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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : considérations géopolitiques et économiques


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Il y a 2 heures, Paschi a dit :

On est inquiet, à Washington ?

J'ai ça pour eux

Révélation

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En plus y a des jolis petits personnages tout mignons. Comment ne pas aimer ?

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Il y a 3 heures, Paschi a dit :

Une autre responsable en charge de l’Afrique au département d’Etat, Molly Phee, a pour sa part dit s’attendre à ce que l’Afrique du Sud respecte sa politique de longue date de pays non aligné. « On attend de l’Afrique du Sud qu’elle respecte cette politique concernant ce terrible conflit en Europe », a-t-elle précisé.

Comme le montre le précédent suisse, on peut être "neutre" tout en vendant des armes en veux-tu en voilà. Dont tout va bien et Joe Biden "s'attend" à une Afrique du Sud qui "respecte" sa propre politique de non-alignement qui est le miroir inversé de celle de la Suisse.

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Une visite virtuelle de marque est attendue ce jeudi à Berne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'adresse au Parlement par vidéoconférence. Si les députés s'accordent sur l'importance de cette visite, l'UDC se prépare à boycotter l'événement.

https://www.blick.ch/fr/news/suisse/il-sexprime-ce-jeudi-par-video-ludc-va-boycotter-le-discours-de-zelensky-au-parlement-id18667208.html

 

Le Conseil des États a balayé mercredi, par 30 voix contre 7, une motion du National qui voulait une task force pour appliquer les sanctions économiques contre la Russie.

https://www.lematin.ch/story/pas-besoin-de-taskforce-sur-les-oligarques-russes-409488092890

Edited by Paschi
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Il y a 2 heures, Wallaby a dit :

sa propre politique de non-alignement qui est le miroir inversé de celle de la Suisse.

Et si l'on n'avait pas pris de sanctions contre la Russie on se serait pris tout le camp du bien sur le dos. Malheur pour nous, nos alpes ne regorgent pas pétrole ou de gaz.... quoi que l'on fasse y'en aura toujours pour critiquer...

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il y a une heure, Paschi a dit :

Et si l'on n'avait pas pris de sanctions contre la Russie on se serait pris tout le camp du bien sur le dos. Malheur pour nous, nos alpes ne regorgent pas pétrole ou de gaz.... quoi que l'on fasse y'en aura toujours pour critiquer...

Camp du Bien, enfin ! Comment as-tu pu oublier la majuscule :dry: !

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Tiens, puisqu'on parle de Camp du Bien, n'oublions pas qu'il y en a deux.

Je veux dire que la Russie elle aussi est un Camp du Bien. Eh oui ! A ses propres yeux seulement, elle aussi ? Euh, oui...

Voici quelques nouvelles de cet alt-Camp du Bien - ou camp du alt-Bien :unsure: ? Je m'y perds. Car eux aussi ont leurs propres BHLs et néocons, je veux dire idéologues "légèrement" déjantés audacieux.

Sergei Karaganov, ancien conseiller de Eltsine et de Poutine ainsi que président honoraire du Présidium du Conseil de politique étrangère et de défense, est de ce point de vue une source intéressante. Ce n'est pas n'importe qui, voir son passé et son titre. Ce n'est pas forcément cependant quelqu'un qui est vraiment près des centres de pouvoir, le mot "honoraire" dans son titre ne doit pas être oublié, tout en représentant sans doute assez bien un courant de folie pensée actuel du Camp du Bien... enfin de l'autre.

Et c'est un politologue et géopoliticien qui sait écrire. Qui sait même construire un système idéologique et argumenter. Ainsi que faire des propositions qui le mettent assez sûrement à l'abri de tout soupçon de mollesse...

Son dernier article, où il partage "quelques réflexions que je nourris depuis longtemps", est disons "intéressant". Et oui il avait déjà joué avec cette idée, même s'il la défend ici avec plus d'insistance qu'auparavant.

Son argument maître, c'est que même une victoire écrasante de la Russie en Ukraine serait en fait loin de suffire à la protection du Bien, donc la sécurité de la Russie. Or, l'enjeu de la guerre n'est rien moins que le sort de l'humanité. Alors, que faire ? Eh bien mais voyons

 

Une décision difficile mais nécessaire

L'utilisation d'armes nucléaires peut sauver l'humanité d'une catastrophe mondiale

On commence par une description de la situation, de l'insuffisance d'une victoire en Ukraine, des raisons profondes du conflit avec l'Occident, de tout ce qui est en jeu et des risques de dérive vers une guerre mondiale totale. Je laisse le plus gros sous fenêtre de révélation, mais une petite citation quand même qui annonce déjà le ton "nous avons fait preuve d'imprudence en relevant le seuil d'utilisation des armes nucléaires"

Révélation

(...) Notre pays, ses dirigeants, me semblent confrontés à un choix difficile. Il est de plus en plus clair que l'affrontement avec l'Occident ne prendra pas fin si nous remportons une victoire partielle ou même écrasante en Ukraine.

Si nous libérons complètement les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporozhye et Kherson, il s'agira d'une victoire minimale. Un succès un peu plus grand serait la libération, en l'espace d'un an ou deux, de l'ensemble de l'est et du sud de l'Ukraine actuelle. Mais cela laisserait encore une partie de l'Ukraine avec une population ultranationaliste encore plus aigrie et bourrée d'armes - une plaie qui saigne et qui menace de complications inévitables, une nouvelle guerre. La situation pourrait être pire si nous libérions l'ensemble de l'Ukraine au prix de sacrifices monstrueux et que nous la laissions en ruines avec une population qui nous déteste en grande partie. Il faudra des décennies pour les "rééduquer".

(...) Une option plus attrayante est la libération et la réunification de l'Est et du Sud, et l'imposition de la capitulation aux restes de l'Ukraine avec une démilitarisation complète, créant ainsi un État tampon et ami. Mais un tel résultat n'est possible que si et quand nous sommes capables de briser la volonté de l'Occident de soutenir la junte de Kiev, de la forcer à battre stratégiquement en retraite.

Et j'en viens ici à une question cruciale, mais qui n'est guère débattue. La raison profonde, voire principale, de la crise ukrainienne, ainsi que de nombreux autres conflits dans le monde, et de l'augmentation générale de la menace militaire, est l'échec accéléré des élites occidentales dirigeantes modernes créées par la mondialisation des dernières décennies - principalement compradores en Europe (les colonisateurs portugais appelaient compradors les commerçants locaux qui les servaient - S.K.). Cet échec s'accompagne d'un changement d'une rapidité sans précédent dans l'équilibre des pouvoirs dans le monde en faveur de la majorité mondiale, tirée économiquement par la Chine et en partie par l'Inde, avec la Russie comme point d'ancrage militaire et stratégique. Cet affaiblissement exaspère non seulement les élites impériales-cosmopolites (Biden and Co), mais effraie également les élites impériales-nationales (Trump).

