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Politique étrangère de la France


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Je vais en vexer certains mais vous avez la mémoire courte !

Ce n'est pas la première fois qu'un politique étranger envoie ce genre de pique à la France, mon préféré c'est lors du conflit diplomatique Franco/Etat-uniens sur la guerre en Irak ou McCain a fait une métaphore durant un débat sur le fait que la France avait quitte l'Histoire (avec un grand H s'il vous plait) depuis la SGM. Et une frange des représentants états-uniens n'étaient pas très disposé envers la France, le pire fut Bob Ney ... mais cela fait sourire maintenant qu'on connait la suite de l'histoire surtout pour le cas Bob Ney.

Le 13/08/2022 à 01:24, Ciders a dit :

Quant au dogme officiel et au reste, juste préciser qu'en France on n'a pas massacré quelques centaines de milliers de personnes dans les années 1960 parce que communistes. :happy:

Euh, je ne crois pas que ce genre de concours soit à notre faveur ... car dans la même période la France ne faisait pas mieux dans un ancien département, et dix ans plus tôt dans une de ses colonies.

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Il y a 4 heures, Rochambeau a dit :

Euh, je ne crois pas que ce genre de concours soit à notre faveur ... car dans la même période la France ne faisait pas mieux dans un ancien département, et dix ans plus tôt dans une de ses colonies.

Comparer la répression de mai 1945 en Algérie au nettoyage du PCI par Suharto ? C'est un petit peu osé à mon humble avis. On n'est pas du tout sur les mêmes chiffres ni sur la même méthodologie.

Ceci dit, tout le monde s'en fiche de Suharto ou de Mao dans les cercles critiquant l'Occident. La mort en Chine ou en Indonésie fait moins recette. Et là pourtant, il y aurait de quoi faire niveau soft power pour affaiblir le régime chinois par exemple.

Edited by Ciders
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il y a 3 minutes, Ciders a dit :

Comparer la répression de mai 1945 en Algérie au nettoyage du PCI par Suharto ? C'est un petit peu osé à mon humble avis. On n'est pas du tout sur les mêmes chiffres ni sur la même méthodologie.

La question n'est pas de comparer mais rappeler que niveau cadavre dans le placard (dans la même période) ce n'était pas mieux coté français, et à vrai dire je faisais plus mention à la Guerre d'Algérie (qu'on appelait alors évènements d'Algérie) dans son ensemble et la Guerre d'Indochine.

il y a 9 minutes, Ciders a dit :

Ceci dit, tout le monde s'en fiche de Suharto ou de Mao dans les cercles critiquant l'Occident. La mort en Chine ou en Indonésie fait moins recette. Et là pourtant, il y aurait de quoi faire niveau soft power pour affaiblir le régime chinois par exemple.

Question de temporalité,

Notre empreinte est encore trop récent pour ce calmer de sitôt dans les esprits de nos anciennes colonies et pays qui ont subi nos influence. La Chine elle peut pour l'instant jouer sur sa soi-disant virginité car elle fut un temps victime aussi de notre impérialisme, d'ailleurs avant c'était les Etats-Unis qui avait cette image durant le vingtième siècle .

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  • 3 weeks later...

Le même rappel par Cabirol :

 

Coopérations dans la défense : comment l'Allemagne s'éloigne de la France

Le discours prononcé par Olaf Scholz à Prague ne contribue pas à rapprocher les positions entre l'Allemagne et la France dans le domaine de l'armement. Bien au contraire. Berlin semble vouloir marginaliser Paris dans des domaines cruciaux comme la défense aérienne et surtout en matière d'exportations.

Révélation

Prononcé lundi à Prague, le discours du chancelier allemand est doublement important pour la défense européenne. Important pour ce qu'Olaf Scholz propose mais aussi tout aussi important - sinon plus - sur ce qu'il ne dit pas (volontairement ?). Le chancelier appelle à une rationalisation des acquisitions d'armement en Europe. « Nous avons besoin d'une meilleure synergie en Europe en ce qui concerne nos capacités de défense. Nous devons renforcer notre interopérabilité », a-t-il expliqué à Prague. Pourquoi ? « Par rapport aux États-Unis, il y a beaucoup plus de systèmes d'armes différents dans l'UE. C'est inefficace, car cela signifie que nos troupes doivent s'entraîner sur des systèmes différents. L'entretien et les réparations sont également plus coûteux et difficiles », a-t-il précisé.

Les outils pour mettre en musique cette rationalisation existent déjà comme l'Agence européenne de défense (AED), le Fonds de défense (FED), qui a pris son envol cette année, et surtout l'OCCAr (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) appelé, selon les vœux d'Olaf Scholz à « devenir le noyau d'une Europe de la défense et de l'armement communs ». Mais le chancelier allemand souhaite également aller plus loin dans la coordination de la politique de défense des États membres. « Nous avons besoin d'un Conseil des ministres de la défense » pour développer et mettre en œuvre « une coordination encore plus étroite au niveau européen ». Ce vœu englobe aussi le niveau opérationnel. Ce qui est une vraie évolution de Berlin, qui depuis la guerre en Ukraine fait tomber les tabous.

