rogue0

Systèmes de surveillance de population (big data, big brother, etc)

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J'ouvre un nouveau sujet sur les systèmes de surveillance de population en général , de tous types (voire contrôle de population).

Je souhaite mettre l’accent sur les nouveaux systèmes (notamment ceux basés sur la big data, les réseaux sociaux, et les objets connectés),
mais on pourra aborder les autres plus « traditionnels » pour référence (Stasi, fichage, etc).

Attention, ceci n’est pas un fil complotiste : je souhaite parler de systèmes opérationnels ou proches de l’être, et sourcés.
En d’autres termes, les théories de « mind control » via SHAARP et cie ne sont pas les bienvenues :tongue: (sauf preuve rigoureuse).

Exemple de hors sujet:

  • Les « petits systèmes » du style écoutes /mouchards judiciaires sont HS.
    Ils font partie des outils de sociétés normaux, et sont légitimes (à petite échelle et sous contrôle: le PNIJ français 10 000 écoutes de suspects max par an, c’est peanuts à l’échelle de la France).

Dans le sujet :

  • Les boîtes noires de surveillance de la loi Sécurité, le système de surveillance #SORM russe, et ceux vendus aux pays du Maghreb sont en plein dans le sujet.
  • Le futur Social Credit Rating chinois (traduction personnelle: casier social / réputation sociale) rentre dans le sujet, même si la surveillance et le bonus/malus sont censés être automatisés.
  • Facebook et les smartphones, rentrent dans le sujet, car ils peuvent être aisément détournés pour devenir des réseaux de surveillance.

Les différentes bases de données de consommateur / note de crédit (style Equifax, paiement VISA, FICO) sont plutôt HS, tant qu'elles ne sont pas interconnectées.

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<EDIT: désolé pour le pavé /infodump , mais il en faut pour faire un tour d'ensemble de la question)

Je commence par le futur système chinois de « Social Credit System » (traduction personnelle: « casier social » / « réputation sociale »).
Il y a très peu d’information sur ce futur système (prévu pour 2020), qui a d’énormes implications pour la surveillance des populations, et sur les modèles de société (et de l’impact des réseaux sociaux…).
Voici ce que j’ai trouvé dessus.

Résumé du wiki (en anglais):

https://en.wikipedia.org/wiki/Social_Credit_System

En résumé, ce système annoncé en 2014 consiste à donner une note de réputation sociale à chaque citoyen et entreprise en Chine (bonus ou malus).

170524_merics_ChinaMonitor_39_grafik.png


De façon similaire à la note de crédit (Equifax, FICO, et les banques), un organisme (d’état) sera chargé de :

  • Récupérer pleins d’indicateurs sur le comportement (anti)social de chacun (via big data, sources administrations publiques ou entreprises privées) :
    Exemples fictifs d’indicateurs pour les individus :
    • Malus : fraude au transport, tapage nocturne, traîner dehors après l’école, retard de paiement de pension alimentaire / prêt, et sans doute, critiquer le régime.
    • Bonus : bien se garer, « bon » comportement « social », avoir des enfants et bien s’en occuper, aider les personnes agées, etc.
      Idem pour les entreprises, mais sans doute avec des critères différents : exemple pollution, « utilité » sociale, respect du salaire minimum, etc.
       
  • Calculer la fameuse note de réputation sociale (façon credit rating aux USA, FICO Equifax).
     
  • Suivant la note, attribuer des bonus et malus dans la vie quotidienne.
    Et les sociétés privées devront implémenter ces bonus/malus dans leurs services (moins difficile que prévu vu l'hégémonie de certains services en ligne chinois (API de Wechat/Alibaba)
    • Exemple : Prêts bancaires avec bonus / malus ou refusés.
    • Voyage en train ou avion restreints ou interdits (pour les retards de remboursement).
    • Achats de luxe restreints ou interdits. (ex pour les condamnés pour corruption…).

      Les entreprises auraient d'autres bonus / malus :
    • prêts avec bonus / malus ou refusés.
    • idem pour émissions d'obligations ou introduction en bourse

 

Références:

Plan original publié par le gouvernement chinois (avec traduction en anglais).
(pour référence, gros pavé très théorique et peu digeste)

https://chinacopyrightandmedia.wordpress.com/2014/06/14/planning-outline-for-the-construction-of-a-social-credit-system-2014-2020/

 



Du point de vue occidental, on lit surtout l'aspect "Big Brother" du système.

C'est normal, vu l'histoire des dictatures et régimes totalitaires, ç'aurait été un outil rêvé pour surveiller et contrôler la population (et même détecter en avance les groupes à surveiller en cours de radicalisation par exemple... ).
A noter que sans les big data, les méthodes « artisanales » étaient déjà « efficaces » (genre la Stasi, avec au moins 3% de la population adulte qui était indicateur du régime… et remplissant des millions de dossier)

 

Il ne faut pas se voiler la face, les dissidents et activistes politiques feront certainement partie des « comportements asociaux » qui seront pénalisés par le système.
Mais AMHA, ils ne seront peut-être pas les cibles principales de ce système.

En Chine, il y a déjà une grosse infrastructure (services de SR, police, censure) qui surveille les dissidents et tout ce qui est considéré comme des menaces à la stabilité du gouvernement.
Cette infrastructure devrait rester (même s’ils vont profiter du nouveau système pour étendre la surveillance, et creuser l’historique des « suspects ».

