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Chine - Inde : Relations bilatérales


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Dans l’Himalaya, le conflit sino-indien s’étend

Les négociations sur le Ladakh sont dans l’impasse, et l’Inde accuse la Chine d’incursions sur son territoire

New Delhi, Pékin   correspondants

Le conflit s’éternise, loin des caméras, sur les hauteurs de l’Himalaya, dans un désert glacé. Seul l’hiver qui va se refermer sur les montagnes pourrait apporter un moment de répit aux soldats. Voilà plus d’un an et demi que les armées chinoise et indienne se font face au Ladakh à plus de 5 000 mètres d’altitude. Les premiers heurts avaient éclaté le 5 mai 2020 dans la région du lac Pangong et avaient dégénéré le 15 juin, près du point de patrouille 14, dans la vallée de Galwan, dans un combat à coups de pierres et de gourdins qui avait coûté la vie à 20 soldats indiens et, officiellement, quatre chinois. Ce fut le premier affrontement mortel entre les deux géants asiatiques depuis 1975, un combat à corps à corps car les deux rivaux se sont engagés, depuis 1966, à ne pas faire usage d’armes à feu. Pékin et New Delhi se disputent la ligne de contrôle effectif (LAC) dans l’est du Ladakh, une ligne de démarcation mal définie, et, malgré 13 cessions de discussions militaires et diplomatiques et un accord signé en février, les deux pays ont échoué dans leurs négociations de désengagement. Les troupes ont bien été retirées de la ligne de front au lac Pangong et à Gogra, mais d’autres points de friction demeurent, notamment à Hot Springs et à Depsang, et les deux puissances nucléaires continuent de déployer leurs forces. Pékin et New Delhi auraient placé entre 50 000 et 60 000 soldats chacun dans la région avec du matériel lourd. Les deux pays sont engagés dans une course aux infrastructures, ponts, tunnels, routes, pour assurer la connectivité des différents sites.

Le Ladakh n’est plus le seul élément de conflit. Des incursions chinoises ont été rapportées sur d’autres portions de la frontière himalayenne, longue de 3 488 km. Le 30 août, par exemple, une centaine de soldats chinois ont pénétré à cheval en territoire indien à Barahoti, en Uttarakhand et y sont restés durant trois heures avant de détruire des infrastructures, notamment un pont.

Pour Sushant Singh, du Centre de recherche politique de New Delhi, « cet incident marque une reprise de l’agression chinoise contre l’Inde. Bien que ce soit un territoire revendiqué par les deux parties, il s’agit d’une zone démilitarisée. Aucune personne en uniforme ne peut y pénétrer. Cette règle a été violée par les Chinois ». Ce spécialiste des questions militaires juge que « ces incursions témoignent de la volonté de l’armée chinoise de maintenir l’armée indienne sous pression » et fragilisent l’Inde, déjà occupée à défendre son front dans le Cachemire, face au Pakistan.

Un autre signe inquiète New Delhi : la construction par la Chine d’infrastructures et de villages dans des zones contestées de la frontière avec l’Inde et le Bhoutan. La Chine aurait bâti au moins quatre nouveaux villages en Arunachal Pradesh, dont Pékin revendique la souveraineté, estimant qu’il s’agit du territoire sud du Tibet.

Un rapport du Pentagone remis le 3 novembre au Congrès américain confirme également cette colonisation et note que la Chine a continué à « prendre des mesures progressives et tactiques » pour faire valoir ses revendications sur la ligne de contrôle effectif et a cherché, en vain, à empêcher New Delhi d’approfondir ses relations avec les Etats-Unis. Le ministère américain de la défense cite la construction d’un village de plus de 100 maisons dans l’Arunachal Pradesh.

L’Inde, qui a toujours contesté l’incursion sur son territoire de l’armée chinoise, a réfuté par la voix du chef d’état-major, Bipin Rawat, les conclusions du Pentagone, assurant que les constructions n’ont pas empiété sur le territoire indien. New Delhi a cependant décidé de renforcer son dispositif militaire le long de la frontière qui sépare l’Arunachal Pradesh du Tibet, en déployant des missiles de croisières, des obusiers, des hélicoptères et des drones.

