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Revue historique des armées


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  • 4 months later...

L’intégration des soldats noirs américains de la 93e division d’infanterie dans l’armée française en 1918

L’entrée en guerre des États-Unis en avril 1917 permet aux alliés d’espérer un rapide et victorieux dénouement à la guerre. Mais le corps expéditionnaire américain est lent à s’organiser. Devant l’insistance du général Pétain auprès du général Pershing, ce dernier lui transfère la 93e division d’infanterie américaine composée de troupes noires. Ce n’est que le début des difficultés entre les Français qui veulent rendre cette unité opérationnelle rapidement et les Américains qui s’inquiètent des prétentions nouvelles que ces hommes pourraient avoir au contact de l’armée française qui ne connait pas la ségrégation raciale. Malgré les difficultés, les soldats noirs américains des quatre régiments de la 93e division vont prouver leur valeur au combat avant de retomber dans l’oubli d’un pays qui les ignore.

Source:

http://rha.revues.org/index7328.html

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  • 2 months later...

Rien de bien certain ? Le système de renseignements français avant la campagne de Russie

À l’automne 1810, sous l’impulsion du ministre russe de la Guerre, le général Barclay de Tolly, des attachés militaires furent mis en place, sous couverture diplomatique, dans les ambassades de Munich, de Dresde et de Madrid, afin d’obtenir des renseignements. Les officiers déjà présents à Vienne, Berlin, et Paris reçurent de nouvelles instructions. Les Russes, efficaces, obtinrent de bons résultats tandis que l’étude des archives démontre la peine des Français pour connaître les agissements russes et ce jusqu’à la veille de la guerre. Outre les informations militaires, ces derniers manquaient de mémoires géographiques, de statistiques fiables et de cartes précises sur le futur théâtre des opérations.

Source:

http://rha.revues.org/index7452.html

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  • 3 months later...

Aux origines lointaines du « service action » : sabotages et opérations spéciales en cas de mobilisation et de guerre (1871-1914)

Résumé

La guerre de 1870 et l’utilisation des chemins de fer dans les opérations militaires ont montré l’intérêt de recourir aux sabotages en cas de mobilisation et de guerre avec l’Allemagne. L’objectif est de gêner suffisamment la mobilisation et la concentration des armées de l’adversaire pour procurer dès le début de la guerre un avantage stratégique à la France. Divers plans sont conçus et organisés entre 1871 et 1914 par le service de renseignements du ministère de la Guerre en relation avec des agents secrets et des patriotes des pays annexés. Des engins spéciaux sont créés à cet effet ainsi que la constitution de dépôts d’explosifs à l’étranger. Si le plan prévu par le lieutenant-colonel Dupont avant 1914 se solde par un échec partiel à la déclaration de guerre, ce type d’opérations spéciales prendra de plus en plus d’ampleur au cours des conflits mondiaux au sein de véritables « services action ».

La guerre de 1870-1871 voit la constitution en France d’une multitude de corps francs et de francs-tireurs, opérant dans les territoires occupés par les Allemands ou aux côtés des armées françaises régulières. Coups de main, embuscades, sabotages de voies ferrées sont exécutés parfois très loin derrière les lignes ennemies. L’épisode le plus spectaculaire est la destruction, en janvier 1871, du viaduc de Fontenoy-sur-Moselle, interrompant le trafic sur la voie Paris-Strasbourg pendant une semaine (1).

La guerre franco-allemande démontre également l’importance des chemins de fer dans la mobilisation et la concentration des armées. Préparées de longue date en temps de paix, ces opérations s’apparentent à un fragile mécanisme d’horlogerie qu’une série de sabotages bien conçus pourraient dérégler. Organisées par le service de renseignements militaire (2) en liaison avec des patriotes des pays annexés, ces destructions sont susceptibles de procurer d’indéniables avantages militaires aux premiers jours du conflit.

