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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques


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il y a 22 minutes, olivier lsb a dit :

Quelle nouvelle ? Pour ce qui nous concerne, que les "superprofits" restent chez EDF (et participent à son autofinancement) ou aillent à l'Etat, qui les reversera à EDF sous forme d'augmentation de capital, c'est peu ou proue la même chose. 

Quand même il y a plein de façon d'y voir un intérêt. On parle de plusieurs milliards (moi je vois 8 à 10 milliard) dans les caisses de l'état payés directement par le clients à l'export donc pas par toi. Et également 8 milliard payé à EDF directement par ces mêmes clients et tout çà grâce au mécanisme annoncé ce matin par Ursula.

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il y a une heure, herciv a dit :

Quand même il y a plein de façon d'y voir un intérêt. On parle de plusieurs milliards (moi je vois 8 à 10 milliard) dans les caisses de l'état payés directement par le clients à l'export donc pas par toi. Et également 8 milliard payé à EDF directement par ces mêmes clients et tout çà grâce au mécanisme annoncé ce matin par Ursula.

C'est pas pour faire chier gratis hein, mais je ne comprends toujours pas ce que ce mécanisme rapporte en plus à l'Etat Français par rapport à la situation actuelle. 

En Allemagne et ailleurs, je comprends bien: les énergéticiens sont de petites crèmeries, au niveau régional, possédés essentiellement par des capitaux privés. Si tu ne ratiboises pas les surprofits, ceux-ci seront distribués aux actionnaires privés. En France, il y a un seul producteur/vendeur "primaire" d'énergie, c'est EDF détenu à 84% par l'état (et probablement détenu à 100% quand ils verseront peut être le prochain dividende, en partie alimenté par ces "surprofits").

Limiter la capacité d'EDF à encaisser un revenu, pour le bénéfice de l'état (situation future), ou laisser EDF encaisser le surprofit (situation actuelle si rien ne change), qui sera reversé ensuite à l'état-actionnaire, je ne vois vraiment pas ce que ça change pour nous.

Edited by olivier lsb
orthographe
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il y a une heure, olivier lsb a dit :

Limiter la capacité d'EDF à encaisser un revenu, pour le bénéfice de l'état (situation future), ou laisser EDF encaisser le surprofit (situation actuelle si rien ne change), qui sera reversé ensuite à l'état-actionnaire, je ne vois vraiment pas ce que ça change pour nous.

Le surprofit encaissé par EDF ne sera pas reversé puisque EDF a un trou de 29 milliard actuellement et même si il l'était ne serait encaissable par l'état qu'après le bilan annuel d'EDF. Le surprofit encaissé par l'état lui est employable comme il veut par l'état et en plus est encaissé au jour le jour.

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il y a 37 minutes, herciv a dit :

Le surprofit encaissé par EDF ne sera pas reversé puisque EDF a un trou de 29 milliard actuellement et même si il l'était ne serait encaissable par l'état qu'après le bilan annuel d'EDF. Le surprofit encaissé par l'état lui est employable comme il veut par l'état et en plus est encaissé au jour le jour.

29 milliard, c'est la dette totale, pas le déficit de l'année, si ? Ce serait ballot avec une électricité nucléaire vendue au prix du gaz !

Plus sérieusement : si on pouvait taxer toutes ces bonnes sociétés à capitaux étrangers exploitant des éoliennes sans provisionner les coûts de démantèlement, ce serait déjà ça.

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10 minutes ago, Boule75 said:

29 milliard, c'est la dette totale, pas le déficit de l'année, si ? Ce serait ballot avec une électricité nucléaire vendue au prix du gaz !

Plus sérieusement : si on pouvait taxer toutes ces bonnes sociétés à capitaux étrangers exploitant des éoliennes sans provisionner les coûts de démantèlement, ce serait déjà ça.

L'Arenh oblige EDF à vendre l'électricité nucléaire 42€ le MWh ... du moins un volume défini d'électricité ... et ce n'est pas un volume négligeable loin de là. C'est une perte sèche pour EDF qui n'y gagne rien. Ici c'est le client revendeur qui se goinfre.

Pour les producteur ENR subventionné le prix de rachat est fixé lors de la négociation du contrat de garantit d'achat. Donc même chose tout ce qui dépasse du montant négocié garantit va dans la poche de l'état. Selon l'époque le prix garantit c'est entre 100 et 250€ le kWh ...