(...) Idéalement, bien sûr, les Américains voudraient simplement faire exploser notre pays, affaiblissant ainsi radicalement la superpuissance alternative montante, la Chine. Nous avons tardé à agir de manière préventive (...) nous avons fait preuve d'imprudence en relevant le seuil d'utilisation des armes nucléaires, en évaluant mal la situation en Ukraine et en ne réussissant pas tout à fait à lancer une opération spéciale.

Après avoir échoué sur le plan intérieur, les élites occidentales ont commencé à nourrir activement les mauvaises herbes qui avaient fait leur chemin sur le sol de soixante-dix ans de prospérité, de satiété et de paix - toutes ces idéologies anti-humaines : la négation de la famille, de la patrie, de l'histoire, de l'amour entre l'homme et la femme, de la foi, du service d'idéaux supérieurs, de tout ce qui est l'essence de l'homme. Éliminer les résistants. L'objectif est de mancourtiser [ néologisme récent en russe, signifiant "faire perdre patrimoine historique , culturel , liens , valeurs , repères nationaux et moraux" ] les gens afin de réduire leur capacité à résister au capitalisme "mondialiste" moderne, de plus en plus manifestement injuste et nuisible à l'homme et à l'humanité

La trajectoire de développement de la plupart des pays occidentaux pointe clairement vers un nouveau fascisme et un totalitarisme (jusqu'à présent) "libéral".

Plus loin, et c'est le plus important, la situation ne fera qu'empirer. Une trêve est possible, mais pas de réconciliation. La colère et le désespoir continueront à se développer par vagues et par manœuvres. Ce vecteur du mouvement occidental est un signe clair de la dérive vers le déclenchement de la troisième guerre mondiale. Elle a déjà commencé et pourrait se transformer en une véritable conflagration en raison de l'incompétence et de l'irresponsabilité accidentelles ou croissantes des cercles dirigeants de l'Occident.

L'introduction de l'intelligence artificielle, la robotisation de la guerre augmentent la menace d'une escalade involontaire. Les machines peuvent échapper au contrôle d'élites désemparées.

La situation est exacerbée par le "parasitisme stratégique" : en 75 ans de paix relative, les gens ont oublié les horreurs de la guerre et ne craignent même plus les armes nucléaires. Partout, mais surtout en Occident, l'instinct de conservation s'est affaibli.

Karaganov arrive à une conclusion partielle à base nucléaire et religieuse. Faut-il parler de nucléaro-théisme ou de théo-nucléarisme :huh: ?

Révélation

Ben-Laden-chronique-d-une-mort-annoncee.

Moi j'avais pas d'armes nucléaires, alors je ne me suis pas posé la question

J'ai passé de nombreuses années à étudier l'histoire de la stratégie nucléaire et je suis arrivé à une conclusion sans équivoque, bien que non scientifique. L'apparition des armes nucléaires est le résultat de l'intervention du Tout-Puissant, qui a été horrifié de voir que les hommes, les Européens et les Japonais qui les ont rejoints, avaient déclenché deux guerres mondiales en l'espace d'une génération, faisant des dizaines de millions de morts, et a donné à l'humanité les armes de l'Armageddon, montrant à ceux qui avaient perdu leur peur de l'enfer qu'il existe bel et bien. C'est sur cette peur qu'a reposé la paix relative des trois derniers quarts de siècle. Aujourd'hui, cette peur a disparu. L'impensable, au regard des conceptions antérieures de la dissuasion nucléaire, est en train de se produire : les cercles dirigeants d'un groupe de pays, dans un accès de rage désespérée, ont déclenché une guerre à grande échelle dans les bas-fonds d'une superpuissance nucléaire.

La peur de l'escalade nucléaire doit être rétablie. Sinon, l'humanité est condamnée.

Ce n'est pas seulement, et même pas tellement, ce que sera le futur ordre mondial dans les domaines de l'Ukraine qui est en train de se décider maintenant. Il s'agit de savoir si le monde auquel nous sommes habitués sera préservé ou si des ruines radioactives resteront sur la planète, empoisonnant les restes de l'humanité.

En brisant la volonté d'agression de l'Occident, nous ne nous sauverons pas seulement nous-mêmes et nous libérerons enfin le monde du joug occidental qui dure depuis cinq siècles, mais nous sauverons aussi l'humanité tout entière. En poussant l'Occident à la catharsis et à l'abandon de l'hégémonie de ses élites, nous le forcerons à reculer avant qu'une catastrophe mondiale ne se produise. Une nouvelle chance de développement sera donnée à l'humanité.

Bien sûr, tout ceci appelle une solution. "Que faire ?", comme aurait dit Lénine.

Et Karaganov ne se défile pas. Ai-je déjà dit qu'il serait injuste de le soupçonner de mollesse ?

Proposition de solution

On commence doucement, avec le rappel du nécessaire "développement spirituel", lequel sera grandement aidé par une expédition au Tibet à la recherche de nos racines mystiques la fondation d'une troisième capitale en Sibérie, et mènera à refermer la parenthèse occidentaliste ouverte par Pierre le Grand il y a trois siècles

Révélation

Naturellement, il s'agit d'un combat difficile. Il est également nécessaire de résoudre les problèmes internes - de se débarrasser enfin de l'occidentalisme dans les esprits et des occidentaux dans la couche administrative, des compradores et de leur mode de pensée particulier. (...) La confrontation avec l'Occident en Ukraine, quelle que soit sa fin, ne doit pas nous détourner du mouvement stratégique interne - spirituel, culturel, économique, politique, militaire et politique - vers l'Oural, la Sibérie et le Grand Océan. Une nouvelle stratégie ouralo-sibérienne est nécessaire, une stratégie qui comprend plusieurs projets puissants de renforcement spirituel, y compris, bien sûr, la création d'une troisième capitale située en Sibérie. Ce mouvement devrait faire partie de la formulation urgente du "rêve russe" - l'image de cette Russie et de ce monde auxquels on veut aspirer.

(...) Mais pour que l'avenir se réalise, il est nécessaire de vaincre la résistance des forces du passé - l'Occident. Si cela n'est pas fait, il est presque certain qu'il y aura une guerre mondiale à grande échelle et probablement la dernière pour l'humanité.

(...) Nous devons forcer l'Occident à abandonner ses tentatives de retour en arrière, ses tentatives de domination mondiale et l'obliger à s'occuper de lui-même, à digérer la crise multi-niveaux qu'il traverse actuellement. Pour dire les choses crûment, nous avons besoin que l'Occident aille tout simplement "se faire foutre" et qu'il n'interfère pas avec la Russie et le monde à l'avenir.

