alexandreVBCI

Mexique et Brésil : l'armée en guerre contre les cartels de drogue

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La Jamaïque à demandé à quitter le Commonwealth pour pouvoir justement appliqué la peine capitale en janvier ...  :P :

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article6135

Pour le Mexique, un petit article fait part part de la disparité des salaires de policiers d'une région à l'autre et fait la corrélation avec la corruption :

http://www.amerique24.com/Mexique-de-fortes-disparites-dans-les-salaires-des-policiers_a910.html

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Un article très complet de l'Express sur l'échec de la politique anti-narcos au Mexique et la contre-attaque des narco-trafiquants : tuer des civils en masse pour forcer la population à voter contre Calderon.

"Harassés par l'armée, - 45 000 soldats déployés pour lutter contre les narcotrafiquants ont arrêté environ 50 000 d'entre eux - divisés par des luttes intestines, les narcos rétorquent en terrorisant les populations avec des assassinats au hasard.   

Le message est le suivant: "Regardez, Calderon ne peut vous protéger, votez pour un autre candidat." En faisant de la population une victime collatérale, ils ont délégitimé le gouvernement. Combiné à une augmentation de la pauvreté, les Mexicains sont saturés de violence et ils en tiennent le président responsable.

Les narcos ont été contrariés par la politique de Caldéron. Mais aujourd'hui, ils ont retourné la situation et mis Caldéron dos au mur : les Mexicains exigent une baisse de la violence par la reprise des négociations entre le gouvernement et les clans. C'est ce que faisait le PRI, (centre gauche) jusqu'en 1994 : les narcos pouvaient excercer leurs activités moyennant un impôt informel; l'Etat faisait office de blanchisseur et de régulateur. En revanche s'ils ne reversaient rien, ils étaient assassinés ou emprisonnés. Les narcos avaient tout intérêt à coopérer pour ne pas être inquiétés. Le dilemme, c'est donc que pour faire baisser la violence, il faut augmenter la corruption. Dans tous les cas, on s'éloigne de l'Etat de droit.

Il est quasiment certain que le PRI va arriver au pouvoir. Les Mexicains ne pardonneront pas à Calderon son bilan sécuritaire."

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/mexique-les-narcotrafiquants-contre-attaquent_1086311.html#xtor=AL-447

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Le Mexique se lance dans la production industrielle de Met!

http://www.lemonde.fr/sante/article/2012/03/30/drogue-les-nouvelles-routes-de-la-meth_1676709_1651302.html

Le 8 février, dans un ranch des faubourgs de Guadalajara, capitale de l'Etat de Jalisco, l'armée mexicaine saisissait quinze tonnes de poudre blanche stockée dans des barils de plastique bleu : de la méthamphétamine, une drogue de synthèse puissante, très populaire aux Etats-Unis. Quinze tonnes, soit 13 millions de doses qui auraient pu se vendre au détail pour 3 milliards d'euros dans les rues de Détroit ou de Los Angeles. Cette prise est la plus importante jamais réalisée au Mexique. Elle représente l'équivalent de la moitié des saisies de "meth" recensées par l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) à travers le monde en 2009. Le laboratoire clandestin était désert.

L'armée a exhibé fièrement ces barils devant les photographes mexicains et américains. La Drug Enforcement Agency (DEA) américaine s'est montrée moins enthousiaste dans la presse : combien d'installations industrielles de cette taille sont-elles encore tapies dans les campagnes de Jalisco ou dans les montagnes du Michoacan, se demandaient ces policiers. C'est le raisonnement Breaking Bad, du nom de la série américaine aux six Emmy Awards. Un professeur de chimie atteint d'un cancer s'y met à "cuisiner" de la méthamphétamine dans un camping-car. Il découvre au fil des saisons l'ampleur d'une industrie tenue par les cartels mexicains.

CHANGEMENT D'ÉCHELLE

Selon les experts de l'ONUDC, la taille de l'usine mexicaine est un signe de l'augmentation inquiétante de la production mondiale. Elle est cependant une sorte d'anachronisme. "Une telle saisie coûte trop cher aux trafiquants, qui semblent avoir réduit la taille de leurs installations ces dernières années", explique Beate Hammond, qui étudie les flux de drogues de synthèse pour l'ONUDC à travers le monde. Au lieu de concentrer leur production, ils la dispersent. "Une tendance jamais vue", selon Mme Hammond, qui voit les centres de production de cette vieille drogue, connue depuis la fin du XIXe siècle et internationalement combattue depuis les années 1970, se répandre soudainement à travers le monde, de façon manifeste depuis deux ans.

