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  1. Alors quelques nouvelles fraiches du programme SCAF et du NGF en particulier depuis l'ONERA. Des équipes travaillent sur le programme comme s'il était lancé, confirmé, verrouillé à 99% ou plus. La question n'est pas de savoir s'il se fera mais avec qui. Et encore la question leur semble secondaire, parce qu'en attendant, du côté de l'ONERA, ça avance. On pourra objecter que ce n'est pas l'ONERA qui décide du programme. Mais ce que je vous retourne concerne l'état d'esprit des équipes au travail. Le cockpit en particulier fait l'objet de beaucoup d'attention. Ils en sont à concevoir le futur simulateur du NGF. Au delà des écrans tactiles, on parle désormais d'écrans "tangibles": Des écrans qui se déploient en phase de convoyage pour augmenter la surface de travail et se replient au besoin (dogfight,...) Il s'agit de pouvoir présenter les données au pilote au mieux sachant qu'avec le possible contrôle des drones, les ECM, l'IA... les tâches à accomplir vont aller en augmentant par rapport à la génération actuelle => travail sur l'ergonomie. Pour le reste (partie technique) je n'ai pas le droit d'en parler pour le moment. Voilà, ça m'a surpris aussi mais on en est là. Ils sont à fond.
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  2. Issu de la longue lignée : 1 - YAKA (permet au chef de réfléchir) 2 - YAVEKA (hautain) 3 - YORAKA (méditatif) 4 - YFODRA (à utiliser après emploi successif du 7 et du 10) 5 - YZONKA (permet de gagner du temps avec le chef du chef) 6 - YAVEKAPA (à utiliser par tous les problèmes de subalternes) 7 - YFOKON (permet de donner la fausse impression que le chef VALE FER) 8 - YFOLEFERFER (réaction normale du chef) 9 - YFOPALEFERFER (exceptionnel) 10 - YFOPALEFER (d'usage intérieur au chef après utilisation du 7) 11 - YFOLEFER (il s'agit d'un commandement, ne s'applique pas au chef) 12 - YRESKA (en attendant de savoir QUIVALEFER) 13 - YAKAPA (généralement employé par le chef sous la forme YAKAPASANFER) 14 - YAPUKA (résigné mais avec emploi intérieur du 11) 15 - YNOUFO (à utiliser avec le chef du chef dans le cas ou le premier utiliserait les mêmes commandements) 16 - YANAPA (à utiliser en priorité si on demande quelque chose au chef) 17 - YANAPU 18 - YANA (utiliser de préférence les 16 et 17) 19 - YANORA (à utiliser toujours après les 16 et 17) 20 - YZANON (permet de s'assurer les compétences du chef voisin) Clairon
    21 points
  3. C'est un problème pour les Allemands ça. Parce qu'ils veulent sauter les étapes, ils pourraient avoir un plan B si ils avaient investis autant que nous dans le domaine, mais ils veulent que la politique corrige les erreurs stratégiques qu'ils ont faites, ils ne peuvent pas supporter qu'on ait le moindre avantage concurrentiel, quand ils réalisent qu'on en a un ils utilisent l'Europe pour nous forcer à faire la même erreur qu'eux (exemple le nucléaire versus les renouvelables) et sinon ils veulent des coopérations où tout est remis à plat, où plus personne n'a un avantage sur l'autre: ce qui peut marcher entre égaux, mais justement ils ne sont pas égaux et font comme si ils l'étaient.
    19 points
  4. L'état des navires Russe est pourtant facile à déterminer : Pas de fumée => Avarie Un peu de fumée => Fonctionnent normal Beaucoup de Fumée => Incendie Mer d'huile (au sens propre) => Coulé
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  5. Photo prise il y a 2 jours à Rzeszow en Pologne D'autres Caesar arrivent
    18 points
  6. Vous en voulez une petite ... On envisage une cadence de 5 Rafale par mois, on y travaille chez DA avec éventuellement une partie de la production dépaysée. c'est au stade de la réflexion
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  7. On comprend pourquoi ils ont choisi le F-35 ... vont pas être dépaysés
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  8. @CortoMaltese Désolé pour la longueur de ma réponse Fusilier et Corto Maltese . Pour l'usure des tubes , on surveillait cela de très près via un carnet que gérait le sous-officier responsable au niveau de la batterie , et qui était Méca Art ,mécanicien artillerie ,donc apte à gérer le suivi , l'entretien et donc suivre l'usure des tubes de la batterie , que ce soit sur 155 TRF1 , canon de 105 HM2 , mortier de 120 mm , le Méca Art était aussi apte à gérer sur de l'AUF1 . Au niveau campagne de tir sur 3 semaines , en règle générale on tirait par pièce au moins 30 obus ,mais c'était variable . De facto si on y regarde bien l'usure était pas si évidente avec un tel rythme même sur 20 ans . Par contre une chose que je confirme c'est que l'on a eu rapidement des 155 TRF1 revalorisé au retour de la guerre du Golfe , enfin on a eu ceux-ci au régiment peu de temps juste avant la 1ere guerre du Golfe Persique , il me semble que 1 an après le retour du Golfe , on a fait une ou 2 campagnes de tir avec les pièces qui avaient tiré durant l'offensive terrestre , et on a pas eu de soucis majeur , particulier au niveau usure du tube . On a eu des 155 TRF1 amélioré via un moteur diesel et plus a essence comme celui de la guerre du Golfe , et les tubes avaient eu aussi droit à un chekup , mais je ne pourrais dire si ils avaient carrément été remplacé . En fait c'est surtout le type de munition , le type d'obus qui a joué sur l'usure , comme avec les kits de Réduction de traîné de culot qui permettait d'apporter de l'allonge , mais forcément cela joué sur l'usure des tubes en usant plus vite les tubes . Maintenant on tirait des obus d'exercices bleu en majorité , sauf pour les tirs de nuit car sinon les observateurs pouvaient pas bien observé l'arrivée des coups , donc là on tirait à l'obus explosif . On tirait aussi des obus spéciaux comme du fumigène , éclairant . Mais forcément l'obus d'exercice ça limite l'usure des tubes ,enfin de se que j'en sais ,mais c'est aussi le fait que l'on tirait avec des charges de poudre moins puissante , car les camps de manœuvre comme Canjuers ,Suippes ben bien que très grand , ça limite quand même les portées de tir . Hormis une fois ou on était sorti du camp de Suippes pour rejoindre un autre camp proche , là on avait utilise des charges plus importante afin de permettre un tir à cette distance bien plus grande que de le faire sur Suippes même . Mais c'était une occasion rare , pas courante comme manip . Alors oui il y a une usure même sur 20 ans en ayant pas disons un sur emploi via du tir limité à des tirs annuels . Franchement j'ai pas le souvenir de pb d'usure prématurée de tubes sur plusieurs années ,même si c'est pas 20 ans . Usure prévue selon le carnet de tir oui ,mais pas d'usure prématurée . En 1992 , on est arrivait en RCA pour relever la 3e Batterie du 35e RAP , celle-ci avait déployé du monde au Rwanda avec les canons de 105 mm , d'ailleurs on était prévu pour relever aussi au Rwanda ,mais là finalité est que seul les canons de 105 HM2 avec qui ils étaient parti sont resté au Rwanda avec les artilleurs rwandais ,nous ils nous restaient que les mortier de 120 mm car aux EFAO de Bouar ou était la batterie d'artillerie tournante , l'escadron AML , la Compara ( ou commoto ) et une CCL . On a reçu des canons de 105 HM2 , qui avaient sorti des stocks de métropole , les tubes étaient comme si on les avait laissé sous l'eau , on aurait dit du petit corail dans les rainures du tube , impossible a gratter avec l'écouvillon , notre Méca artillerie trouva la solution avec un liquide " corrosif" mais bien dosé , on a laissé agir en bouchant la sortie du tube ,pendant 1 jour et ensuite on a put gratter sans forcer . Ces canons de 105 HM2 , donc du matos US a l'origine acheté par la France et qui avait tirer pas mal d'obus en au moins 40 ans , ben nickel pas de soucis de micro fissures ou autres , on a tiré sans pb , en sachant qu'en RCA on tirait bien plus d'obus , tout les 4 mois ,les batteries qui se relevés allaient tirer des obus explosif et autres ,mais pas d'obus d'exercice , et la on dépassait largement les quelques dizaines que l'on tirait en France . Ça valait aussi pour le mortier de 120 mm . Idem au niveau charges de poudre , on tirait beaucoup plus loin qu'en métropole . Donc plus de puissance pour pousser l'obus dans le tube . Ben pas de soucis majeur . Donc voilà ,désolé pour le message un peu bordélique ,mais comme souvent j'ai eu la prise de morphine avant d'écrire se post . J'espère que ça aura répondu à vos questions .
    17 points
  9. On a des précédents : la capture d'une dépanneuse par une 7ème compagnie agissant au sein du dispositif allemand.
    16 points
  10. Pour apporter ma petite pièce, la peinture qu'a le B01 ce n'est pas la DGA qui lui à donné mais Dassault. DA cherchait un Rafale pour fêter ses 100 ans au Grand Palais en 2016. Le seul sous la main de dispo était le B01, il à donc été repeint dans les ateliers de Mérignac, par DA, comme un avion de série Français classique et exposé comme ça au Grand Palais à côté d'un Mirage IIIE et d'un Falcon 20, le tout avec de jolis projecteurs qui les ont mis les trois avions parfaitement en valeurs. C'est tjr cette peinture qu'il à depuis.
