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  1. J'ai un collègue ukrainien (celui qui partage son bureau avec un collègue russe et qui continuent de se vanner mutuellement, même s'il est vrai que la durée de la crise tend un peu les relations) qui m'a donné des éléments subjectifs d'appréciation "vus de là-bas". La France est perçue, de ce qu'il a entendu, comme le principal soutien occidental "de l'arrière". L'aide humanitaire et matérielle fournie a largement contribué au maintien de la résilience des populations et a facilité les rotations de personnel front/arrière indispensables à un certain équilibre et à la régénération du potentiel. Ca ne se chiffre pas, ne se mesure pas, mais cela finit par se ressentir et faire parler. En gros, on n'est pas/plus ceux qui les envoient au casse-pipe (US/UK), mais ceux qui leur permettent d'en sortir et d'y tenir quand ils reviennent. Nous sommes très attendus sur l'aide que l'on pourra apporter sur les aspects énergétiques consécutifs à la campagne russe de destruction des infrastructures. Le matériel militaire français est apprécié et reconnu. Le volume, faible, n'est pas critiqué simplement pour le volume ou en comparaison des efforts des autres pays. Il est juste déploré parce que le matériel est apprécié, il plait beaucoup, il séduit. Il est qualifié de "spécial" : une conception "originale", simple, efficace, logique. Il est aisé à prendre en main, n'a pas besoin d'être dominé, contrairement aux matériels ex-soviétiques. Il est d'une efficacité au moins comparable, l'agrément d'utilisation en plus. Il semble qu'une "french touch" soit appréciée et reconnue ("Vous ne faites pas la guerre de la même manière que les autres"). Apparemment, si le CAESAR est vanté, le VAB a été apprécié sans être particulièrement un gros plus (il fait le taf, et le fait juste bien), mais le MILAN semble avoir été une très bonne surprise : ils s'attendaient à un système vieillot, dont le filoguidage rendait l'équipe de tir plus vulnérable qu'un Javelin ou équivalent Fire & Forget, mais ils ont trouvé un système qui avait sa place à part, davantage sur des positions préparées (en défense comme en lancement de contre-offensive) qu'en pur réactif d'opportunité comme d'autres anti-tanks. En gros, on se sert d'un Javelin avec des couilles, et d'un milan avec la tête. Bon, il est en France, il ne va pas débiner l'aide fournie par la France, mais vu comment il en parle, je le crois assez sincère.
    37 points
  2. Bonjour à tous, amis du forum Je suis ému de votre sollicitude et votre intérêt pour les posts que nous avons échangés. Simplement, la vie à des surprises non prévues. Le Coronavirus et notre isolement...un double cancer...suivi d'un non moins traitement long et parfois un peu douloureux engendrant une grande fatigue...une hospitalisation oculaire pour terminer avec un traitement dit de confort cardiaque. C'est tout et c'est assez. Je suis passé quelques fois sur le forum mais sans écrire et uniquement pour tenter de suivre les événements. Je reconnais que j'ai du mal à me relancer. D'autant que mes ordinateurs se sont crus obligés de faire des siennes, mes voisins de m'inonder ma salle de bain...enfin tout est rentré dans l'ordre. Je vais essayer de me réintroduire doucement sur notre forum dont j'apprécie nombre d'internautes et leurs connaissances. Mes salutations à tous pour votre gentillesse et ma gratitude pour vos écrits me concernant. Janmary
    28 points
  3. IRIS-T SLS est complètement largué niveau cinématique face au VL Mica NG, on parle de 10 à 12 km de portée maximale, là où le VL Mica actuel tape déjà 20 km avec une capacité de manœuvre de 30G à 12km. Le SLM est déjà une meilleure option, puisqu'on parle d'une portée de 40km. Ca se fait via un accroissement du diamètre de 2,5cm pour gagner du volume interne, sans toucher à la géométrie des surfaces de contrôle, donc à voir comment ça impacte la manœuvrabilité. C'est une portée comparable à celle du VL Mica NG ("supérieure à 40km), qui lui n'a pas nécessité de modifications à la configuration aérodynamique originale et propose deux options pour l'autodirecteur. Ce sont deux systèmes assez comparables. Un gros paquet. C'est le seul missile purement sol-air du tas, il a par conséquent été optimisé pour ça et ça se voit sur la fiche de specs. Par exemple, il a des surfaces de contrôle pliables, ce qui permet de le quad-packer facilement. L'IRIS-T SLM et le VL Mica (NG) pourraient être dotés de telles surfaces, mais ça nécessiterait du travail d'ingénierie et des moyens de production qui ne sont pas aujourd'hui en place. Il est lancé à froid (le propulseur est allumé en dehors du tube), ce qui permet de ne pas exploser le lanceur à chaque tir. Avec le VL Mica (et je suppose que c'est identique pour l'IRIS-T SLS/SLM), c'est Bagdad après quelques tirs et il faut faire une remise en condition du véhicule et de la rampe. Incidemment, le lancement à froid est couplé à un ensemble de petits propulseurs solides dans la queue pour faire du formage de trajectoire dès la sortie du tube, avant l'allumage du propulseur principal. Ca permet de n'avoir virtuellement aucune limite d'altitude contre les cibles proches, et de gagner du temps. A la fois le VL Mica et l'IRIS-T SLS/SLM ont besoin de temps et d'espace pour basculer vers la menace. Enfin, le CAMM-ER est un big boi comparé aux autres; on parle d'une masse au lancement de 162kg pour un peu plus de 4,2m de long et 190mm de diamètre, à comparer aux 112kg/3.1m/160mm du VL Mica et aux ~110kg/3m/152mm de l'IRIS-T SLM (89kg/127mm pour le SLS). Le volume supplémentaire se traduit directement par plus d'énergie, donc une meilleure capacité de manœuvre à une portée donnée. Ca implique aussi une portée légèrement plus élevée que le VL Mica NG, avec plus de 45km vs 40km. Le CAMM classique tape déjà 25km, 5 de plus que le VL Mica actuel, avec un missile plus léger (99kg). En résumé: VL Mica: 20km pour 3,2m, 112kg et 160mm. Deux options d'AD, mais hot-launch. VL Mica NG: >40km. Deux options d'AD dont une matrice IR et un AESA, mais hot launch. IRIS-T SLS: 12km pour 2.94m, 89kg et 127mm. Juste un Fox 2 monté sur un camion. Rechargement pas super pratique vu la gueule du système. IRIS-T SLM: 40km pour 3.3m(-ish), 110kg(-ish) et 152mm. La version sous stéroïde du précédent, monté dans de vrais packs. Un seul AD proposé, mais bonnes performances cinématiques (sur le papier). CAMM: >25km pour 3.2m, 99kg et 166mm. Le seul SAM original. Quad-packable avec des surfaces de contrôle pliable. Tir à froid, formage de trajo au poil. CAMM-ER: >45km pour 4,2m, 162kg et 190mm. Pareil que le précédent, en plus gros (donc forcément mieux). Deux remarques cependant: Les conduites de tir du VL Mica (NG) et du CAMM(-ER) ne sont pas incroyables. Le VL MICA propose le combo IMCP/PCP, avec un seul radar (bande S, 80km de portée instrumentée). Le CAMM(-ER) pour l'instant n'a été montré que sur Sky Sabre, avec le Giraffe (120km) et un C2 suédois. A l'inverse, la CdT de l'IRIS-T SLM est vraiment pas mal foutue, avec une floppée de radars actifs (CEAFAR, GM200 MM/C, TRML-4D, Giraffe 1X, et passifs (Hensoldt Twinvis) proposés, radars qui opèrent tous dans des régimes différents (donc excellent pour la contre-guerre électronique) et permettent une bonne interconnectivité entre opérateurs du système. L'IRIS-SLX va faire très mal à la concurrence, surtout si le plafond annoncé (30km ! C'est plus que l'Aster 30 Block 1NT...) est tenu. On parlait des missiles spécifiquement, mais il me parait intéressant de noter qu'indépendamment de la qualité des effecteurs, les systèmes au global ne sont pas tous égaux. Ceci étant posé, il reste plus simple d'intégrer de nouveaux radars ou un nouveau C2 à un système que de ré-ingénierer un missile.
    25 points
  4. D'apres certaines infos, la Russie envisage de poursuivre Zelensky en vertu de l'art. 322 du Code pénal de la Fédération de Russie pour franchissement illégal de la frontière d'État.
    23 points
  5. Je poste très rarement (sinon jamais) sur ce fil, par manque total de valeur ajoutée. Toutefois je crois que cette vidéo n'a pas encore été partagée, mes excuses par avance si c'est le cas. Je l'ai trouvée hypnotisante ! PS: on est d'accord qu'il n'y a pas de mastic dans le moteur ?
    22 points
  6. Le pacifisme n'est que lâcheté et doit être refusé. Une action forte est indispensable. Je suggère une visite de BHL de niveau 2. ... Deux boutons de chemise ouverts.
    20 points
  7. j'ai visité le pays 2 fois, en touriste. Bon, touriste solo, immersion dans la population, pas du Kuoni, hein, la dernière en 2019. Pays avec un patrimoine et un intérêt évident, que je recommande donc. Évidement mon point de vue peut être biaisé, et même si je suis pal mal sorti des sentiers battus, je n'aurai sans doute pas eu accès aux populations peu accommodantes vis à vis des étrangers ( blanc et à priori pas musulman ) Il est évident aussi qu'il y a au moins 2 mondes distincts et totalement opposés, avec sans doute des mondes nuances au milieu. Dans aucun autres pays au monde, pourtant réputé tourmenté, ( je les connais pas tous, hélas )je n'ai eu un sentiment aussi fort qu'une révolution sociale grondait. Dans bcp de pays, les modernistes peuvent générer du bruit ( et être repris par les médias de chez nous ) tout en pesant 1% de la population, ou pas bcp plus. Là bas c'est complètement différent. Le moderniste est ultra majoritaire chez les jeunes et les moins jeunes de grandes villes, pour Térhan Ispahan Shiraz Tabriz Yazd ou Bandar abbas, la cause est entendue. Qom, c'est différent.... En campagne c'est plus diffus. Je ne saurai dire si les moderniste pèsent 49 ou 51 % de la population, mais ils pèsent PLUS que les tradi. Et au milieu il y a les indécis, admettons que pour un vote ils puissent rejoindre le camp tradi pour ne pas perturber les habitudes. Les anecdotes individuelles n'ont pas vocation à être représentatives d'une masse de gens, mais je les donne quand même car elles en illustrent ( pour mon vécu ) bcp d'autres similaires. Des jeunes ( 20 à 30 ans, hommes et femmes ) croisés fortuitement dans le métro ( quartier chic de Tajrish ) m'invitent pour aller skier le lendemain sur le Tochal du massif Elbrouz, juste à côté. Dans le télécabine, les foulard tombent vite, et dans les sacs à dos ça fait 'gling gling", les bouteilles d'alcool seront là....Il s'agit de la jeunesse aisée, très instruite, entrepreneuriale, du pays. Peut être la relève dirigeante, un jour.... Dans les épiceries des quartiers orthodoxes de Ispahan, on m'a proposé de la vodka ( qui n'est pas en rayon bien sûr ) une fois au passage en caisse. Signalons que les orthodoxes ont le droit de picoler, que les femmes ne soient pas voilées, tant que ça reste en groupe non musulman et à caractère "privé" donc hors de vue depuis la rue par exemple. Même si le régime est ultra dur, on peut concéder qq tolérances, même si des idiots à titre individuels ont pu commettre des actions contre les non musulmans du pays. En grande ville, en plus moyenne, plus rarement dans les petites ou en campagne, une qté incroyable de jeunes ( parfois ado ou jusqu'à la bonne trentaine ) sont venus vers moi pour discuter, s'ouvrir à ce que pense les autres. Même des ados visiblement sans le sous ont voulu m'offrir un cola ou un sorbet pour que je discute, j'avais pas besoin de cette carotte, en tout cas c'est pas pour vous soutirer du pognon....Une de leur toute première phrase ( leur anglais étant souvent limité ) était Mollah = Shit. J'ai eu UN ( un seul ) chauffeur de taxi, visiblement bcp plus tradi que la moyenne. A chaque passage devant une mosquée ( donc tous les 2 kilomètres ), il mettait ses mains au visage. Bon...un fervent croyant...je l'avais trouvé dans un quartier absolument pas touristique, il avait un touriste par an. A sa demande de ce que je faisais comme métier ( enfin, arrivé au parking de Persépolis avec un de ses amis traducteur, il ne parlait pas un mot d'anglais ), je lui ai répondu "je fabrique une boisson alcoolisé", il m'a répondu que je faisais bien ce que je voulais sur le sujet en étant catho ( je ne pouvais pas lui dire que je suis athée, c'est un concept qui ne peut pas exister pour eux ), et d'ailleurs si lui portait la barbe c'est car il était musulman, par obligation. Il aurait aimé avoir un peu d'argent pour voyager et aussi sortir du pays. Son premier voyage serait la mecque, et son deuxième...le vatican, les photos l'ont impressionné. Il vote tradi, il est tradi, mais regrette que son pays soit coupé du monde. Je rappelle que l'Iran est coupé du monde bancaire: on se pointe sur place avec des euros en billets ( assez pour tout pépin ), on fait du change ou on veut, mais la CB est un bout de plastique qui ne vaut rien. Un autre chauffeur de taxi m'invitera à dîner chez lui, c'est la fin de journée, Téhéran, il est à coté de mon hôtel. Sa femme et sa fille garderont le voile pendant 5 secondes après mon arrivée. Son fils aimerait ( lui aussi ) que sa soeur et sa femme puisse se promener en public sans voile. Policier islamique, c'est un bon job dans un pays de misère économique pour sa population, comme finalement des jobs de militaires dans pas mal de pays au monde hors "occident"....Néanmoins je me pose une question, avec l'impression d'avoir un début de réponse. Qu'en serait il si le policier risque son intégrité et si le rapport de force usuel est bousculé ? Par contre, en cas de révolution aboutie, c'est un job qui risque de subir une épuration certaine, et les personnes qui l'ont incarné aussi..... Une chose est claire, l'ère de la guerre Iran Irak est révolue. Il n'y aura plus d'armées d'enfants sacrifiés pour aller marcher dans les champs de mines. Actuellement, l'enfant sera bcp plus tenté, quitte à se sacrifier, d'aller vers le "policier" ou le militaire qui l'y pousserait. De manière assez générale, chez les modernistes bien sûr mais aussi les tradi, j'ai entendu un refrain récurrent. "On est des perses, pas des arabes, et on est dirigé par des arabes, et çà nous gêne". Et çà, c'est même entendu chez les tradi, donc quand même, ça pèse.
