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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques


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Il y a 19 heures, olivier lsb a dit :

C'est effectivement mon interprétation personnelle, mais il ne faut pas être naïf: tout se paie dans ces rencontres, y compris et surtout les déclarations qui s'en suivent.

Les Turcs contrôlent pas seulement un détroit mais dispose d'une convention rédigée en des termes assez vagues, de sorte que le franchissement de navires civils en temps de guerre peut être ou non autorisé, selon les interprétations du moment de la partie Turque concernant la menace qui pèse sur sa sécurité. Les Turcs (on peut le penser, vu ce qui est rapporté dans l'article) ont donc monnayé chèrement leur bon vouloir dans ce dossier. Rien de choquant en soit, mais c'est la partie Russe à mon sens qui était plus demandeuse que l'inverse. 

Pour le reste, la Turquie reste un pays qui fait partie de l'OTAN, même si Erdogan a pris de bonnes distances avec le "bloc" occidental. Ca n'a pas empêché les affrontements par proxy entre Turcs et Russes (Nagorno Karabakh), les incidents en directs (le tir sur le Su-24 Russe en 2015), les interventions Turques en Syrie, pays pourtant placé sous un protectorat militaire Russe etc...

Se voir décerner des remerciements dans ce contexte là, j'appelle çà une victoire diplomatique. 

Cela fait des années que VP et Erdo se congratulent mutuellement entre deux affrontements via proxys, sans jamais déborder.

L’accord satisfait probablement autant les Russes (raisons économiques et diplomatiques car conserver Ankara en marge du bloc occidental lui est fondamental) que les Turcs (réaffirment leur position centrale, leur autonomie stratégique et se font un peu d’argent…).

Edited by gustave
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Pour Kyiv, Paris progresse mais peut mieux faire

Stéphane Siohan Correspondant à Kyiv

 

Appréciant le soutien de la France, l'Ukraine demande un peu plus d'aide militaire et économique de la part de l'Elysée, considéré comme trop complaisant avec la Russie.

Officiellement, tout va bien entre l'Ukraine et la France. Dans la capitale ukrainienne, les officiels ont apprécié la réaction sans ambiguïté de l'Elysée et de la diplomatie française au «massacre perpétré par les forces armées russes à Olenivka». 53 prisonniers de guerre ukrainiens ont péri dans le bombardement de ce centre pénitentiaire, près de Donetsk, imputé aux forces russes. Un événement qualifié de «sidérant» par une source française.

«Survie». Cependant, dans l'opinion ukrainienne, la France n'émarge pas naturellement au rang des alliés les plus fiables. «On dénote chez les Français et chez Macron une attitude de beaux parleurs, mais on ne sait pas trop où ils veulent en venir, s'ils ont réellement compris les enjeux de cette guerre, qui, pour l'Ukraine et le peuple ukrainien, est une question de survie. On a l'impression que Paris croit qu'on peut encore parler, alors que c'est le temps de l'action», confie un journaliste politique de Kyiv.

Du côté gouvernemental, on salue la «décision responsable» des dirigeants français et allemands, lorsque ces derniers sont venus à Kyiv le 16 juin, apportant aux Ukrainiens le statut de pays candidat à l'UE. «La relation avec la France est forte, mais il serait possible d'ajuster un peu le focus sur la manière dont Paris et Berlin envisagent [l'invasion russe] et y répondent», confie à Libération un officiel du gouvernement ukrainien.

«La France est une amie et un partenaire de l'Ukraine et nous apprécions vraiment son soutien militaire, économique, politique et l'appui aux sanctions contre la Russie», ajoute-t-il.

Mais, selon cette source dans l'appareil d'Etat, «[Paris et Berlin] doivent changer leur logique et passer du "nous n'allons pas laisser l'Ukraine perdre" à "nous allons tout faire pour que l'Ukraine gagne", car on voit encore certains qui espèrent convaincre Poutine de stopper la guerre en lui présentant une seconde chance, en lui permettant de sauver la face. Or, c'est une stratégie perdante, cela fait huit ans que la diplomatie ne marche pas et que Poutine ne comprend que le langage de la force». Canons. Quant à la «perception française» de la guerre, le haut responsable estime que «[la France] a essayé à plusieurs reprises d'être constructive dans le dialogue avec Poutine, Macron a fait de son mieux, mais ça n'a pas marché. Les résultats de cette approche parlent pour eux-mêmes». Citant l'exemple des canons français Caesar, déployés sur le front ukrainien, et qui procurent une grande satisfaction aux artilleurs ukrainiens, le responsable appelle la France à «livrer plus d'armes et de munitions». «Bien entendu, nous ne pouvons dicter leurs décisions à nos partenaires, nous discutons. Mais il y a des pays plus petits [que la France] qui ont apporté plus de soutien si on le mesure par habitant. Or, c'est également dans l'intérêt de la France que cette guerre se termine le plus rapidement possible», conclut la source interrogée, alors qu'à Kyiv, l'humeur est à accélérer l'effort de guerre et obtenir une victoire militaire et psychologique décisive à Kherson, avant que le froid et la neige n'embourbent les fronts.

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Il y a 5 heures, CortoMaltese a dit :

 

Pour Kyiv, Paris progresse mais peut mieux faire

Stéphane Siohan Correspondant à Kyiv

 

Appréciant le soutien de la France, l'Ukraine demande un peu plus d'aide militaire et économique de la part de l'Elysée, considéré comme trop complaisant avec la Russie.

Officiellement, tout va bien entre l'Ukraine et la France. Dans la capitale ukrainienne, les officiels ont apprécié la réaction sans ambiguïté de l'Elysée et de la diplomatie française au «massacre perpétré par les forces armées russes à Olenivka». 53 prisonniers de guerre ukrainiens ont péri dans le bombardement de ce centre pénitentiaire, près de Donetsk, imputé aux forces russes. Un événement qualifié de «sidérant» par une source française.

«Survie». Cependant, dans l'opinion ukrainienne, la France n'émarge pas naturellement au rang des alliés les plus fiables. «On dénote chez les Français et chez Macron une attitude de beaux parleurs, mais on ne sait pas trop où ils veulent en venir, s'ils ont réellement compris les enjeux de cette guerre, qui, pour l'Ukraine et le peuple ukrainien, est une question de survie. On a l'impression que Paris croit qu'on peut encore parler, alors que c'est le temps de l'action», confie un journaliste politique de Kyiv.

