flotte.

C'est à ce moment que les appareils lancés par Nimitz, des bombardiers torpilleurs et en piqués, solidement escortés, arrivèrent en vue de la Flotte nippone et se ruèrent à l'assaut. En dépit de leur talent, les pilotes des Zéros qui protégeaient la Flotte de Nagumo ne purent empêcher les Américains de couler le Soryu et d'endommager le Hiryu.

A peine l'assaut terminé, l'Amiral japonais lança ses propres appareils contre la Flotte US, dont il venait d'apprendre la position. Les vétérans de Pearl Harbor firent payer cher aux Américains l'affront de la destruction du Soryu en coulant le Yorktown et l'Entreprise !

Nagumo pouvait alors transmettre un message enthousiaste à Yamamoto et à Tokyo, annonçant que la Flotte US ne survivrait pas à un second assaut à 3 contre 2 !

C'est alors qu'une gigantesque explosion déchiquette le Hiryu ! Un sous-marin allié, le USS Nautilus (SS-168), ayant en effet infiltré le Flotte ennemie et attaqué le Porte-avions japonais déjà endommagé.

Nagumo ne peut qu'annoncer le désastre à son supérieur.

Yamamoto reste de marbre comme l'explique ses subordonnés directs mais ordonne à la Flotte japonaise de retraiter vers le Japon.

Si les pertes en pilotes et en appareils dans les deux camps sont extrêmement lourdes, les USA peuvent plus aisément compenser les leurs contrairement aux Japonais pour qui la perte de leurs précieux Portes-avions et pilotes chevronnés est une catastrophe.

Cependant, le Japon est très loin d'être vaincu. En effet, Au soir de la retraite de Midway, Yamamoto, un moment ébranlé par cet échec, se ressaisit.

Il décide de regrouper ses forces et de lancer l'opération FS, l"invasion des Fidji et de la Nouvelle Calédonie en vue d'isoler l'Australie et de la contraindre à la paix.

Ce qui est ambitieux, vu que même les Français, dont la Métropole est entièrement occupée, continuent la guerre. Alors un simple blocus...

Yamamoto sait que si, comme il s'en doute, l'Australie refuse de signer la paix, alors il devra envahir l'île-continent.

Mais avant de songer à envahir les Fidji et la Nouvelle-Calédonie, il faut d'abord investir Port-Moresby, dernière place alliée en Nouvelle-Guinée.

Après avoir rapidement obtenu l'aval du Haut Etat-Major impérial et de l'Empereur lui-même pour déclencher FS, il envoie ses ordres.

Les PA basés à Singapour sont déplacés à Truk où ils rejoindront la Flotte qui a combattue à Midway.

Mais Yamamoto espère que FS et la menace pesant sur l'Australie contraindra les Alliés, notamment les Britanniques, à tenter de s'opposer à l'invasion dans une grande bataille aéronavale que l'Amiral japonais espère décisive.

L'assaut préliminaire sur Port-Moresby est programmé pour début Juillet.

En Tunisie, le Prince Moncef de la dynastie husseinite devient le nouveau Bey de Tunis. Son discours d'investiture, s'il est un éloge de la liberté et un appel aux Tunisiens à se battre pour elle aux côtés de la République française, est aussi un plaidoyer en faveur d'une indépendance à terme de son pays. Il se rapproche rapidement des militants indépendantistes du Néo-Destour.

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Moncef Bey

Juillet 1942

Face à l’arrivée massive de troupes américaines en Grande-Bretagne et en Afrique du nord, Hitler ordonne l’envoi d’importants renforts en France et en Italie (notamment en Sicile et en Sardaigne). Dans le même temps, l'offensive allemande se développe en direction de Stalingrad, premier objectif pour les armées du Führer. En effet, la prise de cette ville a pour objectif de sécuriser le flanc nord de l'offensive principale contre le Caucase et les champs pétroliers de Bakou. En Crimée, la forteresse de Sébastopol finit par tomber aux mains de l'Armée allemande, mais la résistance soviétique lui a coûté fort cher.

Le Führer fait bien de se méfier. En effet, ce n'est que suite aux mauvaises performances lors des entraînements des soldats canadiens et au mauvais temps associé à un raid de l'aviation allemande contre la Flotte rassemblée à l'occasion que les Alliés ont retardé l'Opération Rutter (devenue désormais Jubilee/Jubilée), un puissant raid sur Dieppe, en Normandie ! Celui-ci devait initialement avoir lieu au mois de Juillet mais il a finalement été reporté au mois suivant.

Dans le Pacifique, l'assaut sur Port-Moresby, préliminaire à l'opération FS, est lancé. Les Alliés, ne se sentant pas de taille à affronter la puissante Flotte rassemblée par Yamamoto, préfèrent évacuer leurs garnisons de Nouvelle-Guinée. C'est donc dans un port vidé de tous ses défenseurs que débarquent l'infanterie japonaise ! Cependant, les Alliés qui ont bien compris que l’objectif des Nippons était d'isoler l'Australie, ont décidés, d'un commun accord, d'envoyer à Brisbane la Flotte britannique de l'Océan indien. Mais déjà, Yamamoto lance 2 Flottes contre les Fidji et la Nouvelle-Calédonie...

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Port Moresby

L'autre événement marquant de ce mois de Juillet 1942 est la Conférence d'Alger, qui se tient dans la capitale provisoire de la République française. Staline ne participe pas à cette rencontre entre Georges Mandel, Winston Churchill et Franklin Roosevelt. Les 3 Grands décident d'exiger la capitulation sans condition des puissances de l'Axe, d'opérer rapidement un débarquement en Sicile suivi d'un autre dans la péninsule italienne tout en décidant de maintenir leur aide à l'URSS.

C'est au cours de la conférence que les rumeurs qui étaient parvenus à Alger se confirment. Une gigantesque rafle des Juifs de France occupée a été organisée par les Nazis, soutenus par leurs affidés de l’État français. Les Forces de Sécurité Légionnaires (FSL), les pseudos soldats de Pétain et Laval participent aux côtés de la Gestapo et de l'Armée allemande à l'arrestation de masse des Juifs de France, qu'ils soient Français ou étrangers.

Les débris de la police et de la gendarmerie française qui ont ralliés le Régime collaborateur soutiennent également le crime. Néanmoins, il se trouve des policiers et des gendarmes français, résistants ou tout simplement humains, pour faire de leur mieux pour prévenir les Juifs du sort qui les attend. Ainsi, de nombreuses personnes échapperont à l'arrestation et parviendront à se cacher, aidées en cela par la Résistance.

Mandel dénoncera cette rafle sur les ondes de Radio-Alger ainsi que de Gaulle et les plus hautes personnalités du Cabinet de la République. Les Français prennent conscience du sort qui attend leur malheureux frères juifs mais des milliers de personnes sont tout de même regroupées dans des camps partout en France, notamment dans le tristement célèbre Drancy. Des ordres sont rapidement donnés à la Résistance en vue d'empêcher dans la mesure du possible les déportations vers la Pologne.

Création en Union soviétique du « Comité de l'Allemagne libre ». Il est composé d'écrivains émigrés, de chefs, de députés du Reichstag, d'officier et de soldats allemands, ramassés dans les camps de prisonniers. L’objectif du Comité est de revenir aux frontières de 1937, d’entamer des négociations de paix et de démettre et poursuivre les dirigeants nazis. Le drapeau du comité n'est non pas celui de la République de Weimar mais celui de l'Empire allemand, noir, blanc et rouge, considéré comme plus populaire.

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Le Colonel Hans-Günter van Hooven lors de la création du Comité.

La campagne japonaise dans le Tché-Kiang et le Kiang-si se termine. L'Armée impériale japonaise a massacré environ 250 000 civils chinois durant cette campagne de représailles.

Bataille du convoi PQ-17. Les Alliés organisent en effet un système de convois en vue de ravitailler l'Union soviétique. Heureusement, ils disposent d'une large supériorité navale ce qui leur permet de doter le convoi d'une solide escorte en Cuirassés pour tenir à distance le Tirpitz et la Flotte allemande.

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Le convoi en Islande avant de son départ pour l'URSS

Mais il reste la menace des sous-marins et de la Luftwaffe basés en Norvège.

C'est dans cette optique que la Royal Navy fait participer les Porte-Avions ‌HMS Furious et HMS Victorious à l'opération d'escorte en vue de doter le convoi d'une couverture aérienne.

