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Intéressant ce parc à thème. De notre point de vue cela peut paraître de mauvais goût, sujet de moquerie... J'me demande tout de même comment les Russes le vivent. Peut être que ce passé est si lourd qu'ils ont besoin de le distancier, ainsi, par le jeu. Simple hypothèse. Il y a plusieurs manière de surmonter une tragédie.

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il y a 16 minutes, Surjoueur a dit :

Intéressant ce parc à thème. De notre point de vue cela peut paraître de mauvais goût, sujet de moquerie... J'me demande tout de même comment les Russes le vivent. Peut être que ce passé est si lourd qu'ils ont besoin de le distancier, ainsi, par le jeu. Simple hypothèse. Il y a plusieurs manière de surmonter une tragédie.

C'est une hypothèse, mais je ne suis pas convaincu parce que le temps passé a déjà très largement distancié ces événements - le lien concret avec ces traumatismes est très distendu voire inexistant. Les plus jeunes de ceux qui combattirent dans la Grande guerre patriotique pour repousser et vaincre le Troisième Reich ont plus de 90 ans. Mon beau-père, qui petit enfant a été témoin d'une scène traumatisante, en a 80.

Je pense plutôt qu'il est agréable - un peu trop agréable - de se mettre dans le beau rôle et s'imaginer sans aucun risque dans la peau du héros. Plus qu'un peu infantile, aussi. Sans parler du respect et de la décence envers les morts.

Je ne pense pas que les vrais combattants, ou les civils qui ont réellement subi et souffert de l'impitoyable occupation allemande de l'Union soviétique, auraient eu plaisir à jouer à la guéguerre au sujet d'événements qui étaient pour eux mortellement sérieux.

La principale raison pour laquelle ce parc existe à mon sens, c'est pour utiliser les souvenirs de la grande guerre patriotique - et la fascination assez naturelle envers les armes - pour présenter encore davantage le président Poutine et le régime qu'il a établi comme l'indispensable garant de la sécurité d'un pays sous pression d'ennemis fourbes et haineux - mais qu'on vaincra facilement allez, venez voir comme c'est facile de prendre le Reichstag m1helmet.gif !

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J'y ai pensé après coup mais dans ce cas on pourrait le rapprocher du parc du "Puy du fou", toutes proportions gardées, dans le genre "Histoire guerrière mis en spectacle". Cela ne me choque pas a priori. Après je ne connais pas le parc. Qui l'a fait ? Pour quelle raison ? C'est peut être, aussi, voire avant tout, du business.

Dégainer direct la propagande russe est trop souvent employé pour que je ne me méfie pas de cet argument...

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Il y a 17 heures, Surjoueur a dit :

Intéressant ce parc à thème. De notre point de vue cela peut paraître de mauvais goût, sujet de moquerie... J'me demande tout de même comment les Russes le vivent. Peut être que ce passé est si lourd qu'ils ont besoin de le distancier, ainsi, par le jeu. Simple hypothèse. Il y a plusieurs manière de surmonter une tragédie.

 

Pour moi, c’est d’abord un parc d’attraction, et ensuite une façon de réaffirmer que c’est l’Union Soviétique et donc la Russie qui a mis fin au Troisième Reich en reprenant Berlin.

 

Des défouloirs, du Puy du Fou déjà cité en passant par tous les spectacles de cowboys et indiens ou les reconstitutions de la Bataille de Waterloo, ce n’est en rien un besoin de se distancier, c’est du jeu tout simplement.

 

Je ne vais pas entrer dans le détail des raisons mais l’homme - l’enfant ! - joue à la guerre , à la base. Et pour ceux qui jouent aujourd’hui, en GN, dans un parc d’attraction ou sur jeux vidéos, la réflexion sur la tragédie derrière l’évènement joué passe très loin au second plan, voire n’est plus du tout pris en considération.

En clair, tout le monde s’en fiche, sauf quelques anciens et les amateurs de ces périodes-là de l’histoire. Une tragédie, l’homme fait son maximum pour l’oublier et la laisser derrière au plus vite, et ce d’autant plus facilement qu’il n’en a pas été témoin ou victime directe. (Et ça s’explique aussi parfaitement).

