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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : répercussions géopolitiques et économiques


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Il y a 9 heures, nemo a dit :

 Et comment t'explique les démocrates qui sanctionnent pas dans ce cas? Inde ou Uruguay ou Afrique du Sud? Ton explication par la démocratie n'explique pas ces exceptions, celle par la proximité au camp atlantiste si.

Tu fais du charry picking, c'est à dire choisir les 3 sur les 45 pays qui justement ne le font pas (et dont tout le monde se moque vu leurs liens nuls ou presque avec la Rusie).

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il y a 54 minutes, cracou a dit :

Tu fais du charry picking, c'est à dire choisir les 3 sur les 45 pays qui justement ne le font pas (et dont tout le monde se moque vu leurs liens nuls ou presque avec la Rusie).

Non je te dis que tu expliques pas les exceptions et que tu ne le fais pas pour des raisons évidentes. 

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Prière de pas rigoler sur ce titre et cette information réelle et très sérieuse. Transmis à VVP. 

https://www.lemonde.fr/international/live/2022/05/14/guerre-en-ukraine-en-direct-des-negociations-tres-difficiles-pour-evacuer-les-blesses-de-l-usine-azovstal_6126062_3210.html

Citation

Les Ukrainiens victorieux aux Jeux olympiques des sourds, au Brésil

A Caxias do Sul, dans le sud du Brésil, les Ukrainiens remportent une victoire sur le terrain sportif, lors des Jeux olympiques des sourds, qui se terminent dimanche. Deux jours avant la fin des compétions, ils étaient largement en tête du tableau des médailles, avec cent seize podiums, plus du double du total de leurs dauphins américains.

« Ici, nous montrons au monde que nous existons, que nous sommes un pays puissant, indépendant et démocratique », déclare Valeriy Sushkevych, président du Comité paralympique ukrainien, qui explique ces performances remarquables de l’Ukraine dans les sports pour handicapés par un « système en vigueur depuis vingt-cinq ans », avec des écoles spécialisées dans chaque région et des activités sportives pour les enfants dès leur plus jeune âge.

L’Ukraine avait déjà terminé sixième des Jeux paralympiques d’été de Tokyo 2020 et deuxième de ceux d’hiver, à Pékin au début de mars, peu après l’invasion russe. Aux Jeux des déficients auditifs, le pays avait terminé deuxième des trois dernières éditions, derrière la Russie, qui a été exclue au début de mars de toutes les compétitions internationales.

 

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12 hours ago, Arland said:

Un smartphone remanié en profondeur et pas fabriqué l'étranger alors car pour le moment c'est surtout une balise pour le ciblage bien pratique.

Un smartphone en mode avion surtout ...

1 hour ago, Clairon said:

Une nouvelle variété de cerises britanniques :biggrin:

Clairon

Ce sont celles cuites au barbecue :bloblaugh:

Quote

According to the head of the Main Intelligence Directorate of the Ministry of Defense of Ukraine, Kirill Bogdanov, the second half of August will be the decisive period, and by the end of the year the hostilities will be completed.

A priori les russes commencent à préparer tout le monde pour une guerre "durable".

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il y a une heure, Heorl a dit :

[...] les Occidentaux sont à peu près indépendants en termes de production agricole (on gaspille beaucoup mais on peut assez rapidement arranger les choses).

Hmm... Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais attendez-vous à des très fortes augmentations du prix des produits agricoles français dans les 6 prochains mois. Ce ne sera pas uniquement lié à la guerre en Ukraine ou aux phénomènes économiques provoquant l'inflation actuelle, mais bien à des éléments climatiques.

Côté fruitiers, la nouure n'a pas spécialement bien pris dans de nombreuses régions, et on s'attend à des baisses de rendement de l'ordre de 40 à 50% sur les pêches, prunes, cerises et pommes.

Côté maraichage, on entre dans une période critique ces deux prochaines semaines : que les chaleurs débouchent sur des perturbations orageuses, et les cryptogames et autres parasites ravageurs vont sabrer les rendements estivaux.

Enfin, dans certaines régions, les niveaux de nappes phréatiques sont déjà au plus bas et les arrêtés d'interdiction de prélévement sont déjà pris, parfois de manière très extensive. Ainsi, dans les deux sèvres, sur certains bassins, l'interdiction va jusqu'à l'interdiction de l'arrosage des jardins potagers et les prélévements d'irrigation agricole sont limités radicalement (ultime niveau avant leur interdiction totale).

