Marechal_UE

[Union Européenne] nos projets, son futur

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https://www.lefigaro.fr/flash-actu/un-journaliste-s-introduit-dans-une-videoconference-confidentielle-de-l-ue-20201121

Selon la chaîne privée RTL Nieuws, le journaliste, Daniel Verlaan, s'est introduit dans une réunion sécurisée des ministres de la Défense de l'UE après avoir découvert un identifiant et une partie d'un code confidentiel sur l'image montrant la ministre néerlandaise de la Défense Ank Bijleveld travaillant à distance. Mme Bijleveld, qui est soumise à une quarantaine, travaille à son domicile. Des documents se trouvant sur son bureau étaient visibles sur cette image, selon la chaine.

Le journaliste a découvert cinq des six chiffres du code secret et peu après a réussi à accéder à la réunion, a indiqué RTL. Les images montrent le journaliste souriant, en T-shirt noir, agitant les mains en direction des ministres. «Vous savez que vous faites irruption dans une conférence secrète ?», s'offusque alors le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell.

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On 11/20/2020 at 12:23 AM, nemo said:

On peut faire l'un sans l'autre mais en ce qui concerne faire les choix qui détermine de quel genre d'économie on veut tu peux pas te passer de politique.

L'un des problèmes est qu'il n'y a pas vraiment de "on" au niveau européen au-delà des élites dirigeantes, politiques et, dans une certaine mesure, économiques (il n'y a pas de peuple européen: y'en a 27). Un autre est qu'on ne peut faire l'un sans l'autre (du moins l'un sans trop de l'autre) que jusqu'à un certain niveau (loin derrière nous désormais), au-delà duquel on commence à toucher aux choses vraiment "intimes" et nationales (encore aujourd'hui les seules communautés ayant une "vraie" existence démocratique, culturelle, et surtout une viable), qui suscitent des oppositions croissantes et viscérales à mesure que plus est demandé (par une autorité plus technocratique que démocratique), qu'on peut trop souvent aisément et abusivement présenter comme irrationnelles, voire néfastes. Et la justification sera une définition du "bien" qui convient mieux à certains endroits qu'à d'autres. 

Quote

C'est d'ailleurs le problème actuellement les choix nous ont été imposés "gravé dans le marbre" et serait "au de là de la démocratie"

J'aime bien l'expression "au-delà de la démocratie": outre le côté orwellien, elle évoque bien le fonctionnement d'un machin de la taille de l'UE, qui renvoie à la conception selon laquelle à chaque fois qu'on ajoute un échelon de gouvernance, on diminue la nature démocratique de celle-ci. 

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16 minutes ago, Wallaby said:

«Vous savez que vous faites irruption dans une conférence secrète ?», s'offusque alors le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell.

S'offusque est un grand mot, surtout quand on voit que Borrell est clairement amusé par l'incident.

 

8 minutes ago, Tancrède said:

J'aime bien l'expression "au-delà de la démocratie": outre le côté orwellien, elle évoque bien le fonctionnement d'un machin de la taille de l'UE, qui renvoie à la conception selon laquelle à chaque fois qu'on ajoute un échelon de gouvernance, on diminue la nature démocratique de celle-ci. 

Elle reflète pourtant des éléments fondamentaux du droit: les états ne peuvent, même avec l'argument d'un référendum, décider unilatéralement des traités. C'est quelque chose qu'on trouve par ailleurs à tous les niveaux: une Région française ne peuvent s'opposer à la Constitution ou au droit français, même en brandissant un référendum régional en ce sens.

Pacta sunt servanda: les accords doivent être respectés. C'est quelque chose qu'on trouve par ailleurs aussi en droit français, avec par exemple l'Article 1103 du Code Civil français: "Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits."

Ainsi, un état ne peut, même avec l'appui d'un référendum, unilatéralement décider de ne plus respecter l'Article 2 de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne (abolition de la peine de mort). Si il veut ce faire, il doit proposer et obtenir la modification des traités avec l'accord des autres membres ou alors quitter l'Union purement et simplement.

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5 hours ago, mehari said:

S'offusque est un grand mot, surtout quand on voit que Borrell est clairement amusé par l'incident.

