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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : Opérations militaires


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à l’instant, Banzinou a dit :

D'ailleurs, il n'est pas impossible que la France pense à livrer des LRM (et non LRU) stockés depuis plusieurs années qui sait, par contre je ne crois pas qu'ils soient compatibles avec les M31 ? :huh:

Ils ont tous été détruis. La France ayant signé les accords internationaux sur les sous munitions. 

 

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il y a 1 minute, Scarabé a dit :

Ils ont tous été détruis. La France ayant signé les accords internationaux sur les sous munitions. 

 

Les munitions ont été détruites, mais les lanceurs aussi ? :blink::huh:

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"...Le M142 HIMARS a un temps de mise en place et de déplacement de < 3 minutes. L'équipage de trois personnes (gunner, conducteur et chef d'équipe) peut atteindre un temps de rechargement de la nacelle de 4 minutes ou moins. Le système est capable de lancer toute sa charge utile de six MLRS guidés en 30 secondes environ..."

ça je savais pas :

"...les opérations en mer ont été démontrées pour la première fois il y a plusieurs années. L'armée américaine a conçu et produit le lanceur d'artillerie de campagne palettisé #PFAL pour qu'il soit également capable de tirer à partir de navires maritimes. Cette exigence existe probablement également sur le lanceur autonome multi-domaines..."

 

Edited by Métal_Hurlant
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il y a 9 minutes, Métal_Hurlant a dit :

Tiens... Certains ont soulevé ce fait ici : il y a une corrélation entre pro-russes et anti-vaccin Covid....

Le même compte twitter donc :

 

 

Pour le coup il me semble bien que les deux bandes blanches sur la poutre de queue sont un marquage ukrainien. 

Par contre c'est peut être un effet visuel mais il est à quelle altitude quand il sort de sa courbe ? On dirait limités que les pales sont à toucher 

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Pause opérationnelle et mobilisation générale à bas bruit au niveau de certains oblasts.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/07/09/le-conflit-en-ukraine-marque-une-pause-operationnelle_6134055_3210.html

Notre EMA affirme que les troupes Ukr sont arrivées à la dernière ligne de défense de Kherson. 

Citation

Le conflit en Ukraine marque une pause opérationnelle

L’armée russe n’a pas réalisé d’avancée depuis la prise de la région administrative de Louhansk, le 3 juillet. Mais le flou persiste sur les ambitions militaires de Moscou.

Par Emmanuel Grynszpan et Cédric Pietralunga

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Un parachutiste du 81e bataillon ukrainien aéromobile, à Siversk (Ukraine), le 5 juillet 2022 ; cette unité a combattu les troupes russes avançant vers Lyssytchansk, dans le Donbass. LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »

Poursuite des manœuvres, pause dans les combats ou bascule de la guerre ? Plus de quatre mois après l’entrée de l’armée russe sur le sol ukrainien, difficile de savoir vers quoi s’oriente le conflit. Sur le terrain, l’offensive de Moscou dans le Donbass semble sur la case « pause opérationnelle ». L’armée russe n’a pas réalisé d’avancée depuis sa prise de la région administrative de Louhansk, le 3 juillet ; et si les bombardements se poursuivent, ils semblent davantage là pour épuiser (« ramollir », dans le jargon militaire) les positions ukrainiennes que pour préparer de nouvelles avancées.

Jeudi 7 juillet, le porte-parole du ministère russe de la défense, Igor Konachenkov, a confirmé que les forces russes faisaient une pause pour se reposer et reconstituer leurs capacités. Si Vladimir Poutine continue de dire qu’il est prêt à l’escalade – jeudi, le président a encore déclaré que son pays « n’a, dans l’ensemble, encore rien commencé de sérieux » en Ukraine –, le flou persiste sur les ambitions militaires russes.

La concentration des forces (au moins trente bataillons tactiques), dans le Donbass, confirme l’intention de capturer a minima la région administrative de Donetsk. Mais la Russie dit toujours vouloir aller jusqu’à la Transnistrie (en Moldavie), pour couper l’accès de l’Ukraine à la mer Noire. Et les déclarations politiques russes et biélorusses ne permettent pas d’écarter l’hypothèse d’une deuxième attaque de la capitale, Kiev. Le 5 juillet, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a assuré que l’opération se poursuivrait « jusqu’à ce que la Russie atteigne ses objectifs de démilitarisation de l’Ukraine ».