Et puis on en arrive à ce qu'il faut faire. Car les Occidentaux doivent comprendre que c'est leur préservation même qui est en jeu. Et Sergei Karaganov a des idées concrètes pour les y forcer. Il a repéré le chemin aussi, il y a "deux douzaines d'étapes". Dans l'escalade nucléaire, s'entend.

On passera sur la notion un peu confuse de "frappe préventive de représailles", qui ressemble à un oxymore. On appréciera que des noms soient cités, notamment la ville de Poznan en Pologne - surtout si on est un ressortissant de Poznan. On félicitera Karaganov de son souci d'humanité puisqu'il veut avertir "toutes les personnes de bonne volonté de la nécessité de quitter leur domicile" à proximité des cibles.

(...) La dissuasion nucléaire devra retrouver sa crédibilité en abaissant le seuil inacceptable d'utilisation des armes nucléaires, en progressant prudemment mais rapidement sur l'échelle de dissuasion-escalade. Les premières mesures ont déjà été prises par les déclarations pertinentes du président et d'autres dirigeants, en commençant le déploiement d'armes nucléaires et de leurs vecteurs en Biélorussie, en augmentant l'efficacité de combat des forces de dissuasion stratégiques. Il y a pas mal de marches sur cette échelle. J'en compte environ deux douzaines. On pourrait même en arriver à avertir nos compatriotes et toutes les personnes de bonne volonté de la nécessité de quitter leur domicile à proximité des cibles possibles de frappes nucléaires dans les pays qui apportent un soutien direct au régime de Kiev. L'ennemi doit savoir que nous sommes prêts à lancer une frappe préventive en représailles à toutes ses agressions actuelles et passées, afin d'éviter de sombrer dans une guerre thermonucléaire mondiale.

J'ai dit et écrit à maintes reprises qu'avec une bonne stratégie de dissuasion et même d'application, le risque d'une frappe nucléaire "de représailles" ou même de toute autre frappe sur notre territoire peut être réduit au minimum. Ce n'est que s'il y a un fou à la Maison Blanche, qui hait également son propre pays, que les États-Unis décideront de frapper pour "défendre" les Européens et inviteront à des représailles en sacrifiant un Boston fictif pour un Poznan fictif. Les États-Unis et l'Europe en sont parfaitement conscients, mais ils préfèrent ne pas y penser. Nous aussi, nous avons contribué à cette insouciance par nos déclarations pacifistes. Ayant étudié l'histoire de la stratégie nucléaire américaine, je sais qu'après que l'URSS a acquis une capacité de riposte nucléaire crédible, Washington n'a jamais sérieusement envisagé, bien qu'il ait bluffé publiquement, l'utilisation d'armes nucléaires sur le territoire soviétique. Si l'utilisation d'armes nucléaires a été envisagée, c'était uniquement contre les forces soviétiques "en progression" en Europe occidentale. Je sais que les chanceliers Kohl et Schmidt se sont enfuis de leurs bunkers dès que la question d'une telle utilisation a été soulevée lors d'un exercice.

Karaganov est bien conscient de l'effroi moral bien naturel devant une telle "décision difficile". Et il prévient, même les pays amis de la Russie ne la soutiendront pas "dans un premier temps"

Révélation

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Mais je ne vous soutiendrai PAS DU TOUT, c...ards !

(...) Mais que se passe-t-il s'ils ne reculent pas ? Ont-ils complètement perdu le sens de l'auto-préservation ? Nous devrons alors frapper un groupe de cibles dans plusieurs pays pour ramener à la raison ceux qui ont perdu la raison.

C'est un choix moralement effrayant - nous utilisons l'arme de Dieu et nous nous condamnons à une grave perte spirituelle. Mais si nous ne le faisons pas, ce n'est pas seulement la Russie qui risque de périr, mais très probablement l'ensemble de la civilisation humaine.

Nous devrons faire ce choix nous-mêmes. Même nos amis et sympathisants ne nous soutiendront pas dans un premier temps. Si j'étais Chinois, je ne voudrais pas d'une fin trop rapide et décisive du conflit, parce qu'elle fait reculer les forces américaines et leur permet de constituer des forces pour une bataille décisive (...) Si la Russie avait utilisé des armes nucléaires, le Chinois la condamnerait. Mais il se réjouirait aussi dans son cœur qu'un coup puissant ait été porté à la réputation et à la position des États-Unis.

Cependant, Karaganov l'affirme, faire face à cette décision difficile, dépasser son effroi moral, c'est la voie du salut.

Et à la fin, la Russie atteint son objectif de "mettre fin à la tyrannie dans le monde"... Ah non, désolé, ça c'était George W Bush dans son allocution présidentielle de 2005 ! Non, en fait, c'est le plus classique "avenir radieux:smile:

Mais en fin de compte, les vainqueurs ne sont pas jugés. Et les sauveurs sont remerciés. La culture politique européenne ne se souvient pas du bien. Mais le reste du monde se souvient avec gratitude de la manière dont nous avons aidé les Chinois à se libérer de la brutale occupation japonaise et les colonies à se défaire du joug colonial. S'ils ne nous comprennent pas au début, ils seront encore plus incités à s'améliorer. Néanmoins, il est très probable que nous puissions gagner, rassurer l'ennemi sans prendre de mesures extrêmes et le forcer à battre en retraite. Et après quelques années, prendre position dans le dos de la Chine, comme elle l'est aujourd'hui dans le nôtre, en la soutenant dans son bras de fer avec les États-Unis. Ce combat pourra alors être évité sans une grande guerre. Et nous gagnerons ensemble pour le bien de tous, y compris des peuples des pays occidentaux.

Ensuite, la Russie et l'humanité traverseront toutes les épines et tous les traumatismes vers un avenir que je considère comme radieux - multipolaire, multiculturel, multicolore, permettant aux pays et aux peuples de construire leur propre destin et de le partager.

 

Donc en résumé : On "brise la volonté" de l'Occident, en montant l'échelle de l'escalade nucléaire jusqu'à ce qu'ils renoncent complètement à s'impliquer en Ukraine, jusqu'à et y compris si nécessaire une série de frappes nucléaires sur les pays européens qui soutiendraient encore l'Ukraine. Lesquels ? Il est permis de penser que Karaganov ne pense ni à la France ni au Royaume-Uni, puisqu'il veut éviter des représailles sur le territoire russe. Il est permis de penser aussi qu'il lorgne très fort sur la Pologne.

Et après, c'est l'avenir radieux. 

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... Et celle-là, elle est pas belle ?

"Moscou a indiqué, ce jeudi 15 juin 2023, la tenue d'élections locales dans les territoires ukrainiens dont elle a revendiqué l'annexion en septembre 2022. Les scrutins auront lieu le 10 septembre prochain."

https://www.ladepeche.fr/2023/06/15/guerre-en-ukraine-la-russie-annonce-des-elections-le-10-septembre-dans-les-territoires-ukrainiens-occupes-11276402.php

Mieux vaut en rire ... :laugh:

 

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Il y a 1 heure, Alexis a dit :
Révélation

Tiens, puisqu'on parle de Camp du Bien, n'oublions pas qu'il y en a deux.