« L'Allemagne travaillera avec d'autres États membres pour faire en sorte que la force de réaction rapide de l'UE soit prête à être projetée en 2025 - et fournira les troupes nécessaires à son déploiement. Cela nécessitera une structure de commandement et de contrôle claire. Nous devons donc doter la capacité militaire de planification et de conduite de l'UE - et, à moyen terme, un véritable quartier général de l'UE - de tous les moyens financiers, personnels et technologiques nécessaires », a-t-il expliqué.

Exportations : le dessous des cartes

Une fois ces évidences énoncées - ce que demande pourtant la France depuis de très longues années sans aucun écho -, certains axes proposés par Olaf Scholz, ont de quoi hérisser les Français. Logiquement. Car Berlin tente d'imposer certaines réglementations limitant la souveraineté des États membres de l'Union européenne (UE) et s'arroge le leadership de certaines filières où la France possède un savoir-faire et une expertise de très longue date. « Je suis ici (à Prague, ndlr), dans la capitale de la présidence du Conseil de l'Union européenne, pour vous présenter, ainsi qu'à nos amis européens, quelques-unes de mes idées pour l'avenir de notre Union. Ce sont des idées, des propositions, des pistes de réflexion, pas des solutions allemandes toutes faites » a-t-il souligné.

Pour rationaliser la filière européenne de défense, Olaf Scholz demande notamment aux pays membres de l'UE de « revoir toutes nos réglementations nationales, notamment celles qui concernent l'utilisation et l'exportation de systèmes fabriqués en partenariat ». Cette proposition est une arme contre les pays qui exportent en leur âme et conscience des équipements militaires à l'international, dont la France. La proposition d'harmoniser l'exportation d'armement en Europe, une antienne en Allemagne, a encore été rappelée dans le contrat de coalition (SPD, Verts et FPD) présenté en novembre 2021. Elle va d'ailleurs faire l'objet d'une loi allemande, qui sera restrictive et gênera probablement les intérêts français puisqu'elle pourrait remettre en cause l'accord de minimis de 2019 (pas de droit de veto allemand quand la valeur de composants allemands ne dépasse pas les 20%).

Cette nouvelle loi pourrait donc à terme fermer certains marchés aux industriels français, principalement dans les pays du Moyen-Orient, où la France exporte. Et quand on sait que le modèle économique de l'industrie de l'armement française n'est viable que si elle exporte... En revanche, cette loi favorisera les exportations allemandes au sein des pays de l'OTAN, où la France n'a eu jusqu'ici que peu de succès. Et ce que l'Allemagne va mettre en œuvre chez elle, elle souhaite aussi le mettre en place au niveau de l'UE. Ce qui serait une machine de guerre mortelle pour les industriels français. D'autant que ces décisions pourraient être prises à la majorité dans l'UE (et non plus à l'unanimité), comme le préconise Olaf Scholz :

« Je pourrais imaginer, par exemple, d'instaurer le vote à la majorité dans les domaines où il est particulièrement important que nous parlions d'une seule voix. Dans notre politique de sanctions, par exemple, ou sur les questions relatives aux droits de l'homme », a-t-il expliqué.

Défense aérienne : Paris mis sur la touche par Berlin

« Outre la fabrication et l'achat en commun, nos entreprises devront coopérer encore plus étroitement sur les projets d'armement », a souligné Olaf Scholz. Mais là encore, il ne ménage vraiment pas la France quand il évoque des futures coopérations européennes. A commencer dans les systèmes de défense aérienne. « L'Allemagne concevra cette future défense aérienne de manière à ce que nos voisins européens puissent être impliqués si nécessaire - comme les Polonais, les Baltes, les Néerlandais, les Tchèques, les Slovaques ou nos partenaires scandinaves », a-t-il lancé. Curieusement, ni la France, ni l'Italie ne sont mentionnées alors que ces deux pays ont de sérieuses références dans le domaine avec le système SAMP/T, dont le champ d'action est supérieur à 100 km et armé de huit missiles supersoniques Aster 30.

C'est donc sacrément culotté d'avancer un tel argument en expliquant en outre que l'Europe a « beaucoup de retard à rattraper en matière de défense contre les menaces aériennes et spatiales ». Et c'est d'autant plus culotté que l'Allemagne a claqué la porte à MBDA (Allemagne et Italie) et son partenaire américain Lockheed Martin. Les deux industriels proposaient à Berlin le programme le MEADS pour servir de base à un futur système de défense aérienne sol-air allemand : German Taktisches Luftverteidigungssystem (TLVS). In fine, Berlin a choisi un système de défense antimissiles israélien Arrow 3 Iron Dome.