 

Pour ses concepteurs, c’est d’abord et avant tout un business. Et si l’État y est partie-prenante (idée de départ ou subventions), alors ça devient un support à l’histoire, via un autre moyen de la transmettre (réécrite ou non d’ailleurs, ça importe peu).

Edited by TarpTent
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Le 07/12/2017 à 18:02, rogue0 a dit :

Un billet (a vérifier) sur l'usage des mercenaires pour avancer les intérêts russes.

https://www.thecipherbrief.com/wolf-mercenary-clothing-russia-private-contractors-gray-zone-tool#.WhtuX3KWOf0.twitter

Tout comme les PMC américaines, mais avec d'autres limitations d'emploi (pas les droits de l'homme).

A confirmer par les experts du coin, c'est une nouvelle source.


Les SR ukrainiens (SBU, pas toujours très fiable), ont récemment affirmé que plus 1000 mercenaires russes avaient été déployés via des vols militaires de l'armée russe depuis 2018 (Soudan, afrique centrale, et maintenant le Vénézuela)

En gros, que c'était des déploiements en mode "déni plausible", mais approuvés et soutenus par le gouvernement russe. (so shocking! :dry:)

https://ssu.gov.ua/ua/news/1/category/2/view/5632#.F3IZKEGC.dpbs

Bellingcat a croisé les infos avec ses bases de données pirates (passeport russe + registre des passagers), et confirme une partie des allégations.

En particulier, ils ont trouvé que 7 "mercenaires Wagner" avaient obtenu leur passeport via un bureau spécial des passeports militaires, celui qui a fourni les passeports des agents du GRU de l'affaire Skripal "Petrov" et "Boshirov"(Central Migration Office Unit 770-001 (“Unit 770001”), et qu'ils faisaient des voyages régulier entre Moscou et Molkino, le camp d'entraînement Wagner.

https://www.bellingcat.com/news/uk-and-europe/2019/01/30/wagner-mercenaries-with-gru-issued-passports-validating-sbus-allegation/

Edited by rogue0
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il y a une heure, rogue0 a dit :

Les SR ukrainiens (SBU, pas toujours très fiable), ont récemment affirmé que plus 1000 mercenaires russes avaient été déployés via des vols militaires de l'armée russe depuis 2018 (Soudan, afrique centrale, et maintenant le Vénézuela)

En gros, que c'était des déploiements en mode "déni plausible", mais approuvés et soutenus par le gouvernement russe. (so shocking! :dry:)

473px-Erik_Prince.jpg

Nooon ? J'en suis tout estomaqué. Un pays qui utilise des mercenaires comme appoint de chair à canon et pour ses basses œuvres, c'est tellement choquant

(Eric Prince, fondateur de Blackwater, renommé Academi)

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il y a une heure, rogue0 a dit :

 

En particulier, ils ont trouvé que 7 "mercenaires Wagner" avaient obtenu leur passeport via un bureau spécial des passeports militaires, celui qui a fourni les passeports des agents du GRU de l'affaire Skripal "Petrov" et "Boshirov"(Central Migration Office Unit 770-001 (“Unit 770001”), et qu'ils faisaient des voyages régulier entre Moscou et Molkino, le camp d'entraînement Wagner.

Pour l'anecdote, c'est ce même bureau qui a délivré le passeport russe de notre Gérard ex-national, puisqu'il gère les passeports des migrants en Russie et nationalisés, et ensuite au cas par cas des agent du GRU.

Edited by penaratahiti

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https://www.eurotopics.net/fr/214436/un-manuel-scolaire-juge-antipatriotique (6 & 7 février 2019)

Un manuel scolaire d'économie utilisé depuis plus de 20 ans dans les lycées russes vient d'être mis à l'index par le ministère de l'Education. Son auteur a été prié d'appliquer à son ouvrage un vernis plus patriotique. Le ministère a indiqué que les critiques de décisions du gouvernement étaient déplacées et qu'il fallait approuver la politique économique actuelle. Les chroniqueurs condamnent une incursion de l'Etat dans des domaines qui ne sont pas de son ressort.

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Kuzio, Taras. "Russian and Ukrainian elites: A comparative study of different identities and alternative transitions." publié en 2018 dans Communist and Post-Communist Studies.

