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Rochambeau

Histoire militaire du Japon

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Peut être faudrait il débattre également, ici de la guerre d'Imjin, un événement  charnière...

En gros, petite chronologie très rapide et à ma sauce...

- La période mythique qui voit les "japonais" débarquer au Japon en provenance de Corée ou d'Indonésie et mettre en place un gouvernement impérial calqué sur celui de la Chine et dominé par une noblesse de cours. Militairement parlant, c'est le début d'une longue guerre contre les Aïnous,  les indigènes en quelque sorte, qui se réfugient petit à petit au nord du pays.

- Passé l'an mille de calendrier chrétien, la classe guerrière ( les "Bushis") et leur seigneurs prennent le dessus sur la noblesse de cours et imposent une dictature militaire ( le Shogunat ou Bakufu). Mais le pays se morcelle, les principaux seigneurs de guerre se lançant dans une impitoyable rivalité.

- Fin 16 éme siècle, Oda Nobunaga, puis Toyotomi Hideyoshi et enfin Ieyasy Tokugawa réalisent l'unification du pays. Hideyoshi lors de son règne se lance dans une tentative d'invasion de la Corée, c'est la guerre d'Imjin.

- Les Tokugawa succèdent à Hideyoshi, imposent la fermeture du pays et règnent sur ce dernier d'une main de fer.

- Fin 19 éme, reprise en main par l'empereur Meiji et début de l'ère moderne ( industrialisation, ouverture du pays, guerres mondiales, Japon moderne, etc...)

 

Le règne de Hideyoshi et la guerre d'Imjin m'intéressent pas mal, parce que le Japon des samouraïs était alors très différent de l'image qu'on peut en avoir de nos jours. Les japonais eux mêmes avaient une mentalité bien différente de ceux d'aujourd'hui.

Détail particulièrement significatif, Hideyoshi était d'origine très modeste, ce qui ne l'empêcha de devenir maître du pays... impensable quelques décennies plus tard lorsque la dictature très rigide des Tokugawa imposera un système de caste très strict.

On s'est souvent demandé pourquoi le Japon avait réussi à s'industrialiser très rapidement comme l'ont fait les occidentaux, bien que sur le tard. On peut remarquer les points communs entre le régime féodal Japonais et celui d'Europe... ce n'est pas le seul.

On peut aussi remarquer que l'établissement d'une dictature féroce a fait stagner le pays dans son développement pendant 2 siècle et demi alors qu'il avait peut-être en lui toutes les dispositions pour une évolution "à l'occidentale".

Et le basculement se fait justement à la toute fin du 16 éme... la guerre d'Imjin donc, point central de l'Histoire du Japon.

De la même manière que l'expédition de Sicile ruina Athènes, faut il y voir les causes du renferment du Japon sur lui même qui marqua si profondément son histoire et la marque encore dans la mesure ou la société japonaise, dans son esprit et dans ses mœurs reste profondément imprégnée par la période Tokugawa?

Tout bascula t il à cause de cette aventure coloniale à la fin tragique?

 

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Citation

Tout bascula t il à cause de cette aventure coloniale à la fin tragique?

Possible

Le désastre de la campagne de Corée (qui s'est faite en 2 temps) est resté ancré longtemps dans l'inconscient collectif japonais avec des rappels à cet evenement "fondateur" lors des conflits de 1900 et 1920 a cet evenement chez les 2 parties.

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La première invasion de la Corée malgré son échec et même surtout grâce à son échec ! a été quelque chose d'extraordinaire pour le Shogun et le shogunat.

Cette guerre a servi de "déversoir" du surplus de guerriers japonais trop nombreux et qui n'avaient plus d'utilité à la fin des guerre civiles. 

ça a été probablement un élément majeur et pacificateur qui ont présidé à la mise en place de l'ère Edo.

Edited by Shorr kan

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C'est ce qu'on appelle un Déterrage de topic no jutsu,

Le 10/04/2019 à 19:08, Niafron a dit :

- La période mythique qui voit les "japonais" débarquer au Japon en provenance de Corée ou d'Indonésie et mettre en place un gouvernement impérial calqué sur celui de la Chine et dominé par une noblesse de cours. Militairement parlant, c'est le début d'une longue guerre contre les Aïnous,  les indigènes en quelque sorte, qui se réfugient petit à petit au nord du pays.