L’organisation des premiers sabotages au tournant des années 1880

La mise au point d’engins spéciaux

L’idée de se livrer à des sabotages en cas de mobilisation et de guerre date de la fin des années 1870 et correspond à la prise en compte de l’intérêt à utiliser les explosifs existants. Par lettre du ministre de la Guerre en date du 6 novembre 1878 et sur demande du département de la marine, la commission des substances explosives dirigée par Marcellin Berthelot (3) est invitée à rechercher les conditions dans lesquelles le coton-poudre peut être utilisé pour des opérations de guerre (4). L’étude des moyens à employer pour provoquer une explosion au passage d’un train sur une voie ferrée débute en juin 1879. Bien vite, il apparaît préférable de chercher à utiliser l’effet même du passage du train pour déterminer automatiquement la destruction de la voie ferrée, soit en avant de celui-ci pour obtenir un déraillement, soit en arrière pour capturer le matériel ou lui couper la retraite. L’installation s’avère simple et pratique pour un petit nombre de saboteurs, qui opèrent même pendant la nuit : les cartouches de dynamite et de coton-poudre, ainsi que les tubes détonants qui les relient, se dissimulent facilement en terre ou sous le ballast ; les appareils de mise à feu se placent sous le rail d’une façon non apparente.

La commission des substances explosives puis le laboratoire central de la marine inventent de petits systèmes de déclenchement qu’ils appellent percuteurs ou exploseurs automatiques (5). Des essais concluants sont réalisés sur la voie ferrée de la poudrerie de Sevran près de Paris. Un certain nombre de ces engins spéciaux sont construits avec une sensibilité variable à volonté (6). En 1884, le colonel Vincent, chef du service de renseignements du ministère de la Guerre, fait l’acquisition d’un spécimen de voie ferrée allemande et le cède à la commission qui l’examine avec soin. Marcellin Berthelot estime nécessaire de répéter toutes les études de destruction sur des voies typiquement allemandes et propose de les faire acheter et construire par la Compagnie des chemins de fer du Nord afin de ne pas éveiller l’attention (7).

Source et suite:

http://rha.revues.org/index7502.html

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  • 2 months later...

Nouveau numéro de la revue:

L’image de l’ennemi

« Image de l’ennemi, image de l’autre » mais aussi, en miroir inversé, « image de soi-même », ce numéro de la Revue historique des armées nous montre à quel point l’histoire des représentations est au cœur de l’histoire militaire en général et de celle des guerres en particulier. En temps de paix, les militaires, comme tout groupe humain cohérent, ne peuvent s’empêcher de se comparer, entre eux et avec les autres, amis, alliés, adverses, ennemis potentiels. Les clichés sont nombreux et connus. L’archétype français contemporain, souvent véhiculé dans les milieux « otaniens », serait ainsi celui d’une armée qui entend « voyager en première classe avec un billet de seconde ». Avérée ou pas, la réalité du propos importe peu. La représentation qu’il véhicule suffit à faire d’une image une réalité. Venons-en au concept « d’ennemi ». Il est ici révélateur du poids de la représentation face à la réalité. Les articles du dossier traitent tout autant de « l’autre » que de « l’ennemi ». Mais la revue pouvait-elle, pour une simple raison « d’image », titrer en pleine page : « L’image de l’autre » ? Probablement pas. Sauf à rendre – a priori – son contenu, quel qu’en soit la valeur, inintéressant ! Il fallait donc simplifier en s’intéressant à « l’image de l’ennemi ». Cette simplification, cette réduction de la diversité à l’unicité, est fondamentale. Elle représente le socle fondateur de la propagande par « l’image », dans les différentes acceptions du mot. Faire de « l’autre » un « ennemi » ne présente que des avantages. « L’ennemi » est clairement défini, communément représenté, facilement identifié. Placé en position d’infériorité, porteur de valeurs intrinsèquement négatives, il ne peut y avoir de doute sur le sort qui doit lui être réservé. Les articles du dossier nous montrent qu’il ne peut d’autant moins en être autrement que les « autres » sont nombreux, différents et les situations changeantes. Abordant cette complexité, Gildas Lepetit l’accentue en nous montrant que le qualificatif « d’ennemi » n’est pas le niveau le plus bas dans la hiérarchie des représentations de « l’autre ». Pour une armée en campagne, ici l’armée française en Espagne, « l’ennemi » a un statut, c’est un militaire. En revanche, celui que les Français – et bien sûr pas les Espagnols – qualifient « de bandit, de brigand, de scélérat, de voleur, d’assassin, d’insurgé, de canaille » n’a pas de statut. Il appartient à une catégorie indéterminée mais inférieure. Il peut être traité comme tel. Cette réflexion, conduite par Gildas Lepetit, a le grand mérite supplémentaire d’être intemporelle. Avec un vocabulaire approprié, spécifique aux différentes cultures nationales, aux différentes aires géographiques et aux différentes guerres, elle est transposable et peut être appliquée à tous les conflits au cours desquels des armées régulières affrontent des forces dites non-régulières. Les articles de Jean-François Dominé, Bernard Wilkin et Hélène Guillot, auxquels on peut ajouter le document présenté par Stéphane Launey, outre leur intérêt intrinsèque, confèrent, lorsqu’ils sont lus dans cet ordre, une dimension supplémentaire à la réflexion générale. Ils montrent comment, à chaque moment de l’histoire, la construction de l’image de l’autre est réalisée grâce aux moyens techniques les plus performants de l’époque. Ils montrent en creux, par leur simple succession chronologique comment les États utilisent la littérature puis la presse, puis la photographie et enfin l’image animée (aujourd’hui Internet et Twitter) pour construire l’image de l’autre. Ce lien entre la construction de l’image et les moyens mis en œuvre révèle l’importance qu’attachent les États au contrôle social à travers la manipulation des esprits, dans ce qui demeure, depuis que Serge Tchakhotine l’a décrit et nommé le  « viol des foules par la propagande politique ». Et ici une nouvelle fois l’image simple l’emporte sur la réalité. Pour le lecteur inattentif, Serge Stepanovich Tchakhotine doit être, comme son nom et la période à laquelle il écrit (les années 1930 pour ce qui nous intéresse) le laissent entendre, un agitprop soviétique alors que c’est un social-démocrate allemand dont la première édition du livre fut censurée en France par crainte de déplaire à Hitler. Ce qui nous permet, in fine, de nous interroger sur l’évolution et les mutations subies par le concept initial depuis la dénonciation du « scélérat espagnol » dans un cadre qui se voulait strictement militaire, jusqu’à la mise en accusation de « l’ennemi intérieur » avec l’article de Nicolas Texier, dans un cadre strictement idéologique. Cette évolution est intéressante à observer dans la mesure où elle étend de façon naturelle la définition de l’ennemi à une catégorie nouvelle, celle de « l’ennemi intérieur » auquel on attribue ainsi les mêmes oripeaux qu’à « l’ennemi » en général. Le qualificatif « d’intérieur » n’a qu’un usage : créer une synonymie nouvelle avec « le bandit, le brigand, le scélérat, le voleur, l’assassin, l’insurgé, la canaille ». Avec la même finalité.

Dans l’intimité du Viêt-Minh, les images capturées par le garde Le Bris

Lors d’une opération menée à Bentré en novembre 1948, le garde républicain Le Bris a récupéré 79 photographies prises par le Viêt-Minh. Rassemblés dans un album déposé au Service historique de la Défense, ces clichés représentent une remarquable source d’informations visuelles sur les adversaires des Français au début de la guerre d’Indochine. Ces images produites par le service de propagande ennemi sont surtout une excellente représentation de la guerre révolutionnaire prônée par le Viêt-Minh. À l’action militaire, faites de raids et d’embuscades, s’ajoute une action politique, plus fondamentale, basée sur une vision globale du conflit où toutes les ressources doivent être mobilisées et où la population constitue l’enjeu ultime.

Source:

http://rha.revues.org/index7579.html

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  • 6 months later...

Nouveau numéro de la revue, dédié certain fois aux relation Franco-hongroise:

France-Hongrie

L’histoire des relations franco-hongroises est marquée par les évolutions géopolitiques qui, au cours des siècles, ont alternativement opposé et rapproché les deux nations. En effet, l’éloignement géographique entre les deux pays, s’il constitue l’une des raisons du rapprochement diplomatique et stratégique entre la France et la Hongrie à l’époque moderne est, au XIXe siècle puis au cours des deux guerres mondiales, en partie cause d’une opposition violente. De fait, l’intégration de la Hongrie à l’empire des Habsbourg, puis son absorption dans le camp communiste à partir de 1945, l’éloigne de la sphère d’influence française.