    20 points
  8. J'ai lu le premier chapitre du rapport et c’est d’ores et déjà un des articles les plus intéressants depuis le début du conflit. Les membres du RUSI sont allés interviewés des responsables ukrainiens et l'article est construit sur la base de leur propos (expurgé de tout ce qui pourrait nuire à la sécurité opérationnelle des Ukrainiens, précisons-le). Il tord le coup à pas mal d'idées reçues qui s'étaient imposées depuis le début du conflit. 1°) L'armée de l'air russe est absente depuis le début du conflit. Non, les Russes ont mené 140 sorties par jour au commencement de la guerre et ont continué à avoir une activité significative par la suite, tant au dessus de la ligne de front et, dans un premier temps, sur ses arrières (des frappes à 300km à l’intérieur du territoire ont été recensées). Cette notion d’absence de l’armée de l’air russe provient manifestement plus de l’absence de relation de leurs actions par les média et les réseaux sociaux combiné à leur échec d’avoir pu peser significativement sur la bataille terrestre. Aujourd’hui, sur le front sud, les CAP de Su-35S et Mig-31BM équipés de missiles R-37M (missiles à longue portée, très rapides, capables d’engager des cibles à basse altitude) continuent de faire peser une menace mortelle sur les avions ukrainiens, y compris en TBA. Même si leur efficacité est discutable, l’armée de l’air russe continue de mener des missions d’appui au sol mais son efficacité est limitée par différents facteurs magnifiés par la TBA: Absence de PDL et/ou armement guidé sur sur la majorité des avions Entraînement insuffisant Menace des Manpads ukrainiens Tactiques à l’efficacité discutable (Su-25 tirant des barrages de roquettes non guidées à distance de sécurité…) Les nombreux crash hors combat observés chez les VKS tendant aussi à suggérer que huit mois de combat ont fatigué tant les hommes que les machines — ce qui démontre en creux qu'ils ne restent pas inactifs. Les pertes ont touché de manière disproportionnée la flotte russe d’attaque au sol (23 Su-25SM/SM3 sur une flotte de 110 et 17 Su-34 sur une flotte de 130). 2°) L’armée de l’air russe est sans réponse face à la DCA ukrainienne. C’est à nuancer. Déjà, durant la première semaine de la guerre, les Russes ont réussi à neutraliser la DCA ukrainienne: que ce soit en utilisant des moyens de brouillage ou des leurres (notamment dans le nord dans les secteurs d’Hostomel / Irpin ou de Tchernihiv) ou en détruisant carrément des radars d’alertes ou des sites de lancement de missiles (notamment dans le sud vers Kherson et Zaporojié). Les Russes ont également mené de nombreuses attaques SEAD à proximité des couloirs d’attaques héliportées, même si elles ont surtout eu du succès contre des systèmes anciens. Il n’en reste pas moins qu’au début du conflit, les Ukrainiens ne pouvaient compter que sur leur aviation de chasse pour protéger leurs cieux. Ensuite, les Ukrainiens ont réussi à se réorganiser, à se défaire du brouillage russe (qui a d’ailleurs dû baisser en intensité car il brouillait également les transmissions amies) et leur DCA a finir par représenter une vraie menace pour l’aviation russe. En mars, les Russes ont alors lancé d’autres attaques où ils utilisaient leurs CAP de Su-30SM et Su-35S pour inciter les radars ukrainiens à se dévoiler et ensuite les attaquer à coup de missiles ARM pour les Flanker (avec un certain succès) ou en envoyant des Suckhoi-25 armés de roquettes non-guidées (sans réussite). Lors de leur offensive d’été dans le Donbass, les Russes ont ensuite entrepris une campagne contre la DCA ukrainienne qui a remporté un certain succès en utilisant leurs drones comme leurres pour, de même, inciter la DCA ukrainienne présente à proximité de la ligne de front à allumer ses radars. Les dispositifs ukrainiennes étant alors détruit par l’artillerie ou les frappes de missiles. En réponse, les Ukrainiens ont été forcés de reculer leurs batteries de SAM courte (SA-8 OSA) et moyenne portée (SA-11 Buk) bien à l’arrière du front, ce qui a offert aux Russes une liberté d’action bien plus grande au-dessus de la ligne de contact. À noter enfin que la suite défensive des Su-25 modernisés s’est montrée très efficace contre les Manpads, ne déclarant forfait que quand la zone était saturée de missiles. Enfin, grâce à la portée des missiles R-37M, les chasseurs russes sont aujourd’hui capables d’engager leurs homologues ukrainiens alors qu’ils sont largement hors de portée de la DCA ennemie. Il ne faudrait pas néanmoins, à l’inverse, minimiser l’impact de la DCA ukrainienne. Elle a réussi à imposer aux avions d’attaque russe de quitter l’altitude pour mener des attaques au ras du sol, ce qui, du fait du manque d’entrainement des pilotes russes, des déficit technologiques des avions russes (pas de PDL ou de BGL par exemple) a réduit significativement leur efficacité, en particulier contre des cibles durcies et de petite tailles comme le sont les positions de campagne, tout en permettant aux manpads de les prendre à partie. C’est un impact dont il est difficile de surestimer la magnitude. 3°) La DCA russe en sert à rien Oui, au début du conflit. Les Tor et les Buk ont été envoyés en Ukraine sans que les réseaux transmissions aient été organisés, le chaos au sol les a souvent séparés des formations qu’ils devaient protéger et les règles d’engagement étaient très restrictives : « Tout ce qui vole est présumé russe. » Au final, les avions ukrainiens n’ont pas eu à se préoccuper de la DCA au début du conflit. Comme les Ukrainiens, les Russes ont fini par se réorganiser et les S-400 basés en Crimée et en Biélorussie ont forcé les avions Ukrainiens à voler au ras du sol pour leur échapper (même si cela n’est pas toujours suffisant pour échapper à un S-400 ou S-300 moderne guidé par un radar de dernière génération, cf. le post de Pic cité au début). L’arrivée des missiles HARM américains sur les avions ukrainiens à néanmoins eu un impact négatif sur l’efficacité de la DCA russe et a permis aux Ukrainiens de retrouver de la liberté d’action sur le front. Mon post est déjà suffisamment long donc je vais m’arrêter là mais l’article parle également des nombreuses faiblesses de l’armée de l’air russe dans tous les domaines; que nous ne saurions sous-estimer tant elles sont profondes. Mais, il est intéressant de voir que la petite musique d’une armée de l’air russe regardant les bras ballants les rampants mourir dans les tranchées ne correspond en fait que peu à la réalité. L'auteur du rapport reconnaissant d'ailleurs très honnêtement y avoir lui-même succombé un temps, comme on peut le voir dans ses autres écrits.
    20 points
  9. Autant militairement je trouve déplacé de les traiter de débiles, mais il n'y a pas de relativisme à avoir sur les crimes. L'armée russe commet des crimes de guerre, bien documentés et massifs. Elle torture, exécute sans procès des civils, des POW, rase des infrastructures civiles (parfois sans le motif légitime de leur utilité militaire, genre le mall de Dnipro), vole, pille, viole, empêche les secours humanitaires d'accéder aux POW ou de secourir les civils, détruit l'infrastructure civile délibérément (Cherson) ce qui est aussi un crime de guerre, déporte des populations, enlève des enfants (voir l'enquête du NYT). Et cette méthode si elle n'est pas théorisée et admise officiellement, n'est pas sanctionnée par l'autorité militaire et civile (contrairement aux Ukr qui enquêtent sur leurs crimes, donnent des consignes officielles et tiennent leurs troupes, les crimes existent mais ils sont exceptions plus que principes) malgré les appels des organisations internationales dont la Russie est membre à respecter le droit humanitaire, j'en déduis qu'elle fait partie à part entière des méthodes militaires des russes comme principe de guerre, même par défaut. Par ailleurs ils bombardent systématiquement les agglomérations qu'ils ont dû évacuer (vérifiable dans l'historique de liveuamap, regarde les suites de Izium et Lyman) d'où ma remarque. Je ne pense pas que les russes soient des monstres, mais je n'ai aucun doute sur le fait que leurs méthodes relèvent de celle de criminels, ne serait ce que par l'absence quasi total d'effort déployés par leurs autorités pour tenir leurs troupes (et elles n'ont pas l'excuse de commander une bande de milicien en guenille qui crève de faim dans un coin de l'Afrique). Je ne vois pas pourquoi Cherson ne serait pas une cible. Les Ukr vont forcément s'en servir pour la suite de la campagne. Sinon pour faire suite à ce que j'esquissais en page précédente sur le problème de l'exploitation, j'ai l'impression que la profusion de mine, le pouvoir meurtrier de l'artillerie moderne, combiné à l'aversion aux pertes découragent quasi systématiquement les belligérants de poursuivre, peut être aussi la rareté des moyens offensifs qui font ça par rapport à l'abondance et à la simplicité plus aisé de la posture du défenseur. Même en l'absence de défense en profondeur (Izium, Lyman) les russes ont toujours réussis à se rétablir derrière une rivière ou par le cloisonnement du terrain. Par contre les Ukrainiens mènent systématiquement une sorte de "petite guerre" entre et à côté de la "bataille" en tant que telle, qui leur a permis de prendre pied à Kupiansk rive est ou au sud de Lyman après Izium, puis sur les approches de Svatove après Lyman. J'imagine qu'ils vont faire le même effort sur les îles du Dniepr afin d'essayer d'y faire peser au moins l'idée d'une menace et fixer des russes dans ce secteur en bout de chaîne logistique. EDIT : Les russes ont fait sauter une petite section pontée du barrage de Nova Khakovka, du côté ukrainien (rive droite).
    19 points
  10. Andrei Norkin, animateur d'émission TV en Russie, a tout compris. Il ne va pas donner son opinion sur la décision de retrait de Kherson, et il explique pourquoi Si je soutiens la décision (de retrait), alors j'appelle à violer l'intégrité territoriale de la Russie, et d'après l'article 280 alinéa 1 (...) c'est plusieurs années de prison. Mais si je m'oppose à la décision, alors je manque de respect à la direction des forces armées, et d'après le même article, mais alinéa 3, c'est aussi plusieurs années de prison. Je ne veux pas aller en prison, donc on va regarder le reportage, et ensuite je laisserai la parole aux experts Ni pour ni contre, bien au contraire ! C'est plus sûr...
    19 points
  11. Bah oui mais c'est ce qu'on appelle un forum : un endroit où se croisent ceux qui savent et ceux qui veulent savoir, et toute les nuances entre les deux. Et évidemment l'effet Duning-Kurger joue à fond. Donc comme c'est un biais naturel, c'est pas obligé d'envoyer péter les gens à la première occasion (pas moi, moi je suis bien avant la montagne de la stupidité). Ici c'est pas des étudiants qu'on peut engueuler, parce qu'on est payé pour les amener à un certain niveau de compétence. Quand tu interviens, tu dit des trucs intéressants, ça apporte des informations précieuses, mais la forme est tellement détestable que l'objectif est raté. La pédagogique (car c'est bien de ça dont on parle ici, et gratuite en plus puisque personne ne te paye) c'est important. Tu n'es pas obligé de chier sur tout le monde, genre "ce forum est devenu affligeant, les échanges sont nuls, les connaissances sont inexistantes...". Et s'il y a des épisodes style "chasse aux sorcières", c'est malheureusement inhérent aux faits que les trolls russes ne sont pas une légende et qu'il est difficile de faire la part des choses entre les vrais questionnements (sur l'OTAN, sur les accords de Minsk...) et les influences déguisées en pseudo-doutes. Quant à l'équilibre propagande ukrainienne / propagande russe, je le trouve au contraire plutôt bon, et n'adhère pas du tout à ta vision "vous gobez tout ce que disent les Ukrainiens". Même si des exemples spécifiques peuvent être trouvés, de nombreux autres indiquent au contraires une grande prudence dans l'assimilation des résultats opérationnels montrés.