Pour ce qui est des viandes, entre la grippe aviaire qui a touché les couvains et les centres de reproduction de Vendée (50% de la reproduction nationale), et le coût des aliments en hausse vertigineuse (qu'il s'agisse des aliments pour volaille, bovins, porcs, etc.), et un rendement des foins en chute libre ces dernières années... Certaines chambres d'agriculture dénoncent (encore) les accords de prix avec la grande distribution, car les coûts de production pourraient faire plus que doubler.

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33 minutes ago, FATac said:

Hmm... Je ne veux pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais attendez-vous à des très fortes augmentations du prix des produits agricoles français dans les 6 prochains mois. Ce ne sera pas uniquement lié à la guerre en Ukraine ou aux phénomènes économiques provoquant l'inflation actuelle, mais bien à des éléments climatiques.

Côté fruitiers, la nouure n'a pas spécialement bien pris dans de nombreuses régions, et on s'attend à des baisses de rendement de l'ordre de 40 à 50% sur les pêches, prunes, cerises et pommes.

Côté maraichage, on entre dans une période critique ces deux prochaines semaines : que les chaleurs débouchent sur des perturbations orageuses, et les cryptogames et autres parasites ravageurs vont sabrer les rendements estivaux.

Enfin, dans certaines régions, les niveaux de nappes phréatiques sont déjà au plus bas et les arrêtés d'interdiction de prélévement sont déjà pris, parfois de manière très extensive. Ainsi, dans les deux sèvres, sur certains bassins, l'interdiction va jusqu'à l'interdiction de l'arrosage des jardins potagers et les prélévements d'irrigation agricole sont limités radicalement (ultime niveau avant leur interdiction totale).

Pour ce qui est des viandes, entre la grippe aviaire qui a touché les couvains et les centres de reproduction de Vendée (50% de la reproduction nationale), et le coût des aliments en hausse vertigineuse (qu'il s'agisse des aliments pour volaille, bovins, porcs, etc.), et un rendement des foins en chute libre ces dernières années... Certaines chambres d'agriculture dénoncent (encore) les accords de prix avec la grande distribution, car les coûts de production pourraient faire plus que doubler.

Pin vite emigrons en Ukraine

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5 minutes ago, Conan le Barbare said:

Ça fait des décennies qu’on dit partout qu’il faut préparer et adapter l’agriculture au changement climatique et on a l’impression que rien n’a été fait…

Va expliquer au consommateur d'arreter le mais, de manger du mil etc. 

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il y a 51 minutes, Ciders a dit :

Il se plaint d'une vague de russophobie, à un pillage des élites russes (les émigrés ?), qu'ils ont tout fait pour empêcher le conflit et qu'ils font face à une "guerre hybride totale" de la part de l'Occident.

La partie sur la russophobie n'est pas faux, le journal de Arte a signalé que le phénomène monté en Allemagne et en France (notamment l'exemple un restaurant russe et son personnel qui subissaient un harcèlement et menace). Après, il y a eu le même phénomène avec les Chinois et asiatique durant le COVID, les gens aiment se défouler sur les autres.

Mais il est marrant que Lavrov se plaint de la propagande occidentale, alors qu'à ce petit jeu là ils ne sont pas les moins lotis. 

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il y a 5 minutes, Rochambeau a dit :

La partie sur la russophobie n'est pas faux, le journal de Arte a signalé que le phénomène monté en Allemagne et en France (notamment l'exemple un restaurant russe et son personnel qui subissaient un harcèlement et menace). Après, il y a eu le même phénomène avec les Chinois et asiatique durant le COVID, les gens aiment se défouler sur les autres.

Mais il est marrant que Lavrov se plaint de la propagande occidentale, alors qu'à ce petit jeu là ils ne sont pas les moins lotis. 

Disons que dans ce qu'il disait, il sous-entendait que cette russophobie était orchestrée par les dirigeants occidentaux. Alors que ceux qui ont tenté de s'en prendre au resto La Poutine à Paris étaient juste des bas-de-plafond-dedans-leur-caboche.

Mais oui, c'est assez ironique. J'attends désormais une officialisation du fait que la Finlande appartient au camp des nazis.

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Il y a 15 heures, cracou a dit :

Tu mélanges se mettre d'accord sur un standard et perdre en indépendance. Quand on passe au mètre et au kg on devient moins indépendant? Quand on se met d'accord pour dire qu'il en fait pas d'escherechia colli dans le cassoulet, on perd en autonomie? 