    16 points
  11. - Les allemands Tout comme les anglais ont choisis le "grand large", c'est à dire "l'allié" Américain... C'est pour moi tout aussi respectable, mais dans le cas allemand, il faut l'assumer, et ne pas déclaré haut et fort être pour la coopération européenne. -Airbus est venu frappé à la porte de la maison France pour cette coopération, c'est louable mais la suite est amère. Pourquoi avoir choisi la France? Je pense que c'était le seul partenaire ayant à sa tête un européen convaincu, l'Angleterre depuis l'aventure du typhoon, ne veut plus entendre parler d'une coopération européenne avec l'Allemagne comme partenaire, c'est un fait, et je le comprends. - l'Allemagne a réussi à amener l'Espagne. Cela veut dire quoi? Pour moi rien de plus, que de vouloir mettre la France en situation minoritaire, dans un programme ou elle a naturellement par son savoir faire le droit d'avoir la part du lion et de décider qui " du vautour ou du Chacal " aura droit à un morceau, ne nous voilons pas la face, c'est pour moi ni plus ni moins que du racket technologique de la part de Airbus DS. Le Neuron est la preuve qu'un leader français ( Dassault) avec des partenaires sélectionnés peut mener à un succé, mais il faut le vouloir, et les dirigeants ( pas tous, mais la majorité ) Allemands comme les industriels d'outre-Rhin ont un mépris admiratif des Français, je le regrette ou pas, mais c'est un constat. - Un autre point que @Manuel77a souligné, c'est que Manching a 30 ans d'expérience sur les CDVE... Je veux bien le croire, mais faire voler un F-104 avec des CDVE c'est du bricolage et se vautrer avec le barracuda comme des grands, comment dire ... Construire un avion et les CDVE qui vont avec comme un gant, c'est pas 30 ans d'expérience, c'est le sommet de l'ingénierie, c'est de l'art et ça la France la patiemment développer depuis la fin de seconde guerre mondiale. Alors vouloir pillé la propriété intellectuelle de son voisin et crié en même temps qu'il n'est pas le seul à pouvoir faire, je trouve cela bien triste. Et montre par ce biais que l'Allemagne dans plusieurs domaines, malgré ces dires à un retard sur certains domaines technologiques qui peut être abyssale, et ce n'est pas en vendant des berlines ou des machines outils ( qui ne sont pas meilleurs que les produits des concurrents européens), que l'ont crois qu'on est au sommet de la technologie... Hensold n'a qu'à d'abord nous sortir un radar AESA viable pour le typhoon avec des décennies de retard... -un contributeur et d'autres certainement, je pense à @Picdelamirand-oil, avait décrit dans un de ses post un rafale élargi avec soute ventrale, c'est une des solutions possibles , d'autres forumeurs peuvent me corriger si je dis des con..., la suite spectra, le radar les moteurs peuvent être peut être après modification adapté à un SCAF français, je veux souligné une fois de plus que la France, par le rafale avait déjà de l'avance sur ses concurrents et j'en profite pour souligner encore une fois que la France à les moyens de construire un SCAF toute seule pour un prix contenu ( Dassault et ses partenaires l'ont prouvés non seulement pour le Rafale, mais pour d'autre programme) et je regrette qu'une coopération avec l'Angleterre n'est pas aboutie, c'est dommage... - Un autre point à souligner acheter des F-35 et faire trainer les négociations sur le SCAF, c'est pour moi de la duplicité , "les français ne veulent pas nous donner certaines données clef, alors on fait trainer les choses, il sera trop tard, elle aura perdue son temps" de la à dire que les Allemands n'exécute pas les ordres des américains, il n'y a qu'un pas.... Non j'espère qu'un jour nos dirigeants aurons la force morale d'un "Frexit" en ce qui concerne le couple franco-allemand et aussi en ce qui concerne d'autre pays européens qui préfèrent se faire plumer par les Américains...
    16 points
  12. Si jamais vous ne l'avez pas vu passer, suite à mon papier sur l'Euroflir 510, papier complémentaire sur l'Akeron-Lp: https://www.forcesoperations.com/eurosatory-2022-lakeron-lp-futur-missile-de-lalat-se-devoile-peu-a-peu/ Quelques infos complémentaires: - Portée jusqu'à 20km (!!), en fonction des conditions de tir, bien évidemment. On s'attend sans trop pousser à pouvoir tirer à 10km en mode lobé depuis un Tigre immobile proche du sol. A plus haute altitude, les 15km+ m'ont été évoqués par 2 sources différentes, encore une fois selon le mode de tir. Au final, c'est plus la capacité à détecter et identifier au-delà d'une certaine distance qui sera un facteur limitant. - Fonctions antichar très poussées, évidemment, mais également des fonctionnalités anti-structures, anti-navires (légers légers les navires), et une capacité airburst a priori (je n'ai pas eu la confirmation, mais on m'a dit qu'un mode "anti-mortiers et anti-artillerie" était à l'étude pour la charge, j'imagine que ça demande un certain effet de surface. - La charge sera "selectable multimode", sans précision technique sur le mode de sélection des modes d'activation de la charge pour le moment. - La LAM sera bidirectionnelle, et fonctionnera à 360° pour l'hélicoptère. Non seulement cela lui permettra de manoeuvrer après le tir, mais on m'a fait comprendre que l'idée était aussi de pouvoir tirer en salve dans plusieurs directions différentes (en LOAL notamment) sans faire bouger l'hélicoptère, ou bien de pouvoir tirer sur le côté sans exposer le Tigre à une autre menace (sa furtivité visuelle restant quand même largement liée à sa capacité à pouvoir rester immobile en se fondant dans le paysage) - La RGL arrivera dans les prochains mois sur Tigre Mk2. Elle aura une charge HE, les roquettes non guidées restant pour l'instant sur des fléchettes ou fumigènes. - Sur le Mk3, il sera possible de panacher les roquettes "à la va comme je te pousse": on met n'importe quel modèle de roquette dans n'importe quel tube de n'importe quel pod, sans ordre particulier, et le système de l'hélicoptère sera en mesure de savoir combien on aura de roquette de chaque type (RGL, flèches, fumigènes, autres...). L'équipage choisira les roquettes dont il a besoin, et le système déterminera la séquence de tir en prenant notamment en compte l'âge et le potentiel restant de chaque roquette, tirant en priorité celles qui ont le moins de potentiel, évidemment. Je trouve ça absolument brillant comme idée !
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  13. Un reportage pour le magazine Rolling Stone Traduction automatique ; photos avec le lien https://www.rollingstone.com/culture/culture-news/ukrainian-military-unit-russia-artillery-1365021/ ‘They’re Wiping Us From Earth’ : échapper à l’artillerie russe avec une unité militaire ukrainienne Mac William Bishop PRÈS DE LYMAN, Ukraine — Traverser le dernier point de contrôle dans une zone de combat ressemble à une consécration. Les soldats ukrainiens qui occupent le dernier poste amical ont une concentration et une intensité singulières qui manquent derrière les lignes. Ils nous saluent solennellement, sans sourires ni bavardages. Nous traversons la barrière invisible séparant « l’avant » de « l’arrière », puis nous mettons les gaz et accélérons vers l’avant. Je suis dans l’est de l’Ukraine à la fin du mois de mai, dans une région appelée Donbass, où la guerre est devenue un tourbillon de carnage qui coûte la vie à jusqu’à 100 soldats ukrainiens par jour. Les pertes du côté russe sont presque certainement encore plus élevées, selon les responsables de la défense ukrainienne. J’ai entendu des rapports contradictoires sur ce qui se passe ici, sur la question de savoir si l’armée ukrainienne s’effondre ou si les Russes réussissent à percer les lignes du défenseur, coupant des milliers de soldats. Mais il est clair que la Russie avance, la rapprochant chaque jour de son objectif d’annexer les provinces de Lougansk et de Donetsk et de cimenter la région sous la domination de Moscou. L’Ukraine n’arrêtera pas de se battre. Mais il sacrifie des milliers de ses meilleurs soldats et perd encore du terrain. Il ne peut pas gagner la guerre sans une assistance militaire étrangère qui change la donne : l’artillerie lourde américaine, les missiles antinavires danois, les systèmes de défense aérienne allemands – ceux-ci se dirigent lentement vers le champ de bataille. Mais l’armée ukrainienne peut-elle tenir assez longtemps pour que tout cela fasse une différence ? Pour vraiment comprendre ce qui se passe – pour avoir une idée du moral et voir comment les soldats résistent à l’assaut russe, je dois descendre dans l’enfer, et j’ai besoin d’un guide. Un parachutiste ukrainien ouvrira la voie. J’ai demandé des faveurs au commandant d’une compagnie de reconnaissance dans une brigade d’assaut aérien, et il me met en relation avec un officier dont l’unité d’éclaireurs d’élite opère près de combats intenses à l’extérieur d’une ville appelée Lyman, un lieutenant supérieur qui porte le nom de guerre « Mace ». Mace est doux et cordial, maigre et en forme en tant qu’athlète d’endurance. Son visage est celui d’un jeune homme, mais les cheveux poivre et sel cachés sous son chapeau de campagne et sa possession de soi calme au milieu du chaos révèlent qu’il est un vétéran chevronné qui a vu sa part de combat avant l’invasion actuelle. Il m’emmène à l’avant dans un break Škoda, rugissant sur les routes de campagne à plus de 100 milles à l’heure, faisant exploser la techno alors que le feuillage passe dans un flou. Mace sait que la vitesse compte ici, et il se faufile dans et hors des barricades antichars qui sont éparpillées le long des routes, tirant sur le moteur dès que nous nettoyons les blocs de béton et les bermes de terre. Je suis content qu’il sache quelles routes sont minées. Alors que nous descendons une colline vers un carrefour entouré d’un éparpillement de fermes, je vois un canon d’artillerie automoteur ukrainien Akatsiya se précipiter vers l’intersection en T devant nous. Il semble que nous y arriverons en même temps. Je montre le véhicule à Mace sans mot, et je suis heureux d’entendre le moteur tourner instantanément. Nous sommes du même avis. L’Akatsiya, seule et se déplaçant au grand jour, est une cible de choix pour les Russes. S’ils veulent survivre, l’équipage du canon doit trouver un équilibre entre rester en position assez longtemps pour fournir un appui-feu efficace aux forces terrestres amies, sans s’attarder si longtemps qu’elles sont découvertes par des drones russes. Les Russes chassent sans cesse les armes lourdes ukrainiennes, et leurs roquettes, leur artillerie et leurs missiles peuvent frapper n’importe où ici, à tout moment. Les champs à côté de nous sont marqués d’impacts de souffles, et les queues de dizaines de roquettes ratées sortent de la terre comme si elles avaient été plantées par un fermier fou. L’intersection est un point de danger critique : l’Akatsiya doit ralentir jusqu’à presque un arrêt pour faire le virage. Si j’étais un officier d’artillerie russe qui l’observait par drone, c’est à ce moment-là que j’essaierais de le frapper. L’équation « vitesse x temps = distance » se profile dans mon esprit. Nous traversons l’intersection devant l’Akatsiya, et son équipage ne nous épargne pas un coup d’œil. Ils ont l’intention de survivre et de faire la couverture de la limite des arbres. Ma préoccupation n’est pas abstraite. Dans la même zone quelques jours plus tard, une équipe de journalistes du Washington Post a failli être tuée lors