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AFRIQUE : politiques internes et relations internationales


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https://www.newyorker.com/news/daily-comment/mandelas-dream-for-south-africa-is-in-ruins (28 juillet 2021)

Ce mois-ci, l'Afrique du Sud a connu les pires violences depuis la fin de l'apartheid. Plus de 330 personnes sont mortes au cours d'une semaine d'escalade des tensions. Quarante mille entreprises - dont des magasins, des banques, des usines et des bureaux de poste - ont été vandalisées ou incendiées ; les dommages à l'économie ont été estimés à plusieurs milliards de dollars. Le gouvernement a finalement dû déployer vingt-cinq mille soldats pour contenir la violence dans les provinces autour de Durban, le plus grand port d'Afrique subsaharienne, puis de Johannesburg, le centre financier, et de Pretoria, la capitale administrative. Le 16 juillet, le président Cyril Ramaphosa a accusé les instigateurs de fomenter l'instabilité pour "affaiblir, voire déloger" l'État démocratique. "Sous le prétexte d'un grief politique, ceux qui sont derrière ces actes ont cherché à provoquer une insurrection populaire", a-t-il déclaré, après avoir fait le tour des dégâts à Durban.

Après neuf ans au pouvoir, Zuma a été contraint de démissionner, en 2018, sur fond de nouvelles allégations de corruption. Une somme estimée à trente-quatre milliards de dollars a "disparu" pendant son mandat, a affirmé Ramaphosa, son successeur. Sous Zuma, "le gouvernement en est venu à ressembler à une bande de criminels organisés", notait The Economist la semaine dernière.

L'Afrique du Sud figure aujourd'hui parmi les pays les plus inégalitaires du monde, a indiqué la Banque mondiale en mars. Les inégalités n'ont fait que s'aggraver depuis la fin officielle de l'apartheid, avec la première élection à la majorité du pays, en 1994.

L'éducation des Noirs reste abyssale, alors que plus de soixante-dix pour cent des cadres supérieurs du secteur privé sont blancs. Le chômage a atteint 33 %, le taux le plus élevé de l'histoire de l'Afrique du Sud et l'un des plus élevés au monde.

Près de deux tiers des moins de trente-cinq ans sont sans emploi.

Le parti de Mandela, autrefois célèbre, le Congrès national africain, a dégénéré en un mouvement de libération corrompu, fracturé et défaillant parmi d'autres. Il s'est divisé dans de multiples directions pour des raisons d'idéologie, de classe, d'ethnicité et de rivalités personnelles.

"Le problème n'est pas seulement Zuma", dit Ramphele. "C'est la culture politique qui confond le parti gouvernemental avec l'État. Les lignes sont floues. Les dirigeants des mouvements de libération dans tous les pays, à quelques exceptions près, s'approprient tout simplement l'État comme un instrument de favoritisme pour eux-mêmes."

Le seul grand espoir est que le système judiciaire reste solide.

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Il y a 4 heures, Wallaby a dit :

https://www.newyorker.com/news/daily-comment/mandelas-dream-for-south-africa-is-in-ruins (28 juillet 2021)

Ce mois-ci, l'Afrique du Sud a connu les pires violences depuis la fin de l'apartheid. Plus de 330 personnes sont mortes au cours d'une semaine d'escalade des tensions. Quarante mille entreprises - dont des magasins, des banques, des usines et des bureaux de poste - ont été vandalisées ou incendiées ; les dommages à l'économie ont été estimés à plusieurs milliards de dollars. Le gouvernement a finalement dû déployer vingt-cinq mille soldats pour contenir la violence dans les provinces autour de Durban, le plus grand port d'Afrique subsaharienne, puis de Johannesburg, le centre financier, et de Pretoria, la capitale administrative. Le 16 juillet, le président Cyril Ramaphosa a accusé les instigateurs de fomenter l'instabilité pour "affaiblir, voire déloger" l'État démocratique. "Sous le prétexte d'un grief politique, ceux qui sont derrière ces actes ont cherché à provoquer une insurrection populaire", a-t-il déclaré, après avoir fait le tour des dégâts à Durban.

Après neuf ans au pouvoir, Zuma a été contraint de démissionner, en 2018, sur fond de nouvelles allégations de corruption. Une somme estimée à trente-quatre milliards de dollars a "disparu" pendant son mandat, a affirmé Ramaphosa, son successeur. Sous Zuma, "le gouvernement en est venu à ressembler à une bande de criminels organisés", notait The Economist la semaine dernière.