Du côté gouvernemental, on salue la «décision responsable» des dirigeants français et allemands, lorsque ces derniers sont venus à Kyiv le 16 juin, apportant aux Ukrainiens le statut de pays candidat à l'UE. «La relation avec la France est forte, mais il serait possible d'ajuster un peu le focus sur la manière dont Paris et Berlin envisagent [l'invasion russe] et y répondent», confie à Libération un officiel du gouvernement ukrainien.

«La France est une amie et un partenaire de l'Ukraine et nous apprécions vraiment son soutien militaire, économique, politique et l'appui aux sanctions contre la Russie», ajoute-t-il.

Mais, selon cette source dans l'appareil d'Etat, «[Paris et Berlin] doivent changer leur logique et passer du "nous n'allons pas laisser l'Ukraine perdre" à "nous allons tout faire pour que l'Ukraine gagne", car on voit encore certains qui espèrent convaincre Poutine de stopper la guerre en lui présentant une seconde chance, en lui permettant de sauver la face. Or, c'est une stratégie perdante, cela fait huit ans que la diplomatie ne marche pas et que Poutine ne comprend que le langage de la force». Canons. Quant à la «perception française» de la guerre, le haut responsable estime que «[la France] a essayé à plusieurs reprises d'être constructive dans le dialogue avec Poutine, Macron a fait de son mieux, mais ça n'a pas marché. Les résultats de cette approche parlent pour eux-mêmes». Citant l'exemple des canons français Caesar, déployés sur le front ukrainien, et qui procurent une grande satisfaction aux artilleurs ukrainiens, le responsable appelle la France à «livrer plus d'armes et de munitions». «Bien entendu, nous ne pouvons dicter leurs décisions à nos partenaires, nous discutons. Mais il y a des pays plus petits [que la France] qui ont apporté plus de soutien si on le mesure par habitant. Or, c'est également dans l'intérêt de la France que cette guerre se termine le plus rapidement possible», conclut la source interrogée, alors qu'à Kyiv, l'humeur est à accélérer l'effort de guerre et obtenir une victoire militaire et psychologique décisive à Kherson, avant que le froid et la neige n'embourbent les fronts.

Ca a souvent été ma marotte, surtout au début du conflit à l'époque du PR qui appelait à ne pas humilier la Russie, mais on voit bien ici (même si l'article n'évoque qu'une seule source) les dégâts causés à notre crédit diplomatique dans la gestion de ce conflit et notre position totalement illisible. 

J'espère que comme (trop) souvent, c'est plus l'échelon politique plus que renseignement/analyse qui a pêché. 

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il y a 15 minutes, olivier lsb a dit :

Ca a souvent été ma marotte, surtout au début du conflit à l'époque du PR qui appelait à ne pas humilier la Russie, mais on voit bien ici (même si l'article n'évoque qu'une seule source) les dégâts causés à notre crédit diplomatique dans la gestion de ce conflit et notre position totalement illisible. 

J'espère que comme (trop) souvent, c'est plus l'échelon politique plus que renseignement/analyse qui a pêché. 

Je me tâte vraiment à écrire un truc qui s'intitulerai "La France, une diplomatie à la dérive". Et ça s'explique largement je pense par le fait que la France ne sait pas (plus) ce qu'elle est, ce qu'elle veut, qu'elle place elle veut occuper et comment. Quelle place dans le monde ? Quelle place au sein de l'Europe ?  Personne en France n'en a aucune idée. À part des idées creuses et des phrases toutes faites qui ne renvoient à rien ("puissance d'équilibre") et ne nous aide absolument pas à nous positionner sur les grandes questions internationales contemporaines, on a rien à proposer. On est en permanence à la remorque des évènements, naviguant à vue au grès des présidents et de l'ambiance du moment. 

On peut penser ce qu'on veut des anglais, mais eux ont une identité géopolitique marquée et cohérente : ils sont les brillants seconds des américains et le font très bien. Leur diplomatie est lisible et relativement constante. Sur l'Ukraine ils ont pris un leadership à leur échelle, l'assument, et le revendiquent. 

 

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il y a 3 minutes, CortoMaltese a dit :

Je me tâte vraiment à écrire un truc qui s'intitulerai "La France, une diplomatie à la dérive". Et ça s'explique largement je pense par le fait que la France ne sait pas (plus) ce qu'elle est, ce qu'elle veut, qu'elle place elle veut occuper et comment. Quelle place dans le monde ? Quelle place au sein de l'Europe ?  Personne en France n'en a aucune idée. À part des idées creuses et des phrases toutes faites qui ne renvoient à rien ("puissance d'équilibre") et ne nous aide absolument pas à nous positionner sur les grandes questions internationales contemporaines, on a rien à proposer. On est en permanence à la remorque des évènements, naviguant à vue au grès des présidents et de l'ambiance du moment. 

On peut penser ce qu'on veut des anglais, mais eux ont une identité géopolitique marquée et cohérente : ils sont les brillants seconds des américains et le font très bien. Leur diplomatie est lisible et relativement constante. Sur l'Ukraine ils ont pris un leadership à leur échelle, l'assument, et le revendiquent. 

 

T'as le bouquin de Malbrunot déjà sur le déclassement français qui doit reprendre pas mal des aspects que tu cites. Il est sur ma liste mais pas encore lu. 

De ce que je comprends, une des matrices de lecture de nos postures erratiques est à chercher dans nos querelles intestines, dgse quai d'Orsay notamment. Mais je m'égare, serais ravi d'en discuter ailleurs si tu l'as lu. 

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il y a 3 minutes, olivier lsb a dit :

T'as le bouquin de Malbrunot déjà sur le déclassement français qui doit reprendre pas mal des aspects que tu cites. Il est sur ma liste mais pas encore lu. 

De ce que je comprends, une des matrices de lecture de nos postures erratiques est à chercher dans nos querelles intestines, dgse quai d'Orsay notamment. Mais je m'égare, serais ravi d'en discuter ailleurs si tu l'as lu. 