D'ailleurs il est rigolo de remarquer que les standard les plus classiques en qualité comme le Mil 105 maintenant dépassé) sont en systèmé métrique... 

 

Il ne confond pas parceque le standard est imposé top down par un seul acteur qui du coup, adossé à un complex militaro industriel gigantesque va se créer des marchés captifs

Si demain, les USA décident que le standard des munitions ALI c'est du 6.5 mm ce n'est ni la France, ni la GB, ni l'Allemagne qui vont pouvoir fournir les équipements des 30 pays concernés

Et on parle juste de munitions d'armes légères. Faut il reparler des régles d'exportation voir d'usage des matériels militaires estampillés property of US government

Tu peux en rediscuter avec les chiliens, les indiens, les sud africains

Pourquoi croie tu que des pays même alliés des USA veulent se créer leur propre industrie de défense à un cout financier exacerbé ? Parceque outre la dépendance technique vient aussi la dépendance politique

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il y a 1 minute, Ciders a dit :

Alors que ceux qui ont tenté de s'en prendre au resto La Poutine à Paris étaient juste des bas-de-plafond-dedans-leur-caboche.

Ce n'était pas La Poutine, mais un restaurant en Allemagne que Arte avait pris comme exemple dans leur reportage. 

 

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il y a 45 minutes, Akhilleus a dit :

Il ne confond pas parceque le standard est imposé top down par un seul acteur

Euhhh... pas du tout, mais alors clairement pas. 

Si tu veux on peut l'illustrer avec les calibres.

La 5,56 OTAN est une modification de la .222 Remington donc la .223) donc on peut dire que c'est US... Sauf que la version OTAN depuis 80 est la 5,56  SS109 qui vient de FN qui est tout sauf américaine. Ce qui existe comme standard n'est PAS "tout le monde fait pareil" mais "on s'accorde sur des références communes pour le vocabulaire, les armements et la logistique".

Tous les pays de l'OTAN se sont accordés sur les calibres (120, 105, 155mm...) pour avoir des munitions inter opérables mais chaque pays a SON système d'arme avec SA technologie (on va pas lister les canons de 155 mais on en a des pelles). Si demain les USA veulent un 6.5.... grand bien leur fasse. Cela a zéro conséquence sur les autres pays. Par contre on s'accordera pour que tout le monde utilise la même munition de 6.5.

Que les USA influencent, c'est assez normal (ils ont souvent payé le développement). Et c'est quoi le problème alors? 

il y a 45 minutes, Akhilleus a dit :

Faut il reparler des régles d'exportation voir d'usage des matériels militaires estampillés property of US government

Tu veux dire les mêmes règles que les Allemands imposent aux autres? 

 

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il y a 34 minutes, cracou a dit :

Euhhh... pas du tout, mais alors clairement pas. 

Si tu veux on peut l'illustrer avec les calibres.

La 5,56 OTAN est une modification de la .222 Remington donc la .223) donc on peut dire que c'est US... Sauf que la version OTAN depuis 80 est la 5,56  SS109 qui vient de FN qui est tout sauf américaine. Ce qui existe comme standard n'est PAS "tout le monde fait pareil" mais "on s'accorde sur des références communes pour le vocabulaire, les armements et la logistique".

Tous les pays de l'OTAN se sont accordés sur les calibres (120, 105, 155mm...) pour avoir des munitions inter opérables mais chaque pays a SON système d'arme avec SA technologie (on va pas lister les canons de 155 mais on en a des pelles). Si demain les USA veulent un 6.5.... grand bien leur fasse. Cela a zéro conséquence sur les autres pays. Par contre on s'accordera pour que tout le monde utilise la même munition de 6.5.

Que les USA influencent, c'est assez normal (ils ont souvent payé le développement). Et c'est quoi le problème alors? 

Tu veux dire les mêmes règles que les Allemands imposent aux autres? 

 

L'exemple des mun de petits calibre est peut être pas le meilleur

Passons à l'autre gamme du spectre : la B61...... D'ou F35

Sinon oui, comme les allemands mais en pire. Au moins les allemands ne peuvent pas neutraliser tes systèmes en te donnant pas les codes ou en te donnant des codes dégradés ou en gardant les entrepots sous séquestre. Les allemands ralent, ils interdisent les exports et réexports mais ca n'a pas empeché la Turquie n'utiliser les ^produits made in Germany. Les chiliens par contre, ils doivent attendre les clés des contractors de Rayethon pour pouvoir voler avec leur Sidewinder bons de guerre

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il y a 2 minutes, Akhilleus a dit :

Les chiliens par contre, ils doivent attendre les clés des contractors de Rayethon pour pouvoir voler avec leur Sidewinder bons de guerre

Et tu utilises les Chiliens pour dire qu'on est soumis dans l'OTAN..... euhhh......