« Pénurie de personnel »

Sur le plan tactique, l’analyste militaire russe Sergueï Poletaev décrit, dans un article publié sur le site Globalaffairs, une armée russe s’adaptant progressivement à la réalité du terrain ukrainien. « Les forces armées russes, en combinaison avec celles des républiques populaires [de Donetsk et de Louhansk], ainsi que les [mercenaires] de Wagner, ont adopté une tactique de poussée lente de la ligne de front basée sur l’artillerie. On peut qualifier cela de copie moderne du principe de la première guerre mondiale : “L’artillerie dévaste, l’infanterie submerge.” »

Mais, comme beaucoup d’autres experts russes, M. Poletaev déplore une « pénurie de personnel » découlant du refus politique de la mobilisation de masse en Russie. Cette pénurie entraîne une incapacité à obtenir la domination numéraire nécessaire pour l’attaquant. Sur le terrain, les forces russes ne parviennent ni à manœuvrer ni à percer le front avec des coups rapides qui permettraient l’encerclement de l’ennemi.

Au lieu de changer de tactique, Moscou poursuit ses efforts de mobilisation au niveau régional. C’est plus discret qu’une mobilisation générale au niveau fédéral, qui risquerait de réveiller le mécontentement de la population. Les dirigeants militaires russes créent des bataillons de volontaires ad hoc pour le déploiement en Ukraine. La région de Nijni Novgorod vient ainsi de former son propre bataillon de tankistes volontaires. Le Bachkortostan (dans l’Oural) a envoyé douze autobus de volontaires en Ukraine. Et la liste s’allonge rapidement. La réalisation des objectifs dépendra en grande partie du succès de cette mobilisation feutrée.

De leur côté, les forces ukrainiennes mènent, depuis le retrait russe du nord du pays, intervenu le 2 avril, la même stratégie dans le Sud et dans l’Est, où se concentrent les combats : tenir le plus longtemps possible les positions, pour infliger un maximum de pertes à l’ennemi. Une guerre d’usure destinée à épuiser l’ex-Armée rouge, pour la contraindre à réduire ses ambitions territoriales. « On estime que les Russes ont perdu 5 000 hommes pour prendre Sievierodonetsk et Lyssytchansk, assure le consultant Xavier Tytelman, président du cabinet Aviation NXT. Cette guerre d’attrition est la seule possible pour l’Ukraine, comme elle l’était pour les Afghans, dans les années 1980. »

« Défi logistique »

Si elle ralentit effectivement l’armée russe et lui inflige de lourdes pertes – Kiev affirme avoir mis 37 000 soldats russes hors de combat, depuis le 24 février –, cette stratégie s’avère néanmoins insuffisante pour arrêter la progression des forces de Moscou, qui occupent aujourd’hui 22 % du territoire ukrainien. La raison principale ? Un écart trop important entre les puissances de feu des deux belligérants. Selon les experts de l’institut britannique Royal United Services Institute (RUSI), les Russes tirent en moyenne 20 000 obus par jour sur les positions ukrainiennes, contre environ 6 000 pour leurs adversaires.

Consciente qu’elle ne pourra pas physiquement détruire un à un les centaines de canons russes postés le long du front, l’armée ukrainienne a adapté sa stratégie et vise désormais les dépôts de munitions et de carburant installés par Moscou dans les territoires occupés mais aussi derrière sa frontière. Des stocks ont ainsi été détruits dans plusieurs villes ukrainiennes (Donetsk, Melitopol, Kherson, etc.), mais aussi russes (Belgorod, Koursk, etc.). Selon la BBC, au moins onze dépôts ont été détruits au cours des dix derniers jours. « La principale faiblesse du système d’artillerie russe est le défi logistique posé par le transport et le stockage de la vaste quantité d’obus qui lui permettent de continuer à manœuvrer », pointe le think tank RUSI dans une note publiée le 4 juillet.

