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Pourquoi la bataille de Gallipoli ?

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Pourquoi la bataille de Gallipoli a mal finie ?

Celle de 1915.

A l'origine c'était pour empêcher les Ottomans de trop se préparer pour la guerre si je me souviens bien.

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- Sous estimation gravissime du mordant et de l'organisation (surtout reprise en main par les Allemands) des troupes turcs, mais aussi des défenses côtières

- évaluation absolument merdique et en-dessous de tout du terrain

- moyens inadaptés, un peu en quantité mais surtout inadaptés à ce type de terrain

- mauvais choix des zones d'attaque, problème en général du commandement aux hauts échelons. Inadaptation aux événements et persistance de rester sur les zones choisies (les bandes côtières, véritables enclaves) en dépit du bon sens

- autres problèmesde conception de la guerre, similaire à ceux rencontrés sur le front ouest

- fondamentalement, un choix sur carte poussé par certains comme Churchill

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Et pourtant, les français avaient reussi leur débarquement sur la rive asiatique et continuer sur la lancée, aurait pu tout changer...

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Mais ce n'est pas l'entrée en guerre de l'Empire ottoman aux côtés des Allemands apporte un certains avantage pour ces derniers:

1-Par son étendue; d'Istanbul à Bagdad et apporte aussi une certaine menace sur l'Egypte alors sous domination britannique et sur l'axe de communication majeur qu'est le canal de Suez.

2- Les armées ottomanes ouvrent également un nouveau front au sud de la Russie et peuvent aussi marcher sur l'Inde à partir de l'Irak.

3- Enfin, la fermeture des detroits de la mer Noire, le Bosphore et les Dardanelles, isole la Russie de ses alliés.

N'est-ce pas ces raisons qui motive les alliés à faire un tours aux Dardanelles ?

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Oui, mais ce sont les raisons de principe, vues depuis une carte de l'Europe. C'est ça, une stratégie de cabinet. Et quand on n'écoute pas assez les opérationnels et qu'on décide ça malgré les avis éclairés (ou que les opérationnels ne la ramènent que modérément parce qu'ils tiennent à leur place et à leur carrière future, ou encore qu'ils soient eux-mêmes atteints du syndrôme "tour d'ivoire", maladie fréquente chez les généraux, surtout en EM ou poste politique), voilà ce qu'on obtient.

Mais le principe de l'opération aurait quand même pu être bien mené, mais il y a eu des entêtements du sommet politique comme des officiers généraux, des lacunes (surtout en renseignement fiable, en matériel et en choix éclairé des sites), des histoires d'ego.... Après tout, un général en charge d'une opération est en fait un chef de projet cherchant l'avancement et l'autopromotion: certes il assume ses choix (mais les grands officiers ont souvent des matelas et soutiens politiques, plus des subordonnés à blâmer, un art des rapports et correspondance, donc de la paperasserie et des datations et formulations, qui permet d'évacuer beaucoup de responsabilités....), mais il est souvent convaincu par lui-même, peu confiant en les autres (c'est encore plus vrai dans les cultures hjiérarchiques où le chef est un être surhumain et à part), assez souvent imbu de lui-même (à divers degrés, mais ça va avec la confiance en soi: ceux qui arrivent en haut de la pyramide le sont toujours), entouré de sycophantes et de demi-compétents (singes savants sans ambition, hommes brillants mal employés pour ne pas qu'ils se mettent en valeur, et authentiques lèches-fions et pistonnés sans talent)....

Et c'est vrai à tous les échelons de commandement, cette logique: on est toujours un chef de projet cherchant l'approbation de l'autorité supérieure. Et, à part les caractères forts et honnêtes, ou les indépendants, cette logique est celle qu'on a tendance à privilégier un poil plus que le service à la cause (au besoin au détriment de son avancement, qui dépend non pas du mérite, concept absolu, mais de la reconnaissance de celui d'au-dessus, ou d'un échange de bons procédés).

Ca permet de s'enferrer dans des erreurs bien trop longtemps sans se remettre en cause, de rejeter les responsabilités, ou alors de tenter la fuite en avant et la persistance dans l'erreur, de se faire des illusions.... Ajoutez les a prioris culturels (les turcs ne sont plus ce qu'ils étaient) et certitudes intellectuelles de bonne foi (on attaque, ça passera, il faut persister....), voire le détachementfacilité par une position plus élevée (les morts ne sont que des statistiques, on ne fait pas d'omelette sans casser des eux....), et on peut avoir la parfaite recette d'un désastre.