 

Elle reflète pourtant des éléments fondamentaux du droit: les états ne peuvent, même avec l'argument d'un référendum, décider unilatéralement des traités. C'est quelque chose qu'on trouve par ailleurs à tous les niveaux: une Région française ne peuvent s'opposer à la Constitution ou au droit français, même en brandissant un référendum régional en ce sens.

Pacta sunt servanda: les accords doivent être respectés. C'est quelque chose qu'on trouve par ailleurs aussi en droit français, avec par exemple l'Article 1103 du Code Civil français: "Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits."

Ainsi, un état ne peut, même avec l'appui d'un référendum, unilatéralement décider de ne plus respecter l'Article 2 de la Charte des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne (abolition de la peine de mort). Si il veut ce faire, il doit proposer et obtenir la modification des traités avec l'accord des autres membres ou alors quitter l'Union purement et simplement.

Le principe est bel et bon, mais quand le mandat lui-même est changé, qu'on rajoute des items sous le label "droits fondamentaux", que l'interprétation/la jurisprudence en change, que des définitions en changent ou que mille et une autres manières de contourner les termes du contrat sont, plus administrativement que démocratiquement, employées (sans compter une certaine instrumentalisation sociétale/médiatique pour créer de la pression par certaines zones contre d'autres), il y a aussi des raisons de moufter. En l'occurrence, la question migratoire est vraiment l'objet politique qui donne à des gens comme Orban l'arme pour se maintenir et faire passer les autres items problématiques (soudain rétrogradés en importance aux yeux de son opinion et d'autres) de sa gouvernance. 

Edited by Tancrède
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il y a 31 minutes, Tancrède a dit :

Le principe est bel et bon, mais quand le mandat lui-même est changé, qu'on rajoute des items sous le label "droits fondamentaux", que l'interprétation/la jurisprudence en change, que des définitions en changent ou que mille et une autres manière de contourner les termes du contrat sont, plus administrativement que démocratiquement, employées (sans compter une certaine instrumentalisation sociétale/médiatique pour créer de la pression par certaines zones contre d'autres), il y a aussi des raisons de moufter. En l'occurrence, la question migratoire est vraiment l'objet politique qui donne à des gens comme Orban l'arme pour se maintenir et faire passer les autres items problématiques (soudain rétrogradés en importance aux yeux de son opinion et d'autres) de sa gouvernance. 

 

Voilà une brillante description d'un arène politique nationale d'une démocratie occidentale... :rolleyes:

 

 

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3 minutes ago, Chronos said:

 

Voilà une brillante description d'un arène politique nationale d'une démocratie occidentale... :rolleyes:

 

 

Essentiellement une description de la façon dont on peut légalement, ou au moins "dans les formes", se torcher le cul avec un document légal et ce qu'il est censé vouloir dire, quand on a le pouvoir/l'avantage politique. C'est vrai à tout échelon de gouvernance. Différence quand on parle de traités et de l'échelon supranational: la légitimité (vs la légalité), surtout celle fondée sur la démocratie et la souveraineté nationale qui en découle. Tricher à ce niveau devient une autre paire de gants, parce que les peuples (et leurs perceptions, leurs préférences, leurs biais....) existent et ont une réalité très imparfaitement circonscrite dans les textes de lois et représentée dans les institutions. L'échelon de l'UE n'a pas cette assise autrement que, de manière très indirecte et souvent fort peu démocratique, dans des textes de lois qui ont bien moins de cette légitimité, raison pour laquelle l'acceptation de cet échelon de gouvernance n'a rien d'aussi évident. 

Ou l'on se rend compte, d'autant plus facilement qu'on grimpe dans les échelons et que la distance (électorale, comptes à rendre, distances physiques même), de la fragilité et de l'artificialité de notions telles que la loi. Faut vraiment revoir le contrat fondamental à la baisse ou trouver un Charlemagne/Napoléon qui se laissera pas marcher sur les pieds et se torchera le cul avec les "droits" des peuples à disposer d'eux-mêmes (saloperies de paysans avec des idées de grandeur, non mais!). 

 

 

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Le 15/10/2020 à 23:25, Boule75 a dit :

Ca sent juste à plein nez la foirade sur toute la ligne et le piedsnickelésisme.

J'ai deux spécialistes en ligne :happy:

Révélation

cef75c6032884c5ad140cc553b265056.jpg

Nous on est des touristes suisses, c'est tout !

