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La guerre aérienne du futur


Scarabé
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Ce texte est une fiction, mais il résume les pistes de travail des industriels et les axes de réflexion pour l'arme aérienne de l'avenir : IA performante, utilisation de drones autonomes ou pilotés, développement de l'ISR, etc.

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Sur ses écrans multifonctions, Moogz voit défiler les signaux électroniques récoltés sur un front vaste de plusieurs centaines de kilomètres de large et profond d’au moins autant. Ce sont des dizaines de contacts que le système classe par ordre de priorité, attribuant à chacun un degré de menace. Sur un affichage latéral, sortis tout droit d’une vaste banque de données, l’IA propose des schémas d’attaque pour contourner les défenses sol-air et profiter des trous dans la couverture radar. D’un mouvement glissé de l’index, Moogz déplace l’option B en sous-couche vers sa projection tactique.
– Option à 95 %, déclare Pino, son navigateur assis deux mètres derrière lui. Un des ED nous renvoie une info incomplète, mais j’imagine qu’on peut considérer que c’est la meilleure route possible.
Moogz considère cette info avec pondération. A travers toute l’étendue de la zone de combat, des effecteurs déportés spécialisés ISR déploient leurs antennes et leurs senseurs pour prélever et canaliser le renseignement. Certains sont de pures cellules de recueil électronique et flairent le moindre électron, tandis que d’autres sont des modèles très discrets voguant dans les hautes couches et équipés de senseurs thermiques ou optiques. Pino en pilote directement plusieurs depuis que leur équipage est entré dans sa zone de responsabilité, tandis que d’autres ED sont autonomes ou contrôlés par une plateforme AWACS ou même depuis un tanker, des centaines de kilomètres sur l’arrière. L’ensemble forme une toile d’araignée de presque une vingtaine d’entités électroniques dans lesquelles le NOSA pioche en fonction de ses besoins, affichant des infos ponctuelles ou laissant, au besoin, l’ordinateur filtrer vers lui les paramètres qu’il juge pertinents.
Depuis l’arrivée de ces machines dans le monde de la guerre aérienne, les équipages disent que les générations antérieures de pilotes de chasse n’avaient qu’une SA de bulot comparée à la qualité de l’information qu’ils contrôlent aujourd’hui.
Moogz valide l’option B, ce qui reconfigure automatiquement tous les affichages dans son cockpit. Sur la visière de son casque, une nouvelle symbologie apparaît et, immédiatement, quatre cibles volantes sont sélectionnées par le système. Le pilote, grâce à une molette sur sa poignée des gaz, fait défiler les contacts et relit avec soin les paramètres de tir. L’IA est maline, elle ne lui a proposé que des targets avec une proba de kill de 90 %, elle a appris à économiser les armes. D’une pression sur la détente frontale du stick, Moogz valide la séquence. L’ordinateur passe en mode auto et prend le relais. Moogz devient spectateur. L’avion s’incline à gauche, nez haut, pendant vingt secondes, puis un premier Meteor NG est déployé par le système. L’équipage entend le claquement sec d’une trappe qui s’ouvre en coulissant brusquement et le missile est éjecté. Après une brève chute, celui-ci allume son stato-réacteur et se propulse à mach 5 vers sa cible, distante de 140 km. Second claquement, la trappe se renferme.
Sans qu’à aucun moment Moogz ne touche aux commandes, l’avion va tirer encore trois missiles au cours des deux minutes suivantes, agissant seul en fonction des paramètres les plus favorables décidés par l’IA. Pendant ce temps, le pilote observe la procédure autonome. Derrière lui, Pino est déjà loin devant, concentré sur la deuxième étape de la mission. Il est connecté à un ED d’observation thermo-optique et commande en transparence un drone kamikaze chargé de détruire un radar basse fréquence de défense aérienne qui protège la cible.
La tactique est d’une simplicité confondante : Moogz, aidé par l’ordinateur, va amener l’avion dans un couloir TTBA de pénétration profonde qui le maintiendra hors de portée des moyens de détection ennemis. Dans le même temps, quatre ED de lutte air-air commandés depuis Archange, un Falcon ISR volant très en amont du front, vont lancer des missiles contre les deux AWACS ennemis. Leur furtivité et leur taille réduite, à peine plus long que les MICA NG qu’ils emportent, leur a permis de se faufiler entre les mailles du filet. Qu’ils touchent ou non importe peu, l’adversaire perdra sa couverture et permettra à Moogz et Pino de passer dans le trou de souris. Arrivés au point d’attaque, le NOSA larguera ses deux SCALP-EG Mk. 2 et prendra la tangente. Les deux missiles de croisière, autonomes et furtifs, fileront vers leur cible. Juste avant qu’ils n’arrivent dans la sphère de détection du radar BF, le drone suicide surgira en TTBA et viendra s’écraser sur l’antenne, annihilant toute possibilité de défense de l’adversaire. Ce petit ED est redoutable : il n’est ni furtif ni moderne, simplement un engin qui recycle les vieux réacteurs M88 des premières générations de Rafale. Un moteur unique, une charge brisante de 80 kg, un ordinateur avec une liaison L16 durcie, une capacité SDT basique et voilà un petit engin capable de faire du dégât. Les SCALP disposent de deux programmes d’attaque. Si le kamikaze échoue, ils passeront au plan B, l’un d’entre eux devenant un plastron pour le radar BF tandis que l’autre initiera un mouvement de contournement pour frapper la cible. Un coup au but vaut mieux que rien.
Entre-temps, Moogz aura fait sortir tout le monde de la nasse en bas supersonique, grâce à la capacité de supercroisière du Rafale F5R. Il ne restera plus qu’à rejoindre le Phénix pour reprendre un peu de kéro. Grâce à ses réservoirs conformes, le chasseur pourra alors faire les 1400 km qui le séparent encore de sa base. Pino, ballotté par les cahots d’un retour péchu (Moogz fait ça à la main, il en marre de laisser faire le système), rend leur liberté aux différents ED qui auront contribué à la réussite de la mission. L’un des drones a même pu filmer, à distance, l’un des kills et propose le téléchargement de la séquence. L’IA peut cocher quatre destructions confirmées, elle ne plaisantait pas avec ses 90 % de succès.
Nous sommes en 2040. La guerre aérienne n’est plus celle de nos grands anciens.

