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AIR-DEFENSE.NET

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  1. Concernant la LOG et la palettisation il faut distinguer le type de ressource. En France et plus généralement dans la LOG OTAN (mais a des niveaux différents, divisionnaire en France et brigade en Allemagne par exemple) la logistique va s'organiser pour pouvoir alimenter le front. En fonction de la ressource, on va adopter des procédés d'exécutions différents. En gros, on va créer des stocks stables (36 a 48h max) au plus prêt du front tout en restant en sécurité donc entre 40 et 80 km du front. Si besoin la LOG crée des stocks avancés qui permettent de suivre les armées en offensives (pour rester dans des distances acceptables). A partir de là on a deux choix: Depuis ces stocks, on va distribuer la ressource aux trains de combat de niveau 2 (comprendre les compagnies LOG des régiments/bataillons). Eux mêmes vont créer des stocks avancés mais très limités (24h max) pour distribuer aux trains de combat de niveau 1 (comprendre les sections LOG des compagnies). Depuis ces stocks, on va livrer la ressource directement aux unités engagées sur le front. La ça va être le TC2 qui va livrer directement les batteries, voir des unités logistiques divisionnaires qui vont le faire. Dans le cas 1, donc la distribution ça va être la quasi totalité de la logistique (eau, nourriture, munitions de petit et moyen calibre, pièces détachées...). Dans le cas 2, on va retrouver uniquement les munitions de gros calibre et parfois le carburant. Tout ça pour expliquer l'importance de la palettisation. En effet il faut bien manutentionner les palettes qui arrivent. Mais cette manutention va se faire en arrière du front, dans des zones sécurisées où la main d'œuvre est abondante. Les unités font remonter leurs besoins et la LOG constitue les palettes telles que demandées. Une fois ces palettes constituées, elles sont distribuées ou livrées en fonction du besoin. Pour cela on va utiliser des moyens de manutention. Chaque TC2 dispose également de ses propres moyens de manutention. Temps de chargement/déchargement d'un plateau rempli de palettes: environ 20 a 25mn. Avec des plateaux/kc20 standards on va pouvoir réduire ce transfert de charge (entre TC2 et TC1 par exemple) a moins de 10mn (on change juste le plateau/kc20). Dans le cas de l'artillerie on se rend vite compte au cette palettisation fait gagner un temps précieux. En effet on peut préparer en arrière (souvent par le TC1 voir par TC2) les obus qui arrivent prêt a l'emploi sur la batterie. On utilise que ce dont on a besoin donc se déplacer est très rapide en gardant les obus non utilisés sur palettes/plateaux. Pour résumer l'organisation occidentale, tout est fait pour que la manœuvre operative/tactique soit la moins impactée par la logistique. Et la palettisation permet un niveau de flexibilité et d'adaptabilité extraordinaire. Là où ça devient compliqué pour la LOG Russe c'est que la rupture de charge est très longue. Pour contrer cela et éviter de faire trop de manutention ils s'appuient sur le fait que leur équivalent de TC1 semble venir se ravitailler en obus (le reste de la LOG hors carburant est quasi négligeable en terme de volume) directement a la sortie du train. C'est une bonne idée tant que l'ennemi n'est pas capable d'atteindre les trains ou dépôts ferroviaires. Avec l'arrivée de l'HIMARS, cette tactique n'est plus viables car le temps de déchargement/chargement est trop long donc ça devient suicidaire. Donc les Russes semblent repasser a une logistique dans la profondeur. Celle ci demande beaucoup plus de manutention et également des délais de transport. Cela réduit fortement la flexibilité de l'armée russe. Si elle avait été mécanisée, la logistique russe serait moins vulnérable car elle pourrait continuer a utiliser le train au plus prêt (20/30km) tout en ayant des temps de rupture de charge très réduits. Aujourd'hui il semble que la manœuvre operative/tactique Russe est dictée par ses capacités logistiques. Si cela se confirme, cela veut dire que si les Ukrainiens se concentrent seulement sur la LOG Russe ils peuvent ''façonner'' (les anglo-saxons utilisent le mot shape) la manœuvre Russe a leur avantage. C'est exactement ce qu'ils font sur Kherson avec la destruction des ponts...
  2. Tout ca c'est beau sur le papier mais difficilement transposable au milieu militaire. Je me répète que cela ne prend pas en compte le réseau de manoeuvre russe (et notamment les 20 derniers kilomètres) et sa capacité a absorber tous ces véhicules. A ces 150 véhicules (je partirais plutôt sur 300 pour prendre en compte le poids des caisses en bois de munitions et l'attrition que vont subir ces véhicules) il faudra ajouter un certain nombre d'unités de circulation routière pour les guider et éviter qu'ils se retrouvent au mauvais endroit (pas sûre que le GPS fonctionne a 100% la bas et que les 300 gus soient des foudres de guerre en orientation...). On voit d'après les photos que la log russe tourne beaucoup en rames de 8 a 10 véhicules (1 escouade de tpt) escortés. Cela veut dire que la menace sur les flux logistiques est existante et prise en compte. Augmenter le nombre de véhicules (même banalisés) voudra dire augmenter l'escorte ou risquer de perdre des véhicules (et compliquer la log). Il suffit de lire Martin V. Creveld dans ''supplying war'' pour comprendre que c'est un peu plus délicat. Pas que l'armée russe soit incapable de le faire, mais demandera beaucoup plus que 150 véhicules et conducteurs. Si ils y arrivent, cela fera preuve d'une extraordinaire capacité d'adaptation. Là où ils auraient pu s'adapter plus facilement c'est si ils avaient une logistique palettisée avec des moyens de levage pour effectuer des transferts/ruptures de charges rapide. Ils pourraient s'affranchir des dépôts intermédiaires et livrer directement les TC1 avec des bases de soutiens avancées temporaires (a adapter a la rapidité de la boucle ooda ukrainienne en fonction des regions). Sans cette log mécanisé cela paraît compliqué...
  3. Cela semble simple vu comme cela mais cela induit énormément de problèmes : 1/ il faut des axes logistiques capables d'absorber ces 2000 véhicules aller retour x2. Le réseau de manœuvre russe et surtout son état ne semble pas le permette après les préparations d'artillerie. 2/ 2000 véhicules c'est "simple" a trouver mais les entretenir (ne serais-ce se les pneus vu l'état des routes et la ferraille qu'on y trouve) et les ravitailler (carburant) est exponentiel vu le nombre de véhicules. 3/ plus de véhicules veut également dire plus de soldats autour. Il faut des unités de circulation routière, il faut des unités de protection de ces axes, des unités de maintenance... Quantité qui fait actuellement défaut aux forces russes. Au final, les forces russes vont devoir réorganiser leur logistique. Ce n'est pas impossible qu'ils arrivent a s'affranchir du rail et a mettre leur dépôts a l'abri des himars ukrainiens. Mais cela veut dire que cela va prendre du temps (donc du temps pour les ukrainiens afin qu'il se réorganisent) et également développer d'autres vulnérabilités.
  4. Bonjour, Après avoir longtemps suivi le forum en tant qu'invité je prend le temps de m'inscrire et de me présenter. Actuellement employé dans l'administration, je suis spécialisé dans la logistique et notamment le transport. J'ai suivi des études de sciences politiques et plus particulièrement d'études stratégiques dont une bonne partie a l'étranger. J'espère pouvoir échanger sur divers sujet même du ce qui m'intéresse le plus sont les processus d'adaptation organisationnels ainsi que tout ce qui touche a la logistique (approvisionnement, mouvement, gestion des stocks...). A bientôt !
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