C'est, au hasard, pour ça qu'on a le Meteor.

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il y a 1 minute, cracou a dit :

Et tu utilises les Chiliens pour dire qu'on est soumis dans l'OTAN..... euhhh......

C'est, au hasard, pour ça qu'on a le Meteor.

Si tu veux

Ca vaut pour certaines boites estampillées propriétés de Lockheed Martin sur les F16 au hasard Danois, Neerlandais, Norvégien etc. Elles sont plombées et ouvrable uniquement par les personnels de la boite. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. Ton exemple du Meteor est très bien mais parmi les 30 pays de l'OTAN qui a une industrie de défense autonome ? Y'en a 3,5 (La France, la GB, l'Allemagne et l'Italie au moins sur certain segments)

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il y a 1 minute, Akhilleus a dit :

parmi les 30 pays de l'OTAN qui a une industrie de défense autonome ? Y'en a 3,5 (La France, la GB, l'Allemagne et l'Italie au moins sur certain segments)

Exact. Et pour de bonnes raisons: souvent ces pays l'ont JAMAIS eu d'industrie de défense ou très peu. Après la guerre les USA ont tout financé ou payé ou proposé. Jusqu'en 91 c'est la guerre froide. C'est assez logique.

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Il y a 3 heures, Rochambeau a dit :

La partie sur la russophobie n'est pas faux, le journal de Arte a signalé que le phénomène monté en Allemagne et en France (notamment l'exemple un restaurant russe et son personnel qui subissaient un harcèlement et menace). Après, il y a eu le même phénomène avec les Chinois et asiatique durant le COVID, les gens aiment se défouler sur les autres.

Mais il est marrant que Lavrov se plaint de la propagande occidentale, alors qu'à ce petit jeu là ils ne sont pas les moins lotis. 

Lavrov qui se plaint de la russophobie orchestrée par les dirigeants occidentaux, c'est quand même un peu l'hôpital qui se fout de la charité. 

Vous connaissez Lion Bear, l'histoire de l'ours russe des steppes qui vient chasser les hyènes françaises pour protéger les animaux de la jungle centre africaine ? Dans un reportage arte sur les actions de déstabilisation de la Russie, sachez que ce film est diffusé dans tous les bons cinéma de plein air de brousse. 

Alors pour la campagne de Russophobie, c'est pas bien mais j'ai envie de dire... Schadenfreude 

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Il y a 4 heures, cracou a dit :

Et tu utilises les Chiliens pour dire qu'on est soumis dans l'OTAN..... euhhh......

C'est, au hasard, pour ça qu'on a le Meteor.

C'est plus profond que simplement des équipements (même si le questionnement sur l'interopérabilité future avec les équipements US équipant nombre de membres est plus qu'anecdotique). Le fonctionnement même de ton armée, la structure des EM, la philosophie même de la conflictualité, sont influencées et amenées à un modèle qui vise avant tout à être capable de compléter l'action US... La France passe ainsi d'un contrat opérationnel visant la "capacité d'entrée en premier autonome" à "commander une opération majeure en coalition", avec ce que cela suppose de renoncements capacitaires derrière. Ce n'est pas forcément la fin du monde ni même forcément un mauvais choix en fnction de ce que l'on estime important, mais ce n'est certainement pas le même niveau d'indépendance.

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China looks to learn from Russian failures in Ukraine

La Chine cherche à tirer les leçons des échecs russes en Ukraine

BANGKOK (AP) - Avec ses troupes terrestres contraintes de se retirer en Ukraine et de se regrouper, et son navire amiral de la mer Noire coulé, les échecs militaires de la Russie s'accumulent. Aucun pays n'est plus attentif que la Chine à la façon dont une force plus petite et surpassée en nombre a gravement blessé ce que l'on pensait être l'une des armées les plus puissantes du monde.

La Chine, comme la Russie, a entrepris une réforme ambitieuse de son armée de style soviétique et, selon les experts, le dirigeant Xi Jinping analysera soigneusement les faiblesses révélées par l'invasion de l'Ukraine, car elles pourraient s'appliquer à sa propre Armée populaire de libération et à ses projets concernant l'île autonome de Taïwan.