Pour faire simple les producteurs d’électricité français ne gagne pas vraiment plus avec la flambée des prix. Les historique on leur prix bridés par l'Arenh, les nouveau leur prix bridé par contrat de rachat garanti.

---

Un des secteurs ou EDF doit manger gras c'est l'hydro ... c'est le moins cher à produire et de loin ... et ce n'est pas bridé pour le moment. Mais ça ne fait pas des volume immense.

Si quelqu'un mange gras en ce moment c'est plus les fournisseur d'énergie primaire, les vendeurs de pellets, de gaz, essence, fioul etc. En plus plus avec la remise de l'état, qui fait qu'on vend l'essence la moins cher d'Europe.

Pour les pellets, le prix explose, la disponibilité baisse, la qualité s'effondre, on trouve absolument n'importe quoi dedans ... les fabricants doivent aller s'approvisionner à la déchetterie.

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il y a 55 minutes, herciv a dit :

Le surprofit encaissé par EDF ne sera pas reversé puisque EDF a un trou de 29 milliard actuellement et même si il l'était ne serait encaissable par l'état qu'après le bilan annuel d'EDF. Le surprofit encaissé par l'état lui est employable comme il veut par l'état et en plus est encaissé au jour le jour.

À la nuance près que si demain edf à court de trésorerie ne peut rembourser ses échéances, dont les 29 milliards de dettes font partie, alors l'état devra re capitaliser.

Bon, donc c'est peu ou prou la même chose, cette limitation des surprofit, intéressant uniquement pour limiter la capacité des acteurs privés à s'enrichir indûment.

Comme chez nous y'en a presque pas...  Ca fera les poches de l'état directement, ou indirectement via edf, avec un petit décalage temporel. 

Fin du HS. 

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5 minutes ago, olivier lsb said:

intéressant uniquement pour limiter la capacité des acteurs privés à s'enrichir indûment.

C'est vraiment très discutable. Ce n'est pas eux qui définissent la politique énergétique des états... ce n'est pas eux qui organisent la disette ... techniquement ils n'ont volé personne.

La vérité c'est qu'on est plus dans la faillite des politiques énergétiques des états ... que dans de la "délinquance" des fournisseurs d'énergie.

Mais comme il faut toujours que ce soit la faute à quelqu'un ... Total fait office du juif dans cette histoire.

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2 hours ago, g4lly said:

L'Arenh oblige EDF à vendre l'électricité nucléaire 42€ le MWh ... du moins un volume défini d'électricité ... et ce n'est pas un volume négligeable loin de là. C'est une perte sèche pour EDF qui n'y gagne rien. Ici c'est le client revendeur qui se goinfre.

Pour les producteur ENR subventionné le prix de rachat est fixé lors de la négociation du contrat de garantit d'achat. Donc même chose tout ce qui dépasse du montant négocié garantit va dans la poche de l'état. Selon l'époque le prix garantit c'est entre 100 et 250€ le kWh ...

Pour faire simple les producteurs d’électricité français ne gagne pas vraiment plus avec la flambée des prix. Les historique on leur prix bridés par l'Arenh, les nouveau leur prix bridé par contrat de rachat garanti.

---

Un des secteurs ou EDF doit manger gras c'est l'hydro ... c'est le moins cher à produire et de loin ... et ce n'est pas bridé pour le moment. Mais ça ne fait pas des volume immense.

Si quelqu'un mange gras en ce moment c'est plus les fournisseur d'énergie primaire, les vendeurs de pellets, de gaz, essence, fioul etc. En plus plus avec la remise de l'état, qui fait qu'on vend l'essence la moins cher d'Europe.

Pour les pellets, le prix explose, la disponibilité baisse, la qualité s'effondre, on trouve absolument n'importe quoi dedans ... les fabricants doivent aller s'approvisionner à la déchetterie.

Peut-être que G4lly a abordé ce sujet, mais j'imagine qu'EDF ne vend pas au prix du marché et qu'elle remplit en fait des contrats à long terme qui ont probablement été conclus lorsque les prix étaient plus bas qu'aujourd'hui. Est-ce une partie de ce que vous disiez G4lly ? Est-ce ainsi qu'EDF opère vis-à-vis de ses partenaires commerciaux de l'UE ?