Résumé et extraits :

Révélation

Résumé

La détérioration des relations russo-ukrainiennes s'est accentuée en 2014, mais elle n'a pas commencé à ce moment-là et a des racines encore plus profondes. Les deux présidents russes ont eu des relations difficiles avec les cinq présidents ukrainiens, qu'ils aient été qualifiés de "nationalistes" ou de "pro-russes". Cet article est le premier à expliquer pourquoi les origines de la crise sont plus profondes et il le fait en examinant trois domaines. La première, ce sont les différentes sources d'élite en 1991, lorsque la Russie indépendante s'est emparée des institutions soviétiques et a entrepris l'édification d'un État par le sommet alors que l'Ukraine a moins hérité et mis les pieds dans le développement étatique par la base. La seconde est la divergence entre les identités nationales russe et ukrainienne. La troisième est le résultat de différentes transitions, avec le retour de la Russie au nationalisme impérial de grande puissance et le post-colonialisme de l'Ukraine.

P. 2

Dans la seconde moitié des années 1980, l'accession à l'indépendance de l'Ukraine a été le fruit d'une alliance entre les communistes nationaux, l'intelligentsia culturelle et les nationalistes civiques de Rukh (abréviation du Mouvement populaire ukrainien pour la restructuration). La Russie et l'Ukraine sont devenues des Etats indépendants avec des héritages soviétiques très différents et les politiques adoptées par leurs élites ont conduit à des trajectoires différentes. La droite nationaliste a toujours été faible et est restée impopulaire en Ukraine indépendante alors qu'elle a été populaire sous différentes formes en Russie. En Ukraine, les partis politiques nationalistes d'extrême droite n'ont jamais réussi à remporter de sièges aux élections et leurs candidats à la présidence n'ont jamais eu la possibilité d'obtenir de nombreux votes (encore moins la participation au second tour). Ce n'est qu'à une seule occasion qu'un parti nationaliste est entré au parlement en 2012, lorsque le parti Svoboda (Liberté) (Wikipedia) a remporté dix pour cent des voix. C'est que les étoiles étaient alignées ; les Ukrainiens ont voté pour Svoboda en signe de protestation contre Ianoukovitch. En 2014, au plus fort de la guerre, les partis nationalistes n'ont pas réussi à entrer au parlement ukrainien. Depuis 2014, il y a eu une progression du patriotisme, et non du nationalisme ethnique, avec des sondages d'opinion montrant une attitude très négative des Ukrainiens envers les dirigeants russes, mais pas envers le peuple russe.

P. 4

Le national communisme (Britannica) ne possède pas de tradition en Russie, où une petite circonscription libérale pro-occidentale est éclipsée par une tradition beaucoup plus large de xénophobie anti-occidentale. L'absence d'institutions républicaines russes et la fusion des identités soviétique et russe signifiaient que les communistes nationaux ne disposaient d'aucun cadre institutionnel leur permettant de défendre la souveraineté russe face au centre soviétique et qu'il n'était donc pas nécessaire de le faire, car le soviétique était le même que le russe. En Biélorussie, la domination d'une identité soviétique (qui n'était forte qu'en Ukraine dans les Donbass et en Crimée) a également limité l'influence du national communisme. 
Le nationalisme en Russie est passé à deux reprises de la marginalité au cœur de la politique du vivant de Poutine, la première fois en Union soviétique dans les années 1960-1970 et la seconde en 2000. Charles Clover écrit que " l'émergence d'un mouvement d'opposition nationaliste virulent a pris le courant dominant en otage " dans les années 2000.

P. 5

L'eurasianisme est imprégné de xénophobie anti-occidentale qui prétend que les valeurs russes sont supérieures aux valeurs européennes, rejette les modèles politiques occidentaux, embrasse l'héritage mongolo-tataro-eurasien et donne une nouvelle vision du monde et une identité post-soviétique aux siloviki (forces de sécurité) russes. Douguine " planterait la graine de la théorie de l'extrême droite européenne sur le terrain fertile de la nomenklatura militaire russe, privée de son statut et de ses privilèges, et là elle a commencé à germer " [issu de Clover, Charles. Black wind, white snow: The rise of Russia's new Nationalism. Yale University Press, 2016, NDLR]. Les siloviki, enflammés par l'eurasianisme et la xénophobie anti-occidentale, étaient furieux des bombardements de l'OTAN sur la Serbie et du fait que la Russie ne soit pas considérée comme une grande puissance, car ils étaient convaincus que l'Ouest fomentait dans son entourage une révolution de couleur. Comme on l'a vu dans le scandale entourant l'attaque de Novitchok contre Sergei Skripal en Grande-Bretagne, le GRU (renseignement militaire russe) a la conviction qu'il est toujours en guerre avec l'Ouest et que la Guerre froide ne s'est pas terminée en 1991. 