« En Allemagne, nous allons investir de manière très significative dans notre défense aérienne au cours des prochaines années. Toutes ces capacités pourront être déployées dans le cadre de l'OTAN », a-t-il fait valoir à Prague.

C'est enfin encore plus que culotté quand Olaf Scholz estime que « non seulement un système de défense aérienne développé conjointement en Europe serait plus efficace et plus rentable que si chacun d'entre nous construisait ses propres systèmes coûteux et très complexes, mais il constituerait également un gain de sécurité pour l'Europe dans son ensemble et un exemple remarquable de ce que nous entendons par renforcement du pilier européen au sein de l'OTAN ».

Coopérations : quelle exemplarité de l'Allemagne ?

En matière de coopérations européennes, notamment avec la France, l'Allemagne se révèle être un partenaire très... versatile. En dépit des promesses du conseil franco-allemand de Toulouse en juillet 2017, Berlin a renoncé à plusieurs projets lancés en coopération avec Paris (missile MHT, programme de modernisation du Tigre, projet d'un avion de patrouille maritime...). D'ailleurs, Olaf Scholz n'a cité à Prague aucun des programmes lancés en coopération avec la France comme le char du futur (MGCS) ou encore le SCAF (système de combat aérien du futur), programme dans lequel est également monté l'Espagne. Il semble lointain le temps où le chancelier expliquait en février dernier qu'« il est important pour moi (...) que nous construisions la prochaine génération d'avions de combat et de chars d'assaut en collaboration avec des partenaires européens ».

Enfin, l'Allemagne a prévu, grâce à son fonds spécial doté de 100 milliards d'euros, de réarmer la Bundeswehr en achetant des équipements sur étagère, notamment américains très coûteux : 35 F-35 (8,4 milliards de dollars), 60 hélicoptères CH-53 (5,6 milliards d'euros), jusqu'à huit avions de patrouille maritime P-8, modernisation du système antimissiles Patriot. « Les 100 milliards d'euros avec lesquels nous allons moderniser la Bundeswehr en Allemagne dans les années à venir renforceront également la sécurité européenne et transatlantique », a-t-il expliqué. Il est vrai que l'Allemagne ne jure que par l'OTAN : elle "reste le garant de notre sécurité". Soit l'alpha et l'oméga de Berlin et d'Olaf Scholz, qui a oublié volontairement (?) de citer dans son discours la dissuasion nucléaire française. Pour mieux diminuer son rôle de protection de l'Europe alors que l'Allemagne a acheté des F-35 pour continuer la mission nucléaire (bombes B61) de l'OTAN ?

 

 

Edited by herciv
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On 8/14/2022 at 11:02 AM, Manuel77 said:

De nombreux pays ont tendance à glorifier le passé. Chez nous aussi, il y a eu ces 20 dernières années beaucoup de nostalgie pour les années 1980, quand tout était soi-disant tellement mieux. Les étés étaient plus ensoleillés, les piscines en plein air plus sûres, le mark allemand avait un meilleur pouvoir d'achat, les voitures étaient en tôle plus épaisse.:rolleyes:

Vu de l'extérieur, le déficit de la France semble surtout résider dans les rigidités de son économie. Dans tous les autres domaines, elle est supérieure à l'Allemagne, surtout dans ceux qui se font sentir dans ce nouveau monde : meilleure géographie, meilleure diplomatie, meilleure armée, meilleure démographie, plus d'autarcie, plus indépendante du commerce mondial. Je pense que cet article de 2018 de Peter Zeihan est toujours valable :

https://zeihan.com/i-think-they-get-it-now-part-deux-france/

J'avais raté ce message, et je pense qu'il est très vrai, en particulier sur l'aspect nostalgique. (Mais il peint un portrait étrange de la France et des Français, trop positif et négatif en même temps. Dans les extrêmes à chaque fois j'ai l'impression...)

On 8/14/2022 at 11:02 AM, Manuel77 said:

Sa position sur les réfugiés est si hostile que peu de gens essaient de s'y rendre

Je t'avoue que je suis surpris par cette partie du message. Je sais que ce n'est pas le pays le plus accueillant, en particulier quand on ne parle pas la langue, mais je trouve le mot "hostile" un peu fort (et plutôt faux, vu la part d'immigration dans l'Histoire du pays)

On 8/14/2022 at 11:02 AM, Manuel77 said:

Mais toutes ces options exigent que les Français fassent quelque chose qu'ils ne font pas bien : agir de manière fiable et de bonne foi. Ce n'est pas ainsi que les Français ont tendance à fonctionner. La France fait pencher l'échiquier. La France change de camp. La France abandonne les causes perdues. La France abandonne ses alliés. La France extrait ce qu'elle peut quand elle peut, comme elle peut, car les Français savent qu'ils ne seront pas impliqués longtemps dans une situation particulière.

Euuuuh... :blink: Là j'ai besoin d'une explication de texte...

Quote

La France change de camp

Quand ça ?