 

Le 19/11/2020 à 20:56, Desty-N a dit :

Pour le moment, je pense qu'il s'agit surtout d'une manœuvre dans le cadre des négociations diplomatiques. Une manière de rappeler à la Pologne et à la Hongrie que s'ils ne veulent pas des conditions du plan de relance, et bien on se passera d'eux. Vu leur besoin de fonds européens, la menace pourrait faire son petit effet.
Churchill disait "plutôt mourir debout que vivre à genoux." Mais il faut de sacrées tripes pour mettre en œuvre ce genre de grands principes ...:sleep:

Le plan de relance pourrait peut-être être adopté dans un format intergouvernemental. Mais pas le budget européen des sept prochaines années.

Là, il faudra l'accord de Varsovie et de Budapest.

Je n'ai guère de doute qu'un accord sera trouvé. Et il y aura un mécanisme conditionnant le maintien des aides au respect de l'Etat de droit, aucun doute là-dessus. L'Europe libérale et le camp du Bien l'emporteront, ça ne fait pas un pli. Du moins en apparence.

La question, ce sera les petits caractères :smile:

Ce n'est qu'en examinant les "petits caractères" qu'il sera possible de déterminer si ce mécanisme salutaire, ce pas en avant dans la gouvernance éclairée et la propagation de la Vertu à partir de son centre bruxellois, est effectif et réel.

Ou s'il ne reste que le panneau de décor d'un village Potemkine, parce que le mécanisme aura été vidé de sa force ou transformé en dispositif consensuel du type "Bon la Shoah il n'en faut plus" sous la pression d'une Pologne et d'une Hongrie qui ne s'en laissent pas compter.

C'est que les réfractaires à la Vertu, ça peut être coriace, attention. Le Diable est un vrai saligaud, je vous le dis :happy: !

 

Il y a 1 heure, Tancrède a dit :

des oppositions croissantes et viscérales à mesure que plus est demandé (par une autorité plus technocratique que démocratique), qu'on peut trop souvent aisément et abusivement présenter comme irrationnelles, voire néfastes. Et la justification sera une définition du "bien" qui convient mieux à certains endroits qu'à d'autres.

Oui. Ou bien il y a la solution proposée par Bertold Brecht

Ne serait-il pas
Plus simple alors pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d'en élire un autre ?

C'est vrai, ça. Ne pourrait-on pas élire un autre peuple polonais et un autre peuple hongrois :huh: ?

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il y a 17 minutes, Alexis a dit :

Je n'ai guère de doute qu'un accord sera trouvé. Et il y aura un mécanisme conditionnant le maintien des aides au respect de l'Etat de droit, aucun doute là-dessus. L'Europe libérale et le camp du Bien l'emporteront, ça ne fait pas un pli. Du moins en apparence.

La question, ce sera les petits caractères :smile:

Ce n'est qu'en examinant les "petits caractères" qu'il sera possible de déterminer si ce mécanisme salutaire, ce pas en avant dans la gouvernance éclairée et la propagation de la Vertu à partir de son centre bruxellois, est effectif et réel.

Ou s'il ne reste que le panneau de décor d'un village Potemkine, parce que le mécanisme aura été vidé de sa force ou transformé en dispositif consensuel du type "Bon la Shoah il n'en faut plus" sous la pression d'une Pologne et d'une Hongrie qui ne s'en laissent pas compter.

C'est que les réfractaires à la Vertu, ça peut être coriace, attention. Le Diable est un vrai saligaud, je vous le dis :happy: !

Je dirais plutôt qu'il faudra voir dans les faits comment le mécanisme s'appliquera. Parce que outre le côté morale et vertueux, il y a le côté rapport de force. Les pays qui se drapent le plus dans leur vertu, les "frugaux", ils ont une petite différence avec les réfractaires: ils sont prêt à leur prêter de l'argent pour les aider à relancer leur économie.
Si les seconds n'en veulent pas, s'ils préfèrent tabler sur leur ténacité, je crois que Amsterdam ou Berlin pourront très bien se passer de les assister. Il reste à voir si la réciproque est vrai. ( https://www.lefigaro.fr/international/la-hongrie-et-la-pologne-peuvent-elles-se-passer-du-plan-de-relance-europeen-20201119 )
Quand tu vas demander de l'argent à ton banquier, si tu trouves ses conditions ou ses taux d'intérêt trop élevés, personne ne t'oblige à les accepter. Sauf si tu es déjà dans la panade bien sûr... :happy:

Pour en revenir eux petits caractères, il suffit de lire quelques uns des posts récents de de @Tancrède @mehari ou @Chronos pour voir que la force d'une loi ou d'un règlement est toute relative. Dans les années 2000 quand Chirac et Schröder ont décidé de ne pas tenir compte du pacte de stabilité et de creuser leurs déficits au delà de 3%, personne n'a moufté.