L'Afrique du Sud figure aujourd'hui parmi les pays les plus inégalitaires du monde, a indiqué la Banque mondiale en mars. Les inégalités n'ont fait que s'aggraver depuis la fin officielle de l'apartheid, avec la première élection à la majorité du pays, en 1994.

L'éducation des Noirs reste abyssale, alors que plus de soixante-dix pour cent des cadres supérieurs du secteur privé sont blancs. Le chômage a atteint 33 %, le taux le plus élevé de l'histoire de l'Afrique du Sud et l'un des plus élevés au monde.

Près de deux tiers des moins de trente-cinq ans sont sans emploi.

Le parti de Mandela, autrefois célèbre, le Congrès national africain, a dégénéré en un mouvement de libération corrompu, fracturé et défaillant parmi d'autres. Il s'est divisé dans de multiples directions pour des raisons d'idéologie, de classe, d'ethnicité et de rivalités personnelles.

"Le problème n'est pas seulement Zuma", dit Ramphele. "C'est la culture politique qui confond le parti gouvernemental avec l'État. Les lignes sont floues. Les dirigeants des mouvements de libération dans tous les pays, à quelques exceptions près, s'approprient tout simplement l'État comme un instrument de favoritisme pour eux-mêmes."

Le seul grand espoir est que le système judiciaire reste solide.

Ils se sentent obligés d'envoyer un pic sur le nombre de blancs qui seraient cadres, je ne comprendrais jamais cela...

Cela attise la haine...

Parce que sinon on peux aussi regarder le nombre de noirs dans les émeutes ? Et le nombre de blancs aussi ?

Il n'y avait pas de blancs, faudra regarder aussi le nombre de zoulou, et de xhosa ...

C'est déclinable a l'infini...

 

Depuis la fin de l'apartheid une véritable classe upper noire c'est créé en Afrique du Sud.

Et les inegalités sont énormes entre les noirs aussi...

 

C'est exactement comme cela que l'on crée du racisme....

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il y a une heure, Ciders a dit :

Coup d'Etat en cours ou lendemain de soirée difficile ?

coup d'etats des F.S. enfin, tentative de coup d'etat pour le moment.

 

Alfa condé est prisonniers des putschiste d'après certaines infos et une video.

Edited by Snapcoke
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Ah oui. Coup classique, un colonel avec des lunettes de soleil qui proclame la dissolution du gouvernement, de la constitution et la fermeture des frontières.

Tellement classique...

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il y a 18 minutes, Ciders a dit :

Ah oui. Coup classique, un colonel avec des lunettes de soleil qui proclame la dissolution du gouvernement, de la constitution et la fermeture des frontières.

Tellement classique...

moins classique, c'est une anciens legionnaire de l'armée francaise

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il y a 1 minute, Snapcoke a dit :

moins classique, c'est une anciens legionnaire de l'armée francaise

Déjà vu avec Jean-Bédel. :laugh:

Ah non, il était dans la Coloniale lui, pas dans la Légion.

Edited by Ciders
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Il y a 6 heures, Snapcoke a dit :

moins classique, c'est une anciens legionnaire de l'armée francaise

Ah, je sens que vous allez avoir droit à la litanie des complotistes en tous genres qui y verrons la main de la France pour je ne sais quelle raison

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il y a 36 minutes, Paschi a dit :

Ah, je sens que vous allez avoir droit à la litanie des complotistes en tous genres qui y verrons la main de la France pour je ne sais quelle raison

Non mais ça y'a pas besoin de le préciser on est abonnés à ce genre de communiqués depuis le temps c'est beaucoup plus simple.

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https://www.liberation.fr/international/afrique/alpha-conde-detrone-sans-regrets-20210906_OGEGUFPTRJDFJMT4LFXRCQ4WOI/

Article payant, mais le titre donne le ton :

Alpha Condé détrôné sans regrets

Brutalement destitué lors d’un coup d’état militaire ce dimanche à Conakry, le président guinéen avait depuis longtemps perdu son aura auprès des Guinéens.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d'État_de_2008_en_Guinée

Indépendante de la France depuis 1958, la république de Guinée n'a connu en cinquante ans que deux présidents, Ahmed Sékou Touré et Lansana Conté. En 1984, à la mort du premier, l'intérim est assuré pendant quelques jours par Louis Lansana Beavogui, renversé le 3 avril 1984 par un coup d'État militaire dirigé par Diarra Traoré et Lansana Conté. Ce dernier devient président.