Pas lu mais tu me l'as bien vendu, je rajoute ça à ma pile de 453512 bouquins que je dois lire :biggrin:

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Témoignages d'une civile revenue d'une prison DNR (suite probablement à un échange): crimes de guerre, tortures et meurtres. On commence seulement à gratter la partie émergée de l'iceberg. Avec une justification qui fait écho à un article que j'avais partagé de Jonathan littell pour Le Monde, comme un slogan repris par les soldats de la 64e brigade de fusiliers motorisés "qui vous a donné le droit de vivre si bien ?"

Témoignage: "La philosophie est la suivante : 'Tout est horrible pour nous, donc tout devrait être horrible pour vous'. C'est très communiste."

https://www.theguardian.com/world/2022/aug/06/russian-prison-camp-ukrainians-deaths-donetsk

 

Citation

Le mal absolu" : l'intérieur du camp de prisonniers russes où des dizaines d'Ukrainiens sont morts brûlés vifs.

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L'entrepreneuse Anna Vorosheva accuse Moscou de meurtre après avoir passé 100 jours dans le centre de détention d'Olenivka

Guerre Russie-Ukraine - dernières nouvelles
Anna Vorosheva après sa libération de la prison russe
Anna Vorosheva a été arrêtée à un poste de contrôle en mars alors qu'elle tentait de livrer de l'aide humanitaire à Mariupol. Photo : Abdulmonam Eassa/The Observer
Luke Harding à Kiev
sam 6 août 2022 14.35 BST
Des cris de soldats torturés, des cellules débordantes, des conditions inhumaines, un régime d'intimidation et de meurtre. De la bouillie immangeable, aucune communication avec le monde extérieur, et des jours marqués par un calendrier fait maison écrit sur une boîte de thé.

Voilà, selon un prisonnier qui s'y trouvait, à quoi ressemblent les conditions de détention à Olenivka, le célèbre centre de détention situé à l'extérieur de Donetsk, où des dizaines de soldats ukrainiens sont morts brûlés dans un épisode horrible à la fin du mois dernier, alors qu'ils étaient captifs des Russes.

Anna Vorosheva, une entrepreneuse ukrainienne de 45 ans, a livré à l'Observer un récit poignant de son séjour en prison. Elle a passé 100 jours à Olenivka après avoir été arrêtée à la mi-mars à un poste de contrôle tenu par la République populaire de Donetsk (DNR) pro-russe dans l'est de l'Ukraine.

Elle tentait de livrer des fournitures humanitaires à Mariupol, sa ville natale, que l'armée russe avait assiégée. Les séparatistes l'ont arrêtée et l'ont conduite dans un fourgon de police bondé jusqu'à la prison, où elle a été détenue jusqu'au début du mois de juillet pour "terrorisme".

Aujourd'hui en convalescence en France, Vorosheva a déclaré qu'elle ne doutait pas que la Russie ait assassiné "cyniquement et délibérément" des prisonniers de guerre ukrainiens. "Nous parlons du mal absolu", a-t-elle déclaré.

Les combattants ont explosé le 29 juillet dans une explosion mystérieuse et dévastatrice. Moscou affirme que l'Ukraine les a tués avec une roquette Himars à guidage de précision de fabrication américaine. Des images satellite et des analyses indépendantes suggèrent toutefois qu'ils ont été anéantis par une bombe puissante déclenchée depuis l'intérieur du bâtiment. La Russie affirme que 53 prisonniers ont été tués et 75 blessés. L'Ukraine n'a pas été en mesure de confirmer ces chiffres et a demandé une enquête. Les victimes étaient des membres du bataillon Azov. Jusqu'à leur reddition en mai, ils avaient défendu l'usine sidérurgique Azovstal de Mariupol, en tenant bon sous terre. Un jour avant l'explosion, ils ont été transférés dans une zone séparée de la zone industrielle du camp, à une certaine distance du bloc de béton sinistre de deux étages où Vorosheva partageait une cellule avec d'autres prisonnières. La vidéo diffusée par la télévision d'État russe a révélé des corps carbonisés et des lits superposés en métal tordus.

"La Russie ne voulait pas qu'elles restent en vie. Je suis sûre que certaines des personnes 'tuées' dans l'explosion étaient déjà des cadavres. C'était une façon commode de justifier le fait qu'ils avaient été torturés à mort", a-t-elle déclaré.


Les prisonniers de sexe masculin étaient régulièrement extraits de leur cellule, battus, puis enfermés à nouveau. "Nous entendions leurs cris", dit-elle. "Ils mettaient de la musique forte pour couvrir les cris. Les tortures étaient monnaie courante. Les enquêteurs en plaisantaient et demandaient aux détenus : 'Qu'est-il arrivé à votre visage ?'. Le soldat répondait : 'Je suis tombé', et ils riaient. "C'était une démonstration de pouvoir. Les prisonniers comprenaient que tout pouvait leur arriver, qu'ils pouvaient facilement être tués. Un petit nombre de gars d'Azov ont été capturés avant la reddition massive en mai." Vorosheva a déclaré qu'il y avait un trafic constant autour d'Olenivka, connue sous le nom de colonie correctionnelle n° 120. Ancienne école technique soviétique, elle a été transformée en prison dans les années 1980, puis abandonnée. Le DNR a commencé à l'utiliser au début de cette année pour héberger des civils ennemis.

Les captifs arrivaient et repartaient chaque jour du camp, situé à 20 km au sud-ouest de la ville occupée de Donetsk, a déclaré Vorosheva à l'Observer. Environ 2 500 personnes y étaient détenues, ce chiffre pouvant parfois atteindre 3 500 à 4 000, a-t-elle estimé. Il n'y avait ni eau courante ni électricité. L'atmosphère a changé lorsque près de 2 000 combattants d'Azov ont été amenés par bus dans la matinée du 17 mai, dit-elle. Les drapeaux russes ont été hissés et les couleurs du DNR retirées. Les gardes se sont d'abord méfiés des nouveaux prisonniers. Par la suite, ils ont ouvertement parlé de la manière dont ils allaient les brutaliser et les humilier, dit-elle.