"La 'règle' a longtemps été que les drogues de synthèse étaient fabriquées à côté des marché de consommation et peu intégrées dans les réseaux internationaux, précise Laurent Laniel, analyste à l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT). Aujourd'hui, cette règle ne s'applique plus à la méthamphétamine."

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Le président Barack Obama a reçu lundi son homologue mexicain Felipe Calderon et le Premier ministre canadien Stephen Harper pour un sommet de l'Accord de libre échange nord-américain (Alena), qui a abordé la question de la guerre des cartels de la drogue au Mexique.

M. Calderon, qui cédera le pouvoir à la fin de l'année, la constitution mexicaine lui interdisant de se représenter, a une nouvelle fois réclamé aux Etats-Unis de lutter davantage contre le trafic d'armes, qui alimente la violence dans son pays.

Tant que les cartels mexicains de la drogue continueront à recevoir un énorme flux d'armes en provenance des Etats-Unis, il sera "impossible" d'enrayer la violence, a fait valoir le numéro un mexicain lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du sommet dans les jardins de la Maison Blanche.

Plus de 50.000 personnes ont trouvé la mort au Mexique dans des violences liées aux cartels et à la lutte contre le trafic de drogue depuis que le président mexicain a mobilisé l'armée en 2006 pour combattre ces organisations criminelles.

La suite :

http://fr.news.yahoo.com/sommet-lalena-à-washington-dernier-mexicain-felipe-calderon-042305024.html

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USA : La police des états proches de la frontière mexicaine pourrait recevoir des équipements militaires rapatriés d'Irak et d'afghanistan. On asiste à une militarisation croissante de la protection de la frontière.

As millions of pieces of military equipment flow back to the U.S. from Iraq and Afghanistan, a growing group of lawmakers on Capitol Hill wants to send some of it straight to the U.S.-Mexico border.

On March 9, Reps. Henry Cuellar, D-Texas, and Ted Poe, R-Texas, along with 16 sheriffs from southwestern border states, sent a letter to Defense Secretary Leon Panetta asking for an update on which surplus military gear might be available to civilian law enforcement to help shore up border defenses. (...) a bill to the House on Nov. 15 called the Send Equipment for National Defense (SEND) Act, which would direct Panetta to transfer 10 percent of eligible returning equipment from Iraq to state and local law enforcement agencies, preferably to agencies strengthening border security. The proposed legislation singles out the MQ-9 Reaper UAV, night-vision goggles and Humvees as items of interest.

The SEND Act would make use of an existing Defense Department program, the Domestic Preparedness Support Initiative, which has already transferred about $2.6 billion worth of military equipment to law enforcement, first responders and other federal agencies in recent years. In 2011, $600 million worth of equipment was transferred.

But even without this legislation and the DoD surplus program, there is plenty of military hardware and personnel already on station along the southwest border.

In February, the Army and the office of Customs and Border Protection (CBP) kicked off Operation Nimbus II, which deployed 59 Stryker vehicles from the 1st Armored Division from Fort Bliss, Texas, along with soldiers and surveillance gear from the 44th Air Defense Regiment at Fort Hood, Texas. The two Army units were deployed in Texas and Arizona.

The 44th regiment brought the Avenger air defense system and the Sentinel air defense radar system for use as a training exercise while on the border.

The operation also used E-8C Joint Surveillance Target Attack Radar System aircraft, C-206 Cessna Caravans, and four Shadow RQ-7B UAVs.

The National Guard also has been active on the border, kicking off its latest deployment on March 1 with dozens of rotary- and fixed-wing aircraft, including Kiowa OH-58 and Lakota UH-72 helicopters to support CBP ground operations. National Guard officials have said the deployment is budgeted at $60 million, and should conclude by the end of the 2012.

http://www.defensenews.com/article/20120421/DEFREG02/304210001/Surplus-War-Gear-Could-Go-Volatile-U-S-Mexico-Border?odyssey=tab

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Mexique: «cinquante têtes tranchées par jour»

Jeudi 17 Mai 2012

Régis Soubrouillard - Marianne

Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales.