Je veux dire que la Russie elle aussi est un Camp du Bien. Eh oui ! A ses propres yeux seulement, elle aussi ? Euh, oui...

Voici quelques nouvelles de cet alt-Camp du Bien - ou camp du alt-Bien :unsure: ? Je m'y perds. Car eux aussi ont leurs propres BHLs et néocons, je veux dire idéologues "légèrement" déjantés audacieux.

Sergei Karaganov, ancien conseiller de Eltsine et de Poutine ainsi que président honoraire du Présidium du Conseil de politique étrangère et de défense, est de ce point de vue une source intéressante. Ce n'est pas n'importe qui, voir son passé et son titre. Ce n'est pas forcément cependant quelqu'un qui est vraiment près des centres de pouvoir, le mot "honoraire" dans son titre ne doit pas être oublié, tout en représentant sans doute assez bien un courant de folie pensée actuel du Camp du Bien... enfin de l'autre.

Et c'est un politologue et géopoliticien qui sait écrire. Qui sait même construire un système idéologique et argumenter. Ainsi que faire des propositions qui le mettent assez sûrement à l'abri de tout soupçon de mollesse...

Son dernier article, où il partage "quelques réflexions que je nourris depuis longtemps", est disons "intéressant". Et oui il avait déjà joué avec cette idée, même s'il la défend ici avec plus d'insistance qu'auparavant.

Son argument maître, c'est que même une victoire écrasante de la Russie en Ukraine serait en fait loin de suffire à la protection du Bien, donc la sécurité de la Russie. Or, l'enjeu de la guerre n'est rien moins que le sort de l'humanité. Alors, que faire ? Eh bien mais voyons

 

Une décision difficile mais nécessaire

L'utilisation d'armes nucléaires peut sauver l'humanité d'une catastrophe mondiale

On commence par une description de la situation, de l'insuffisance d'une victoire en Ukraine, des raisons profondes du conflit avec l'Occident, de tout ce qui est en jeu et des risques de dérive vers une guerre mondiale totale. Je laisse le plus gros sous fenêtre de révélation, mais une petite citation quand même qui annonce déjà le ton "nous avons fait preuve d'imprudence en relevant le seuil d'utilisation des armes nucléaires"

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(...) Notre pays, ses dirigeants, me semblent confrontés à un choix difficile. Il est de plus en plus clair que l'affrontement avec l'Occident ne prendra pas fin si nous remportons une victoire partielle ou même écrasante en Ukraine.

Si nous libérons complètement les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporozhye et Kherson, il s'agira d'une victoire minimale. Un succès un peu plus grand serait la libération, en l'espace d'un an ou deux, de l'ensemble de l'est et du sud de l'Ukraine actuelle. Mais cela laisserait encore une partie de l'Ukraine avec une population ultranationaliste encore plus aigrie et bourrée d'armes - une plaie qui saigne et qui menace de complications inévitables, une nouvelle guerre. La situation pourrait être pire si nous libérions l'ensemble de l'Ukraine au prix de sacrifices monstrueux et que nous la laissions en ruines avec une population qui nous déteste en grande partie. Il faudra des décennies pour les "rééduquer".

(...) Une option plus attrayante est la libération et la réunification de l'Est et du Sud, et l'imposition de la capitulation aux restes de l'Ukraine avec une démilitarisation complète, créant ainsi un État tampon et ami. Mais un tel résultat n'est possible que si et quand nous sommes capables de briser la volonté de l'Occident de soutenir la junte de Kiev, de la forcer à battre stratégiquement en retraite.

Et j'en viens ici à une question cruciale, mais qui n'est guère débattue. La raison profonde, voire principale, de la crise ukrainienne, ainsi que de nombreux autres conflits dans le monde, et de l'augmentation générale de la menace militaire, est l'échec accéléré des élites occidentales dirigeantes modernes créées par la mondialisation des dernières décennies - principalement compradores en Europe (les colonisateurs portugais appelaient compradors les commerçants locaux qui les servaient - S.K.). Cet échec s'accompagne d'un changement d'une rapidité sans précédent dans l'équilibre des pouvoirs dans le monde en faveur de la majorité mondiale, tirée économiquement par la Chine et en partie par l'Inde, avec la Russie comme point d'ancrage militaire et stratégique. Cet affaiblissement exaspère non seulement les élites impériales-cosmopolites (Biden and Co), mais effraie également les élites impériales-nationales (Trump).

(...) Idéalement, bien sûr, les Américains voudraient simplement faire exploser notre pays, affaiblissant ainsi radicalement la superpuissance alternative montante, la Chine. Nous avons tardé à agir de manière préventive (...) nous avons fait preuve d'imprudence en relevant le seuil d'utilisation des armes nucléaires, en évaluant mal la situation en Ukraine et en ne réussissant pas tout à fait à lancer une opération spéciale.

Après avoir échoué sur le plan intérieur, les élites occidentales ont commencé à nourrir activement les mauvaises herbes qui avaient fait leur chemin sur le sol de soixante-dix ans de prospérité, de satiété et de paix - toutes ces idéologies anti-humaines : la négation de la famille, de la patrie, de l'histoire, de l'amour entre l'homme et la femme, de la foi, du service d'idéaux supérieurs, de tout ce qui est l'essence de l'homme. Éliminer les résistants. L'objectif est de mancourtiser [ néologisme récent en russe, signifiant "faire perdre patrimoine historique , culturel , liens , valeurs , repères nationaux et moraux" ] les gens afin de réduire leur capacité à résister au capitalisme "mondialiste" moderne, de plus en plus manifestement injuste et nuisible à l'homme et à l'humanité

La trajectoire de développement de la plupart des pays occidentaux pointe clairement vers un nouveau fascisme et un totalitarisme (jusqu'à présent) "libéral".

Plus loin, et c'est le plus important, la situation ne fera qu'empirer. Une trêve est possible, mais pas de réconciliation. La colère et le désespoir continueront à se développer par vagues et par manœuvres. Ce vecteur du mouvement occidental est un signe clair de la dérive vers le déclenchement de la troisième guerre mondiale. Elle a déjà commencé et pourrait se transformer en une véritable conflagration en raison de l'incompétence et de l'irresponsabilité accidentelles ou croissantes des cercles dirigeants de l'Occident.

L'introduction de l'intelligence artificielle, la robotisation de la guerre augmentent la menace d'une escalade involontaire. Les machines peuvent échapper au contrôle d'élites désemparées.