 

Les pays d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud avaient entrepris, à différentes époques, l'édification de l'État et de la nation ainsi que la transition vers la démocratisation et la marchandisation. En Europe méridionale et en Amérique latine, les transitions vers la démocratie dans les années 1970 et 1980 ont eu lieu bien après qu'ils soient devenus des États indépendants et des nations érigées. Dans certains cas, comme en Espagne, la politique nationale a été réorganisée pendant la transition démocratique pour s'adapter à un pays multinational. Au Royaume-Uni, la dévolution à l'Écosse et au Pays de Galles s'est accompagnée d'une plus grande souplesse dans la compréhension de l'identité britannique. 
Les priorités de l'Ukraine dans la première moitié des années 1990 sous la présidence de Leonid Kravtchouk étaient l'édification de l'État et de la nation, avec peu d'attention consacrée aux réformes économiques qui n'ont commencé qu'après l'élection de Koutchma en 1994. Une comparaison des politiques ukrainiennes et russes en matière de construction de l'État et de la nation montre des approches différentes. A partir de 1991, l'Ukraine a dû se doter de la plupart des institutions nécessaires à un Etat indépendant, alors que la Russie en a hérité de l'URSS. La Russie n'a pas seulement hérité de bâtiments, d'équipements et de personnel, elle a aussi hérité de mentalités, de cultures du travail et de visions du monde. Depuis 2000, cela s'est manifesté dans la domination de la politique, du gouvernement et de l'économie par les siloviki et un pays qui est une militocratie. Une militocratie s'accompagne de la xénophobie anti-occidentale et du nationalisme du grand pouvoir impérial russe de l'ère soviétique, du KGB et de l'armée. Bien que l'Ukraine soit en guerre depuis 2014, les siloviki n'ont pas d'influence sur la politique et le gouvernement ukrainiens et l'Ukraine ne deviendra jamais une militocratie. 
Depuis 1991, l'Ukraine et la Russie ont entrepris des politiques de construction nationale différentes qui avaient déjà conduit à une divergence dans leurs identités nationales avant la crise de 2014. L'Ukraine a toujours été un fervent défenseur de l'intégrité territoriale des États postcommunistes. La Russie a toujours été une puissance révisionniste cherchant à réduire la souveraineté des États voisins, promouvant la guerre hybride en Moldavie, en Géorgie et en Azerbaïdjan dans les années 1990, soutenant le séparatisme en Crimée vers la fin des années 90 et en 2014 son annexion et la guerre hybride dans les Donbass. Les deux chambres du parlement russe ont soutenu les revendications territoriales sur la Crimée et Sébastopol tout au long des années 1990 sous Eltsine.