 

C'est drôle, les gouvernements du monde entier se mêlent tellement de l'énergie qu'on ne peut jamais s'attendre à ce que la situation soit logique, comme tout ce qui est laissé à l'offre et à la demande.

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il y a 29 minutes, collectionneur a dit :

Juste pour sourire :

https://www.ladepeche.fr/2022/09/15/video-guerre-en-ukraine-un-journaliste-russe-propose-de-creer-une-coalition-contre-lukraine-avec-liran-et-la-coree-du-nord-10545611.php

..."Je considère comme nécessaire que nous formions une coalition internationale [contre l'Ukraine]", a lancé l'animateur de télévision russe à l'antenne de Rossyia 1, une télévision d'Etat russe. "Je ne comprends pas pourquoi les Américains, même s'ils vont combattre un état comme La Grenade, vont rassembler une coalition internationale. Pourquoi nous refuser ce plaisir, nous aussi?"

Vladimir Soloviov, qui dirige sa propre émission sur la chaîne, a ensuite énuméré les possibles alliés de la Russie : "Il y a des unités en Syrie que nous avons bien entrainées, il y a des personnes en Afrique qui nous soutiennent, il y a le Venezuela, il y a le Nicaragua, il y a Cuba, il y a l'Iran et la Corée du Nord."

Tous ces pays devraient se rassembler dans un corps de volontaires, revendique l'animateur : "Si des volontaires du monde entier viennent se battre pour la DPR [République Populaire de Donetsk, état séparatiste prorusse], pourquoi ne pas leur donner la possibilité de créer un corps international ?"...

C'est étrange, étant donné qu'ils appellent déjà leur camp les "alliés" dans les médias russes, dans le cadre de leur fétichisation historique de la "Grande guerre patriotique". J'aurais pensé que lorsqu'ils écrivent "les alliés ont libéré Mariupol des nazis de Bandera Ukro !", ils veulent dire les troupes russes en plus de quelqu'un d'autre, je suppose que pendant tout ce temps ils ont juste abusé du mot "alliés" encore plus que je ne le pensais au départ ! Je suppose que maintenant ils sont vraiment à la recherche d'amis, bonne chance pour cela. Folle réalité alternative au pays d'Ivan.

@U235 Russie et les deux républiques populaires ''alliés'' ;) Collectionneur 

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Il y a 5 heures, U235 a dit :

Est-ce ainsi qu'EDF opère vis-à-vis de ses partenaires commerciaux de l'UE ?

Edf a trois types de contrat différents

- ceux conclus de longue date avec les clients directs public ou privé à un tarif garantit

- ceux des fournisseurs d'énergie non pilotable à un tarif préférentiel garantit

- ceux du marché de gros 

Les partenaires commerciaux de l'UE achètent sur le marché de gros européen donc avec un tarif journalier du mwh fixé par la loi de l'offre et de la demande.

Ce que rajoute la décision européenne d'hier c'est qu'au-delà de 180 euros du Mwh Les états récupèrent l'excédent.

Tant que la France est importatrice net comme en ce moment avec la Suède on paye la manne, dès que la France sera exportatrice elle récupèra une manne. Hors la plupart des réacteurs arrêtés aujourd'hui seront rebranchés bientôt et la France va retrouver sa situation d'exportatrice net identique à 2020. Et quand quand l'EPR de Flamanville sera branché en Février la situation sera peut-être encore meilleure. Je soupconne même que la situation de pénurie sera-t'elle que les industries fortement consommatrice travaillerons de nuit pour profiter d'une énergie plus abondante ce qui fera tourner les réacteurs à pleine charge en permanence.

Edited by herciv
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il y a 1 minute, herciv a dit :

Hors la plupart des réacteurs arrêtés aujourd'hui seront rebranchés bientôt et la France va retrouver sa situation d'exportatrice net identique à 2020. Et quand quand l'EPR sera branché en Février la situation sera encore meilleure.

Sur le papier si tout va bien. Espérons qu'il en sera ainsi sur le plan pratique.

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il y a 2 minutes, jojo (lo savoyârd) a dit :

Sur le papier si tout va bien. Espérons qu'il en sera ainsi sur le plan pratique.