Et au delà des grands moulinets que la Pologne et la Hongrie effectuent en ce moment, il faut se souvenir qu'ils ont plié quand la justice européenne leur a donné tort. Par exemple quand Budapest s'en prenait à l’université d’Europe centrale fondée par George Soros https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/influence-hongrie-la-cour-de-justice-de-lunion-europeenne-casse-la-loi-contre  Grand diseux, petit faiseux :rolleyes:

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il y a 7 minutes, kalligator a dit :

Alexis c est qui tes deux touristes suisses ?

C'est HS. Incidemment ils s'en sont finalement bien sortis.

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Le 21/11/2020 à 16:53, Desty-N a dit :

Parce que outre le côté morale et vertueux, il y a le côté rapport de force. Les pays qui se drapent le plus dans leur vertu, les "frugaux", ils ont une petite différence avec les réfractaires: ils sont prêt à leur prêter de l'argent pour les aider à relancer leur économie.
Si les seconds n'en veulent pas, s'ils préfèrent tabler sur leur ténacité, je crois que Amsterdam ou Berlin pourront très bien se passer de les assister. Il reste à voir si la réciproque est vrai. ( https://www.lefigaro.fr/international/la-hongrie-et-la-pologne-peuvent-elles-se-passer-du-plan-de-relance-europeen-20201119 )
Quand tu vas demander de l'argent à ton banquier, si tu trouves ses conditions ou ses taux d'intérêt trop élevés, personne ne t'oblige à les accepter. Sauf si tu es déjà dans la panade bien sûr... :happy:

Grace au compte tweeter de @collabblues , j'ai vu cette vidéo qui résume bien les choses selon moi : 

Je ne suis pas d'accord avec tout, mais ils parlent de rapport de force, ils font allusion à la deuxième vague du COVID qui semblent faire de jolis dégâts à Budapest ou Varsovie et ils rappellent que les sommes en jeu représentent presque 5% du PIB hongrois (:blink:). Personnellement, je ne suis pas certain qu'il suffira de changer 3 mots pour que ça passe, mais clairement, si la Pologne ou la Hongrie ne veulent pas des conditions du plan de relance, il faudra qu'ils assument des conséquences non négligeables pour leurs économies.

 

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LIVRE :  "Comment peut-on être européen ?"   de Jean-Marc Ferry      Calmann-Lévy, 268 p., 19,50 €

Titulaire de la chaire de philosophie de l’Europe à l’université de Nantes, le philosophe Jean-Marc Ferry est l’ un des meilleurs penseurs de la construction européenne. Conjuguant hauteur de vue philosophique et sens politique, il analyse ici la crise de l’Europe : échec de l’union monétaire, compétition entre États, affrontement stérile entre souverainisme et fédéralisme, subversion du public par le privé… En réponse, il propose de développer un socle social européen reposant, entre autres, sur un revenu de base universel. Politiquement, il plaide pour la co-souveraineté. Sur le plan philosophique, il voit l’Europe comme « une identité ouverte » : « Plus encore : elle est l’identité dont le principe consiste à s’ouvrir aux autres identités. »             Un ouvrage essentiel pour tous les europhiles.

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https://hungarianspectrum.org/2020/11/20/who-will-resolve-the-current-eu-crisis-merkel-or-orban/

Hier, comme je l'ai noté, j'ai lu dans les Aachener Nachrichten que le plan de Merkel est d'assouplir la Pologne et d'isoler la Hongrie. Aujourd'hui, j'ai lu la même chose dans l'Augsburger-Allgemeine et Die Welt. Dans ce dernier, Tobias Kaiser et Christoph B. Schiltz ont écrit un long article sur "Orbán, qui devient de plus en plus audacieux". Ils semblent savoir que "Merkel est l'un des rares politiciens de l'UE qui entretient une relation relativement bonne avec l'homme fort de la Pologne, le leader du PiS Kaczyński." Merkel essaie maintenant de faire changer d'avis la Pologne et d'isoler la Hongrie.