Si cette stratégie parvient à ralentir, voire à arrêter, la progression des Russes, le doute persiste néanmoins sur l’aptitude de Kiev à regagner du terrain. « Il y a une vraie interrogation sur la capacité des Ukrainiens à passer d’une position défensive à une manœuvre offensive, qui ne demande pas les mêmes qualités », estime Joseph Henrotin, chargé de recherche au Centre d’analyse et de prévision des risques internationaux (Capri).

Contre-offensive ukrainienne autour de Kherson

Pour les analystes occidentaux, l’Ukraine dispose de plusieurs brigades capables de mener ce type de manœuvres interarmes. Rien qu’en 2021, quelque 21 000 soldats ukrainiens ont participé à des exercices communs avec les pays de l’OTAN. Mais elles n’ont jamais eu à le faire à grande échelle.

Depuis avril, l’armée ukrainienne mène ainsi une contre-offensive dans le sud du pays, où elle tente d’investir Kherson, une ville qui verrouille l’accès à la péninsule de Crimée et dont la prise permettrait de sécuriser la façade maritime de l’Ukraine sur la mer Noire. La progression des troupes de Kiev est toutefois laborieuse. « Les Ukrainiens sont arrivés devant la dernière ligne de défense de Kherson », assure néanmoins l’état-major français. Sauront-ils la franchir ? C’est l’une des clés des prochaines semaines du conflit.

 

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il y a 32 minutes, Banzinou a dit :

Les munitions ont été détruites, mais les lanceurs aussi ? :blink::huh:

Au départ on devait moderniser 16  LRM en LRU

Avec les coupes budgétaires on a fini à 13  mais bon toute la cabine a été refaite et le lancer modifié. 

A voir combien ils nous reste de chassis de M 31 pour servir de rechange aux moteurs et aux systèmes de propulsion sur chenilles. 

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il y a 13 minutes, Fusilier a dit :

Bien sur que non... 

Effectivement, pour la France, c'est 57 LRM au total, dont 48 opérationnels (utilisant la roquette M26 à sous-munition), puis enfin 13 LRM transformés en LRU (a priori utilisant la roquette M31 à charge unique), cf. l'article très intéressant sur LRM/LRU ici https://fr.calameo.com/read/0051415099215e0ab9957. Les roquettes M26 sont démantelées (22 000 roquettes pour la France, cf. le communiqué de presse de MBDA: https://www.mbda-systems.com/wp-content/uploads/2015/07/Press-release-2009-11-06-FR.pdf), mais pas les lanceurs eux-mêmes bien-sûr.

L'utilisation qui est faire des HIMARS par les ukrainiens (en tout cas l'utilisation dont on parle beaucoup en ce moment), à savoir, des frappes sur des objectifs ponctuels comme des dépôts de munitions, semble se faire en "mode LRU".

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il y a 17 minutes, olivier lsb a dit :

Pause opérationnelle et mobilisation générale à bas bruit au niveau de certains oblasts.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/07/09/le-conflit-en-ukraine-marque-une-pause-operationnelle_6134055_3210.html

Notre EMA affirme que les troupes Ukr sont arrivées à la dernière ligne de défense de Kherson. 

 

J'ai le droit de te rappeler l'histoire du gros des opérations finit pour l'été par manque de personnel russe dont tu t'es foutu de ma gueule y a pas longtemps ? Si mobilisation générale même partielle il est vrai que ça pourrait rabattre les cartes mais ce seront des soldats qui n'auront rien à voir en qualité avec des soldats pro dont soldat est le métier en appuie d'une armée pto ça aide pour remplacer des pans entiers d'une armée.... ça va augmenter le body count surtout qu'il va falloir les équiper les gaillards.

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il y a 53 minutes, olivier lsb a dit :

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/07/09/le-conflit-en-ukraine-marque-une-pause-operationnelle_6134055_3210.html

Notre EMA affirme que les troupes Ukr sont arrivées à la dernière ligne de défense de Kherson. 

Cette affirmation de l'EMA recoupe ainsi les Tweets type @warmapper ) tandis que militaryland.net reste en black-out sur la question de Kherson.