"On nous traitait fréquemment de nazis et de terroristes. L'une des femmes de ma cellule était une infirmière d'Azovstal. Elle était enceinte. J'ai demandé si je pouvais lui donner ma ration de nourriture. On m'a dit : 'Non, c'est une tueuse'. La seule question qu'ils m'ont posée était : 'Connaissez-vous des soldats d'Azov ?'"

Les conditions de vie des détenues étaient sinistres. Elle a déclaré qu'elles n'étaient pas torturées mais qu'elles recevaient à peine de la nourriture - 50 g de pain pour le dîner et parfois du porridge. "C'était digne d'un cochon", dit-elle. Elle soupçonne le directeur de la prison de siphonner l'argent alloué aux repas. Les toilettes débordaient et les femmes ne recevaient aucun produit sanitaire. Les cellules étaient si surpeuplées qu'elles dormaient à tour de rôle. "C'était difficile. Les gens pleuraient, s'inquiétaient pour leurs enfants et leurs familles." À la question de savoir si les gardiens faisaient parfois preuve de sympathie, elle a répondu qu'une personne anonyme leur avait un jour laissé une bouteille de shampoing. Selon Vorosheva, le personnel du camp subissait un lavage de cerveau par la propagande russe et considérait les Ukrainiens comme des nazis. Certains étaient des villageois locaux. "Ils nous rendaient responsables du fait que leur vie était terrible. C'était comme un alcoolique qui dit qu'il boit de la vodka parce que sa femme n'est pas bonne.

"La philosophie est la suivante : 'Tout est horrible pour nous, donc tout devrait être horrible pour vous'. C'est très communiste."

Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, a qualifié l'explosion de "crime de guerre russe délibéré et de meurtre de masse délibéré de prisonniers de guerre ukrainiens". La semaine dernière, son bureau et le ministère ukrainien de la défense ont donné des détails sur des indices qui, selon eux, indiquent la culpabilité du Kremlin.

Des parents de soldats du bataillon Azov protestent à Kiev après l'explosion de la prison d'Olenivka.
Des amis et des parents de soldats du bataillon Azov protestent à Kiev après l'explosion de la prison d'Olenivka qui a tué des dizaines de prisonniers de guerre. Photo : Dimitar Dilkoff/AFP/Getty Images
Citant des images satellite, des interceptions téléphoniques et des renseignements, ils affirment que des mercenaires russes du groupe Wagner ont perpétré ces meurtres en collaboration avec l'agence d'espionnage FSB de Vladimir Poutine. Ils soulignent le fait qu'une rangée de tombes a été creusée dans la colonie quelques jours avant l'explosion.

L'opération a été approuvée au "plus haut niveau" à Moscou, affirment-ils. "La Russie n'est pas une démocratie. Le dictateur est personnellement responsable de tout, qu'il s'agisse du MH17, de Bucha ou d'Olenivka", a déclaré une source du renseignement. "La question est de savoir quand Poutine reconnaîtra ses atrocités".

Selon une version des événements examinée par Kiev, l'explosion pourrait être le résultat de rivalités internes entre les services de renseignement militaire russes FSB et GRU. Selon certaines sources, le GRU aurait négocié la reddition d'Azovstal avec son homologue de l'armée ukrainienne, un accord que le FSB aurait eu à cœur de faire échouer.

Les soldats auraient dû être protégés par les garanties données par la Russie à l'ONU et au Comité international de la Croix-Rouge que les détenus d'Azov seraient correctement traités. Depuis l'explosion, les Russes ont refusé de donner aux représentants internationaux tout accès au site.

Selon Mme Vorosheva, la Croix-Rouge a été autorisée à entrer dans le camp en mai. Selon elle, les Russes ont emmené les visiteurs dans une pièce spécialement rénovée et ne leur ont pas permis de parler indépendamment aux prisonniers. "C'était un spectacle", a-t-elle déclaré. "On nous a demandé de donner la taille de nos vêtements et on nous a dit que la Croix-Rouge distribuerait quelque chose. Rien ne nous est parvenu".

Inscrivez-vous à First Edition, notre bulletin d'information quotidien gratuit - tous les matins de la semaine à 7 heures BST.

D'autres détenus ont confirmé la version des faits de Vorosheva et ont déclaré que les soldats d'Azov étaient traités pire que les civils. Dmitry Bodrov, un travailleur volontaire de 32 ans, a déclaré au Wall Street Journal que les gardes emmenaient tous ceux qu'ils soupçonnaient de mauvaise conduite dans une section disciplinaire spéciale du camp pour les battre.

Ils en ressortaient en boitant et en gémissant, a-t-il dit. Certains prisonniers ont été contraints de ramper jusqu'à leur cellule. Un autre prisonnier, Stanislav Hlushkov, a déclaré qu'un détenu qui était régulièrement battu a été retrouvé mort en cellule d'isolement. Les aides-soignants lui ont mis un drap sur la tête, l'ont chargé dans un fourgon mortuaire et ont dit aux autres détenus qu'il s'était "suicidé".

Vorosheva a été libérée le 4 juillet. C'était, dit-elle, un "miracle". "Les gardes ont lu à haute voix les noms de ceux qui allaient être libérés. Tout le monde a écouté en silence. Mon cœur a fait un bond lorsque j'ai entendu mon nom. J'ai fait mes valises mais je n'ai pas fait la fête. Il y a eu des cas où des personnes étaient sur la liste, sont sorties, puis sont revenues."

Elle a ajouté : "Les personnes qui dirigent le camp représentent les pires aspects de l'Union soviétique. Ils ne pouvaient bien se comporter que s'ils pensaient que personne ne regardait."

Les conditions de vie des détenues étaient sinistres. Elle a déclaré qu'elles n'étaient pas torturées mais qu'elles recevaient à peine de la nourriture - 50 g de pain pour le dîner et parfois du porridge. "C'était digne d'un cochon", dit-elle. Elle soupçonne le directeur de la prison de siphonner l'argent alloué aux repas. Les toilettes débordaient et les femmes ne recevaient aucun produit sanitaire. Les cellules étaient si surpeuplées qu'elles dormaient à tour de rôle. "C'était difficile. Les gens pleuraient, s'inquiétaient pour leurs enfants et leurs familles." À la question de savoir si les gardiens faisaient parfois preuve de sympathie, elle a répondu qu'une personne anonyme leur avait un jour laissé une bouteille de shampoing.