La situation est exacerbée par le "parasitisme stratégique" : en 75 ans de paix relative, les gens ont oublié les horreurs de la guerre et ne craignent même plus les armes nucléaires. Partout, mais surtout en Occident, l'instinct de conservation s'est affaibli.

Karaganov arrive à une conclusion partielle à base nucléaire et religieuse. Faut-il parler de nucléaro-théisme ou de théo-nucléarisme :huh: ?

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Ben-Laden-chronique-d-une-mort-annoncee.

Moi j'avais pas d'armes nucléaires, alors je ne me suis pas posé la question

J'ai passé de nombreuses années à étudier l'histoire de la stratégie nucléaire et je suis arrivé à une conclusion sans équivoque, bien que non scientifique. L'apparition des armes nucléaires est le résultat de l'intervention du Tout-Puissant, qui a été horrifié de voir que les hommes, les Européens et les Japonais qui les ont rejoints, avaient déclenché deux guerres mondiales en l'espace d'une génération, faisant des dizaines de millions de morts, et a donné à l'humanité les armes de l'Armageddon, montrant à ceux qui avaient perdu leur peur de l'enfer qu'il existe bel et bien. C'est sur cette peur qu'a reposé la paix relative des trois derniers quarts de siècle. Aujourd'hui, cette peur a disparu. L'impensable, au regard des conceptions antérieures de la dissuasion nucléaire, est en train de se produire : les cercles dirigeants d'un groupe de pays, dans un accès de rage désespérée, ont déclenché une guerre à grande échelle dans les bas-fonds d'une superpuissance nucléaire.

La peur de l'escalade nucléaire doit être rétablie. Sinon, l'humanité est condamnée.

Ce n'est pas seulement, et même pas tellement, ce que sera le futur ordre mondial dans les domaines de l'Ukraine qui est en train de se décider maintenant. Il s'agit de savoir si le monde auquel nous sommes habitués sera préservé ou si des ruines radioactives resteront sur la planète, empoisonnant les restes de l'humanité.

En brisant la volonté d'agression de l'Occident, nous ne nous sauverons pas seulement nous-mêmes et nous libérerons enfin le monde du joug occidental qui dure depuis cinq siècles, mais nous sauverons aussi l'humanité tout entière. En poussant l'Occident à la catharsis et à l'abandon de l'hégémonie de ses élites, nous le forcerons à reculer avant qu'une catastrophe mondiale ne se produise. Une nouvelle chance de développement sera donnée à l'humanité.

Bien sûr, tout ceci appelle une solution. "Que faire ?", comme aurait dit Lénine.

Et Karaganov ne se défile pas. Ai-je déjà dit qu'il serait injuste de le soupçonner de mollesse ?

Proposition de solution

On commence doucement, avec le rappel du nécessaire "développement spirituel", lequel sera grandement aidé par une expédition au Tibet à la recherche de nos racines mystiques la fondation d'une troisième capitale en Sibérie, et mènera à refermer la parenthèse occidentaliste ouverte par Pierre le Grand il y a trois siècles

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Naturellement, il s'agit d'un combat difficile. Il est également nécessaire de résoudre les problèmes internes - de se débarrasser enfin de l'occidentalisme dans les esprits et des occidentaux dans la couche administrative, des compradores et de leur mode de pensée particulier. (...) La confrontation avec l'Occident en Ukraine, quelle que soit sa fin, ne doit pas nous détourner du mouvement stratégique interne - spirituel, culturel, économique, politique, militaire et politique - vers l'Oural, la Sibérie et le Grand Océan. Une nouvelle stratégie ouralo-sibérienne est nécessaire, une stratégie qui comprend plusieurs projets puissants de renforcement spirituel, y compris, bien sûr, la création d'une troisième capitale située en Sibérie. Ce mouvement devrait faire partie de la formulation urgente du "rêve russe" - l'image de cette Russie et de ce monde auxquels on veut aspirer.

(...) Mais pour que l'avenir se réalise, il est nécessaire de vaincre la résistance des forces du passé - l'Occident. Si cela n'est pas fait, il est presque certain qu'il y aura une guerre mondiale à grande échelle et probablement la dernière pour l'humanité.

(...) Nous devons forcer l'Occident à abandonner ses tentatives de retour en arrière, ses tentatives de domination mondiale et l'obliger à s'occuper de lui-même, à digérer la crise multi-niveaux qu'il traverse actuellement. Pour dire les choses crûment, nous avons besoin que l'Occident aille tout simplement "se faire foutre" et qu'il n'interfère pas avec la Russie et le monde à l'avenir.

Et puis on en arrive à ce qu'il faut faire. Car les Occidentaux doivent comprendre que c'est leur préservation même qui est en jeu. Et Sergei Karaganov a des idées concrètes pour les y forcer. Il a repéré le chemin aussi, il y a "deux douzaines d'étapes". Dans l'escalade nucléaire, s'entend.

On passera sur la notion un peu confuse de "frappe préventive de représailles", qui ressemble à un oxymore. On appréciera que des noms soient cités, notamment la ville de Poznan en Pologne - surtout si on est un ressortissant de Poznan. On félicitera Karaganov de son souci d'humanité puisqu'il veut avertir "toutes les personnes de bonne volonté de la nécessité de quitter leur domicile" à proximité des cibles.

(...) La dissuasion nucléaire devra retrouver sa crédibilité en abaissant le seuil inacceptable d'utilisation des armes nucléaires, en progressant prudemment mais rapidement sur l'échelle de dissuasion-escalade. Les premières mesures ont déjà été prises par les déclarations pertinentes du président et d'autres dirigeants, en commençant le déploiement d'armes nucléaires et de leurs vecteurs en Biélorussie, en augmentant l'efficacité de combat des forces de dissuasion stratégiques. Il y a pas mal de marches sur cette échelle. J'en compte environ deux douzaines. On pourrait même en arriver à avertir nos compatriotes et toutes les personnes de bonne volonté de la nécessité de quitter leur domicile à proximité des cibles possibles de frappes nucléaires dans les pays qui apportent un soutien direct au régime de Kiev. L'ennemi doit savoir que nous sommes prêts à lancer une frappe préventive en représailles à toutes ses agressions actuelles et passées, afin d'éviter de sombrer dans une guerre thermonucléaire mondiale.