Le coup d'État de décembre 2008 en Guinée est la prise de pouvoir de la junte militaire emmenée par Moussa Dadis Camara, à la suite de la mort du président Lansana Conté.

L'intervention des militaires interrompit le processus constitutionnel qui devait voir Aboubacar Somparé assurer l'intérim. Le capitaine Moussa Dadis Camara, à la tête du Conseil national pour la démocratie et le développement, s'autoproclame président de la République de Guinée.

Ce coup d'État entraîna la suspension du pays au sein de l'Union africaine et prit fin avec l'investiture du premier président de la République élu démocratiquement depuis l'indépendance du pays en 1958, Alpha Condé.

Moussa Camara s'engage à organiser des élections libres fin 2009. Ce scénario ne se réalisera pas, le massacre du 28 septembre 2009 plongeant le pays et la communauté internationale dans la consternation. Moussa Dadis Camara est grièvement blessé par son aide de camp en décembre 2009, puis hospitalisé au Maroc avec des séquelles neurologiques. Il a depuis signé une lettre dans laquelle il renonçait au pouvoir et en acceptait la dévolution.

  

Le 04/07/2013 à 18:09, Wallaby a dit :

http://www.newyorker.com/reporting/2013/07/08/130708fa_fact_keefe (8 juillet 2013)

Comment un homme d'affaires israélien a remporté une concession dans le plus gros gisement de fer encore inexploité dans le monde, dans les monts Simandou, en Guinée. Obligeant le groupe britannico-australien Rio Tinto à revoir ses ambitions.


L'ambassadeur des États-Unis à Conakry, Alex Laskaris, m'a dit : "Condé a un cercle de contacts et de conseillers beaucoup plus large au niveau mondial que n'importe quel autre chef d'État africain auquel j'ai eu affaire. " Bernard Kouchner, l'ancien ministre français des Affaires étrangères, est allé au lycée avec Condé, et c'est un bon ami. Kouchner l'a présenté à George Soros, le financier milliardaire, qui est devenu un conseiller informel, et l'a mis en contact avec Paul Collier, l'économiste d'Oxford. Ce dernier, à son tour, a présenté Condé à Tony Blair, qui lui a proposé son aide par l'intermédiaire d'une organisation qu'il dirige, l'Africa Governance Initiative.

Ces Occidentaux ont vu en Condé une occasion de sauver la Guinée. Collier m'a dit que ce dont le pays avait besoin avant tout, c'était "d'intégrité au sommet". Condé pouvait être orgueilleux ; il avait tendance à sermonner ses interlocuteurs comme s'ils étaient des étudiants. Et, après une vie passée dans l'opposition perpétuelle, il n'était pas certain qu'il sache gouverner. Dès le départ, il a rencontré des difficultés. Il est entré en fonction en s'engageant à achever la transition démocratique de la Guinée en organisant des élections législatives, mais il les a retardées, ostensiblement pour des raisons de procédure, puis à nouveau. Des émeutes de l'opposition ont éclaté à Conakry, entraînant une série de confrontations violentes entre les manifestants et les forces de sécurité gouvernementales.

À cette époque, le président Condé en était venu à craindre lui aussi pour sa sécurité. En 2011, il avait survécu de justesse à une tentative d'assassinat, au cours de laquelle des soldats avaient bombardé sa résidence de Conakry à l'aide de mitrailleuses et de roquettes. Il a poursuivi ses efforts pour réformer la Guinée, mais sa situation est devenue plus précaire. Son chef du Trésor, que Condé avait chargé d'enquêter sur les détournements de fonds commis par des fonctionnaires, rentrait en voiture du travail un soir lorsque sa voiture a été coupée par un autre véhicule ; elle a été tuée par balle. Bernard Kouchner dit de Condé : "Il est vraiment isolé".

Condé est également confronté à une capitale instable. La violence qui a éclaté après qu'il ait retardé les élections parlementaires ne s'est pas calmée. Des factions rivales s'affrontent dans la rue et les manifestants jettent des pierres sur la police. Dans plusieurs cas, les forces de sécurité de Condé ont tiré sur les manifestants. Plus de deux douzaines de personnes sont mortes. Pour certains, il semblait que Condé pourrait reproduire le triste schéma de nombreux dirigeants africains postcoloniaux qui ont commencé comme réformateurs et ont ensuite dérivé vers la tyrannie. En septembre 2011, Amnesty International a déclaré que "le président Alpha Condé recourt exactement aux mêmes méthodes brutales que ses prédécesseurs."