Selon Vorosheva, le personnel du camp subissait un lavage de cerveau par la propagande russe et considérait les Ukrainiens comme des nazis. Certains étaient des villageois locaux. "Ils nous rendaient responsables du fait que leur vie était terrible. C'était comme un alcoolique qui dit qu'il boit de la vodka parce que sa femme n'est pas bonne.

"La philosophie est la suivante : 'Tout est horrible pour nous, donc tout devrait être horrible pour vous'. C'est très communiste."

Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, a qualifié l'explosion de "crime de guerre russe délibéré et de meurtre de masse délibéré de prisonniers de guerre ukrainiens". La semaine dernière, son bureau et le ministère ukrainien de la défense ont donné des détails sur des indices qui, selon eux, indiquent la culpabilité du Kremlin. Citant des images satellite, des interceptions téléphoniques et des renseignements, ils affirment que des mercenaires russes du groupe Wagner ont perpétré ces meurtres en collaboration avec l'agence d'espionnage FSB de Vladimir Poutine. Ils soulignent le fait qu'une rangée de tombes a été creusée dans la colonie quelques jours avant l'explosion.

L'opération a été approuvée au "plus haut niveau" à Moscou, affirment-ils. "La Russie n'est pas une démocratie. Le dictateur est personnellement responsable de tout, qu'il s'agisse du MH17, de Bucha ou d'Olenivka", a déclaré une source du renseignement. "La question est de savoir quand Poutine reconnaîtra ses atrocités".

Selon une version des événements examinée par Kiev, l'explosion pourrait être le résultat de rivalités internes entre les services de renseignement militaire russes FSB et GRU. Selon certaines sources, le GRU aurait négocié la reddition d'Azovstal avec son homologue de l'armée ukrainienne, un accord que le FSB aurait eu à cœur de faire échouer.

Les soldats auraient dû être protégés par les garanties données par la Russie à l'ONU et au Comité international de la Croix-Rouge que les détenus d'Azov seraient correctement traités. Depuis l'explosion, les Russes ont refusé de donner aux représentants internationaux tout accès au site.

Selon Mme Vorosheva, la Croix-Rouge a été autorisée à entrer dans le camp en mai. Selon elle, les Russes ont emmené les visiteurs dans une pièce spécialement rénovée et ne leur ont pas permis de parler indépendamment aux prisonniers. "C'était un spectacle", a-t-elle déclaré. "On nous a demandé de donner la taille de nos vêtements et on nous a dit que la Croix-Rouge distribuerait quelque chose. Rien ne nous est parvenu".

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D'autres détenus ont confirmé la version des faits de Vorosheva et ont déclaré que les soldats d'Azov étaient traités pire que les civils. Dmitry Bodrov, un travailleur volontaire de 32 ans, a déclaré au Wall Street Journal que les gardes emmenaient tous ceux qu'ils soupçonnaient de mauvaise conduite dans une section disciplinaire spéciale du camp pour les battre.

Ils en ressortaient en boitant et en gémissant, a-t-il dit. Certains prisonniers ont été contraints de ramper jusqu'à leur cellule. Un autre prisonnier, Stanislav Hlushkov, a déclaré qu'un détenu qui était régulièrement battu a été retrouvé mort en cellule d'isolement. Les aides-soignants lui ont mis un drap sur la tête, l'ont chargé dans un fourgon mortuaire et ont dit aux autres détenus qu'il s'était "suicidé".

Vorosheva a été libérée le 4 juillet. C'était, dit-elle, un "miracle". "Les gardes ont lu à haute voix les noms de ceux qui allaient être libérés. Tout le monde a écouté en silence. Mon cœur a fait un bond lorsque j'ai entendu mon nom. J'ai fait mes valises mais je n'ai pas fait la fête. Il y a eu des cas où des personnes étaient sur la liste, sont sorties, puis sont revenues."

Elle a ajouté : "Les personnes qui dirigent le camp représentent les pires aspects de l'Union soviétique. Ils ne pouvaient bien se comporter que s'ils pensaient que personne ne regardait."

Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

 

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Il y a 20 heures, Boule75 a dit :

@Wallaby : l'article sous-entend que l'invasion russe de l'Ukraine est à l'origine de cette étonnante inflation mais n'explique pas grand chose ni ne détaille ce que la Banque d'Angleterre anticipe, en fait.

Côté pétrole, le Brent est revenu au niveau du 1er février 2022, les prix à la pompe sont en baisse aux USA depuis des semaines. Bizarre.

Apparemment la baisse du prix à la pompe est dû à une anticipation d'une baisse de la consommation, qui est une anticipation d'une moindre activité économique :

https://edition.cnn.com/2022/08/03/energy/gas-price-decline/index.html

Les craintes d'un ralentissement économique mondial ont fait baisser les prix du pétrole ces derniers jours et ces dernières semaines.

M. Kloza a également mis en avant la libération sans précédent de pétrole d'urgence par l'administration Biden à partir de la réserve stratégique de pétrole, même s'il a admis qu'il était difficile d'en quantifier l'impact.

La banque d'Angleterre semble appuyer ses analyses sur les prix du gaz naturel et de l'électricité.

https://www.npr.org/2022/08/05/1115854623/the-bank-of-england-predicts-a-lengthy-recession-at-the-end-of-the-year?t=1659900408282

LONDRES - La Banque d'Angleterre a annoncé jeudi sa plus forte hausse des taux d'intérêt en 27 ans, alors qu'elle prévoyait que la guerre en Ukraine alimenterait davantage l'inflation et ferait basculer l'économie britannique dans une récession prolongée.

La flambée des prix du gaz naturel devrait porter l'inflation des prix à la consommation à 13,3 % en octobre, contre 9,4 % en juin, a déclaré la banque. Cela fera entrer la Grande-Bretagne en récession plus tard cette année, et la production économique diminuera chaque trimestre du quatrième trimestre de 2022 au quatrième trimestre de 2023, selon les prévisions de la banque.