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Le HMS Furious

Les Allemands, engagés massivement en URSS, sont bien décidés à faire subir de lourdes pertes au convoi et déclenchent l'opération Rösselsprung d'attaque coordonnée de l'aviation et des U-Boots contre les vaisseaux alliés. Cependant, face à l'escorte massive du convoi (dont le Cuirassé français Jean-Bart, sister-ship du Richelieu qui a combattu à Midway), ils renoncent à engager leurs propres vaisseaux de ligne ce qui est déjà une victoire pour les Alliés !

L'assaut allemand est enragé. En effet, tandis que Stukas et JU-88 larguent leurs bombes depuis le ciel, les sous-marins du IIIème Reich s'infiltrent entre les escorteurs et tirent leurs torpilles sur les malheureux cargos alliés. Pire, l'Axe endommage sérieusement le Furious qui devra passer plusieurs mois en réparation à Scapa Flow.

Cependant, face à la détermination des chasseurs britanniques et des destroyers alliés (dont plusieurs français), les assaillants subissent de lourdes pertes.

Néanmoins, sur les 42 navires marchands du convoi, 9 sont coulés par les Allemands contre la perte d'environ 20 avions et 5 U-Boots.

C'est donc une victoire stratégique pour les Alliés même si un peu moins d'un quart des navires marchands a été coulé et que cette victoire n'a été permise que par la présence importante de navires de ligne et au prix d'un Porte-avion lourdement endommagé.

Sortie sur les écrans à Alger du long-métrage de la « France en exil », « Résistance en Indochine », dans lequel apparaît Yul Brynner, acteur aux origines mystérieuses (et Brynner ne fait rien pour dissiper ces doutes). Brynner crève l'écran dans son rôle d'officier indochinois de l'Armée française combattant l'invasion nippone aux côtés de Raoul Salan. C'est le premier film d'une longue carrière.

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Photo d'identité utilisée par Yul Brynner pour traverser l'Espagne et rejoindre la France en exil (1940)

Août 1942

Maîtres de Port-Moresby, les Japonais jettent désormais leur dévolu sur la Nouvelle-Calédonie et les îles Fidji. Si ces dernières tombent sans combats, la garnison britannique ayant été évacuée tout comme le fut la garnison australienne de Port-Moresby, les Alliés ont décidés de tout miser sur la défense de la Nouvelle Calédonie, dernier rempart avant une possible invasion de l’Australie elle-même !

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Nouméa

Dès l'arrivée à proximité de la grande île française et patrie des Kanaks, de la Flotte de débarquement japonaise, les avions basés dans l'île et les appareils basés sur les Portes-avions alliés l'attaquent. Beaucoup d'aviateurs alliés meurent sous les assauts furieux des Zéros japonais mais plusieurs transports sont incendiés.

Yamamoto, conscient qu'il tient là son affrontement décisif, se décide à un assaut général sur la Flotte alliée et délaisse la couverture aérienne de l'invasion.

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L'Amiral japonais fait donc le même pari qu'en Indochine lors de la destruction de la Force Z.

Supérieurs numériquement, les Japonais parviennent certes à installer plusieurs têtes de ponts au nord de l'île, mais l'absence de support aérien au sol et le raidissement de la résistance alliée les empêchent de pouvoir marcher sur Nouméa.

Mais le combat principal a lieu dans les airs. A l'issue de ce duel, chaque camp perd 3 Portes-avions (USS Hornet, HMS Ark Royal et USS Saratoga côté allié et l'Akagi, le Kaga et le Shokaku côté nippon) ainsi que des centaines d'appareils et de pilotes. Certes, les pertes sont extrêmement conséquentes des deux côtés donc mais la bataille s'est donc avérée décisive comme l'avait prévu Yamamoto, mais au dépend du Japon. En effet, il lui sera extrêmement difficile de former de nouveaux pilotes alors que cela n'est pas un problème pour les Américains. De plus, la force aéronavale du Japon est laminée tandis que celle des Alliés est mal au point. Cependant, encore une fois, la capacité des chantiers navals US dépassant de loin celles du Japon, il sera beaucoup plus facile aux Américains de reconstituer leur force de frappe dans ce domaine tandis que le Japon mettra au moins 2 ans à se doter d'une nouvelle force aéronavale.

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Le combat a été d'une rudesse extrême !

Cependant, les Japonais sont encore une fois loin d'être vaincus et ils décident même de s'accrocher au nord de la Nouvelle-Calédonie tout en faisant ravitailler leurs troupes sur place par des petits vaisseaux rapides, formant ce qui sera surnommé avec dérision par les Alliés le « Tokyo Express ».

Néanmoins, l’État major japonais ordonne la construction immédiate d'un aérodrome aux Nouvelles-Hébrides occupées afin que l'Armée impériale japonaise ne soit plus dépendante des lointaines bases des îles Salomon pour sa couverture aérienne.

En attendant, une horrible guerre d'usure commence en Nouvelle-Calédonie…

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Une rude bataille attend ses hommes

Pendant ce temps, en Indochine, si la Résistance a du mal à s'implanter dans une Vietnam plutôt hostile, elle rencontre un terrain plus favorable au Cambodge et même, un pays ami au Laos dont elle contrôle dans une large mesure l'arrière pays, les Japonais et les Collaborateurs se contentant, pour l'instant, d'occuper les villes, points stratégiques et les principaux axes de communication.

C'est d'ailleurs au Laos que se cache Salan, l'âme de la Résistance alliée dans le territoire.

Cependant, alors que la Résistance française commence petit à petit ses actions en Indochine, une autre Résistance meurt. Celle des Américains aux Philippines. En effet, une puissante offensive est déclenchée par les Japonais contre les poches de résistance US dans l'archipel. Mc Arthur lui-même est capturé et jeté dans un camp de prisonnier.

En URSS, tandis que le groupe d'armée du sud se dirige vers Stalingrad et le Caucase (où Maïkop est capturée), le Groupe d'Armée du nord prépare une offensive en vue de prendre d'assaut Leningrad. Cependant, les Allemands sont devancés par les Soviétiques qui déclenchent leur propre offensive en vue de faire sauter une nouvelle fois le verrou allemand qui encercle l'ancienne Petrograd. Si les Allemands parviennent à contenir l'Armée rouge, cette dernière est au moins parvenue à contraindre les Allemands à remettre à plus tard l'attaque contre Leningrad.

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Les Allemands, qui ont subis de lourdes pertes qu'ils veulent combler, recrutent par conscription les jeunes d'Eupen, de Malmédy et d'Alsace-Moselle dans leur armée. Les jeunes luxembourgeois, dont le pays vient d'être officiellement annexés au Reich, sont aussi contraint désormais de servir dans l'Armée allemande. C'est le commencement du drame des « Malgré-Nous »

Le Brésil déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Italie. Il sera le seul pays d'Amérique du sud à effectivement envoyer des troupes combattre en Europe.

En France occupée, les Alliés déclenchent l'Opération Jubilee/Jubilée, un puissant raid au niveau divisionnaire contre la ville de Dieppe. Les Canadiens sont en première ligne tandis que 100 membres des « Corps-francs » et 50 Rangers américains participent également au raid.

Cependant, l'Opération est un échec cuisant non pas par manque de courage du côté des soldats alliés mais bien à cause de la mauvaise préparation de l'Opération par les stratèges alliés. En effet, entre autres, les blindés des Canadiens restent bloqués sur la plage de galets tandis que la coordination entre la marine alliée, l'aviation et les troupes débarqués est très mauvaise.

Après 6 heures de combats, l'ordre de repli général est donné. La retraite est couverte par les Corps-francs français qui ne se replient qu'une fois le restant des survivants alliés à l'abri ce qui fera dire à Hitler « Vous entendez, messieurs, ce que raconte le Général Haase. C'est bien une nouvelle preuve de la thèse que j'ai toujours soutenue, à savoir que les Français sont, après nous, les meilleurs soldats de toute l'Europe. La France sera toujours en situation, même avec son taux de natalité actuel, de mettre sur pied une centaine de divisions. Il nous faudra absolument, après cette guerre, nouer une coalition capable de contenir militairement un pays capable d'accomplir des prouesses sur le plan militaire qui étonnent le monde comme ces Corps-Francs à Dieppe. » Sur les 100 soldats des unités spéciales de l'Armée française engagés dans Jubilée, seule une trentaine parviennent à rembarquer. Les autres sont soit tombés au combat ou gravement blessés, soit se sont rendus qu'après épuisement des munitions.