    19 points
  12. J'en ai déjà marre, j'aime pas venir taper la causette dans ce sujet. Mais bon, faut bien contrer le perfide corse et ses visées "MiGistiques" Plus sérieusement, quelques remarques par rapport aux derniers messages: 1/ Le gros des Su-25 est au standard Su-25SM(1) avec plus d'une centaine d'appareils traités. Pas difficile à savoir: le "numéro" de l'avion est peint dessus à proximité du cockpit sous le format: "Su-25SM-xxx", et il ne va de même pour les -SM3. Ah et pas de Maskirovka derrière, les numéros de suivis de modernisation correspondent à des numéros de Bort connus. Je vais peut-être finir par mettre mes listings perso en ligne ou les vendre (au-moins je ne me serais pas cassé le c*l dessus pour rien) 2/ Inutile de rêver au retour de Su-24M(R) ou autre antiquités du même genre (exception faite éventuellement des MiG-29SMT). Les VKS, à l'inverse des forces terrestres, ont subi des pertes importantes mais minimes (non je n'ai pas bu, je suis à l'eau plate et au café) une fois contextualisées. Explications par les chiffres: 17 Su-34 perdus depuis 02/2022... et déjà 8 Su-34NVO livrés depuis avec d'autres dans le pipe-line d'ici fin 2022/début 2023. Idem Su-30SM (les vols pré-livraisons sont en cours vu qu'on approche de la fin de l'année), etc... Bref, quel intérêt pour les VKS de remettre en service des appareils envoyés au tas alors que la capacité industrielle permet - en l'état actuel des choses - de tourner deux ans (temps nécessaire entre lancement de production et sortie d'usine) pour compenser l'attrition? Aucune. Par contre si cette attrition se maintient, ça va clairement devenir problématique (et Surovikin le sait TRES bien: ce qui est normal vu d'où il vient). Sachant que la principale pierre d'achoppement des russes réside dans la micro-électronique et qu'ils viennent de délier largement les cordons de la bourse pour augmenter (fortement) leurs capacités locales. Donc ça sent mauvais à moyen-terme mais il reste à voir quelle capacité industrielle, ils seront en mesure de développer... ou quelle magouille ils vont développer pour obtenir des circuits d'approvisionnements parallèles. Bref, je ne suis pas aussi catégorique que certains ici (et ailleurs) sur le fait que "c'est mort" pour l'industrie russe; même si ça pue, j'en conviens parfaitement. Dans le même registre, quand je lis des "60 avions perdus par la PSU" sur un parc d'une centaine d'appareils exploitables pré-02/2024: ben disons que la contextualisation des chiffres pique un peu (beaucoup). 3/ Après que l'armée russe (dans son ensemble) ait besoin de se réformer, c'est une évidence. Surtout au niveau des moyens humains (au sens large): par contre, il serait très dangereux de les considérer comme étant complètement à poils... les forces terrestres ont pris cher (très!) mais globalement le potentiel offensif de la Marine, des Forces aériennes ainsi que des RVSN sont intacts et l'industrie russe dispose encore (pour combien de temps?) de la capacité à reconstituer une partie de ses forces terrestres. Je sais que ce genre de discours ne plaît pas aux optimistes béats, mais ce n'est pas en gu*ulant partout "Слава Україні" tout en affichant le drapeau ukrainien à toutes les sauces qu'on fait progresser la réflexion (entendu par là, l'analyse des forces et capacités en présence). N'en déplaise à certains (oui et désolé de ne pas faire dans le "politiquement correct").
    18 points
  13. 17 points
  14. Rien de confirmé pour l'instant, on attend que la poussière retombe. N'ALLEZ PAS DÉVALISER LES STOCKS DE PQ AU LIDL !
    17 points
  15. Pour information la vidéo de l’audition publique au sénat relative aux problèmes de corrosion sous contrainte rencontrés sur notre parc nucléaire J’ai essayé de retranscrire les interventions de Cédric LEWANDOWSKI (EDF) et de Bernard DOROSZCZUK ( ASN) . http://videos.senat.fr/video.3062141_635a18e41a210.corrosions-sous-contrainte-dans-les-centrales-nucleaires---audition-publique Cédric LEWANDOWSKI de 10’ 05’’ à 29’ 15’’ transcription au mieux Phénomène inédit inattendu (à l’endroit où les fissurations corrosion sous contrainte CSC , des circuits auxiliaires des circuits primaires , sont apparues) Automne 2021 lors visite décennale de Civaux 1, EDF découvre des anomalies atypiques sur des portions de tuyauterie RIS( réseau d’injection de sécurité) , réseau inactif donc à l’arrêt en fonctionnement normale , la fonction RIS est d’injecter de l’eau dans la cuve du réacteur en cas de brèche dans le circuit primaire , circuit très important pour la sécurité du réacteur . La portion de collecteur concernée est celle qui est directement connectée au circuit primaire avant la première vanne d’isolement . En terme de dimensions cela concerne une tuyauterie de 300 mm de diamètre d’épaisseur de 3 cm sur une longueur d’une dizaine de mètre. Lors des décennales sur l’ensemble du parc nucléaire, on effectue des contrôles pour déceler des défauts de fatigue thermique ( mécanisme d’endommagement induit par des fluctuations de température lié à la présence de tourbillons d’eau chaude . Pour rechercher ce type de défaut on effectue des contrôles par ultra sons . L’analyste des échos détermine présence de fissure dans le métal Fin 2021 on identifie sur Civaux 1 des défauts mais qui ne correspondent pas à de la fatigue thermique . Les portions de tuyaux sont découpées pour être remplacées et expertisées au LIDEC à Chinon . Et c’est à l’issue de ces expertises labo que l’on découvre qu’il ne s’agit pas de fatigue thermique mais bien de la CSC . Fissures de taille significatives puisque 6 mm de profondeur sur toute la circonférence de la tuyauterie . Elles se sont développées à proximité des soudures et non dans la ZAT . La CSC est une fissuration progressive fondée sur un interaction avec un matériau , ici un acier inoxydable austénitique 316L , un environnement l’eau qui passe dans le tuyau , eau avec les composant chimique bore …etc et une sollicitation mécanique résiduelle de soudage ou une sollicitation inhérente au fonctionnement de ce circuit . La CSC est donc de fruit l’interactions complexes avec des paramètres. EDF a déjà rencontré à la fin des années 90 des cas de CSC liés à des pollutions , un recensement avait été effectué sur ce cas de CSC et aucun risque n’avait été identifié sur les lignes RIS auxiliaires connectées au primaire d’où le caractère in attendu des récentes découvertes . Des cas de csc ont été identifiés en 2020 au Japon à OHI 3 en milieu primaire sur un acier de nuance proche du 316L. Les constats sur Civaux 1 conduit EDF à stopper Civaux 2 pour effectuer les mêmes contrôles pour y découvrir les mêmes défauts de csc et dans la foulée sécurité oblige ( pas débat interne ) EDF stoppe 2 autres centrales du même palier dans les Ardennes Un autre évènement survient en parallèle sur le réacteur de Penly 1 en visite décennale une indication de CSC est relevée sur une tuyauterie d’injection d’eau RIS confirmée par une expertise labo au microscope . L’ensemble du parc nucléaire est donc concerné par un défaut générique Réglementation est claire notamment l’arrêté du 10/11/99 , concernant la surveillance des réseaux du primaire après la découverte d’un défaut de cette nature , le maintien en service ne peut se faire qu’après une instruction technique longue et approfondie . Il est apparu à EDF que seul la réparation était à privilégier pour assurer un retour rapide des réacteurs sur le réseau . EDF a alors établie une stratégie de contrôle pour avoir un vision précise de l’état du parc en une relecture a posteriori de l’ensemble des centrales. Suite à ces travaux 7 réacteurs supplémentaires vont être mis à l’arrêt. Les appareils de contrôles par ultra son sont adaptés à de la fatigue thermique et non à la CSC . Ils ne peuvent pas donner une idée précise de la profondeur des fissures et c’est pour cette raison qu’EDF est obligé de prélever des échantillons de tuyaux pour une analyse fine des fissures. C’est un grand chantier d’expertise puisqu’au premier semestre 2023 ce sont 115 soudures différentes qui ont été analysées , 230 échantillons ont été expertisés avec des microscopes de haute précision . C’est cet ensemble de travail titanesque qui a permis d’avoir une bonne compréhension relative des phénomènes fissuration et d’affirmer que la prépondérance de la CSC ; - est due à la géométrie des lignes de tuyauterie RIS parce qu’elles déterminent les niveaux de contraintes - que les réacteurs de 900 Mw 32 réacteurs et les réacteurs de 1300 mw dit P4 ( 8 réacteurs sont peu ou très peu sensibles à la CSC - que les réacteurs de 1300 Mw dit P’4 ( 12 réacteurs) et les réacteurs N4 sont sensibles ou fortement sensibles à la ccs il en ressort également que les zones sensibles à la csc sont délimitées par une soudure et au delà pas de constat de csc Tout ces éléments combinés à les calculs de sûreté et des calculs de tenue mécanique de tuyauterie a conduit EDF a présenté à l’autorité de contrôle ASN une stratégie de contrôle et de réparation. Au bilan , sur douze réacteurs , dix font et ont fait l’objet de réparation sur les circuits . Sur les dix chantiers - 6 sont terminés - 1 autre devrait se terminer courant novembre , - les 3 autres pour la fin de l’année . Un point qui n’est pas de détail sur les réparations , elles sont réalisées sur des modes opératoires semblables ce ceux effectué à l’origine . Parce que ces procédés ont fait l’objet de qualification et qu’en si peu de temps il serait impossible de qualifié un autre procédé . Ce grand chantier a mobilisé plusieurs industriels dont Framatome et Westinghouse ( soudeurs venus d’Amérique du Nord . EDF aurait souhaité que les chantiers soient plus nombreux , gestion radio protection afin de minimiser la dosimétrie . Prouesse de développement d’une nouvelle technique ultrason adapté à la CSC pour bien sonder les 3 cm de métal cet outil évitant des découpes supplémentaires . A ce stade EDF a une compréhension assez fine du phénomène et conscient des efforts de R et D à effectuer pour décrypter ces mécanismes complexes . EDF a aussi réuni 15 experts de la métallurgie du monde entier , des documents leur ont été communiqués sous confidentialité . Ce collège d’experts , en confirmant la bonne orientation d’EDF a établi un certain nombre de recommandations et approfondissement sur La température du circuit Le Taux d’oxygène Ces experts ont émis une avis favorable sur les nouveaux types de contrôle par ultrason. Tout en soulignant le bien fondé du remplacement des tuyauterie à l’identique , certain experts ont proposé de mettre en œuvre la méthode « overlay » , solution de réparation consistant à manchonner par soudage des parties fissurées , procédé qualifié par les normes Us . EDF examine la pertinence de cette solution. Conclusion La sécurité demeure la priorité absolue , à aucun moment EDF à transiger avec la sécurité malgré la décision difficile de mettre à l’arrêt des centrales en plein hiver Corolaire du point précédant , une relation de qualité avec l’ASN ; confiance dialogue et transparence irréprochable En liaison avec l’ASN de disposer d’un état précis de la situation Bernard DOROSZCZUK ( ASN ) de 29’41’’ à 46’08 transcription au mieux Insistance sur 4 points 1 ) la fissuration de CSC est un problème sérieux qui a été traité sérieusement . C’est sérieux car elle comporte de réel enjeu de sûreté pouvant conduire à une brèche sur un circuit auxiliaire directement connecté au circuit primaire sans pourvoir l’isoler Une brèche de cette nature peut être considérée comme une situation accidentelle avec des dommages à l’installation et une perte du réacteur potentiellement durable .