A quelques semaines des élections présidentielles, le Mexique vit au rythme des découvertes macabres liées au conflit entre narcotraficants. Pendant plusieurs décennies, le pays avait connu une chute des homicides. Depuis 2006, plus de 50.000 assassinats ont été dénombrés. Des actes de barbarie qui s'expliquent notamment par la professionalisation de l'activité criminelle.

« Les drogues sont mexicaines, les morts sont Mexicains, mais la consommation est américaine, et les armes aussi ». Les mots sont de Carlos Fuentes, l’écrivain mexicain décédé le 15 mai, auteur d'une trentaine d'ouvrages. Fuentes avait reçu en 1987 le prix Cervantès pour l'ensemble de son œuvre. Il ne ménageait pas ses critiques envers la politique des Etats-Unis en Amérique latine et constatant l'échec contre les cartels, il avait rallié le mouvement des présidents favorables à la dépénalisation.

Depuis des mois l'actualité mexicaine vit au rythme des découvertes macabres. Vingt-six cadavres  découverts dans trois véhicules en plein centre de Guadalajara en novembre dernier. Dix-huit crânes et des membres humains retrouvés le 9 mai dans deux véhicules abandonnés sur une route de la même ville.

Quarante neuf cadavres mutilés trouvés dimanche 13 mai au bord d'une route du nord du pays.

Un inventaire témoignage de l’explosion de violence entre les deux principaux groupes de narcotrafiquants du pays, à quelques semaines d’une élection présidentielle qui devrait voir le retour au pouvoir du  Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), membre de l’international socialiste.

Poursuivant la comparaison avec les Etats-Unis, Carlos Fuentes assimilait les cartels mexicains aux gangs américains. Le niveau de violence n’a désormais plus rien à voir, comme le faisait remarquer le journaliste du Monde, Paulo Paranagua sur son blog  : « Aujourd’hui, les Mexicains assistent, horrifiés, à une déferlante de têtes tranchées et de corps démembrés. Un récent roman de Carlos Fuentes, La volonté et la fortune, évoque d'ailleurs cette dérive. La traduction française doit paraître chez Gallimard en octobre 2012. L’auteur voit dans ces atrocités « l’émergence de la cruauté enfouie du peuple mexicain », qui s’était manifesté pendant la révolution des années 1910 ou le conflit des années 1920 entre l’Etat et les paysans catholiques, les Cristeros ».

La professionnalisation de l’activité criminelle

La violence liée au trafic de drogue a fait plus de 50 000 morts au Mexique depuis décembre 2006 (une moyenne de 25 morts par jour), date de l'arrivée au pouvoir du président Felipe Calderon.  Moins d’un millier ont fait l’objet d’une enquête selon l'association Human Rights Watch, le président Calderon ayant préféré lancer une offensive militaire parfaitement inefficace contre les trafiquants de drogue. On compte parmi ces morts aussi bien des victimes d'affrontements entre cartels, que d'opérations militaires. Procédant à de nombreuses arrestations, l’armée n’a jamais réussi à faire baisser le niveau de violence entre les cartels, d’où le passage de relais à la police proposé par la plupart des candidats. 

Le combat contre la criminalité organisée sera le dossier prioritaire du prochain président.

Chercheur à l’IFRI et auteur d’un article sur « la Narco insurrection au pays du serpent à plumes », Elie Tenenbaum explique dans le magazine spécialisé DSI l’exacerbation des violences par la professionnalisation de l’activité criminelle : « La première innovation mexicaine réside dans la professionnalisation accrue de l’activité criminelle, qui semble avoir évolué depuis une dizaine d’années d’un gangstérisme de rue vers une nouvelle forme de technoguérilla urbaine ».

Ironie du sort, pour l’auteur, cette mutation trouve notamment son origine dans la création de forces spéciales d’élites destinées à la lutte contre le terrorisme.

Les narcotrafiquants de dernière génération, les Zetas, sont souvent  d’anciens militaires, issus des unités d’élites, ou policiers corrompus, qui disposent d’un véritable arsenal militaire : armes légères classiques, mais aussi armes lourdes, missiles anti-chars et missiles sol-air , hélicoptères et même des petits sous-marins ! 