"La grande question que Xi et les dirigeants de l'APL doivent se poser à la lumière des opérations russes en Ukraine est de savoir si une armée qui a fait l'objet d'une réforme et d'une modernisation approfondies sera capable d'exécuter des opérations beaucoup plus complexes que celles que la Russie a entreprises au cours de son invasion de l'Ukraine", a déclaré M. Taylor Fravel, directeur du programme d'études sur la sécurité au Massachusetts Institute of Technology.

Les forces armées russes font l'objet d'un vaste processus de réforme et d'investissement depuis plus d'une décennie, les leçons tirées des combats en Géorgie, en Tchétchénie, en Syrie et de l'annexion de la Crimée ayant contribué à guider le processus. L'invasion de l'Ukraine a toutefois révélé des faiblesses du haut vers le bas.

Les experts ont été collectivement stupéfaits de constater que la Russie a envahi l'Ukraine avec apparemment peu de préparation et un manque de concentration - une campagne selon des axes multiples et mal coordonnés qui n'a pas réussi à combiner efficacement les opérations aériennes et terrestres.

Les soldats ont manqué de nourriture et les véhicules sont tombés en panne. Les pertes s'accumulant, Moscou a retiré ses forces exsangues de la capitale, Kiev, pour les regrouper. La semaine dernière, le croiseur à missiles guidés Moskva a coulé après que l'Ukraine a déclaré avoir frappé le navire avec des missiles ; la Russie a attribué le naufrage à un incendie à bord.

"Il est très difficile de voir un succès à quelque niveau que ce soit dans la manière dont la Russie a mené sa campagne", a déclaré Euan Graham, chargé de recherche à l'Institut international d'études stratégiques basé à Singapour.

Le président Vladimir Poutine, qui a été étroitement impliqué dans la réforme militaire de la Russie, n'a même pas nommé de commandant général pour l'opération il y a environ une semaine, s'attendant apparemment à une victoire rapide et évaluant très mal la résistance ukrainienne, a déclaré Graham.

"C'est une guerre très personnelle de sa part", a déclaré M. Graham. "Et je pense que le fait de s'attendre à ce que ce soit une promenade de santé est évidemment le plus grand échec individuel".

Les décisions de Poutine soulèvent la question de savoir si on lui a donné des évaluations précises des progrès de la réforme militaire et des capacités ukrainiennes, ou si on lui a simplement dit ce qu'il voulait entendre.

Xi, également un dirigeant autoritaire qui a joué un rôle personnel dans la réforme militaire de la Chine, pourrait maintenant se poser la même question, a déclaré M. Fravel.
"Xi peut aussi se demander s'il reçoit des rapports exacts sur l'efficacité probable de l'APL dans un conflit de haute intensité", a-t-il ajouté.

La Chine n'a pas eu de conflit majeur récent permettant d'évaluer ses prouesses militaires, son dernier engagement significatif remontant à 1979 contre le Vietnam, a déclaré David Chen, consultant principal chez CENTRA Technology, une société de services gouvernementaux basée aux États-Unis.

"Le réveil de la Commission militaire centrale (de la Chine) est qu'il y a plus de facteurs inconnus impliqués dans une telle campagne qu'elle ne l'avait prévu", a déclaré Chen.

"L'expérience de la Russie en Ukraine a montré que ce qui peut sembler plausible sur le papier à l'Académie des sciences militaires ou à l'Université de la défense nationale devient beaucoup plus compliqué dans le monde réel."

Xi, fils d'un commandant révolutionnaire qui a lui-même passé du temps en uniforme, a commencé à entreprendre des réformes militaires en 2015, trois ans après avoir pris la tête de la Commission militaire centrale.

L'effectif total des troupes a été réduit de 300 000 personnes pour atteindre un peu moins de 2 millions, le nombre d'officiers a été réduit d'un tiers et une plus grande importance a été accordée aux sous-officiers pour diriger sur le terrain.

L'armée chinoise a une tradition de respect de l'initiative des soldats de rang inférieur qui remonte à ses origines révolutionnaires, a déclaré Yue Gang, un analyste militaire basé à Pékin. En revanche, les forces russes en Ukraine ont montré des faiblesses lorsque des décisions ont dû être prises sur les lignes de front, a-t-il ajouté.

"Les soldats chinois sont encouragés à faire part de leurs idées et de leurs points de vue lorsqu'ils discutent de la manière de combattre", a ajouté M. Yue.

Les sept districts militaires de la Chine ont été réorganisés en cinq commandements de théâtre, le nombre d'armées de groupe a été réduit et le système logistique a été réorganisé pour renforcer l'efficacité. Le rapport entre les unités de soutien et les unités de combat a été augmenté et l'accent a été mis sur les unités plus mobiles et amphibies.