d’une visite à une unité ukrainienne, des obus d’artillerie tombant à quelques mètres de l’endroit où ils se trouvent. Qu’ils survivent est de la pure chance. Quelques jours auparavant, un journaliste Français est tué dans une frappe d’artillerie alors qu’il filmait l’évacuation de civils fuyant les combats à Severodonetsk, le point focal de l’assaut russe. Ce n’est pas nécessairement que l’on peut faire tous les bons choix et ainsi rester en sécurité sur un champ de bataille. Parfois, la chance joue contre vous lorsque des obus d’artillerie tombent. Mais il est pire d’être pris dans certains endroits que dans d’autres. Quand nous sommes de retour dans les arbres, je me détends légèrement, mais Mace ne ralentit pas. Il a une destination en tête. « C’est l’enfer sur Terre », dit Mace doucement. Nous observons les roquettes BM-21 Grad pleuvoir sur les positions ukrainiennes près d’un village appelé Sviatohirsk. Il est impossible de voir leurs effets individuels au milieu de la fumée et de la brume qui recouvrent les collines densément boisées. Debout dans un poste d’observation sur un terrain élevé au milieu de l’herbe à plumes et de l’ail sauvage, je renonce à essayer de compter les impacts individuels et je compte simplement les salves, chronométrant chaque barrage. Je vois jusqu’à 480 roquettes tirées sur une seule position en moins d’une minute, suivies par l’artillerie. Entre mon service dans les Marines américains et plus d’une décennie en tant que correspondant à l’étranger, je suis engagé dans l’étude professionnelle de la violence humaine organisée depuis 25 ans. Mais je n’ai jamais rien vu, même proche de ce volume d’artillerie, être déchaîné. Mace a bien choisi notre terrain, comme on peut s’y attendre d’un officier d’une unité de reconnaissance d’élite. Nous sommes dans un pli de terre sur une colline qui nous donne une vue dégagée de la bataille qui fait rage autour de Sviatohirsk - un petit village tranquille niché au milieu de collines de craie, surplombé par un monastère vieux de près de 400 ans de l’autre côté de la rivière. Il se trouve à notre gauche. Nous pouvons également voir les combats autour de Lyman – un nœud ferroviaire clé – à notre droite. Ce que ces deux endroits ont en commun, c’est qu’ils se trouvent du côté occupé par la Russie de la rivière sinueuse Seversky Donets, la principale barrière naturelle à l’avance de l’ennemi. Il y a des dizaines de milliers de soldats russes avec des centaines de chars et de véhicules blindés qui attaquent ici, attaquant dans un vaste croissant entourant Severodonetsk, l’une des plus grandes villes du Donbass qui est restée aux mains des Ukrainiens avant le début de l’invasion en février. Lyman est obscurci par la fumée d’un incendie de forêt qui a commencé au milieu des combats. La fumée blanche des arbres en feu est entrelacée de colonnes sombres s’élevant de bâtiments ou de véhicules détruits. Le grondement des booms est presque continu. Le whump-whump-whump de l’artillerie est ponctué par le cri des missiles balistiques tactiques, et les salves de l’artillerie de roquette font un tapotement distinctif des commotions cérébrales successives. Presque tout cela est tiré par les Russes. Les soldats ukrainiens ici ont enduré ce maelström pendant des semaines. « Les choses commencent généralement à vraiment commencer vers 15 h », explique Mace. Il décrit ce qui est devenu une routine pour sa brigade de parachutistes : les éclaireurs russes s’avancent pour sonder les positions ukrainiennes, puis appellent des frappes d’artillerie à grande échelle lorsqu’ils entrent en contact. L’artillerie est suivie de masses de blindés soutenues par l’infanterie. C’est une guerre classique « interarmes » et elle aurait été aussi familière à un soldat de la Seconde Guerre mondiale qu’à Mace. « Le plus gros problème, c’est l’artillerie », dit Mace. « Les Russes ont tellement de choses. » Qu’en est-il de l’artillerie à longue portée fournie par les États-Unis et d’autres? « Cela commence tout juste à apparaître sur le champ de bataille », dit Mace. Mais pour l’instant, « il y a tout simplement trop d’artillerie. Trop de chars. Nous nous battons trop fort. Severodonetsk devra-t-il être abandonné ? « C’est possible », dit-il. Si elle tombe, ce sera la plus grande ville prise par l’ennemi depuis la perte de Marioupol en mai, et cela signifiera effectivement que la Russie contrôle toute la province de Lougansk, un objectif principal de l’invasion de Poutine. Il y a un éclat soudain alors qu’une arme à sous-munitions éclate sur le champ de bataille, laissant derrière elle une poignée de bouffées sombres alors que les sous-munitions pleuvent sur les défenseurs du village. Il est suivi d’une autre seconde plus tard. La production et l’utilisation d’armes à sous-munitions ont été interdites par un traité international entré en vigueur en 2010, mais cela ne signifie pas grand-chose : ni les États-Unis ni la Russie – les plus grands marchands d’armes au monde – n’ont signé l’accord. L’Ukraine non plus. Les armes à sous-munitions répandent des sous-munitions - de petits explosifs appelés bombettes - sur une vaste zone et sont destinées à tuer ou à mutiler le personnel et à détruire des véhicules et du matériel. Beaucoup de bombettes n’explosent pas comme prévu lorsqu’elles touchent le sol. Ces bombettes non explosées seront retrouvées pendant des années. Parfois, les enfants les confondent avec des jouets. « Leurs actions ne sont plus aussi aléatoires qu’avant. » Oleksandr Motuzianyk, le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, me le dit à Kiev quand je demande à changer la tactique russe. « Ils utilisent plus efficacement les armes combinées et le soutien aérien. » Le simple fait est que malgré ses faux pas, la Russie a pris beaucoup de terres depuis le début de l’invasion. L’Ukraine, qui n’a pas les vastes réserves de main-d’œuvre de la Russie – même si elle n’est pas qualifiée ou non formée – ne peut pas la reconquérir sans une technologie militaire superlative. Pendant ce temps, les Russes vont de l’avant: Motuzianyk dit que leur stratégie est d’encercler les troupes défendant Severodonetsk. La population de Severodonetsk était de plus de 100 000 habitants avant l’invasion de février. Les responsables locaux et les travailleurs humanitaires estiment qu’il ne reste que 12 000 civils, le reste ayant fui. Toute la région s’est vidée et la vie quotidienne s’est arrêtée. La ville voisine de Kramatorsk, qui comptait 150 000 habitants avant la guerre, est une ville fantôme. Il ne reste que quelques personnes âgées; une poignée de magasins ouvrent pendant quelques heures dans la journée pour fournir de la nourriture et de l’épicerie aux soldats de passage et aux quelques habitants qui restent encore. Un missile balistique a frappé une gare là-bas, bondée de réfugiés, tuant 59 personnes début avril et en blessant plus de 100, selon des responsables de la défense ukrainienne. Slovyansk et Kramatorsk ne sont qu’à quelques kilomètres l’un de l’autre, et ils sont devenus des zones de rassemblement pour l’armée ukrainienne. Ils sont constamment attaqués par des missiles et des roquettes russes: je suis réveillé toute la nuit par des booms retentissants et des raids aériens constants. Une grève détruit le réseau électrique et les réseaux cellulaires pendant des heures. De multiples frappes dans les deux villes tuent des civils, qui refusent de quitter leurs maisons. « Entendez-vous cela ? » appelle un vieil homme à son voisin, jardinant dans sa cour, alors qu’une violente série d’explosions résonne dans les rues. « Oh, c’est juste le tonnerre », répond le jardinier. À proximité, une femme d’âge moyen supplie un voisin âgé de partir. « Où irez-vous quand les Russes arriveront ici? » Les Russes ont beaucoup de terrain à couvrir avant de pouvoir aller jusqu’à Kramatorsk, mais la femme a raison. « L’ennemi a l’intention d’atteindre la frontière administrative de Lougansk » avec l’offensive actuelle, dit Motuzianyk. « L’ennemi a l’intention de prendre le contrôle total de la région. » Mais, ajoute-t-il, « la tactique principale reste celle de la terre brûlée ». « De toute évidence, les dirigeants russes ont exigé des changements dans les tactiques russes pour remporter des victoires, et ils font ce qu’ils doivent pour y parvenir », a déclaré Motuzianyk. « Ils détruisent des communautés et nous anéantissent de la Terre sans égard pour les civils. » Dans un petit complexe pris en charge par les éclaireurs aéroportés, les soldats se détendent dans la cour, saisissant tout le repos qu’ils peuvent entre les missions. Je me tiens à côté d’un vieux soldat élégant avec une manière grand-père, profitant du soleil alors que les graines de peuplier cotonneuses flottent densément dans l’air autour de nous, conférant une atmosphère de tranquillité surréaliste alors que les obus et les roquettes atterrissent dans les collines environnantes. Les munitions frappent si souvent que vous commencez à ignorer tout ce qui va « boum » et à ne réagir qu’aux choses qui se « fissurent », indiquant que l’explosif a atterri déraisonnablement près. Se battre ici n’est pas une expérience nouvelle pour beaucoup de parachutistes, et ils sont prompts à me rappeler que pour eux, la guerre a commencé en 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée et envoyé ses soldats dans le Donbass pour soutenir les séparatistes pro-russes. La plupart des Ukrainiens restent amers de la réponse occidentale relativement faible à ces actions, et c’est pourquoi ils craignent que l’Occident ne se plie à nouveau à l’agression de Poutine. Des Ukrainiens de tous les horizons m’ont dit à quel point ils sont préoccupés par une répétition de 2014, la communauté internationale accédant à la saisie russe de leurs terres – malgré le sang qu’ils versent pour la défendre. « Ces gars-là n’auraient pas dû avoir à se battre pendant huit ans », grimace le vieux soldat avec consternation en regardant les jeunes parachutistes. « Ils devraient être à la maison pour faire des bébés. Mais nous voilà, coincés dans cette merde. » Le bâtiment réquisitionné que les équipes de reconnaissance utilisent comme base est une ruche d’activité. Il y a des voitures civiles et des camions russes capturés que les parachutistes tentent de remettre en service. Beaucoup de véhicules arborent des impacts de balles ou d’autres dégâts de combat évidents. Ces parachutistes reçoivent une instruction intensive – beaucoup se sont entraînés avec les forces spéciales américaines et d’autres unités d’élite de l’OTAN – et leur expérience est inégalée : ils tournent régulièrement dans le Donbass depuis 2014. Mace me suggère de parler à l’un de ses vétérans les plus chevronnés, un combattant inconditionnel qui opère dans le Donbass depuis huit ans. C’est un gars à l’air robuste avec une voix éraillée. Je lui demande ce qui a changé maintenant. « L’un des plus gros problèmes, ce sont les drones », dit « Ostap », le nom de guerre du scout. « J’entends orlans [un type de drone de reconnaissance russe] tout le temps. Mais je ne les vois presque jamais. Ils sont trop petits et trop hauts. C’est presque impossible de les abattre. » Mais le ministère de la Défense dit que les soldats ont abattu des drones russes par centaines, dis-je. Il hausse les épaules. « Je ne sais pas. Je ne crois que ce que je vois de mes propres yeux. » Une grande partie du problème dans la défense de cette partie du Donbass, estime