Une unité d’élite rompues aux dernières techniques et tactiques militaire : écoutes, dispositifs de renseignement, recrutement sur les réseaux sociaux etc.

Une diversification de leur source de revenus

Au début des années 2000, « un phénomène de désertion massive se produit, résultant de l’indigence des soldes et de l'existence de connexions occultes entre certains membres du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) et les trafiquants. Sur le plan matériel, ces nouveaux groupes mènent une politique d'armement encore inédite, reposant sur un budget d'acquisition considérable rendu possible par les sommes engendrées par le négoce de la drogue – entre 13 et 48 milliards de dollars pour toute la région».

Les Cartels s’adaptent très bien à la féroce lutte anti-drogue menée par l’état mexicain, en se repliant sur les enlèvements. Une adaptation de la criminalité organisée, pour diversifier leur source de revenus directement inspirée des méthodes des mafias italiennes.

Sans que l’état mexicain, de moins en moins aidé par les Etats-Unis, ne se soit jamais montré capable d’apporter une quelconque réponse policière, juridique ou politique à cette flambée de violence.

« Je suis la tête tranchée numéro mille depuis le début de l'année au Mexique. Je suis une des cinquante décapités de la semaine, le septième de la journée et le seul des dernières trois heures et quart... » écrivait Carlos Fuentes dans son dernier roman, bien conscient que le décompte mortel est loin d’être terminé.

Marianne2.fr

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La situation là bas est vraiment ahurissantes, le moindre récit que je lis sur ce sujet me parait juste inimaginable et ce qui est vraiment inquiétant, c'est qu'on semble incapable de trouver le moindre début de solution sur cette situation. Apparemment les cartels n’hésitent même plus à tirer sur les gardes frontière américain se trouvant sur le sol des Etats Unis ! Je me demande si ça ne va pas finir sur une intervention pur et simple des USA au Mexique.

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À noter sur les topics ad hoc, les américains en dépit d'un retrait programmé d'Afgha recherchent encore beaucoup en matière de camo désertiques.

À noter aussi sur ce fil les demandes des policiers de pouvoir bénéficier des surplus de matériel militaire.

Si les féodaux mexicains débordent aux USA une intervention, même limitée, de search and destroey, n'est pas inenvisageable.

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Les USA ont d'autres chats à fouetter; pas qu'ils n'aient pas besoin de calmer le Mexique, mais c'est pas comme s'ils avaient une grande marge de manoeuvre en ce moment. Parce que tout ce qui se ferait au Mexique serait politiquement explosif, à l'intérieur comme à l'extérieur. Sans compter que ça amènerait à mettre d'un coup sur la table une des patates chaudes de la scène politique américaine: la "War on Drugs", inefficace depuis presque 30 piges, coûteuse et pourtant aussi inébranlable et sensible politiquement que le 2nd Amendement. Notamment parce que les USA refusent de voir leur problème de consommation de came qui est la source première de revenus des Cartels mexicains.  

Sans compter, en écartant la bombe atomique politique potentielle et les difficultés pratiques à engager ce genre d'intervention internationale, la contrainte militaire et sécuritaire que ça implique, le coût en somme: ils ne pourraient pas se rater et devraient donc y aller plus qu'en force, en procédant avec d'infinies pincettes (déjà que les "dégâts collatéraux" au Pakistan ou en Afghanistan rapportent des problèmes militaires et politiques, mais alors s'il y en avait au Mexique....). Combien de centaines de milliers de soldats seraient nécessaires, combien de moyens policiers, quels moyens structurants (AWACS....), quel financement? Il s'agirait là de prendre le pays sous tutelle pour un temps indéterminé, d'y reconstruire un Etat qui soit accepté par la population locale (patriote, à forte identité, mais aussi localement patriote via le contrôle des cartels de 3ème génération sur leurs zones de contrôle, qui leur apportent aide sociale, nourriture, protection.... Palpables au niveau individuel), de dépatouiller l'imbroglio d'honnêteté et de corruption qu'est l'Etat mexicain pour y relancer un processus démocratique et surtout un Etat de droit tenable (c'est pas un pays qui passe de la dictature à un début de processus démocratique, mais un qui a quand même de la maturité dans ce domaine; il se contentera pas d'un début d'approximation). Et de là se pose la question de la viabilité économique, garant de la stabilité: les USA ont quand même un "traité inégal" de fait quand à certains domaines économiques, l'agriculture en tête, qui est la colonne vertébrale des régions frontalières mexicaines (comme par hasard celle où la guerre des cartels et la chute de l'économie régulière sont les plus dramatiques). Détournement des eaux d'irrigation, guerre des tarifs et subventions, exploitation de main d'oeuvre immigrée clandestine.... Au fil des décennies, le déséquilibre s'est renforcé et le résultat est là.