Bien sûr mais dans le fond le risque est faible. Les réacteurs arrêtés l'ont été soit pour des arrêts programmés de façon complètement normal, soit pour inspection des cuves et des circuits primaires et donc à aucun moment parce qu'ils ne fonctionnaient pas. 

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"Guerre en Ukraine : de nouveaux soupçons de crimes de guerre russes"

Une «fosse commune» découverte à Izyoum, ville reprise aux Russes, affirme Zelensky

Une «fosse commune» a été découverte à Izyoum, ville reprise aux Russes il y a quelques jours dans le cadre de la contre-offensive ukrainienne dans la région de Kharkiv (est), a affirmé jeudi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky. «Nous voulons que le monde sache ce que l'occupation russe a provoqué», a-t-il déclaré sans donner de détails sur le nombre de personnes enterrées ni sur les causes de leurs décès. L'enquête a commencé, «on doit avoir plus d'informations vérifiées et claires demain», a ajouté Zelensky dans son adresse vidéo quotidienne.

https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-de-nouveaux-soupcons-de-crimes-de-guerre-russes-20220916

Et :

 

"Von der Leyen veut que Poutine soit traduit en justice"

La présidente de la Commission européenne a plaidé jeudi en faveur d'une comparution du président russe Vladimir Poutine devant la justice internationale pour les crimes de guerre commis en Ukraine, dans un entretien avec un média allemand. «Il faut que Poutine perde cette guerre et réponde de ses actes, c'est important pour moi», a déclaré Ursula von der Leyen à la chaîne de télévision du quotidien Bild.

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Il y a 8 heures, g4lly a dit :

C'est vraiment très discutable. Ce n'est pas eux qui définissent la politique énergétique des états... ce n'est pas eux qui organisent la disette ... techniquement ils n'ont volé personne.

La vérité c'est qu'on est plus dans la faillite des politiques énergétiques des états ... que dans de la "délinquance" des fournisseurs d'énergie.

Mais comme il faut toujours que ce soit la faute à quelqu'un ... Total fait office du juif dans cette histoire.

Non je ne me place absolument pas sur le plan "à qui la faute".

Mais prenons par exemple les 25% d'électricité nucléaire qu'EDF doit revendre à tarif subventionné à des fournisseurs distributeurs d'énergie secondaire. Ces distributeurs revendent ensuite à des clients finaux, qui ont pu choisir un contrat à tarification libre, cad qui reflète peu ou prou les prix de marché. Ce qui en a d'ailleurs amené un certain nombre à recommander à leurs clients de retourner chez EDF au tarif réglementé. 

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/electricite-pourquoi-certains-fournisseurs-encouragent-leurs-clients-a-rejoindre-edf_AD-202208240412.html

Tout çà pour dire, tenant compte de la diversité des situations en Europe, qu'il était important d'éviter que des acteurs privés puissent toucher un revenu indexé sur les prix très élevé du gaz, alors que leur propre structure de coûts est totalement décorrélée du gaz: c'est le cas des distributeurs d'énergie en France, pour 25% de la production nucléaire, c'est le cas des exploitants d'éoliennes en mer du Nord, des producteurs d'e- à partir de charbon etc etc etc.....

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Ca sent encore à plein nez que l'on va découvrir sans surprise une nouvelle délicatesse des Russes en zone occupée. Investigation en cours, beaucoup de ces corps seront des soldats ou des civils victimes de bombardement. Mais certain semblent avoir eu droit à un traitement spécial...

https://www.lemonde.fr/international/live/2022/09/16/guerre-en-ukraine-en-direct-les-combats-et-bombardements-se-poursuivent-sur-tous-les-fronts-le-point-sur-la-situation_6141849_3210.html

Citation

Certains des corps retrouvés dans la forêt d’Izioum montrent des signes de torture

Certains des corps exhumés vendredi sur le site d’inhumation de masse dans la forêt d’Izioum, découvert jeudi, présentent des signes de torture, les mains liées derrière le dos ou des cordes autour du cou, a déclaré le chef du bureau du procureur de Kharkiv, Oleksandr Filchakov, rapporte l’agence de presse Associated Press (AP).

Au moins un corps avec les mains liées avec une corde a été exhumé vendredi sur le site a de son côté constaté sur place un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Les autorités ukrainiennes ont commencé vendredi les exhumations sur ce site où plus de 440 tombes ont été découvertes.