[La compagnie diamantaire] B.S.G.R. a élargi sa campagne contre Condé et s'est tourné vers une société appelée F.T.I., qui est basée à Palm Beach mais a des opérations dans le monde entier. F.T.I. pratique une forme agressive de relations publiques, cherchant non seulement à supprimer la couverture médiatique négative d'un client mais aussi à créer des histoires défavorables sur les adversaires du client.

Au fur et à mesure que les problèmes de l'entreprise s'accumulaient, Steinmetz [le patron de B.S.G.R.] et ses collègues ont commencé à diriger leurs griefs vers George Soros, qui avait financé l'enquête initiale de Condé et fourni un capital de départ à D.L.A. Piper. Soros a également financé Revenue Watch, l'organisation qui a aidé Nava Touré à réviser le code minier guinéen, et soutenu Global Witness, un groupe de surveillance anti-corruption qui a examiné les activités de Steinmetz en Guinée.

Steinmetz, s'impatientant, me répète qu'il ne veut pas spéculer sur Cilins. Il a cependant voulu parler de la responsabilité de Condé dans la mort de manifestants en Guinée. "Ce type a du sang sur les mains", a dit Steinmetz.

"Le capitaine Dadis avait aussi du sang sur les mains", ai-je fait remarquer. "Et vous l'avez invité au mariage de votre fille."

Peu après l'arrestation de Frédéric Cilins en Floride, je me suis rendu à Conakry et j'ai rendu visite au président Condé au Dim Sum Palace [surnom du palais présidentiel, fabriqué par des Chinois]. Il portait un costume blanc à manches courtes - un style courant en Guinée - et semblait fatigué. Les violents rassemblements de l'opposition ne montraient aucun signe d'arrêt, et il n'était pas tout à fait certain que Condé se maintiendrait au pouvoir assez longtemps pour réaliser son programme de réformes. N'ayant pas réussi à organiser des élections législatives, il risquait également de perdre sa crédibilité en tant que dirigeant véritablement démocratique. Alexis Arieff, expert de la Guinée au Congressional Research Service, m'a dit : "Il est arrivé avec le sentiment réel de s'être battu pour la présidence et de mériter d'avoir les coudées franches dans la gestion du pays : "C'est à moi, je suis allé en prison pour cela, j'ai souffert pour cela". "Un rapport de l'Union européenne a récemment imputé au "style de gouvernement de Condé" l'escalade des tensions dans le pays. Condé, pour sa part, estime que Steinmetz a joué un rôle dans les troubles ; à Chatham House, il a laissé entendre que B.S.G.R. finance le mouvement d'opposition. (Steinmetz m'a affirmé que c'était faux).

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Je suis tombé sur cet article dans jeune Afrique https://www.jeuneafrique.com/1225694/societe/la-croissance-demographique-une-chance-pour-le-niger-et-lafrique/ rédigé par, Gado Alzouma, universitaire nigérien et professeur en socio-anthropologie, qui m'a laissé quelque peu dubitatif voir perplexe. Il y maintien que l’augmentation rapide de la population est sans doute la meilleure chose qui soit arrivée au continent depuis au moins cinq siècles. Cette forte croissance démographique doit être soutenue et maintenue au cours des décennies à venir, car elle conditionnera le rang de l’Afrique dans le monde de demain et, surtout, son développement économique. Pour soutenir cette hypothèse, il prend l'augmentation de la population, plus particulièrement au Niger, de 1960 à 2020. Puis il y oppose l'augmentation de l'espérance de vie, la baisse de la mortalité, diminution de la pauvreté, l'augmentation du taux de scolarisation pour la même période de même que l'augmentation de la production agricole, par exemple celle du mil, aliment essentiel au Niger, qui a été multipliée par 3 entre 1990 et 2014.

A aucun moment dans son article ne il se pose des questions sur les raisons des ces améliorations qui pourtant sont multiples :

- amélioration de la médecine-

transferts financiers de la diaspora nigérienne vivant à l'étranger

- l'aide humanitaire dont bénéficie, entre autre le Niger

- causes de l'augmentation de la production agricole

- etc...