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détrompez moi si je me gourre mais cette bataille n'aurait d'ailleurs jamais du avoir lieu

la première sonde maritime  avait franchie les defenses abandonnées des dardanelles mais a fait machine arrière parceque personne n'a songé à ce moment a appuyer le mouvement

quelques mois plus tard on revient et on s'encastre dans un champ de mines et des tirs de batterie cotières qui bloquent l'avancée des navires

hors après la 1ère reco à vide, il était évident que les turcs allaient renforcer leur dispositif aussi bien anti navire qu'au sol

et après l'EM a choisi Galipoli, le pire coin de l'endroit (surmonté de falaises et collines donnant d'excellents axes de tirs sur les plages de débarquement, talweg asséchés de sels qui permettaient de suivre les silhouettes en sombre des soldats et "fjord" encaissé limitant le flot de debarquement des troupes, l'envoi de gros materiel et le rapatriement des blessés)

cette boucherie a donc effectivement été une accumulations d'erreurs grossières

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Qui plus est d'erreurs non corrigées, de persistances autistes.... Bref, c'était un projet voulu, suivi, piloté et observé depuis un bureau de Londres. Quand Churchill dit qu'un chameau est un cheval dessiné par une commission, on pourrait lui répondre qu'un projet confié exclusivement à un petit cénacle, c'est Gallipoli.

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C’était une bonne idée. Forcer le passage aurait mis l’Empire Ottoman hors course, empêché le ralliement de la Bulgarie aux empires centraux et fournit un support efficace à la Russie qui aurait pu se montrer plus redoutable.

Malheureusement, l’opération fut particulièrement mal menée face à des troupes qui comptaient parmi les meilleurs de l’empire et une coopération germano-turque comme il fut rarement atteint par la suite. A mon avis, voici quelques erreurs qui furent commises :

1° Une trop grande confiance en soi de la Royal Navy. Impressionné par les effets de l’artillerie lourde allemande sur les forts en béton belges, les Anglais croyaient qu’ils ne feraient qu’une bouché des forts turcs. Mais les obus de rupture de la marine se sont révélés totalement inefficaces face à des constructions en terre.

2° Une reconnaissance et une attention insuffisante des approches du détroit. La dernière opération de draguage de mine avait été effectuée dix jours auparavant. Entre temps, les Turcs avaient eu le temps d’en poser de nouvelles.

3° Décalage de temps entre les opérations navales et terrestres. Après avoir tenté de forcer le passage, il faut attendre plusieurs semaines pour voir un débarquement. Bien sur les responsables ottomans eurent largement le temps de le voir venir et de s’y préparer. A ce sujet, il faut encore souligner le manque total de discrétion et de secret qui a entouré l’opération.

4° Manque total d’intérêt de la part des dirigeants Alliés. Les troupes affectées étaient de seconde ordre (ou considéré comme tel) pour la plupart (colonial, réserviste ou ceux de nations nouveaux) Même constatation pour le matériel. Un exemple, les premiers débarquements seront réalisés par canots et un navire destiné à aller s’échouer sur la plage. Pourtant, il y avait déjà des chalands de débarquement à l’époque mais leur existence était tenue secret et personne ne songea à les utiliser.

5° Une stratégie quelque peu dépassée visant à forcer coûte que coûte le passage et conduisant à des assauts frontales meurtrières. Pourtant les Alliés avait la maîtrise des mers et auraient pu tenter de contourner les défenses turques par des débarquements répétés.

6° Le manque de renseignement. Non seulement sur les troupes adverses mais aussi sur le terrain et la géographie. Les cartes les plus récent dataient de la guerre de Crimée. Les Alliés se sont souvent acharnés sur des objectifs qui en réalité n’avaient pas ou peu d’importance.

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J'ajouterais un 7ème point à ta liste: le terrain lui-même, comme multiplicateur de force des défenseurs, pour plusieurs raisons: d'abord et avant tout, c'est quand même un terrain très merdique en général pour partir à l'assaut (relief abrupt et découpé), et encore plus à cette époque où la puissance de feu fait du moindre nid de mitrailleuse derrière un rocher un mortoir pour l'assaillant. Là, on a quand même une fortification naturelle pour une bonne partie du front, une absence totale de positions de repli pour les alliés, pas de recul, pas de possibilité d'organiser une artillerie terrestre correctement (lié à l'absence de profondeur du dispositif) et appui limité à l'artillerie navale et ses limites.... Ensuite, on a un problème similaire au front italien: on est sur du terrain rocailleux, sur lequel l'effet de frappes d'artilleries, de mines et d'explosifs en tous genres est démultiplié. Le sol est un amas de schrapnells naturels. Du coup, quand des positions défensives un tant soit peu correctement organisées peuvent lâcher leur barrage, l'effet est dévastateur sur des vagues d'assaut.