J'ai dit et écrit à maintes reprises qu'avec une bonne stratégie de dissuasion et même d'application, le risque d'une frappe nucléaire "de représailles" ou même de toute autre frappe sur notre territoire peut être réduit au minimum. Ce n'est que s'il y a un fou à la Maison Blanche, qui hait également son propre pays, que les États-Unis décideront de frapper pour "défendre" les Européens et inviteront à des représailles en sacrifiant un Boston fictif pour un Poznan fictif. Les États-Unis et l'Europe en sont parfaitement conscients, mais ils préfèrent ne pas y penser. Nous aussi, nous avons contribué à cette insouciance par nos déclarations pacifistes. Ayant étudié l'histoire de la stratégie nucléaire américaine, je sais qu'après que l'URSS a acquis une capacité de riposte nucléaire crédible, Washington n'a jamais sérieusement envisagé, bien qu'il ait bluffé publiquement, l'utilisation d'armes nucléaires sur le territoire soviétique. Si l'utilisation d'armes nucléaires a été envisagée, c'était uniquement contre les forces soviétiques "en progression" en Europe occidentale. Je sais que les chanceliers Kohl et Schmidt se sont enfuis de leurs bunkers dès que la question d'une telle utilisation a été soulevée lors d'un exercice.

Karaganov est bien conscient de l'effroi moral bien naturel devant une telle "décision difficile". Et il prévient, même les pays amis de la Russie ne la soutiendront pas "dans un premier temps"

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Mais je ne vous soutiendrai PAS DU TOUT, c...ards !

(...) Mais que se passe-t-il s'ils ne reculent pas ? Ont-ils complètement perdu le sens de l'auto-préservation ? Nous devrons alors frapper un groupe de cibles dans plusieurs pays pour ramener à la raison ceux qui ont perdu la raison.

C'est un choix moralement effrayant - nous utilisons l'arme de Dieu et nous nous condamnons à une grave perte spirituelle. Mais si nous ne le faisons pas, ce n'est pas seulement la Russie qui risque de périr, mais très probablement l'ensemble de la civilisation humaine.

Nous devrons faire ce choix nous-mêmes. Même nos amis et sympathisants ne nous soutiendront pas dans un premier temps. Si j'étais Chinois, je ne voudrais pas d'une fin trop rapide et décisive du conflit, parce qu'elle fait reculer les forces américaines et leur permet de constituer des forces pour une bataille décisive (...) Si la Russie avait utilisé des armes nucléaires, le Chinois la condamnerait. Mais il se réjouirait aussi dans son cœur qu'un coup puissant ait été porté à la réputation et à la position des États-Unis.

Cependant, Karaganov l'affirme, faire face à cette décision difficile, dépasser son effroi moral, c'est la voie du salut.

Et à la fin, la Russie atteint son objectif de "mettre fin à la tyrannie dans le monde"... Ah non, désolé, ça c'était George W Bush dans son allocution présidentielle de 2005 ! Non, en fait, c'est le plus classique "avenir radieux:smile:

Mais en fin de compte, les vainqueurs ne sont pas jugés. Et les sauveurs sont remerciés. La culture politique européenne ne se souvient pas du bien. Mais le reste du monde se souvient avec gratitude de la manière dont nous avons aidé les Chinois à se libérer de la brutale occupation japonaise et les colonies à se défaire du joug colonial. S'ils ne nous comprennent pas au début, ils seront encore plus incités à s'améliorer. Néanmoins, il est très probable que nous puissions gagner, rassurer l'ennemi sans prendre de mesures extrêmes et le forcer à battre en retraite. Et après quelques années, prendre position dans le dos de la Chine, comme elle l'est aujourd'hui dans le nôtre, en la soutenant dans son bras de fer avec les États-Unis. Ce combat pourra alors être évité sans une grande guerre. Et nous gagnerons ensemble pour le bien de tous, y compris des peuples des pays occidentaux.

Ensuite, la Russie et l'humanité traverseront toutes les épines et tous les traumatismes vers un avenir que je considère comme radieux - multipolaire, multiculturel, multicolore, permettant aux pays et aux peuples de construire leur propre destin et de le partager.

 

Donc en résumé : On "brise la volonté" de l'Occident, en montant l'échelle de l'escalade nucléaire jusqu'à ce qu'ils renoncent complètement à s'impliquer en Ukraine, jusqu'à et y compris si nécessaire une série de frappes nucléaires sur les pays européens qui soutiendraient encore l'Ukraine. Lesquels ? Il est permis de penser que Karaganov ne pense ni à la France ni au Royaume-Uni, puisqu'il veut éviter des représailles sur le territoire russe. Il est permis de penser aussi qu'il lorgne très fort sur la Pologne.

Et après, c'est l'avenir radieux. 

Je n'apporte aucune info nouvelle. Je trouve juste que ce type est un taré monstrueux ayant un regard totalement biaisé de la réalité historique. OU il le fait exprès (j'ai bon ?... clairement, son message est destiné à "l'Occident" pour jouer au Croquemitaine !)

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Il y a 1 heure, Alzoc a dit :

 

Je serai extrêmement surpris qu'Israël, qui a toujours ménagé la chèvre et le choux depuis le début de la guerre, autorise le réexport de ses tank vers l'Ukraine. Au mieux c'est un jeu de chaise musicale avec A qui achète des merkavas pour donner ses anciens tank à l'Ukraine. Où alors c'est simplement comme tu le dis pour reconstituer son stock de char. Car mine de rien si tu veux 150 chars d'occaz pas trop cher et dans des délais corrects, il n'y a pas 250 pays capables de te les fournir. Et les Merkava ont en plus l'énorme avantage de ne pas faire "concurrence" avec des dons à l'Ukraine puisqu'ils n'auraient de toute façon jamais finis en Ukraine. 

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Il y a 2 heures, CortoMaltese a dit :

Je serai extrêmement surpris qu'Israël, qui a toujours ménagé la chèvre et le choux depuis le début de la guerre, autorise le réexport de ses tank vers l'Ukraine. Au mieux c'est un jeu de chaise musicale avec A qui achète des merkavas pour donner ses anciens tank à l'Ukraine. Où alors c'est simplement comme tu le dis pour reconstituer son stock de char. Car mine de rien si tu veux 150 chars d'occaz pas trop cher et dans des délais corrects, il n'y a pas 250 pays capables de te les fournir. Et les Merkava ont en plus l'énorme avantage de ne pas faire "concurrence" avec des dons à l'Ukraine puisqu'ils n'auraient de toute façon jamais finis en Ukraine. 

Quatre options :

  • la première : pecunia non olet
  • la seconde : les Américains ont offert quelque chose en échange
  • la troisième : la neutralité israélienne est considérée comme secondaire dans la mesure où cela ira causer du tort aux Iraniens, directement ou non
  • la quatrième : un peu des trois options précédentes

Mais clairement, personne n'ira acquiescer à l'idée d'une réexportation vers un pays tiers qui s'achève miraculeusement en Ukraine.

En revanche, les combinaisons de ce genre ne sont pas inédites côté israélien, notamment entre 1980 et 1988 au profit de... l'Iran contre l'Irak.