éventuellement avec des rejets modérés à l’extérieur . Il ne faut absolument pas minimiser l’impact d’un tel événement .cette csc est générique puisque constatée sur les 4 réacteurs du palier N4 et les 12 réacteurs du palier P’4 . Les fissures constatées ne sont pas négligeables, elles sont évolutives et peuvent atteindre le 1/4 de l’épaisseur avec peu de marge par rapport à la taille du défaut critique pouvant entraîner une rupture de la canalisation en cas de déclenche d’injection d’eau du circuit RIS La CSC est difficile à détecté car la fissuration n’est pas droite comme celle d’une fissure de fatigue . Sa progression est en ligne brisée en suivant le joint du métal . Les outils de contrôle n’étaient pas adaptés à la CSC d’où difficulté de caractériser la taille des fissures La CSC est un sujet difficile à traiter et dans ce cas d’espèce inattendue vu le type de matériau utilisé et inédite dans cette ampleur sur la totalité du parc mondial . EDF ne pouvait donc bénéficier d’aucun retex pouvant accélérer le traitement de ce phénomène C’est un sujet difficile à traiter car nécessitant des interventions en milieu dosant ; protection. et intervention limitée dans le temps 2 EDF a déployé un plan d’investigation conséquent très rapidement en posant plan stratégique de contrôle et réparation. Stratégie approuvée par l’ASN fin juillet . Le premier semestre 2021 a été consacré à un plan d’investigation basé sur des découpes , des expertises et des justifications de sûreté a permis de dégager une vue plus complète sur l’état du parc . Ce plan d’investigation était indispensable pour comprendre le phénomène et d’identifier les zones des réacteurs les plus concernées . Plan d’investigation jugé pertinent par l’ASN, à permis d’identifier les géométries des tuyauteries concernées et les contraintes thermomécaniques comme étant les principaux facteurs d’influence des fissures . Les soudures avec forte énergie de soudage et sans arasage constituent également un facteur aggravant du développement des fissures de CSC. Les soudures liées aux réparation doivent être particulièrement soignées pour éviter l’apparition de nouvelles fissures CSC . On a donc 16 réacteurs ( 12 P’4 et 4N4 ) : - 7 de ces réacteurs étaient couverts par le plan d’investigation d’EDF ( découpes analyses des causes …etc ) - 3 sont encours de contrôle - et 6 réacteurs restent encore à examiner d’ici mi 2023 au plus tard . Les contrôles seront effectué avec un nouveau procédé non destructif par ultrason , encore non qualifié ,et il se pourrait alors pouvoir découvrir des fissures plus importantes que celles observées lors des découpes . Il faut rester prudent sur la disponibilité d’une filière industrielle déjà sous tension ; contrôleurs , tuyauteurs soudeurs , il convient donc de renforcer ces capacités industrielles pour faire face à l’ampleur des travaux en perspective. Au moment de la construction des soudures de réparation ont été effectuées , ces soudures induisent des champs de contrainte pouvant favoriser l’apparition de fissures plus rapides de CSC . Toute ces soudures cartographiées devront être expertisées par la nouvelles technique de contrôle . A l’issue de ces contrôles l’ASN donnera son avis , D’ici fin 2025 , engagement calendaire d’EDF tous les réacteurs ( 32 au total ) y compris ceux de 900 mw peu touchés devront être contrôlés. 3 vu le caractère inédit et les enjeux de sûreté la CSC nécessite un besoin de transparence et de partage du retour d’expérience vis à vis du public dont l’ANCCLI (Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information) et CLI (Commissions Locales d’Information) L’ASN a effectuer 38 inspections sur ce sujet et suit de très près les opérations sur les chantiers . L’ASN a mis en ligne sur son site internet un dossier csc consultable, Prouesse de développement d’une nouvelle technique ultrason adapté à la CSC pour bien sonder les 3 cm de métal cet outil évitant des découpes supplémentaires . A ce stade EDF a une compréhension assez fine du phénomène et conscient des efforts de R et D à effectuer pour décrypter ces mécanismes complexes . EDF a aussi réuni 15 experts de la métallurgie du monde entier , des documents leur ont été communiqués sous confidentialité . Ce collège d’experts , en confirmant la bonne orientation d’EDF a établi un certain nombre de recommandations et approfondissement sur La température du circuit Le Taux d’oxygène Ces experts ont émis une avis favorable sur les nouveaux types de contrôle par ultrason. Tout en soulignant le bien fondé du remplacement des tuyauterie à l’identique , certain experts ont proposé de mettre en œuvre la méthode « overlay » , solution de réparation consistant à manchonner par soudage des parties fissurées , procédé qualifié par les normes Us . EDF examine la pertinence de cette solution. Conclusion La sécurité demeure la priorité absolue , à aucun moment EDF à transiger avec la sécurité malgré la décision difficile de mettre à l’arrêt des centrales en plein hiver Corolaire du point précédant , une relation de qualité avec l’ASN ; confiance dialogue et transparence irréprochable En liaison avec l’ASN de disposer d’un état précis de la situation Bernard DOROSZCZUK ( ASN ) de 29’41’’ à 46’08 transcription au mieux Insistance sur 4 points 1 ) la fissuration de CSC est un problème sérieux qui a été traité sérieusement . C’est sérieux car elle comporte de réel enjeu de sûreté pouvant conduire à une brèche sur un circuit auxiliaire directement connecté au circuit primaire sans pourvoir l’isoler Une brèche de cette nature peut être considérée comme une situation accidentelle avec des dommages à l’installation et une perte du réacteur potentiellement durable .éventuellement avec des rejets modérés à l’extérieur . Il ne faut absolument pas minimiser l’impact d’un tel événement .cette csc est générique puisque constatée sur les 4 réacteurs du palier N4 et les 12 réacteurs du palier P’4 . Les fissures constatées ne sont pas négligeables, elles sont évolutives et peuvent atteindre le 1/4 de l’épaisseur avec peu de marge par rapport à la taille du défaut critique pouvant entraîner une rupture de la canalisation en cas de déclenche d’injection d’eau du circuit RIS La CSC est difficile à détecté car la fissuration n’est pas droite comme celle d’une fissure de fatigue . Sa progression est en ligne brisée en suivant le joint du métal . Les outils de contrôle n’étaient pas adaptés à la CSC d’où difficulté de caractériser la taille des fissures La CSC est un sujet difficile à traiter et dans ce cas d’espèce inattendue vu le type de matériau utilisé et inédite dans cette ampleur sur la totalité du parc mondial . EDF ne pouvait donc bénéficier d’aucun retex pouvant accélérer le traitement de ce phénomène C’est un sujet difficile à traiter car nécessitant des interventions en milieu dosant ; protection. et intervention limitée dans le temps 2 EDF a déployé un plan d’investigation conséquent très rapidement en posant plan stratégique de contrôle et réparation. Stratégie approuvée par l’ASN fin juillet . Le premier semestre 2021 a été consacré à un plan d’investigation basé sur des découpes , des expertises et des justifications de sûreté a permis de dégager une vue plus complète sur l’état du parc . Ce plan d’investigation était indispensable pour comprendre le phénomène et d’identifier les zones des réacteurs les plus concernées . Plan d’investigation jugé pertinent par l’ASN, à permis d’identifier les géométries des tuyauteries concernées et les contraintes thermomécaniques comme étant les principaux facteurs d’influence des fissures . Les soudures avec forte énergie de soudage et sans arasage constituent également un facteur aggravant du développement des fissures de CSC. Les soudures liées aux réparation doivent être particulièrement soignées pour éviter l’apparition de nouvelles fissures CSC . On a donc 16 réacteurs ( 12 P’4 et 4N4 ) : - 7 de ces réacteurs étaient couverts par le plan d’investigation d’EDF ( découpes analyses des causes …etc ) - 3 sont encours de contrôle - et 6 réacteurs restent encore à examiner d’ici mi 2023 au plus tard . Les contrôles seront effectué avec un nouveau procédé non destructif par ultrason , encore non qualifié ,et il se pourrait alors pouvoir découvrir des fissures plus importantes que celles observées lors des découpes . Il faut rester prudent sur la disponibilité d’une filière industrielle déjà sous tension ; contrôleurs , tuyauteurs soudeurs , il convient donc de renforcer ces capacités industrielles pour faire face à l’ampleur des travaux en perspective. Au moment de la construction des soudures de réparation ont été effectuées , ces soudures induisent des champs de contrainte pouvant favoriser l’apparition de fissures plus rapides de CSC . Toute ces soudures cartographiées devront être expertisées par la nouvelles technique de contrôle . A l’issue de ces contrôles l’ASN donnera son avis , D’ici fin 2025 , engagement calendaire d’EDF tous les réacteurs ( 32 au total ) y compris ceux de 900 mw peu touchés devront être contrôlés. 3 vu le caractère inédit et les enjeux de sûreté la CSC nécessite un besoin de transparence et de partage du retour d’expérience vis à vis du public dont l’ANCCLI (Association Nationale des Comités et Commissions Locales d’Information) et CLI (Commissions Locales d’Information) L’ASN a effectuer 38 inspections sur ce sujet et suit de très près les opérations sur les chantiers . L’ASN a mis en ligne sur son site internet un dossier csc consultable, l’ASN est aussi impliquée dans les échanges internationaux avec leurs homologues régulateurs européens et nord américains asiatique et d’Afrique du Sud sont très demandeur d’information du ce sujet . Ces régulateurs ont demandé à leurs exploitants d’investiguer 4 enseignement à tirer à ce stade de ces évènements l’ASN en voit 3 principaux ; Tout d’abord un enseignement de prudence au vu de ce que a été fait , les connaissances de CSC sont encore évolutives . Le programme de contrôle serait réadapté à la connaissance d’éléments nouveaux ( tailles des fissures) prudence aussi sur les capacités industrielles déjà sous tension capacité qui demandent à être renforcée Second enseignement dans une démarche de défense en profondeur est d’aller voir les choses auxquelles on ne s’attend pas , elle doit être conforté et entretenu . C’est l’objet des plans de maintenance préventive des exploitants qui devront être complétés aux vues du retex de ces événements . Mais aussi de l’examen de conformité détaillés que l’ASN demandent aux exploitants de réaliser lors des visites décennales . Aller voir les parties de l’installation que l’on ne voit pas en exploitation normale par exemple les réseaux enterrés , câbles électriques.. Dernier point c’est la réaffirmation du besoin nombreuse fois exprimées par l’ASN est de disposer de marge pour la sûreté . En 2013 l’ASN avait émis un avis en ce sens dans le cadre du débat sur la politique énergique . Dans cet avis l’ASN exprimait le besoin de disposer de marge suffisante pour pouvoir faire face à la nécessité de suspendre momentanément pour des raisons de sûreté le fonctionnement de plusieurs réacteurs . Ce besoin à été réaffirmé à plusieurs reprises dans les rapports annuels . La situation actuelle illustre de façon impérative de restaurer des marges pour la sûreté dans le futur mixte énergétique à l’horizon 2050 Jean-Christophe NIEL ( ASN ) de 46’30’’ à 1h 01’ 21’’ non retranscrit , à écouter Quelques planches plus commentées en détail techniques Jean Claude DELALONDE et Yves LHEUREUX ANNCLI et CLI , non retranscrit à écouter Planches explicatives du rôle de l’ANCCLI et ses questions et attendus Questions réponses non retranscrit de 1h 31’ 14’’ jusqu’à la fin de l’audition , à écouter A 1h56’45’’ à signaler l’intervention du sénateur André GUOIL membre de la commission de défense ; « est ce que les centrales nucléaires embarquées des SNA SNLE et du CdG connaissent les mêmes problèmes ? Si à ma connaissance non , quels enseignements pouvons-nous en tirer ? Réponse de Cédric LEWANDOWSKI à 1h59’59’’. sur les questions très précises des installations embarquées de la défense sachez que nous avons des contacts réguliers , ils ont été informés de la nature des travaux sachant que nous sommes dans une situation très différente ( questions à reformuler au sein de la commission idoine )
    16 points
  16. Difficile de faire Stalingrad l'armée supposée défendre s'en va. Notons le caractère évolutif de l'opinion locale, qui avait voté comme un seul homme en faveur de l'annexion il y a une quarantaine de jours. Comme quoi, on peut toujours changer d'avis !
    16 points
  17. Procès d'intention, Livre I, chapitre premier.
    16 points
  18. Et concrètement, peux-tu nous dire quelles sont ces mesures qui s'imposaient et que l'on aurait dû prendre ? Sinon, dans les heures qui ont suivies l'invasion de l'Ukraine, la France a : Déployé un bataillon de chasseurs alpins en Roumanie ; Envoyé des rafales de l'armée de l'air et de l'espace pour des missions de protection l'espace aérien polonais ; Redirigé le groupe aéronaval de la marine nationale pour effectuer des missions de protection des espaces aériens bulgare et roumain ; Prolongé et renforcé notre participation à la mission de police du ciel dans les Etats Baltes. Et probablement d'autres choses que j'oublie. Alors peut-être que d'autres pays font mieux que la France au niveau des livraisons d'arme à l'Ukraine, mais ces pays n'ont pas le quart de l'activité opérationnelle des armées françaises.
    16 points
  19. Puisqu'on parle beaucoup de l'entraînement des troupes russes récemment. Je me relis Tempête rouge pour le plaisir pendant mes vacances et je viens de tomber sur un passage au début du l'ouvrage (avant l'attaque soviétique, pendant sa préparation) qui m'a beaucoup fait rire dans le contexte actuel.
    16 points
  20. Offensive ukr imminente sur tout le front sud !! Le grand stratège en personne est venu donner ses dernières directives avant l'assaut...