Peut-être aussi un 8ème, plus évident en fait: opération amphibie loin des bases de départ = lenteurs d'approvisionnements et de renforts, décalage du tempo entre la décision tactique et l'acheminement des moyens nécessaires (renforts ou remplacements, approvisionnements, surtout en munitions d'artillerie....).

Plus généralement, on retrouve les problèmes des autres fronts, et, en fait, les impasses tactiques de la Première Guerre Mondiale sur de nombreux plans, mais en version accrue en raison des insuffisances du corps expéditionnaire et des distances. On peut cependant constater la même erreur de fond commise dans les opérations terrestres à l'ouest et dans cette opération; la croyance jusqu'à l'absurde à l'efficacité absolue de longues et massives préparations d'artillerie tapant sans discernement rencontre les mêmes limites que sur le front ouest, à savoir une dépense absurdement disproportionnée par rapport à l'effet réel obtenu.

Les troupes affectées étaient de seconde ordre (ou considéré comme tel) pour la plupart (colonial, réserviste ou ceux de nations nouveaux)

Là je suis moins d'accord sur ce plan; je n'ai jamais lu d'indications comme quoi ces troupes étaient considérées d'un rang inférieur.

Une reconnaissance et une attention insuffisante des approches du détroit. La dernière opération de draguage de mine avait été effectuée dix jours auparavant. Entre temps, les Turcs avaient eu le temps d’en poser de nouvelles.

Plus largement, on constate là l'effet du débat tel qu'il a eu lieu à la Chambre des Communes, entre Churchill et ses adversaires. Les amiraux Fisher et Jackson avaient en effet déconseillé de croire en l'absolue supériorité d'une flotte de combat et de ses pièces sur un tel théâtre que des barrages de mines ET DE TORPILLES pouvaient facilement boucler.

Cette réalité est accrue par le choix des forces navales pour l'opération, Churchill insistant pour l'emploi de pré-dreadnougths, dont l'Angleterre et la France ont une mégachiée, pour ne pas se désarmer face à la menace de la Hochseeflotte.

Ce qui est en fait le plus révélateur dans l'aventure est, comme souvent, ce qui se passe avant, soit le débat tel qu'il se déroule à Londres et qui préside à la décision stratégique. Et s'il ya bien une chose qui obsède Churchill, c'est une menace bien réelle, celle de voir la Russie s'effondrer prématurément du fait de ses insuffisances industrielles face aux besoins du front en équipements et munitions, le tout dans un contexte d'immobilité établie à l'ouest.

Donc pourquoi Gallipoli? Par crainte de voir l'Allemagne n'avoir qu'un seul front. Mais surtout, une crainte spécifiquement britannique aiguillonnée par le clan conquérant du pouvoir russe, autour de la personne du ministre panslaviste des affaires étrangères Sazonov. Il parvient à rallier à sa cause un noyau d'officiels britanniques via l'ambassadeur anglais à St Petersbourg, Buchanan, qui agite les divers courants d'opinions du pouvoir à Londres, prises de doutes face à l'impasse à l'ouest et effarées par la perte si rapide de leur armée de métier, quasi entièrment consommée dans les premiers mois de la guerre.

Lloyd Georges, ministre des munitions, est d'ailleurs lui aussi convaincu de l'impasse durable à l'ouest.

Il y a au final, rapidement, un petit consensus muet sur l'importance d'une "démonstration", essentiellement navale, pour dissuader le gouvernement jeune turc de menacer le flanc sud des alliés. Et à la fin de 1914, la totale impasse qui fait suite à la fin de la course à la mer, cette volonté dene contourner l'impasse constatée et de soutenir des Russes malmenés pour conserver des chances à l'ouest se fait plus pressante.