Quote

La France abandonne ses alliés.

Quand ? Je ne suis pas un expert en Histoire, donc je peux ne pas être au courant de certains pans historiques. Mais là, j'ai du mal à voir.

J'ai même plutôt l'impression que c'est dans l'autre sens que c'est arrivé la plupart du temps : des alliés qui abandonnent la France voir la trahisse (Epoque Napoléonienne par exemple).

 

J'ai l'impression qu'il y a une méconnaissance et une incompréhension outre Rhin de la mentalité un peu plus Méditerranéenne de l'amitié et des alliances. Dans les deux cas, elles sont toujours prévus pour durer longtemps, même s'il faut les entretenir sur le long terme.

Il y a trop de fierté en jeu pour que nous donnions notre parole à la légère (du moins ça a longtemps été le cas, et je ne crois pas que les choses aient tant changé que ça.)

Edited by SLT
rajout d'explications
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il y a 8 minutes, SLT a dit :

J'ai l'impression qu'il y a une méconnaissance et une incompréhension outre Rhin de la mentalité un peu plus Méditerranéenne de l'amitié et des alliances. Dans les deux cas, elles sont toujours prévus pour durer longtemps, même s'il faut les entretenir sur le long terme.

Il y a trop de fierté en jeu pour que nous donnions notre parole à la légère (du moins ça a longtemps été le cas, et je ne crois pas que les choses aient tant changé que ça.)

Attention, ces propos acerbes sont de Peter Zeihan, il est analyste américain. Aucun Allemand ne les aurait jamais formulés de la sorte. Je trouve cela aussi très cru, mais intéressant. 

https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Zeihan

Je pense que du point de vue de l'Allemagne ou de l'Europe centrale, on pourrait peut-être (si on était de mauvaise foi, ce n'est pas un ténor du débat allemand) reprocher aux Français d'agir par rapport à l'Europe un peu comme les États-Unis par rapport au monde : Ils sont géographiquement bien placés à l'Ouest, ils peuvent faire des expériences en matière de politique étrangère. Si cela ne réussit pas, ils peuvent se replier dans leur hexagone avec le parapluie M51. Ils ont moins de "skin in the game". 

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C’est vrai. On peut aussi retourner l’argument sur ce qui concerne l’autre rive de la Méditerranée : les pays d’Europe du Nord et Centrale ont du mal à s’intéresser à la sécurité du Sud de l’Europe.

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1 hour ago, Manuel77 said:

Attention, ces propos acerbes sont de Peter Zeihan, il est analyste américain. Aucun Allemand ne les aurait jamais formulés de la sorte. Je trouve cela aussi très cru, mais intéressant. 

Dans ce cas au temps pour moi (my bad), j'avais imaginé que c'était des propos d'un allemand. Ce que je trouvais un peu surprenant d'ailleurs je t'avoue.

Je pense du coup que par "changer de camps" il voulait parler de la France de Vichy. Mais je ne vois toujours pas quand la France aurait pu trahir ses alliés :huh:

Ses propos sont néanmoins intéressants en effet, et beaucoup de éléments présentés ici et de ses analyses valent le coup d'être considérés. Même s'il fait des raccourcis un peu rapides la profondeur stratégique de la France, ce n'est pas le territoire italien ou espagnol mais toute l'Europe d'une certaine façon, parce que sinon ça voudrait dire que l'ennemi est à la frontière française (métropolitaine) et donc déjà en Europe. Tant que l'UE existe, et l'OTAN aussi, j'ose imaginer que la France irait très rapidement aider ses alliés au front, plutôt que d'attendre qu'ils se fassent enfoncer par un adversaire non européen.

Je ne sais pas si cela passera bien à la traduction je t'avoue, la structure grammaticale ici est un peu "française". Et je fais des phrases trop longues :blush:

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Il y a 3 heures, SLT a dit :

Je pense du coup que par "changer de camps" il voulait parler de la France de Vichy. Mais je ne vois toujours pas quand la France aurait pu trahir ses alliés :huh:

Vichy que les USA ont mis quelque temps à abandonner comme gouvernement légitime par ailleurs il me semble...

Pour l'abandon, comment peux-tu oublier l'Irak en 2003? :rolleyes:

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  • 2 weeks later...
Il y a 10 heures, fraisedesbois a dit :

et est également prête à aider l'Inde dans la construction de sous-marins conventionnels à propulsion nucléaire.

Heu, j'ai pas forcément tout compris, mais il n'y aurait pas un léger oxymore dans la phrase :wacko: ?

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il y a 30 minutes, Hibernatus a dit :

Heu, j'ai pas forcément tout compris, mais il n'y aurait pas un léger oxymore dans la phrase :wacko: ?

“… nuclear powered conventionally armed submarines.”

prop. nucléaire mais armement conventionnel. Des sna.

edit. je profite de ton message (merci) pour souligner le chapô de l’article:

«L'Inde et la France vont intensifier leur coopération dans la région indo-pacifique en ayant des contacts trilatéraux avec les EAU et l'Australie à New York la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale des Nations unies».