Tout d'abord d'un point de vue génétique, les origines du japonais moderne et les aïnoues (du Japon) sont vrai semble t-il à la fois d'origine proto-mongoloïde (de type méridional) et mongoloïde. J'en profite au passage pour dire qu'il y a plus de proximité génétique entre les japonais moderne et les aïnoues (du Japon) que de différence, ces derniers ont juste une plus forte présence d'haplogroupe de proto-mongoloïde particulièrement ceux vivant à Hokkaïdo. Toutefois, cela n'en fait pour autant les premiers habitants de l'archipel, on suppose la présence d'homo Erectus mais aucune preuve le démontre pour l'instant, alors que d'Homo sapiens dont sa présence est lui attesté par l'archéologie, enfin bref ... En plusieurs vagues d'immigration les proto-mongoloïde seront les premiers à laisser des traces pérennes, venant selon les plus récente théorie de Sibérie et de l'Asie Orientale et qui ont atteint l'archipel par sa partie septentrionale.(les îles Kouriles et Hokkaïdo) Plus tard d'autres vagues mais cette fois mongoloïde, venant probablement du Sud de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, viennent aussi s'installer sur ces îles en passant par la péninsule coréenne et probablement aussi par le sud par exemple les îles Ryûkyû. On estiment que cette seconde migrations concernent des vagues de moins 1000 individus par an durant un millénaire. A noter qu'on distingue souvent ces deux générations de migrations par des ères de civilisation qui sont les périodes Jômon et la période Yayoi. Mais là encore le sujet fait débat actuellement … si il est vrai que la période Yayoi qui voit l'arrivée de l'agriculture et développement de ville sont souvent vue comme une rupture par rapport à la période Jômon, connu avant tout comme chasseur-cueilleur, or il est plus ou moins attesté que chez les Jômon il y avait la pratique d'une proto-agriculture (sélection des châtaigniers et chênes) et une sédentarisation (des agglomérations avec plus de 300 habitants). Après il ne faut pas croire que la mer qui sépare l'archipel avec le reste du continent, coupe pour autant  les communications et les échanges. (déjà dans la période Jômon, les insulaires étaient en contact avec le continent via le troc et la pêche.)

Pour l'invasion et la sinisation des "japonais" vous faites allusion à la période Kofun, et à la fameuse théorie du "kiba minzoku" ? Il est vrai que le cheval fait son entrée sur l'archipel durant cette période, mais on ne trouve cependant nulle trace d'une invasion.

Si, il y a bien des traces archéologie d'agglomération fortifier et témoignages (chroniqueurs Han) qui parlent bien de trouble sur l'archipel et de chefferies qui s'affrontent,  cela date déjà de la période précédent ... l'ère Yayoi, c'est à dire l'époque antérieur à Kofun.  Selon le témoignage des chroniqueurs chinois de l'époque Han, il y avait déjà des transferts de troupe entre la péninsule et l'archipel, ainsi que des traités d'alliance entre royaumes coréens et chefferies au Japon.

Par contre, il y a bien les débuts d'une unification et la naissance d'une cour durant la période Kofun, et effectivement il y a le témoignage de migrations venant de Corée et de Chine qui introduiront davantage la culture chinoise et technique artisanaux dans cette société. Ajoutons que la sinisation de l'archipel s'étale sur plusieurs siècles, même dans la période ou la culture chinoise domine la pensée (période Heian) de cette partie du monde et bien les japonais vont s'éloigner quelque peu du système chinois.

Le 10/04/2019 à 19:08, Niafron a dit :

- Passé l'an mille de calendrier chrétien, la classe guerrière ( les "Bushis") et leur seigneurs prennent le dessus sur la noblesse de cours et imposent une dictature militaire ( le Shogunat ou Bakufu). Mais le pays se morcelle, les principaux seigneurs de guerre se lançant dans une impitoyable rivalité.