C’est dans ce contexte qu’ont eu lieu les dernières discussions le 10 octobre, avant d’échouer. Quelques jours plus tard, le 23 octobre, Pékin adoptait une loi sur les frontières terrestres qui entrera en vigueur en janvier 2022 et qui stipule que la Chine se protégera et combattra tout acte portant atteinte à sa souveraineté et intégrité territoriale et à ses frontières terrestres. L’affaire a été largement commentée en Inde, New Delhi y voyant une preuve supplémentaire de la menace chinoise.

« Période de relations difficiles »

Selon Pékin, cette législation en préparation depuis vingt ans ne change rien aux relations entre la Chine et ses voisins. Le quotidien nationaliste chinois Global Times qualifie même l’Inde de « paranoïaque ». Définissant l’intégrité territoriale comme « sacrée » et « inviolable », cette loi est cependant perçue par nombre d’observateurs comme un signal envoyé par la Chine à ses voisins, non seulement l’Inde mais surtout, en raison des tensions qui y règnent, l’Afghanistan et le Myanmar.

Le ton n’est plus à la détente, comme lorsque Narendra Modi et Xi Jinping s’étaient retrouvés en avril 2018, au bord du lac de l’Est, à Wuhan, en Chine, puis en octobre 2019, à Mamallapuram, dans le sud de l’Inde. Le ministre indien des affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, l’a reconnu, le 19 novembre : les deux pays traversent « une période de relations difficiles». Le chef de la diplomatie indienne accuse notamment Pékin d’avoir « pris une série de mesures en violation des accords sans explication crédible ».

Après l’échec des négociations, le chef d’état-major de la défense, le général Bipin Rawat, a assuré que la Chine constitue désormais « la plus grande menace pour la sécurité de l’Inde » et que les troupes positionnées le long de la ligne de contrôle effectif resteraient sans doute longtemps sur place. «L’Inde est prête à faire face à toute mésaventure le long de la frontière et en mer », a-t-il prévenu. Des propos « irresponsables et dangereux », a rétorqué le colonel supérieur Wu Qian de l’Armée populaire de libération. Le porte parole de l’armée chinoise a qualifié les commentaires d’« incitation à la confrontation ». La Chine cherche plutôt à relativiser les tensions avec l’Inde, sans céder un pouce de terrain. Surtout préoccupé par sa rivalité avec les Etats-Unis, Pékin voit évidemment d’un mauvais œil tout rapprochement entre Delhi et Washington.

Aucune mention du conflit n’apparaît dans la presse chinoise. Mais, depuis les heurts dans le Ladakh, pas une semaine ne passe sans un éditorial méprisant du Global Times à l’encontre de l’Inde. Ainsi le 22 novembre, il expliquait qu’« au lieu de muscler ses forces armées, [elle] ferait mieux de comparer le bien-être de ses paysans avec la Chine ». « L’Inde a un rêve de grande puissance. Mais l’Inde a tellement besoin de dépenser son argent en interne. Augmenter le niveau de vie de ses habitants est une nécessité plus impérieuse qu’acheter des armes. Malheureusement, le gouvernement semble être dépassé par ses illusions sur la sécurité nationale », écrit le journal.

Sophie Landrin et Frédéric Lemaître

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/29/dans-l-himalaya-le-conflit-s-etend-entre-l-inde-et-la-chine_6104055_3210.html

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  • 4 weeks later...
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IndianExpress (14fév.) [quotidien, multilingue]

Le pragmatisme, et non le chauvinisme, aidera l'Inde à traiter avec la Chine.

L'Inde doit se départir de son optimisme naïf et mettre un terme à l'hémorragie secrète mais constante du territoire indien par la Chine.

Par Arun Prakash & Ashok Hukku [cf. en bas]

 

Bien avant de déclencher imprudemment la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne avait fourni suffisamment de preuves de ses intentions hégémoniques et de son mépris pour les conventions internationales. En septembre 1938, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain annonçait au retour de la conférence de Munich avec Hitler : "Je crois que c'est la paix pour notre temps." Sa crédulité se révèle un an plus tard lorsque Hitler, ordonnant l'invasion de la Pologne, fait remarquer : "Nos ennemis sont des petits vers. Je les ai vus à Munich."