Des accords “trilatéraux” entre Inde, France, EAU et Australie :dry:
(ça fait un “quadrilatère” ça, non?)

Edited by fraisedesbois
Cf. edit
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On s'en doutait, mais AUKUS a bel et bien fait craquer une nouvelle digue en matière de SNA, donc. Une boite de Pandore en plus, pour reprendre une expression qu'affectionne pas mal Michel Goya ces derniers temps?

En même temps, le maintien du statu quo ne pouvait pas tenir éternellement...

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il y a 18 minutes, Hibernatus a dit :

On s'en doutait, mais AUKUS a bel et bien fait craquer une nouvelle digue en matière de SNA, donc. Une boite de Pandore en plus, pour reprendre une expression qu'affectionne pas mal Michel Goya ces derniers temps?

En même temps, le maintien du statu quo ne pouvait pas tenir éternellement...

Des sna pour l’Australie, “c’est pas fait”. C’est compiqué quel que soit le fournisseur, et pas sûr que les aussies persistent dans ce choix.

Mais de toutes façons le pacte aukus déborde de beaucoup la question de la propulsion ses soums.

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Plus j'y pense et plus je me dis que ce dans quoi l'Australie devrait vraiment investir, avant des sous-marins nucléaires, ce sont des missiles balistiques anti-navires à longue portée. Comme le font les chinois.

Ils ont de la profondeur stratégique, de l'espace pour diluer leurs forces, ce sont des conditions offrant un bon préavis et permettant de ne pas se voir interdire l'initiative.

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  • 4 weeks later...

Un nouveau regard du principal think tank allemand sur la politique africaine de Macron :https://www.swp-berlin.org/publikation/frankreichs-afrikapolitik-unter-praesident-macron


La politique africaine de la France sous la présidence Macron
Entre réformes, diplomatie publique et césure politique involontaire

Au cours de son premier mandat (2017-2022), Emmanuel Macron a tenté de se démarquer des modèles bien connus et largement critiqués de la politique africaine de la France. Il a diversifié les relations avec l'Afrique, tant sur le plan régional que sur le plan du contenu, a intégré des acteurs non étatiques et a adopté une attitude relativement ouverte vis-à-vis du passé problématique de la France sur le continent. Le récit du changement, que Paris a surtout diffusé par le biais de la diplomatie publique, a toutefois été recouvert par des dépendances de sentier, visibles surtout dans la poursuite de l'engagement militaire raté au Sahel et dans une attitude politiquement incohérente vis-à-vis des gouvernements autoritaires. L'un des résultats a été le retrait militaire involontaire du Mali en août 2022, qui constitue un tournant historique dans les relations franco-africaines.

Le président Macron a sans aucun doute reconnu le problème de réputation de la politique africaine de la France. Le point central de sa politique a donc été et reste la tentative de développer un nouveau récit qui démontre la volonté politique de changer le comportement vis-à-vis des anciennes colonies. La diplomatie publique occupe une place importante dans ce contexte. Les principaux destinataires du récit macronien de changement et de renouveau sont les publics africains et les acteurs sociaux qui, aux yeux du président, représentent les dynamiques positives de l'Afrique : Les entrepreneurs, les jeunes, les artistes, mais aussi les membres de la diaspora. Macron veut utiliser ces acteurs comme des ponts pour établir de nouveaux partenariats et sortir du creux de la vague en ce qui concerne l'image du soft power français en Afrique. Le nouveau format du traditionnel sommet Afrique-France, qui s'est tenu à Montpellier en octobre dernier, était emblématique de cette approche. Contrairement aux habitudes antérieures, aucun invité d'État africain n'a été invité à cet événement, mais uniquement des acteurs non étatiques. On peut toutefois se demander dans quelle mesure ce cercle d'entrepreneurs, d'artistes et de scientifiques représente des couches et des courants sociaux plus larges ou est capable d'exercer une influence politique. Outre les activités de diplomatie publique, Macron a également posé quelques jalons en matière de politique et de contenu.

Politique économique et financière
L'annonce de l'abolition du franc CFA en Afrique de l'Ouest a donné une impulsion aux réformes qui pourrait avoir un impact important. Son importance est avant tout politique. En Afrique, la monnaie est avant tout considérée comme un vestige colonial et un rappel permanent du fait que les États du CFA ne disposent toujours pas de souveraineté monétaire, près de 60 ans après avoir accédé à l'indépendance. Cela fait du franc CFA un symbole largement visible de la poursuite de l'influence et de la tutelle postcoloniales de la France. Au cours des dernières années, la monnaie est devenue un point fixe de ressentiment et de protestation sociale. Macron lie donc la réforme avant tout à l'objectif de désamorcer sur ce point la critique de plus en plus virulente de la France dans la région.