Mettre un gendarme à chaque coin de rue va aider à faire baisser la petite délinquance.
Mais lesdits gendarmes ne peuvent pas obliger les gens à plus de civisme, politesse, etc.

 


 



Et c’est à mon avis, un autre objectif prioritaire du système (c'est même l'objectif publiquement affiché) :
Changer les normes sociales et la moralité, non pas par la religion, ni la propagande ni par l’éducation , mais par l’ "auto"-régulation. (enfin assistée par les amendes :dry:)
Pousser la population (et les entreprises) vers des comportements désirés, à coup de carotte et d'amende (et avant intervention coûteuse et mal vécue des forces de l'ordre).

Depuis des années, il y a régulièrement des polémiques sur des comportements scandaleux d'entreprise ou de particulier.
La confiance (alimentaire ou consommateur) est particulièrement basse : de nombreuses arnaques ou produits frelatés par appât du gain.
Les autorités chinoises font régulièrement des exemples sur les abus les plus graves, et font des campagnes de communication/pub/propagande pour promouvoir les "bons" comportements vertueux.
ça ne marche pas aussi bien qu'ils le voudraient (normal, y a pas de récompense concrète à être sociable ou vertueux).

Traditionnellement, il fallait un religion pour orienter la moralité d'une société via des commandements et des tabous.
Ce système est une autre solution.

C'est de l'ingénierie sociale à base de big data... les réseaux sociaux avec le volet action/contrôle de moralité.
ça a de fortes chance d'être une usine à gaz, mais les implications sont énormes ... si ça marche.

Facebook doit observer ça avec envie ... et s'il y avait plus d'interconnexion de données, pourrait faire la partie "prédiction".
La partie "bonus/malus" elle, n'est pas près de voir le jour chez nous.
Mais en Asie/Russie/Afrique ? Qui sait...

 

Référence :
Article « assez neutre » (américain):
Parlant des comportements antisociaux, du manque de solidarité / confiance dans la société chinoise,
à la fois le renforcement de la surveillance, et

http://foreignpolicy.com/2017/05/24/chinese-citizens-want-the-government-to-rank-them/

Article plus critique (aspects répression)

Commentaires intéressants en bas d'article

http://www.chinafile.com/conversation/Is-Big-Data-Increasing-Beijing-Capacity-Control%3F

 


Le choix de "radar automatique" pour les bonus / malus n'est pas innocent non plus.

C'est censé être mieux accepté par les citoyens , et réduit les risques d'arbitraire par rapport à avoir des juges humains (corruptibles et susceptibles aux abus de pouvoir.

 


Pour les entreprises privées, il y a aussi de gros impacts IT.
(1000x pire que pour les impacts de l'impôt prélevé à la source)
Il faut mettre à disposition des autorités des flux de données formattées (indicateurs sociaux), et appliquer les sanctions.

"Heureusement", les données ne sont pas stockées ou calculées dans le Facebook local, mais par une autorité gouvernementale.

De facto, ça sera probablement une barrière à l'entrée pour les sociétés étrangères (au mieux, obligées de sous traiter ça à des portails style alibaba/wechat)

Implications business et aspect big data (barrière à l'entrée)

http://www.chinafile.com/library/reports/chinas-social-credit-system-big-data-enabled-approach-market-regulation-broad

impacts business

https://www.merics.org/en/merics-analysis/china-monitor/merics-china-monitor-no-39/

 
 
Bien sûr, les premiers tests font apparaître quelques couacs et le niveau de perte de vie privée.

premiers tests locaux via apps (local à Shanghai)

http://www.npr.org/sections/parallels/2017/01/03/507983933/whats-your-public-credit-score-the-shanghai-government-can-tell-you

Sesame Credit de Wechat

https://en.wikipedia.org/wiki/Sesame_Credit
 

Essais : couacs et ratés

https://www.wsj.com/articles/chinas-new-tool-for-social-control-a-credit-rating-for-everything-1480351590

 


L'article suivant montre que cette initiative est le prolongement logique des doctrines précédentes de "social management"
(beaucoup de blabla du PCCC)

https://jamestown.org/program/managing-the-state-social-credit-surveillance-and-the-ccps-plan-for-china/

 

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désolé pour le pavé :)
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Ca tombe bien je viens de voir l'épisode "Chute libre" de l'excellente série "Black Mirror" (c'est le premier de la saison 3 je crois, chaque épisode est totalement indépendant), c'est exactement le sujet, une société ou chacun dispose d'un score social en fonction des notes émises par des tiers. A regarder (c'est sur Netflix).

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Fichage de données : c’est illégal, mais cela ne vous regarde pas

Le cas de Camille Polloni, journaliste au média en ligne « Les Jours », illustre les limites du « droit d’accès » pourtant consacré par la loi.

Le Monde | 18.11.2017 à 11h35 • Mis à jour le 18.11.2017 à 13h11 | Par Jean-Baptiste Jacquin

Est-il possible en France, lorsqu’une administration ou un service de renseignement détient « illégalement » des informations sur un citoyen, que celui-ci puisse savoir de quoi il s’agit ? Rien n’est moins sûr. Le cas de Camille Polloni, journaliste qui suit les sujets concernant la police, la justice et le terrorisme sur le média en ligne Les Jours, illustre les limites du « droit d’accès » pourtant consacré par la loi. Au point qu’elle a déposé vendredi 17 novembre une plainte contre X auprès du parquet de Paris pour « collecte illégale de données », « atteinte à la vie privée » et « destruction de preuve ».