On ne peut pas dire que le sommet de l'OCS fut une réussite pour VVP. Après la Chine et les sérieuses limites à l'amitié sans fin, l'Inde qui affirme que l'heure n'est pas à la guerre. 

Citation

Narendra Modi fait valoir à Vladimir Poutine que l’heure « n’est pas à la guerre », ce dernier assure vouloir terminer le conflit « le plus vite possible »

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Vladimir Poutine et Narenda Modi lors de leur rencontre en marge du sommet de l’organisation de coopération de Shanghai, le 16 septembre 2022 à Samarcande en Ouzbékistan. ALEXANDR DEMYANCHUK / AFP

Le premier ministre indien, Narendra Modi, a déclaré au président russe, Vladimir Poutine, que l’heure n’était « pas à la guerre », vendredi, en marge d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) à Samarcande, en Ouzbékistan.

Au début de cette première rencontre en tête à tête entre les deux dirigeants depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine, le premier ministre indien a fait savoir qu’ils discuteraient ensemble de « la manière d’avancer sur la voie de la paix ».

« Je connais votre position concernant le conflit en Ukraine, vos inquiétudes (…). Nous allons tout faire pour que tout se termine le plus vite possible », lui a répondu M. Poutine, avant d’ajouter : « Malheureusement, c’est juste que la partie adverse, les dirigeants de l’Ukraine, a refusé tout processus de négociation, et a dit qu’elle voulait atteindre ses objectifs par la voie militaire, sur le champ de bataille. »

Le chef du Kremlin a également affirmé que les relations entre l’Inde et la Russie « se développaient » et que les deux pays avaient un « partenariat privilégié ». Depuis février, l’Inde s’est abstenue de condamner explicitement l’invasion russe de l’Ukraine, New Delhi qualifiant Moscou de « pilier essentiel » de sa politique étrangère en raison du « partenariat stratégique » entre les deux pays pour la sécurité nationale de l’Inde.

Le dirigeant indien a tenu ces propos à la télévision un jour seulement après que M. Poutine a reconnu que la Chine, principal allié de la Russie, avait des « préoccupations » concernant le conflit en Ukraine.

 

6 mois sous occupation à Koupiansk: peur, rationnement, marché noir, traîtres et émigration à travers la Russie

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/09/16/guerre-en-ukraine-le-recit-de-six-mois-d-occupation-russe-a-koupiansk_6141848_3210.html

Citation

Guerre en Ukraine : le récit de six mois d’occupation russe à Koupiansk

Serhiy et sa famille ont fui la ville de l’est de l’Ukraine avant sa récente libération par les forces de Kiev. Les journées étaient rythmées par la propagande et des chants patriotiques russes, sur fond de pénuries.

Par Benoît Hopquin

Publié aujourd’hui à 06h00, mis à jour à 10h33 

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Serhiy et Elena, originaires de Koupiansk, dans l’est de l’Ukraine, ont trouvé refuge chez une nièce en région parisienne. Ici le 15 septembre 2022. PHILÉMON BARBIER / COLLECTIF HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

Le 27 février au matin, Serhiy A. s’est décidé à aller acheter du pain. Voilà trois jours que les informations et le roulement lointain des bombardements avaient annoncé l’invasion russe. L’homme de 62 ans s’était aussitôt réfugié dans la cave de sa maison, avec Elena, sa femme, 54 ans, et Evgueni, son fils de 27 ans. La famille A. était terrée là depuis le 24 février dans ce réduit humide et froid, au milieu des réserves de conserves. Impossible de savoir ce qui se tramait à l’extérieur. Tout Koupiansk, ville de plus de 20 000 habitants située à 120 kilomètres à l’est de Kharkiv, jouxtant le Donbass et l’oblast de Louhansk, proche de la frontière russe, retenait son souffle.

Serhiy s’est donc aventuré à l’extérieur, dans l’entrelacs des petites maisons de son quartier. Arrivé dans une grande rue, il est tombé sur un char planté au milieu de la chaussée. Les Russes étaient déjà là. Une occupation que la famille allait subir pendant six mois.