La France et huit États de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se sont mis d'accord fin 2019, dans une première étape, sur une réorganisation du système monétaire du franc CFA, qui devrait être remplacé à long terme par une monnaie commune ouest-africaine (Eco). Celle-ci aurait alors cours dans l'ensemble de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), donc également dans les États anglophones. Dans un premier temps, la Banque centrale d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a été libérée de l'obligation de déposer 50 pour cent de ses réserves monétaires auprès de la banque centrale française. En outre, la France n'est plus représentée au sein des organes de surveillance de l'UEMOA. Toutefois, la monnaie sera toujours rattachée à l'euro et la France continuera à garantir un taux de change fixe. La date d'introduction de l'Eco dépendra notamment du respect par les États de la région des critères de convergence convenus.

Macron a donné une impulsion supplémentaire avec le sommet "Financing African Economies" à Paris (18.5.2021), au cours duquel la France s'est profilée comme le porte-parole des pays africains. Afin d'atténuer les conséquences de la pandémie de Covid, des fonds issus des droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international ont été mobilisés à hauteur de 33 milliards d'euros. Le Soudan a obtenu des promesses d'allègement de la dette. Le sommet a ainsi une nouvelle fois montré que la politique africaine de la France s'étendait au-delà de ses anciennes colonies. Les visites d'État de Macron en dehors de la francophonie (notamment au Ghana, au Nigeria, en Afrique du Sud, en Éthiopie et au Kenya) devaient également en témoigner. Avec elles, Macron a confirmé et renforcé une tendance de la politique étrangère de Paris. En effet, malgré toute l'attention portée aux pays de l'ancien Pré-carré, les intérêts de la France en matière de politique économique se sont encore diversifiés au cours de la dernière décennie et se sont notamment déplacés vers des pays dynamiques à forte croissance. Aujourd'hui, seul un tiers des exportations françaises vers l'Afrique subsaharienne est destiné aux pays de l'UEMOA. Pour les importations, la part de l'UEMOA n'est que de 14% (2021).

Réformes de la politique de développement
Le gouvernement du président Macron a lancé une modernisation de sa coopération au développement (CD). Il s'agit entre autres d'augmenter les moyens dans ce domaine politique et de les utiliser plus efficacement. Après près d'une décennie de stagnation ou de baisse des dépenses de la coopération au développement, la programmation financière pluriannuelle de la politique de développement d'août 2021 prévoit une augmentation progressive de la coopération au développement à 0,55 % (du PIB) dans un premier temps, puis à 0,7 % d'ici 2025. Le gouvernement prévoit en outre de modifier la définition des priorités. Après avoir augmenté pendant des années la part de l'aide aux économies émergentes, la priorité sera désormais donnée aux pays les moins avancés. La part des subventions dans la coopération bilatérale doit être portée à 70 % d'ici 2025. Les principaux bénéficiaires doivent être un groupe de pays prioritaires ou de pays à faible revenu. Parmi les 19 pays ciblés, 18 sont des pays africains. La France concentre ainsi sa politique de dépenses d'aide au développement de manière nettement plus stricte que l'Allemagne, qui coopère avec 32 pays prioritaires et sept partenaires de réforme. Au total, six des pays cibles français sont également des partenaires de la coopération allemande (Éthiopie, Bénin, Burkina Faso, Mauritanie, Sénégal et Togo).

Paris aspire en outre à un pilotage politique plus fort de la coopération au développement au niveau stratégique. Un "Conseil national du développement et de la solidarité internationale" (CNDSI) interministériel doit fixer les grandes orientations. Dans les pays partenaires, ce sont les ambassadeurs qui doivent jouer ce rôle. Ces mesures de centralisation s'accompagnent d'une augmentation de la part de l'aide bilatérale, qui passe de 57 % (2015) à 65 % en moyenne (Allemagne : 80 %). Par ailleurs, au 1er janvier 2022, l'Agence de coopération technique (Expertise France) a été intégrée à l'Agence française de développement (AFD) afin de regrouper les compétences dans la mise en œuvre des projets de coopération au développement et d'instaurer une plus grande cohérence.

Dans l'ensemble, les changements vont dans la bonne direction. La France a la réputation d'une coopération politique arbitraire et d'un manque d'orientation vers l'efficacité. Au cours de la dernière décennie, l'écart entre les priorités politiques déclarées et l'allocation de l'aide s'est creusé. La part de l'APD consacrée à l'Afrique est ainsi passée de 52 % (2010) à 41 % (2016). L'Afrique subsaharienne n'a reçu que 29 % de l'APD française en 2016. Les cinq pays du Sahel n'ont reçu que 10 % de cette aide, alors que la région avait été déclarée priorité de la politique étrangère du gouvernement français en 2013.

Nouvelle politique de la mémoire et du passé
Outre la réforme de la monnaie, le franc CFA, Macron a investi un autre champ symbolique avec la politique de la mémoire et du passé. Il a fait de la politique de l'histoire un instrument important pour redéfinir les relations avec les pays africains.