Le "moment de Munich" de l'Inde est arrivé en 1962 avec la mauvaise interprétation flagrante des intentions de la Chine par une direction politique naïve, ce qui a conduit à une défaite militaire humiliante dans la guerre sino-indienne. Le 20 octobre 1962, la 7e brigade d'infanterie indienne a été débordée par la 11e division de l'Armée populaire de libération à Namka Chu. Les soldats indiens se sont battus vaillamment, souvent jusqu'au dernier homme et à la dernière balle, mais en vain. Des actions similaires ont eu lieu ailleurs dans la NEFA (aujourd'hui Arunachal) et au Ladakh. La déroute a duré jusqu'au 20 novembre, date à laquelle les Chinois ont déclaré un cessez-le-feu unilatéral et se sont retirés à 20 km derrière la ligne de contrôle effectif (LAC).

Le PM Zhou Enlai avait décrit la LAC  en 1959 comme correspondant à "la ligne dite McMahon à l'est, et la ligne jusqu'à laquelle chaque partie exerce un contrôle effectif à l'ouest". [Han! Comment dit-on en Mandarin: «Ce qui est à moi est à moi; ce qui est à toi est négociable»?] L'Inde n'était pas d'accord avec cette définition, mais son incapacité à contester diplomatiquement et à défendre militairement cette ligne a permis à la Chine d'obtenir le contrôle physique de 38 000 km2 du plateau de l'Aksai Chin en 1962. Par la suite, la Chine a revendiqué 84 000 km² de l'Arunachal Pradesh comme faisant partie du "Tibet du Sud".

Il n'existe probablement aucun précédent où deux belligérants, après avoir mené une "guerre frontalière", ont laissé leur frontière contestée indéterminée et non marquée pendant 60 longues années. Les politiciens et les diplomates indiens étaient satisfaits d'avoir dissocié la question de la frontière du reste de la relation sino-indienne et se réjouissaient de voir le commerce bilatéral - bien qu'équilibré de manière défavorable - dépasser la barre des 100 milliards de dollars. Mais pour un profane, il est apparu qu'en négligeant de poursuivre une démarcation négociée de la LAC, et en faisant passer les incursions territoriales répétées pour des "différences de perception", notre élite de la sécurité a fait le jeu de la Chine.

La position du gouvernement selon laquelle "aucun territoire indien n'a été occupé par la Chine", vue à la lumière de l'affrontement sanglant de mai 2020 à Galwan et de l'impasse militaire sino-indienne de 22 mois, a déconcerté les citoyens et suscité de nombreuses inquiétudes. Au Ladakh, si les Chinois n'ont effectivement pas empiété sur notre territoire, pourquoi nos troupes ne peuvent-elles pas accéder aux "points de patrouille" précédemment établis et quels sont exactement les "points de friction" fréquemment mentionnés dans les communiqués ? Dans l'Arunachal, les enclaves chinoises fraîchement construites et les villes qu'elles ont rebaptisées sont-elles situées en territoire indien ? Enfin, quel a été le résultat des 22 réunions des "représentants spéciaux" et pourquoi les commandants militaires n'ont-ils pas réussi à obtenir le "désengagement", sans parler de la "désescalade", lors de 14 réunions ?

Ces énigmes indiquent que, depuis l'optimisme désespéré de Jawaharlal Nehru, résumé dans la rengaine "Hindi-Chini bhai-bhai" [“L’Inde et la Chine sont frères”], jusqu'à l'engagement soutenu du Premier ministre Modi auprès de Xi Jinping, Pékin a sournoisement réussi à camoufler la véritable motivation de ses actions ainsi que ses intentions à long terme vis-à-vis de l'Inde. New Delhi, pour sa part, n'a pas réussi à élaborer une stratégie pour contrer les desseins de la Chine, ni même à publier un livre blanc pour expliquer les dimensions de ce défi au Parlement et au public.