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(AFP) Mexique: à Veracruz, des élections en état de guerre

A Veracruz, principal port du Mexique, les électeurs iront aux urnes dimanche pour élire leur président dans une ville en état de guerre virtuel, où des militaires au visage masqué affrontent les narcotrafiquants en plein jour.

Lors des meetings électoraux, des tireurs d'élite sont chargé de surveiller du haut du grand phare la tribune montée sur le Malecon, la vaste promenade du bord de mer de Veracruz.

"Que celui qui gagne calme tout cela. Nous sommes fatigués de tant de tueries. Nous avons peur de sortir: j'ai été pris dans une fusillade en allant acheter l'uniforme de mon neveu et j'ai vu le vendeur tomber mort", raconte à l'AFP Elia Espinoza, une maîtresse de maison de 56 ans lors d'un meeting de Josefina Vazquez Mota, la candidate du parti gouvernemental, le Parti action nationale (PAN, conservateur).

L'Etat de Veracruz, frange de littoral de 750 km, constitue un corridor pour la drogue ou les immigrants d'Amérique centrale qui vont aux Etats-Unis, et pour les armes qui en proviennent à destination des cartels.

Vêtus de gilets pare-balle, armés de fusils R-15, de pistolets et de lance-grenades, les Marines mexicains passent au peigne fin les rues du port autrefois paisible de Veracruz, sur le Golfe du Mexique.

Des dizaines de cadavres empilés dans un camion sont apparus en septembre dernier en plein centre ville, face à un centre commercial.

"Nous nous sommes imposés à nous-même un couvre feu. A dix heures du soir, il n'y a plus âme qui vive dans les rues. En cette période critique, l'économie de Veracruz a connu une baisse d'activité de 7%, et le tourisme de 36%. Nous faisons front, mais nous ne voyons pas de fin à cette réalité", explique Luis Martin Capistran, dirigeant de l'association locale des entrepreneurs.

Des centaines de Marines sont arrivés en décembre 2011 pour remplacer 1.200 policiers, écartés pour cause d'infiltration par le crime organisé.

Des sacs de sable empilés barrent l'entrée du bâtiment qui abritait la police locale, devenu un bunker des Marines.

"J'essaie d'aider pour que tout cela revienne sous contrôle. Qui va gagner cette guerre? Nous. C'est l'espoir, c'est pour ça que nous sommes là", dit un Marine, sans révéler son nom.

- Entre deux feux -

"Personne ne vient plus acheter à cause de la fusillade. La glacière ne marche plus. Nous avions travaillé dur pour l'acquérir et aller de l'avant. Ils ont mis notre commerce par terre. Avec mes parents nous avons réussi à nous cacher, mais nous vivons dans la terreur", dit Nubia.

La fusillade s'est déroulé à l'heure de la sortie de classes, racontre la jeune femme de 27 ans. "Je ne crois pas que ça va changer, c'est pour ça que je n'irai pas voter", dit-elle.

Pour les journalistes, l'Etat de Veracruz est considéré comme l'un des lieux les plus dangereux du monde. Depuis début 2011, neuf d'entre eux ont été assassinés.

"C'est pire qu'être correspondant de guerre, parce qu'ici nous sommes menacés par les narcos, les politiciens corrompus, les autorités", résume Javier Morales, membre d'une association de défense des journalistes.

Les anciens sont nostalgiques. "Veracruz c'était super. Aujourd'hui c'est dur. Malheureusement nous nous habituons. Entendre parler de morts est devenu normal. Seulement maintenant je mets des chaussures plates. Au cas où il faut courir", dit Enriqueta Ruiz, une couturière de 58 ans.