Comme le rappelle Catherine Horel, l’histoire commune de la France et de la Hongrie commence au début du Moyen Âge, notamment grâce aux liens dynastiques qui unissent alors les deux royaumes. Le traité d’Andrinople, signé en 1568 et qui consacre la division de l’immense territoire hongrois entre les empires autrichien et ottoman, bouleverse pourtant l’équilibre de la région et altère quelque peu la relation privilégiée qu’entretenait la Hongrie avec la France.

Le XVIIIe siècle voit apparaître par la suite les premières vagues d’immigration de Hongrois vers la France. La réussite de leur intégration contribue à entretenir la relation d’amitié entre les deux pays comme le montre l’article de M. Ferenc Tóth qui choisit l’exemple du baron de Tott, un émigré hongrois qui effectue une brillante carrière au sein de la diplomatie française. En retour, l’intérêt porté par les lettrés français pour la Hongrie, permet non seulement d’y diffuser les idées des Lumières mais également de maintenir, en tout cas aux yeux des Français, l’identité propre de ce pays à l’intérieur de l’empire qu’il forme avec l’Autriche.

Malgré les liens intellectuels et culturels qui existent entre les deux nations, la période napoléonienne est vécue, en Hongrie, de manière extrêmement négative. Balázs Lázár explique ainsi qu’en 1809, malgré les aspirations indépendantistes du peuple hongrois, Napoléon ne parvient pas à rallier la Hongrie contre les Habsbourg et doit affronter sur le champ de bataille les troupes magyares, la France étant alors davantage perçue comme un envahisseur que comme un libérateur.

Avec l’avènement, en France, de la Troisième République, des liens, notamment culturels, sont renoués entre la France et la Hongrie, mais ce mouvement prend brusquement fin au début de la Grande Guerre. Le lieutenant-colonel Tibor Balla offre, dans son article, un panorama complet de ces combats. Après-guerre, le traité de Trianon, qui entérine le démembrement du territoire hongrois, constitue une nouvelle pomme de discorde entre la France et la Hongrie. Paul Gradvohl expose les conséquences de ce traité et montre également comment le peuple hongrois porte, à l’époque, un jugement sévère sur l’action de la France et plus particulièrement sur la politique conduite par Georges Clémenceau. La dictature de l’amiral Horthy qui dirige la Hongrie jusqu’à l’avènement du communisme, achève de distendre les liens entre les deux nations.

La révolution de 1956, qui provoque une vive émotion de l’opinion publique française, marque cependant les débuts d’un lent rapprochement, jusqu’à la chute de l’Union soviétique et l’éclatement du bloc de l’est qui précède la transition démocratique. Depuis lors, les relations entre les deux pays, membres de l’Union européenne et de l’OTAN ne cessent de se développer et de s’enrichir.

Ainsi les relations pluriséculaires entre la France et la Hongrie ont connu de nombreuses vicissitudes, allant parfois jusqu’à l’affrontement armé. Mais les liens intellectuels forts, nourris d’échanges fréquents entre les deux peuples, ont perduré même durant les heures sombres. Ce nouveau numéro de la Revue historique des armées éclaire ainsi les moments clés de cette histoire entre deux pays faits pour s’entendre, puisque, comme le souligne Karl Marx en 1860 : « la puissance militaire française […] peut être utile à la Hongrie, sans jamais pouvoir, pour des raisons géographiques, lui être nuisible ».