La Chine ayant amplement démontré son penchant pour le "saucissonnage" de territoires [le “salami-slicing”], ainsi que son mépris pour le droit international, l'Inde n'a guère de place pour la complaisance ou pour espérer en vain que les "problèmes hérités" se résoudront d'eux-mêmes avec le temps. Il est donc essentiel de déconstruire la mascarade élaborée par la Chine et de mettre un terme à l'hémorragie secrète mais constante du territoire indien.

Si le chauvinisme a sa place en politique, nous devons être suffisamment réalistes pour comprendre que ni la conquête ni la reconquête de territoires ne sont possibles dans une Asie du Sud nucléarisée. Le Parlement et le gouvernement indiens devraient désormais accorder la plus grande priorité à l'établissement de frontières internationales stables, viables et pacifiques tout autour du pays. Ce n'est qu'alors que l'Inde pourra se concentrer sur la construction de la nation et le développement socio-économique sans interruption. Quelques options pragmatiques s'offrent à nous pour résoudre l'imbroglio sino-indien.

Premièrement, l'Inde pourrait exhumer et relancer l'offre qu'aurait faite le Premier ministre Zhou en 1960. Cherchant une profondeur stratégique pour la route 219 qui relie le Xinjiang au Tibet à travers l'Aksai Chin, Zhou avait suggéré de négocier une "contrepartie" dans laquelle la Chine reconnaîtrait la ligne McMahon en échange de certains ajustements de l'Inde à l'ouest. Cela nécessiterait une audace politique et une habileté diplomatique considérables.

Une deuxième option consisterait pour l'Inde à exercer une pression soutenue sur la Chine sur les fronts diplomatique, commercial et psychologique et à attendre des résultats. Dans le même temps, les forces indiennes doivent rester prêtes à mener une action directe rapide, en s'emparant de territoires inoccupés et en les conservant comme monnaie d'échange. La prise surprise de hauteurs tactiques dans la chaîne de montagnes de Kailash par nos forces spéciales a exercé une forte pression psychologique sur Pékin et doit servir de modèle. Bien que des escarmouches et des confrontations physiques puissent avoir lieu, il est considéré comme très improbable - pour plusieurs raisons - que la Chine affronte l'Inde dans un conflit majeur ou même limité.

Une troisième option réside dans le domaine maritime, où des opportunités existent, tant pour l'équilibrage du pouvoir via des partenariats que pour une action navale directe. L'économie et l'industrie chinoises dépendent dans une large mesure d'un commerce maritime ininterrompu et de l'énergie. Ainsi, les voies maritimes chinoises de l'océan Indien constituent une "veine jugulaire" que l'Inde pourrait menacer par le biais d'une guerre commerciale. Dans ce contexte, les îles Andaman et Nicobar, convenablement fortifiées et militarisées, pourraient devenir des bastions maritimes, dominant le détroit de Malacca. Des avantages stratégiques bien plus importants pourraient être obtenus si l'Inde mettait fin à sa timidité politique et offrait Port Blair comme "point d'eau" logistique à certaines marines amies.

La dernière option [qui n’en n’est pas une] consisterait évidemment à maintenir le statu quo - avec 50 000 à 60 000 soldats déployés à haute altitude - et à s'engager dans des discussions militaires/diplomatiques soutenues en espérant des résultats utiles - avec une menace chinoise imprévisible suspendue au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.

Prakash est un ancien chef de la marine indienne [et collaborateur régulier de l’Indian Defence Review] et Hukku était un général de division dans l'armée indienne.

https://indianexpress.com/article/opinion/columns/pragmatism-not-jingoism-will-help-india-deal-with-china-7771319/

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  • 4 weeks later...

analyse de ASPI concernant la géopolitique de l'Inde dans l'Indo-pacifique après l'invasion de l'Ukraine. La position de Modi est plus fragile qu'avant et tient surtout  à la solidité des partenaires de la route de la soie Chinoise.

https://www.aspistrategist.org.au/indias-ukraine-tightrope/

(..)

Tout cela se produit à un moment où la menace que fait peser l'Afghanistan sur la sécurité est la plus importante depuis la dernière fois où les talibans étaient au pouvoir, il y a vingt ans. Le renforcement de l'infrastructure militaire de la Chine dans la région, son soutien financier aux talibans, son ouverture à l'Iran (qui a coopéré avec l'Inde pour contrer le précédent régime taliban) et l'augmentation du militantisme au Cachemire soutenu par le Pakistan ont mis l'Inde sur la défensive. La Russie, la Chine et l'Iran ont récemment mené des exercices navals conjoints dans l'océan Indien.