Au terme de six années de procédures devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) puis les juridictions administratives, le Conseil d’Etat a rendu le 8 novembre un arrêt affirmant « que des données concernant Mme Polloni figuraient illégalement » dans les fichiers de la direction du renseignement militaire. Il a donc ordonné « à la ministre des armées » de les effacer. Mais pas question pour Mme Polloni de savoir sur quoi portaient ces données la concernant.

En procédure depuis 2011

La journaliste avait engagé en 2011 une procédure devant la CNIL, comme la loi l’y autorise, pour s’assurer que l’administration ne détenait pas d’informations erronées la concernant, voire des données sur ses sources. Dans les fichiers simples de police, la seule trace la concernant était celle d’une plainte pour vol de téléphone portable qu’elle avait déposée. Mais le ministère de l’intérieur et celui de la défense ont refusé de lui communiquer les éventuelles informations la concernant dans leurs fichiers de renseignement. Dans ce cas, la CNIL ne peut même pas dire à la personne si oui ou non des informations la concernant existent dans ces fichiers.

Le Conseil d’Etat dispose depuis début 2016 d’une formation spéciale habilitée secret défense créée par la loi renseignement. Elle peut vérifier le contenu des informations détenues dans ces fichiers. C’est déjà ça. Mais ce n’est que ça. A ce jour, elle a été saisie de 199 dossiers sur les fichiers concernant la sûreté de l’Etat.

 

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 et « destruction de preuve ».

[...]

Au terme de six années de procédures devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) puis les juridictions administratives, le Conseil d’Etat a rendu le 8 novembre un arrêt affirmant « que des données concernant Mme Polloni figuraient illégalement » dans les fichiers de la direction du renseignement militaire. Il a donc ordonné « à la ministre des armées » de les effacer.

Effectivement, on peut se demander s'il n'y a pas un os dans cette procédure vis-à-vis de la légalité.

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Le 20/11/2017 à 19:18, Rob1 a dit :

Effectivement, on peut se demander s'il n'y a pas un os dans cette procédure vis-à-vis de la légalité.

Il me semble que c'est la loi renseignement qui a permis à la journaliste de saisir directement le conseil d'état pour faire controler son cas. C'est un des (quelques) aspects positifs de cette loi.

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Uber révèle que les données de 57 millions d'utilisateurs ont été piratées

San Francisco - Le PDG d'Uber a révélé mardi que les données de 57 millions d'utilisateurs à travers le monde ont été piratées à la fin 2016.

Parmi les 57 millions d'utilisateurs figurent 600.000 chauffeurs dont les noms et numéros de permis de conduire ont été piratés. Les noms des utilisateurs ainsi que leurs adresses électroniques et numéros de téléphone mobile ont été subtilisés, a indiqué Dara Khosrowshahi, dans un communiqué.

Sur le base d'expertises externes, le patron affirme que l'historique des trajets, les numéros de cartes et de comptes bancaires, les numéros de sécurité sociale et les dates de naissance des utilisateurs n'auraient en revanche pas été piratés.

M. Khosrowshahi, qui a été nommé à la tête d'Uber fin août, souligne qu'il a été informé "récemment" de cet incident.

Il précise que deux individus ne faisant pas partie de l'entreprise seraient responsables de ce piratage.

"L'incident n'a pas atteint les systèmes de l'entreprise ni son infrastructure", ajoute-t-il par ailleurs.

Selon Bloomberg, Uber aurait payé 100.000 dollars les hackers afin qu'ils ne divulguent pas cet incident, une information qui n'a pas été confirmée par Uber.

Ce piratage est le dernier d'une longue série aux Etats-Unis. Début septembre, c'est l'entreprise Equifax, qui récolte et analyse les données personnelles de clients qui sollicitent un crédit, qui avait révélé une intrusion de mi-mai à fin juillet dans ses bases de données. Les informations personnelles (noms, numéros de sécurité sociale, dates de naissance...) de plus de 145 millions de clients américains et d'autres au Canada et au Grande-Bretagne avaient alors été dérobés.


(©AFP / 21 novembre 2017 23h51)

 

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Google collecte, encore, sans prévenir :

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Le site américain Quartz révèle, mardi 21 novembre, que les téléphones utilisant Android, le système d’exploitation de Google, ont collecté depuis le début de l’année et à l’insu de leurs possesseurs des informations sur les antennes-relais utilisées par leur téléphone. Ces données étaient collectées y compris lorsque l’utilisateur avait désactivé les fonctionnalités de géolocalisation, et il n’était pas possible de bloquer cette collecte.

C’est plus précisément la partie d’Android qui gère la réception de notifications qui collectait ces informations, depuis une mise à jour au début de 2017 censée améliorer la performance d’envoi des notifications. Interrogé par Quartz, Google affirme que ces données n’ont jamais été stockées ni utilisées, et que cette collecte serait stoppée d’ici à la fin de novembre.

Je n'ai pas été voir quelles versions étaient concernées.

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Il y a eu une conférence très intéressante sur le contrôle du renseignement à Grenoble

avec du beau monde comme intervenants, dont Jean Marie Delarue, ancien président de la CNCIS, et Francis Delon, président actuel de la CNCTR (et ancien SGDN qui a selon toute probabilité lancé l'écoute des cables internet en France, il faut le rappeler).

 

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Florilège des pires intrusions à la vie privée, vraiment commises par la silicone valley (pas des canulars) . 