C'est Lloyd georges qui le premier désigne les Balkans pour plus qu'une démonstration navale: il désigne Salonique comme objectif majeur, opération qui semble facile et ne rencontre à ce stade qu'une opposition molle des tenants de la décision sur le front ouest (le ministre des affaires étrangères Grey, Lord Kitchener, Joffre....). Le but est alors de créer une tête de pont en Thrace pour y développer une grande base logistique et aménager les environs (rails....), avec le soutien des Grecs, Serbes et Roumains, soit de quoi constituer une concentration de forces décisives une fois que Français et britanniques auraient pu y acheminer eux-mêmes des divisions. L'idée n'est pas mauvaise puisqu'elle consiste à faire du sud des balkans une forteresse avec la possibilité de frapper tant les Turcs que l'Autriche, au lieu d'avoir ces mêmes Balkans comme obstacle. L'engagement, passé la conquête de la tête de pont, n'est même pas immédiatement nécessaire. Une telle base serait par ailleurs aussi à même de menacer la Syrie, en constituant un échelon capable de monter un corps expéditionnaire rapidement, ce qui constituerait une capacité d'appui avancée pour la route Alexandrie-Londres, vitale pour l'Angleterre et menacée par la concentration de forces ottomanes en palestine.

Mais cette position médiane impose un investissement important et de long terme, même s'il reste modéré et relativement tolérable pour les tenants du front ouest (donc négociable). Mais c'est à ce stade, on est au tout début de janvier 1915, que Churchill intervient. Lui est entièrement axé sur le soutien aux Russes, et insiste pour répindre immédiatement et positivement à elur demande d'une démonstration navale contre les turcs.

Et là on a l'ambiguité de sa position: s'il semble motivé par la situation russe, il a aussi une idée fixe, une de ces fascinations obsessionnelles pour des projets grandioses qui ne le quittera jamais: l'idée d'une opération dans les balkans le taraude en effet comme un projet en soi depuis avant même l'entrée en guerre de la Turquie en novembre. Et c'est en plus une occasion de briller, une opportunité de carrière peut-être, et une action d'éclat dont il a le goût si prononcé. On peut encore se demander si la situation russe et la nécessité de soutenir le front est ne fut pas qu'un prétexte, dans cet esprit étrange, pour mettre son projet en avant. mais le fait est qu'il met alors pleinement en avant la nécessité des détroits pour pouvoir alimenter la Russie en munitions, Arkhangelsk étant prise par les glaces la moitié de l'année. Il souligne en outre l'insupportable présence de 2 croiseurs lourds allemands cédés à la Turquie, le Goeben et le Breslau, près du Bosphore, présence qui menace le trafic depuis l'Egypte.

Churchill pointe avec raison que son désir initial était de répondre favorablement aux ouvertures grecques: dès octobre, ceux-ci préconisent une action rapide, alors que Gallipoli n'est défendue que par 5000h, consistant en un plastron grec massif à la frontière et une opération amphibie surprise en divers points non fortifiés de la péninsule, sans opération maritime massive. Churchill est alors emballé, mais le ministre grey oppose une fin de non recevoir.

A la décharge de Churchill et de Lloyd Georges, c'est à ce moment qu'une des occasions les plus fabuleuses de toute la guere a été complètement loupée: à et instant et en cet endroit, les Turcs étaient complètement vulnérables à une opération limitée. Et les Grecs étaient d'accord pour fournir le gros des effectifs, la bulgarie, pas encore décidée sur ses alliances, était prête à franchir le pas, et l'Italie elle-même aurait pu être convaincue d'agir.

Mais cette occasion unique de l'automne 1914 n'a pas été saisie. Et Churchill n'est pas non plus un chaud partisan, au début 1915, d'un débarquement massif dans des détroits désormais fortifiés et alimentés en troupes. Lui se convainc de la possibilité d'une opération uniquement navale de destruction des fortifications (suite à son récent tour sur le front des Flandres) et de forcement subséquent des détroits pour aller menacer Constantinople.

C'est là que commence la vraie lutte politique: l'amiral Fisher, très influent et prestigieux, n'est pas contre l'opération, mais à la seule condition que la rapidité absolue en soit la clé, car seule la surprise garantira le résultat (lui n'est pas dupe des contraintes du théâtre et des limites des possibilités d'une flotte, même moderne). Et il considère que les tergiversations opposées aux Grecs ont rendu les conditions de la surprise quasi impossibles à réunir. Lui lance plutôt le projet, début 1915, d'un débarquement au Moyen orient avec 2 objectifs de départ (Haïfa en Palestine et Alexandrette en Syrie), nettement plus facile, et d'une opération sur les champs pétroliers de Mésopotamie à partir de ces 2 bases. On constate que cette opération a pour but de rallier les Etats balkaniques qui pourraient ainsi attaquer les turcs pris sur 2 fronts, et donc être motivés par une tâche rendue plus aisée.