Les alliés traditionnels de l'Inde dans la région peuvent sentir de quel côté le vent souffle. Le Népal a autorisé la Chine à construire d'importantes lignes ferroviaires et autoroutes à travers ses zones frontalières du nord. Le Bhoutan a signé en octobre dernier un accord frontalier qui cède des territoires convoités par la Chine, donnant ainsi un avantage aux Chinois dans tout conflit futur avec l'Inde. La plupart des autres voisins de l'Inde en Asie du Sud ont adhéré à l'initiative chinoise "Belt and Road", à laquelle l'Inde s'oppose vigoureusement.

L'influence croissante de la Chine sur ces pays sape la position diplomatique de l'Inde dans son propre arrière-cour. Et à l'est, la junte au pouvoir au Myanmar a déclaré une "parenté spéciale" avec la Chine, alors que son prédécesseur avait fini par considérer l'Inde comme un contrepoids précieux à la Chine.

En bref, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a placé l'Inde dans une position peu enviable. Idéalement, l'Inde aurait souhaité continuer à renforcer ses partenariats avec les démocraties occidentales, notamment l'Australie, la France, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis, tout en maintenant sa proximité traditionnelle avec la Russie, dans l'espoir de dissuader la Chine d'empiéter davantage sur les intérêts fondamentaux de l'Inde en matière de sécurité. Au lieu de cela, l'Inde se trouve entre le marteau et l'enclume. Elle pourrait se mettre à dos l'Occident tout en perdant la Russie au profit de la Chine, alors même que le Pakistan, avec des voisins afghans et iraniens plus amicaux, se sent enhardi au Cachemire.

Le conflit en Ukraine pose un profond défi à la grande stratégie indienne. Le non-alignement n'est guère une option pour un pays dont les voisins antagonistes cherchent à violer ses frontières. La réticence traditionnelle de l'Inde à choisir son camp sur les grandes questions internationales pourrait s'avérer très coûteuse dans un avenir pas si lointain, lorsqu'elle voudra obtenir le soutien d'autres pays. Ce sera soit le choix de Hobson, soit celui de Modi.

Commentaire personnel :

Il est urgent que l'Inde affiche ses ambitions sur ses propres routes de la soie afin d'afficher une alternative commercial et militaire pour ses alliés. Dans un monde de bloc étanche, c'est l'accès aux ressources et aux débouchés commerciaux qui compte.

- le bloc que l'Inde structure autour de ses routes de la soie doit être capable d'intervenir pour aider militairement un pays dans le besoin. Je pense que c'est ce point en particulier qui fait que les EAU et l'ÉGYPTE accroissent fortement leurs flottes de chasseurs. Il s'agit de pouvoir afficher une alliance militaire possédant plusieurs centaines de chasseurs utilisables en OPEX et structuré autour d'une puissance nucléaire. Je pense que l'INDE devrait afficher bientôt la création d'une OTAIP. Organisation du Traité de l'Arabo-Indo-Pacifique. L'Inde pour être convaincante va devoir afficher une BITD ainsi que des capacités de projection cohérentes.

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il y a 16 minutes, herciv a dit :

La plupart des autres voisins de l'Inde en Asie du Sud ont adhéré à l'initiative chinoise "Belt and Road", à laquelle l'Inde s'oppose vigoureusement.

Je ne savais pas que l'Inde s'opposait "vigoureusement" à la nouvelle route de la soie. Elle a rompu les relations diplomatiques avec l'Italie ?

il y a 22 minutes, herciv a dit :

Ce sera soit le choix de Hobson, soit celui de Modi.

L'expression "choix de Hobson" est inusitée en français. Je propose de traduire : "pris entre le marteau et l'enclume".

il y a 23 minutes, herciv a dit :

la création d'une OTAIP. Organisation du Traité de l'Arabo-Indo-Pacifique. L'Inde pour être convaincante va devoir afficher une BITD

Je rends les armes devant tant de sigles OTAIP, BITD, incompréhensibles.