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Prisonniers alliés partant vers les Stalags

Dès la nouvelle de l'assaut parvenue à Berlin, Hitler ordonne une sortie de la Kriegsmarine basée à Brest et notamment des grosse unités qui y sont stationnées désormais dans l'unique but de contrer un débarquement alliée dans le nord de la France.

Ce n'est qu'après avoir été harcelés par l'aviation alliée, qui les attendaient de pied ferme, que les puissants navire allemands parviennent à accrocher l'arrière garde de la Flotte alliée en pleine retraite.

Un furieux duel au canon et à la torpille oppose alors les navires alliés aux Allemands au cours duquel, le Scharnhorst est coulé tandis que le Prinz Eugen et le Gneisenau doivent se replier sur Brest à l'issue du combat, sévèrement endommagés. Certes, les Alliés occidentaux ont perdus plus de navires que les Allemands (3 Croiseurs et plusieurs Destroyers) mais la Marine du Reich basée en France est brisée à tel point qu'elle perdra rapidement son duel face à la composante sous-marine de la Kriegsmarine.

Septembre 1942

Fin Septembre, les Allemands parviennent enfin aux portes de Stalingrad, que les Soviétiques comptent défendre jusqu'au dernier homme. Non par pur propagande, la ville portant le nom du dictateur de l'URSS, mais bien parce que le gouvernement soviétique a appris, via son espion à Tokyo, Richard Sorge, que le Japon, malgré ses revers contre les Occidentaux, attaquera l'URSS si les Allemands s'emparent d'une ville sur la Volga. Or, Stalingrad est située le long de ce fleuve !

Voulant briser les reins de l'Armée Rouge défendant la ville, les Allemands lancent leur Luftwaffe contre la malheureuse cité. Mais c'est sans compter sur l'aviation russe qui commence à se remettre de ses revers de 1941 (en partie car un grand nombre de pilote à été épargné par le fait que la Luftwaffe n'a pu lancer toutes ses forces lors de l'assaut surprise contre l'URSS du fait de la bataille de Crète et des raids nocturnes contre l'AFN et l'Angleterre.). Celle-ci défend la ville avec acharnement et inflige de lourdes pertes à la Luftwaffe de Goering, ce qui gonfle le moral des défenseurs russes bien mieux que les mitrailleuses des Commissaires politiques... La ville est néanmoins en grande partie rasée, ce qui renforce sa défense du fait que la moindre ruine constitue un potentiel blockhaus que les Soviétiques défendront avec acharnement.

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Stalingrad en ruine

Dans le Pacifique, la force terrestre nippone déployée en Nouvelle-Calédonie parvient à tenir grâce au Tokyo Express, des petits convois rapides atteignant l'île de nuit et y déposant ses renforts et du ravitaillement. Mais les Marines reçoivent aussi leurs propres renforts et ravitaillement. De plus, alors que les convois ravitaillant les troupes japonaises sur l'île partent de Rabaul et parcourent un important espace sans couverture aérienne, les bases alliées en Australie sont beaucoup plus proches tandis que rares sont les convois US subissant des pertes, contrairement aux convois nippons, harcelés par les avions et les sous-marins alliés.

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Un sous-marin américain

Les commandants des 2 camps en guerre savent que la prochaine bataille terrestre sera décisive. Le terrain est des plus favorables aux défenseurs, défenseurs qui se sont d'ailleurs postés sur les hauteurs qui coupent l'île en deux. Hauteurs entrecoupées de rares cols non traversés par des routes d'ailleurs… Et ce, sans compter que la population, qu'elle soit européenne ou bien autochtone, soutien à fond les Américains. Les Japonais décident de lancer un assaut général contre les positions alliées, de nuit, afin d'atteindre Nouméa et le QG allié. C'est la bataille du Bloody Pass où les Franco-Américains se battent avec courage et détermination contre un ennemi fanatisé qui déferle en hurlant sur leurs positions. Au petit jour, les Japonais sont finalement contraint à la fuite suite à l'intervention de l'aviation alliée basée dans l'île qui se met à mitrailler l'infanterie nippone.

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Yamamoto sait bien que la cause japonaise est perdue en Nouvelle-Calédonie et il préférerait économiser ses forces en défendant des archipels plus proches des bases de Rabaul et de Truk, mais Tokyo lui ordonne de renforcer le « Tokyo Express » tandis que des travailleurs/esclaves coréens sont envoyés en masse aux Nouvelles-Hébrides afin d'y terminer au plus vite la base aérienne destinées à fournir une couverture aérienne aux convois vers la grande île française.

L'Amiral Karl Donitz, commandant en chef de la Flotte sous-marine allemande, est nommé à la tête de la Kriegsmarine au détriment de l'Amiral Raeder.

Le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, publie une lettre, lue dans les paroisses de son diocèse, pour s'opposer à la déportation des juifs. Cette lettre entre dans le cadre de sa lutte pour empêcher la déportation des 108 enfants du camp de Vénissieux, réclamés par les allemands.

En Suède, déroute des candidats pro-nazis aux élections nationales.

Aux États-Unis, un Hydravion lancé par le sous-marin japonais I-25 largue des bombes incendiaires sur des forêts de l'Oregon. Heureusement, le feu est rapidement maîtrisé par les gardes forestiers.

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La date du débarquement de Sicile est fixée au 8 Novembre.

Staline rencontre Anthony Eden, Wendell Wilkie et Édouard Daladier (accompagné de Charles de Gaulle). Le dirigeant soviétique insiste sur la nécessité de l'ouverture d'un second front.

À son retour en Afrique, Charles de Gaulle s'adresse à la population française sur les ondes de Radio-Alger

« Les bombes qui pleuvent sur Alger et l'Afrique du nord n'ont pas entamés la détermination de notre courageuse population. De plus, en dépit des rodomontades des dirigeants du Troisième Reich, chaque nuit les villes allemandes subissent les audacieux raids de nos intrépides aviateurs.

La neige commence à tomber dans les montagnes du Caucase. Dans quelques semaines, elle couvrira les plaines russes. Une fois encore s'arrêtera l'offensive allemande, après avoir gagné du terrain et des trophées, mais sans avoir pu saisir la victoire en Russie.

L'Atlantique est un théâtre de lutte incessante et terrible. Du Cap Nord à Magellan, du Labrador au Cap de Bonne-Espérance, les sous-marins et les avions ennemis s'acharnent à y détruire le tonnage dont tout dépend. Assurément, beaucoup de bons navires furent engloutis dans l'Océan. Mais la victoire de l'Atlantique se dérobe toujours à l'ennemi.

Dans les pays de l'Europe qu'il opprime, l'ennemi mène un dur et sombre combat. Tour à tour, il cherche à séduire ou à briser ses victimes. Il a besoin que des efforts actifs viennent s'ajouter à ses efforts. Il est de fait qu'il a trouvé des traîtres pour l'aider, des malheureux pour le servir. Pourtant, la France, la Belgique, la Hollande, la Norvège, l'Europe Centrale, les Balkans, sont aujourd'hui plus loin que jamais du ralliement à l'Ordre Nouveau. Sur le front des pays occupés, l'Allemagne n'a pas gagné la victoire.

Du moins, sa force relative va-t-elle grandissant? Ses progrès s'accélèrent-ils? Son moral offre-t-il des ressources illimitées? Non! Elle avait d'abord, sur ses adversaires, une supériorité énorme en moyens de combat. Celle-ci est maintenant effacée. Le rythme des offensives allemandes, foudroyant au cours des deux premières années, s'est changé en lents et pénibles progrès, souvent coupés par des reculs. La confiance et l'enthousiasme des débuts ont fait place au doute et à la lassitude. L'ennemi est dans la situation de l'acheteur aux enchères qui touche le fond de ses poches, alors que son concurrent puise dans sa bourse bien garnie.

Après l'effort inouï qui n'a pu lui valoir la victoire, l'ennemi n'a plus la force de l'arracher. Tout comme vers 1917, il est à ce point de tension où un premier échec grave le vouerait à l'effondrement.

Pourtant dans son jeu reste un atout: la possibilité de discorde parmi les Alliés. Dans cette guerre mondiale, où s'enchevêtrent tant de passions, d'intérêts et de préjugés, l'ennemi espère ardemment que vont surgir ces oppositions qui affaibliraient le front des Nations Unies. Par sa propagande, mais surtout par mille voies secrètes qu'il a su se ménager, il fait tout pour attiser les vieilles rivalités, les relents de l'impérialisme, les méfiances séculaires, que traîne forcément avec elle la coalition des peuples libres. Mais en cela, comme en tout, l'ennemi en sera pour ses illusions. Ceux qui luttent pour la liberté ne la sacrifieront pas à des querelles périmées.