Ces pressions ont convaincu le comité de politique monétaire de la banque de relever son taux d'intérêt directeur de 0,5 point de pourcentage, la plus importante des six augmentations consécutives depuis décembre. Le taux s'établit désormais à 1,75 %, soit le taux le plus élevé depuis les profondeurs de la crise financière mondiale, fin 2008.

La situation de l'inflation s'est aggravée ces derniers mois, la Russie ayant réduit ses livraisons de gaz naturel à l'Europe en représailles au soutien apporté par l'Occident à l'Ukraine. Cela a déclenché une hausse sans précédent des prix de l'énergie dans le monde entier.

La Banque d'Angleterre estime que les factures de gaz et d'électricité absorberont 3,5 % supplémentaires des revenus des ménages au cours de la période 2021-2023. C'est cinq fois plus que l'augmentation subie par les ménages britanniques pendant la crise énergétique des années 1970.

Une première vague d'inflation a été déclenchée par les goulets d'étranglement de l'offre internationale et l'augmentation de la demande d'énergie lorsque la pandémie de coronavirus a commencé à s'atténuer l'année dernière. Elle a été rapidement suivie par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui a déclenché de fortes hausses des prix des denrées alimentaires et de l'énergie.

Ces pressions devraient se dissiper avec le temps, et certains signes indiquent que les prix de certains biens commencent à baisser, a déclaré la Banque d'Angleterre.

Mais l'inflation est désormais imbriquée dans l'économie britannique, les chefs d'entreprise augmentant les prix et les travailleurs demandant des augmentations de salaire pour protéger leur niveau de vie. C'est ce que vise la banque centrale avec la hausse des taux de jeudi.

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https://www.ouest-france.fr/economie/plus-de-20-d-inflation-dans-certains-pays-europeens-en-juillet-record-a-8-9-pour-la-zone-euro-519e4ca2-0f1e-11ed-957c-727e5ad3d184 (29 juillet 2022)

La guerre en Ukraine continue de faire flamber les prix dans les 19 pays partageant la monnaie unique, mais les situations varient fortement d’un pays à un autre, dépassant les 20 % dans les pays baltes, contre plus de 6 % en France.

Les trois pays baltes, voisins de la Russie, sont ceux qui connaissent la plus forte inflation depuis le début de l’invasion en Ukraine. L’Estonie a une inflation à 22,7 %, la Lettonie à 21 % et la Lituanie à 20,8 %. Il y a un an, leur inflation était respectivement à 4,9 %, 2,8 % et 4,3 %.

Une inflation de 10,8 % en Espagne constitue un record « depuis septembre 1984 », soit près de trente-huit ans, souligne dans un communiqué l’Institut national de la statistique (INE). Les autorités espagnoles attribuent cette dynamique à l’envolée des prix de l’alimentation et de l’électricité.

Si on regarde les choses par les composants de l’indicateur, la hausse du coût de l’énergie, fortement affectée par la guerre en Ukraine, est toujours le principal moteur de l’inflation. Le prix est en hausse de près de 40 % en juillet, par rapport à l’année dernière.

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L'Australie pourrait se faire porter pâle pour fournir le marché mondiale en 2023 en Gaz :

L’Australie a déclaré lundi qu’elle déciderait de limiter ou non les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) après qu’un organisme de surveillance a appelé à des restrictions, avertissant que l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de ce carburant pourrait faire face à un manque à gagner et à une flambée des prix l’année prochaine. La Commission australienne de la concurrence et de la consommation a averti que du gaz supplémentaire est nécessaire pour compenser la baisse de la production des champs offshore qui approvisionnent depuis longtemps la côte est peuplée, qui abrite près de 90% de la population australienne... La décision pourrait affecter les approvisionnements et les prix du carburant en 2023 pour les consommateurs mondiaux déjà perturbés par les perturbations du gaz dues à la guerre en Ukraine. -Sonali Paul et Renju Jose, Reuters

 

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il y a 7 minutes, jean-françois a dit :

c'est plus que se faire porter pâle, c'est annoncé qu'ils vont devoir s'approvisionner sur le marché mondial, et donc que la pénurie mondial va augmenter

Ca va être une année de tous les dangers ...

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il y a 1 minute, Mangouste a dit :

C'est toujours la même source primaire, certes non dénuée de qualité, mais déjà largement partagée ici et débattue: le papier des chercheurs de Yale. 

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il y a 3 minutes, olivier lsb a dit :

C'est toujours la même source primaire, certes non dénuée de qualité, mais déjà largement partagée ici et débattue: le papier des chercheurs de Yale. 

Je n'avais pas vu la dernière partie relative à l'Europe.

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il y a 5 minutes, Mangouste a dit :

Je n'avais pas vu la dernière partie relative à l'Europe.

Cette partie n'est pas traitée en effet dans l'article de Yale, mais dans la révision des estimations de croissance du FMI. Je l'avais traité il y a quelques pages. En gros, les estimations d'impacts initiales du FMI étaient trop optimistes pour les prévisions de croissance des pays occidentaux. Ces estimations initiales ont été revues à la baisse, mais restent en croissance. 

Depuis tout le monde reprend l'idée que les impacts vont être plus négatifs que prévus. En soit c'est factuellement vrai si l'on s'en tient aux chronologies d'annonce du FMI. Mais pas parce que la situation réelle serait pire aujourd'hui par rapport à hier. Plutôt parce qu'on a plus de recul aujourd'hui et qu'on sait mieux estimer demain avec les données d'hier, plutôt que celles d'avant hier. 

Au passage, tous les pays occidentaux restent en croissance (entre 1 à 4% de croissance) dans ces prévisions, la ou la Russie doit gérer une récession très lourde d'environ 8% (décroissance)

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Longuement expliqué ici, les sanctions ont des effets de long terme qui commencent à transparaitre. Enquête de Reuters sur la situation des compagnies aériennes Russes. Le gouvernement Russe estime qu'en procédant à une cannibalisation des appareils, 2/3 des appareils étrangers (or Sukhoi) pourraient être encore opérationnel à fin 2025. 

https://www.reuters.com/business/aerospace-defense/exclusive-russia-starts-stripping-jetliners-parts-sanctions-bite-2022-08-08/

 

 

Citation

Exclusif : La Russie commence à dépouiller les avions de ligne de leurs pièces détachées alors que les sanctions frappent.
Reuters


5 minutes de lecture
Un avion de la compagnie aérienne russe Aeroflot est photographié à l'aéroport de Cointrin, à Genève.
Le logo de la compagnie aérienne russe Aeroflot est visible sur un Airbus A320 à Colomiers près de Toulouse, en France.
Un avion de la compagnie aérienne russe Aeroflot est photographié à l'aéroport de Cointrin à Genève.