Ostap, est que les gens qui sont restés derrière – les gens qui n’ont pas fui – ne croient pas vraiment qu’ils font partie de l’Ukraine. Selon lui, les civils qui restent sont tous des sympathisants séparatistes. Il dit qu’ils aident les Russes à naviguer sur les routes de l’arrière-pays qui ne sont pas sur les cartes. « Oui, ils attendent tous Russkiy mir », dit Mace en riant quand je lui demande son avis sur les habitants. Russkiy mir, ou « monde russe », est le concept revanchard dont la Russie a besoin pour restaurer son rôle central dans les affaires de ses voisins et ses frontières à ce qu’ils étaient à l’apogée de l’empire soviétique. Il affirme qu’il y a eu des cas où des collaborateurs locaux se sont fait prendre en train de fournir des informations sur les mouvements ou les lieux de troupes ukrainiennes. En effet, Slovyansk est tombé aux mains des séparatistes russes en 2014 : la reprise de la ville par l’armée ukrainienne plus tard cet été-là a été la première grande bataille dans le Donbass. « Presque tout le monde ici est pro-russe. Mais vous ne pouvez pas arrêter des gens juste pour ça », dit Mace. Quoi qu’il en soit, la police et le SBU – le service de sécurité intérieure de l’Ukraine – faisaient ce qu’ils pouvaient. « Le SBU a même arrêté quelques personnes de notre brigade », dit-il. « Nous recherchons des ours », dit Mace. Il veut dire chars ukrainiens. J’ai vu plusieurs T-80 cachés parmi les arbres, dans l’espoir de rester cachés des avions et des drones russes. Nous tournons un coin et il y en a un juste devant nous, une forme accroupie avec le long canon de son canon de 125 mm pointant vers le bas de la route. Il y a un peloton de chars dans la forêt sombre ici, en réserve sur un terrain favorable, de peur que les Russes ne réussissent à traverser la rivière. Il y a eu d’autres signes que les forces ukrainiennes se déplaçaient vers l’est pour entrer dans le combat. Sur l’autoroute de Kramatorsk, nous passions devant des porte-chars périodiques chargés de véhicules blindés ou de tanks, de camions de carburant et de quelques observations plus rares, comme du matériel de pontage et un système de missiles antiaériens Buk qui n’avait que trois de ses quatre points de montage armés de missiles. Cela ne semble pas être beaucoup d’équipement compte tenu de l’ampleur des combats. Je ne vois aucun des nouveaux systèmes d’artillerie fournis par les États-Unis dans leur dernier plan d’aide : il y a aussi des bus remplis de soldats endormis. Les Russes ont concentré leurs plus grandes ressources ici, selon le président Zelensky. Mace ne voit pas le fait d’être en infériorité numérique comme le plus gros problème, cependant. « Le problème, c’est que nous n’avons pas assez de gens bien formés », dit-il. « Les Forces de défense territoriale [les volontaires appelés pour la crise actuelle, souvent avec un minimum de formation et d’équipement] se rendront dans leurs tranchées, et dès qu’elles verront un char ennemi, elles rempliront le réseau radio de bavardages paniqués, puis s’enfuiront, abandonnant leurs positions. » Il secoue la tête avec tristesse : « Nous avons besoin de qualité, pas de quantité. Le contraire des Russes. » Alors que nous nous précipitons à travers la forêt, nous tombons sur une unité ukrainienne utilisant une intersection comme zone de rassemblement, ils se rassemblent dans une petite clairière à côté d’un grand chêne. Ils sont dans un mélange d’uniformes, certains portent même des vêtements civils. La plupart d’entre eux se tiennent devant un prisonnier. Le prisonnier est à genoux, les yeux bandés, les mains attachées derrière le dos. Il porte l’uniforme distinctif de l’infanterie russe. En raison du dévouement de Mace à la conduite rapide, je ne traite pas ce que j’ai vu jusqu’à ce que nous passions. « Un prisonnier russe! » Alors même que les mots sortent de ma bouche, un seul coup de feu éclate. Je fouette pour regarder la scène par-dessus mon épaule à travers la lunette arrière alors que nous tournons à gauche, priant pour ne pas être témoin d’un crime de guerre. Il n’y a aucune preuve d’abus généralisés de prisonniers de guerre par les forces ukrainiennes, mais plusieurs enquêtes criminelles sont en cours sur des incidents isolés dans lesquels des prisonniers russes semblent avoir été torturés ou même exécutés. L’armée ici a plus que doublé depuis l’invasion de la Russie fin février. Plus de 700 000 Ukrainiens sont maintenant sous les armes, et peut-être seulement un tiers d’entre eux ont reçu quelque chose qui ressemble à une formation militaire professionnelle. Mais la haine ne manque pas sur le champ de bataille. Quelques jours auparavant, j’ai assisté à un briefing du ministère de la Défense, dévoilant une série de vidéos en ligne conçues pour s’assurer que les soldats ukrainiens comprenaient les lois de la guerre. « Parfois, nous sommes confrontés au scepticisme, les gens disent : 'Eh bien, les Russes n’obéissent pas aux règles de la guerre. Pourquoi devrions-nous le faire? », a déclaré le colonel Viacheslav Rachevskiy, l’officier qui dirigeait le briefing. « Mais il s’agit d’être une armée civilisée. » L’Ukraine ne peut pas se permettre de laisser des soldats non entraînés mettre en péril le soutien occidental, et elle veut souligner qu’elle prend la question au sérieux. La rigueur morale est autant un atout dans ce combat que n’importe quel système d’armes. L’Ukraine s’est efforcée de codifier les lois de la guerre dans le code pénal ukrainien, afin de mettre le pays en conformité avec les normes généralement acceptées du droit international humanitaire, selon Rachevskiy. « C’est le signe d’une armée démocratique européenne et moderne », a-t-il déclaré. Quand je regarde en arrière, le prisonnier est toujours à genoux : il parle. Il semble vivant et indemne. Je ne vois personne pointer une arme sur lui. Qu’est-ce que j’ai entendu? Une décharge accidentelle? Un coup de feu festif ? Une simulacre d’exécution ? Il n’y a aucun moyen de le savoir. « Pouvons-nous arrêter? Puis-je lui parler? » Mace ne regarde pas en arrière, il fait le virage et accélère. Ce n’est pas la première fois que le parachutiste voit un prisonnier russe. « S’il vous entend parler anglais, alors il répandra des histoires de maîtres de marionnettes américains dans ces bois », dit-il. D’ailleurs, explique Mace, il ne sait pas qui sont ces soldats. Ils ne sont pas dans son unité. La dernière fois que je vois le Russe, il est vivant et à genoux, interrogé sur le terrain. Quand « Sasha » monte dans la voiture, il dit qu’il ne veut tout simplement pas parler de quoi que ce soit. Sasha attend à l’extérieur de la seule épicerie de Kramatorsk qui fonctionne toujours: son parking est devenu un point chaud local où les soldats peuvent se retrouver pour se rendre à l’avant et en revenir. Il jette ses sacs à l’arrière et se faufile sur le siège arrière de la berline de fabrication chinoise qui me ramènera à mon propre véhicule. Le grand soldat couvant n’est pas rasé, ses treillis sales de combat, à l’exception d’un chapeau de campagne qui est clairement tout neuf. Le chauffeur local qui m’a fait la navette a accepté d’amener le soldat à Dnipro: il a des papiers de congé et essaie de rentrer chez lui à Mykolaïv, donc cela le mènera à mi-chemin. La pénurie de carburant est critique dans l’est de l’Ukraine pour le trafic non militaire, de sorte que remplir une voiture civile avec des étrangers se dirigeant à peu près dans la même direction est devenu une pratique courante: il existe des chaînes Telegram où les gens offrent et cherchent des trajets vers et depuis chaque ville. Moins de 30 minutes après le début du trajet, Sasha s’ouvre soudainement et de manière inattendue. Ce qu’il révèle est effrayant et révélateur de la gravité des choses dans le Donbass. « J’ai failli battre à mort l’un des hommes de mon unité », confie-t-il. « Nous étions dans des tranchées sur les lignes de front. Il utilisait son téléphone portable. Sasha respire fortement.« Les Russes ont suivi son signal et ont localisé notre position. Il a appelé sa mère pendant 15 minutes, puis sa femme pendant 15 minutes... puis sa petite amie pendant près de deux heures. Ils nous ont bombardés toute la nuit. C’est pour ça que je l’ai battu. » Plus tard, il nous en dit plus sur le front. « Nous avons perdu six hommes lors de notre première patrouille », dit-il. « Six sur 10. Ils étaient tous mes amis. Il s’effondre et se met à pleurer. Sasha finit par admettre qu’il a été autorisé à se rendre à l’hôpital pour se faire soigner, pour ce que les soldats d’il y a un siècle auraient appelé le choc des obus et ce que nous appelons maintenant le SSPT. Il a eu 10 jours pour se remettre de son traumatisme sur le champ de bataille et retourner dans son unité. Quand nous avons l’occasion de parler seuls, il me montre des vidéos de son mariage en octobre. Il me dit qu’il a peur de parler de ses expériences à sa famille. Sasha ne veut pas retourner au combat. Tout ce à quoi il peut penser, ce sont les soldats qui ont été tués lors de sa première patrouille. « Ces six hommes étaient mes amis, ils étaient mes frères et je les aime beaucoup », dit-il. « Je ne peux pas simplement les laisser derrière moi. Je les emporterai toujours avec moi. Il baisse les yeux, submergé par l’émotion. « Ce qui est dans mon cœur, c’est que je ne souhaite plus jamais revoir le Donbass à l’avenir. Rien de ce que vous faites là-bas ne fait de différence. »
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  14. Dans le genre bureaucratie corrompue et inefficace, j'ai encore mieux : Traduction : > Mon père dans les années 80 > Sert comme ingénieur supérieur dans les VVS > Ils le bougent de base en base pour trouver ce qui merde dans des avions que les mécanos locaux n'arrivent pas à réparer > Ils l'envoient dans le trou du cul de la Sibérie pour déniquer un MiG > Le radar ne fonctionne pas après qu'ils aient fait une réparation, il fait juste constamment du bruit et c'est tout > On enlève le nez > Le radar est niquel mais il manque une sorte de cône de protection autour > Quelqu'un l'a sans doute chouré pour s'en servir comme poubelle ou un truc dans le genre > C'est ultra-facile. Il suffit d'appeler le magasin général et leur demander de livrer une nouvelle pièce > "On l'a pas ce machin et il faudra au moins six mois pour en avoir un et le livrer, et ça c'est s'il arrive" > Papa veut pas passer six mois dans le trou du cul de la Sibérie > Va dans le hall pour trouver une solution > Le cuisinier à côté utilise des conserves de haricots géantes de la taille d'une tête humaine > Papa a une idée > Il soudoie le coq pour qu'il nettoie une dizaine de conserves de différentes tailles > Les apporte dans le hangar > Ouais, y'en a une qu'est à peu près de la bonne taille > Il enlève le fond pour la mettre en place, essaie d'assouplir les angles au sommet > On réassemble nivunikonnu mon barbu > Vol test > Le pilote dit que c'est un peu brouillé dans les coins mais que dans l'ensemble ça va > Envoie un message à sa hiérarchie, il a trouvé la pièce manquante et le MiG fonctionne comme avant > Le pilote et l'officier responsable signent et Papa se casse vite fait "Il n'a jamais dit quel modèle de MiG s'était mais il est peut-être en pièces en ce moment dans un champ ukrainien avec une conserve de haricots toujours autour de son radar". J'en serais presque à me rappeler le Spirou "QRN sur Bretzelburg" avec ses grenades de petits pois.