  • Genre faire le lien avec les identités secrètes des gens (prostituées, mais on peut imaginer que c'est arrivé aux dissidents).
  • Plein d'abus de vie privée par uber
  • Purger des oeuvres d'orwell de tous les kindle... 

https://mobile.twitter.com/hypervisible/status/946822278582603777

 

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une petite techno sympa qui nous vient de chine :

police-chine-lunettes-reconnaissance-fac

Citation

[...]

Cet outil permet d’identifier une personne recherchée dans les endroits les plus encombrés, comme une gare ou un aéroport, mais également là où les caméras de surveillance, pourtant nombreuses sur le territoire, restent aveugles.

Son fonctionnement est simple, mais redoutable : en quelques secondes, les lunettes automatisent le processus d’identification des passants avec une précision sans pareille. Lorsque le/la policier(e) regarde dans une direction, la caméra prend des mesures précises de la largeur et de la profondeur du visage avant de les comparer à une base de données d’individus identifiés.

Et pour ne pas perdre de temps, cette base de données est embarquée dans le petit boitier situé sur la branche de la lunette, réduisant du même coup le temps de communication et son traitement depuis des serveurs distants.

[...]

https://www.journaldugeek.com/2018/02/08/police-chinoise-desormais-dotee-de-lunettes-a-reconnaissance-faciale/

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Bon comme vous le savez le niveau des mers montent et la population mondiale augmente. La population urbaine cotière devrait donc augmenter et gagner en importance.
 

Citation

 

L'armée américaine veut transformer les espèces marines en espions

Les militaires américains lancent un nouveau programme de surveillance très "bio". Le but : utiliser les espèces marines comme un vaste réseau de capteurs naturels capable de détecter l'intrusion de véhicules sous-marins ennemis près des côtes.

SURVEILLANCE. Et si les poissons, les coraux, les crustacés et autres mollusques marins étaient recrutés par les militaires pour surveiller les côtes ? C'est la dernière idée de la fameuse Agence pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa) qui dépend de l'armée américaine. Baptisé PALS pour Persistent Aquatic Living Sensors (capteurs aquatiques vivants et persistants), ce nouveau programme prévoit d'exploiter les capacités naturelles des organismes vivants pour percevoir leur environnement au profit de la surveillance et de la défense du littoral américain. Effectivement, la plupart des espèces marines sont dotées de capteurs très performants, capables de détecter un mouvement, une odeur, un bruit ou encore une silhouette, révélateurs entre autres, de la présence d'un prédateur ou d'une proie. Par exemple, les poissons disposent le long du corps, d'une ligne latérale qui leur permet de percevoir les moindres variations hydrodynamiques (vitesse, pression) du milieu ainsi que les sons (vibrations). Certaines espèces sentent d'infimes variations du champ électrique ou du champ magnétique qui les entoure.

Leur immense atout : l'ubiquité

Autant de capteurs vivants qui font rêver les militaires, non pas pour détecter des poissons, des méduses ou des poulpes, mais plutôt des mini-sous-marins autonomes ou toutes autres menaces ennemies pouvant venir de la mer. Car l'immense atout des organismes marins, c'est leur ubiquité : la vie est présente tout le temps et partout, de la surface jusqu'aux abysses. Autres avantages : elle s'adapte aux changements du milieu, ne nécessite aucun entretien et se reproduit toute seule. À l'inverse, les systèmes de surveillances conventionnels, que ce soit des microphones, des caméras, des sonars, des satellites ou encore des radars, ne peuvent être aussi exhaustifs. Ils exigent d'être constamment alimentés en énergie, entretenus voire remplacés. En plus leur mise en œuvre demande beaucoup de moyens tant humains que matériels. “L'approche actuelle de la marine américaine pour détecter et suivre des véhicules est centrée sur le matériel et sur des ressources importantes. En conséquence, les capacités sont essentiellement utilisées à un niveau tactique pour protéger des équipements de grande valeur comme par exemple un porte-avions, et moins à un niveau stratégique, plus large,” explique, dans le communiqué de la Darpa, Lori Adornato, la chercheuse responsable du projet PALS.

La Darpa n'exclut pas de modifier des organismes vivants

La Darpa ne donne pas de détail sur les technologies qu'elle compte employer ou développer pour ce programme. Toutefois, le but annoncé est, dans un premier temps, d'évaluer les capacités de détection des organismes. Mais il faudra aussi mettre au point des technologies matériels, des logiciels, des algorithmes capables de traduire l'information provenant des organismes marins pour être en mesure de l'exploiter. La Darpa va donc commencer par analyser les variations du comportement des ces espèces face aux passages de véhicules sous-marins. Pour cela, elle prévoit de déployer un système permettant de collecter les signaux émis par les espèces intéressantes et ce jusqu'à 500 mètres de distance. Pour éviter les faux positifs, cet ensemble de capteurs biologiques et non biologiques devra non seulement détecter les objets passant dans les parages mais aussi distinguer les véhicules ciblés, de tous les débris sans intérêt ou de grosses espèces comme des requins, des lions de mers, des dauphins pouvant circuler librement dans ces mêmes eaux. L'agence américaine souhaite favoriser l'utilisation d'organismes naturels, mais n'exclut pas la possibilité de les modifier pour qu'ils correspondent à ses besoins. Cependant, elle assure que s'il devait y avoir des tests avec des organismes modifiés, ils seraient réalisés en milieu confiné. Le programme PALS devrait ainsi durer quatre ans mêlant recherche en biologie, chimie, physique, intelligence artificielle, océanographie, ingénierie etc. Le projet, annoncé début février commencera début mars par une grande réunion à Arlington (Virginie) à laquelle participeront les laboratoires et entreprises qui souhaitent faire des propositions.