Cet interminable tunnel, Serhiy et Elena le racontent dans le paisible salon d’un pavillon de la région parisienne où ils viennent d’arriver au terme d’un long périple. Le couple parle de ce qu’il a vécu. Evgueni, de santé fragile, écoute en silence. La famille est hébergée par Katerina, une nièce installée de longue date en France.

Serhiy a passé dix ans dans l’Armée rouge. Citoyen de l’Union soviétique, il n’a jamais renoncé à son identité ukrainienne. Au mess, il aimait déclamer des poèmes de Taras Chevtchenko, le grand auteur national. En parlant de l’Ukraine, Serhiy disait « mon pays », se faisant rabrouer par ses collègues russes.

Contrôles incessants

Puis il est revenu à Koupiansk, sa ville d’origine, a accueilli « avec un immense bonheur » l’indépendance, en 1991. Il est devenu convoyeur de fonds, puis gardien de nuit, continuant de travailler pour compléter sa maigre retraite. Elena est employée dans un élevage d’oies. Elle et son mari ont toujours voté pour les partis pro-occidentaux. Le couple se savait minoritaire à Koupiansk, où les prorusses dominaient les élections. Le maire élu avant la guerre, Guennadi Macegora, appartenait d’ailleurs à Plate-forme d’opposition-Pour la vie, un parti poutinophile. Le 27 février, il n’a pas hésité à remettre les clés de la ville à l’occupant.

Des checkpoints apparaissent alors un peu partout, tenus notamment par des soldats bouriates – une ethnie de Sibérie – ou ossètes – des Caucasiens vivant en Géorgie et en Russie. Les contrôles sont incessants. Les occupants se comportent « comme des colons avec des indigènes », résume Serhiy. Il faut se ranger quand on les croise sur un trottoir. Un camion transportant de l’essence renverse une vieille dame, qui meurt sur le coup. Le chauffeur ne s’arrête même pas. Un char fait un écart pour tamponner une voiture qui ne s’est pas suffisamment écartée à son goût. Le conducteur s’en sort avec une facture du crâne.

Dans toute la ville, des haut-parleurs ont été installés. A 6 heures du matin, ils diffusent l’hymne russe. Puis, le reste de la journée, distillent des chants patriotiques. La propagande s’affiche partout, notamment avec ce slogan : « Nous apportons la joie dans votre vie. » Dans les foyers, seule la télévision russe peut être captée. Le téléphone et Internet sont coupés. Mais il reste quelques endroits où le Wi-Fi est encore disponible. Les adresses se passent sous le manteau. Serhiy en connaît une.

L’homme qui propose du réseau prend des risques et n’en tire aucun profit. Il demande juste une somme raisonnable, qui lui permet de corrompre des Russes pour qu’ils ferment les yeux. Serhiy a ainsi pu rester en contact sporadique avec sa famille, en France ou à Kharkiv, de l’autre côté de la ligne de front.

Strict rationnement, trafics et marché noir

Avec le temps, le quotidien s’organise, sur fond de pénurie grandissante. Dès 5 heures du matin, les files s’allongent devant la boulangerie. Strict rationnement : pas plus de deux pains par personne. L’électricité est régulièrement coupée. L’eau aussi. Il faut alors aller la chercher à la rivière. Parfois, un agriculteur des environs apporte du lait. C’est la ruée.

Tout manque. A commencer par les médicaments. Serhiy est asthmatique. Avant la guerre, un inhalateur de ventoline de marque française coûtait 300 hryvnias (un peu plus de 8 euros). Mais la pharmacie a été peu à peu dépouillée. Il faut désormais payer 2 000 hryvnias (54 euros) pour se procurer un succédané apporté de Biélorussie. Les prix s’envolent. On peut payer en roubles ou en hryvnias, mais il est plus coûteux de régler dans la monnaie ukrainienne. Manière de dissuader son usage. Serhiy et Elena n’ont de toute façon plus les moyens d’acheter grand-chose et vivent largement sur ce que leur prodigue leur jardin.

Les trafics, le marché noir fleurissent. Les profiteurs de guerre s’enrichissent. Depuis qu’il n’est plus possible de retirer de l’argent dans les distributeurs de billets, des officines d’usuriers se sont discrètement installées en différents points de la ville. Serhiy se rend ainsi chez l’ancien patron d’un magasin d’articles de pêche qui dispose d’un terminal de carte bancaire. Il fait virer l’argent de son compte sur celui du commerçant, qui lui remet en retour la somme en liquide, diminuée d’une commission de 20 %.