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  15. @g4lly C'est beau comme un communiqué de guerre de la République espagnole : "nos troupes avancent sans perdre un seul pouce de terrain"
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  16. Les gars ont spécule sur le teasing de Safran tout ça pour qu’au final ils annoncent que le M88 sera le premier réacteur AU MONDE à avoir sa propre page Instagram.
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  17. et pas besoin d'être oligargue pour cela !... " - Qu'est que tu fais encore sur ton ordi ? - je suis sur le forum Air Défense ma biche, je discute politique étrangère... - vas sortir les poubelles au lieu de t'amuser ! " ceci étant bien sur une oeuvre de pure fiction, toute ressemblance avec une situation réelle étant purement fortuite...
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  18. Message pour Cracou et Akhillieus : vous ne pourriez pas avoir votre échange en MP ou sur un fil dédié car franchement votre échange pollue ce fil de discussion pour un intérêt proche de zéro
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  19. N'oubliez pas le vieux proverbe soviétique : "notre pays est le plus riche du monde. Ça fait soixante ans qu'il existe et on trouve encore des choses à voler".
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  20. Vladimir Poutine. Et l'OTAN n'est qu'un prétexte ; la Russie n'a jamais toléré l'existence d'une Ukraine indépendante, que ce soit au temps des Tsar, sous l'URSS, ou maintenant.
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  21. Quelques réflexions en vrac : Dans ce forum, l'importance du Bundestag est quelque peu surestimée. Ici, on a l'impression que le Bundestag est une foule déchaînée qui se met constamment en travers de la route du gouvernement. En réalité, cela fait des années que la presse déplore que le Bundestag devienne de plus en plus docile et impuissant. Au Bundestag, il existe ce que l'on appelle la "contrainte de groupe". Cela signifie que les députés ne peuvent pas voter comme ils le souhaitent. Ils votent normalement en bloc avec leur parti/groupe. Ceux qui ne le font pas ne sont pas reconduits par leur parti lors des prochaines élections. En bref, si le gouvernement veut absolument le FCAS, il peut l'imposer. Patrick ne cesse de rappeler que la France doit absolument éviter que l'on puisse lui imputer un éventuel échec du FCAS. Du point de vue de l'opinion publique allemande, je ne pense pas que cela soit si important. Premièrement, l'opinion publique allemande ne connaît presque pas le FCAS et s'en moque. Aucun citoyen allemand ne reprocherait à la France de se retirer du projet. Comme nous, Allemands, ne demandons pas d'autonomie stratégique, le public se contenterait d'acheter un produit américain en rayon. Deuxièmement, l'élite politique/médiatique ne serait pas non plus indignée. La CDU mettrait cela sur le dos du SPD. De toute façon, le SPD n'aime pas les armes. Les journaux traitent à peine le sujet. Et quand ils le font, ils sont plutôt objectifs et font référence à des projets d'armement plus ratés d'Airbus. Ce projet FCAS est perçu ici comme beaucoup, beaucoup moins important pour l'intégration européenne que vous ne l'imaginez. Je ne sais pas si l'on parle beaucoup en France des achats d'obligations par la BCE, mais ce sujet est ici environ mille fois plus important. Où il y a un grand malentendu : Chez nous, Macron est présenté comme pro-européen. Lorsque les Allemands entendent ce mot, ils partent automatiquement du principe que cela signifie la dissolution des États-nations et un transfert de souveraineté à l'UE. L'opinion publique allemande ne comprend pas le concept français d'une Europe souveraine, qui consiste à ce que les différents États-nations se rendent aussi puissants que possible et coopèrent ensuite. A nos oreilles, cela ressemble au nationalisme du 19e siècle. Ce concept français serait sans doute populaire auprès d'une partie de la population, mais il est mal vu par l'élite politique (notamment le SPD et les Verts).
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  22. Je dis que c'est une occasion en OR! Et oui, parce que, comme déjà mentionné, et pas que par moi, si ça leur plait pas, et bien qu'Airbus D&S fassent leur démonstrateur SEULS. Faut être logiques. Mais on sait tous qu'ils préféreront acheter des F-35. Rejoindre le Tempest anglais? Pour le mettre définitivement par terre sans doute. "On est les meilleurs si Dassault fait le boulot à notre place" ça va bien deux minutes... C'est quoi ces gens sans aucun respect d'eux-mêmes? Les anglais ont bien fait Taranis et c'est sur cette base-là que Dassault est allé les voir avec Neuron, avec l'espoir ultérieur de réaliser la jonction entre 8 pays d'Europe sur un programme commun. Bon ça n'a pas marché et on sait pourquoi. Mais Taranis a volé lui, et permis au moins de lancer Tempest dans des conditions de confort intellectuel. Et pendant ce temps-là Airbus D&S ont fait quoi? LOUT. Une maquette posée sur un poteau. Et tout alors qu'ils croulent sous le pognon et pourraient se payer n'importe quel démonstrateur s'ils le souhaitaient. Non allez sans rire les deux avionneurs se mettent en concurrence, on finance, cahier des charges commun à l'appui, et on voit qui est le meilleur. Performances pures, fiabilité, discrétion, adéquation avec le combat du futur, etc. De toutes façons il faudra bien financer un démonstrateur pour rappeler un peu à tous ces farfadets qui est le papa au moins en Europe, et au pire pour lancer sereinement un programme national. Donc bon... Il parait que l'argent est devenu magique et qu'on peut le dépenser n'importe comment. Il paraît aussi que le PR veut dépenser du fric et passer en mode réarmement, et en plus bonne nouvelle on commence enfin à faire les gros yeux aux critères ESG et à bien faire comprendre aux gens qui y sont favorables qu'ils sont de facto les idiots utiles des régimes les MOINS ESG-compatibles qui soient. Les planètes ont donc l'air alignées pour un 1985-bis. En plus, "Sébastien Lecornu" ça rime avec "Charles Hernu". ALORS? Allez, une redite du Rafale A et de l'EAP. Vendez-moi du rêve les mecs.
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  23. On n a pas fini de rigoler... http://www.opex360.com/2022/06/13/systeme-de-combat-aerien-du-futur-airbus-reproche-a-dassaut-aviation-de-sautodeclarer-meilleur-athlete/
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  24. De surcroît le Brésilien aime bien opérer dans les bois ...
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  25. Bon, désolé pour le retard. Bon, pour que tout ça n'ait pas servi à rien je vous mets quand même les quatre courts moments où Trappier répond à des questions pendant le panel "coopérations européennes: et maintenant". En espérant qu'ils ne se fassent pas strike par Youtube pour copyright infringement. 1ere intervention de Trappier: https://www.youtube.com/watch?v=O9JK024jKd 2nde intervention: https://www.youtube.com/watch?v=p2aWFDke5So 3ème intervention: https://www.youtube.com/watch?v=x8iGUGdVRjM 4ème intervention: https://www.youtube.com/watch?v=3fQUCDl2z8U *** Les interventions de Barre et de Cambon sont aussi riches d'enseignements donc je vous encourage à regarder la vidéo d'une heure 4 "coopérations européennes: et maintenant" d'une traite, ça décoiffe (même si c'est probablement déjà fait à présent). Je vous invite aussi à consulter, la chaîne youtube de la Tribune https://www.youtube.com/channel/UC5WFSncb01pBfKcQw3mfO9A/videos où vous pourrez voir les autres panels qui sont tout aussi intéressants. Il y en a pour presque 24 heures de contenu au total dans plein de domaines. Si jamais, pour les télécharger facilement, il y a des outils comme https://notube.io/fr/youtube-app-v19 qui peuvent vous permettre d'archiver celles qui vous intéressent sur votre disque dur.
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  26. Choïgu réduit à devoir annoncer le contrôle d'une zone résidentielle d'une ville intégralement détruite de 100 000 habitants, ça a un coté mauvaise farce quand même. J'attends le communiqué de presse qui annoncera que l'épicerie du centre-ville est disputée, mais la station service libérée du carburant néo-nazi pendant que des plans supérieurs sont élaborés pour prendre d'assaut le dernier MacDonald de la ville. Jusqu'à ce que ça change le lendemain.
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  27. Pour compléter et imager le contexte montagneux et l'élévation requise, c'était en 90, photos perso avec nos 105 de l'époque (certains dataient des années 40, avaient fait l'Indochine, l'Algérie ...) : Fin HS, ou sur un autre fil.