 

Source: Sciences & Avenir

Bien entendu, cette...euh... technologie devrait être mise à disposition des entreprises à un moment ou un autre.

Vous imaginez la combinaison du dauphin espion et du système de cotation civique dans le style du crédit social chinois?

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L'Inde s'y met aussi.
Bloomberg a repéré un appel d'offre indien, pour un outil de surveillance des réseaux sociaux.

(RFP ; les specs des fonctions demandées sont en page 30 )
http://www.becil.com/uploads/tender/TendernoticeBECIL01pdf-04836224e38fdb96422221c4e057f6c5.pdf

En soit, ça aurait pu être une précaution purement défensive, sage à l'ère des fake news.
(même si les chinois ne semblent pas aussi actifs que les russes en matière de fake news, propagande, et influence d'élections étrangères).

Le hic, c'est que l'outil va bien au-delà de la défense.

Sa mission : « inculquer le sentiment nationaliste aux masses » (page 34 du RFP), mais aussi « neutraliser, contrer ou anticiper [les] blitzkrieg médiatiques des adversaires de l’Inde » et améliorer la réputation du pays dans le monde entier. (support de 12 langues demandées, dont le français et chinois...)

Du coup, on lui demande des fonctions pour intervenir sur les réseaux sociaux : poster, détecter les "influenceurs", et les "traquer à 360°", anticiper l'impact de "breaking news" sur la population...
Plus les fonctions à la mode : IA de surveillance, machine learning, etc.
 

Sources:

https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/06/12/l-inde-s-apprete-a-jouer-les-big-brother_5313379_4497186.html

https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-05-29/india-wants-a-new-media-command-room-to-help-boost-nationalism

PS pour @Picdelamirand-oil et de ceux qui connaissent l'Inde :
L'article du monde parle de 550MEUR dépensé en 4 ans pour l'auto promotion du PM Modi.
Kesako ?
C'est normal dans les pratiques indiennes ?

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Le modèle chinois de surveillance de population commence à s'exporter, notamment en Afrique.

Premiers contrats de villes connectées ... avec systèmes de reconnaissance faciale au Zimbabwe (société CloudWalk Technology et Hikvision).
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/07/09/le-big-brother-chinois-s-installe-dans-les-rues-et-les-foyers-africains_5328467_3212.html

Tiens, faudra que je parle du volet infrastructures IT/télécoms  de Belts & Roads... Un jour, quand j'aurais le temps ...

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Reprise de l'autre sujet (que je vais supprimer)

il y a 50 minutes, koojisensei2 a dit :

Je déterre un sujet qui date un petit peu mais que je trouve très intéressant. 
Mon avis est que bien entendu nous sommes tous surveillé sans exception par les services secrets. A votre avis, comment ils font pour déjouer des attentats si ce n'est une surveillance de masse automatisé.

A priori, les systèmes de surveillance de masse de toute la population française n'étaient pas légaux (*) en France jusque vers ... 2016 je crois (avec la loi Renseignement sur les "boîtes noires" censées être sélectives).
(* l'illégalité n'aurait pas stoppé les SR, mais ça aurait fait un gros scandale : le contexte français est très différent de celui de la Chine...)

En théorie, les SR français surveillent par divers moyens, notamment les indicateurs, les fréquentations de forum / canaux de communication djihadistes, des infiltrations de ces forums, et l'écoute de Telegram par exemple...
 

il y a 50 minutes, koojisensei2 a dit :

D'autre part, les Gafa nous surveillent aussi étroitement en tant qu'entreprise privé. Seulement, en France, je ne crois pas qu'il y a aujourd'hui un croisement des informations entre les différents services. Mais je peux me tromper.

A priori, en France, il y a peu d'échange d'information entre les GAFA et les autorités, sauf réquisition judiciaire.
Cad, à ma connaissance, les GAFA signalent peu de cas aux autorités de leur propre initiative. (sauf cas spécial qui fait l'unanimité type pédophilie, etc)

Là encore, on le voit avec les scandales autour de la vie privée en Occident, les GAFA (côté réseau social) ne peuvent pas admettre de surveiller et encore moins dénoncer leurs utilisateurs aux autorités.
Sous peine d'exode massif d'utilisateurs.

Là encore, les GAFA chinoises ont un avantage immense sur les occidentaux sur ce point.
 

il y a 50 minutes, koojisensei2 a dit :

Le résultat de tout ca est qu'a mon avis, à un moment donné dans quelque année, on aura un profil tellement précis de chacun de nous que le IA qui nous surveille risque de nous connaitre encore mieux nous même. Avant même que nous ne prenions certaine décision, le IA sera capable de le prévoir. 

Oui.
Mais seuls les régimes autoritaires pourront déployer et utiliser ouvertement ces IA pour le contrôle de population.

Les occidentaux ne le pourront pas (sauf s'ils basculent tous sur des régimes populistes autoritaires style Trump/AfD/Poutinophiles/ ou extrême gauche pour ne pas faire de jaloux :dry:)

D'ailleurs, comme noté plus haut, les systèmes chinois commencent à s'exporter en Afrique... et ça promet d'être des best seller.

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Il y a 2 heures, rogue0 a dit :


Mais seuls les régimes autoritaires pourront déployer et utiliser ouvertement ces IA pour le contrôle de population.