P. 9

Bien que l'Ukraine ait encore de nombreuses réformes à entreprendre, cela ne doit pas nous empêcher de constater les progrès réels qui ont été réalisés depuis la révolution euromaïdan de 2014. Depuis la désintégration de l'URSS en 1991, aucune autre période de l'histoire ukrainienne n'a connu autant de réformes en un laps de temps aussi court. Les gouvernements d'Euromaïdan ont transformé un pays en faillite dont ils ont hérité en un pays où l'européanisation entraîne de profonds changements structurels. 
Cinq facteurs doivent être pris en compte lors de l'analyse des réformes en Ukraine. Tout d'abord, on critique le président Petro Porochenko parce qu'il a tort de dire que l'Ukraine est une république présidentielle, ce qui n'est pas le cas. En Ukraine, le gouvernement est contrôlé par le parlement et non pas comme le président le suppose souvent à tort. Les réformes dépendent de la collaboration du président Porochenko, du parlement et du gouvernement et du partage de la responsabilité de leurs progrès. C'est très différent des cinq années de chamailleries incessantes qui ont suivi la Révolution orange. Depuis près d'un quart de siècle, le gouvernement américain est le principal bailleur de fonds occidental de la réforme parlementaire en Ukraine dans le cadre du Programme de développement parlementaire (PDP) et depuis 2013, de la RADA (Assemblée démocratique responsable et responsable). L'UE n'a commencé à soutenir les réformes parlementaires qu'au printemps 2016. 
En février 2016, la mission d'évaluation des besoins du Parlement européen dirigée par Pat Cox a publié une feuille de route de 52 recommandations pour la réforme du parlement ukrainien. Le mois suivant, le Parlement ukrainien a adopté une résolution spéciale visant à mettre en œuvre les recommandations dans lesquelles il est reconnu que "l'évolution irréversible de l'Ukraine vers l'intégration européenne" est "guidée par les dispositions de l'accord d'association". 
Deuxièmement, l'Ukraine a mis en place un certain nombre d'institutions clés pour lutter contre la corruption et consolider l'État de droit. La corruption dans les marchés publics et le secteur de l'énergie, toujours élevée, a été considérablement réduite grâce à l'introduction d'un système en ligne ProZorro pour les marchés publics, " la plate-forme la plus transparente du monde pour les dépenses publiques ". La compagnie gazière d'État Naftohaz Ukrainy (Wikipedia), qui était traditionnellement utilisée comme une vache à lait par les présidents et qui consommait jusqu'à quatre pour cent du PIB en subventions, est maintenant le principal contributeur au budget de l'État. On estime que les économies découlant de la fermeture des voies de corruption peuvent atteindre 6 milliards de dollars par an [d'après l'Institute for Economic Research and Policy Consulting, 2018, lire en ligne, NDLR].

P. 10

Les régimes fascistes et nationalistes doivent et prospèrent en cherchant des ennemis nationaux et étrangers. Poutine a plongé la Russie dans trois guerres et a provoqué la pire crise dans les relations avec l'Occident depuis la Seconde Guerre mondiale. Les ennemis internes de la Russie de Poutine sont notamment une opposition interne " traîtresse " à la solde des services de renseignement occidentaux et des séparatistes tchétchènes. À l'extérieur, le croque-mitaine traditionnel d'une perfide promotion de la démocratie par l'Occident "russophobe", les États-Unis et l'UE, l'"Ukraine fasciste" et le terrorisme islamique sont les cibles. L'Ukraine est particulièrement touchée par la guerre de l'information qui a fait de l'Ukraine le deuxième pays le plus touché par la guerre de l'information après les États-Unis et que les Russes considèrent comme une " principale menace " pour leur pays. 78% des Russes considèrent les Etats-Unis comme hostiles à la Russie, 49% considèrent l'Ukraine comme un pays hôte et 38% le Royaume-Uni.

L'article

 

Edited by Baba1
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Arrestation à Moscou de 6 dirigeants* de Baring Vostok Capital Partners,  un gros fonds d'investissement basé en Russie (il avait notamment financé le moteur de recherche russe Yandex).
(* dont le fondateur américain Michael Calvey et Philippe Delpal, 1 banquier français).

Cette arrestation a créé des chocs dans le milieu des affaires russes.

C'étaient tous des vétérans des affaires russes (installés depuis 25 ans!), avaient de bonnes relations avec tous (ils avaient rencontré Poutine, et avaient embauché un certain cosmonaute Alexeï Leonov ), avec une réputation d'honnêteté (même Tass le dit : des officiels de la chambre de commerce russe se portaient garant d'eux ... et d'ailleurs, la banque centrale russe aurait organisé une réunion de médiation ...)

La cause de leur arrestation ?
Une dispute commerciale de 40M$ ** avec une autre société russe ... qui eux avaient des "relations" au sein du gouvernement russe (et les SR).
Il a "suffit" à Serzod Yusupov, de porter plainte auprès du FSB pour mettre en prison leurs adversaires.

(** Pour info : le fonds pesait 3.7G$ ...)
PS: Alexei Leonov a quitté la Russie juste après l'éclatement de cette affaire, "officiellement pour raison de santé" (mais après l'affaire Magnitsky, c'est plus prudent...)