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  28. Alors maintenant un petit couplé sur la simulation qui nous en apprend de belle: La valeur des simulations a toujours été prometteuse, mais les réalités budgétaires entraînent des arbitrages en matière de financement et de mise en service pour déterminer quels systèmes, ou éléments d'un système, sont prioritaires. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de logiciels. L'idée que le logiciel du F-35A gère tout masque la profondeur de cette réalité. Le logiciel ne se contente pas de contrôler la façon dont les commutateurs et les écrans individuels manipulent des capteurs spécifiques, ou la façon dont les capteurs sont fusionnés. Le logiciel du F-35A fournit le codage derrière le micrologiciel, les capteurs et les bibliothèques de renseignement sur les menaces de la base de données qui les alimentent. Comme dans tous les systèmes du 21ème siècle Les bibliothèques de renseignement sur les menaces contiennent des données sur les systèmes d'armes amis et ennemis qui permettent au F-35A d'identifier les émissions et les signaux associés à chacun. Le renseignement sur les signaux et les autres méthodes de collecte qui alimentent ces bibliothèques sont constamment à l'œuvre pour recueillir des données sur le spectre des systèmes adverses. L'intégration de ces mises à jour dans le JSF est évidemment importante. La bibliothèque contient également les attributs de la cinématique des armes et de la signature furtive du F-35A lui-même, une signature qui change en fonction de la position et du cap du jet par rapport à une menace. Le processeur embarqué du jet calcule alors les capacités de détection connues de ce système et les attributs cinématiques (vitesse et portée) du portefeuille d'armes de ce système, et les associe au JSF. Le processeur embarqué du F-35A prend ces ensembles de données combinés et calcule la capacité dynamique en temps réel d'une menace et la présente au pilote sous forme d'anneaux de menace "respiratoires", qui indiquent le point auquel la menace peut détecter et engager le F-35A. Dans des environnements et des scénarios SAM denses, tels que celui qui entoure l'Oblast de Kaliningrad, la marge entre la possibilité de tuer un système adverse avant qu'il ne soit en mesure de tirer sur un F-35A est mince, ce qui signifie qu'il est essentiel de disposer des logiciels et des bibliothèques de menaces les plus récents. C'est ce que fait le Rafale sauf que lui fait en plus l'analyse des nouvelles menaces et met à jour les bibliothèques quand il rencontre quelque chose de nouveau. Le F-35A et ses simulateurs nécessitent des mises à jour régulières des logiciels et des bibliothèques de menaces afin de rester viables Ce qui n'est pas le cas du Rafale qui fait ces mises à jour en temps réel, lesquelles sont reportées sur la flotte et les simulateurs au retour à la base. Cependant, même dans les meilleures années budgétaires, le financement est serré et des priorités doivent être fixées pour les mises à jour logicielles de ces systèmes. Rares sont ceux qui donneraient rationnellement la priorité aux simulateurs plutôt qu'aux mises à jour des chasseurs opérationnels, mais ce qui peut être perdu dans cette pensée, c'est le temps qui sépare les deux, ainsi que l'importance de ce retard. Les pilotes de Hill AFB ont exprimé une véritable confiance dans la mise à jour 3F qui a été mise en service dans les jets de Hill AFB en 2018. Ce progiciel opérationnel a donné aux pilotes un portefeuille d'armes élargi, une bibliothèque de menaces qui leur permet d'engager le système SAM S-400, et il a corrigé de nombreux irritants et problèmes trouvés dans les mises à jour logicielles précédentes. Alors que beaucoup ont parlé positivement de la capacité du simulateur à les aider à s'entraîner à des scénarios de menace élevée, la mise à jour du logiciel 3F n'a pas encore atteint les simulateurs. C'est les Suisses qui vont être content. Ces retards sont conformes à toutes les autres mises à jour logicielles qui ont atteint le F-35A à ce jour, et signifient souvent que le simulateur fonctionne avec un logiciel qui a deux mises à jour de retard. La plupart des pilotes se sont plaints du fait que les bibliothèques de menaces dans les simulateurs étaient désormais si obsolètes qu'ils dispensaient souvent une formation qui compromettait leurs chances d'être efficaces au combat. Si l'histoire des programmes de simulateurs de l'armée de l'air peut servir de guide, cette tendance à la mise à jour tardive des logiciels ne changera probablement pas au cours de la durée de vie du F-35A. Malheureusement, le retard des logiciels n'est pas la seule différence entre le simulateur et les jets que les pilotes ont soulignée. Alors que les opérateurs de simulations injectent des sous-systèmes défaillants et des situations d'urgence pour aider les pilotes à se préparer à ces éventualités, il existe d'autres dégradations "douces" qui se produisent dans les airs et que la simulation ne reproduit pas. La fusion des capteurs s'est nettement améliorée dans l'avion, mais il y aura toujours des situations où les écrans du F-35 présenteront des images multiples ou doubles pour une seule menace. Les systèmes fondamentaux et les algorithmes géospatiaux des satellites, des U-2 et d'autres plates-formes extérieures transmettront au JSF des coordonnées légèrement différentes de celles des capteurs du F-35A. Le radar du F-35 est de loin le capteur le plus précis et le plus fiable parmi les options d'alimentation par fusion du JSF. Lorsqu'il suit une cible, l'algorithme de fusion corrèle ses trajectoires avec celles d'autres capteurs du F-35 et d'autres sources embarquées, et le processus de fusion de l'avion élimine les erreurs respectives, "fusionnant" les multiples trajectoires d'une même cible pour obtenir ce qui est réellement présent. Lorsqu'un F-35 se détourne de la menace et qu'il n'y a plus d'autres F-35 à portée, le capteur principal de fusion du système n'est plus en mesure de suivre ces cibles. Comme d'autres systèmes continuent de fournir au pilote des indices situationnels sur les menaces qui se trouvent derrière lui, la possibilité de voir apparaître plusieurs images pour la même cible réapparaît Voila, ce n'est pas une vraie fusion, la piste est unique seulement si un des capteurs est très supérieur aux autres (ce qui permet de les négliger) sinon la piste est représenté par des symboles multiples, je savais bien que la fusion ne marchais pas sur le F-35. La plupart des pilotes interrogés ont estimé que le processus est à la fois précis et fonctionne bien dans l'avion, mais cette anomalie très réelle ne se produit pas dans le simulateur, car la fusion des capteurs y fonctionne idéalement. Cet idéal est toujours d'actualité lorsque plusieurs pilotes effectuent ensemble une mission en simulateur (dans jusqu'à quatre simulateurs reliés entre eux) et que les pilotes dans chacun des cockpits de simulateur voient presque par magie exactement la même image. Il en va de même pour la capacité de cartographie du sol du radar AESA. Le simulateur présente toujours une image cristalline du réseau de menaces au sol, ce qui n'est pas toujours le cas dans le jet. Cela signifie que les pilotes qui utilisent la simulation ne souffrent jamais et n'ont pas à faire mentalement le tri entre les variations et les dégradations qui font naturellement partie du vol réel. Cet idéal d'absence de dégradation, associé aux décisions de financement et de mise en service des logiciels, a ouvert une brèche dans le réalisme qui ne fera que croître, ne serait-ce que légèrement, au fil des ans. Les défenseurs des simulateurs et ceux qui espèrent que les simulateurs du JSF s'opposeront aux tendances historiques et surpasseront l'entraînement réel, soulignent le fait que le budget consacré aux simulateurs commence seulement à porter ses fruits. Un nouveau bâtiment pour les simulateurs est, après tout, en cours de construction à Hill AFB, et si l'armée de l'air accorde aux simulateurs le même financement pour les logiciels et la même priorité de mise en service qu'aux jets après le baptême de ce bâtiment, ils pourraient bien avoir raison. Malheureusement, si l'histoire de plus de 30 ans de simulations haute-fidélité est un guide, cela n'est pas probable. Lorsque le JSF était sur la planche à dessin, les dirigeants de l'armée de l'air ont envisagé à juste titre que ses grandes capacités entraîneraient également des défis importants en matière de formation. Les limites de l'espace de portée, les émetteurs de portée (systèmes SAM ennemis appropriés ou leurs fac-similés), les adversaires, les avions de soutien et le financement associé ont placé les simulateurs en tête de la liste des solutions potentielles à ces défis. L'entraînement aux missions réparties (DMT) permet aux pilotes de relier plusieurs simulateurs entre eux pour exécuter ensemble une mission d'emploi des forces de grande envergure (LFE). Les LFE font partie intégrante de l'emploi opérationnel des F-35A et, compte tenu des limitations des aéronefs et de l'espace aérien d'entraînement, le fardeau de ces répétitions d'emploi a été conçu pour incomber à plusieurs simulateurs situés à différents endroits et mis en réseau. Malheureusement, la DMT ne s'est pas encore matérialisée pour le F-35A. Le premier site à être équipé de DMT est Nellis AFB, dans le Nevada, en 2019, et à mesure que d'autres unités deviendront opérationnelles, la mise à niveau de DMT aura probablement la priorité sur d'autres améliorations coûteuses des simulations. Dans leur état actuel, les simulateurs de F-35A ne sont pas considérés comme un substitut viable au temps passé dans les airs par la grande majorité des pilotes interrogés dans le cadre de ce document d'information. Pour remédier partiellement à ce problème, les mises à jour logicielles du simulateur F-35A devraient être effectuées en même temps que celles de l'aéronef, et le nombre de simulateurs connectés par le DMT doit être augmenté pour intégrer le nombre standard d'aéronefs dans un ensemble LFE. Dans un environnement budgétaire toujours plus serré, il est peu probable que la Force aérienne ou le bureau de programme conjoint choisissent d'investir davantage dans les simulateurs au lieu d'ajouter des capacités opérationnelles à l'avion.
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  29. -25 % de l'économie mondiale : oui mais à 70% chinois, 14% indien, 8% brésilien, 7% russe et 1% Afrique du sud. -41 % de la population : ouioui mais à 44% chinoise, 42% indienne, 6,6 % brésilienne, 4,5 % russe et 1,8% africaine du sud. Poutine, via une propagande bien menée, donne l'impression d'être le directeur de l'association, mais dans les faits, il est plutôt en charge de la buvette.
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  30. La vérité tragique est que l'ensemble de son argumentaire porte la responsabilité sur l'Occident alors même que celui-ci n'a intégré l'étranger proche de la Russie que parce que ceux-ci ont fait un intense lobbyisme pour être PROTÉGÉS de la Russie. Que je sache, les États n'ont pas envahi le Canada ou le Mexique depuis plus de 150 ans pour le dernier et deux siècles pour le premier. La Russie de son côté fait régulièrement le coup de feu chez ses voisins. Et cette conclusion de Mearsheimer qui dit que si l'Occident n'avait pas mis en colère la Russie il n'y aurait pas eu de guerre dégouline de malhonnêteté intellectuelle quand on a pu voir en janvier que la Russie avait dans les faits envahi un pays voisin, le Kazakhstan, pour y maintenir un pouvoir à sa botte. On pourrait également parler de la Tchétchénie, des dizaines de milliers de morts et deux guerres parce que la Russie veut dominer son étranger proche par la force. Sans parler de la Transdniestrie, hein, ce qui devrait suffir à montrer que Mearsheimer dit n'importe quoi : la Russie a bel et bien envahi un pays de son étranger pour le simple crime d'avoir voulu avoir son propre destin. Je trouve également choquant qu'il ose sortir qu'il n'y avait aucune indication que la Russie allait envahir un autre pays ni la volonté de le faire quand on sait aujourd'hui que l'invasion a été décidée de longue date et qu'on pouvait voir l'accumulation de troupes à la frontière depuis des mois. Oui, on s'est foutu de la paranoïa russe. Et ils l'ont mal pris. Ils croient qu'on irait les envahir, eux, un pays ultranationaliste avec une armée pléthorique et des armes nucléaires. Oui, on a intégré les Baltes et les Russes ont chouiné de ne plus pouvoir les massacrer/déporter en masse comme sous l'ère soviétique ou l'ère impériale. Pareil pour les Polonais. La Russie n'a eu que la monnaie de sa pièce : quand tu oppresses des nations pendant des siècles et essaie de les détruire pour les assimiler, tu peux être certain qu'elles feront tout pour te pourrir la vie derrière, afin de se prémunir contre un retour. Ça me fait donc doucement marrer d'entendre prétendre que l'Ukraine est une anti-Russie soutenue par des russophobes en Pologne et pays baltes sans souligner que c'est la Russie qui a elle-même créé cette situation en s'étant longtemps comportée comme l'anti-Pologne, l'anti-Lituanie, etc.
    13 points
  31. Vous êtes saoulant avec vos concours de bÿthes, vous avez pas le même point de vue, point barre. Et c'est pas en vous balançant des arguments irrecevables en face que ça va changer quelque-chose. Ce serait bien qu'on se recentre sur le Rafale, hein...