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il y a 4 minutes, Wallaby a dit :

Je ne savais pas que l'Inde s'opposait "vigoureusement" à la nouvelle route de la soie. Elle a rompu les relations diplomatiques avec l'Italie ?

Elle est en retard sur les routes de la soie chinoise c'est certain mais les chinois sont eux-même dans l'incertitude concernant leur route. En effet que vont devenir les relations sino-européenne dans ce nouveau contexte de crise russo/européenne. La fermeture des flux avec la russie pourrait mettre un coup d'arrêt sévère aux lignes de la soie Chisoise et à l'inverse favoriser les lignes indiennes qui passe par le proche-orient (corne arabique/israël/turquie et Grèce) et vont aussi en Afrique contrairement aux lignes chinoises.

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il y a 22 minutes, Rochambeau a dit :

L'Inde et le Japon avaient présenté le plan du Corridor de Croissance Asie-Afrique en 2017.

 

Merci beaucoup pour ton lien. 

Je cite :

Contrairement à l'OBOR, aujourd'hui BRI ( Belt and Road Initiative ), qui implique le développement à la fois d'un corridor terrestre (nouvelle ceinture économique) et océanique (route de la soie marine), l'AAGC sera essentiellement un couloir maritime reliant l'Afrique à l'Inde et aux autres pays de l'Asie du Sud-Est et l'Océanie passant par d'anciennes routes maritimes et créant de nouveaux couloirs maritimes qui relieront les ports de Jamnagar (Gujarat) à Djibouti dans le golfe d'Eden et de même les ports de Mombasa et de Zanzibar seront connectés aux ports près de Madurai; Kolkata sera reliée au port de Sittwe au Myanmar3.

« L'AAGC comprendrait quatre composantes principales : projets de développement et de coopération, infrastructure de qualité et connectivité institutionnelle, renforcement des capacités et des compétences et partenariats interpersonnels. Ces quatre composantes ainsi que quatre éléments ou quatre piliers sont complémentaires pour favoriser la croissance et le développement global sur les deux continents »4.

Selon le document de vision, de nombreux domaines de collaboration ont été définis. La connectivité numérique soutiendra également la croissance de technologies et de services innovants entre l'Asie et l'Afrique. Selon les personnes impliquées dans le projet, l'Asie a la possibilité de partager ses expériences de croissance et de développement avec l'Afrique. Il se compose de cinq aspects remarquables. Ces aspects sont les suivants: a) mobilisation efficace des ressources financières; b) leur alignement sur le développement socio-économique et les stratégies de développement des pays et régions partenaires; c) l'application de normes de hautes qualités en termes de respect des normes internationales établies pour atténuer l'impact environnemental et social; d) la fourniture d'infrastructures de qualités tenant compte des aspects de l'efficacité et de la durabilité économiques, de l'inclusivité, de la sécurité et de la résistance aux catastrophes, durable ainsi que commode et valorisant; et e) contribution à la société et à l'économie locales4.

Commentaires personnels.

Depuis l'annonce de cette initiative (AAGC) Modi a également fait avancer son interconnexion ferroviaire avec l'Europe.

Pour rappel

 

https://www.isas.nus.edu.sg/wp-content/uploads/2021/08/South-Asia-Scan-Aug-2021-V4.pdf

 

Edited by herciv
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Pour comprendre ce que l'Inde cherche à faire, il est aussi utile de jeter un coup d'oeil à sa politique du "Regard vers l'Est" (la version anglaise est bien plus complète), centrée sur la péninsule indochinoise, l'Indonésie, la Malaisie, les Philippines, et par-delà le Japon, Taïwan et la Corée du Sud. Il s'agissait en quelque sorte de faire contre-poids à la Chine sur sa façade maritime.

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  • 4 weeks later...
  • 4 weeks later...

L'Inde a saisi 725 millions de dollars sur les comptes bancaires locaux du géant chinois des smartphones Xiaomi, qu'elle accuse d'avoir envoyé illégalement de l'argent à l'étranger sous couvert de paiements de redevances, ont indiqué les autorités samedi...

https://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/l-inde-saisit-725-millions-de-dollars-sur-les-comptes-du-chinois-xiaomi-20220430

Encore un coup de canif à la mondialisation...