Même si un bilan démographique positif est nécessaire à tous pays (voir entre autre les défis auxquels est confronté le Japon) et que d'autres facteurs qu'il cite, comme la corruption généralisée, le mauvais choix des politiques nationales de développement, l’insécurité, l’incompétence des dirigeants et le fait que les richesses tirées du sous-sol ne profitent pas au pays et aux populations, oser prétendre que la démographie galopante que connaît l'Afrique depuis de nombreuses décennies est nécessaire à ce continent sur la seule base des chiffres cités, sans en chercher les raisons, n'est pas vraiment sérieux (je pèse mes mots).

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Il y a 2 heures, Paschi a dit :

Je suis tombé sur cet article dans jeune Afrique https://www.jeuneafrique.com/1225694/societe/la-croissance-demographique-une-chance-pour-le-niger-et-lafrique/ rédigé par, Gado Alzouma, universitaire nigérien et professeur en socio-anthropologie, qui m'a laissé quelque peu dubitatif voir perplexe. Il y maintien que l’augmentation rapide de la population est sans doute la meilleure chose qui soit arrivée au continent depuis au moins cinq siècles. Cette forte croissance démographique doit être soutenue et maintenue au cours des décennies à venir, car elle conditionnera le rang de l’Afrique dans le monde de demain et, surtout, son développement économique. Pour soutenir cette hypothèse, il prend l'augmentation de la population, plus particulièrement au Niger, de 1960 à 2020. Puis il y oppose l'augmentation de l'espérance de vie, la baisse de la mortalité, diminution de la pauvreté, l'augmentation du taux de scolarisation pour la même période de même que l'augmentation de la production agricole, par exemple celle du mil, aliment essentiel au Niger, qui a été multipliée par 3 entre 1990 et 2014.

A aucun moment dans son article ne il se pose des questions sur les raisons des ces améliorations qui pourtant sont multiples :

- amélioration de la médecine-

transferts financiers de la diaspora nigérienne vivant à l'étranger

- l'aide humanitaire dont bénéficie, entre autre le Niger

- causes de l'augmentation de la production agricole

- etc...

Même si un bilan démographique positif est nécessaire à tous pays (voir entre autre les défis auxquels est confronté le Japon) et que d'autres facteurs qu'il cite, comme la corruption généralisée, le mauvais choix des politiques nationales de développement, l’insécurité, l’incompétence des dirigeants et le fait que les richesses tirées du sous-sol ne profitent pas au pays et aux populations, oser prétendre que la démographie galopante que connaît l'Afrique depuis de nombreuses décennies est nécessaire à ce continent sur la seule base des chiffres cités, sans en chercher les raisons, n'est pas vraiment sérieux (je pèse mes mots).

L'argumentaire de ce monsieur est en effet assez confus.

Ce qu'il décrit là c'est ce qu'on appel une "transition démographique", c'est à dire quand le taux de mortalité infantile baisse drastiquement en même temps que la natalité se maintient à de hauts niveaux. C'est le même phénomène qui a fait de la France un poids lourds démographie au XVIII ème siècle et lui a permis d'affronter toute l'Europe simultanément, et même chose pour l'Allemagne du XIX ème ; et c'est consécutif à une amélioration des conditions de vie socio-économiques.

Mais ça ne doit pas durer et la natalité doit finir elle aussi par baisser si le pays ne veut pas tomber dans une "trappe malthusienne" où la hausse de la population absorbe tout les gains économiques de la croissance. En c'est d'autant plus critique pour un pays comme le Niger peu viable à la base car ne disposant que de très peu de ressources, et où presque tout les gains de productions qu'il cite alimentent donc l'augmentation de la démographie sans que la richesse par habitant (véritable mesure de l'enrichissement) n'augmente ou très peu.

Pire que ça ! Dans ces conditions il n'y a pas de processus d'accumulation des "surplus" économiques ( au sens marxiste du terme) et que Fernand Braudel a identifié comme une condition initiale indispensable pour lancer le développement d'un pays.

Si la population voit la courbe de la natalité baisser aussi, ce phénomène de transition au bout d'un certain temps débouchera sur une "dividende démographique" où les actifs potentiels (entre 15 et 64 ans) sont bien plus nombreux que les inactifs (retraités et surtout jeunes proportionnellement moins nombreux). ça a donné les 30 glorieuses par exemple. Donc c'est plutôt une bonne chose mais si on ne trouve pas comment employer cette population, point de boom économique et ça devient bien plus problématique, d'autant que le pays s'il ne profite pas de cette période pour construire l'essentiel de son infrastructure économique a de bonne chance de rester perpétuellement sous-développé. Cette vidéo explique bien la chose :

 

 

Il y a aussi un paradoxe : Si on fait l'hypothèse que tout les pays finirons par faire leur transition démographique et se développer, ceux qui auront engagé tôt ce processus connaitrons un développement précoce, mais ceux qui se seront engagés tard sur cette voix ne connaitrons le succès que plus tard mais avec une population plus importante, donc une économie plus grosse et plus puissante.......