Sources:

Révélation

édito de Leonid Bershidsky chez Bloomberg : le plus détaillé, mais pas tendre avec le pouvoir russe
https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2019-02-18/arrest-of-baring-vostok-s-michael-calvey-is-a-message-from-russia

article de Tass (média étatique), qui parle malgré tout de l'inquiétude des milieux d'affaire, et de la réputation des accusés:
http://tass.com/economy/1045426
https://www.themoscowtimes.com/2019/02/20/the-latest-on-us-investor-calveys-detention-russia-on-fraud-charges

(Note: je n'ai pas perdu mon temps à fact checker la couverture de RT/Sputnik)

en français
site spécialisé sur la Russie, d'habitude assez positif sur la russie
https://www.lecourrierderussie.com/economie/2019/02/affaire-baring-vostok-br-le-mauvais-signal/

(paywall)
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/20/en-russie-une-arrestation-qui-inquiete-les-milieux-d-affaires_5425714_3234.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/02/19/20002-20190219ARTFIG00235-emoi-autour-de-l-arrestation-d-un-banquier-francais-

 

 

Edited by rogue0
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Ça va donc se régler assez vite. Surtout si Poutine devait mettre le hola - il ne s'agirait pas de se mettre à dos des gens prêts à investir en Russie pour une ridicule affaire de factions internes au FSB ou l'establishment russe. Mais ça laissera sans doute des traces. A voir dans les prochaines semaines si des gens devaient mourir ou démissionner subitement, ce qui donnera un bon aperçu de la direction du vent.

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C'est fait, Poutine a réagi en faveurs des détenus mais pas sur que fasse bouger les choses 

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/02/20/20002-20190220ARTFIG00285-quand-poutine-soutient-les-entrepreneurs-en-detention-preventive.php

Poutine demande aux forces de sécurité de «limiter strictement les motifs de prolongation à répétition des durées de détention». «Les entreprises honnêtes ne doivent pas se sentir constamment menacées, constamment risquer des sanctions pénales ou administratives...

Selon le dernier bilan du conseiller des PME auprès du Kremlin, Boris Titov, 5200 chefs d'entreprise seraient aujourd'hui en détention préventive en Russie.

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Je ne suis pas sûr où le mettre - OTAN, Europe, Dissuasion ? - mais Russie semble le plus pertinent.

Lors de son discours à l'assemblée fédérale le 20 février, le président russe a indiqué que si les Etats-Unis après leur sortie du traité FNI cette année décident de déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire en Europe - supposant bien sûr qu'au moins un pays européen accepte de les accueillir - alors la Russie répliquera par de nouveaux déploiements visant non seulement le pays européen hôte, mais aussi les Etats-Unis eux-mêmes.

Citation

Comment évaluons-nous la situation dans ce contexte ? Je l'ai déjà dit et je tiens à le répéter : la Russie n'a pas l'intention - c'est très important, je le répète exprès - de déployer de tels missiles en Europe la première. S'ils sont réellement construits et livrés sur le continent européen, et les États-Unis ont des plans à cet égard, du moins nous n'en avons pas entendu parler autrement, cela aggravera considérablement la situation internationale en matière de sécurité et constituera une menace sérieuse pour la Russie, car certains de ces missiles peuvent atteindre Moscou en seulement 10 à 12 minutes. C'est une menace très sérieuse pour nous. Dans ce cas, nous serons forcés, je tiens à le souligner, nous serons forcés de répondre par des actions miroir ou asymétriques. Qu'est-ce que cela signifie ?

Je le dis directement et ouvertement maintenant, pour que personne ne puisse nous blâmer plus tard, pour que tout le monde sache à l'avance ce qui se dit ici. La Russie sera forcée de créer et de déployer des armes qui pourront être utilisées non seulement dans les zones qui nous menacent directement, mais aussi dans celles qui contiennent des centres de décision pour les systèmes de missiles qui nous menacent.

Qu'est-ce qui est important à cet égard ? Il y a de nouvelles informations. Ces armes correspondront pleinement aux menaces dirigées contre la Russie dans leurs spécifications techniques, y compris les temps de vol vers ces centres de décision.