Un Hongrois en Égypte avant Napoléon. La mission secrète du baron de Tott

Le baron de Tott, issu d’une famille hongroise établie en France au XVIIIe siècle, fut un officier de hussards employé dans des missions en Orient. Connaissant les langues et usages orientaux, il fut l’un des meilleurs agents de Louis XVI. Après avoir introduit des réformes militaires dans l’armée ottomane durant la guerre russo-turque de 1768-1774, il rejoignit le « parti interventionniste » du gouvernement de Versailles et devint un véritable idéologue du partage et de la colonisation de l’Empire ottoman, en particulier de sa province la plus convoitée : l’Égypte. En 1777, il fut nommé inspecteur général des Échelles du Levant. Cela lui permit d’effectuer une reconnaissance militaire de l’Égypte en vue d’un plan d’occupation ultérieur. Le projet fut déposé dès 1779, mais sa réalisation fut ajournée jusqu’à l’avènement de Napoléon Bonaparte qui s’en inspira pour sa fameuse campagne d’Égypte. Cet article présente l’histoire du projet égyptien du baron de Tott tout en soulignant ses aspects novateurs, comme la participation des savants à cette entreprise et l’intérêt géostratégique de l’Égypte dans la pensée politique française.

Source:

http://rha.revues.org/index7614.html

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  • 1 month later...

Numéro qui traite cette fois des troupes coloniales:

 

 

Les armée coloniales

 

L’intervention déclenchée au début de cette année au Mali a témoigné une nouvelle fois de l’importance du théâtre africain, qu’a depuis soulignée le Livre blanc. « Le Sahel, de la Mauritanie à la corne de l’Afrique ainsi qu’une partie de l’Afrique subsaharienne sont également des zones d’intérêt prioritaire pour la France, en raison d’une histoire commune, de la présence de ressortissants français, des enjeux qu’elle portent et des menaces auxquelles elles sont confrontées »1. Prévu depuis un an,ce numéro de la Revue historique des armées rencontre ainsi l’actualité nationale et internationale la plus récente…

 

Par nature, les troupes coloniales sont depuis toujours aux avant-postes de cet engagement africain de la France. Leur historiographie en témoigne, telle que la présente Julie d’Andurain. Elles n’ont bien sûr pas agi seules. La Marine, dont ces troupes dépendent jusqu’à la loi de juillet 1900, leur apporte son soutien. Comme lors de la conquête du Soudan français, durant laquelle fut déployée une flottille sur le Niger dont Dominique Guillemin nous raconte la singulière destinée. Qu’ils soient artilleurs de marine sous l’Ancien Régime, ainsi que l’évoque Boris Lesueur, ou « bigors » polytechniciens entre 1870 et 1910, comme le montre Julie d’Andurain dans son deuxième article, les coloniaux sont attirés par l’aventure. Mais cette découverte d’autres civilisations se paie souvent par la maladie ou la mort, rançon souvent inévitable des campagnes ultramarines.

 

Les troupes coloniales mêlent dans leurs unités des hommes de cultures, de mœurs et de mentalités d’une extrême diversité dont la cohésion est assurée par leur encadrement, constitué de vieux routiers de l’outre-mer à l’autorité paternaliste. L’article d’Olivier Blazy évoque une presse militaire pécialisée au profit des troupes coloniales pour répondre à leur spécificité.

 

À l’opposé, les troupes coloniales allemandes se caractérisent par une diversité de statuts. Leur recrutement, souvent mené à l’extérieur de la colonie avec une adaptation aux contraintes locales, n’est pas moins divers. Ces troupes participent cependant avec efficacité à la défense de l’empire colonial du Reich pendant la Première Guerre mondiale. Un empire dont la perception par les alliés évolue entre mythe et réalité comme le démontre le lieutenant-colonel Rémy Porte. Par la suite, le rapport à l’Africain se transforme en haine raciale sous l’égide des nazis dont les tueries pendant la campagne de France en 1940, s’apparentent pour Julien Farguettas à une chasse à l’homme noir.

 

Ce numéro est la première réalisation de la nouvelle équipe rédactionnelle mise en place ce printemps, qui s’appuie désormais sur le département études et enseignement du Service historique de la Défense. Ce numéro doit également beaucoup à l’engagement personnel d’Éric Deroo et du lieutenant colonel Antoine Champeaux. Ils ont rédigé chacun un article, l’un sur les troupes coloniales engagées dans les rudes combats des deux guerres mondiales, l’autre sur le patrimoine culturel des « troupes indigènes ». Plus encore, ils ont fait bénéficier la revue de leurs liens avec des chercheurs engagés dans l’exploration de cette histoire spécifique.