Apparemment, c'est compromis, car la Pologne et la Hongrie affichent au contraire leur solidarité :

https://www.gov.pl/web/eu/joint-declaration-of-the-prime-minister-of-poland-and-the-prime-minister-of-hungary

Le texte suivant est le texte officiel de la déclaration conjointe des Premiers ministres de Hongrie et de Pologne du 26 novembre

En ce qui concerne le paquet financier CFP/Prochaine génération de l'UE, y compris le projet de règlement relatif à un régime général de conditionnalité pour la protection du budget de l'Union, nous avons convenu des principes et objectifs suivants que nous allons poursuivre au cours des négociations au sein de l'Union européenne :

1. Nous sommes attachés à nos valeurs communes telles qu'elles sont consacrées par l'article 2 du traité sur l'Union européenne. Nous rappelons que la procédure de protection de ces valeurs est prévue par l'article 7 du traité. Nous nous fondons sur la légalité et défendons donc le statu quo tel qu'il figure dans les traités.

2. Nous recherchons des solutions qui mettent les ressources financières nécessaires à la disposition de tous les Etats membres dans les meilleurs délais.

3. La situation actuelle qui empêche la conclusion rapide du processus législatif est créée par ceux qui ont établi un lien entre l'État de droit et le budget de l'UE. Notre position est claire depuis le début des négociations qui ont débuté avec la proposition de la Commission en 2018. On savait que ce lien risquait de bloquer le processus d'approbation du CFP/du paquet financier de l'UE pour la prochaine génération.

4. Le résultat des négociations entre la présidence du Conseil et le Parlement européen n'est pas conforme à l'accord conclu entre les chefs d'État et de gouvernement lors du Conseil européen de juillet.

5. Notre objectif est d'empêcher un mécanisme qui ne renforcerait pas, mais saperait l'État de droit au sein de l'Union en le dégradant en un instrument politique. La conditionnalité proposée contourne le traité, applique des définitions vagues et des termes ambigus sans critères clairs sur lesquels les sanctions peuvent être fondées et ne contient aucune garantie procédurale significative.

6. Nos pays ont agi et continuent d'agir sur la base d'une coopération et d'une solidarité loyales. Nous restons prêts à contribuer à la recherche d'une solution à la situation actuelle. Nous maintenons qu'elle nécessite une modification substantielle du mécanisme actuellement proposé.

Notre proposition commune est de faciliter l'adoption rapide du paquet financier en établissant un processus à deux voies. D'une part, limiter la portée de toute conditionnalité budgétaire supplémentaire à la protection des intérêts financiers de l'Union, conformément aux conclusions du Conseil européen de juillet. D'autre part, discuter au sein du Conseil européen de l'opportunité d'établir un lien entre l'État de droit et les intérêts financiers de l'Union. S'il en est ainsi décidé, les procédures appropriées prévues par les traités, y compris la convocation d'une conférence intergouvernementale, devraient être envisagées afin de négocier la modification nécessaire des traités.

Nous avons décidé d'aligner nos positions sur ces questions. Ni la Pologne, ni la Hongrie n'accepteront une proposition qui serait jugée inacceptable par l'autre.

Edited by Wallaby
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https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2020-3-page-9.htm (automne 2020)

L’Europe, par-delà le COVID-19 [La kauvide, dixit le secrétaire perpétuel de l'Académie Française]

Clément Beaune est secrétaire d’État chargé des Affaires européennes.

La passion européenne de l’élargissement

Cette passion tient d’abord au fait que l’élargissement entraîne l’élargissement, car chaque nouveau venu a sa propre zone de voisinage et d’influence, qu’il considère comme la nouvelle frontière à surmonter ; chaque pays souhaite éviter d’être aux marches de l’empire.

Conçue comme un projet de réconciliation interne, l’Europe politique doit se doter aujourd’hui de quatre attributs indispensables à toute communauté politique qui dure et s’affirme : des frontières, des institutions adaptées, un agenda de puissance et un sentiment d’appartenance.