 

Edited by Ciders
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Il y a 11 heures, Alexis a dit :

Je n'en suis pas sûr. Ses analyses sont publiées en russe et s'adressent à des Russes. On n'en parle que peu à l'extérieur. Ce n'est pas la meilleure manière de jouer au Grand Méchant et de dire "Retenez-moi ou je fais un malheur"

Mon impression est plutôt que nous avons affaire à un radical parmi les radicaux. La position d'un John Bolton parmi les néocons, Karaganov l'adopte parmi les idéologues du "monde russe".

Sur la description générale de la situation, des objectifs et des enjeux, il ne s'écarte pas tant que cela de la "norme". C'est plutôt quant à la méthode qu'il devient vraiment radical. Commencer l'escalade nucléaire tout de suite pour convaincre l'autre côté de renoncer, parce que même la victoire totale de la Russie ne suffirait pas en fait, je crois que je ne l'avais jamais lu sous la plume d'un analyste et géopoliticien.

Solovyov et quelques autres éructent souvent de la sorte oui, mais eux ne sont que des pitres chargés de "chauffer" la salle, pas des idéologues froids, réfléchis et qui savent construire un argumentaire et une vision du monde à l'appui de telles propositions.

 

Cela dit, je ne suis personnellement pas vraiment inquiet. D'une part Karaganov n'est pas si proche du pouvoir que cela, et le courant de pensée qu'il représente n'est qu'un courant parmi d'autres.

D'autre part, même si on adopte ses prémisses d'une obligation absolue de victoire en Ukraine qui pourrait justifier n'importe quel moyen, et d'une nécessité de s'opposer absolument et radicalement à tout ce qui est occidental, il reste que la Russie a d'autres moyens moins radicaux à sa disposition pour remplir ces objectifs.

Gagner la guerre conventionnellement, même s'il y faut plusieurs années. C'est d'ailleurs ce à quoi ils s'emploient.

De toute façon je suis persuadé que si utilisation du nucléaire il y aura par les russes ce sera en dernier recours en cas d'effondrement militaire conventionnel, et cela se fera sur le sol ukrainien. Et franchement, pour l'instant, on ne voit pas un tel effondrement montrer le bout de son nez...

Par contre menacer ouvertement Poznan, pas sûr que ce soit très futé... si j'étais un décideur polonais, je me dirais que c'est peut être le moment de lancer un crash-programme pour fabriquer en urgence quelques bombes A "gun-type" de type Little-boy, qui sont aujourd'hui à la portée d'à peu près n'importe quelle organisation capable de se procurer de la matière fissile...

 

 

Edited by Yorys
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https://asiatimes.com/2023/06/local-tech-ceo-shows-how-ukraine-can-beat-foreign-rivals/ (11 juin 2023)

Malgré les attaques quotidiennes de missiles, M. Shvaichenko [patron de Boosteroid, Kiev, 3e société mondiale d'hébergement de jeux dans le cloud] et son équipe juridique, dirigée par Vladyslav Kosmin et Artem Skoryi, ont réussi à persuader la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, de donner son feu vert à l'acquisition d'Activision Blizzard par Microsoft, pour un montant de 70 milliards de dollars, que la présidente de la commission américaine du commerce, Lina Khan, s'était sournoisement entendue avec l'autorité britannique du marché de la concurrence, Sarah Cardell, pour bloquer pour des raisons de monopole.

Le colonel Alexander O a déclaré qu'il était très intéressé par l'adaptation de la technologie distribuée hyper-ledger (blockchain) développée par le leader du marché Digital Asset Holdings et utilisée par des entreprises telles que le géant néerlandais du transport maritime Maersk. "À l'heure actuelle, nous utilisons du papier pour les commandes parce que les Russes ne peuvent pas le pirater, mais une communication sécurisée via la blockchain serait idéale", a-t-il déclaré.

Fedorov [ministre de la numérisation], que beaucoup considèrent comme le futur président de l'Ukraine après Volodymyr Zelensky, n'était pas du tout conscient que sa présentation, digne d'un Ted Talk, de la plateforme révolutionnaire Diia, devant une salle comble de fonctionnaires et de lobbyistes d'entreprises, avait contribué à alimenter la bataille d'influence acrimonieuse entre le PDG de la Société financière internationale américaine pour le développement (DFC), Scott Nathan, et l'administratrice de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), Samantha Power, sur la question de savoir qui dirigera le soutien non militaire à l'Ukraine et les 400 à 500 milliards de dollars nécessaires à la reconstruction de ce pays.

Mme Yegorova-Lutsenko, qui est la plus haute représentante élue de la région de Kharkiv, a déclaré qu'elle inclurait la participation de grandes entreprises de l'Ohio, telles que Procter & Gamble, basée à Cincinnati, Goodyear Tires, basée à Akron, et American Electrical Power, basée à Columbus, dans un accord de partenariat entre la région de Kharkiv et l'État de l'Ohio, qui sera bientôt finalisé et négocié directement avec le gouverneur Mike DeWine.

M. Shvaichenko a non seulement poussé Mme Yegorova-Lutsenko et M. Terekhov à s'entendre sur les investissements étrangers à Kharkiv, mais il a également accepté de renommer une rue pour marquer le lieu de naissance de Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de l'ancien président américain Jimmy Carter et architecte de la guerre froide qui a contribué à l'effondrement de l'Union soviétique.

Edited by Wallaby
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il y a 48 minutes, Yorys a dit :

Par contre menacer ouvertement Poznan, pas sûr que ce soit très futé... si j'étais un décideur polonais, je me dirais que c'est peut être le moment de lancer un crash-programme pour fabriquer en urgence quelques bombes A "gun-type" de type Little-boy, qui sont aujourd'hui à la portée d'à peu près n'importe quelle organisation capable de se procurer de la matière fissile...

C'est en effet l'une des raisons - elles sont nombreuses - pour lesquelles ce type d'article n'est vraiment pas futé.

Et il est vrai qu'il y a tout ce que l'on sait... et aussi ce qu'on ne sait pas. Qui peut garantir que tel ou tel pays n'a pas déjà commencé il y a six mois ou un an un tel programme en urgence ? L'information ne serait pas dans les médias tout de suite.

Cependant, il ne faut pas oublier les obstacles techniques même pour un programme polonais de "dissuasion minimale" à base d'armes à fission à insertion type Little Boy. J'en vois au moins deux qui sont conséquents :

- L'enrichissement de l'uranium. L'Afrique du Sud a mis peut-être une décennie à développer la technologie, dans les années 70. A ma connaissance, la Pologne n'a pas de programme civil existant d'enrichissement, il partiraient pratiquement du début

- Le missile, qui devrait avoir une portée de 1 500 km et être mobile sur route, afin de pouvoir menacer Moscou et Saint-Pétersbourg tout en échappant à une frappe préventive. Un missile de croisière serait sans doute plus accessible pour la Pologne vu son secteur aéronautique existant, tandis qu'ils n'ont à ma connaissance pas de moteur fusée. Reste tout de même à le développer ce Tomahawk / MdCN / Kalibr à la polonaise

Et il faudrait encore miniaturiser ce modèle Mały Chłopiec ! Le Little Boy américain de 1945 pesait 4,4 tonnes... J'imagine qu'avec des codes de calcul modernes, optimiser et descendre à 1 tonne plus convenable à un missile de croisière devrait être possible, mais c'est juste moi qui imagine en fait je ne le sais pas 

Je ne vois aucune raison de douter que Varsovie réussirait à créer sa propre dissuasion minimale si elle le décidait. Mais sans aide technique extérieure, je trouve difficile de les imaginer réussir en moins de 5 à 10 ans, plutôt 10.