    15 points
  21. J'ai une lecture très différente des déclarations polonaises : en fait, de la Pologne aux USA et à la France, tout le monde dit que c'est - au moins très probablement - un missile conçu en Russie, mais surtout personne n'affirme qu'il a été tiré par les russes et tout le monde veut une enquête. Bref : à ce stade, les alliés de l'OTAN agissent de manière responsable même si la Pologne est évidemment plus émue. RFI : Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a très rapidement réuni un conseil de sécurité d'urgence, même s'il n'a pas évoqué directement l'incident de Przewodów à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne. Après cette réunion, le Premier ministre polonais n’a dressé aucune conclusion sur l’origine des frappes. Le gouvernement polonais préfère envoyer une équipe d’enquêteurs sur place avant de prendre une quelconque décision. Dans la nuit, le ministère polonais des Affaires étrangères a confirmé qu'un « projectile de fabrication russe » a atteint le territoire de ce pays de l'Otan, tuant deux personnes. Selon un communiqué de Lukasz Jasina, le porte-parole du ministère, l'ambassadeur russe a été convoqué pour « des explications détaillées ». Toutefois, le président polonais Duda affirme qu'il n'y a pas de preuve univoque sur qui a lancé le missile. « Une enquête est en cours », a ajouté le chef de l'État aux journalistes à Varsovie. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a lancé dans la nuit un appel au calme : « J'appelle tous les Polonais à garder le calme face à cette tragédie. Soyons prévenants. Ne nous laissons pas manipuler. Nous devons faire preuve de retenue et de prudence ». Il a aussi annoncé que la Pologne a décidé de renforcer la surveillance de son espace aérien. On a parfois suffisamment râlé contre la Pologne suite à certaines déclarations incendiaires : saluons les réactions raisonnables.
    15 points
  22. Aprèe l'excellent post de @funcky billy II J'ai décidé de traduire le document Résumé Au cours des premiers jours de l'invasion, les forces aérospatiales russes (VKS) ont mené des opérations de frappe à l'aide d'aéronefs à voilure fixe beaucoup plus importantes que ce qui a été documenté précédemment, tandis que les capacités ukrainiennes de défense aérienne au sol (GBAD) ont été supprimées par les attaques initiales. Au cours de cette période, les avions de chasse ukrainiens ont infligé quelques pertes aux appareils du VKS, mais ont également subi de lourdes pertes en raison de leur infériorité technologique totale et de leur nombre nettement inférieur. Les chasseurs russes sont restés très efficaces et mortels contre les avions ukrainiens près des lignes de front tout au long de la guerre, notamment le Su-35S équipé du missile à longue portée R-77-1 et, ces derniers mois, le Mig-31BM équipé du missile à très longue portée R-37. Depuis début mars, le VKS a perdu la capacité d'opérer dans l'espace aérien contrôlé par l'Ukraine, sauf à très basse altitude, en raison de son incapacité à supprimer ou à détruire de manière fiable les systèmes de missiles sol-air (SAM) ukrainiens de plus en plus efficaces, bien dispersés et mobiles. Le GBAD russe est également très efficace depuis mars, en particulier le système SAM S-400 à longue portée soutenu par le système radar de surveillance à longue portée 48Ya6 "Podlet-K1". Grâce aux nombreux systèmes portatifs de défense aérienne (MANPADS) fournis aux troupes ukrainiennes et, plus tard, aux équipes mobiles de défense aérienne, les sorties russes de pénétration à basse altitude par avion et par hélicoptère au-delà des lignes de front se sont révélées d'un coût prohibitif en mars et ont cessé en avril 2022. Tout au long de la guerre, la plupart des frappes aériennes russes ont été effectuées contre des cibles pré-désignées avec des bombes et des roquettes non guidées. La flotte de Su-34 a également régulièrement tiré des missiles à distance de sécurité tels que le Kh-29 et le Kh-59 contre des cibles fixes, et les chasseurs Su-30SM et Su-35S ont régulièrement tiré des missiles anti-radiation Kh-31P et Kh-58 pour supprimer et cibler les radars SAM ukrainiens. En l'absence de supériorité aérienne, les tentatives d'attaque aérienne stratégique de la Russie se sont limitées à des barrages de missiles de croisière et balistiques coûteux, à une échelle beaucoup plus limitée. Ceux-ci n'ont pas réussi à causer des dommages stratégiquement décisifs au cours des sept premiers mois de l'invasion. Cependant, la dernière itération est un bombardement plus ciblé et durable du réseau électrique ukrainien, mêlant des centaines de munitions de rôdeurs Shahed-136 bon marché fournies par l'Iran contre des sous-stations, à une utilisation continue de missiles de croisière et balistiques contre des cibles plus importantes. L'Occident doit éviter toute complaisance quant à la nécessité de renforcer d'urgence la capacité de défense aérienne de l'Ukraine. C'est uniquement parce qu'elle n'a pas réussi à détruire les systèmes SAM mobiles de l'Ukraine que la Russie reste incapable d'utiliser efficacement la puissance de feu aérienne potentiellement lourde et efficace de ses flottes de bombardiers à voilure fixe et de chasseurs multirôles pour bombarder les cibles stratégiques et les positions de la ligne de front ukrainiennes à moyenne altitude, comme elle l'a fait en Syrie. Il s'ensuit que si les SAM ukrainiens ne sont pas réapprovisionnés en munitions, et finalement augmentés et remplacés par des équivalents occidentaux au fil du temps, le VKS retrouvera la capacité de constituer une menace majeure. À court terme, l'Ukraine a également besoin d'un grand nombre de MANPADS supplémentaires et de canons antiaériens guidés par radar, tels que le Gepard, pour maintenir et accroître sa capacité à intercepter les Shahed-136 et protéger ses infrastructures électriques restantes et les réparations des installations endommagées. À moyen terme, l'Ukraine a besoin de moyens rentables pour se défendre contre les Shahed-136. L'une des options pourrait être un radar compact et/ou des systèmes de visée et de télémétrie laser pour permettre aux nombreux canons antiaériens existants d'être beaucoup plus précis et efficaces contre eux. La force de combat de l'armée de l'air ukrainienne a besoin de chasseurs et de missiles occidentaux modernes pour contrer durablement le VKS. Les pilotes russes ont été prudents tout au long de la guerre, de sorte que même un petit nombre de chasseurs occidentaux pourrait avoir un effet dissuasif majeur. Tout chasseur occidental fourni à court et moyen terme doit être capable de mener des opérations dispersées en utilisant des équipements de maintenance mobiles et de petites équipes de soutien, et de voler à partir de pistes relativement sommaires, afin d'éviter d'être neutralisé par des frappes de missiles à longue portée russes.
    15 points
  23. Autre variante de la propagande: la fausse attaque terroriste, "au cas ou vous auriez pas compris qu'on se bat vraiment contre des méchants nazis" Et pour se détendre, notre propagandiste en chef à nous
    15 points
  24. Pour apporter un complément, je remets le lien sur le début de ma recension du livre "Les hommes de Poutine" de Catherine Belton. J'ai terminé le livre et c'était très intéressant. En effet, la thèse du bouquin est que c'est le KGB qui est la colonne vertébrale de l'Etat Russe, le marionnettiste qui porte le "ça" impérialiste de la Russie. En effet, Poutine initialement est un instrument du KGB en tant que coterie qui a réussi à prendre le pouvoir pour lui-même et ses affidés dans une logique mafieuse. Pour ce qui est de la prise de pouvoir de Poutine, le livre explique que c'est un pari perdant de l'entourage d'Elstine (la Famille d'Elstine) qui a fait un deal avec les siloviki afin de conserver 2 choses : la transition vers une société libéralisée (tant dans ses aspects économiques que politique) en empêchant les communistes de revenir au pouvoir, et une immunité quant à la corruption de la Famille (la pression montait très fort avec l'affaire Mabetex). Le principal décideur ayant été Pougatchev d'ailleurs. Initialement, Poutine était apeuré et n'avait clairement pas l'étoffe, et le livre penche plutôt pour des coups montés des siloviki dans les attentats de Moscou qui surviennent concomitamment à la prise de pouvoir de Poutine afin de lui édifier une stature d'homme d'Etat pour lancer la deuxième guerre de Tchétchénie. Le chef du FSB, Patrouchev étant décrit de façon particulièrement impitoyable. Les deux premiers mandats de Poutine ont été consacré à sa "formation" d'homme d'Etat par les services de sécurité du FSB, et la reprise de contrôle du Kremlin sur les principaux flux de trésorerie issus de l'extraction de ressources, avec notamment l'oukaze contre Khordoskovski de Yukos. Le mandat de Medvedev a été une sorte de taquyia du pouvoir russe pour pouvoir amadouer l'Occident tout en commençant la phase active des mesures de corruption de l'Occident. Le retour aux affaires de Poutine est le vrai début de la politique haineuse anti-occidentale et des mesures très actives de pourrissement de l'Occident avec corruption à grande échelle des élites politiques européennes et intervention dans la vie politique (comme pour le Brexit où la campagne du Yes a été très activement financée par des caisses noires des silovikis). Le dernier chapitre du livre est consacré aux affaires russes de Trump et de ses énormes financements à perte apporté par un réseau relié au Kremlin. Édifiant ! La dernière partie du livre est la plus effrayante car consacrée aux mesures actives destiné à subvertir l'Occident, et aux inspirateurs idéologiques de cette haine. Cela donne le vertige. Énormément de réseaux et de combines différentes sont décrites dans le livre et démontre une fusion du crime organisé et des services de sécurité de l'Etat Russe. En 2022, il est clair que le Kremlin des siloviki maîtrise presque la totalité des grandes fortunes russes, qui a accès à leurs fonds pour les opérations d'influences. Si Poutine n'est pas officiellement l'homme le plus riche, il l'est probablement par le flux dont il est décideurs dans un amalgame d'intérêt personnel et politique. D'ailleurs l'autojustification des siloviki dans le pillage de la Russie est que c'est une juste rétribution pour le redressement de la capacité impériale de l'État Russe. L'intérêt économique du peuple russe est inexistant dans leur horizon mental et décisionnel évidemment, et le naufrage dans une haine recuite anti-occidentale terriblement odieuse. Moi qui était relativement pro-russe jusqu'en 2020, ce livre contribue à me déciller quant aux actions indiscutablement voyou de l'oligarchie poutinienne : ce régime est indéfendable.
    15 points
  25. J'ai une lecture totalement opposée de la situation et des différences entre communication (on va retenir ce terme plus "neutre" pour les besoins de l'exposé) russes et ukrainiennes. Je qualifierai la communication ukrainienne d' "organique" dans le sens où elle ne nécessite pas vraiment d'intervention serrée de la part de l'Etat pour fonctionner. Bien sûr l'Etat ukrainien communique et tente d'imposer son récit, mais globalement, il n'a pas grand chose à faire pour que ça marche. Il a juste à laisser les journalistes occidentaux venir en Ukraine et filmer, et à laisser sa population et son armée filmer et raconter les conséquences de l'invasion. A l'inverse, la propagande russe est beaucoup plus "étatisée" dans le sens où le l'état russe doit fournir des efforts concrets et systématiques pour pousser ses narratifs. Il peut certes s'appuyer sur ses réseaux, mais on voit la limite desdits réseaux médiatiques dans leur capacité à générer par eux mêmes un récit crédible et à l'avantage de Moscou des évènements. Au fond, c'est guère étonnant. La situation fait qu'il est quand même beaucoup plus simple de ressentir intuitivement de la sympathie pour l'Ukraine que pour la Russie. Le récit ukrainien est simple, fédérateur et cohérent : nous somme un petit pays envahi par une grande puissance belliqueuse qui bombarde nos villes, et nous nous battons à mort pour notre survie. A l'inverse, le récit russe est nécessairement alambiqué, pas aidé en cela par la propre confusion qui règne dans la communication du Kremlin concernant les causes et les buts de la guerre. Est-ce à cause de l'extension de l'OTAN ? Est-ce pour sauver les russophones du Donbass ? Est-ce parce que les ukrainiens et les russes ne forment qu'un seul peuple qu'il faudrait réunir au sein d'un même état ? Tout ça n'est pas très clair et ça implique que ça ne fonctionnera qu'auprès d'un public qui aura déjà intériorisé un certain nombre de présupposés et d'opinions subjectives (hostilité à l'OTAN et à l'Occident, sympathie pour le régime de Poutine ou la Russie). Ce public existe dans une certaine mesure, en France aussi, mais globalement ça échoue totalement à apporter un contre discours efficace au récit ukrainien à destination de l'immense masse des "neutres" (c'est à dire qui n'avaient avant l'invasion pas d'avis tranché ni intérêt particulier pour les questions relatives à l'OTAN, la Russie, le Donbass, ect.) qui représentent le gros des opinions publiques.