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Le logo de la compagnie aérienne phare de la Russie, Aeroflot, est vu sur un Airbus A320 à Colomiers près de Toulouse, en France, le 26 septembre 2017. REUTERS/Regis Duvignau/File Photo


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Résumé
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Ce contenu a été produit en Russie, où la loi restreint la couverture des opérations militaires russes en Ukraine
MOSCOU, 8 août (Reuters) - Les compagnies aériennes russes, dont la compagnie publique Aeroflot (AFLT.MM), dépouillent leurs avions de ligne pour se procurer des pièces détachées qu'elles ne peuvent plus acheter à l'étranger en raison des sanctions occidentales, ont déclaré à Reuters quatre sources industrielles.

Ces mesures sont conformes aux conseils donnés par le gouvernement russe en juin aux compagnies aériennes pour qu'elles utilisent certains avions pour obtenir des pièces détachées afin de garantir que le reste des avions de fabrication étrangère puissent continuer à voler au moins jusqu'en 2025.

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Les sanctions imposées à la Russie après l'envoi de ses troupes en Ukraine fin février ont empêché ses compagnies aériennes d'obtenir des pièces de rechange ou de subir des opérations de maintenance en Occident.

Les experts en aviation ont déclaré que les compagnies aériennes russes seraient susceptibles de commencer à retirer des pièces de leurs avions pour les maintenir en état de marche, mais ce sont les premiers exemples détaillés.

Au moins un Sukhoi Superjet 100 de fabrication russe et un Airbus A350, tous deux exploités par Aeroflot, sont actuellement cloués au sol et en cours de démontage, a déclaré une source au fait de la question.

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La source a refusé d'être identifiée en raison du caractère sensible de la question.

L'Airbus A350 est presque neuf, a précisé la source.

La plupart des avions de la flotte russe sont des jets de passagers occidentaux.

Des équipements ont été prélevés sur quelques Boeing 737 et Airbus A320 d'Aeroflot, car le transporteur a besoin de plus de pièces de rechange de ces modèles pour ses autres Boeing 737 et Airbus A320, a précisé la source.

Le ministère russe des transports et Aeroflot n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

UNE QUESTION DE TEMPS
Les Sukhoi Superjet assemblés par les Russes sont également très dépendants des pièces étrangères. Un moteur a déjà été retiré d'un Superjet pour permettre à un autre Superjet de continuer à voler, selon la première source.

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Certes, les moteurs sont fréquemment échangés entre les avions et sont généralement fournis dans le cadre de contrats distincts, selon les experts du secteur. Ils ne sont pas considérés comme faisant partie de la cellule principale de l'avion.

Ce n'est "qu'une question de temps" avant que les avions basés en Russie ne soient cannibalisés, a déclaré une source occidentale de l'industrie aéronautique.

Les nouvelles générations de jets - A320neo, A350 et Boeing 737 MAX et 787 - ont une technologie qui doit être constamment mise à jour.

Dans l'année qui suivra l'entrée en vigueur des sanctions, le maintien en service des jets modernes sera un "défi", même pour la base d'ingénierie hautement développée et compétente de la Russie, ont déclaré des sources occidentales. en savoir plus

La pratique consistant à retirer des pièces pour maintenir un autre avion en vol est communément appelée la transformation des avions désaffectés en "arbres de Noël". Bien que relativement rare, elle est le plus souvent liée à des difficultés financières et n'a jamais eu l'ampleur du vaste remaniement que l'on prévoit en Russie pour faire face à l'impact des sanctions.

Les avions de ligne pourraient être remis en service à condition que les pièces retirées soient remises en place, mais cela ne permettrait pas nécessairement de reconstituer la traçabilité nécessaire pour que les jets puissent réintégrer les marchés mondiaux.

De nombreuses pièces ont une durée de vie limitée qui doit être enregistrée.

Près de 80 % de la flotte d'Aeroflot est constituée de Boeings (BA.N) et d'Airbus (AIR.PA) - elle compte 134 Boeings et 146 Airbus, ainsi que près de 80 avions Sukhoi Superjet-100 de fabrication russe à la fin de l'année dernière, selon les dernières données disponibles.

Selon les calculs de Reuters basés sur les données de Flightradar24, quelque 50 avions d'Aeroflot - soit 15 % de sa flotte, y compris les jets bloqués par les sanctions - n'ont pas décollé depuis fin juillet.

Trois des sept Airbus A350 exploités par Aeroflot, dont l'un est actuellement utilisé pour des pièces détachées, n'ont pas décollé pendant environ trois mois, selon les données de Flightradar24.

Les transporteurs russes assurant moins de liaisons en raison des sanctions occidentales, cela signifie qu'il y a des jets inutilisés au sol qui peuvent être dépouillés, a déclaré une deuxième source industrielle.

"Les constructeurs occidentaux comprennent que presque tous les Superjet sont exploités en Russie", a déclaré Oleg Panteleev, directeur du groupe de réflexion sur l'aviation Aviaport. "Vous pouvez simplement arrêter de produire et d'expédier des pièces de rechange - et cela fera mal".

DISMANTLING
Selon le plan de développement de l'industrie aéronautique russe à l'horizon 2030, la Russie pourrait être confrontée aux plus grands défis avec l'A350 et les séries Q de Bombardier, car leur maintenance est effectuée à l'étranger.


L'avis du gouvernement russe prévoit le "démantèlement partiel de certaines parties de la flotte d'avions", ce qui permettrait de maintenir opérationnels deux tiers de la flotte étrangère d'ici fin 2025.

Le principal défi sera de maintenir en état de marche les moteurs et les équipements électroniques sophistiqués, a déclaré M. Panteleev.