Les occidentaux ne le pourront pas (sauf s'ils basculent tous sur des régimes populistes autoritaires style Trump/AfD/Poutinophiles/ ou extrême gauche pour ne pas faire de jaloux :dry:)

D'ailleurs, comme noté plus haut, les systèmes chinois commencent à s'exporter en Afrique... et ça promet d'être des best seller.

Je pense qu'il ne s'agit que d'une question de temps. Il y a des évolutions qui sont inévitable à long terme et malheureusement, la surveillance de la population en fait partie. Cela prendra peut etre des dizaines d'années mais je n'ai aucun doute que ça se fera. La seul question est de savoir comment la population va être surveillé, le degré d'automatisation.

 

Après pour tout dire, tout est jamais blanc ou noir. La sécurité sera surement amélioré au détriment de la liberté quoique que je ne suis pas sur que ça se ressentirai pour un citoyen lambda. Plus que la surveillance de masse, ca sera les dérives qu'il faudra savoir se battre.

Modifié par koojisensei2
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Le ‎02‎/‎08‎/‎2018 à 18:34, koojisensei2 a dit :

Les occidentaux ne le pourront pas (sauf s'ils basculent tous sur des régimes populistes autoritaires style Trump/AfD/Poutinophiles/ ou extrême gauche pour ne pas faire de jaloux :dry:)

Euh... Tu as oublié les lois antiterroristes. Et l'économie de surveillance.:rolleyes: Sans compter les Japonais qui s'efforcent de créer une sorte de "Tron" pour se protéger des supermalwares: tu crois que les pays occidentaux ne les ont pas imité?

Donc, si, on pourra déployer les IA sans verser dans la dictature ou l'idiocratie. Pour la France, en tout cas, je ne sera pas plus choquant que la façon dont elle a acquis la bombe atomique Le problème est plus financier et scientifique qu'éthique.:sleep:

 

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il y a 59 minutes, Lame a dit :

Euh... Tu as oublié les lois antiterroristes. Et l'économie de surveillance.:rolleyes: Sans compter les Japonais qui s'efforcent de créer une sorte de "Tron" pour se protéger des supermalwares: tu crois que les pays occidentaux ne les ont pas imité?

Donc, si, on pourra déployer les IA sans verser dans la dictature ou l'idiocratie. Pour la France, en tout cas, je ne sera pas plus choquant que la façon dont elle a acquis la bombe atomique Le problème est plus financier et scientifique qu'éthique.:sleep:

 

C'est bien ce que je disais, une évolution dans une société de plus en plus surveillé, est inévitable que l'on reste dans une démocratie ou pas. 

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En fait, l'hypersurveillance officielle est inévitable dès lors qu'au moins une organisation publique ou privée remplit les conditions suivantes:

a. Avoir une motivation pour mettre en oeuvre l'hypersurveillance.

b. Avoir les moyens financiers d'y recourir.

c. Maîtriser de la technologie nécessaire.

d. Etre capable de contrer les procédés de contre-surveillance.

e. Ne pas butter sur l'opposition légale ou populaire à l'hypersurveillance.

L'hypersurveillance est aussi inévitable que les lance-missiles portables mais sa pérennité et son efficacité à long terme ne vont pas de soi.

Comme indiqué plus haut, l'Afrique commence à se convertir à l'hypersurveillance et qu'elle subira les ratés de l'hypersurveillance bien avant la Chine et Singapour parce que les Gouvernements et entrepreneurs africains sont loin d'être d'en une situation optimale pour mettre en oeuvre des systèmes aussi complexes. Le fait que les technologies ne soient ni africaines ni forcément maîtrisées par les utilisateurs africains poseront certains problèmes.

Néanmoins, je relève qu'après avoir joué un rôle précurseur dans l'économie des smartphones (M-pesa au Kenya) et dans le transport par drone autonome (droneport au Rwanda), l'Afrique connaît un boom de l'hypersurveillance high tech. Sans compter le développement de l'automatisation industrielle. L'Afrique n'est pas seulement bien mieux partie que l'Europe pour créer fédération continentale. Elle est aussi en passe de passer à l'économie 5.0. avant l'Europe. Autant dire que la vision misérabiliste de l'Afrique en Europe est complètement dépassée en plus d'être un défaut au plan géopolitique.

Sujet connexe: Technologie africaine: improvisation et innovation

 

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Le 17/07/2018 à 02:39, rogue0 a dit :

Le modèle chinois de surveillance de population commence à s'exporter, notamment en Afrique.

Premiers contrats de villes connectées ... avec systèmes de reconnaissance faciale au Zimbabwe (société CloudWalk Technology et Hikvision).
https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/07/09/le-big-brother-chinois-s-installe-dans-les-rues-et-les-foyers-africains_5328467_3212.html

Tiens, faudra que je parle du volet infrastructures IT/télécoms  de Belts & Roads... Un jour, quand j'aurais le temps ...

Tiens, les systèmes chinois font aussi un carton en amérique latine.

L'Equateur a créé le ECU911, un réseau de 16 centres d'urgence style 911, centralisant la vidéo surveillance de points vitaux du pays (aéroports, etc) 4300 caméras.
Les fournisseurs sont chinois (contrat de 240M$), et fournissent aussi les technologies de reconnaissance faciale déjà déployés en Chine.

En leur honneur, ces centres semblent avoir rendu service à la population (baisse du crime? enfants égarés ? surveillance des volcans, etc).
Et il n'y a aucun eu aucun rapport signalant un abus de cette technologie pour contrôler la population.

Mais en cas de changement de pouvoir politique, le potentiel est là... à une mise à jour logicielle près.