La démographie est donc bien un facteur de puissance, mais pas forcement sous la forme et pour les raisons que l'ont tient usuellement pour évidentes.

 

 

Edited by Shorr kan
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niger_carte_sit_alimentaire_2010-053c5-e

https://blog.mondediplo.net/2011-01-07-Au-Niger-le-cycle-des-crises-alimentaires (7 janvier 2011)

Après la « famine » largement médiatisée de 2005, le Niger a fait, une fois de plus, face à une grave crise alimentaire, entre mars et août 2010. Avec les mêmes chiffres, toujours aussi désespérants : plusieurs millions de personnes menacées, des taux de malnutrition infantile catastrophiques.

Le président déchu, M. Mamadou, Tandja avait opté pour une dénégation systématique – voire obsessionnelle – de toute crise alimentaire grave et de toute malnutrition infantile, au nom d’une fierté nationaliste et d’un souverainisme radical assez populaires dans le pays.

La production alimentaire du pays est très largement fondée sur la culture du mil pluvial, qui reste à ce jour l’aliment de base. Or il s’agit d’un système de production traditionnel, de type semi extensif (défrichements et large recours aux jachères, fumure uniquement animale, culture manuelle), qui, autrefois très bien adapté aux contraintes écologiques et sociales, est aujourd’hui en crise profonde et sans doute irréversible. Les terres disponibles se sont raréfiées sous l’effet de la pression démographique (après le Libéria, le Niger a le taux de croissance le plus élevé du monde (1)). Dans les parties méridionales du pays, les plus fertiles autrefois, mais aussi les plus peuplées, la jachère a disparu et les terres sont épuisées. Tout au long du XXe siècle, la limite des cultures s’est déplacée vers le Nord, dans des zones plus vulnérables, à grands risques pluviométriques, et où d’incessants conflits, parfois meurtriers, opposent éleveurs et agriculteurs. Ces deux activités, autrefois complémentaires (les pasteurs faisant paître leurs troupeaux sur les champs après les récoltes) sont de plus en plus en concurrence : la fumure animale est devenue très insuffisante, les couloirs de passage des troupeaux ne sont plus respectés, et la récolte de résidus des cultures et de paille, qui constituent une complémentation animale devenue indispensable, est une nouvelle source de tension entre les deux groupes. Quant au riz, produit le long du fleuve Niger, dans des aménagements hydro-agricoles à la maintenance coûteuse, il souffre de la concurrence des riz asiatiques, et d’une commercialisation peu transparente, et de toutes façons, ne peut pas combler les déficits céréaliers.

Le Niger n’est plus auto-suffisant du point de vue alimentaire, et ne le sera sans doute jamais plus. Il faut aujourd’hui voir cette réalité en face.

http://www.fao.org/emergencies/pays/detail/fr/c/317875/ (2020 ?)

Depuis plusieurs décennies, le Niger est confronté à une insécurité alimentaire chronique. Les vulnérabilités des ménages ne cessent d’être exacerbées par des chocs récurrents liés à l’insécurité, au climat et aux épidémies, ainsi qu’à des problèmes structurels tels que la pauvreté, la dégradation des sols et le manque d’accès aux services sociaux de base, associés à une forte croissance démographique. La pandémie de la maladie à coronavirus 2019 (covid-19) a aggravé une situation déjà fragile, entraînant une augmentation des niveaux d’insécurité alimentaire et de malnutrition dans le pays.

L’insécurité persistante dans les régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Tillabéri, ainsi que dans les pays voisins, continue de forcer les personnes à quitter leurs foyers. Ceci a entraîné une perturbation généralisée des activités agricoles et commerciales, engendrant des déficits de production localisés, une dépendance accrue des ménages à l’aide humanitaire et l’adoption de mécanismes d’adaptation négatifs pour couvrir leurs besoins alimentaires de base. En outre, le rassemblement d’animaux dans des zones sécurisées mais réduites, entraîne une dégradation rapide des ressources fourragères et hydriques disponibles ainsi qu’une augmentation des tensions entre agriculteurs et éleveurs. De plus, la dégradation des terres, les attaques de ravageurs, les déficits fourragers dus à la sécheresse dans les zones agricoles et pastorales et les graves inondations qui ont engendré des dommages et des pertes considérables dans tout le pays, ont entraîné de faibles résultats de production, touchant considérablement les moyens d’existence des ménages et aggravant leur insécurité alimentaire.