"Il sera difficile de les faire réparer", a-t-il ajouté.

Aeroflot, qui figurait autrefois parmi les meilleures compagnies aériennes du monde, mais qui dépend désormais du soutien de l'État, a vu son trafic chuter de 22 % au deuxième trimestre de cette année par rapport à l'année précédente, selon les données de la compagnie, après que les sanctions l'ont empêchée de desservir la plupart des destinations occidentales.

Il est peu probable que la sécurisation des approvisionnements en provenance de pays qui n'ont pas imposé de sanctions à la Russie soit utile, car les compagnies d'Asie et du Moyen-Orient craignent un risque de sanctions secondaires à leur encontre de la part des gouvernements occidentaux, ont indiqué les sources.

"Chaque pièce a son propre numéro (unique) et si les documents mentionnent une compagnie aérienne russe comme acheteur final, personne n'acceptera de fournir, ni la Chine ni Dubaï", a déclaré la première source, ajoutant que toutes les pièces doivent être connues de Boeing et d'Airbus avant d'être fournies à l'utilisateur final.

 

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Canibaliser les avions c'est bon pour du militaire "b.te et couteau". Dans le cas de l'aviation commerciale c'est la garantie de perdre le certificat de navigabilité et de ne plus avoir accès aux espaces aériens des pays étrangers. 2025 ça me paraît très très optimiste. 

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il y a 7 minutes, Aldo a dit :

Canibaliser les avions c'est bon pour du militaire "b.te et couteau". Dans le cas de l'aviation commerciale c'est la garantie de perdre le certificat de navigabilité et de ne plus avoir accès aux espaces aériens des pays étrangers. 2025 ça me paraît très très optimiste. 

Vrai pour les pays occidentaux.... Qui ont de toute façon fermé leur espace aérien aux compagnies russes. A voir pour les pays n'appliquant pas les sanctions. 

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il y a 2 minutes, olivier lsb a dit :

Vrai pour les pays occidentaux.... Qui ont de toute façon fermé leur espace aérien aux compagnies russes. A voir pour les pays n'appliquant pas les sanctions. 

Sauf que les lignes aériennes vers l'Ouganda ou le Yémen rapportent moins que celles vers les pays qui se soucient de la sécurité aérienne. Et ils sont de plus en plus nombreux à le faire parce que les catastrophes aériennes faute d'entretien passent de moins en moins dans les opinions publiques, par exemple en Iran.

Après, si un avion de ligne russe rempli d'enfants partant en vacances devait tomber, on accuserait aisément l'Occident d'être responsable. Mais pas dit que les Russes l'acceptent totalement.

 

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il y a 21 minutes, olivier lsb a dit :

Vrai pour les pays occidentaux.... Qui ont de toute façon fermé leur espace aérien aux compagnies russes. A voir pour les pays n'appliquant pas les sanctions. 

C'est pas si simple car les pays qui n'appliquent pas les sanctions sont quand même soumis à la Convention de Chicago. 

Si demain un avion Russe sans certificat de navigabilité tape un  autre avion au sol, ou en vol, en Chine c'est un gros bordel. 

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Très bonne synthèse sur les comportements, attitudes et postures de l'Allemagne vs l'Europe aujourd'hui :

"Derrière cette histoire de turbine, qu’est cela nous apprend nous sur le comportement de l’Allemagne dans ses relations internationales et plus précisément à l'égard de l'Union européenne ?"

...

https://atlantico.fr/article/decryptage/allemagne-la-turbine-de-la-honte-olaf-scholz-vladimir-poutine-russie-berlin-canada-reparations-gazoduc-nord-stream-guerre-en-ukraine-energie-gaz-siemens-europe-sanctions-economiques-les-arvernes

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SI quelqu'un a un accès en totalité à cet article, je suis preneur !

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/guerre-en-ukraine-poutine-n-ecoute-personne-hormis-le-puissant-patrouchev_2178095.html

Citation

Guerre en Ukraine : "Poutine n'écoute personne, hormis le puissant Patrouchev" 

Le maître du Kremlin s'est coupé de son entourage, explique l'ex-correspondante à Moscou du "Financial Times" Catherine Belton, qui publie ces jours-ci "Les hommes de Poutine".

Ancienne correspondante du Financial Times à Moscou, Catherine Belton, aujourd'hui journaliste au Washington Post, publie Les hommes de Poutine (Talent éditions). Elle y raconte comment l'ancien colonel du KGB s'est emparé de la Russie avant de s'attaquer à l'Ouest. Six mois après le début de "sa" guerre en Ukraine, elle décrit un homme isolé qui ne s'appuie plus que sur un seul conseiller : l'archi conservateur et très redouté Nikolaï Patrouchev, qui a lui a succédé à la tête des services de renseignements du FSB pendant près de neuf ans. 

L'Express : Qui sont les "hommes du président" ? 

Catherine Belton : Le principal conseiller de Poutine, c'est Poutine lui-même, auquel il faut ajouter Nikolaï Patrouchev, ancien patron du FSB [NDLR : successeur du KGB], jusqu'en 2008, et, depuis lors, puissant secrétaire du Conseil de sécurité de Russie - principal organe consultatif du Kremlin. Ce dernier prend des positions affirmées sur tous les sujets. Il est le seul à exercer une influence sur Poutine. Lors de la fameuse réunion du Conseil de sécurité, en février dernier, [NDLR Poutine avait humilié publiquement le patron du service de renseignement extérieur Sergueï Narychkine], Patrouchev était le seul à afficher une certaine assurance. 

Mieux, tandis qu'il parlait, Poutine semblait un peu en retrait. Patrouchev est vraiment son éminence grise. C'est lui qui l'a convaincu que les Etats-Unis utilisaient l'Ukraine afin d'affaiblir la Russie. Avant la guerre, il lui a conseillé de continuer à discuter avec Joe Biden tout en lui expliquant que, de toute façon, Washington était résolu à pousser l'Ukraine vers la confrontation. Comme Poutine, ce partisan de la ligne dure réécrit l'histoire et vit dans une paranoïa, laquelle ne fait que s'accentuer à mesure que leur pouvoir perdure. 

 

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