 

Ainsi, ce numéro amorce une série d’évolutions. La qualité de la Revue historique des armées repose sur des articles scientifiques, mais également sur une très riche iconographie, largement issue des fonds et collections du Service historique de la Défense. Celle-ci fait l’originalité de la revue dans le concert des revues historiques scientifiques, comme l’ont encore récemment rappelé plusieurs des universitaires membres du comité de rédaction. Ce lien entre les textes et l’iconographie fera l’objet d’une attention renouvelée, avec le souci de valoriser à chaque fois les trésors iconographiques conservés à Vincennes.

 

De même, un effort sera fait pour que l’ensemble des articles relevant d’un même thème se réponde ou se complète, garantissant ainsi une meilleure cohérence à chaque numéro. Par ailleurs – et les résultats des ventes au numéro le confirment – le choix des thèmes des dossiers doit rencontrer davantage les attentes du lectorat. Ainsi, les numéros consacrés aux relations entretenues par la France avec un certain nombre de pays amis n’auront plus un caractère aussi systématique.

 

À l’inverse, le regard des historiens étrangers, largement représentés au sein du comité de rédaction, demeure indispensable pour aborder les sujets transverses ou communs. Nos histoires nationales sont tellement imbriquées… Elles se sont souvent construites, selon les périodes, dans des conflits où les grandes puissances s’alliaient ou se déchiraient tour à tour. Nos collègues étrangers nous aident en particulier à relativiser notre propre point de vue. Ainsi, savoir que l’esprit offensif des armées françaises de 1914, si décrié par notre historiographie, était tout aussi répandu au sein des armées allemandes à la même époque, permet de mieux apprécier les errements des débuts de la Grande Guerre.

 

Parallèlement à ces évolutions de fond, la revue s’enrichit désormais d’une rubrique régulière consacrée à la généalogie. Intitulée « Généalogie », elle vise également à mieux répondre à la diversité des attentes de notre lectorat. Comme les articles consacrés à la symbolique et aux traditions militaires, cette nouvelle rubrique sera présente dans chaque numéro.

 

Bonne lecture à tous !

 

Source:

http://rha.revues.org/7680

 

 

La défense des colonies allemandes avant 1914 entre mythe et réalités

 

Contrairement à une légende héritée de la propagande des années de guerre, les territoires allemands d’outre-mer ne sont pas particulièrement "militarisés" avant 1914. Seules les colonies du Cameroun, du Sud-Ouest Africain et d’Afrique orientale dispose d’unités des "forces de protection" (Schutztruppe) en effectif limité, dont l’histoire récente est très différente de celle des troupes coloniales françaises.

 

Source et suite:

http://rha.revues.org/7691

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  • 3 months later...

Nouveau numéro qui traite cette fois de la place de la femme dans l'armée:

 

 

Aux armes citoyennes!

 

Les temps ont bien changé depuis l’époque où la guerre constituait exclusivement une « affaire d’hommes » et le port des armes, une prérogative masculine. De fait, en 2013, l’armée française1 accueille plus de 48 000 femmes dans ses rangs, soit près de 15 % des effectifs totaux, un pourcentage légèrement inférieur à celui des États-Unis, mais bien supérieur à celui des armées britanniques ou allemandes. Certes, dans le cas de l’armée de Terre par exemple, la part des femmes reste sensiblement plus élevée dans le domaine de l’administration et de la gestion (40 %) que dans celui des armes de mêlée – telle l’infanterie – (10 %), mais les femmes sont désormais devenues des combattantes à part entière, à l’instar de leurs homologues masculins et l’on ne pourrait plus écrire aujourd’hui que les femmes au combat « plutôt que d’apporter une aide effective, […] jettent la perturbation »2 au sein de la troupe.