Cela va aussi dans le sens de l'appel aux habitants à évacuer Kherson :

https://www.theguardian.com/world/2022/jul/09/ukraine-urges-people-of-kherson-and-zaporizhzhia-to-evacuate

 

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Je suis pas autant convaincu que ça sur la percée de Kherson, autant au début j'étais optimiste, mais j'ai beau regarder les cartes depuis 3 semaines, ça ne semble pas beaucoup bouger

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il y a 5 minutes, Banzinou a dit :

Je suis pas autant convaincu que ça sur la percée de Kherson, autant au début j'étais optimiste, mais j'ai beau regarder les cartes depuis 3 semaines, ça ne semble pas beaucoup bouger

C'est une situation du Donbass inversée : 'les russes se sont enterrés et sans la toute-puissance de l'artillerie ukrainienne pour faire la différence.

Je trouve que cela se grignote petit village par petit village (ex pravdyne).

Edited by BPCs
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il y a 49 minutes, Connorfra a dit :

J'ai le droit de te rappeler l'histoire du gros des opérations finit pour l'été par manque de personnel russe dont tu t'es foutu de ma gueule y a pas longtemps ? Si mobilisation générale même partielle il est vrai que ça pourrait rabattre les cartes mais ce seront des soldats qui n'auront rien à voir en qualité avec des soldats pro dont soldat est le métier en appuie d'une armée pto ça aide pour remplacer des pans entiers d'une armée.... ça va augmenter le body count surtout qu'il va falloir les équiper les gaillards.

Je veux bien relire mon message si tu l'as sous le coude, mais je ne voulais pas être insultant ni humiliant. Je m'en excuse si tu l'as interprété ainsi. 

Oui pour moi, c'est l'information majeure de cet article: politiquement, toujours pas de mobilisation générale. Dans les faits, on démarre un recrutement de ce type partout ou la situation politique locale le permettra: ça se conforme assez bien avec le déni de réalité Russe et la double-pensée qui imprègne la société à tous les niveaux (faut lire les petits micro trottoir de l'article ci-dessous pour s'en rendre compte). Encore beaucoup de pertes en perspectives et un horizon de sortie très bouché. 

D'ailleurs, qu'en pensent les Russes de Belgorod ? Vitkine rapporte d'ailleurs dans l'article avoir eu l'agréable surprise d'être suivi par des véhicules (FSB probablement) durant tout son reportage. 

==> https://www.lemonde.fr/international/article/2022/07/10/a-belgorod-ville-russe-frappee-par-un-missile-ukrainien-le-fatalisme-l-emporte_6134140_3210.html

Citation

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Dans la ville russe de Belgorod, le fatalisme l’emporte sous les bombardements ukrainiens

Par Benoît Vitkine (Région de Belgorod, envoyé spécial

REPORTAGE Dans cette ville située près de la frontière avec l’Ukraine, certains habitants expriment une forme de lassitude envers l’« opération spéciale » menée par Moscou. Mais ils se gardent bien de toute remise en cause.

Quelques jours ont passé, déjà, mais le tas de gravats reste imposant, au milieu de ce qui fut un salon, murs et fenêtres désormais ouverts aux quatre vents. Çà et là, des jouets d’enfant. Des gants de boxe, sans doute ceux de Kirill, 11 ans. Des patins à roulettes, un sac à dos rose – les possessions d’Alisa, 7 ans. Cette nuit du 2 au 3 juillet, quand un missile en provenance d’Ukraine est tombé sur ce quartier central de Belgorod, dans le sud de la Russie, la petite fille est sortie en pleurant, couverte de poussière, à 3 heures du matin : « Où va-t-on vivre ? »

Aucun membre de la famille n’a été blessé, mais la maison, construite il y a seulement cinq ans au 23 de la rue Maïakovski, sera bel et bien rasée. Idem pour celle, trop endommagée, du grand-père, Alexander Kaidalov, occupé à fouiller les débris. C’est lui, 70 ans, qui raconte l’effroi de cette nuit-là, le bruit assourdissant, le souffle, la porte arrachée qui s’abat sur le lit conjugal, sa peur pour ses petits-enfants.