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  • 3 weeks later...
Posted (edited)

(ThePrint.in (ANI*), 15mai)

Le titre original est mal foutuformulé: Du Ladakh au Nord-Est, six divisions de l'armée indienne ont été transférées du front pakistanais à des rôles antiterroristes pour faire face à la menace chinoise. 
[Traduire: les div. dévolues aux missions antiterro à la frontière Pak.** ont été redéployées à la frontière Chinoise.]

New Delhi (Inde), 15 mai (ANI*) : Lors de sa récente visite dans le secteur du Ladakh, le chef de l'armée, le général Manoj Pande, a examiné la situation en matière de sécurité le long de la ligne de contrôle effective (LAC), compte tenu de la menace chinoise.

L'impasse militaire avec la Chine dure depuis plus de deux ans maintenant, lorsque la partie chinoise a tenté de changer le statu quo unilatéralement en déplaçant des troupes en grand nombre contre les positions indiennes.

L'armée indienne a procédé à un rééquilibrage et à un réalignement de ses forces, qui étaient auparavant mieux préparées à la menace pakistanaise qu'aux défis posés par la frontière nord.

Des sources gouvernementales de haut niveau ont déclaré à l'ANI qu'après cet exercice de rééquilibrage et de réalignement effectué au cours des deux dernières années, deux divisions (environ 35 000 soldats) ont été transférées du rôle de lutte contre le terrorisme au déploiement à la frontière chinoise.

Une division des Rashtriya Rifles a été retirée de son rôle de lutte contre le terrorisme au Jammu-et-Cachemire et a été déployée dans le secteur du Ladakh oriental, aux côtés de la 3e division déjà basée dans cette région, ont-elles ajouté.

De même, une division basée en Assam et relevant du Gajaraj Corps basé à Tezpur a été retirée de son rôle de contre-insurrection dans l'État et son mandat consiste désormais à surveiller la frontière chinoise dans le nord-est, ont-ils ajouté.

Avec le retrait de cette formation, il n'y a plus aucune unité de l'armée impliquée dans les opérations de contre-terrorisme dans l'état d'Assam, ont précisé les sources.

Le 17e corps d'assaut de montagne, qui avait auparavant des missions dans le secteur du Ladakh, est désormais limité au nord-est et s'est vu attribuer une division supplémentaire basée à Jharkhand. Cette division était auparavant chargée de mener des opérations de frappe le long du front occidental.

Deux divisions de l'armée de terre situées dans l'Uttar Pradesh ont également été affectées au commandement du Nord pour le théâtre du Ladakh. Les deux formations étaient auparavant chargées de combattre sur le front occidental en cas de guerre, ont-ils précisé.

De même, une division d'un corps d'assaut basée à Uttarakhand a été réaffectée au commandement central pour surveiller l'ensemble du secteur central où les Chinois ont tenté des transgressions à de multiples occasions, ont-ils déclaré.

Selon les sources, le rééquilibrage a entraîné le déploiement de deux des quatre Strike Corps de l'armée avec des éléments offensifs à la frontière chinoise, alors qu'avant avril-mai 2022, trois d'entre eux s'occupaient principalement du Pakistan.

Le déploiement massif de l'Inde a également envoyé un message à l'armée chinoise, à savoir que toute tentative de modifier le statu quo sur la LAC ne serait pas possible, ont-ils ajouté.

Après le déploiement massif de l'armée chinoise à la frontière indienne, l'Inde a également envoyé des troupes de la même manière, soit environ 50 000 hommes. (ANI)

(Ce rapport est généré automatiquement à partir du service d'information ANI*. ThePrint n'est pas responsable de son contenu).

https://theprint.in/india/from-ladakh-to-northeast-6-indian-army-divisions-shifted-from-pak-front-anti-terrorist-roles-to-tackle-china-threat/957068/

* Asian News International, regional news agency based in New Delhi

** et d’Assam également (autre “front assymétrique”, faudra que je vous en parle), si je comprends bien.

(merci au posteur originel)

Edited by fraisedesbois
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