Cette vision de Fisher est celle du clan des obsédés de la victoire sur le front ouest, qui refusent un investissement massif dans une lourde opération à front unique contre les turcs: l'opération au Moyen orient, moins exigeante, engagerait la partie obsolète des forces navales (pré-dreadnouth....) et les effectifs terrestres déjà présents au Moyen Orient, sans pomper sur le front ouest, tant sur terre que sur mer (forces modernes destinées à affronter la Hochseeflotte).

Churchill empêche Fisher de diffuser cette idée et continue à promouvoir son chimérique projet exclusivement naval. De même, il étouffe les protestations techniques des amiraux Jackson et Carden qui souligne l'impossibilité de passer les détroits sans lourdes pertes.

Car en fait, toute cette affaire est décidée entre les derniers jours de décembre 1914 et la première quinzaine de 1915: ces longues oppositions que je décris se passent très vite et consistent en des échanges de personne à personne, avec quelques débats en cabinet et quelques présentations au parlement à la clé. L'appel discret au secours des Russes a lieu le 2 janvier. Le 13, Churchill pousse, après avoir rallié ses soutiens, à l'opération navale devant le War Council, soutenu par kitchener qui est soulagé de n'avoir pas à fournir d'effectifs terrestres.

C'est donc kitchener, le tout puissant ministre de la guerre, qui donne à Churchill l'appui décisif qui fait d'un projet parmi d'autres, qui plus est un projet irréaliste et peu étayé, une option stratégique réelle et envisagée sérieusement par l'Angleterre. Tout ça pour ne pas avoir à fournir une seule division, le besoin de troupes étant modeste et reporté au lendemain de l'opération navale. Et à partir de là, il le soutien et l'encourage! Autant donner la clé de la pharmacie à un junkie! C'est kitchener qui convainc Grey, Balfour et Crewe: le projet farfelu est devenu une décision stratégique voulue par la Marine et l'Armée.

A ce stade, Lloyd Georges est le seul contre ce projet qu'il juge irréalisable, continuant à préconiser le débarquement à Salonique. Fisher, lui aussi contre, ne dit rien: ce n'est pas un politique. Il ne gueulera que le 28 janvier, protestant même contre le gaspillage des vieux navires en raison des pertes en hommes potentielles. Il quitte la table, mais c'est encore une fois Kitchener qui l'y ramène et le fait rentrer dans le rang, en appelant à la nécessité dui consensus et à la discipline militaire. Sans cette intervention, l'opération aurait encore pu être arrêtée, tant l'autorité morale du vieil amiral était grande.

Côté français, seul Briand rejoint l'opinion de Lloyd George: eux seuls voient la possibilité de créer un vrai front sud dans les Balkas, une vraie menace pour les Empires Centraux qui rallierait Grecs, Serbes, Slaves, Roumains et Bulgares. A Paris, c'est le ministre de la marine Augagneur, à la remorque, qui devient le porte parole de Churchill.

Au final, pourquoi Gallipoli? Par le fantasme de Churchill, sa volonté, sa détermination et son enthousiasme, mais peut-être au moins autant par l'hypocrisie intéressée de Kitchener qui est celui par qui l'opération est passée du stade de projet perdu au milieu d'autres à celui de réalité politique et stratégique. Sans doute aussi en raison de la discipline de Fisher. Mais il ne faut pas oublier Grey dont la faute est d'avoir tergiversé en septembre-octobre 1914 face aux Grecs, alors que le besoin d'un coup de main dans les détroits, déjà existant, offrait des possibilités réelles à moindre frais. Cet atermoiement a maintenu la nécessité d'agir à cet endroit -mais là avec des exigences et une opposition plus grandes), nécessité dans laquelle Churchill a pu s'engouffrer.

Qui plus est, le tout s'est fait, et a du se faire suite à l'appel russe face à une situation soudainement tendue, dans la précipitation.

Initialement, le but et l'intérêt d'une opération n'était pas pour la Russie, mais pour dissuader les Turcs et/ou créer un  3ème front. La situation russe a ajouté un objectif, mais plus encore imposé une urgence, fait que Churchill a travaillé.