La France est le symbole mondial de la fidélité au pacte des alliances. Elle saura maintenir intacts les droits sacrés de la patrie et de l'Empire sans sortir de cette sagesse supérieure qui est l'ultime condition du triomphe des Nations Unies. »

Comme l'explique le Général, la bataille de l'Atlantique continue à faire rage tandis que les sous-marins alliés, dont de nombreux français, continuent leurs ravages contre la marine marchande japonaise dans le Pacifique.

Dans le même temps, Hitler est furieux contre Mussolini et l'Italie. En effet, il lui reproche non seulement de ne pas participer à la déportation des Juifs de sa zone d'occupation et des territoires français qu'elle a annexée, mais en plus le fait que l'Armée italienne s'est opposée à l'action des FSL et de l’État français lorsque ceux-ci ont voulu rafler les Juifs des territoires contrôlés par l'Armée du Duce ! En effet, en dépit d'une législation antisémite, l'Italie laisse les Juifs fuyant la France envahie se cacher dans les territoires qu'elle contrôle. Ses officiers et soldats se comportent ainsi souvent par humanité, quelque fois contre des pots de vin... Pire, l'Abwehr a fait remonter l'information à Hitler que de nombreux officiers italiens ne combattent même plus la Résistance française et la laisse agir comme bon lui semble dans leurs zones d'action en échange du fait que les combattants français de l'intérieur ne s'en prennent pas aux soldats italiens !

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Octobre 1942

Dans le Pacifique, la supériorité numérique et matérielle des Alliés en Nouvelle-Calédonie est désormais évidente. Les Japonais tentent de s'accrocher au nord de l'île mais, la défaite devenant plus qu'évidente, le commandant japonais finit par ordonner une charge suicide sur les assaillants Franco-Américains ! Cette charge prend tellement au dépourvu les Alliés qu'au début, les premières lignes alliées sont massacrées par les Nippons puis, les Marines et le Bataillon de Marche du Pacifique se ressaisit et finit par avoir raison à coup de mitrailleuses lourdes de la courageuse mais folle attaque japonaise… Seule une poignée de soldats japonais furent prit vivants.

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Yamamoto est bien conscient qu'en dépit des lourdes pertes subis par les 2 camps en terme de Porte-avions, c'est bien les Alliés qui sont dans une meilleure situation que l'Empire du Soleil levant dans ce domaine. En effet, non seulement leur capacité à reconstruire de nouvelles unités de type est largement supérieure à celle des Japonais, mais en plus, ceux-ci peuvent également rapatrier des Porte-avions depuis le Front de l'Atlantique ! Ordre est donc donné de transformer le Cuirassé en cours de construction Shinano en Porte-avions et de prioriser la construction de nouvelles unités de ce type sur celles des Cuirassés et autres Croiseurs.

Mais les Alliés n'ont pas l'intention de retirer leurs Porte-avions de l'Atlantique et préfèrent attendre d'avoir construit de nouvelles unités avant de lancer l'assaut contre l'Empire que s'est taillé Hiro Hito. En effet, ils se préparent à débarquer en Sicile et dans cette optique, s'emparent des îles de Pantelleria et de Lampedusa.

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En URSS, la bataille pour Stalingrad se poursuit. Les Soviétiques se battent comme des lions face à des Allemands mieux équipés. Néanmoins, à la fin du mois, les Allemands sont toujours englués dans le centre-ville tandis que des points stratégiques comme les usines Barricades et Octobre rouge continuent d’être tenus par les forces russes. La raison de ces insuccès allemands est notamment la présence importante de l’aviation soviétique dans le ciel de la ville, ce qui fait que la 6ème Armée est presque autant bombardée que les forces soviétiques. Or, pendant ce temps, d’importantes forces soviétiques commencent à être massées sur les flancs de la 6ème armée allemande en vue d’une contre-offensive.

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À Stalingrad, la domination de la Luftwaffe est contestée

Staline déclare au représentant de l'Associated Press en Union soviétique que « l'aide alliée n'a eu jusqu'à maintenant qu'un effet négligeable comparé à l'aide que l'Union soviétique donne en attirant sur elle la majorité des forces ennemies. »

Pourtant, les Alliés occidentaux ne chôment pas pour aider l'URSS dans son effort de guerre contre le Reich. Cependant, l'Opération Title/Titre visant à détruire le Tirpitz avec des hommes-grenouilles en vue de faciliter le passage des convois de l'Arctique est un échec.

À Alger, la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis annoncent la création d'une commission des Nations unies pour enquêter sur les crimes commis par les puissances de l'Axe. La livraison et le jugement des criminels de guerre est maintenant une condition pour tout armistice.Une punition juste et sûre sera décernée aux "meneurs responsables du meurtre organisé de milliers de personnes innocentes, et la commission des atrocités qui ont violé chaque principe de la foi Chrétienne." Il ne doit cependant y avoir aucune représailles massive.

Dans le même temps, les 3 Grands se déclarent prêt à renoncer à leurs droits extraterritoriaux en Chine.

Hitler ordonne l’exécution de tous les membres des Commandos ou Corps Francs alliés capturés.

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Philippe Kieffer, héros des Corps francs de la République

Une nouvelle fois, de Gaulle s'adresse aux Français

« Pour paralyser la France dans le combat qu'elle mène pour sa grandeur et pour sa vie, la trahison redouble en ce moment d'ardeur. Pour arracher à la France du travail, des matières premières, des victimes, afin de les fournir au Reich, la trahison se hâte et se multiplie. Le " Père la Défaite" a très exactement défini le caractère de ces opérations : " Il s'agit, a-t-il dit, de défendre la France contre elle-même. "

Toutefois, comme la France préfère se défendre contre l'ennemi et que, d'ailleurs, elle sent dans le fébrile acharnement des traîtres quelque chose de désespéré, elle passe à la résistance générale.

Dans cette guerre totale, la volonté d'une grande nation, fût-elle pour l'instant enchaînée, est une force énorme qui peut devenir décisive, surtout quand c'est la volonté de la France. Or, la conduite de la nation française dans l'affaire des 266 000 ouvriers spécialistes réclamés par M. Hitler prouve au monde tout entier que notre peuple est engagé dans le combat actuellement le plus nécessaire, je veux dire dans la révolte contre les chefs de trahison.

Oui ! C'est le combat le plus nécessaire et aussi le plus efficace dans les circonstances d'aujourd'hui, en attendant qu'il soit possible d'abattre l'ennemi directement. Ce combat dispute à Hitler l'appoint de main-d'œuvre qualifiée qui lui est indispensable pour fabriquer le matériel de ses dernières armées. Ce combat montre le rang qu'occupe la France parmi les nations en guerre contre l'abominable Allemagne, l'insolente Italie et le Japon barbare. Ce combat est un appel pressant jeté par la douleur et l'amitié de la France à la stratégie alliée. Ce combat permet à la France, en se voyant telle qu'elle est, massive et rassemblée, de se réconforter elle-même d'une espèce de confiance profonde et d'une sorte de terrible joie.

Ainsi, tandis que le courage prodigué par nos combattants sur tous les champs de bataille de la terre, les coups qu'ils portent, le sang qu'ils répandent, ramènent dans la nation entière l'espérance et la fierté, réciproquement le redressement éclatant de la patrie transporte nos soldats d'une ardeur multipliée.

Les misérables qui s'imaginent pouvoir séparer moralement la nation de ses défenseurs, les malheureux qui se figurent être en mesure de jouer quelque jeu personnel à part du jeu de la nation, les naïfs qui, voyant la mer monter sur les diverses plages françaises, se refusent à comprendre qu'il n'y a qu'une seule marée, en seront pour leur honte et pour leur erreur. Ce qui est indivisible ne sera pas divisé.

Hardi ! Soldats français en Afrique, en Amérique ou dans le Pacifique, marins français sur toutes les mers, aviateurs dans tous les ciels ! Hardi ! Ouvriers, paysans, bourgeois, prêtres français qui souffrez et luttez sur chaque arpent de la patrie. Hardi ! Groupements, de résistance qui avez mission d'organiser et de conduire les masses françaises dans la grande bataille de l'insurrection nationale. Tous, nous marchons au même combat, du même pas, derrière le même drapeau, comme un jour, je vous le promets, nous nous confondrons tous ensemble dans la même foule immense et fraternelle de la Victoire. »

Novembre 1942

En URSS, les Soviétiques déclenchent l’opération Uranus. Ils attaquent les flancs démesurément étirés de la 6ème Armée allemande, protégés par l’Armée roumaine, et encerclent celle-ci dans les ruines de Stalingrad.