Deux thèmes sont au premier plan. Premièrement, Macron a fait avancer le débat sur la restitution des biens culturels africains. Une expertise qu'il a commandée aux scientifiques Felwine Sarr et Bénédicte Savoy a recommandé une restitution globale des biens culturels africains et a considérablement fait avancer le débat sur le plan politique et social, même si la mise en œuvre pratique des propositions a été lente. Un effet non négligeable de l'initiative a été son rayonnement au-delà de la France. Elle a servi de catalyseur à des débats de rattrapage dans d'autres pays européens, notamment en Allemagne.

Un deuxième axe de la politique du passé de Macron a été l'initiative d'un travail de mémoire sur le colonialisme français en Algérie et sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda. Là aussi, Macron a fait réaliser des expertises scientifiques (rapport Stora ; commission Duclert) afin d'obtenir une évaluation et une classification quasi-officielles des responsabilités et des crimes français. Macron a ainsi renoué avec des déclarations faites lors de sa campagne présidentielle de 2017, dans lesquelles il avait qualifié la colonisation de l'Algérie de crime contre l'humanité.

Toutefois, la politique du passé de Macron n'est pas seulement guidée par des considérations normatives et morales. Le président poursuit également l'objectif d'établir de nouvelles relations avec l'Algérie et le Rwanda, et donc avec deux Etats africains influents, et de redorer le blason terni de la France sur le continent.

Son approche, qui consiste à évoquer le passé pour se tourner vers l'avenir, ne rend toutefois guère justice à l'importance et à la sensibilité politiques et sociales de la problématique. Un exemple de l'action immature de Macron est le changement de génération en Afrique qu'il thématise souvent et que le président prend comme motif pour ses appels à la jeune population du continent à ne pas se laisser "bloquer" par le passé colonial comme cadre de référence des relations franco-africaines ("représentations d'hier"). Mais le traitement du passé et la politique de la mémoire ne se décrètent pas - surtout pas de la part de l'ancienne puissance coloniale. Macron sous-estime la puissance d'impact persistante de l'héritage colonial et des discours critiques à l'égard de la colonisation dans les sociétés africaines. Il court ainsi le risque de saper la crédibilité de ses initiatives, qui peuvent facilement être écartées comme éléments de communication stratégique.

La continuité au Sahel et le tournant malien
Du point de vue allemand, les développements les plus importants de la politique africaine de la France ont concerné le Sahel. Ici, Macron n'est pas apparu comme un réformateur, mais uniquement comme l'administrateur d'une intervention militaire héritée et finalement ratée, qui a constitué la plus grande intervention à l'étranger depuis la guerre d'Algérie. Du point de vue de l'Afrique de l'Ouest, il a tout simplement poursuivi la politique d'intervention française traditionnelle dans les anciennes colonies, sapant ainsi le récit du changement de politique africaine. Le dicton devenu célèbre de Macron "Il n'y a plus de politique africaine française !", qu'il a justement forgé au Burkina Faso (Ouagadougou, 28.11.2017) et qu'il voulait voir comme une nécrologie de la politique scandaleuse de ses prédécesseurs, liée au terme Françafrique, n'a pas seulement manqué son effet. Au contraire, son affirmation semblait absurde au vu des 4 500 troupes françaises déployées au même moment au Sahel. Pire encore, la déclaration mémorable de Macron a été perçue dans la région comme une preuve supplémentaire de l'ambiguïté de la politique française, qui prétendait constamment au changement sans jamais le mettre en œuvre. L'absence de succès de la présence militaire - visible dans l'augmentation constante de l'insécurité et de la violence - a contribué à discréditer davantage l'intervention française.

L'attachement de Macron à une politique sahélienne manifestement vouée à l'échec est en grande partie d'ordre structurel. Cela commence par les attentes des partenaires régionaux et internationaux, qui attendent de Paris un leadership en matière de politique de sécurité en Afrique de l'Ouest - et qui, en fin de compte, alimentent sans cesse l'image traditionnelle de la France. Au niveau de la politique étrangère, l'Afrique reste une surface de projection importante de la puissance et de la grandeur françaises. L'armée, avec ses bases en Côte d'Ivoire, à Djibouti, au Sénégal et au Tchad, et son expertise opérationnelle, est un moyen élémentaire de la politique africaine de la France. Depuis 2013, son influence et celle du ministère de la Défense sur les décisions de politique étrangère de l'Élysée ont nettement augmenté. En revanche, le ministère des Affaires étrangères a encore perdu de son importance. Ses compétences en matière de contenu et d'analyse ne sont guère utilisées. Cela explique en partie le manque d'ancrage politico-stratégique de l'intervention militaire. Il faut également attribuer à cette situation un grand nombre d'erreurs d'appréciation politiques lourdes de conséquences, comme par exemple les positionnements contradictoires vis-à-vis des régimes militaires au Mali et au Tchad, la méconnaissance aussi bien des dynamiques politiques internes au Mali que - pendant longtemps - du sentiment antifrançais galopant dans la région.