Nous savons comment le faire et nous mettrons en œuvre ces plans immédiatement, dès que les menaces qui pèsent sur nous deviendront réelles. Je ne pense pas que nous ayons besoin d'une nouvelle exacerbation irresponsable de la situation internationale actuelle. Nous ne voulons pas cela.

(traduction par DeepL.com)

 

Il faut essayer de décoder, parce qu'évidemment la Russie a déjà des missiles capables d'atteindre les Etats-Unis, ça s'appelle la dissuasion nucléaire :happy: ! De nouveaux missiles ne pourraient changer quelque chose que s'ils avaient des temps de vol nettement plus réduits, comparables aux "10 à 12 minutes" pour atteindre Moscou avec un missile à portée intermédiaire depuis le continent européen. Et c'est exactement ce qui est annoncé.

Résumant les différents passages soulignés plus haut, le discours de Vladimir Poutine revient à :

"Si les Etats-Unis déploient sur le continent européen des missiles capables d'atteindre Moscou en 10 à 12 minutes, alors la Russie déploiera des missiles capables d'atteindre Washington en 10 à 12 minutes, et nous savons déjà comment"

Naturellement, on peut imaginer qu'il s'agisse d'un bluff. Mais franchement je ne parierais pas dessus. Si ce n'est pas un bluff, plusieurs points :

- Les armes "hypersoniques" dont Poutine fait si grand cas - Avangard, Kinjal etc. - ne peuvent atteindre Washington en 10 ou même 12 minutes depuis le territoire russe. En fait, c'est quelque chose d'impossible avec quelque arme existante que ce soit... même un missile balistique intercontinental

- Une première interprétation serait de faire le lien avec le missile Tsirkon, dont Poutine a aussi parlé

Citation

Autre innovation prometteuse, en cours de développement comme prévu, Tsirkon, un missile hypersonique qui peut atteindre des vitesses d'environ Mach 9 et frapper une cible à plus de 1 000 km sous l'eau et au sol. Il peut être lancé à partir de l'eau, de bâtiments de surface et de sous-marins, y compris ceux qui ont été conçus et construits pour transporter des missiles de haute précision Kalibr, ce qui signifie qu'il n'entraîne aucun coût supplémentaire pour nous.

Il serait possible à la Russie de stationner en permanence un SNA - par exemple un 971 Shchuka-B, ou même un 885 Yasen plus récent - dans l'Atlantique ouest, à moins de 1000 km de Washington, avec 10 à 20 armes nucléaires. Bien sûr, il faudrait y consacrer 3 ou 4 bâtiments se relayant pour en avoir toujours un disponible à 7 ou 8 minutes de temps de vol de la capitale américaine, mais la Russie a une dizaine de Shchuka-B actifs et en modernisation ainsi que sept Yasen actifs ou en cours de construction. Rien d'impossible.

- Il y a une autre interprétation... exotique... plus politiquement brûlante car beaucoup plus visible qu'un sous-marin du côté des Bermudes : le Venezuela

Eh oui, si Maduro survit à la lutte actuelle contre l'équipe Trump / Guaido, il aura grand besoin d'un soutien continu voire renforcé de la part de quelque partenaire décidé. Les options sont Russie et Chine, mais Pékin généralement prudent préférera sans doute s'en tenir à un partenariat économique. Pour la dimension militaire, Moscou est la seule qui pourrait proposer un soutien. Si Poutine décide en ce sens... Maduro lui mangera dans la main, et n'aura pas grand chose à lui refuser.

Evidemment, refabriquer quelques RSD-10 Pionnier (alias : SS-20) et les déployer près de Caracas serait compris à Washington comme une provocation maximale. Mais Poutine pourrait calculer que ce soit justement le meilleur moyen d' "obtenir toute l'attention" des Etats-Unis, pour ensuite éventuellement négocier un nouveau traité de désarmement.

 

Bon, la meilleure option là où nous en sommes rendus c'est bien sûr qu'aucun pays européen n'accepte d'accueillir des missiles américains à portée intermédiaire sur son territoire. Le gouvernement allemand l'a déjà dit pour ce qui le concerne.

Mouais, et s'agissant des Centre-Européens Pologne et autres, la probabilité est :unsure: ?

Edited by Alexis
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Mais déjà la Russie peut être touché en une dizaine de minutes avec un Ohio du côté de la Norvège avec ses 20 (a moins que l'on remonte jusqu'à 24) Trident II.