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Un soldat roumain sur le Front de l'Est

En parallèle, les Soviétiques déclenchent l'opération Mars sur le Front centre contre une Armée allemande considérablement affaiblie par les ponctions ordonnées par Hitler en vue d'alimenter l'offensive contre le Caucase et Stalingrad. Si les Soviétiques échouent à reprendre directement Smolensk, ils arrivent néanmoins à environ 100 KM de la cité.

Le 8 Novembre 1942 est déclenchée l'Opération Torch/Torche, le débarquement allié en Sicile. C'est la première opération militaire des Alliés occidentaux sur le continent européen depuis la chute de la Grèce, en Avril 1941. Elle a pour objectif de soulager la pression allemande sur l'Armée rouge et de porter la guerre au cœur du territoire d'une des puissances de l'Axe, l'Italie.

Malgré des opérations pour intoxiquer les services secrets nazis, les défenses de l'île sont importantes. En plus de l'Armée italienne, on compte en Sicile des troupes d'élites allemandes bien équipées. La France engage sa 1ère Armée qui comprend sa précieuse 1ère division blindée (commandée par le Général Touzet du Vigier), des corps francs de Parachutistes chargées de semer le chaos derrière les lignes de l'Axe et une bonne partie des forces qu'elle a rassemblée en Afrique et que l'Amérique a rééquipée.

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Le Général Jean Touzet du Vigier

Cela permet aux Alliés de disposer sur le papier de forces supérieures en nombre aux troupes de l'Axe présentes sur l'île, pourtant fort nombreuses. De plus, grâce au travail des mathématiciens polonais Marian Rejewski, Jerzy Rozycki et Henryk Zygalski, réfugiés en Algérie depuis Juin 1940 et qui ont cassé Enigma, la machine à crypter des Nazis, les Alliés occidentaux connaissent dans une large mesure le dispositif et les plans germano-italiens.

À l'Est du dispositif allié, la 8ème Armée britannique du Général O'Connor doit débarquer au sud est de la Sicile, autour du cap Passero et du golfe de Noto. Au centre, autour de Gela, se trouve la 1ère Armée française du Général Giraud. Enfin, sur le flanc ouest des forces alliées, dans la région d'Agrigento, on trouve la 7ème Armée américaine du Général Patton.

Forts de cette importante force de frappe, les premières opérations de Torch/Torche se déroulent bien et les Alliés établissent rapidement une tête de pont au sud-est de la grande île. Tandis que les Britanniques remontent le long de la côte orientale de l'île vers Messine, l'Armée US, épaulée par l'Armée française à sa droite, se charge de chasser l'Axe de la partie occidentale de l'île.

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C'est l'armée française, qui subira courageusement la vigoureuse contre-attaque des Panzers allemands sur Gela. Les Allemands utilisent notamment comme fer de lance des quasi-invincibles chars Tigre. Les Français se battent cependant comme des lions tandis qu'Eisenhower fait des bataillons de chars Tigre la cible prioritaire de l'aviation et de la marine alliée. Finalement, cette résistance héroïque permet de stopper la marche en avant de ces monstruosités mécaniques et de solidifier la tête de pont.

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Par ailleurs, la contre-offensive allemande a dû subir une violente attaque des blindées de Patton sur son flanc Ouest, qui permit, en plus de la résistance héroïque des soldats de Giraud, d'écraser les forces allemandes. Au soir de la bataille, a lieu le célèbre poignée de main entre le Général américain et le Colonel de Hauteclocque de la 1ère Division blindée, immortalisée par Robert Capa.

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D'ailleurs Giraud, fort mécontent, fera tout pour se faire photographier aux côtés d'Eisenhower. Trop tard, la légende du courageux picard était en marche.

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Une fois la victoire acquise, les Alliés peuvent reprendre l'offensive. Or, alors que les Britanniques se heurtent à de puissantes positions allemandes au sud de Messine, positions s'appuyant sur la géographie montagneuse de l'île, les Franco-Américains s'emparent de Palerme et de la moitié occidentale de la Sicile.

En Yougoslavie, Tito, installé à Bihac en Bosnie, ville qu'il a arraché aux collaborateurs croates, fonde l'Armée nationale de libération et un Conseil antifasciste détenteur de l’autorité civile et présidé par Ivan Ribar, ancien président de l'Assemblée constituante de 1920. Ce conseil précisera ses vues sur l'avenir de la Yougoslavie et se déclarera favorable à une forme fédérative, avec une large autonomie pour les Républiques.

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Décembre 1942

Suite à la défaite en Nouvelle-Calédonie, l'Amiral Yamamoto se rend en première ligne dans le Pacifique sud en vue de remonter le moral des unités japonaises sur place. Cette opération sera un grand succès de propagande.

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Yamamoto saluant ses hommes à Rabaul

En Union soviétique, les Allemands déclenchent l’opération « Tempête d’Hiver » avec à sa tête Van Manstein en vue de briser l’encerclement de la 6ème armée par les Soviétiques. Mais les Allemands tombent sur un os constitué de forces soviétiques bien supérieures à ce qu’ils avaient prévus et qui renforcent encore plus la supériorité numérique russe par rapport à la force de Manstein. Au bout de quelques jours, non seulement les Soviétiques ont contenu « Tempête d’Hiver » mais ils déclenchent « Saturne », leur propre offensive vers l’ouest. L’État-major allemand ordonne alors la retraite des forces engagés plus au sud dans le Caucase. La 6ème Armée est condamnée mais il faudra atteindre Janvier pour que son commandant, Von Paulus, qu’Hitler a nommé Maréchal pour le contraindre au suicide, ne signe la reddition de ses forces.

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L'Opération Tempête d'Hiver s'enlise dans la steppe enneigée

Au Nord de la Norvège, une nouvelle grande bataille oppose les U-Boots aux Alliés qui tentent de faire passer un important convoi en direction de l'Union soviétique en profitant de la nuit polaire. Désormais, la Marine de surface du IIIème Reich ne sort plus de ses bases et ne sert plus que d'épouvantail (surtout en ce qui concerne le Tirpitz) et à protéger les côtes norvégiennes contre un débarquement allié qu'Hitler juge cependant improbable, la France membre important de la Coalition alliée faisant sûrement pression pour prioriser la libération de son territoire à celle de la Norvège.

En Sicile, une horrible guerre d'usure a lieu autour de Catane, transformée en forteresse par Kesselring. O'Connor, qui veut éviter un Stalingrad méditerranéen, ordonne de contourner la position axiste par l'intérieur des terres en vue de reprendre la marche sur Messine. Plus à l'ouest, Patton et Giraud progresse également vers cet objectif après avoir occupés Palerme mais finissent bloqués à Santo Stefano. Cependant, Giraud sortit alors sa carte maîtresse, ses redoutables goumiers marocains qui transpercèrent les défenses germano-italiennes en passant directement par les montagnes les plus inaccessibles. Patton se jeta sur l'occasion et lança ses blindées sur les troupes de l'Axe qui se repliaient, s'ouvrant la route de Messine.

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Soldats britanniques progressant dans les ruines de Catane

Kesselring, bien que génial organisateur, ne put organiser la retraite sur Regio di Calabre, ville du continent la plus proche de la Sicile et située en face de Messine. Seuls quelques centaines de fuyards italiens comme allemands purent rejoindre l'Italie continentale. Un énorme butin fut pris par Patton qui ne se fit pas prier pour fanfaronner et se faire photographier devant celui-ci. Mais il n'oublia pas les Français, en bon Francophile, et vanta leurs mérites aux médias anglo-saxons.

La Sicile est tombée en un peu plus d'un mois tandis que des milliers de défenseurs sont contraint à la reddition. C'est une grande victoire pour les Alliés d'autant qu'à la surprise générale, elle entraîne quelques jours plus tard la chute de Mussolini, chute célébrée dans la liesse par le peuple italien dans ce qu'on appellera « Le Noël de la Liberté », le dictateur ayant été renversé le 25 Décembre 1942.

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Pour les Allemands capturés, c'est la stupéfaction la plus complète comme le montrent si bien les films pris par les actualités militaires alliées.