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  32. Malgré ce titre aguicheur personne ne cliquera
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  33. Il est parfois intéressant de voir à quel point la perception de soi et la perception des autres diffèrent. En général, nous nous considérons comme extrêmement pro-européens, alors que nous pensons que beaucoup d'autres sont nationalistes. Chez nous, il y a beaucoup de voix dans la gauche politique qui seraient prêtes à laisser l'Allemagne se fondre dans l'UE (je ne parle pas de l'extrême gauche, je parle du SPD et des Verts). La droite leur reproche alors de vouloir échapper par ce biais à l'histoire allemande qu'ils détestent. Elle met en outre en garde contre le fait que pratiquement tous les autres peuples de l'UE sont bien plus nationalistes que les Allemands. Les Français et les Européens de l'Est, en particulier, ne seraient jamais prêts à renoncer à leur souveraineté. La situation est si paradoxale que l'on a du mal à trouver les mots justes. C'est peut-être le cas (attention, il y a un peu de polémique et de cliché) : L'Allemagne est heureuse de ne pas avoir de souveraineté en matière de défense et de politique étrangère. Elle a autrefois cédé ce fardeau aux Etats-Unis, et elle aimerait aujourd'hui le céder à l'UE, car cela lui permet d'échapper à son histoire sanglante. En même temps, notre cauchemar est de céder notre souveraineté fiscale et budgétaire à l'Europe. Nous l'avons eue pendant la guerre froide, et nous l'avons exercée de manière exceptionnelle. Chez vous, c'est l'inverse : votre souveraineté en matière de défense est sacrée, mais vous vous moquez de la souveraineté budgétaire. Vous aviez l'habitude d'imprimer de l'argent et vous partez naturellement du principe que l'UE imprimera de l'argent pour tout le monde. Rien ne change. Je pense que l'on peut faire trois reproches à l'Allemagne, dont nous ne sommes pas aussi conscients qu'ils devraient l'être : Premièrement, nous sous-estimons massivement la nécessité d'une armée réellement capable d'agir et disposée à se battre. Deuxièmement, nous ignorons que le modèle économique de l'Allemagne est une rare curiosité qui part comme si de rien n'était du principe qu'il est possible d'exporter dans le monde entier et d'accumuler d'importants excédents commerciaux. Nous ne percevons pas que le libre-échange intra-européen pourrait constituer une menace pour quelque autre pays que ce soit. Troisièmement, nous ne voyons pas la pression de la souffrance dans d'autres pays européens. Notre péché est de vouloir maintenir le statu quo. Cette combinaison de zone de libre-échange UE et d'océans protégés par les États-Unis est si merveilleuse pour nous, pourquoi les Grecs sont-ils trop stupides pour en profiter autant que nous ? Il est normal qu'il y ait toujours du ressentiment contre l'Allemagne dans l'UE, puisque nous avons la plus grande économie (je ne parle pas d'hégémonie, puisque notre PIB ne représente que 26% de celui de l'UE). Mais nous devons écouter attentivement quand ce ressentiment général se transforme en colère justifiée. Pour en venir au SCAF : L'Allemagne a ici deux intérêts. Elle souhaite obtenir la plus grande part possible du chiffre d'affaires économique, des emplois, etc. Elle souhaite également conserver/gagner des compétences technologiques. Ce qui nous importe en revanche peu, c'est de savoir s'il en résultera une arme valable et combien de temps cela prendra. Comme nous ne voulons pas nous battre, nous n'avons besoin de l'avion que comme objet d'exposition. Lorsque la France nous propose de coopérer au SCAF, nous ne considérons pas cela comme une invitation honorable dans le saint des saints de la souveraineté française, mais comme une banale affaire entre commerçants, de la même manière que Mercedes et Renault se mettent d'accord sur le développement commun d'un moteur à combustion pour la Kangoo. Alors oui, la colère sur le forum est justifiée. Maintenant, il y a une zone de tension : la France ne peut pas tolérer cela, mais elle serait contente de ne pas devoir supporter seule les coûts. Mon souhait serait que l'Allemagne fasse des compromis jusqu'à ce qu'il en résulte une arme utilisable dans un délai raisonnable.
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  34. Dites, j'ai aucune autorité mais évitez de vous abaissez dans votre concours de kiki quand même. On voit bien que vous avez des avis différents, bah présentez les, c'est intéressant. Par contre ça vire plus au dénigrement de la personne par moment et c'est embêtant et ça abaisse tout l'intérêt.
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  35. Je perçois ton agacement, mais j'essaie de prendre garde à ne pas absorber involontairement des éléments de propagande EU / RU / Europe centrale Du point de vue factuel : 1. Allemagne, Italie et France ne sont pas des "financiers" du régime russe... car ils ne prêtent pas d'argent, ils achètent des produits 2. Ce n'est pas le "régime russe"... puisque c'est la Russie 3. La liste des principaux clients de la Russie... est d'ailleurs différente ! En pourcentage des exportations russes de janvier 2022 Chine 12,7% Pays-Bas 10,5% Turquie 9,31% Allemagne 7,74% Italie 4,85% Corée du Sud 3,8% Pologne 3,57% Biélorussie 3,11% Kazakhstan 2,58% Royaume-Uni 2,37% France 2,37% ... Bien sûr, ces faits ne sont pas en accord avec ce que diverses citernes à pensées aiment à prétendre, ni ce que divers médias sont trop fainéants pour creuser... Mais ce sont quand même des faits Bien sûr, l'impression créée est différente. Cela porte d'ailleurs un nom : c'est une opération d'influence.
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  36. Depuis le 1er juin, un énorme sujet fait la une de nos médias : l'Etat a baissé la taxe énergétique sur les carburants, de 15 centimes pour le diesel et de 30 centimes pour l'essence. On voulait soulager les citoyens et éviter le mécontentement (dans un pays voisin de l'Ouest où les habitants sont rebelles, des manifestations avaient eu lieu avec des gilets de sauvetage...). Tout cela donne maintenant lieu à beaucoup de palabres, car les groupes pétroliers n'ont répercuté qu'environ un tiers de la réduction sur les automobilistes. L'Office fédéral des cartels se montre impuissant. Le ministre de l'Economie Habeck (Verts) menace déjà de démanteler les groupes pétroliers et souhaite introduire une taxe sur les "bénéfices excessifs". Le FDP (ministre des Finances Lindner), à l'origine de la baisse des taxes, ne voit pas la nécessité d'agir. Qui aurait cru les groupes pétroliers capables d'une telle audace ? Sancta simplicitas... https://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/sprit-preise-robert-habeck-kuendigt-kartellrecht-mit-klauen-und-zaehnen-an-a-1300e198-1606-41cb-9d1c-fef80f750456 https://www.merkur.de/wirtschaft/lindner-gegen-vorverurteilung-von-oelkonzernen-bei-tankrabatt-91608583.html
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  37. Et l'info, officieuse, que j'ai reçue par quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait ... qui travaille chez l'industriel, c'est que ce sont 18 fournis par la France. 6 pris dans les stocks, 6 pris sur une commande française (celle de 32 passée en 2015 ?) 6 pris sur la commande Marocaine, mais pris en compte par la France, qui indemnise alors le royaume Chérifien pour le retard de livraison puisque les équipements prêts à livrer sont prélevés, et de nouveaux sont ajoutés au cycle de production pour compenser. Le Maroc recevra donc l'intégralité de sa commande, et l'Ukraine recevra 18 CAESAR aux frais de la France, 6 "usagés", 6 neufs initialement destinés à la France, et 6 neufs initialement destinés au Maroc.
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  38. Image rare https://www.youtube.com/watch?v=pyLQZj2gOOM&ab_channel=MarineNationale
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  39. Allez, rapidement, c'est HS.
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  40. Comme toujours, il est utile de revenir à la source. Voire nécessaire, étant donné que parmi nos journalistes seule une certaine proportion le fait. Une proportion, comment dire... pas forcément aussi élevée qu'on le voudrait. Voici donc le dernier post de Dimitri Medvedev sur sa chaine Telegram aujourd'hui Les gens me demandent souvent pourquoi mes messages sur Telegram sont si durs. La réponse est que je les déteste. Ce sont des bâtards et des ordures. Ils veulent la mort pour nous, pour la Russie. Et tant que je serai en vie, je ferai tout ce que je peux pour les faire disparaître. 1. Ce commentaire pose naturellement la question de la cible. Qui sont les "bâtards" et les "ordures" ? Et que dit Medvedev généralement ? Pas d'autre solution pour le savoir que de remonter le fil de ses commentaires. Le mot "bâtard" n'y avait été utilisé que deux fois, les 6 mai au sujet du "régime bâtard de Kiev" et le 6 juin pour qualifier les "autorités bâtardes de Varsovie". Quant au mot "ordure", Medvedev ne l'avait utilisé qu'une fois le 19 avril pour qualifier certains des volontaires étrangers qui ont rejoint l'Ukraine : "Il y a aussi des ordures des légions avec toutes sortes de "trucs" nazis" ==>Il semblerait donc que les bâtards et les ordures soient avant tout les régimes ukrainien et polonais, ainsi que ceux des combattants qui utilisent des symboles nazis 2. L'autre question est de savoir pourquoi Medvedev pense que certaines personnes veulent "la mort pour nous, pour la Russie". Et beaucoup plus important : sera-t-il facile ou difficile de convaincre un grand nombre de Russes, voire la plupart, que c'est vrai ? C'est ici son post du 31 mai qui le plus parlant. Intitulé - ça tombe bien - "A propos de la haine" Dans le tango sans fin des sanctions économiques contre la Russie, on perd la question de savoir à qui elles s'adressent. Qui les auteurs des sanctions voulaient-ils punir ? Le président, les dirigeants politiques et militaires du pays ? Non. C'est évident. Et leurs créateurs l'admettent. Aucun d'entre nous ne possède de biens, de comptes ou d'intérêts importants à l'étranger. Nous n'y allons pas pour nous reposer ou travailler. De gros hommes d'affaires en provenance de Russie ? Oui, ils ont, bien sûr, encouru des coûts importants en termes d'argent. Ils ont perdu leurs biens à l'étranger. Mais soyons réalistes - ces confiscations ne leur ont pas du tout été fatales. Ils survivront de toute façon. Il leur en reste beaucoup en Russie aussi. Il y en a assez pour eux et leurs descendants. Alors, c'est contre qui ? La conclusion est dégoûtante : ces sanctions sont précisément dirigées contre le peuple russe. Et tout ce que les grands-pères et les grands-mères américains et européens marmonnent, à savoir que nous punissons vos patrons et que nous vous aimons, vous, citoyens ordinaires, est une pure absurdité. Saisir les actifs de la Banque centrale de Russie et d'autres actifs publics, quel est le but ? Un simple. Pour aggraver l'économie, pour frapper le rouble, pour augmenter l'inflation et faire grimper les prix dans les magasins, et donc pour faire baisser le niveau de vie du Russe moyen. Un embargo sur l'achat de pétrole et de gaz à la Russie ? Même chose : réduire les recettes budgétaires et obliger l'État à abandonner ses obligations sociales, y compris l'indexation des revenus. Faites le plein de contribuables en