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Les icônes que Derhiy et Elena ont emportées avec eux en fuyant Koupiansk, occupé par les Russes. Ici, le 15 septembre 2022, en région parisienne. PHILÉMON BARBIER / COLLECTIF HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

La famille A. vit plusieurs jours encore dans sa cave. « Mais la fatigue a fini par être plus forte que la peur. » Elle réintègre la maison. Pendant six mois, elle dormira tout habillée, chaussures aux pieds, prête à fuir, une valise et une sacoche avec les papiers et l’argent toujours à portée de main. Elle s’est aussi armée de marteaux et d’autres outils, au cas où un obus frapperait la maison et qu’il faudrait s’extirper des décombres.

Collaborateurs omniprésents

Comme d’autres pro-Occidentaux, Serhiy et les siens craignent d’être dénoncés. « Nous vivions dans la peur que les Russes viennent chez nous », dit Elena. Faisant rager Serhiy, leur voisin se promenait avant l’invasion avec une veste à l’effigie de Viktor Ianoukovitch, l’ancien président ukrainien soutenu par le Kremlin. D’autres avaient de la famille en Russie, continuaient d’aller et venir d’un pays à l’autre comme si la frontière n’existait pas. Certains plaidaient même pour un rattachement à Moscou. « J’évitais d’évoquer la politique avec eux. On parlait pêche et jardinage. » Personne, cependant, ne vendra la famille A. aux nouvelles autorités.

En revanche, dans le même quartier, une maison a été réquisitionnée pour loger des soldats. Les propriétaires ont été emmenés et on est resté sans nouvelles d’eux. Au début de l’occupation, une petite mais héroïque manifestation avait été organisée à Koupiansk, violemment dispersée. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées. « Leurs proches cherchent toujours à savoir ce qu’elles sont devenues », assure Serhiy.

Les anciens soldats qui ont participé du côté ukrainien à la guerre dans le Donbass, en 2014, sont traqués par le FSB, le service russe de sécurité. Les collaborateurs fournissent leur liste aux Russes. Ils sont omniprésents, ces collabos. « On les voyait rire avec les occupants », raconte Serhiy. Le maire de la ville est le plus actif, mais pas le seul, loin de là. Une partie des policiers s’est aussi rangée du côté russe.

Elena a repris son travail dans l’élevage d’oies. Elle discute de la situation avec ses collègues. Faut-il partir ou rester ? « Personne ne voulait abandonner sa maison. Et de toute façon, personne ne savait comment faire et où aller. » Puis des rumeurs ont commencé à circuler sur l’incorporation de force des jeunes de Koupiansk dans l’armée russe. Serhiy et Elena ont su qu’ils n’avaient d’autre choix que de fuir pour protéger leur fils, Evgueni, qui, pendant ces six mois, était resté caché dans la maison.

Bombardements de représailles

De la France, Katerina, leur nièce, finit par trouver un réseau de passeurs, à qui elle verse 1 500 euros. Elena, Serhiy et Evgueni quittent clandestinement Koupiansk le 26 août. Ils sont conduits en voiture à Louhansk et, de là, jusqu’à la frontière russe. Les contrôles durent dix-huit heures. Des agents du FSB fouillent leurs portables, interrogent Evgueni, mais finissent par les laisser passer.

La famille est ensuite conduite, toujours en voiture, à travers la Russie jusqu’à la frontière lettonne. Au poste-frontière, c’est de nouveau une interminable attente, sous une pluie battante, au milieu d’autres Ukrainiens. Une femme craque. « Si vous nous détestez autant, pourquoi êtes-vous venus chez nous ? », hurle-t-elle. Elle est embarquée. La famille A. passe enfin et peut rejoindre la France et la région parisienne.

Koupiansk a été libérée le 10 septembre par la contre-offensive ukrainienne, a annoncé Kiev. Cette nouvelle enchante la famille. La ville n’est pas sécurisée et les nouvelles que suivent Serhyi et Elena heure par heure sur la messagerie Telegram font mention de bombardements de représailles des Russes. Il ne saurait, pour eux, être question de rentrer déjà.

 

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