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Les Nations Unies viennent de publier leur rapport annuel sur la drogue dans le monde. Le site ci dessus en proposent une infographie :

Premier pays en terme de saisie, le Mexique avec 13 000 tonnes... :

http://owni.fr/2012/07/10/donnees-de-la-drogue/

Par contre, l’héroïne Mexicaine est moins coté que la Colombienne, mauvaise qualité ?  >:(

https://docs.google.com/spreadsheet/ccc?key=0AsPGaJPtmYRFdGUzMHh6dnhBTktLNC13NWtlRWEwa3c#gid=2

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Sur ce sujet, je vous conseil (très fortement) ce reportage ou plutôt cette interview en replay sur arte. El Sicario - Room 164

" Une ville-frontière entre les États-Unis et le Mexique. Dans la chambre 164 d'un motel, un sicaire, tueur à gages à la solde des narcotrafiquants, se confie, cagoulé. Il décrit par le menu vingt ans d'une vie clandestine et criminelle, durant laquelle, après avoir été membre de la police locale, il a torturé, kidnappé et tué plus d'une centaine de personnes. En cavale, il se cache. Sa tête est mise à prix par ses anciens patrons à 250 000 dollars."

C'est très loin des reportages tape l’œil sous le format habituel, où on voit des actions coup de poing de la "TNT", des saisis spectaculaires et des mères en pleures uniquement destinés à faire de l’audience.

Ici on a une caméra, une chambre et un "ancien" avec son cahier. Il raconte tout, il détail tout, le recrutement, son passage par l'académie de police, les enlèvements, le mode opératoire ,les méthodes de tortures, la façon de penser et le tout avec précision. Lorsqu'il parle d'une mission, il n'hésite pas à se lever et à rejouer la scène en reproduisant tous les gestes, il refait même les dialogues. Et puis il y a son cahier, il dessine ou schématise absolument tout ce qu'il dit. Le reportage est sous titré et non doublé, pas de floutage, juste une sorte de foulard noir sur la tête.

Tout cela nous entraine dans son monde, on est beaucoup plus réceptif à son histoire, limite on a l'impression de suivre un film mais ce n'est pas le cas...et c'est là où j'ai commencer à comprendre le nombre de mort, d'enlèvement, de "porté disparu" et surtout j'ai réalisé l'immense tâche que doit accomplir le gouvernement mexicain.

Bref, très instructif de par le fond que par la forme, amha il mériterai une plus large diffusion. Dispo en replay jusqu'au 24/07. Si quelqu'un le trouve en streaming ou en dl je suis preneur.

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Je n'ai pas eu le temps de tout visionner, mais cela est vraiment ''effrayant'', le crime est un boulot comme un autre avec son mode d'emploi...  :O

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J'avoue que là... je serais inquiet en voyant une voiture de police dans mon rétro là  :-[

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J'ai vu les 20 premières minutes et ca vous glace le sang.

Les narcos mexicains ont réussi à gangréner la société mexicaines jusqu'à l'os.

Impossible d'y échapper avec une bonne moitié de policier qui bossent pour eux.

Et les policiers incorrputibles qui essaient de faire leur boulot de manière honnète connaissent souvent une triste fin.

J'ai vu une fois le véhicule d'un policier criblé de balles, le malheurex n'a pas eu le temps de réagir... :P

Image IPB

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Par contre, l’héroïne Mexicaine est moins coté que la Colombienne, mauvaise qualité ?  Angry

  Oui, car en réalité le mexique ne produit "pas vraiment" de l'héroine, mais ce qu'ils appellent aux USA du "coal" ou charbon dans notre langue, une héroïne très noire uniquement réservée a l'usage par combustion qui n'est pas vraiment une héroine, bien qu'elle en reprend les étapes de base de fabrication ...

Cela vient du fait que comme la France a eu sous charles de gaulle une politique de mise en agriculture d'opiacés pour l'industrie pharmaceutique des antalgiques "puissants" (élargie plus tard a la substitution de l'addiction a l'héroine : la méthadone ou les buprénorphines) mais principalement cultivé sur notre territoire (pour ne pas encourager une culture d'opiacé dans un pays qui n'en maitriserait pas les productions illégales annexes inévitables : comme le cas de la turquie quand elle produisait encore, culture qui dans les années 90 se décala vers l'afghanistan, turquie qui avec sa forte corruption endémique dans les zones rurales ou il est aisé dès qu'on a quelque billet d'avoir le silence ou bienveillance de la police était un fort producteur d'héroïne avant les année 90 et une politique d'éradication + tard qui l'amena + a l'est)