Tournée vers sa reconstruction politique et économique, délimitée de fait par la guerre froide, l’Europe n’a jamais eu à affronter la question des frontières. Trois éléments ont rendu la question incontournable : la taille déjà atteinte et la lourdeur induite de son fonctionnement ; les tensions croissantes avec la Turquie ; la crise migratoire, qui a montré que la gestion des frontières ne pouvait être une compétence anecdotique de l’Union.

Définir des frontières, ce n’est pas fermer une société, mais organiser son rapport au monde : c’est précisément cela dont les Européens ont besoin. Pour l’UE, c’est aussi la condition d’une politique étrangère solide, qui se distingue d’une politique d’élargissement. Il est ainsi important de dire, comme l’a fait le président de la République à la Sorbonne, que l’élargissement aux Balkans occidentaux est une étape ultime : l’extension de l’Union doit s’y arrêter.

 [ ?? Traité après traité, déclaration après déclaration - entre autre remise du prix Charlemagne 2014 à Herman van Rompuy en présence d'Arseni Iatseniouk -, l'Europe a célébré "l'aspiration" de l'Ukraine à devenir membre de l'UE]

L’inconnue principale de cette équation frontalière porte bien entendu sur le Royaume-Uni. La négociation de la relation future, actuellement bloquée, démontre d’abord la pertinence des paramètres évoqués : l’impossibilité de penser notre voisinage en simples termes d’élargissement (puisque le Royaume-Uni « dés-élargit » l’Europe…), et la nécessité de partenariats ad hoc. Elle soulève plus encore la question fondamentale de la frontière : dans une communauté politique, l’intérieur et l’extérieur ne sont pas identiques. Aussi la France défend-elle avec une fermeté, non punitive mais vitale, que le Royaume-Uni ne puisse obtenir le meilleur des deux mondes – le libre accès à notre marché sans le respect complet de nos règles.

[Divers]

Son atout principal demeure son marché intérieur, le plus grand marché ouvert du monde, fort de 450 millions de personnes. [ ?? Le marché chinois, c'est 1,4 milliards d'habitants. Idem pour le marché indien]

Un défi de puissance souvent ignoré, ou dédaigné, concerne la démographie. À l’horizon 2050, l’UE serait le seul bloc régional à voir sa population décliner par rapport à aujourd’hui. [La population chinoise devrait commencer à décliner en 2029. Le Japon décline depuis 2007]

Nous avons encore l’industrie la plus avancée du monde dans le domaine spatial. [??] Pourtant, lorsque les Chinois et les Américains évoquent une nouvelle conquête spatiale, les Européens ne l’osent pas ; nous devrions proclamer que le premier homme sur Mars sera européen.

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Le 26/11/2020 à 16:10, Bechar06 a dit :

« Plus encore : elle est l’identité dont le principe consiste à s’ouvrir aux autres identités. »         

Donc un peu l'auberge espagnole.

Ca va être dur de créer un sentiment d'appartenance européen si on a une "culture" ouverte à tous les vents et à toutes les influences, sans grande définition précise que des "valeurs humanistes" un peu fourre-tout. En fait, son identité européenne c'est la société multiculturelle façon Justin Trudeau. C'est juste du communautarisme déguisé en société, le "liant" social étant l'aspect financier (revenu universel, allocations diverses et variées...). 

Ca ne va pas aller bien loin. En fait, ce modèle est déjà en échec. 

 

Edited by Kiriyama

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il y a 50 minutes, Kiriyama a dit :

un peu l'auberge espagnole.

Au moins elle est "espagnole" ( donc européenne ) ton auberge  ! Pas facile de susciter / Valoriser un sentiment d'appartenance commune,  à partir d'histoires diverses, mais néanmoins de voisins, et de cultures diverses bien que fondées il y a qq millénaires à partir de bases très proches ... Monde grec, monde romain,  monde germanique, racines judéo-chrétiennes... Europe ouverte du moyen-âge, etc ...        ! 