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Alexander Kaidalov, 70 ans, chez son fils au 23 de la rue Maïakovski, à Belgorod, le 7 juillet 2022. La maison a été touchée par un missile Totchka-U dans la nuit du 2 au 3 juillet. ELENA CHERNYSHOVA POUR «  LE MONDE »

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Tatiana Kaidalova, 45 ans, aide ses proches, qui ont souffert de l’explosion, à transporter les objets conservés de la maison délabrée. A Belgorod, le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA POUR « LE MONDE »

Le projectile a vraisemblablement été tiré depuis le territoire ukrainien, à 30 km de là. Selon l’armée russe, les systèmes de défense antiaérienne de la ville ont détruit trois missiles de type Totchka-U ; seuls des « débris » seraient tombés sur la ville. A en juger par les vidéos amateurs montrant une très forte explosion, mais aussi par les dégâts causés à des dizaines de mètres à la ronde, au moins un des obus a explosé.

Pas de remise en cause de Moscou

Au niveau du point d’impact, deux maisons ont été entièrement détruites, dont celle où vivait une famille ukrainienne de Kharkiv, les Olekseenko, réfugiée à Belgorod depuis le mois de mars. Cinq personnes sont mortes, dont les deux enfants, 16 et 21 ans. En tout, trente-neuf maisons individuelles ont été endommagées, et onze immeubles. Jusqu’à présent, des villages de l’oblast de Belgorod avaient été ciblés, des infrastructures militaires ou des dépôts de carburant touchés, mais le bombardement du 3 juillet a marqué une étape supplémentaire, et provoqué une secousse.

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Mémorial dédié à la famille ukrainienne de Kharkiv réfugiée à Belgorod depuis mars dernier, décédée dans l’explosion à l’intersection des rues Popova et Maïakovski. Le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA

« On savait depuis longtemps qu’il ne s’agit pas d’une “opération spéciale”, commente Tatiana Kaidalova, la belle-fille du vieil Alexander, en nettoyant de ses éclats de verre un morceau de jardin fleuri. On comprend maintenant que cela arrive chez nous… » Cette femme de 45 ans admet avoir été prise de court : « On était conscients d’être exposés, de par notre situation géographique. Mais on imaginait que l’affaire serait terminée rapidement… Comme la Géorgie, comme la Syrie… »

Ce constat ne vaut en aucun cas remise en question des décisions prises à Moscou. « La vie va devenir encore plus dure, mais on ne se plaint pas et on reconstruit, c’est notre mentalité, clame Alexander. Si les Occidentaux croient qu’on va arrêter de soutenir notre président à cause des sanctions ou des bombardements, ils se trompent. C’est même l’inverse ! » D’ailleurs, la personnalité de Vladimir Poutine n’est pas vraiment en cause. Pour le retraité, le seul à pouvoir mettre fin au conflit s’appelle Joe Biden.

« Maintenant, au moins, les gens comprennent ce que c’est, cette situation, ils ne la voient plus seulement depuis leur canapé », abonde, presque réjouie, une voisine de 65 ans, Olga, dont la cuisine située au troisième étage d’un immeuble proche a été pulvérisée.

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Les services municipaux nettoient la zone où se trouvaient deux maisons détruites par une frappe ukrainienne. A Belgorod, le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA POUR « LE MONDE »

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Les services municipaux installent de nouvelles fenêtres pour remplacer celles qui ont été détruites par l’explosion. Dans 11 immeubles à l’intersection des rues Popov et Maïakovski, des vitres ont été brisées lors d’une explosion dans la nuit du 2 au 3 juillet. A Belgorod, le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA POUR « LE MONDE »

Déjà, dans le quartier, une armée d’ouvriers s’active, dépêchée par les autorités locales. Les fenêtres, amenées par dizaines, sont remplacées en urgence. Les toits éventrés retrouvent leur charpente. Il s’agit de ne pas laisser l’inquiétude ou le découragement s’installer dans la population. Pour la même raison, sans doute, les médias nationaux ont traité avec discrétion les bombardements du 3 juillet.