Selon la dernière analyse du Cadre Harmonisé (décembre 2020), plus de 1,8 million de personnes sont estimées en situation d’insécurité alimentaire aiguë en juin-août 2021, si une assistance adéquate n’est pas fournie.

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https://www.lemonde.fr/afrique/video/2021/09/15/coup-d-etat-en-guinee-a-conakry-les-habitants-partages-sur-l-avenir-d-alpha-conde_6094789_3212.html

Le président renversé le 5 septembre est tenu pour responsable, par beaucoup de ses compatriotes, de la mort de dizaines de civils lors du mouvement de contestation contre un troisième mandat et de l’arrestation de centaines d’autres. Ses détracteurs appellent à le juger, certains opposants craignant la libération de cet animal politique.

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  • 2 weeks later...

En Centrafrique, en République démocratique du Congo, au Soudan du sud... et peut-être bientôt aussi au Mali, des experts des Nations Unies sont au chômage technique depuis plusieurs semaines. Derrière ces blocages répétés, la Russie.

Ces représentants de l'ONU sont en principe chargés de contrôler le respect des embargos sur les armes et peuvent proposer des sanctions contre des personnalités. Mais depuis des semaines, la Russie bloque tout en refusant de valider le noms soumis aux Nations unies pour renouveler les équipes sur le terrain. 

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210930-russie-moscou-bloque-les-comités-d-experts-de-l-onu-enquêtant-dans-plusieurs-pays-africains

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Le 12/09/2021 à 18:11, Paschi a dit :

Je suis tombé sur cet article dans jeune Afrique https://www.jeuneafrique.com/1225694/societe/la-croissance-demographique-une-chance-pour-le-niger-et-lafrique/ rédigé par, Gado Alzouma, universitaire nigérien et professeur en socio-anthropologie, qui m'a laissé quelque peu dubitatif voir perplexe. Il y maintien que l’augmentation rapide de la population est sans doute la meilleure chose qui soit arrivée au continent depuis au moins cinq siècles. Cette forte croissance démographique doit être soutenue et maintenue au cours des décennies à venir, car elle conditionnera le rang de l’Afrique dans le monde de demain et, surtout, son développement économique. Pour soutenir cette hypothèse, il prend l'augmentation de la population, plus particulièrement au Niger, de 1960 à 2020. Puis il y oppose l'augmentation de l'espérance de vie, la baisse de la mortalité, diminution de la pauvreté, l'augmentation du taux de scolarisation pour la même période de même que l'augmentation de la production agricole, par exemple celle du mil, aliment essentiel au Niger, qui a été multipliée par 3 entre 1990 et 2014.

A aucun moment dans son article ne il se pose des questions sur les raisons des ces améliorations qui pourtant sont multiples :

- amélioration de la médecine-

transferts financiers de la diaspora nigérienne vivant à l'étranger

- l'aide humanitaire dont bénéficie, entre autre le Niger

- causes de l'augmentation de la production agricole

- etc...

Même si un bilan démographique positif est nécessaire à tous pays (voir entre autre les défis auxquels est confronté le Japon) et que d'autres facteurs qu'il cite, comme la corruption généralisée, le mauvais choix des politiques nationales de développement, l’insécurité, l’incompétence des dirigeants et le fait que les richesses tirées du sous-sol ne profitent pas au pays et aux populations, oser prétendre que la démographie galopante que connaît l'Afrique depuis de nombreuses décennies est nécessaire à ce continent sur la seule base des chiffres cités, sans en chercher les raisons, n'est pas vraiment sérieux (je pèse mes mots).

Une réponse venue non pas du Niger, mais du Nigeria voisin :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/07/en-matiere-de-securite-et-d-economie-les-autorites-nigerianes-semblent-avoir-perdu-le-controle_6097425_3232.html

Après une alternance de récessions et de reprises poussives, le PIB devrait retrouver à la fin de l’année son niveau de 2010, « inversant ainsi une décennie complète de croissance », soulignait la Banque mondiale en juin. Depuis plusieurs années, l’économie progresse deux à trois fois moins vite que la démographie.