  Les USA ont eu eut aussi la "leur" sauf que c'est beaucoup passé par de la production au mexique (en France il a été aisé de le faire car les champs de pavot a forte concentration de latex d'opiacé sont aisément surveillable par forces de l'ordre et sociétés privés qui surveillent des parcelles délimitées de façon a ne rien laisser au hasard : et empêcher au possible que des jeunes ou quoi ait idée a y récolter du latex sur les bulbes précoces) car de toute façon il aurait été difficilement possible de surveiller de la même façon qu'en france les champs de pavot phamaceutique dans les grandes plaines, ou dans le désert californien irrigué ... Et comme en + ils ont une jeunesse et criminalité nettement attiré par tout ces trucs :

Ils ont préféré alors la déleguer au mexique, en partenariat de développement avec indiens tribaux du nord mexique pour les sortir de la misère par cette culture ... Et au fil des ans, ils ont eu de + en + de surplus que ne voulaient pas l'industrie pharmaceutique : et ne sachant pas faire ou n'ayant pas accès a tout les produits pour faire de l'héroine (un peu des 2) ils se sont mis a produit ce "coal" a fumer

Qui est donc cette héroine "noire" mais de faible qualité, impossible a injecter (les junky en sont pas "friands" quoi) qui tourne pas mal dans la sun belt américaine ... Mais en réalité l'héroine aux USA vient principalement d'afghanistan et un peu de thaïlande/hong kong (les restes de l'époque du triangle d'or toujours un peu actif mais nettement diminué qui transite par ces pays)

Du coup oui voila pourquoi on parle d'héroine de mauvaise qualité au mexique, ce sont des productions de locaux ne sachant pas la faire, ou qui n'ont pas les moyens d'assurer tout le processus de fab de l'héroine ... Ce n'est au final qu'un opium "amélioré" qui a meilleur combustion, pour les toxicomanes adeptes de ce mode de consommation

Par contre l'héroine en colombie ? Aucune idée ... 

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Il y a bien une importante production d'heroine et de cannabis en Colombie. C'est infiniment moins que la production afghane mais a suffit pour approvisionner l'Amérique du Nord.

Image IPB

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Ce qui est étrange c'est "pourquoi" ? Car au mexique on le sait : ce fut a partir d'un programme de développement pour sortir les tribus indiennes du nord d'une misère noire que le gouvernement mexicain n'a jamais réussi a endiguer et ça a + ou - marché

Mais en colombie ? Quel intérêt quand les champs sont encore bien + difficile a "cacher" que ceux de coca ? (impossible a cacher en fait carrément, notamment avec la concentration de fleurs que ça implique avant début récolte a la lame de rasoir sur les bulbes du latex-opium)

Bon y a bien un intérêt après : c'est la valeur ajoutée US très importante de l'héroine injectable (+ de 150 a 200$ le g dans les rues) mais bon, il n'est pas dur non plus de vendre de la cocaïne a ces prix aux USA si les réseaux parviennent a éviter les recoupes qui font baisser la valeur

A moins après ça vienne d'une politique ou état de la corruption qui a fait qu'il était + aisé a certains endroit de faire accepter ça que la "coca" ?

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J'ai vu qu'il y a souvent des enlèvements et meurtres de femmes mais je ne comprends pas. Est-ce que ce sont des femmes choisies au hasard ou est-ce que ce sont des policières, femmes de personnes qui combattent le narcotrafic ? Quel est l'intérêt de tuer des femmes gratuitement ?

Edit :

L'héroine mexicaine c'est du crack en fait ?

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Un peu de tout celà mélangé et aussi d'agressions sexuelles essentiellement suivis de meurtres ou d'élimination de témoins dans un pays où la police se fout totalement de ce type de crime, quand les policiers ne sont pas les violeurs eux-mêmes. 

Vu la masse de meurtres dans le pays, la justice ne condamne jamais personne de toute façon.

http://www.20minutes.fr/ledirect/971687/viols-collectifs-camp-jeunesse-mexique

 

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Au fait, est-ce que le Mexique pourrait demander l'appui militaire de ses voisins contre les cartels ?