    15 points
  26. Je me permets ce petit rappel pour les personnes évaluant mal l'effet de l'exposition permanente au froid et à l'humidité perçante/glaçante, c'est à dire vivre là-dedans (et dormir), sans possibilité de s'abriter couramment dans un endroit chauffé où sécher ses habits/se réchauffer/dormir au chaud. D'expérience*, le retentissement physique ne se limite pas qu'aux problèmes de pieds, aussi de mains et de visage, avec les probables complications médicales associées : crevasses, engelures, mycoses, rhumatismes, troubles articulaires, etc..., sans parler pour les pieds et mains, des entorses, luxations, fractures.. sur sol glissant. - Ces conditions impactent l'appareil digestif sans qu'il y ait même d'infection. On part selon les moments en diarrhée (perte massive des sels minéraux) ou en constipation, par déshydratation (le froid est très asséchant). On est ou à plat et alité ou plié de douleur, toute chose impactante pour l'activité. On voit ainsi un soldat ukrainien alité sous une toile en bâche plastique, repos, coup de fatigue ou trouble physique ? Pour contenir la perte de sels minéraux avant qu'on se ne délabre trop et s'hydrater, la soupe déshydratée bourrée de sel passée à l'eau bouillante est très efficace (apport eau+sel+ chaleur : soupe Knor, retex issue de 14-18 et démocratisée en 39-40). - Ces conditions attaquent aussi l'appareil respiratoire, avec une arrivée massive de toutes les infections respiratoires possibles (Retex de 14-18 pour l'armée française par exemple, une modification de l'uniforme avait permis, de mémoire, de baisser le taux de tuberculose de 25%). Par temps de COVID, le résultat ne doit pas être fameux et on entend la toux permanente des soldats ukrainiens dans les vidéos. -Autre remarque, ces conditions attaquent le cerveau par hypoglycémie (absence de ravitaillement, mauvaise évaluation par la personne de son état, absence d'habitude à ce type de condition, etc..), avec une baisse de lucidité pour les personnels nouvellement arrivées parfois effrayante : endormissement sur place, troubles sensoriels, perte d'analyse complète avec des comportements aberrants. Ces troubles baissent par aguerrissement, mais l'absence d'activité physique (surveillance d'un point du front, etc..) est toujours susceptible d'en entraîner le retour. Ne jamais s'étonner de voir par grand froid et/ou pluie battante des personnes à la masse, incohérentes, délirantes, etc..., et encore moins sur un champ de bataille. - Dernier point, le personnes luttent contre ces conditions de diverses manières, soit en s'abritant (réflexe de fuite : se planquer dans les abris, à l'arrière, ... ) ou en s'alimentant des manières les plus diverses, qui souvent débordent sur l'alcool et évidemment l'alcoolisme. Je passe évidemment sur le stress et les conditions hygiéniques déplorables. Espérons que les ukrainiens aient une bonne couverture vaccinale contre la diphtérie (grand classique de 1939-1945), n'oublions pas la gale, les puces, poux, etc... *Et pour ma part, ce n'est qu'aux horaires de travail par hiver(s) entier(s), mais ça va encore, je dispose d'un abri chauffé et je ne prends pas d'obus sur la tête. L'effet sur le personnel encadré dans le taux d'arrêt de travail/efficacité au travail est toujours palpable.
    14 points
  27. Enfin quelqu'un qui a le courage de poser les bonnes questions !! L'Ukraine est-elle vraiment agressée ? Zelensky est-il un gros menteur ? Chégolène donne un coup de pied dans la fourmilière
    14 points
  28. L'expression "comme un seul homme" est bien choisi vu le nombre de votants.
    14 points
  29. -Qui a lancé? Qui a lancé la grenade ? -Reculez, reculez ! -Le nôtre a lancé une grenade ? Est-ce que vous plaisantez? -Reculez, reculez ! (radio) - Un de plus ? Préparez votre fusée ! Couvrez-moi, je vais le faire sortir. -Où ont-ils couru? Là bas? Bâtard! Alors salope? T'es foutu. Je vais te couper la jambe. Ok les gars. J'en ai besoin pour me couvrir du côté jardin. -Écoute, tue-moi. (russe blessé) -Facilement. (tir) -Est-ce que tu l'as fait? (soldat à côté du véhicule) -No. Allez, entre là-dedans et couvre-moi depuis le jardin. - Nous ne sommes pas comme toi, salope. (au Russe) -Tu dois me couvrir de ce côté. -Où est ton arme, salope ? -Là bas… -Où "là bas" bâtard ? Couvre-moi, couvre-moi. (au soldat) Où es-tu blessé bâtard? D'où viens-tu? - Kostroma. -Kostroma et es-tu venu à Kupiansk? (frappe le Russe sur la tête) -Je suis médecin. - Alors pourquoi vas-tu tuer des gens ? -Je ne tuais personne. -Que faisais-tu ici sur MTLB, salope ? -Je suis un docteur. Putain! -Tu t'es senti assez serré. T'es foutu. Nous ne le retirerons pas si nous ne reculons pas le véhicule. Sa jambe ... -Quel genre de médecin es-tu? Aucun médecin ne viendrait tuer des civils. -Je ne tuais pas.. - Ne raconte pas les contes de fées. Tu étais sur le MTLB avec une arme à feu. -J'ai montré le chemin... - Le chemin au queue, salope. https://www.facebook.com/watch/?v=808753003578650&ref=sharing Le Russe est récemment apparu dans l'émission de Volodymyr Zolkin (journaliste ukrainien qui réalise des interviews de prisonniers). C'est un lieutenant de 24 ans qui a été envoyé au front après la fin de l'académie de médecine militaire. Il a passé moins de deux semaines au front. Il a sauvé sa jambe.
    14 points
  30. Pas tout à fait. Une vraie info par un faux compte. Ce « Gauthier Pasquet » a été identifié comme une opération d’influence (ou plutôt de contre-influence) du MinDef. Déontologiquement ces « faux comptes » Français ne communiquent que des vraies infos… ligne rouge que le Gouvernement français s’est fixé. Plus d’infos ici: https://www.theafricareport.com/237590/russia-france-africa-at-the-heart-of-paris-and-moscows-war-for-influence/
    14 points
  31. Impressionnant... Nous étions habitués aux vidéos de drones aériens. Je crois que c'est une première depuis le début du conflit: deux vidéos très probablement issues d'USV, en voie IR puis voie vidéo. Ce qui semble incroyable sur la première vidéo, c'est que ce sont possiblement des images prises dans le port de Sébastopol puis télétransmises aux opérateurs (donc émission électromagnétique, forte puissance, au ras de l'eau) et qui ont du aider au guidage de l'engin. Sur la 2e vidéo, une scène assez remarquable digne d'un James Bond avec un hélico Ru qui tire à plusieurs reprises sur l'engin pour le stopper et un navire visible au fond. Il s'est définitivement passé quelque chose à Sébastopol ce matin. edit: regardez bien sur la 2e vidéo à 1min30, dans une situation totalement WTF, l'USV qui semble croiser un bateau de plaisance qui a pas l'air de trop comprendre ce qui lui arrive.
    14 points
  32. La commission des finances du Sénat a déposé un amendement au projet de loi de finance 2023 pour prévoir une enveloppe de 10 millions d'euros afin de lancer une étude de faisabilité d'un SCAF franco-français. L'article d'Opex360 sur le sujet : http://www.opex360.com/2022/11/26/au-senat-un-amendement-au-projet-de-budget-2023-envisage-une-alternative-francaise-au-scaf/
    13 points
  33. Perso, je ne tire aucune conclusion pas plus que je n'interprète: sur base des images disponibles, que voit-on? 1/ Un "gros trou" 2/ Dans une ferme 3/ En Pologne 4/ Il y a deux morts (on ne le voit pas mais c'est confirmé) Après, on peut supposer que: 5/ La cause est probablement la chute d'un missile (interception? Défaillance? Autre?) 6/ Ce(s) missile(s) est/sont de facture soviéto-russe 7/ Ce(s) missile(s) est/sont (ou pas) russe(s) 8/ Ce(s) missile(s) est/sont (ou pas) ukrainien(s) Le reste? Pour le moment c'est de la littérature. Après, les images disponibles (donc à contextualiser) montrent des éléments qui tendent à indiquer qu'il s'agit d'un/des missile(s) 55V5K (donc charge offensive de 130 Kg). Je sais que j'ai l'air pèle-cou*lle mais il est bon d'en rester à ce que l'on sait et de rester prudent dans les déclarations... les conséquences potentielles des points ci-dessous non-vérifiés pouvant être destructrices pour beaucoup de monde.
    13 points
  34. Bon, je me dévoue. Daesh c'est : - la destruction systématique d'un peuple et l'essai de destructions d'autres (non seulement via le massacre mais aussi la destruction patrimoniale et culturelle ) - l'esclavage sexuel systématique des femmes (au dessus de 13 ans) non sunnites - leur tabassage si elles tombent enceinte (pour les avorter) - l'avortement post natal ou la réduction en esclavage pour les survivants - l.enlevement et la conversion systématique des petits garçons non sunnites pour en faire des enfants soldats - le massacre systématique des hommes - la vente /revente généralisée des sus citées femmes réduites en esclavage - la négation du droit a exister de tout autre peuple que l'oumma (et encore l'oumma a leur sens a eux) Mais c'est aussi : - la négation du droit des femmes en tant qu'individu autonome - la négation de la liberté de culte Historiquement les seuls qui sont comparables a Daesh c'est les Oustachis, et j'avoue que je n'ai jamais pris la peine de réfléchir à qui était pire que l'autre Les gars de Wagner de mon côté ils me font penser à plus d'un titre aux Grandes Compagnies ou aux Freikorps. Le seul point qui relie Wagner et Daesh c'est que pour la santé de l'humanité il faut les retirer de la surface de la terre. Mais évitons de banaliser Daesh. On le doit au moins aux martyr du Mont Sinjar. Et quand je vois la presse Française subventionnée qui prends la défense des résidents volontaires d'Idleb face a l'armée Syrienne (certes pas composée de poètes) je vous l'avoue, ça me fait mal.