La Bolivie, le Chili, le Zimbabwe et le Cambodge s'équipent en système de vidéosurveillance chinoise.

 

Craignant les piratages / espionnages, les USA ont interdit l'usage des matériels de vidéosurveillance des 2 plus grands fournisseurs chinois (Dahua et Hikvision) (sur le modèle des interdictions de Kaspersky, Lenovo, Huawei)
 

sources

https://foreignpolicy.com/2018/08/09/ecuadors-all-seeing-eye-is-made-in-china/

https://ipvm.com/reports/china-ecuador?code=cr

http://www.xinhuanet.com/english/2018-01/19/c_136908255.htm

https://foreignpolicy.com/2018/07/24/beijings-big-brother-tech-needs-african-faces/

https://www.khmertimeskh.com/50488873/china-to-help-install-security-cameras-nationwide/

 

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Le 08/02/2018 à 13:33, rendbo a dit :

A ce sujet, cet article n'apporte pas grand chose de neuf ... mais précise que plusieurs de ces technologies sont encore loin d'être pleinement opérationnelles.
Par contre, la peur du gendarme fonctionne (encore mieux) qu'en France : la simple possibilité de la vidéosurveillance par reconnaissance faciale suffit à réduire les incivilités, ou faire craquer les suspects.

Par exemple : lesdites lunettes ne marchent actuellement que sur un suspect à l'arrêt plusieurs secondes (et sur une poignée de suspect à la fois)

Et le panneau brocardant les piétons traversant hors des clous repasse en boucle des vieux cas...
Il faut parfois 6 jours de recherche (manuelle) pour reconnaître quelqu'un.

https://www.nytimes.com/2018/07/08/business/china-surveillance-technology.html

 

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Big Data Made in China, pour quelques centaines d'euros, tu peut avoir avoir les données privés de ton voisin... : L'article date de  janvier 2017, y a t'il eu des progrès depuis ?

https://www.france24.com/fr/20170112-chine-donnees-personnelles-sont-vendues-seulement-quelques-yuans-le-marche-noir

Une enquête menée en décembre par deux journalistes d'investigation chinois pour le compte du Southern Metropolis Daily, un journal de Canton, dans le sud de la Chine, révèle qu'il est devenu excessivement facile d'acheter sur le marché noir les données personnelles de n'importe quel citoyen dès lors qu'on connaît son numéro d'identité.

Pour une poignée de yuans

En un clic sur une publicité et 700 yuans (95 euros), Rao Lidong et Li Ling récupèrent des données concernant l'un de leurs collègues. Parmi elles : l'historique des hôtels visités, les vols empruntés, les cybercafés utilisés, ses passages de frontières, les appartements loués, les propriétés détenues et même certains dépôts de cash. Le collègue en question a confirmé que chaque information était véridique. Pour quelques deniers supplémentaires, le service en question propose même de révéler avec qui la personne ainsi traquée est descendue à l'hôtel et de fournir les scans des documents officiels effectués lors de l'arrivée. Fouiller dans la vie d'un ami, d'un fiancé, d'un futur employé semble n'avoir jamais été aussi facile.

Un autre service a été testé par les deux journalistes : la localisation en temps réel de l'utilisateur à partir d'un simple numéro de télèphone et pour 700 yuans également. Encore une fois, les informations obtenues étaient étonnamment précises. En somme, n'importe qui peut aujourd'hui se rêver en Big Brother en Chine.

On pourrait croire que ce genre de services serait difficile à dénicher ou confiné dans des recoins obscurs du Web, mais il n'en est rien : ils effectuent des réclames publicitaires sur certaines plateformes parmi les plus utilisées en Chine telle l'application de messagerie instantanée WeChat (800 millions d'utilisateurs) ou le réseau de microblogging Weibo (300 millions).

D'où viennent les données ?

David Bandurski, chercheur au China Media Project de Hong Kong et spécialiste de l'Internet chinois, a relayé et traduit l'enquête menée par les journalistes. Il y souligne qu'au vu des données collectées telles que voyages en avion ou les passages de frontières effectués, il est fort probable que les personnes qui offrent ces services recueillent directement ces informations à partir des bases de données du gouvernement ou de la police nationale. Ce qui laisse deux hypothèses tout aussi peu rassurantes l'une que l'autre, selon lui : soit des hackers ont accès à ces bases de données sensibles, soit les autorités, elles-mêmes, ou tout du moins des fonctionnaires y ayant accès, les exploitent à des fins mercantiles.

VOIR AUSSI : Facebook serait prêt à tout pour revenir en Chine, même coopérer avec la censure

Comme le souligne CBS, l'écosystème de l'Internet chinois est conçu autour de la collecte de données et d'une surveillance généralisée. "On peut aller encore plus loin", explique Ronald Deibert, du Citizen Lab de Toronto, un institut surveillant la liberté sur Internet. "Les médias sociaux et toute l'infrastructure numérique de Chine est bâtie pour appuyer le régime."

Son équipe a décortiqué les processus utilisés par les applications les plus populaires en Chine tel que Wechat. Ils ont mis au jour les méthodes utilisées par le régime pour censurer les contenus. Pour le chercheur, les autorités chinoises ont "à leur disposition des données complètes sur ce que fait chaque individu à son micro-niveau et à une étendue jamais vue jusqu'ici". Dans la plupart des cas, ce sont les géants du Web chinois eux-mêmes qui traquent leurs utilisateurs. Et aujourd'hui, ces données se retrouvent aujourd'hui dans la nature.