Le nouveau gouvernement dirigé par le Maréchal Badoglio prend immédiatement langue avec les Alliés en vue de la signature d'un Armistice. Les Français insistent cependant pour que si l'Armée italienne en Yougoslavie décide de ne pas combattre les Allemands (dont la réaction brutale est à prévoir), celle-ci cède au moins ses armes en priorité aux Tchéniks et non aux Partisans de Tito. La satisfaction du Roi Pierre II et de son gouvernement qui se sentait de plus en plus marginalisé est grande. Cependant, les autorités italiennes craignent tellement les Allemands qu'elles décident de garder le secret sur les négociations avec les Alliés et de ne pas envoyer d'instructions à ses forces par peur que les Allemands ne les interceptent !

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Pietro Badoglio

En Grande Bretagne, publication du rapport Beveridge qui y est très bien accueilli. En effet, il propose la création d'une sécurité sociale après la guerre.

Janvier 1943

Les Alliés, prudents (en dépit de la conclusion d'un armistice secret avec le gouvernement Badoglio), débarquent bien au sud de Rome, à Regio di Calabre tout d’abord (6 Janvier) puis dans la région de Salerne (12 Janvier) ce qui n’empêchent pas les troupes alliées de tomber sur des soldats allemands et italiens qui résistent avec acharnement. Les soldats alliés devant notamment repousser les contre-attaques enragées d'une division de Panzers.

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En effet, si Mussolini est tombé, les responsables de sa chute maintiennent toujours la fiction que l’Italie reste en guerre dans l’espoir de duper les Allemands. Pire, des troupes italiennes affrontent les Alliés aux côtés des Allemands autour de Salerne, à la grande fureur des dirigeants alliés.

Mais l’espoir du gouvernement Badoglio s’avérera vain.

Alors qu’ils subissent de lourdes pertes face à la contre-offensive soviétique menée par Joukov dans le contexte de la bataille de Stalingrad, les allemands ont encore suffisamment de réserves pour envoyer des troupes occuper la péninsule italienne sous prétexte de la défendre face à l’invasion alliée.

En effet, ceux-ci se doutent bien des intentions du nouveau gouvernement italien de capituler.

De plus, ces renforts peuvent tranquillement marcher vers le sud de l'Italie, vu que Rome est toujours officiellement l'alliée de l'Allemagne.

Les Italiens se sont fort mal organisés. En effet, pour garder le secret sur leurs intentions, ils n’ont donnés aucune instruction à leurs forces sur les mesures à prendre suite à l’annonce de la capitulation.

Désireux de forcer Badoglio et Victor-Emmanuel III à ordonner aux soldats italiens de cesser de combattre leurs troupes, les dirigeants occidentaux font annoncer par Radio-Alger la teneur de l'accord secret conclu entre eux et les Italiens. Ceux-ci, penauds, doivent à leur tour annoncer l'armistice à leurs concitoyens.

Or, comme les unités allemandes et italiennes sont souvent proches les unes des autres, ce qui devait arriver arriva suite à l’annonce de l’armistice.

La majeure partie de l’Armée italienne est désarmée par les Allemands suite à cette annonce tandis que ceux-ci prennent rapidement le contrôle de l’Italie tandis que lors d’un raid audacieux, les Allemands libèrent Mussolini de sa captivité et le placent à la tête d’un État fantoche en Italie du nord, la République sociale italienne. Une République diminuée non seulement des territoires dont se sont emparés les Alliés mais également du Tyrol du sud, annexée par le Reich allemand, mais également de Trieste et de l'Istrie, transformée en gouvernorats militaires gérés directement par l'Armée allemande, tandis que le gouvernement de Badoglio s’est replié à Brindisi.

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Soldats italiens partant en captivité

Le chaos est indescriptible autour de Salerne. Les soldats italiens se rendant en masse aux Alliés et se faisant soudain tirer dans le dos par ceux qui étaient encore leurs alliés 1 heure plus tôt ! Néanmoins, la soudaine disparition de l'Armée italienne du corps de bataille de l'Axe contraint cependant les Allemands à se replier plus au nord, sur Naples.

Les troupes françaises, elles, n’ont pas participé à l’opération Husky (le débarquement de Salerne). En effet, elles sont maintenues en réserve par Eisenhower pour se reconstituer en vue des opérations futures en Italie.

Cependant, tandis que la Wermacht a déjà abandonné la Sardaigne, du fait des bombardements massifs de l'aviation alliée, la Corse, dont les Flottes alliées font le blocus, coinçant la garnison allemande, voit la Résistance, l’une des plus actives de France métropolitaine, déclencher d'elle-même un soulèvement général contre l’occupant, soulèvement auquel se joint… la garnison italienne !

Les Allemands se battent avec opiniâtreté contre leurs anciens alliés et les Résistants corses.

Giraud a mal à son cœur de Français. Certes, il est un soldat obéissant et n'a pas une âme de rebelle mais il ne peut supporter l'idée de rester l'arme au pied pendant que la Corse meurt. Il prend de son propre chef contact avec Mandel qui n'hésite pas une seule seconde à approuver l'opération proposée par Henri Giraud.

L'officier propose, en effet, au Président du Conseil français de demander à Eisenhower d'envoyer la 1ère Armée française soutenir la Résistance corse et libérer l'île. Eisenhower cependant, tergiverse mais comprend rapidement que la Corse est un objectif non seulement  symbolique (elle sera la première portion de la Métropole française libérée) mais aussi stratégique. En effet, De Gaulle parvient finalement à convaincre le Commandant suprême des forces alliées en Europe d'accepter l'opération en lui expliquant que la présence alliée en Corse menacera les flancs des Allemands stationnés en Italie.

Eisenhower finit par céder et accepte le déclenchement de l'opération Vésuve.

La résistance allemande en Corse s’effondre rapidement suite à l’intervention de la 1ère Armée française, dans laquelle s’illustre encore une fois de plus le Colonel de la 1ère Division blindée, De Hautecloque. Giraud sera encensé par la presse alliée, qui à la vu de la chronologie, comprend bien que le Général français a dû faire pression sur Eisenhower pour sauver ses compatriotes.

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Les Goumiers, déjà héros de la Bataille de Sicile, participent à la Libération de la Corse

La Corse est un symbole, elle est le premier territoire métropolitain libéré, en partie par la Résistance intérieure, en partie par l’Armée d’Alger.

Elle sera aussi un laboratoire pour l’organisation du retour de l’Administration républicaine en territoire français. Expérience des plus réussies avec la retour de l'autorité de l’État républicain en Corse par l'entremise de la réintégration dans ses fonctions du Préfet Jules Henri Anastase Petitjean.

En Mer Égée, Churchill décide de soutenir la garnison italienne des îles du Dodécanèse (colonie italienne qui comprend l’île de Rhodes), assaillie par les forces allemandes. L’opération est un succès et les Allemands sont chassés de l’île malgré la riposte de la Luftwaffe et l’envoi de parachutistes dans les îles tandis que la majeure partie de la garnison italienne rallie les Alliés, seule les Chemises noires restant fidèles à Mussolini et sa République sociale et sont donc internés. Churchill aimerait pousser plus loin et organiser un débarquement en Grèce continentale mais la dureté des combats en Italie et les ressources qu’ils nécessitent, la présence d’importantes forces allemandes en Grèce finissent par l’en dissuader.

Partout en Italie se forment des groupes de Partisans qui luttent contre l’envahisseur nazi tandis que certains soldats italiens en Yougoslavie rallient les Partisans de Tito ! Une fraction moins importante rallie de son côté les forces tchéniks. De plus, l’immense majorité des soldats italiens capturés par les Allemands refuseront d’être libérés contre un recrutement dans l’armée de la République sociale tandis que la Flotte italienne, ou plutôt ce qu’il en reste, a ralliée les Alliés.

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Un Partisan italien

En Yougoslavie, toujours, la certitude d'une défection italienne puis le fait que cette crainte s'avérera fondée pour les Allemands, contraints ceux-ci à annuler l'offensive qu'ils avaient prévus de lancer contre Tito, qui les nargue depuis sa « capitale », Bihac. Mieux, les Partisans yougoslaves s'emparent de la majorité de l'armement abandonné par les soldats italiens en déroute !

Pour Mihailovic, c'est un grave échec. Le chef des Tchéniks a été pris de vitesse par les Partisans communistes non seulement en ce qui concerne la prise de leurs armes aux Italiens, mais également dans le domaine territorial, les Partisans ayant pris une part nettement plus importante des territoires yougoslaves occupés par l'Armée italienne que les Tchéniks. Cependant, il garde le soutien indéfectible des autorités d'Alger. Mais à Londres, on commencer à murmurer…

En Albanie, les Allemands réagissent également rapidement en occupant les villes du pays. Soucieux de s'attirer les bonnes faveurs des groupes nationalistes, ils proclament l'indépendance du pays, qui conserve la région du Kosovo.