Ces précautions paraissent presque superflues. Si l’émotion est perceptible dans les quartiers touchés, la ville vit dans une parfaite placidité, accentuée par la torpeur estivale qui écrase le Sud russe. Personne ou presque ne dit croire que les Ukrainiens visaient délibérément des civils, comme l’assure le ministère de la défense. La région de Belgorod est une immense base arrière pour l’armée – chacun entend les tirs partant vers l’Ukraine, voit les déploiements de soldats… Le recul russe au nord de Kharkiv a seulement rapproché les positions. Le 6 juillet, deux gardes-frontières étaient encore tués dans une attaque au mortier sur leur véhicule.

Tout au plus certains habitants reconnaissent une forme de « lassitude » devant la durée inattendue des opérations. « Je ne peux pas accuser mon gouvernement, je ne peux pas accuser les Ukrainiens », résume Iouri, 56 ans, blessé au poignet et qui conserve les éclats d’obus qui ont frappé sa maison. Cet ancien électricien, qui ne souhaite pas donner son nom, concède s’interroger sur le bien-fondé de l’« opération spéciale », avant de se reprendre : « Sans doute que nous n’avions pas le choix, que sinon ils nous auraient attaqués les premiers… Sans doute. »

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Parents et amis rencontrent les militaires, arrivés de Moscou à la gare de Belgorod, le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA POUR « LE MONDE »

Iouri raconte aussi les liens rompus avec sa famille de « l’autre côté », à Kharkiv, les appels qui se raréfient, les textos sans réponse. De telles histoires sont répétées par des milliers de bouches à Belgorod. La façon dont les ruptures ont été entérinées n’est pas toujours claire, on en parle déjà comme d’un passé ancien, révolu, en regrettant simplement le divorce entre « peuples frères ». Malgré cette proximité revendiquée, la connaissance des faits est relative : un chauffeur de taxi, qui explique continuer à communiquer avec ses proches à Kharkiv, affirme ainsi que la ville ukrainienne vit grâce à l’aide humanitaire russe, ce qui est impossible.

Le fatalisme résigné s’exprime de manière encore plus simple dans les villages du sud de l’oblast de Belgorod, où le survol des obus est plus fréquent. Là, c’est un homme occupé à repeindre sa barrière qui balaie : « Si le président dit que ça va, c’est que ça va. » Plus loin, dans le village de Golovtchino, la maison de Liouba, 61 ans, touchée fin avril – clôture trouée par des éclats, toit endommagé, fenêtres brisées. Kachtan, son chien, est mort. Les services municipaux ont tout réparé, et la vieille femme attend sereinement la prochaine récolte de son potager. « Ça ne sert à rien de s’inquiéter », dit-elle. Elle ne descend jamais à la cave en cas de danger, et d’ailleurs, pas plus qu’à Belgorod, pas le moindre système d’alarme n’est utilisé.

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Une balle d’arme à sous-munitions qui a été tirée sur le village de Golovtchino, en Russie, au mois d’avril. Le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA

En ville, les hôtels qui accueillaient des réfugiés venus d’Ukraine ont vu débarquer des familles originaires de villages frontaliers évacués. « Seuls les vieux ont refusé de partir, ou ceux qui ne voulaient pas abandonner leur bétail », raconte Roman, réfugié à l’hôtel Amaks avec sa femme et ses trois enfants, qui a trouvé un emploi de gardien dans une station-service. Lui aussi soutient le président et l’armée, mais il relativise : « De toute façon, rien ne dépend de nous, et est-ce vraiment notre rôle de chercher à savoir pourquoi tout cela a commencé ? »

Epidémie de dénonciations

« Peut-être plus encore qu’ailleurs en Russie, Belgorod est régie par l’apathie, souligne une journaliste locale qui préfère, elle aussi, rester anonyme. Le précédent gouverneur est resté en poste pendant vingt-sept ans. Avant de se mettre à l’écriture d’ouvrages ésotériques, il a écrasé toute tentative de faire émerger une société civile. » A cela s’ajoute la peur, avec une épidémie de dénonciations et de condamnations pour « discréditation » des forces armées. La dernière en date a touché une professeure d’université, Tatiana Novikova, le 24 juin, pour un commentaire sur Vkontakte (le Facebook russe) : un slogan antiguerre et un poème. Dans la foulée, cette femme a été renvoyée de l’université où elle travaillait depuis trente-six ans. Aucun professeur n’a protesté.