Un aperçu du futur promis par le big data ?

Pour le chercheur canadien, cette collecte systématique des données pose problème : "C'est le contrepied total de la philosophie de minimisation des données [de mise dans la plupart des États soucieux de protéger la vie privée], collecter uniquement ce dont on a besoin et ne les garder que le temps requis pour une opération spécifique avant de les effacer." Une logique qui permet, en les limitant, de minimiser les risques de surveillance via ces données.

Certes, en Chine, la loi et la Constitution sont censées protéger la vie privée des citoyens. Pourtant, dans les faits, c'est loin d'être le cas. Lorsque les journalistes ont alerté les autorités sur leurs découvertes, la police a refusé de commenter.

Certains médias tels que le Washington Post font le lien entre ces révélations et un projet du gouvernement chinois : exploiter l'ensemble des données collectées sur Internet pour attribuer à chacun des citoyens une note ou un crédit. À la manière des applications de Blablacar ou d'AirBNB, cette note permettrait d'évaluer si le citoyen est une bonne personne – selon le gouvernement– en s'appuyant sur son historique d'amendes, d'infractions ou de commentaires et de photos émises sur les réseaux sociaux. Selon The Independent, ce système s'accompagnerait de petites récompenses pour les bons élèves tels que des allégements de procédures administratives voire des punitions pour les mauvais élèves du système, comme un ralentissement de la connexion Internet.

Modifié par collectionneur
2017, pas 2018
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Le 12/06/2018 à 11:06, rogue0 a dit :

L'Inde s'y met aussi.
@Picdelamirand-oil

Citation

 

Big Brother : l’Inde en marche décomplexée vers l’État de surveillance généralisé

Dans quelques années, l’Inde pourrait devenir le pays le plus connecté au monde. De quoi inciter son gouvernement à anticiper le grand boom en verrouillant dès à présent la surveillance de sa population. Son logiciel de surveillance maison n’est pas encore dans les tuyaux ? Qu’à cela ne tienne, le pouvoir fait avec les moyens du bord, en l’occurrence l’application NaMo, préinstallée sur les smartphones du nouvel opérateur Jio et déjà téléchargée plus de 5 millions de fois.

(...)

Un milliard de mobinautes

En avril, le gouvernement indien a diffusé un appel d’offres pour s’offrir un logiciel d’éducation et de surveillance des masses. Plus précisément, comme le révèle Le Monde, « un programme capable de surveiller et d’influencer les opinions sur Internet et les médias sociaux ». Sa mission ? « Inculquer le sentiment nationaliste aux masses », mais aussi « neutraliser, contrer ou anticiper [les] blitzkrieg* médiatiques des adversaires de l’Inde ».

Comment ? En aspirant un maximum de données – toutes les « conversations » de la toile, aussi bien sur les forums, les réseaux sociaux et les sites d’actualité – qui seront ensuite stockées dans un « centre de données privé » et traitées pour décider ensuite de la meilleure marche à suivre.

Outil de surveillance étatique

Les données seront triées par informations « positives », « neutres » ou « négatives ». Les « influenceurs » seront particulièrement ciblés par les autorités indiennes. Détectés grâce à leur audience et leur activité, ils seront épiés en permanence à « 360 degrés » et leur activité en ligne (réseau, conversations) sera intégralement archivée.

Le traitement de cette montagne de données s’effectuera via un outil de traitement automatique du langage mêlant « la linguistique, l’informatique et l’intelligence artificielle », précise encore le quotidien. Cet outil devra être capable de distinguer les données qui relèvent des « opinions » ou des « sentiments ».

Riposter et anticiper

Une petite armée humaine sera chargée de veiller au grain, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, dans un centre de commandement comprenant une vingtaine d’employés. Plus de 700 agents seront quant à eux répartis dans les 682 districts que compte l’Inde.

Le gouvernement espère ainsi pouvoir humer l’air du temps grâce aux six comptes rendus qui lui seront délivrés chaque jour. L’idée est de pouvoir riposter en cas de crise, via une procédure de « récupération de la publicité négative », notamment en activant des influenceurs chargés de prêcher la bonne parole gouvernementale. Il s’agit également d’anticiper les éventuels impacts négatifs que pourraient avoir les unes et articles de la presse étrangère sur l’opinion, tout en identifiant localement leur réseau d’influence.

NaMo, l’app qui cache les données

En attendant de trouver l’entreprise qui concevra cet outil de surveillance des populations, le gouvernement s’appuie sur l’application mobile NaMo, pour Narenda Modi, du nom du Premier ministre indien qui l’a lancée et popularisée en 2015. Si elle permet aux utilisateurs de poser des questions au Premier ministre, mais aussi de suivre ses discours ou de recevoir des messages de la part de ses équipes, d’autres aspects ne bénéficient pas d’autant de publicité, et pour cause.

Baptiste Robert alias Elliot Alderson sur Twitter, a débusqué une faille de sécurité importante sur l’application téléchargée plus de 5 millions de fois. Si l’utilisateur est invité à renseigner un certain nombre de données lors de l’inscription, allant du nom, au lieu de résidence en passant par son mail et sa géolocalisation, l’application assure ne pas les partager avec des tiers. Or, non seulement elle transmet ces données à une société, CleverTap, basée aux États-Unis (mais fondée par trois Indiens) sans en informer l’utilisateur et/ou recueillir son consentement, mais les données transmises se révèlent particulièrement intrusives.

 

Source: Journal du Geek

 

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