Des facteurs politico-institutionnels ont également joué un rôle dans la poursuite de la ligne de conduite adoptée, rendant ainsi plus difficiles les processus de changement et d'adaptation. La verticalité du système politique français confère au président un pouvoir de décision presque illimité en matière de politique étrangère et de sécurité, même dans le cas d'une opération extérieure (OPEX) importante et illimitée dans le temps comme Barkhane. En effet, même après la réforme constitutionnelle de 2008, l'Assemblée nationale n'exerce de fait aucun contrôle sur le gouvernement en matière de politique étrangère et de défense. Le 22 avril 2013, l'Assemblée a voté sans opposition une prolongation de l'Opération Serval - et cette autorisation est toujours en vigueur aujourd'hui. Depuis, le Parlement n'a discuté que deux fois de l'opération au Sahel en séance plénière - sans pouvoir de décision. En ce qui concerne les interventions à l'étranger, le consensus politique interne dépasse presque les frontières des partis. Un discours critique sur les objectifs, le déroulement et les effets des OPEX n'a pratiquement pas lieu dans l'espace politique et public. L'absence de correctifs politiques et de propositions d'interprétation concurrentes fait que les éventuels changements de cap de la France au Sahel dépendent essentiellement des idées plus ou moins profondes de Macron et de son petit cercle de conseillers à l'Elysée.

Perspectives après la césure malienne
Compte tenu des structures et des logiques d'action qui se sont développées au fil de l'histoire, il n'est guère surprenant que le bilan intermédiaire du président Macron en matière de politique africaine soit mitigé et contradictoire en soi. D'un côté, il y a quelques initiatives qui donnent un début de vie au récit du changement politique. D'un autre côté, il y a la persistance d'une politique sahélienne dont la fin n'a finalement pas été provoquée par Macron, mais par le gouvernement militaire du Mali. Il est paradoxal que le réformateur Macron n'ait pas réussi à briser les Dépendance au sentier  au Mali, alors que tout porte à croire qu'il avait reconnu la nécessité d'un changement de politique.

On peut toutefois se demander dans quelle mesure Paris se montrera capable d'apprendre au vu du désastre. Il est tout à fait possible qu'après le choc initial, Paris ne tire finalement que des conséquences mineures de la crise. La tendance de Macron et de certains décideurs à rechercher les causes du sentiment anti-français en Afrique de l'Ouest essentiellement dans les manipulations politiques et de communication de concurrents stratégiques (Russie, Chine, Turquie) plutôt que dans leurs propres manquements plaide en ce sens.

Le Mali devrait entrer dans l'histoire des relations franco-africaines comme une césure politique. La crise a mis en lumière, comme sous une loupe, les points faibles de la politique africaine de la France, tels que l'attitude contradictoire à l'égard des dirigeants autoritaires, l'inefficacité des approches militaires et la persistance du paternalisme et de l'assistanat. Elle a fait éclater au Mali des frustrations politiques et sociales profondes liées à la "décolonisation bloquée" qui dure depuis 1960 et qui se répandent de plus en plus dans d'autres Etats de la région. La crise de la politique africaine de la France ne s'arrête donc pas au Mali.

Macron considère volontiers le changement démographique en Afrique comme une chance pour un nouveau départ politique. En réalité, il accélère une rupture politique à laquelle Paris ne fait que réagir. Les réseaux politiques et sociaux entre la France et l'Afrique s'érodent depuis un certain temps, notamment en raison des politiques migratoires restrictives. Pour les générations montantes en Afrique, la France (et l'Europe) sont des points de référence dont l'attrait diminue. De moins en moins de jeunes Africains les associent à la promesse d'une mobilité sociale ascendante. Pour les membres des mouvements de protestation urbains, la France représente le point de cristallisation central de leurs critiques et de leurs discours émancipateurs. Ces groupes modifient les rapports de force en politique intérieure et font pression sur les gouvernements, que les porte-parole populistes caricaturent comme des auxiliaires de la France. En Afrique, la France est depuis longtemps l'objet d'efforts de profilage et de mobilisation en politique intérieure.

Paris pourrait être confronté pendant des années à une perception durablement ébranlée de son propre rôle en Afrique et se trouve face au défi historique de définir un nouveau cap vis-à-vis de l'Afrique. Pour l'Allemagne et d'autres gouvernements européens, cela pourrait être l'occasion d'entamer avec la France un dialogue sur la politique africaine qui ne soit pas a priori déterminé par la supériorité des vues politiques à Paris et la primauté des intérêts français. Les défis ne manquent pas. Les multiples conséquences de la guerre en Ukraine, la politique climatique, énergétique et migratoire en font partie, tout comme la gestion de notre propre passé colonial en Afrique.

Edited by Manuel77
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