Xi a également cherché à mettre fin à la corruption rampante dans l'armée, en s'en prenant à deux anciens généraux de haut rang peu après son arrivée au pouvoir. L'un d'eux a été condamné à la prison à vie et l'autre est décédé avant la fin de son procès.

 

L'armée chinoise est très opaque et ne relève pas de la compétence des juges civils et des enquêteurs sur la corruption. Il est donc difficile de savoir dans quelle mesure l'organisation a été exorcisée de pratiques telles que la vente de commissions et de pots-de-vin sur les contrats de défense.

Pour Xi, la mission première de l'armée reste de protéger le Parti communiste au pouvoir, et il a suivi ses prédécesseurs en s'opposant fermement aux efforts visant à faire passer l'armée de sa loyauté ultime à la nation.

La priorité politique de Xi Jinping pourrait signifier que les leçons qu'il tire du conflit ukrainien ne sont pas fondées, selon M. Graham.

"Xi Jinping appliquera toujours une solution politique parce qu'il n'est pas un spécialiste militaire ou un spécialiste économique", a déclaré Graham. "Je pense que les leçons militaires doivent passer par un filtre politique, donc je ne suis pas sûr que la Chine retiendra les leçons qui sont abondantes et exposées aux yeux de tous."

L'objectif déclaré de la réforme militaire chinoise est de "combattre et de gagner des guerres" contre un "ennemi puissant" - un euphémisme largement compris pour désigner les États-Unis.

La Chine a injecté d'énormes sommes d'argent dans de nouveaux équipements, a lancé des exercices d'entraînement plus réalistes avec des scénarios de force contre force, et a cherché à réformer sa doctrine de combat en étudiant les engagements américains en Irak, en Afghanistan et au Kosovo.

Le général David Berger, commandant du corps des Marines des États-Unis, a déclaré lors d'un forum en Australie la semaine dernière que Pékin observerait de près le conflit ukrainien.

"Je ne sais pas quelles leçons ils en tireront, mais ... ils sont déterminés à apprendre, sans aucun doute, parce qu'ils l'ont fait au cours des 15 dernières années", a-t-il déclaré.

M. Berger a insisté sur la nécessité d'établir des coalitions fortes dans le Pacifique afin de contenir les ambitions de la Chine à l'égard de Taïwan.

La Chine revendique Taïwan comme son propre territoire, et le contrôle de l'île est un élément clé de la pensée politique et militaire de Pékin. En octobre, Xi a réitéré que "la réunification de la nation doit être réalisée et le sera définitivement".

La politique de Washington a longtemps consisté à apporter un soutien politique et militaire à Taïwan, sans pour autant promettre explicitement de la défendre contre une attaque chinoise.

À l'instar de l'évaluation de l'Ukraine par Poutine, la Chine de Xi ne semble pas croire que Taïwan tenterait de se battre. Pékin rejette régulièrement la responsabilité de ses problèmes avec l'île sur un petit groupe d'irréductibles partisans de l'indépendance et leurs soutiens américains.

Les médias chinois entièrement contrôlés par l'État, quant à eux, s'appuient sur le récit imaginaire selon lequel Taïwan n'irait pas volontairement se battre contre ce qu'ils décrivent comme leurs compatriotes chinois.

Aujourd'hui, la réaction rapide de nombreuses nations pour imposer des sanctions sévères et coordonnées à la Russie après son attaque contre l'Ukraine, et la volonté de fournir à l'Ukraine des armes de haute technologie pourraient amener Xi à repenser son approche de Taïwan, a déclaré Fravel.

Avec "la réponse rapide des États industrialisés avancés et l'unité dont ils ont fait preuve, Xi sera probablement plus prudent à l'égard de Taïwan et moins enhardi", a-t-il ajouté.

À l'inverse, l'expérience ukrainienne pourrait inciter la Chine à accélérer son calendrier concernant Taïwan en lançant une attaque plus limitée, par exemple en s'emparant d'une île périphérique, afin de tester sa propre armée dans le monde réel, a déclaré M. Chen.

"La voie la plus sensée serait de faire mûrir les institutions et les procédures interarmées de l'APL par des exercices toujours plus rigoureux", a déclaré Chen.

"Mais comme le monde en a été témoin, un dirigeant central ayant une ambition spécifique et un calendrier raccourci peut court-circuiter le processus de manière irréfléchie."

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