    13 points
  35. SOUS-MARINS À PROPULSION NUCLÉAIRE - RAMENER LES FRANÇAIS Lorsque la création de l'AUKUS a été annoncée il y a un peu plus d'un an, le 15 septembre 2021, on nous a dit que le chemin vers l'acquisition d'un sous-marin à propulsion nucléaire serait conceptuellement simple. Plus important encore, il a été décidé très tôt, "en principe", qu'il ne s'agirait pas d'une conception sur mesure, mais plutôt d'un choix simple entre la classe Virginia américaine et les SSN Astute plus petits du Royaume-Uni. Comme de nombreuses personnes l'ont écrit, mais que le groupe de travail australien sur les sous-marins nucléaires n'a pas reconnu - du moins pas publiquement - il est probable que ce ne sera ni l'un ni l'autre. Le seul qui peut être définitivement exclu est l'Astute. Comme les Britanniques eux-mêmes l'ont déclaré, après la livraison du septième et dernier navire - à une date qui reste à déterminer - c'est fini. Plus de classe Astute, d'autant plus que leur réacteur PWR2 a été retiré de la production il y a plus de dix ans, en partie à cause de problèmes de sécurité liés à sa conception. La situation de la ligne de production de la classe Virginia de l'USN est un peu plus claire, mais cela n'aide pas nécessairement l'Australie. Le programme officiel prévoit la construction de 66 de ces navires, mais le nombre réel sera probablement inférieur à ce chiffre, car l'USN passera au SSN(X), qui n'a pas encore été nommé, dans les années 2030. En raison de la complexité de l'introduction d'un sous-marin en service, même si la construction de la nouvelle classe commence en 2035, il est peu probable qu'elle entre en service avant le début des années 2040. À ce jour, 22 Virginias, qui nécessitent un équipage de 132 officiers et marins, ont été livrés par deux chantiers navals - Electric Boat (EB) dans le Connecticut et Huntington Ingalls (HI) en Virginie. Le premier de la classe, l'USS Virginia, a été construit par le chantier principal EB et lancé en août 2003. Depuis lors, la production a été échelonnée, les sous-marins étant livrés au rythme d'un ou deux par an. La conception a été progressivement mise à jour et la configuration actuelle est la variante Block V, dont le premier exemplaire est encore en construction. Le système industriel américain semble chargé à bloc et on ne voit pas du tout comment on pourrait trouver la capacité de construire des sous-marins supplémentaires de classe Virginia pour l'Australie - sans parler du transfert de la technologie et de la supervision nécessaire à leur construction à Osborn, à Adélaïde. Pour des choses complexes comme les sous-marins, les articles à long délai de livraison - par exemple les réacteurs nucléaires - sont souvent commandés une décennie à l'avance. Il convient de rappeler que la taille de la base industrielle américaine a diminué depuis 1990, lorsqu'elle représentait environ 35 % de l'économie, pour s'établir aujourd'hui à environ 11 %. Cela peut sembler alarmant, mais cela fait partie de ce qui semble être une progression naturelle de l'agriculture et des matières premières à l'industrialisation, puis aux économies avancées basées sur les services. L'Australie semble avoir entièrement sauté la phase d'industrialisation. La gestion des risques peut être délicate car, pendant ce long intervalle, la technologie progresse et personne ne veut prendre livraison d'un produit déjà obsolète - en particulier un produit destiné aux militaires de première ligne. Cela signifie que le produit final peut être différent de celui qui a été commandé à l'origine et que la gestion de ce processus est une compétence exigeante et rare qui ne peut être facilement reproduite. Dans cette optique, il a parfois été suggéré que l'Australie pourrait financer - en tout ou en partie - l'ouverture d'une troisième chaîne de production de sous-marins quelque part aux États-Unis. Le dernier rapport sur cette idée a été publié dans le Wall Street Journal le 23 septembre, avec un article bien documenté de Michael R Gordon, qui affirme que l'administration Biden étudie activement cette idée. Les responsables ont apparemment averti que la voie à suivre n'est pas simple car elle coûterait des milliards de dollars supplémentaires - et l'Australie devrait y contribuer. Le professeur Alan Kuperman, d'Austin, au Texas, est un observateur attentif du processus AUKUS - et un critique de celui-ci, principalement pour des raisons de non-prolifération nucléaire. Visiteur régulier de l'Australie et expert en matière de propulsion nucléaire, nous lui avons demandé de réagir à l'article du WSJ : "Cela signifie que les contribuables australiens paieraient des dizaines de milliards de dollars australiens pour développer les chantiers navals américains, avec des travailleurs américains, pour construire des sous-marins américains, avec un personnel composé en grande partie de marins américains. Je suis sûr que mes compatriotes américains apprécieront cette aide étrangère ! "Richard Marles et Anthony Albanese pourraient essayer de convaincre les électeurs australiens en promettant que les sous-marins suivants seraient fabriqués en Australie, mais après avoir dépensé des milliards pour développer les chantiers navals américains, la probabilité que cela se produise est quasi nulle. "En outre, en achetant la classe actuelle de sous-marins nucléaires américains, l'Australie créerait un terrible précédent en important du combustible naval à base d'uranium de qualité militaire, établissant ainsi un précédent que l'Iran et d'autres pays citeraient pour produire leur propre uranium de qualité militaire pour le "combustible naval". "Le plan final de l'AUKUS n'est pas prévu avant mars 2023, il est donc encore temps pour les citoyens australiens d'exiger mieux de leur gouvernement. Une alternative serait les sous-marins nucléaires français, qui pourraient être construits conjointement en Australie, sont suffisamment petits pour que leur personnel soit principalement composé de marins australiens plutôt que d'étrangers et sont alimentés par de l'uranium faiblement enrichi qui ne convient pas aux armes nucléaires - de sorte que l'Australie pourrait soutenir plutôt que saper le régime mondial de non-prolifération." Le problème auquel le professeur Kuperman fait référence est que la classe Virginia utilise de l'uranium 235 hautement enrichi de qualité militaire comme source d'énergie, qui est concentré à environ 95 % dans le sous-marin. Cet uranium peut être converti, avec une relative facilité, en ogives nucléaires. Les réacteurs navals français utilisent de l'uranium 238 de qualité commerciale qui devrait être enrichi pour fabriquer des armes - un processus très complexe, long et coûteux. L'achat d'un navire de classe Virginia directement à partir de la chaîne de production américaine - si une telle chose était possible - coûterait au moins 5 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter tous les coûts de soutien australiens tels que les installations et la formation. Ces 5 milliards de dollars ne comprennent pas un certain nombre d'éléments tels que les armes, qui sont généralement achetées séparément. Si l'on met tout cela ensemble, les estimations du coût pour l'Australie de l'acquisition de huit d'entre eux dépassent largement les 100 milliards de dollars. Cela représente plus de deux fois le budget annuel actuel de la défense et dix fois les dépenses annuelles pour l'achat de nouveaux équipements. On ne sait pas comment l'Australie pourra se permettre cela - même si, heureusement, il faudra encore attendre une dizaine d'années avant d'atteindre de tels niveaux de dépenses. Malgré l'importance de cette somme, il n'y a pratiquement pas eu de débat public sur la justification stratégique de la décision de s'engager dans la voie de la propulsion nucléaire - on s'est contenté de dire qu'il s'agissait d'une capacité absolument vitale à acquérir pour la RAN. Cette décision semble à son tour fondée sur le postulat - que personne n'a remis en question - que l'Australie a intérêt à pouvoir mener des opérations sous-marines prolongées près des côtes chinoises dans les années 2040. Il n'est pas certain qu'il s'agisse d'un meilleur moyen de protéger l'Australie que d'autres acquisitions plus rapides et moins coûteuses, comme l'acquisition de bombardiers B-21 ou l'accélération de la production locale de missiles à longue portée. Dans les années 2040, un sous-marin avec équipage ne voudra probablement pas s'approcher de la mer de Chine méridionale, car les fonds marins seront alors recouverts d'une grande variété de capteurs. L'APL(N) disposera d'une flotte de grands systèmes autonomes de surface et sous-marins sans équipage pour chasser les sous-marins, qui existent déjà sous forme de prototypes. Même l'Australie commence à s'engager sur la voie des systèmes sans équipage - voir l'interview du fondateur d'Anduril, Palmer Luckey, dans cette édition pour avoir un aperçu de ce à quoi ressemblera la guerre sous-marine. Tout le monde se demande à quoi ressemblera un sous-marin australien à propulsion nucléaire. Le groupe de travail sur le nucléaire fera sans doute la lumière sur ce sujet lorsqu'il présentera son rapport, mais on ignore dans quelle mesure il sera rendu public. Il a été question d'un futur modèle hybride USN-RN-RAN, mais cela ressemble à un véritable cauchemar si l'on veut harmoniser les budgets et les exigences. Peut-être l'Australie participera-t-elle au programme SSN(X), mais avec des premières livraisons dans 45 ans. Le rôle éventuel du Royaume-Uni dans un tel arrangement n'est pas clair - ce qui semble aller à l'encontre de l'esprit de l'AUKUS. Une autre possibilité serait de faire comme le suggère le professeur Kuperman et de se réengager avec la France pour acquérir des sous-marins Barracuda à propulsion nucléaire. En attendant, l'Australie devra se contenter de sous-marins conventionnels pendant un certain temps - et la RAN résiste avec toute sa force d'obstruction à la nécessité d'une capacité provisoire entre la fin de vie du Collins et la livraison éventuelle d'un navire à propulsion nucléaire. Cela semble n'être rien de plus que la pire sorte d'inertie bureaucratique : après avoir transféré la responsabilité de l'avenir des sous-marins australiens à AUKUS, cela semble être la fin de la question. L'une des ironies de la situation actuelle est que presque tous les problèmes de capacité de guerre sous-marine de l'Australie pourraient être résolus en construisant une base de réapprovisionnement de sous-marins sur l'île Christmas. Cela permettrait aux sous-marins conventionnels à propulsion indépendante de l'air d'effectuer des patrouilles prolongées dans la mer de Chine méridionale, car cela réduirait considérablement les temps de transit vers les zones opérationnelles. L'île Christmas se trouve à 2 500 km au nord de Freemantle et un sous-marin qui y serait ravitaillé bénéficierait de 10 jours supplémentaires en station, ce qui annule en grande partie la justification d'un sous-marin nucléaire. Cependant, la RAN a une longue et inexplicable histoire de résistance aux changements des arrangements de base. Dans les années 1980, elle s'est battue bec et ongles pour résister au déplacement de la moitié de la flotte vers l'Australie occidentale, tout comme elle a résisté aux propositions antérieures de relocalisation à Jervis Bay. Beaucoup plus récemment, elle a réduit la conception de la base commune US-PNG sur l'île de Manus, de sorte qu'au lieu d'être un atout majeur pour les déploiements avancés, le quai a été réduit au point de ne pouvoir accueillir qu'un patrouilleur. Il est dommage que l'AUKUS ait été exclu de la révision stratégique de la défense, car il aurait besoin d'un examen plus approfondi. On a le sentiment désagréable - sans mauvais jeu de mots - qu'il faudra attendre des décennies avant de pouvoir remplacer efficacement la classe Collins, en raison d'un manque de clarté et de réalisme quant aux besoins de l'Australie et à ce que nous pouvons nous permettre.
    13 points
  36. Certains blogueurs russes commencent à se demander à la vue des images de liesse à Kherson si les référendums d'annexion n'étaient pas - légèrement - truqués. J'ignore si on doit être attendri ou terrifié par la candeur de la chose.
    13 points
  37. Je crois que la vidéo c'est juste une démonstration, par les russes... Il me semble qu'il n'y a pas d'UKR là-dedans
    13 points
  38. J'ai pris quelques renseignements sur TARAMMAA TARAMMAA doit aboutir à un démonstrateur en ligne directe du PEA CARAA qui a permis de dé-risquer les principes et les algorithmes d'un radar multivoie. Les potentialités du multivoie étant maintenant mieux appréciées (mettant semble-t-il cet enjeu au même niveau que la technologie GaN !!! ), il reste à valider les technologies pour que le nombre de voies supplémentaires envisagées dans la chaine de réception rentre dans le volume alloué. Le multivoie, c'est la formation de faisceau par le calcul, donc la désensibilisation de la réception radar dans la direction d'un brouilleur ou d'un écho fort venant du sol (pour rappel, les probables difficultés rencontrées par l'EF face aux sommets des Alpes). Plus prometteur encore, c'est le traitement spatio-temporel qui, sans changer le diagramme antenne, en plus des informations de fréquence Doppler, utilise les différences d'information entre les voies de réception pour améliorer la réjection des retours sols. On a entre autre les gains opérationnels suivants : La sensibilité en Air Air est améliorée surtout à faible altitude. C'est aussi appréciable aux altitudes supérieures dès que les retours sols sont importants selon la nature du sol, de la végétation etc.. Le gain en portée est direct. La détection et la localisation des cibles mobiles au sol à faible vitesse radiale sont améliorées. Le fameux GMTI ne détecte les mobiles que lorsque leur fréquence Doppler est assez distincte de celle des échos de sol recherchés. Un véhicule rapide qui se déplace plus ou moins perpendiculairement à la visée de l'antenne va avoir une vitesse radiale peu différente des retours sol et ne sera pas bien traité par un GMTI classique alors que TARAMMAA pourra le traiter. Les Britanniques et les Allemands aussi s'intéressent au fort potentiel du multivoie. Les ambitions entre chaque pays peuvent varier sur les fonctionnalités de base (antibrouillage, améliorations de cartographie etc.) et sur les performances selon le nombre de voies retenu (les ruptures technos pour compacter la chaine de réception sont directement liées au nombre de voies retenu). En fait Ils se sont trouvés en retard sur l'AESA classique par rapport à la France et ils cherchent à investir directement sur la configuration suivante multivoie. A noter que cette tendance semble en concurrence avec les solutions pour augmenter le champs de vision de l'antenne (repositionneur, ou antenne latérale), notamment à cause de la masse, pour un gain qui ne séduit plus autant (compensé par du fonctionnement en réseau ?).
    13 points
  39. Il y a seul avion de combat qui ait du sens pour l’Ukraine: le F16 - stock d’avions potentiellement dispo infini et en croissance - modernisation et armements diversifiés dispo en pagaille - la ligne de production du remplaçant tourne, - tous les pays qui ont en sont alliés des USA - excellente polyvalence, peut vraiment tout faire moyennant peu de modifications. - excellente capacité d’emport sur des missions courtes portées - simplicité de pilotage et de mise en œuvres - abondance de pilotes, mécano, instructeurs, centres de formation massifs aux US - aucun problème de pièces détachées - ne compromet aucune technologie sensible tout en faisant le poids avec un bon radar et du 120D - ne compromet pas le prestige occidental si quelque uns devaient se faire shooter. C’est l’ancienne génération après tout. What else???
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  40. Le problème est simple si on le pose clairement. Si on décide que c'est critique et stratégique, on les paye 4000 euros net par mois. Et là vous allez voir que par magie il n'y aura pas de difficulté de recrutement. Et ils resteront dans la boutique si tu essayes de les mettre dans des conditions de travail pas trop catastrophiques (soudeur c'est un métier dur pour la santé, c'est sur) Ils seront 5 fois plus cher qu'un Polonais. OK. Mais tu te gardes un pool de super experts de terrain. En plus ça donnera envie à qqs jeunes de devenir comme eux. Bien payés, valorisés etc. On fout toujours un fric pas croyable dans le management, et on arrive pas à avoir des raisonnements simple par dogme sur les métiers manuels. "on va pas payer 4000 euros un soudeur quand même !" Bah pourquoi pas ? La grande illusion des milis ça. Il y a qqs postes qui payent bien, mais en général ils déchantent très vite.... Le truc c'est que l'armée propose moins une "carrière", ou en tout cas elle communique pas trop dessus. Du coup les jeunes se disent, si c'est pour faire ça 5 ans je fais quoi après. Si on veut garder les bons, en particulier dans les sous marinades, il faut être capable de donner un horizon motivant et rassurant. Et au delà du blabla et de la com., c'est les contrats qui comptent.