Au rythme actuel, le Nigeria pourrait compter 400 millions d’habitants d’ici à 2050. Si rien ne change, sa jeunesse, perçue comme son plus bel actif quand la croissance galopait, n’apparaîtra plus que comme une bombe à retardement.

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https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210503-philosophie-l-invention-de-l-afrique-enfin-en-français

L’Invention de l’Afrique, un classique de la pensée postcoloniale, paraît enfin en français, 33 ans après sa première parution en anglais.

« Mudimbe se livre véritablement à une leçon de lecture de ce qu’il nomme la "librairie coloniale" ».

Celle-ci est « constituée de l’ensemble des représentations et des textes qui ont collectivement "inventé" l’Afrique comme le lieu par excellence de la différence et de l’altérité ». Ce faisant, il s’en prend « avec une certaine allégresse aux littératures en quête d’une Afrique "vernaculaire", d’une modernité néopharaonique inaugurée par une Égypte ancienne triomphante ».

Autrement dit, Mudimbe engage la discussion avec Cheikh Anta Diop, auteur d’Antériorité des Civilisations. Mythe ou vérité historique ? et les thuriféraires de la « fétichisation de l’Afrique précoloniale et de l’oralité ». Il envoie dans les cordes les afrocentristes, en expliquant que leur discours n’est qu’une réaction dans un rapport de domination, mais pas une production de connaissances émancipée.

Mudimbe s’interroge sur la production des connaissances sur l’Afrique et leur contexte historique, produit par la structure coloniale (colonizing structure) - conquête territoriale, intégration des économies africaines dans celles des métropoles et reformation des esprits africains. « Il considère que même dans leur critique de la "librairie coloniale", les Africains n’en sortent pas ou difficilement », explique Mamadou Diouf à RFI.

Son caractère innovateur, qui n’a pas pris une ride, vient à son avis de « la rencontre de la culture intellectuelle francophone de Mudimbe avec le monde anglophone ».

L’enjeu est politique : si les Indiens, ex-colonisés, peuvent ouvrir un espace intellectuel qui leur est propre et, dans une certaine mesure imposer leur rythme aux études sur l’Inde, « il n’y a pas beaucoup de place pour les Africains dans les études sur l’Afrique, un continent qui reste une sorte de réserve intellectuelle de l’Occident », poursuit Mamadou Diouf.

En plein débat « décolonial », ceux qui prendront le temps de lire Mudimbe y trouveront des ressources inépuisables, aussi bien sur la production, circulation, réception et adaptation du discours colonial que des récits identitaires. Les deux ne tirent-ils pas sur la même ficelle ? s’interroge Mudimbe.

V. Y. Mudimbe propose donc rien moins qu’une émancipation intelligente, pour enfin sortir de ce jeu perpétuel de ping-pong postcolonial entre accusateurs et accusés. Il s’agit plutôt de fonder des « humanités » africaines ancrées non plus dans le rapport avec l’Occident, mais une Afrique inscrite dans le temps du monde, dont les langages tracent des universels et des modernités plurielles.

A-t-il réussi ? La réponse de Mamadou Diouf est on ne peut plus claire : « Ce livre, qui a déjà produit une littérature importante, figure parmi les lectures obligatoires dans toutes les formations en études africaines aux États-Unis ».

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https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211007-afrique-france-un-sommet-sans-chefs-d-état-africains-pour-tenter-de-renouveler-la-relation

Entrepreneurs, représentants des sociétés civiles, acteurs de la culture, du sport… 2 500 à 3 000 personnes, dont 700 en provenance du continent, sont attendues ce vendredi 8 octobre à Montpellier pour participer au 28e sommet Afrique-France. Petite révolution : aucun chef d’État africain n’a été convié pour l’occasion.

Une lecture de l’événement qui revient chez un conseiller d’un président d’Afrique de l’Ouest : « C’est une opération de relations publiques à la veille d’échéance électorale, tacle-t-il, ça ne nous fait ni chaud ni froid. De toute façon, ils [les deux présidents] se parlent. » Un ministre ouest-africain se fait lui plus sévère. « Je trouve ce sommet vain alors que l’un des enjeux de lutte contre le terrorisme, c’est justement de restaurer les États », juge-t-il avant de conclure : « Je ne crois pas que l’on puisse fonder les relations internationales sur autre chose que des relations inter États ».  

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