LA CULTURE est un bon moyen... Mais, dans la commission,  il manque une visibilité et des initiatives visibles au commissaire européen qui en est chargé parmi plusieurs domaines : ""Innovation, recherche, culture, éducation et jeunesse" ... Qui connait Mariya Gabriel ??    D'ailleurs la subsidiarité  ( qui connait ce principe ?? )  signifie qu'une culture européenne ne va pas à l'encontre de cultures diversifiées, diversité qui fait  la richesse de l'Europe 

Je constate, à mon petit niveau, que la chaîne TV ARTE poursuit son bonhomme de chemin, depuis presque 30 ans,  cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Arte  avec une audience + forte ( 2,5 % ) en France qu'en Allemagne ( 1,1 % ) , mais pas en d'autres langues sinon sous-titrées ( Depuis 2015, la chaîne propose une sélection de programmes en ligne sous-titrés en anglais, espagnol, polonais et italien. Cette initiative est cofinancée par l’Union européenne pour favoriser la distribution multilingue de contenus audiovisuels de qualité

Avec Erasmus, un succès simple mais vrai  ( cf. le film "L'auberge espagnole" et ses 2 suivants ) ! 

A l'école, à côté de la "Liberté d'expression" ( et des caricatures ) , on ferait bien d'ouvrir la conscience européenne des gamins ! 

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Le 26/11/2020 à 16:10, Bechar06 a dit :

LIVRE :  "Comment peut-on être européen ?"   de Jean-Marc Ferry      Calmann-Lévy, 268 p., 19,50 €

Titulaire de la chaire de philosophie de l’Europe à l’université de Nantes, le philosophe Jean-Marc Ferry est l’ un des meilleurs penseurs de la construction européenne. Conjuguant hauteur de vue philosophique et sens politique, il analyse ici la crise de l’Europe : échec de l’union monétaire, compétition entre États, affrontement stérile entre souverainisme et fédéralisme, subversion du public par le privé… En réponse, il propose de développer un socle social européen reposant, entre autres, sur un revenu de base universel. Politiquement, il plaide pour la co-souveraineté. Sur le plan philosophique, il voit l’Europe comme « une identité ouverte » : « Plus encore : elle est l’identité dont le principe consiste à s’ouvrir aux autres identités. »             Un ouvrage essentiel pour tous les europhiles.

On peut rapprocher cela des idées émises par Rémi Brague dans son livre "Europe, la voie Romaine" (1993). Il explique que Rome n'a pas vraiment de culture propre. Les Romains allaient en Grèce chercher des philosophes et des médecins, ou en Orient pour récupérer des dieux et des religions. Les Romains ont fait leur marché dans tout le bassin méditerranéen, faisant feu de tout bois.

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Attention quand même à ces analogies entre l'époque actuelle et ce qui s'est fait il y a plusieurs siècles. Personnellement j'ai un doute sur le fait que cela soit vraiment transférable tant les époques et problématiques sont différentes. 

Citation

Politiquement, il plaide pour la co-souveraineté.

En soi, c'est déjà un oxymore. 

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Il y a 2 heures, Wallaby a dit :

"Europe, la voie Romaine" (1993). Il explique que Rome n'a pas vraiment de culture propre. Les Romains allaient en Grèce chercher des philosophes et des médecins, ou en Orient pour récupérer des dieux et des religions.

Ce fut la force de cet empire : se situer au dessus des singularités locales et des tribus  ou peuples existants, en les "fédérant"  .. Ce qu'on appellerait aujourd'hui Subsidiarité ....  Par contre il y avait un pouvoir central fort pour l'intégration du grand  tout ... L'Europe UE n'est pas un Empire ! 

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Il y a 2 heures, Bechar06 a dit :

Ce fut la force de cet empire : se situer au dessus des singularités locales et des tribus  ou peuples existants, en les "fédérant"  .. Ce qu'on appellerait aujourd'hui Subsidiarité ....  Par contre il y avait un pouvoir central fort pour l'intégration du grand  tout ... L'Europe UE n'est pas un Empire ! 

Tu veux dire régler les problèmes locaux le sabre au clair?

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La Pologne disposée à lever son veto si l'Union justifie le lien avec l'Etat de droit  

Citation

 (...)(Reuters) - Varsovie pourrait lever le veto (...) sur le budget (...) si les dirigeants de l'Union approuvaient une déclaration justifiant le lien (...) entre le déblocage de fonds (...)et les sanctions  (...), a déclaré jeudi le vice-Premier ministre polonais Jaroslaw Gowin.