ville et à la campagne. Interdire à nos avions de voler, interdire les voyages dans de nombreux pays, interdire l'utilisation de moyens de paiement - contre qui ? Encore une fois, contre des citoyens ordinaires, pour leur rendre la vie désagréable. Pas les patrons mythiques, pas les riches, mais eux ! Cette conclusion est décourageante, mais hélas, elle est vraie. Ils nous détestent tous ! La base de ces décisions est la haine de la Russie - des Russes, de tous ses habitants. La haine de notre culture. D'où l'annulation de Tolstoï, Tchekhov, Tchaïkovski et Chostakovitch. D'où la haine de notre religion. D'où la volonté d'écraser l'Église orthodoxe russe et de sanctionner son patriarche. Et cela a été le cas pratiquement tout le temps. Et à l'époque d'Alexandre Nevsky. Et pendant la période des troubles. Et pendant la guerre patriotique de 1812. Et bien sûr au vingtième siècle, lorsque l'URSS vivait constamment sous de nombreuses sanctions. Inutile de dire que le monde occidental, à la fin des années trente, souhaitait que l'URSS s'effondre dans un combat contre Hitler. Cette haine est répugnante et irrationnelle. Mais cela ne veut pas dire que nous devons le supporter. Nous devons simplement tirer toutes les conclusions nécessaires pour l'avenir. Soyez attentifs à cette attitude à notre égard. Et de ne pas pardonner à ceux qui nous haïssent. Jamais. Ce discours est en partie délirant - en partie seulement. Et une assez petite partie, seulement lorsque Medvedev tente de faire de multiples crises historiques un seul mouvement de haine unifié contre la Russie à travers les siècles. Pour le reste, le discours peut être faux quant aux déclarations, voire à ce que les dirigeants occidentaux croient sincèrement - ils peuvent être tout à fait persuadés de ne pas vouloir le mal du peuple russe... Seulement voilà, ce n'est pas ce que disent les actes. On retrouve ici le problème fondamental des "sanctions" économiques lorsqu'elles prennent la dimension d'une campagne visant à faire s'effondrer l'économie d'un pays - Bruno Lemaire avait tort bien sûr, tort de parler ouvertement - c'est qu'elle rapprochent la population du pouvoir parce qu'elle se sent agressée par l'étranger. Et elle se sent agressée... parce qu'elle l'est. C'est la première fois il me semble que des sanctions aussi étendues et à objectif aussi dévastateur sont utilisées contre un pays de cette puissance, et de cette importance pour l'économie mondiale. A noter que Medvedev n'a créé son canal Telegram que le 14 mars, donc après le début de la guerre. Auparavant, il était connu comme l'un des meilleurs représentants, peut-être le représentant le plus important de l'aile "libérale-occidentaliste" du pouvoir russe. Ceux qui sont - ou étaient - favorables à des relations plus proches et moins oppositionnelles avec le bloc atlantique. Une interprétation du comportement de Medvedev, c'est la fameuse formule d'Edgar Faure "Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent". Medvedev, homme de pouvoir et calculateur, se réorienterait par un froid calcul en fonction de ses intérêts. Et peut-être est-elle en partie vraie. Mais attention, toute interprétation de l'être humain comme automate calculateur est défaillante : on ne prend pas ses décisions en fonction de ses seuls intérêts. Une autre interprétation de la réorientation de Medvedev, qui explique aussi sa virulence c'est le zèle du nouveau converti. Et alors la question qui fâche est la suivante : ==>Combien de Russes sont-ils devenus des nouveaux convertis ? Tout cela permet peut-être de mieux comprendre pourquoi Emmanuel Macron a utilisé, et continue de répéter, l'injonction de "ne pas humilier la Russie". Elle m'avait parue imprécise et trop émotionnelle au premier abord, j'aurais plutôt imaginé parler de "ménager une sortie négociée" ou quelque autre formule visant à proposer une désescalade. Peut-être le PR a t il en fait raison. "Humilier" c'est émotionnel en effet, mais c'est peut-être ce dont nous avons besoin, ce qui aurait peut-être une chance de retenir Poutine dans la voie de l'escalade où il est engagé et où il semble considérer n'avoir d'autre issue que de progresser toujours plus loin. ==>"Eviter l'humiliation", c'est un moyen de dire aux Russes : "Nous ne vous haïssons pas". Nous avons des problèmes avec vos actions, vous avez fait une erreur historique - exactement ce que dit Macron à Poutine - mais nous n'en voulons pas à vous en tant que Russes. Bien sûr, la voix de Macron est plutôt faible. Peut-être même son action est-elle entièrement annulée, voire pire, par les chœurs scandalisés qui protestent, et semblent par là déclarer "Si ! Humilions les Russes !"... parce qu'il montre qu'ils sont nombreux ! Du moins, on ne peut pas reprocher au PR de pousser Poutine à continuer dans l'escalade. C'est déjà beaucoup.
    13 points
  41. Il ménage la chèvre et le chou. Je le critique énormément à de nombreux points de vue, mais ici je suis navré mais je ne connais personne sur le forum qui aimerait être à sa place. Objectivement je ne vois pas ce qu'il peut faire d'autre qu'un numéro d'équilibriste permanent. Certes il faudrait plus armer l'Ukraine pour peser plus lourd, sauf qu'on a quasiment rien à leur donner. Donc à quoi bon adopter une posture en ce sens? "Ohlala il faudrait absolument que quelqu'un fasse quelque chose! Mais qui?" Nous sommes, pas juste lui, nous tous français, absolument COINCÉS par le développement de cette guerre et de tout ce qui va avec. Et pourtant en théorie nous le sommes moins que d'autres. Mais économiquement la perte du marché russe, et l'enterrement du "tournant russe", va être terrible. Refaire le match en rappelant que c'était une mauvaise idée ne changera rien à l'affaire. Surtout, que peut-il faire d'autre? Et navré mais je trouve ses coups plus porteurs de stratégie que les éructations et déterrages de hache de guerre chez certains autres... Quand on écoute le discours de certains européens, on croirait voir des orcs du jeu de rôles Warhammer en plein "Waaagh". Et je répète que je dis ça tout en ne portant pas le PR dans mon coeur et en souhaitant un soutien plus fort à l'Ukraine que nous seuls serions capables de prodiguer. Mais ça devrait aussi se négocier car nous prendrions des risques inconsidérés de devenir des cibles nucléaires pour le compte de parfaits butors (je pense au PIS polonais) qui nous manquent de respect à longueur de temps puis proposent la bouche en coeur des "resets" des relations... Cependant, par honnêteté intellectuelle, je suis au regret de constater que cette politique de bonhomme Michelin menée par Macron est probablement la seule que l'on puisse réellement se permettre. C'est en effet son plus gros problème. Maintenant imaginons qu'on dise frontalement "merde" à l'Allemagne aujourd'hui. Je ne suis pas contre mais il se passerait quoi? Vous avez 4 heures.
    13 points
  42. Pour paraphraser un grand homme : En 1940, tout le monde savait que les Ardennes étaient infranchissables. En 1991, tout le monde savait que l'Irak avait la quatrième armée du monde. Il y a trois mois, tout le monde savait que les Russes vaincraient l'Ukraine en une semaine. Imagine de quoi tu seras sûr... demain.
    13 points
  43. Ainsi le futur employeur pourra voir tout de suite que le postulant est un type ayant fait preuve d'intelligence et de droiture morale.
    13 points
  44. La riposte au 130 mm ne sait pas faite attendre ! Premier tir du 140 ASCALON !
    12 points
  45. Personnellement, je vois quand même beaucoup de monde ici qui tire des plans sur la comète en disant que les Ukrainiens ne peuvent pas reconquérir le terrain perdu ou au contraire qu'ils peuvent le faire. La vérité, c'est qu'on en sait rien. Strictement rien. En 1915, la France n'avait pas les moyens de libérer ses territoires occupés, et pendant trois ans la situation est restée bloquée jusqu'à ce qu'en cent jours l'armée allemande soit balayée et vaincue en rase campagne. De même, début 42 les Soviétiques semblaient tenir le coup d'un cheveu, et la "libération" (faut voir l'accueil des populations) des pays baltes, de la Biélorussie ou de l'Ukraine semblait bien loin. Pourtant un an plus tard il était acquis que la guerre serait gagnée à moyen terme. Nous sommes dans un monde qui va vite, très vite. Ce genre de renversements pourrait arriver très tôt, ou jamais, voire l'inverse arriver et une débâcle ukrainienne dans le Donbass. Moi le premier, j'ai dit beaucoup de conneries là-dessus. Mais la vérité, c'est simplement ça : on en a aucune idée, et il est plus que probable que les belligérants et leurs soutiens n'en ont aucune non plus.
    12 points
  46. Si l'on envisage que, selon la rhétorique du Kremlin (hors D. Medvedev), les Ukrainiens sont des Russes comme les autres (ou les Russes des Ukrainien de souche ou d'origine), alors la réponse de Lavrov ne manque pas de sel.
    12 points
  47. Mais les US ont averti pendant des semaines avant le 24 février, avec de plus en plus fin 2021de certitudes affichées : fin 2021, encore des très grandes manœuvres en réponse à... aucune provoc : protestations (avec l'UE). Les russes : "mais non, mais non " l'exercice s'étend à la Biélorussie ; protestations et inquiétudes. Les russes : "mais non, c'est temporaire" les russes : "Finalement on reste en Biélorussie car on prolonge l'exercice (qui se déroule formidablement comme d'hab' ! )" ; protestations, inquiétudes. rhétorique délirante de Poutine & Co. "Rendez-vous ! On fait comme Erdogan, on veut une zone-tampon à nos frontières ouest, démilitarisée, de 500km de profondeur ; voyez comme on est sympas : on ne réclame pas le droit d'y mener des patrouilles. Les manœuvres se passent tellement bien qu'on continue ! Et si vous n'êtes pas d'accord c'est idem" Le rens US : "ce ne sont plus des manœuvres, là..." ; l'UE et l'OTAN : "Stop au délire, rentrez chez vous ! (ils ne peuvent pas être aussi cons quand même ? )" Biden : "la Russie va attaquer le 12 février" (de mémoire). Tous les pro-russes : "ahah, non, non, qu'il est vieux/con." UE + UKR : "les russes ne peuvent pas être débiles à ce point quand même : ils ne préparent même pas leurs troupes pour véritablement entrer en Ukraine !" Et pourtant, le 24 février : pan ! Wiki a un résumé assez complet où il manque l'annonce de Biden tout de même. Alors prétendre que les US n'ont pas averti... Les russes. Il faut vraiment avoir des œillères pour refuser de l'admettre, c'est même revendiqué ! Je dois avouer ne pas te suivre, @herciv Dans les discours de Poutine ou Medvedev récemment, l'OTAN (qui n'était pas en Ukraine) passe d'ailleurs totalement au second plan, c'est vraiment l'Ukraine qu'il faut ratiboise, redresser, réaligner mentalement par la force.
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  48. Oui enfin à ce rythme là, la Russie se démilitarise plus vite que l'OTAN... en fait la Russie fait tout ça pour démilitariser le continent tout entier et parvenir enfin à la paix universelle !!! Ce que les diplomates négociants la restriction des armements ont échoué à faire en un siècle, la Russie y parvient en quelques mois. Plus besoin de traité de Washington, plus besoin d'accord SALT, voilà venu le temps de la démilitarisation mutuelle via conflit armé (DMCA). Poutine le joueur d'échecs en 4D a décidément toujours un coup d'avance.
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