Edited by Scarabé
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Quelque chose qui m'intrigue. Apparemment le texte parle d'un Rafale F5R piloté par Moogz. Mais qui est exactement Pino?

Le 03/02/2020 à 18:29, Scarabé a dit :

Option à 95 %, déclare Pino, son navigateur assis deux mètres derrière lui.

Assis deux mètres derrière lui? Il fait quelle taille le cockpit d'un Rafale F5R?

Le 03/02/2020 à 18:29, Scarabé a dit :

A travers toute l’étendue de la zone de combat, des effecteurs déportés spécialisés ISR déploient leurs antennes et leurs senseurs pour prélever et canaliser le renseignement. Certains sont de pures cellules de recueil électronique et flairent le moindre électron, tandis que d’autres sont des modèles très discrets voguant dans les hautes couches et équipés de senseurs thermiques ou optiques. Pino en pilote directement plusieurs depuis que leur équipage est entré dans sa zone de responsabilité

On parle de la zone de responsabilité de qui, exactement?

 

Le 03/02/2020 à 18:29, Scarabé a dit :

Sans qu’à aucun moment Moogz ne touche aux commandes, l’avion va tirer encore trois missiles au cours des deux minutes suivantes, agissant seul en fonction des paramètres les plus favorables décidés par l’IA. Pendant ce temps, le pilote observe la procédure autonome. Derrière lui, Pino est déjà loin devant, concentré sur la deuxième étape de la mission.

Pino était d'abord assis à 2 mètres derrière le pilote et maintenant il est loin devant...

 

Le 03/02/2020 à 18:29, Scarabé a dit :

Pino, ballotté par les cahots d’un retour péchu (Moogz fait ça à la main, il en marre de laisser faire le système), rend leur liberté aux différents ED qui auront contribué à la réussite de la mission.

Pino est de nouveau dans le cockpit.

En fait, Pino, c'est un drone qui peut être éjecté puis récupéré par le Rafale?

Edited by Lame
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On 2/7/2020 at 6:51 PM, Lame said:

 

On 2/3/2020 at 6:29 PM, Scarabé said:

Sans qu’à aucun moment Moogz ne touche aux commandes, l’avion va tirer encore trois missiles au cours des deux minutes suivantes, agissant seul en fonction des paramètres les plus favorables décidés par l’IA. Pendant ce temps, le pilote observe la procédure autonome. Derrière lui, Pino est déjà loin devant, concentré sur la deuxième étape de la mission.

Pino était d'abord assis à 2 mètres derrière le pilote et maintenant il est loin devant...

 

Tu as loupé "derrière lui", Pino c'est le NOSA et sa zone de résponsabilité c'est une "boite",  a savoir un volume géoréférencé et déterminé lors de la planification de la mission et dans lequel il  a autorité.

Edited by P4
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