Et le principe d'une opération exclusivement navale acquise n'est en fait qu'un préambule impliquant une opération terrestre en cas d'échec initial: les décideurs n'assument jamais les échecs, et la nécessité stratégique demure. En conséquence, quand ça foire, on s'enfonce dans la surenchère, en considérant, ce qui n'est pas toujours absurde, qu'il vaut mieux poursuivre là on on a déjà commencé quelque chose. Seulement, si d'aucuns jugent que l'opération navale a été improvisée à la va vite, on se rend compte que l'opération terrestre qui est son extension est déclenchée quasi dans l'immédiat, suite à l'échec naval. A aucun moment elle n'a été plannifiée en amont.

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A propos des raisons de l'échec de l'opération, on peut ajouter les énormes erreurs du commandement (anglais), Hamilton et notamment son subordonnné hunter weston, caricature du boucher incapable, devenu général sans avoir exercé de commandement sérieux, passionné de l'attaque frontale jusqu'à l'épuisement et se foutant par dessus tout des pertes humaines.

Le plan de débarquement à Cape Helles (sur la rive européenne) comportait 5 plages, V et W se trouvaient au bout de la péninsule et étaient le principal site de débarquement, S, X étaient plus loin en arrière et Y avait été ajoutée loin au nord par hamilton.

Alors que les débarquement en V et W étaient repoussés, il y avait peu d'opposition sur les autres plages. Notamment le site Y n'était tout simplement pas défendu, seul un petit ravin escarpé permettait de monter les falaises et les turcs n'avaient pas pensé qu'il puisse servir de lieu de débarquement.

Si ce débarquement avait été correctement exploité, il aurait changé le cours de la campagne en créant une percée dans l'arrière turc qui aurait rendu les plages intenables. Les britanniques purent s'approcher à 500m de krithia, ce qui sera l'avancée maximum de toute la campagne! Faute de défenseurs, les britanniques débarqués ne savaient pas trop quoi foutre, ne trouvèrent pas la pièce d'artillerie qu'ils devaient détruire, puis il y eut une dispute à propos de qui devait commander. La conséquence immédiate est que les britanniques ne commencèrent à creuser des tranchées que trop tard quand vint la contre attaque turque et subirent de lourdes pertes.

Hunter Weston, au lieu d'envoyer des renforts sur la plage Y pour créer une percée sur les arrières comme lui avait suggéré hamilton (mettant à sa disposition deux brigades francaises pour cela), se borna à continuer d'envoyer des vagues d'assaut se faire massacrer sur les plages principales V et W. Rien ne fut fait pour tirer parti des débarquements sur S et X.

En dépit de l'évidence de l'imbécilité de la décision de son subordonné, hamilton qui pouvait observer la situation depuis le HMS Queen Elisabeth, ne fit rien pour éviter le désastre qui devenait de plus en plus flagrant, alors que son rang lui aurait permis de prendre en main la direction des opérations. La cause en est le système d'"umpiring" britannique, où un commandant est supposé laisser son surbordonné libre d'exécuter l'opération comme il l'entend. Ce système, inspiré du système allemand, tourna en un respect beaucoup trop important des subordonnés et de leur réputation, au point qu'un commandant en chef n'osait pas "interférer" dans les affaires d'un subordonné même si celui ci commettait des erreurs évidentes mettant gravement en danger le succès de la mission. Un chef militaire allemand aurait pris en main la direction et ordonné à son subordonné d'amener des renforts sur la plage Y.

Faute de renforts, la situation sur la plage Y devient désespérée. Hunter Weston ignora tous les appels à l'aide. Quand des bateaux virent récupérer les blessés, une vague de panique se répandit et les britanniques commencèrent à fuir en direction de la plage. Le débarquement fut abandonné vers 23H30 le 26 avril.

Ce qui aurait pu changer radicalement le cours du débarquement se transforma en fiasco. Hamilton fut rappelé à londres après les dardanelles et ce fut la fin de sa carrière militaire. Hunter Weston continua à recevoir des commandements, bien qu'il aie montré son incompétence à de nombreuses reprises. Il dirigea le VIII corps le premier jour de la somme, qui enregistra les plus lourdes pertes de la journée et n'atteint aucun de ses objectifs.

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Les raisons du repli, entre autres :

- tactiquement très difficile, les turcs tennaient les crètes (la résistance de Kémal fut d'ailleurs exemplaire), le terrain pas glop.

-la maladie qui affecte les soldats alliés

-l'impasse stratégique, l'effet de surprise passé, il n'était plus possible d'avancer vers Constatinople.

-sans doute aussi les coûts de ravitaillement, exorbitants pour des pays à l'économie déjà surchauffée par la guerre sur le front ouest.

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