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Ca ne se fait pas pour raisons de souveraineté nationale, habituellement. Des "conseillers" étrangers, de la fourniture de renseignement, oui, mais pas d'implication directe de forces étrangères pour un problème intérieur.

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si les prisons sont passoires récurrentes, on va arriver à loi-martiale, peine de mort (et couvre-feu)

  Même la peine de mort n'y changera jamais rien, puisqu'elle a déja "court" entre eux, entre cartels et gangs ou ils tranchent entre eux les têtes a la hache et autres joyeusetés de conflit de gang ...

Les seules et vraies solutions de long terme ... Je voudrais pas faire l'idéologue de service ...

(bien que la prohibition a la base de tout vient bien elle aussi d'une très forte idéologie complêtement a coté de la plaque des réalités ... Sur lequel le trafic prospère : aujourd'hui on a quand même assez d'évidence sous le nez que le problème de base est la prohibition qui fait les valeurs ajoutées de la drogue et de sa prise de controle de cartels et maffias ... Voir terroristes salafistes dans le cas de l'afrique du nord et aussi très certainement moyen orient ... Mêmes si les drogues sont "illicites" selon l'islam : si c'est pour le djihad tout devient licites selon l'idéologie djihadiste qui admet tous les écarts de comportement a partir du moment que c'est pour "servir la volonté de dieu")

C'est de revenir en arrière intelligemment sur ces prohibitions ... La seule solution est la reprise de controle par les états du commerce des drogues (et aussi leur controle sanitaire car c'est aussi le 2 ème fléau des drogues : les saloperies supplémentaires qu'on peut y trouver) sous fortes conditions et contraintes de ventes ... Mais a des prix bas (les drogues ne valeraient quasi rien, comme la moindre babiole ou produit agricole du tiers monde sans prohibition, la prohibition EST la valeur ajoutée recherchée par les trafiquants ...)

  Mais bon le problème est que dès qu'on met cette évidence sous le tapis, on est de suite accusé de vouloir "autoriser les jeunes a se droguer a la brouette" ... Alors qu'en réalité il n'a jamais été question d'en autoriser la vente aux mineurs chez les tenants du légal, le problème étant qu'au niveau médiatique : on sait aisément noyer le poisson entre les mots "légaliser" et "dépénaliser" (on parle aisément dans les médias de dépénalisation : alors que c'est la dernière connerie a faire : dépénaliser = simplement retirer les peines, sans rendre vraiment légal et créer le cadre légal)

  Une légalisation étant forcément un controle strict pour que justement les mineurs n'y aient pas accès ... Et ça marche assez bien, les néerlandais qui sont par exemple le seul pays d'europe a avoir le cannabis légal : en on fait la preuve implacable par le fait qu'il est démontré que les jeunes néerlandais dans l'absolu consomment beaucoup moins de cannabis que les autres jeunes européens (notamment les jeunes français ... Champions a ce petit jeu) et surtout, surtout :

  L'échec scolaire supposé pour cause de consommation cannabique (si si il existe des statistiques la dessus) y est BEAUCOUP + BAS, pour la simple et bonne raison, que ce n'est pas parce que les pays bas ont légalisé : qu'ils allaient pour autant en faire la vente libre aux mineurs ... Résultat, le cannabis est une chose "normale" dans ce pays, et au final n'est pas un truc interdit qui attire + que ça les adolescents en quête de "défiance parentale et frisson des interdits ect ... Evidemment ça ne rêgle pas tout le problème : mais la preuve en est la, que le cadre légal est bien + sain que le cadre prohibé qui lui accroit l'exposition des jeunes et que c'est déja ça !

Bon le problème, c'est qu'au mexique la guerre de la drogue et des cartels est loin de se résumer au débat de la fumette j'en convient bien ... Mais même pour les drogues dites "dures" (en réalité il n'existe pas de drogues dures ni douces, il y a des drogues et point) un cadre légal, meme si très strict et très controlé : serait toujours + sain que la situation actuelle qui est complêtement folle et tant a faire courir droit dans le mur des nations entières d'amérique du sud et centrale pour une obsession de prohibition qui n'a rien amené de bon !

  Un jour il faudra bien ouvrir les yeux sur les réalités de base, tout comme cesser de mettre les idéologies qu'on pense ou qu'on pense pas dans le jeu, l'enjeu c'est la réalité tant dans nos rues que ce qui arrivent a ces pays ...

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