(...), Jaroslaw Gowin a dit que son pays avait pris conscience des risques qu'impliquaient le veto opposé au projet de budget pluriannuel de 1.100 milliards d'euros et au plan de relance de 750 milliards.

"Nous réalisons tous qu'avec un veto, il y aura un budget provisoire qui, (...), ne serait pas bon pour nous", a-t-il expliqué.  (...)

"La déclaration explicative, préparée par la Commission, devra être approuvée par les dirigeants. Elle devra clairement indiquer que la question de l'Etat de droit ne devra pas être utilisée pour exercer une quelconque pression sur des Etats membres pour des motifs autre que l'emploi approprié de fonds européens", a-t-il dit.

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/budget-la-pologne-disposee-a-lever-son-veto-si-l-union-justifie-le-lien-avec-l-etat-de-droit_740417 

  On va y arriver :happy:

Je me demande s'il y a un lien avec l'aggravation de l'épidémie de coronavirus en Pologne? Je suis allé jeter un œil à leurs chiffres ( https://www.worldometers.info/coronavirus/country/poland/  ) et ça flambe. Le 4 novembre, ils en étaient à 6 474 morts,  un mois après ils dépassent les 18 500. Même si ça semble se calmer un petit peu, ils passeront allègrement les 20 000 décès d'ici quelques jours.
J'imagine mal la situation se calmer sans des mesures de confinement drastiques. Des mesures aux effets tout aussi drastiques sur l'économie. Dans ces conditions, un plan de relance serait le bienvenu. D'où la nouvelle positon de Varsovie qui se contenterait d'une déclaration de bonnes intentions.

A noter que la situation sanitaire de la Hongrie n'est pas géniale non plus: 2 063 morts le 4 octobre, 5 324 un mois plus tard. ( https://www.worldometers.info/coronavirus/country/hungary/  ) Dans les 2 cas, ça double tous les 20 jours environ. Orban parle de résoudre le problème avec un vaccin russe, totu en se passant de l'autorisation de l'UE ...:ph34r:

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Il y a 1 heure, Desty-N a dit :

"La déclaration explicative, préparée par la Commission, devra être approuvée par les dirigeants. Elle devra clairement indiquer que la question de l'Etat de droit ne devra pas être utilisée pour exercer une quelconque pression sur des Etats membres pour des motifs autre que l'emploi approprié de fonds européens", a-t-il dit.

Humpf.... Ca ne fais quand même pas une grande avancée : en caricaturant, si l'UE tique sur l'allocation des aides à la presse, ils pourront faire cesser les aides à la presse, après procédure, et voilà tout.

Ca pourrait vaguement plus ennuyer la Hongrie, où flotte une vaste odeur de corruption en plus du reste.

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Il y a 1 heure, Boule75 a dit :

Humpf.... Ca ne fais quand même pas une grande avancée : en caricaturant, si l'UE tique sur l'allocation des aides à la presse, ils pourront faire cesser les aides à la presse, après procédure, et voilà tout.

Ca pourrait vaguement plus ennuyer la Hongrie, où flotte une vaste odeur de corruption en plus du reste.

C’est ce que souhaite Varsovie. Rien ne dit que c’est ce qu’ils obtiendront. Sans compter que si ça en reste au niveau de la déclaration, ça n’engage pas à grand chose.

Bref, je prend plutôt ça pour une ouverture de la part des Polonais, qui essaient peut être avant tout de sauver la face?

EDIT: de toute façon, la question ne se pose pas vraiment 

Citation

La Hongrie n'accepte toujours pas que l'accès aux fonds européens soit rattaché de quelque manière au respect de l'Etat de droit, a déclaré vendredi le Premier ministre Viktor Orban, au lendemain d'un semblant de compromis esquissé sur le dossier par son allié polonais. (...)   https://www.challenges.fr/monde/ue-la-hongrie-refuse-tout-lien-entre-budget-et-etat-de-droit-dit-orban_740466

Autant pour obtenir l'unanimité et aller vite, je veux bien croire que 25 des pays de l'UE feront des efforts vis-à-vis de la Pologne et de la Hongrie. Autant s'ils doivent en passer par un plan de relance décidé à 25 en coopération intergouvernementale, je pense qu'ils en resteront à ce qu'ils ont déjà décidé, pour ne pas perdre trop de temps.

Edited by Desty-N
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