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Les rues sont décorées d’étoiles rouges et de drapeaux russes, à Belgorod, le 7 juillet 2022. ELENA CHERNYSHOVA POUR « LE MONDE »

Autre indicateur de cette ambiance particulière et des moyens déployés pour surveiller ou intimider les voix dissonantes : durant deux jours, Le Monde a été suivi en permanence par deux ou trois véhicules banalisés, que ce soit en ville ou dans les villages plus au sud.

Etonnamment, la seule à questionner ouvertement le sens et le déroulé de l’opération militaire est une volontaire travaillant en soutien de l’armée. Janna Bassanskaïa, 47 ans, au parler aussi franc que ses cheveux sont verts, rassemble des colis pour les militaires avant de les transmettre à la frontière : habillement, nourriture, et jusqu’à des drones. Cette entrepreneuse critique « la propagande des deux côtés », dit ne pas comprendre la persécution des activistes antiguerre, et prévient qu’aucune « victoire » n’est possible, mais elle a fait son choix : par « pitié » pour les soldats et pour être certaine que les combats ne se déplaceront jamais dans sa région natale.

Janna Bassanskaïa s’attendait, après le bombardement du 3 juillet, à recevoir plus de dons, mais rien de tel ne s’est produit : « Tout le monde a des problèmes d’argent. Et puis les gens en ont marre, ils sont fatigués de conflit, après avoir cru que tout irait vite. »

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Ioulia N. collecte de la nourriture et des kits ménagers pour les réfugiés d’Ukraine, à Belgorod, le 7 juillet 2022. Depuis la fondation de l’association Le Dixième Cercle, en mars, plus de 3 000 personnes ont été aidées. ELENA CHERNYSHOVA POUR « LE MONDE »

Ioulia N., à la tête d’un groupe de volontaires soutenant les réfugiés ukrainiens, constate elle aussi cette fatigue. Mais elle note que les dons à l’armée restent plus importants que ceux que son organisation, Le Dixième Cercle, reçoit. La famille tuée le 3 juillet faisait partie de ses quelque 3 000 protégés, un nombre bien trop important pour que les moyens déployés par l’Etat suffisent.

« Au sein de notre groupe, toutes les opinions existent au sujet du conflit, mais il y a un consensus pour ne pas en parler », dit-elle, indiquant avoir elle-même « fait le choix de la Russie ». Mme N. a elle-même une histoire tourmentée, qui l’a menée de Kharkiv à Belgorod, en 2014. « En aidant les gens qui arrivent ici, je veux croire que j’aide aussi mes amis restés à Kharkiv, dont certains me maudissent. »

 

On ignore les quantités de matos stockés à l'abri de cette haie, et d'habitude c'est un 2S1 ou 3 BM-21 qui prennent le contre-feu. Mais là, ça flambe sévère et ça avait l'air plus fourni en matériel.

 

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Il y a 1 heure, Banzinou a dit :

Donc nos LRM sont inutilisables de fait, car je suppose que nos alliés aussi ont démantelé les M26

Je ne sais pas.  Faudrait regarder qui a signé ou pas le machin sous-munitions.  Ceci dit, rien n'interdit de lancer des roquettes simples non guidées, ce sont les roquettes à sous-munitions qui ont été démantelées... 

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Il y a 4 heures, Valy a dit :

 

Ils n'ont plus de chars modernes mais ne manquent pas de chars pour autant: en plusdes T62 qui sont affectés à la DNR/LNR et qui provenait d'une filière de restauration intiée en 2018 pour une espèce de 'Garde nationale' , ils puisent avec succès dans des stocks de T80BV soviétiques disponibles en garnd nombre.

 

 

 

 

 

 

Étonnant le rôle joué par le T-80 dans ce conflit. Char méconnu et peu mis en valeur mais dont la modernisation semble avoir pallier une bonne partie des défauts. Maintenant si les russes engagent réellement des versions soviétiques, cela risque d'être beaucoup moins positif.

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