 

La réticence à incorporer des femmes dans les armées n’est pas, bien évidemment, un phé­nomène purement français et Andrej Nieuwazny explique bien combien le patriotisme et le volontarisme des combattantes polonaises luttant contre les Bolchéviques entre 1918 et 1921 se heurtent au conservatisme et à l’hostilité des hommes - mais aussi des femmes - de la société polonaise d’alors. L’opposition à la présence féminine dans un milieu traditionnelle­ment réservé aux hommes est souvent motivée par l’argument de la moralité. Cet argument et les réactions qu’il soulève, Jean-Jacques Monsuez les retrace à travers les témoignages de femmes, devenues célèbres pour certaines d’entre elles, dont la trajectoire au sein de l’institu­tion militaire ne s’est pas faite sans quolibets ou accusations à caractère sexiste. Cette expé­rience, Catherine Bertrand l’a bien connue et nous la livre, se rappelant le mépris affiché par les officiers et quartiers-maîtres masculins devant les élèves officiers féminins de la marine en 1973 : « Nous apprenons à taper à la machine [se remémore-t-elle]. Les garçons de l’École navale apprennent-ils la dactylographie ? »

 

Mais, au-delà même de la place des femmes dans l’armée, se pose, au XXe siècle, la question des femmes combattantes. Car si d’aucuns acceptent finalement qu’elles puissent avoir une « utilité » dans des organismes de soutien ou du service de santé, leur présence au front, là où l’on meurt – tout comme les hommes – est davantage contesté. En effet, si la prise de risque est acceptée dans un contexte particulier, comme c’est le cas de Louise de Bettignies, espionne et patriote de la Grande Guerre, présentée par Chantal Antier, Claire Miot pose quant à elle clai­rement la question du statut des femmes combattantes à travers l’exemple des ambulancières de la Première armée. Fort heureusement, malgré les préjugés et les réticences qui peuvent demeurer ici ou là, cette question est en train de trouver sa réponse. Aujourd’hui, décora­tions et citations sont conférées aussi bien aux hommes qu’aux femmes, sans distinction, comme peut en témoigner la remise, le 12 octobre 2010, de la Croix de la Valeur militaire à Erika Arrabarrena, infirmière de classe normale, pour son action au feu en faveur de ses frères d’armes blessés en Afghanistan. Ce numéro de la Revue historique des armées rend hommage à toutes ces femmes, combattantes ou non, qui ont lutté pour la reconnaissance de leurs droits et de leurs statuts, un combat qui aujourd’hui encore se poursuit vers plus d’égalité, alors : « Aux armes citoyennes !»

 

Source:

http://rha.revues.org/7778

 

 

A l'origine de la féminisation des armées

 

Les armées ne comptent plus d’officiers féminins dans leurs rangs. Dissous, les centres de formation et les écoles réservées aux jeunes filles volontaires pour une carrière militaire. Mais l’instruction demeure. Depuis les années 80, celles-ci ont intégré les grandes écoles, poursuivent les mêmes carrières que leurs camarades masculins et atteignent les étoiles. L’histoire de leurs aînées est récente ; quelques décennies. Le chemin ne fut pas facile.  Les portes étaient étroites, il fallut bien des générations pour gravir toute la hiérarchie. Courageuses, disponibles en temps de paix comme en temps de guerre, en Métropole comme sur tous les terrains d’opérations et sous des uniformes parfois bien peu seyants, elles menèrent une lutte patiente pour faire évoluer le statut, pourfendre la misogynie, se battre pour les appellations réglementaires et le port de l’arme.  Et surtout pour apprendre. D’écoles de cadres en centres de formation, l’instruction des jeunes volontaires a fidèlement suivi l’évolution de leur statut, jusqu’à l’ouverture des portes des écoles militaires.

 

Source et suite:

http://rha.revues.org/7784

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  • 4 months later...