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il y a 59 minutes, Alexis a dit :

C'est en effet l'une des raisons - elles sont nombreuses - pour lesquelles ce type d'article n'est vraiment pas futé.

Et il est vrai qu'il y a tout ce que l'on sait... et aussi ce qu'on ne sait pas. Qui peut garantir que tel ou tel pays n'a pas déjà commencé il y a six mois ou un an un tel programme en urgence ? L'information ne serait pas dans les médias tout de suite.

Cependant, il ne faut pas oublier les obstacles techniques même pour un programme polonais de "dissuasion minimale" à base d'armes à fission à insertion type Little Boy. J'en vois au moins deux qui sont conséquents :

- L'enrichissement de l'uranium. L'Afrique du Sud a mis peut-être une décennie à développer la technologie, dans les années 70. A ma connaissance, la Pologne n'a pas de programme civil existant d'enrichissement, il partiraient pratiquement du début

- Le missile, qui devrait avoir une portée de 1 500 km et être mobile sur route, afin de pouvoir menacer Moscou et Saint-Pétersbourg tout en échappant à une frappe préventive. Un missile de croisière serait sans doute plus accessible pour la Pologne vu son secteur aéronautique existant, tandis qu'ils n'ont à ma connaissance pas de moteur fusée. Reste tout de même à le développer ce Tomahawk / MdCN / Kalibr à la polonaise

Et il faudrait encore miniaturiser ce modèle Mały Chłopiec ! Le Little Boy américain de 1945 pesait 4,4 tonnes... J'imagine qu'avec des codes de calcul modernes, optimiser et descendre à 1 tonne plus convenable à un missile de croisière devrait être possible, mais c'est juste moi qui imagine en fait je ne le sais pas 

Je ne vois aucune raison de douter que Varsovie réussirait à créer sa propre dissuasion minimale si elle le décidait. Mais sans aide technique extérieure, je trouve difficile de les imaginer réussir en moins de 5 à 10 ans, plutôt 10.

Il semblerait que la Pologne ait une certaine expérience dans le domaine du nucléaire militaire :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_nucléaire_de_la_Pologne

Dans quelle mesure cette expérience (ancienne) serait elle réutilisable aujourd'hui, je n'en sais rien.

Pour ce qui est des matières fissiles l'U235 pose problème effectivement sauf disponibilité rapide de centrifugeuses, le plutonium sans doute moins car la Pologne possède un réacteur actif, mais cela exclue l'approche rustique des bombes "gun-type".

Dans tous les cas, effectivement on serait plus dans une perspective de quelques années que de quelques mois.

Pour ce qui concerne le vecteur, sans aller chercher Saint Petersbourg ou Moscou qui entrainerait de facto l'annihilation de Varsovie, je rappelle que Kaliningrad est à 50 km de la frontière polonaise, et est accessible par mer...

 

 

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Il y a 5 heures, Yorys a dit :

Il semblerait que la Pologne ait une certaine expérience dans le domaine du nucléaire militaire :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_nucléaire_de_la_Pologne

Dans quelle mesure cette expérience (ancienne) serait elle réutilisable aujourd'hui, je n'en sais rien.

Pour ce qui est des matières fissiles l'U235 pose problème effectivement sauf disponibilité rapide de centrifugeuses, le plutonium sans doute moins car la Pologne possède un réacteur actif, mais cela exclue l'approche rustique des bombes "gun-type".

Dans tous les cas, effectivement on serait plus dans une perspective de quelques années que de quelques mois.

Pour ce qui concerne le vecteur, sans aller chercher Saint Petersbourg ou Moscou qui entrainerait de facto l'annihilation de Varsovie, je rappelle que Kaliningrad est à 50 km de la frontière polonaise, et est accessible par mer...

 

 

On parle de quoi là ? 
une Pologne qui chercherait la bombe ferait l’unanimité contre elle. 
Faire saute une bombe a 50km de son propre territoire ?! 

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Il y a 5 heures, wagdoox a dit :

On parle de quoi là ? 
une Pologne qui chercherait la bombe ferait l’unanimité contre elle. 
Faire saute une bombe a 50km de son propre territoire ?! 

On parle de la tentation légitime que pourraient avoir les autorités polonaises de mettre en place rapidement une mini dissuasion suite aux menaces explicites de tarés comme Karaganov vis à vis de son territoire et en particulier de la ville de Poznan.

Genre de propos qui s'ils n'étaient pas clairement et rapidement désavoués à Moscou me paraissent comme un encouragement irresponsable à la prolifération.

 

 

 

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il y a 12 minutes, Yorys a dit :

On parle de la tentation légitime que pourraient avoir les autorités polonaises de mettre en place rapidement une mini dissuasion suite aux menaces explicites de tarés comme Karaganov vis à vis de son territoire et en particulier de la ville de Poznan.

Genre de propos qui s'ils n'étaient pas clairement et rapidement désavoués à Moscou me paraissent comme un encouragement irresponsable à la prolifération.

 

 

 

Si c’est legitime que devrait on dire de coree du nord, l’iran, l’irak, l’afganistan, la libye et j’en passe. 
l’irresponsable n’est pas forcement a aller chercher ailleurs. 
j’ai rien vu chez les polonais c’est juste toi. 

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Il y a 5 heures, wagdoox a dit :

On parle de quoi là ? 
une Pologne qui chercherait la bombe ferait l’unanimité contre elle. 
Faire saute une bombe a 50km de son propre territoire ?! 

On aurait fait pareil avec Pluton ... ça n'a rien de très original.

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il y a 30 minutes, wagdoox a dit :

Si c’est legitime que devrait on dire de coree du nord, l’iran, l’irak, l’afganistan, la libye et j’en passe. 
l’irresponsable n’est pas forcement a aller chercher ailleurs. 
j’ai rien vu chez les polonais c’est juste toi. 

En attendant ils en sont déjà à officiellement proposer aux USA le dépôt en partage d'ogives nucléaires.

https://www.theguardian.com/world/2022/oct/05/poland-us-nuclear-wars-russia-putin-ukraine

Et les US ne semblent pas très chauds...

 

Edited by Yorys
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