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Drapeau de l’État albanais collaborateur

A la fin du mois, Von Paulus, commandant l’armée allemande assiégée à Stalingrad, capitule à la tête de ses forces. Les Soviétiques ont gagné la bataille de Stalingrad.

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Au Nord, durant ce mois de Janvier 1943, les Soviétiques parviennent à briser de nouveau le siège de Leningrad, permettant de ravitailler la Cité assiégée.

Les Allemands ont la prudence de retirer le Corps expéditionnaire italien de la ligne de Front russe avant la conclusion de l'Armistice par Badoglio. Officiellement car sa combativité est considérée comme trop faible du fait des pertes subies. En réalité, les Allemands n'ont plus confiance dans une armée italienne dont le gouvernement s'apprête à capituler.

Le 30 Janvier, les Britanniques célèbrent à leur manière l'anniversaire de la prise du pouvoir par les Nazis en lançant un raid sur Berlin. Le raid a lieu au moment où Goebbels et Goering tiennent un discours à l'occasion de cet anniversaire. Notons qu'Hitler lui-même ne tient pas de discours à cette occasion, premier signe du retrait du dictateur de la vie publique alors que les revers militaires commencent à se multiplier.

Face à cette situation, le Führer convoque le Roi de Bulgarie, Boris III, au Berghof (où se trouve Mussolini, libéré par des commandos allemands). Le dictateur allemand lui demande (ou plutôt lui ordonne) d’entrer en guerre contre l’URSS et l’envoi d’un Corps expéditionnaire bulgare sur place. Le monarque lui répond que cela est impossible, du fait, notamment, de la Russophilie de son peuple. Hitler entre alors dans une colère noire et tance si vertement le souverain bulgare que celui-ci en tombe malade. Il mourra quelques jours plus tard à Sofia. Son jeune fils, Siméon II, lui succède sur le trône. Cependant, non seulement la Régence mise en place n’enverra pas de troupes bulgares sur le front de l’Est mais en plus, elle entame des négociations de paix secrètes avec les Alliés.

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Le Tsar Boris III

En Birmanie, échec d'une offensive britannique visant à reprendre Rangoon en dépit de la supériorité numérique alliée.

Février 1943

En URSS, la contre-offensive soviétique vers l’ouest se poursuit. Les armées de Staline libèrent Kharkov, Rostov et Koursk, et pénètrent de nouveau en Ukraine orientale. Von Manstein, qui commande les forces allemandes sur le Front sud, fait des miracles mais cela semble insuffisant pour stopper l’Armée rouge.

Les négociations finno-soviétiques se poursuivent mais désormais, ce sont les Finlandais qui sont en position de faiblesse après Stalingrad. De plus, Staline espère faire tomber la Finlande dans son escarcelle. Les négociations capotent donc.

Stalingrad et la reddition italienne ont aussi comme conséquence d'accélérer les préparatifs de la Résistance roumaine, conduite par le Roi Michel, pour renverser Antonescu et faire en sorte que l'Armée roumaine rejoigne le combat commun contre l'Axe.

Salazar, le dictateur portugais, comprend que le vent a tourné en faveur des Alliés et décide de se rapprocher d'eux. Le premier geste de cette politique est le rappel de son ambassadeur à Paris. À la place, c'est désormais Alger et la République française que reconnaît Lisbonne comme représentant du peuple français. Cependant, Mandel rejette les différents noms d'ambassadeur proposés par Salazar et demande que Lisbonne lui envoie un homme qu'il considère comme un héros...

Aristides de Sousa Mendes

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Consul du Portugal à Bordeaux en Juin 1940, il a délivré des milliers de visas à des personnalités souhaitant fuir la France envahie pour, via le Portugal, rejoindre soit l'Amérique, soit l'Afrique du Nord. De Sousa Mendes a également sauvé des milliers de Juifs des griffes de Hitler.

Mandel, qui souhaite récompenser ce héros et envoyer un signal fort a donc demandé expressément à Salazar que ce soit qui lui qui représente le Portugal à Alger. Mendes, en disgrâce depuis Juin 1940, retrouve donc son statut.

L'Espagne de Franco commence elle aussi à s'éloigner des puissances de l'Axe. Franco demande en effet le rappel de la « Division Azul » espagnole combattant sur le Front de l'Est. Seuls restent des volontaires se battant désormais au sein d'une « Legion Azul ».

En Italie, Naples se soulève contre l'occupation nazie. Après plusieurs jours de furieux combats de rues, les Allemands doivent quitter la ville !

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Entrée des soldats britanniques dans Naples

Goebbels, dans un grand discours tenu au Palais des sports de Berlin devant les plus hauts dignitaires du IIIème Reich et également radiodiffusé, proclame « la guerre totale ».

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Georges Mandel, dans une déclaration contresignée par les membres de son gouvernement, affirme que l'ennemi de la République française n'est pas le peuple allemand mais « ses cruels dirigeants » et l'appelle à se soulever contre ceux-ci.

Le Président du Conseil français aurait aimé s'adresser devant le Congrès (qui regroupe le Chambre des députés, le Sénat mais aussi le Conseil de l'Empire) pour répondre au Nazi mais il est secrètement en route pour le Québec où va se tenir une Conférence durant laquelle États-Unis, Grande-Bretagne et France donc statueront de la stratégie à poursuivre en Europe et dans le Pacifique ainsi que du sort de l'Italie.

Parmi les décisions prises à Québec, figure :

- Priorité accordée à un assaut dans le sud de la France pour Janvier 1944 (débarquer dans le nord du pays à cette date étant impossible du fait du probable mauvais temps et attendre la belle saison étant hors de propos car cela permettrait aux Allemands d'être encore mieux préparés) sur celle d'une stratégie balkanique, où l'on se contentera de soutenir les guérillas locales. Décision prise au grand désespoir de Churchill.

- Intensification de la campagne aérienne contre le Reich en vue de préparer le terrain à l'assaut sur la France.

- En ce qui concerne l'Italie, un statut de cobelligérant lui est accordé, mais elle n'est pas considérée comme un Allié à part entière. Par ailleurs, l'ensemble de ses colonies lui seront retirées après la guerre.

- Dans le Pacifique, un assaut sera déclenché contre les Nouvelles-Hébrides et les îles Fidji le mois suivant, 2 nouveaux Portes-avions américains (L'Essex et le Cabot) étant sortis des chantiers navals et pouvant donc enfin fournir la couverture aérienne nécessaire à l'opération. On décide également d'augmenter encore l'aide à la Chine et de renforcer l'arme sous-marine en vue d'affaiblir le Japon en le coupant des ressources dont il s'est emparé.

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En Norvège, destruction de l'usine de production d'eau lourde de Telemark par la Résistance.

En Allemagne, démantèlement du réseau de résistance antinazi de « La Rose blanche ».

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Mars 1943

Apogée de la Bataille de l’Atlantique. Donitz dispose d’une centaine de U-Boot. Des meutes de loups comptant plusieurs dizaines de sous-marins attaquent des convois alliés comptant souvent plus d’une centaine de navires. Plus de 100 000 tonnes de navires alliés sont envoyés par le fond par les U-Boot mais la supériorité navale alliée est tel que le ravitaillement destiné à l’Angleterre et à l’AFN passe en grande partie.

En URSS, le Front sud se stabilise mais déjà les généraux allemands préparent une vaste offensive d’encerclement des troupes soviétiques ayant avancées en Ukraine orientale. L’Opération Citadelle. L'objectif de l'offensive est la ville de Kharkov.

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Les Allemands ont subis de tel pertes qu'ils en sont à utiliser des chars Renault capturés en 1940 pour combattre les Soviétiques !

Le 21 Mars 1943, Rudolf-Christoph von Gersdorff, officier allemand anti-nazi, échoue à assassiner Hitler et les principaux dirigeants du IIIème Reich. Le Führer visitait une exposition d'armes prises aux Soviétiques avec von Gersdorff comme guide. Celui-ci, doté d'une ceinture d'explosif, devait se faire exploser lors de la visite mais le tyran de l'Allemagne parcouru l'exposition au pas de course et von Gersdorff n'eut que le temps d'arrêter la minuterie de ses explosifs avant que tout n'explose pour rien.