C'est oublier que le Bakufu est la résultant de successive conflits entres dynasties impériales et maisonnée ayant de l'influence dans la cour impériale, les empereurs étaient déjà sous influence de maisonnée plus ou lié à la famille impériale comme notamment les Taira et Minamoto qui descendent de fils et petit fils écartés de la succession. (Il y en a eu bien d'autre auparavant les Soga, Mononobe et bien sur les Fujiwara ) Dans les faits c'est bonnet blanc, blanc bonnet ... car le Bakufu n'est ni plus ni moins que la domination totale d'un clan sur d'autres ce qui était encore le cas durant la période impériale.

Le 10/04/2019 à 19:08, Niafron a dit :

Détail particulièrement significatif, Hideyoshi était d'origine très modeste, ce qui ne l'empêcha de devenir maître du pays... impensable quelques décennies plus tard lorsque la dictature très rigide des Tokugawa imposera un système de caste très strict.

En fait c'est Hideyoshi qui va stratifier solidement la société lorsque il s'accapare du titre de Kanpaku car il ne pouvait être shogun à cause de ses origines paysannes, et il voulait justement empêcher une ascension comme la sienne se reproduire car il voulait fondé sa dynastie. Les Tokugawa vont tant qu'à eu reprendre son idée et ajouter quelques détails, il feront que peu de changement dans les réformes de Hideyoshi.

Le 10/04/2019 à 19:08, Niafron a dit :

On s'est souvent demandé pourquoi le Japon avait réussi à s'industrialiser très rapidement comme l'ont fait les occidentaux, bien que sur le tard. On peut remarquer les points communs entre le régime féodal Japonais et celui d'Europe... ce n'est pas le seul.

On peut aussi remarquer que l'établissement d'une dictature féroce a fait stagner le pays dans son développement pendant 2 siècle et demi alors qu'il avait peut-être en lui toutes les dispositions pour une évolution "à l'occidentale".

A vrai dire la Pax Tokugawa va au contraire développer l'industrialisation et l'économie, on désigne l'époque Tokugawa comme "l'empire des marchands". On verra le développement de la laque, chanvre, colza, canne à sucre, murier, soie et coton avec des régions qui se spécialisent, impliquant une forte hausse de la production agricole. Avec cela le développement d'un artisanat de luxe avec l'apparition d'une mode consumériste et diversification de produit, au demeurant les femmes s'occupent généralement de cette aspect tout particulièrement dans le monde rural. Ajoutons cela la création de "routes nationales" entraine la naissance et l'épanouissement du tourisme. Forcement tout cela implique aussi l'élargissement du secteur commercial ou les guilde de marchands vont peu à peu géré dans des domaines qui n'étaient réservé qu'aux samurai, phénomène surtout visible à Osaka qu'on surnomme à cette époque "la cuisine de l'empire".

Ce qui fait que lorsque le Japon qui est obligé d'ouvrir ses ports au XIXème siècle, le pays possède déjà un marché national, industrie et un commerce.

Le 10/04/2019 à 19:08, Niafron a dit :

Et le basculement se fait justement à la toute fin du 16 éme... la guerre d'Imjin donc, point central de l'Histoire du Japon.

La guerre d'Imjin n'aura que peu d'incidence sur la société japonaise, elle voit seulement l'affaiblissement de Hideyoshi et faciliter la prise de pouvoir des Tokugawa. La victoire de Ieyasu à Sekigahara est bien plus manquant pour le Japon car elle met fin définitivement à l'ére Sengoku Jidaï , et le début de la stabilité politique de l'archipel

Il semble bien que c'est l'expansion coloniale européenne qui va initier bien plus tard l'isolationnisme japonais, il faut en outre se rappeler que la Chine et la Corée de la même époque ont aussi fermé leur pays. La Chine ferme ces port aux japonais à cause des pirates wako (pirates originaire généralement du Japon),  il semble même que les fermeture des ports chinois qui vont pousser les japonais à envahir la Corée parce que Hideyoshi voulait pousser l'empereur chinois à revenir sur cette décision. Tandis que la Corée  ferme son pays à cause de l'invasion Jürchen (après celui des japonais), devenant ainsi le Royaume-Ermite.

Le 12/04/2019 à 11:17, Shorr kan a dit :

La première invasion de la Corée malgré son échec et même surtout grâce à son échec ! a été quelque chose d'extraordinaire pour le Shogun et le shogunat

A vrai dire Hideyoshi n'est pas shogun mais kanpaku, il se fait appeler Taïko.