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il y a une heure, Alexis a dit :

Je l'ai déjà dit et je tiens à le répéter : la Russie n'a pas l'intention - c'est très important, je le répète exprès - de déployer de tels missiles en Europe la première. S'ils sont réellement construits et livrés sur le continent européen, et les États-Unis ont des plans à cet égard, du moins nous n'en avons pas entendu parler autrement, cela aggravera considérablement la situation internationale en matière de sécurité et constituera une menace sérieuse pour la Russie, car certains de ces missiles peuvent atteindre Moscou en seulement 10 à 12 minutes.

Le problème de tout ça ce n'est pas le déploiement en Europe: avec un train on peut redéployer des missiles de la Russie centrale en Russie européenne dans la journée, et avec un C-17 on peut en amener depuis les US en Europe dans le même délai. Le problème c'est la construction de tels missiles, et là Poutine a joué l'escale en développant un missile de croisière terrestre longue portée (d'après l'Occident).

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La Pologne et sûrement l'Ukraine (candidate Otan) seront sûrement ravies d'avoir chez elles des armes nuc contre la Russie, cela se fera de manière bilatérale avec les States malgré toutes les protestations des autres membres Otan.

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Si l'Ukraine a envie que les "séparatistes" s'emparent des missiles nucléaires américains et les balancent ensuite sur Kiev, pourquoi pas, ça me paraît être une très bonne idée, très judicieuse.

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Je n'avais pas pensé à ce genre de conséquences possibles mais les ricains garderont eux-mêmes leurs têtes nuc (enfin sûrement j'espère)

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Bonjour

http://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=9124

Un possible accord pour faire transiter le gaz iranien vers l'Arménie, en passant par la Géorgie. Encore faut-il l'accord de la Géorgie, mais cela risque de fâcher les Russes (en concurrencent Gazprom) et les états unis (sanction à l'égard de l'Iran).

La Russie ou/et les états-unis peuvent-ils bloquer le commerce de gaz entre l'Iran et la Géorgie, ou tout au moins le rendre difficile à réaliser ?

Sachant que Gazprom possède 80 % du marché gazier d'Arménie. Peut-elle partager le cadeau du gaz avec l'Iran ?

Mais plus globalement quelles seront les conséquences d'un nouveau transit de gaz de l'Iran vers l'Arménie ? Pour La Russie, l'Iran et l'Arménie ? 

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Han. Ce serait sale. Pour les Géorgiens surtout, dont le nouveau pouvoir lorgne publiquement sur l'UE et l'OTAN.

Après, faut voir les quantités transportées et surtout... ils le vendraient à qui ce gaz ?

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Le 04/03/2019 à 15:37, Bastion a dit :

Bonjour

http://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=9124

Un possible accord pour faire transiter le gaz iranien vers l'Arménie, en passant par la Géorgie. Encore faut-il l'accord de la Géorgie, mais cela risque de fâcher les Russes (en concurrencent Gazprom) et les états unis (sanction à l'égard de l'Iran).

La Russie ou/et les états-unis peuvent-ils bloquer le commerce de gaz entre l'Iran et la Géorgie, ou tout au moins le rendre difficile à réaliser ?

Sachant que Gazprom possède 80 % du marché gazier d'Arménie. Peut-elle partager le cadeau du gaz avec l'Iran ?

Mais plus globalement quelles seront les conséquences d'un nouveau transit de gaz de l'Iran vers l'Arménie ? Pour La Russie, l'Iran et l'Arménie ? 

Tu veux dire à travers l'Arménie vers la Géorgie. A voir si l'Arménie obtient l'accord des russes et si les géorgiens peuvent se passer de l'accord des tazus. Plus probablement une façon pour les arméniens de forcer Gazprom à maintenir des prix pas trop élevé.

Edited by nemo

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La Géorgie est l'obligée des US et l'Arménie est dépendante de la Russie face à l'Azerbaïdjan soutenue par la Turquie... L'équation paraît insoluble. 

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Un gazoduc Qatar-Iran-Arménie-Géorgie franchissant ensuite la mer Noire pour finir en Bulgarie ou en Roumanie serait une bonne idée de projet UE.

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