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Rudolf-Christoph von Gersdorff

À Vérone, dans la partie occupée de l'Italie, se tient le Congrès fondateur du Parti fasciste républicain. Celui-ci se donne comme but de définir le programme de gouvernement de la République sociale italienne. Les « débats » se déroulent sous la houlette d'Alessandro Pavolini, un Fasciste fanatique tandis que Mussolini est absent.

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Alessandro Pavolini

Les participants du Congrès veulent en revenir aux racines révolutionnaires et anticapitalistes du Fascisme et définissent un programme allant dans ce sens. Les décisions du Congrès de Vérone vont aussi dans le sens d'un renforcement de l'antisémitisme d’État en Italie.

En matière constitutionnelle et de politique intérieure

1. Il y aura lieu de convoquer une constituante, laquelle abolira la monarchie et donnera corps à la République sociale italienne.

2. La constituante sera composée de membres des syndicats fascistes et de représentants de toutes les circonscriptions, y compris des provinces occupées, à travers des délégations d'évacués et de réfugiés.

3. La constituante devra garantir au citoyen le droit de contrôle et de critique sur l'administration publique et sur la nomination du chef de la République. Aucun citoyen ne pourra être arrêté ou détenu plus d'une semaine sans l'autorisation de l'autorité judiciaire. La magistrature sera indépendante.

4. La composition de la chambre des Fasci et des Corporations sera soumise à élection populaire, cependant que la nomination des ministres sera la prérogative du Duce ; au sein du Parti fasciste républicain, il est préconisé, par analogie, que les Fasci soient élus, tandis que le directoire national soit désigné par le Duce.

5. Le Parti devra être pur, gardien de la « révolution fasciste » engagée le 28 octobre 1922. Être titulaire d'une carte du PFR ne pourra être exigé pour occuper quelque emploi ou charge que ce soit.

6. La religion officielle sera la catholique ; toutefois, les autres cultes seront tolérés pour autant qu'ils ne vont pas à l'encontre de la loi.

7. Ceux appartenant à la « race juive » (razza ebraica) seront considérés étrangers et, pendant la durée de la présente guerre, comme appartenant à la nationalité ennemie.

En matière de politique extérieure

8. Les frontières de la République sociale italienne sont les limites alpines et maritimes, limites marquées par la nature, le sang, l'histoire, mais aussi menacées par les gouvernements réfugiés à Londres. Il sera nécessaire de faire reconnaître à l'Europe que l'Italie a besoin de son espace vital. En outre, il conviendra de fonder une Communauté européenne qui accepte comme principes d'éliminer l'influence britannique dans les États européens, d'abolir le système capitaliste, de lutter contre les ploutocraties, et de valoriser, au bénéfice tant des Européens que des indigènes, les ressources naturelles de l'Afrique, dans le respect des peuples indigènes, plus particulièrement musulmans, lesquels, comme en Égypte, constituent déjà des sociétés organisées.

En matière sociale

9. Base et objet premier de la RSI est le travail dans chacune de ses manifestations.

10. La propriété privée est garantie par l'État, mais ne doit pas servir de moyen d'exploitation du travail.

11. Tout ce qui, dans l'économie nationale, est intérêt de l'individu devient intérêt pour la collectivité et, à ce titre, de l'État. Les services publics et les industries de guerre doivent être gérés par la RSI.

12. Dans chaque entreprise, techniciens et ouvriers devront collaborer à obtenir une équitable répartition des bénéfices et une équitable fixation des salaires, en particulier par la voie d'une participation aux bénéfices y compris par les ouvriers (principe fasciste de la socialisation de l'industrie).

13. Dans l'agriculture, l'initiative privée s'est heurtée à ses propres limites là où, justement, elle a fait défaut. Les terres incultes ou mal gérées pourront, après expropriation, être cédées aux ouvriers agricoles pour que ceux-ci deviennent des agriculteurs directs, ou aux exploitations agricoles parasyndicales ou parastatales, en fonction des nécessités de l'agriculture.

14. Ce doit être un droit des travailleurs d'exercer leurs propres activités productives à domicile (sous forme d'entreprises familiales, sauf à apporter à la réserve nationale la quantité de produits prévue par la loi et à soumettre au contrôle ses propres tarifs).

15. Le logement constituant un droit, il sera créé un Office national du Logement du Peuple, qui aura pour objectif de donner un logement à chaque travailleur, soit en en construisant de neufs, soit par le rachat de logements, donnés ensuite en location aux travailleurs, et devenant, une fois payés, la propriété du travailleur.

16. Le travailleur sera inscrit d'office au syndicat fasciste, mais pourra en changer s'il répond aux conditions pour ce faire. Tous les syndicats feront partie de la Confédération générale du Travail, de la Technique et des Arts ; pourront également en faire partie les anciens propriétaires, à condition qu'ils ne soient pas dirigeants ou techniciens. La Charte du Travail est le contrat fondamental liant travailleurs, dirigeants et État.

17. Un salaire minimum sera garanti aux travailleurs. Les employeurs récalcitrants se verront contraints, s'il y a lieu, de verser le salaire en nature au prix officiel, dans le but de stabiliser les prix et la monnaie et d'assainir le marché. Les spéculateurs du marché noir seront, au même titre que les traîtres et les défaitistes, condamnés à mort.

18. Le Parti entend, par le présent préambule à la Constituante, démontrer non seulement qu'il va vers le peuple, mais aussi qu'il est aux côtés du peuple. Le peuple italien, s'il veut préserver ses acquis, doit se défendre contre l'occupation menée par la ploutocratie anglo-américaine, laquelle manifestement veut rendre la vie des Italiens encore plus rétrécie et plus misérable. Le mot d'ordre, dès lors, est triple : combattre, travailler, vaincre.

Dans la Pacifique, les Alliés lancent un double assaut contre les Nouvelles-Hébrides et les Îles Fidji. Les Marines font face à la résistance acharnée des troupes de marine japonaises. En effet, si la sécurisation des plages, dont la défense a été délaissée par les Nippons, fut aisée, l'avance vers l'intérieur des terres, où s’est retranché la garnison, est autrement plus rude. Une longue guerre d'usure se met en place. Certes, les Japonais la perdront à terme mais Yamamoto et le Japon gagnent du temps pour la reconstruction de leur aéronavale et donc la défense du cœur de la « Sphère de co-prospérité ».

À Nice se tient une grande parade « militaire », en fait un défilé de FSL avec Darnand à leur tête, pour célébrer le retour de Nice à la France. Le défilé se déroule en présence d'un Laval enthousiaste et d'un Pétain qui apparaît de plus en plus las (d'ailleurs seul le chef du gouvernement tiendra un discours). Notons que les Allemands, qui craignent un attentat contre les dirigeants de l’État français, assurent plus ou moins discrètement la sécurisation réelle de la parade. Les Niçois, patriotes et qui ont toujours rejetés la présence mussolinienne, murmurent que « ce « retour à la France » est l’œuvre de Mandel et de ses « Africains » du fait de leur victoire sur l'Italie fasciste ».

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Emblème des Forces de Sécurité Légionnaires

L'URSS accuse le gouvernement polonais de refuser de reconnaître les droits historiques des peuples Ukrainiens et des Biélorusses à être unis dans leur état national. La politique polonaise est condamnée comme impérialiste et comme ayant été profasciste avant la guerre. Le gouvernement polonais en exil à Alger lui rétorque que les déclarations polonaises visaient seulement à afficher les droits indisputables des polonais sur ces territoires dans lequel la nation polonaise veut continuer à vivre en harmonie avec les Ukrainiens et les biélorusses. Le gouvernement polonais rejette catégoriquement les insinuations soviétiques de revendications impérialistes à l'est, et expriment leur empressement constant pour une entente cordiale avec le gouvernement soviétique.

La Bulgarie s'oppose à la déportation de sa population juive par les Allemands suite à d'importantes manifestations populaires.

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Mise à jour de Septembre 1941

"En Crète, où viennent de revenir les dirigeants grecs, le Roi Georges II, suites au pressions des Alliés mais aussi des libéraux grecs, remplace son Premier ministre Emmanouil Tsouderos par Sophoklís Venizélos, le chef de file des démocrates grecs et fils du grand Elefthérios, chaud partisan de la France durant la Grande guerre et amoureux de son pays. Venizélos annonce le retour à la Constitution démocratique de 1911, posant les bases au retour à une monarchie constitutionnelle. On voit donc ici les bases d'un compromis Franco-Britannique, véritable secret de polichinelle. La Grèce reste une monarchie pro-britannique mais son gouvernement est dirigé par un francophile notoire, plus ou moins secrètement républicain."

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