Si il est vrai que votre remarque fait partie des nombreuses théories pour expliquer l'invasion de la Corée, néanmoins on privilégie aujourd'hui la thèse économique et la tension entre le Japon et la Chine. A cette époque le seul moyen pour le Japon de faire du commerce avec la Chine était de passer par les portugais et hollandais, situation que Hideyoshi voulait remédier.

Edited by Rochambeau
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Le Japon dans la première guerre mondiale :

https://encyclopedia.1914-1918-online.net/article/warfare_1914-1918_japan

Il n'y a pas qu'en Europe où la première guerre mondiale plante le décor de la deuxième. Les Japonais saisissent les îles allemandes du Pacifique, autant de pierres dans le jardin américain :

Déjà en 1907, la politique de défense impériale du Japon avait identifié les États-Unis comme l'adversaire le plus probable de la marine japonaise. En 1912, les planificateurs américains, pour leur part, avaient prévu une attaque japonaise contre les bases américaines aux Philippines, avec un engagement naval ultérieur dans le Pacifique[5] Dans un tel scénario, le contrôle des îles du Pacifique Sud le long de la route maritime entre les bases militaires américaines aux Philippines et Guam revêtait une grande importance stratégique, surtout après l'ouverture du canal de Panama, le 15 août 1914, lorsque les inquiétudes des Japonais au sujet de leur domination dans le Pacifique ont augmenté.

Contrairement au siège de Qingdao, la campagne des îles du Pacifique Sud avait été courte, avec très peu de publicité et aucune victime. Plus important encore, et encore une fois en contraste frappant avec Qingdao, l'importance stratégique de l'occupation était énorme. Maintenant, une marine japonaise numériquement inférieure était en mesure d'intercepter et d'affaiblir la flotte américaine déjà en route vers les Philippines avant de s'engager dans une bataille finale décisive. À la fin de 1914, le deuxième escadron des mers du Sud a été converti en Force de défense provisoire des îles des mers du Sud. Avec la création d'une telle unité, la marine japonaise a non seulement affirmé le contrôle japonais de la région, mais elle a également renforcé sa proposition d'une nouvelle " avancée vers le sud " dans un avenir proche.

Les Japonais s'illustrent dans le ciel français :

Shigeno Kiyotake (1882-1924), un noble japonais et pianiste accompli, rejoint le corps d'aviation français en décembre 1914[9] Avec deux abattages confirmés et six non confirmés d'avions allemands, Shigeno rejoint la ligue exclusive des as du vol français et reçoit l'Ordre national de la Légion d'honneur, la décoration française la plus haute. Kobayashi Shukunosuke (1892-1918) a reçu son brevet de pilote, la licence de pilote française, en décembre 1916. Il mourut au combat lors de l'offensive du printemps 1918 et reçut la Croix de Guerre à titre posthume[10] Un certain nombre de pilotes volontaires japonais jouèrent également un rôle important dans le transfert de la stratégie aérienne et de la technologie aéronautique au Japon. Isobe Onokichi (1877-1957) est un autre pilote très décoré, cité pour " ses qualités militaires exemplaires dans l'escadron en démontrant son agressivité au combat "[11] Dès son retour au Japon, Isobe publie le livre Sora no tatakai (La guerre dans les airs), où il souligne l'importance nationale des forces aériennes et de la défense aérienne civile. Ishibashi Katsunami (1893-1923) a utilisé ses connaissances de la conception d'avions français pour construire des avions de course au Japon, tandis que Moro Goroku (1889-1964) s'est lancé dans une carrière distinguée comme ingénieur aéronautique chez Kawasaki.

et sur la Méditerranée :

Les croiseurs et destroyers japonais patrouillaient ainsi les principales routes maritimes reliant Alexandrie, Marseille, Tarente en Italie et Thessalonique, qui étaient vitales pour le transport des troupes et des fournitures. La marine japonaise a joué un rôle crucial dans l'une des missions de sauvetage les plus spectaculaires de la Première Guerre mondiale. Le 4 mai 1917, le navire de troupes Transylvania fut touché par une torpille allemande. Avec l'aide des destroyers Matsu et Sakaki, environ 3 000 des quelque 3 300 personnes à bord ont été sauvées.

Edited by Wallaby
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