 

Les coalitions

 

Le dossier éponyme de ce numéro de la Revue historique des armées est consacré aux « coalitions ». Les articles qui le composent concernent de vastes zones géographiques allant de l’Amérique du Sud à l’Europe et au Moyen-Orient. La séquence chronologique, quant à elle, s’étend du XIXe au XXIe siècle. Les caractéristiques des guerres de coalitions ont déjà été décrites par l’historien antique Thucydide. La guerre du Péloponnèse ou deux blocs s’affrontèrent sous l’égide des deux plus puissantes cités du monde grec - la ligue attico-délienne et la ligue péloponnésienne - a en effet expérimenté toutes les formes et toutes les vicissitudes d’une guerre de coalitions. Des grandes batailles navales et terrestres, des phases de combats de basse intensité, des actions subversives, des intérêts stratégiques divergeant au sein des blocs ont caractérisé ce long conflit. Ainsi les guerres de coalitions ont d’emblée couvert l’ensemble du spectre des conflits allant de la guerre généralisée impliquant l’engagement d’armées puissantes et nombreuses, au combat de basse, voire de très basse intensité mettant en jeu des forces aux effectifs réduits et mal équipés ainsi que le montre l’article « Guerre et alliances en Amérique du Sud » du professeur émérite Marie-Danielle Demélas. Les guerres ou opérations menées en coalitions se font souvent sous l’égide de superpuissances qui imposent leur stratégie mais quand il s’agit d’empire tel l’empire britannique lors de la Première Guerre mondiale, le choc généré par l’étendue des pertes humaines et la durée du conflit entraînent l’émergence d’une prise de conscience de l’identité nationale comme ce fut le cas pour le Canada. L’article de Carl Pépin « La grande guerre du Canada» montre bien l’évolution de cette colonie entre l’entrée en guerre, sur ordre de Londres, sans que le dominion n’en ait été saisi et la présence de ce dernier comme puissance signataire lors du traité de Versailles en 1919. Entre ses deux dates 65 000 soldats canadiens avaient été tués et la bataille de Vimy avait uni, dans le même sacrifice, la destinée de quatre divisions canadiennes. Un sentiment national né de ce champ de bataille allait renforcer l’identité nationale canadienne. Les coalitions contemporaines comme celle mise sur pied par la France, la Grande-Bretagne et Israël lors de la crise de Suez démontrent également que les rapports de force militaire internes jouent un grand rôle dans la conduite stratégique et peuvent déterminer l’issue du combat. Philippe Vial dans son article « Marianne et la gouvernante anglaise » explicite combien l’organisation déficiente de la IVe République dans le domaine du politico-militaire condamne la France a un certain suivisme de la Grande-Bretagne. Cette logique se retrouve à l’aune des opérations récentes ou la superpuissance américaine détermine la stratégie générale, l’état final recherché par la coalition et le poids relatif qu’il accorde a ses alliés selon les contraintes de la planification, de l’interopérabilité et des capacités de combat de ceux-ci. L’étude de Dominique Guillemin, « Du mandat national a l’engagement en coalition », décrit l’évolution du concept d’emploi de la marine nationale comme outil diplomatico-militaire lors de l’opération Prométhée en 1987-1988 à l’allié intégré et interopérable de l’opération Trident au Kosovo en 1999, Héraclès en Afghanistan en 2001 ou Harmattan en Libye, en 2011.

 

Dans le domaine des opérations aériennes au sein d’une coalition, l’importance de la planification et de l’interopérabilité est telle qu’elle détermine le poids respectif accordé aux coalisés dans la conduite de la guerre. De la première guerre du golfe à l’Afghanistan, le fossé technologique est si grand entre l’aéronautique militaire américaine et ses homologues de la coalition qu’elle mène à sa guise et selon sa stratégie la guerre aérienne. Cette suprématie américaine, analyse Jérôme de Lespinois, s’impose pour l’armée de l’air française malgré les velléités politiques initiales.

 

Ce numéro qui clôture l’année d’abonnement 2013 parait avec deux mois de retard. Nous prions nos chers lecteurs de nous en excuser, 2014 verra un retour aux errements antérieurs. La rédaction en profite également pour vous souhaiter une belle année 2014 et une bonne lecture de notre revue.

 

Source:

http://rha.revues.org/7931

 

 

La marine impérial dans l'expédition de Chine

 

L’auteur étudie le développement de la présence navale française dans les mers de Chine durant les guerres de l’opium. Si le soutien aux missions lui apparaît comme un prétexte pour ne pas laisser la Grande-Bretagne gagner seule des avantages en Chine, la marine impériale est la condition du succès de l’intervention.

 

Source et suite:

http://rha.revues.org/7877

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