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  41. Oui mais non (à mon avis) car il faut une porte de sortie aux Russes qui soit acceptable le moment venu ... sans cette soupape un pouvoir dictatorial mafieux comme celui de Poutine peut être amené aux dernières extrémités. Un porte de sortie qu'on laisse entrevoir c'est aussi un potentiel appel du pied vers des forces internes de la vie politique russe susceptibles de prendre la suite du régime actuel ou de Poutine lui même. Il faut préparer l'après de ce conflit ... sinon on risque de se retrouver avec une situation potentiellement chaotique en Russie avec je ne sais trop qui disposant d'un arsenal nucléaire La densité des liaisons GB/Pologne Allemagne/Pologne et Italie Pologne correspond je pense en grande partie aux vols USAF à partir des aérodrome de Ramstein, Fairford et Mildenhall au UK voir Pratica di Mare en Italie (zone sud Otan)
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  42. Pour couper court au discours intra-francaise des causeurs: https://www.wiwo.de/unternehmen/industrie/europaeischer-kampfjet-fcas-einer-der-groessten-fehler-war-selbstueberschaetzung/28789394.html L'avion de combat européen FCAS : "L'une des plus grandes erreurs a été de se surestimer". Airbus Future Combat Air System (FCAS). Source : imago images Après une longue période d'inactivité concernant le nouveau système de combat aérien européen, le chef de l'armement d'Airbus, Michael Schöllhorn, attend désormais une percée. La construction d'un démonstrateur devrait débuter avant la fin de l'année - et la souveraineté européenne devrait être assurée. Lorsque l'on parle avec Michael Schöllhorn de l'environnement de son travail, on ne trouve pas beaucoup de sujets positifs. Ainsi, le chef de l'activité d'armement d'Airbus craint que la guerre en Ukraine "dure encore relativement longtemps" et qu'elle ne se termine pas par une paix après une guerre d'usure, mais par "une sorte d'état de non-guerre, comme entre la Corée du Nord et la Corée du Sud", explique l'ancien officier dans le podcast Chefgespräch avec le rédacteur en chef de la WirtschaftsWoche Beat Balzli. Et il ne veut pas non plus exclure que son secteur soit à nouveau considéré comme socialement nuisible après la fin du conflit. Mais le manager avait au moins une bonne nouvelle à annoncer dans le podcast. Il y a enfin une avancée tant espérée sur le projet d'avenir le plus important pour le secteur européen de l'armement : le système de combat aérien FCAS. Schöllhorn s'attend à ce que "nous entrions cette année encore dans la prochaine phase de développement". La construction d'un appareil de test pour les nouvelles technologies, appelé démonstrateur, devrait commencer. Pour cet homme de 57 ans, la rencontre entre le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron a permis une percée la semaine dernière. Le plus grand projet d'armement européen est ainsi en bonne voie pour arriver comme prévu en 2040 pour la première fois dans les forces aériennes de l'Allemagne, de la France et d'autres pays comme l'Espagne. Ce succès était nécessaire. Car le projet, dont le nom complet est Future Combat Air System (FCAS), est bien plus qu'un simple avion de combat succédant à l'Eurofighter. Avec un volume estimé jusqu'à 1000 milliards d'euros, il n'est pas seulement le projet industriel le plus cher d'Europe. Le FCAS doit signaler que l'Europe est unie et qu'elle peut développer ensemble une nouvelle technologie. Car le programme fournit un cosmos high-tech composé d'un "avion de combat de sixième génération, plus moderne que le F-35 (actuellement le plus moderne des jets américains), de systèmes de vol sans pilote de différentes tailles, qui voleront de manière autonome en réseau avec l'avion de combat. Et le tout sera interconnecté par ce que l'on appelle un Multi Domain Combat Cloud (nuage de combat multidomaine) dans les différents domaines de l'air, de la mer, de la terre et de l'espace, afin d'obtenir une supériorité en matière d'information", s'enthousiasme Schöllhorn. Au final, espère-t-il, le FCAS rendra l'Europe un peu plus indépendante du reste du monde, tant sur le plan politique qu'économique. Podcast - Entretien avec le chef : Schöllhorn, chef de l'armement chez Airbus : "Les choses avancent très difficilement, il faut le dire". Mais malgré ses ambitions, le FCAS n'a pas vraiment progressé jusqu'à présent. D'une part, même au sein de l'UE, FCAS n'a pu enthousiasmer que trois pays, l'Allemagne, la France et l'Espagne. La puissante concurrence y est pour quelque chose. En Europe, la Grande-Bretagne et la Suède développent un programme similaire avec "Tempest", auquel le Japon et l'Italie veulent désormais se joindre. Il devrait voler dès 2035, cinq ans avant FCAS. Aux Etats-Unis, les plus grands constructeurs d'avions de combat, Boeing et Lockheed Martin, travaillent sur le programme NGAD (abréviation de Next Generation Air Dominance), successeur du F-35 vendu dans le monde entier, avec un budget de plusieurs milliards de dollars du Pentagone. Ces dernières semaines, les deux constructeurs ont présenté leurs premiers résultats presque en même temps, comme par hasard : Boeing lors d'une journée des investisseurs et Lockheed Martin dans un communiqué sur le projet d'avion ravitailleur de l'armée de l'air que le groupe propose avec Airbus. Identifier le site En revanche, FCAS semble plus modeste jusqu'à présent. "De projet phare, il s'est progressivement transformé en cauchemar", explique un grand responsable allemand de l'armement. L'euphorie était certes grande lorsque la chancelière allemande Angela Merkel et le président français fraîchement élu Emmanuel Macron ont annoncé en juillet 2017, lors de leur premier sommet à Paris, deux nouveaux projets d'armement en même temps, en signe de solidarité : FCAS et un système de combat terrestre abrégé MGCS. Mais l'ambiance s'est vite dégradée. Les partenaires se sont certes mis d'accord sur six des sept aspects techniques, comme la répartition du travail entre MTU de Munich et le français Safran pour le moteur. Mais sur la question décisive du leadership du programme, Dassault et Airbus s'affrontent en public. Le jet a besoin d'un "maître d'œuvre", a déclaré Eric Trappier, CEO de Dassault. Et cela, seule son entreprise peut le faire, car Airbus a oublié de construire des jets complets. En tant que "partenaire principal", Airbus a exigé une direction d'égal à égal et atteste au groupe de Saint-Cloud près de Paris une "culture de commande et de contrôle" presque absolutiste et ce n'est "pas ce dont nous avons besoin". Trappier a aussitôt fait remarquer que le programme ne serait lancé que dix ans plus tard, en 2050, voire qu'il échouerait complètement. Lorsque l'Europe veut s'armer en commun, il y a souvent des querelles entre les principaux partenaires : la France et l'Allemagne. Désormais, une défense antimissile commune devrait voir le jour, sans les Français. Certains sont soulagés. par Max Biederbeck-Ketterer, Rüdiger Kiani-Kreß En Allemagne, les politiques et les entreprises se sont montrés ouverts à de nouveaux partenaires. "Nous avons de la place pour vous et votre technique", fait valoir un manager d'un des pays Tempest. Un rapprochement avec le programme américain NGAD était également considéré comme une possibilité à Berlin. La crainte que le FCAS ne ressemble à d'autres programmes auxquels Airbus a participé n'y est pas étrangère. La baisse des ventes a entraîné une hausse des prix, par exemple pour l'Eurofighter. La France a alors quitté le programme et développé un produit concurrent, le Rafale de Dassault. Quant à l'avion de transport militaire A 400M, le ministère allemand de la Défense estime qu'il a fallu 13 ans pour qu'il atteigne les performances promises. Schöllhorn en est conscient et il considère qu'Airbus est au moins en partie responsable : "L'une des plus grandes erreurs a été de se surestimer", déclare le manager. Airbus s'est engagé dans des spécifications qui étaient presque irréalisables. Mais Airbus n'a pas été assez clair : ce n'est pas possible. Afin d'éviter une situation similaire avec le FCAS, le programme a été organisé différemment, notamment par la construction d'un démonstrateur technologique. Cela prend certes jusqu'à trois ans au départ, mais permet au final une accélération par rapport à l'A400M et ses retards. Désormais, le FCAS peut tenir les objectifs promis, contrairement au F-35 : "Il n'y a pas d'avion au monde qui ait un tel dépassement de coûts, de l'ordre de trois milliards. Nous, Européens, n'avons pas encore réussi à faire cela", a déclaré Schöllhorn. De plus, le programme n'est pas du tout à l'heure. "En ce qui concerne les capacités et la production en série, tout n'est pas encore totalement accepté par les autorités américaines chez le fabricant Lockheed Martin", poursuit le manager, qui est certain que "le F-35 ne supplantera pas le FCAS". Mais pour que le FCAS soit vraiment un succès, Schöllhorn attend aussi de l'aide, surtout de la part du gouvernement fédéral. S'il achète le F-35, l'hélicoptère de transport Chinook et le chasseur de sous-marins P-8 Poseidon dans le cadre du fonds spécial de 100 milliards d'euros pour la Bundeswehr, il devrait insister pour que les entreprises allemandes participent à la maintenance et à l'encadrement des systèmes high-tech, tout comme à la construction de l'appareil. Cela garantirait à l'Allemagne le contrôle de l'appareil à tout moment et la possibilité de l'utiliser. "Si les Américains le font pour nous et qu'il y a ensuite un conflit quelque part dans le monde, nous savons comment se dérouleront les priorités", prévient Schöllhorn. En outre, la participation aux programmes de la branche permet de conserver suffisamment de collaborateurs en Allemagne et en Europe et de développer les connaissances jusqu'au lancement du programme FCAS. Néanmoins, des problèmes ne sont pas totalement à exclure. Comme le système devrait être supérieur aux armes de l'adversaire pendant 40 ans et plus, les entreprises devraient justement développer de nouvelles pièces décisives au lieu de la technique existante et repousser les limites. "Et cela devient alors un peu plus difficile que de construire un produit standard", explique Schöllhorn.
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  43. Passer pour des charlots aux yeux de gens qui conçoivent leur sécurité et leur Défense Nationale uniquement sous parapluie américain ... est-ce bien important. Les Polonais ont montré dans un passé récent qu'il n'avaient que faire de la solidarité européenne quand il s'agissait de contrats d'équipements militaires.
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  44. Ironie du sort : l'Allemagne menace la Suisse parce qu'elle ne lui fournit pas de munitions. L'Allemagne, justement ! (Certains prétendent qu'il s'agit d'une manœuvre de diversion de l'Allemagne pour détourner l'attention du débat sur le Léopard). Les politiques allemands menacent la Suisse de la fin des achats d'armement https://www.blick.ch/politik/ende-der-ruestungskaeufe-schweiz-liefert-keine-munition-an-ukraine-deutsche-drohen-id18004577.html "Fin des achats d'armement" La Suisse ne livre pas de munitions à l'Ukraine - les Allemands menacent Le Conseil fédéral ne veut pas permettre que des munitions fabriquées en Suisse soient livrées par l'Allemagne à l'Ukraine. Des politiciens allemands font désormais monter la pression. L'Allemagne fait pression pour que la Suisse puisse livrer des munitions à l'Ukraine. La Suisse est prise dans un dilemme. L'Allemagne fait pression pour pouvoir livrer des munitions de la Suisse à l'Ukraine. Alors que la Suisse n'est pas prête à laisser passer des armes en raison de sa position de neutralité, les politiciens allemands menacent déjà de mettre fin à tous les achats d'armement. Concrètement, l'Allemagne veut livrer à l'Ukraine 12'000 obus de 35 millimètres pour le char antiaérien Gepard. Pour la réexportation des munitions suisses, il faut toutefois une autorisation de Berne. Comme l'écrit le "Tages Anzeiger", le Conseil fédéral a refusé cette autorisation en juin. Le droit de la neutralité n'autorise pas la réexportation d'armes à des belligérants. Seule la Suisse pourrait livrer des munitions L'Allemagne, en revanche, argumente que le Guépard est utilisé pour sécuriser les exportations de céréales d'Odessa. Il s'agirait donc quasiment d'une action humanitaire. De nombreux politiciens allemands des partis gouvernementaux et de l'opposition s'énervent désormais contre la Suisse. "Si les réexportations sont impossibles dans un cas comme celui-ci, je pense que nous ne pourrons plus acheter de matériel militaire à la Suisse à l'avenir", a fait savoir le politicien allemand du FDP Marcus Faber (38 ans) au "Tages-Anzeiger". Ces derniers mois, l'Allemagne a tenté de se procurer des munitions en provenance de Norvège ou du Brésil. Mais les munitions norvégiennes se sont révélées sujettes à des erreurs et le Brésil a refusé de fournir des munitions contre la Russie. (lui)
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  45. Un article très intéressant qui regorge de révélations, à la ma connaissance et d'informations inédites. - Les Chinois pensaient que le conflit se serait limité au Donbass et on été très inquiet de la rhétorique nucléaire Russe dans les jours ayant suivi le 24 février. - Le traité conclus à l'occasion de "l'amitié éternelle" entre la Chine et la Russie, comportait "sans surprise" (une habitude typiquement Slave, depuis Molotov-Ribbentrop on dirait) une annexe cachée, qui prévoyait un équivalent article 5 OTAN entre la Chine et la Russie. Dans sa grande prudence, la Chine a insisté pour rajouter une clause spéciale d'interprétation du déclenchement de l'assistance mutuelle, notamment en présence de "conditions spéciales" (dont l'annexion récente de territoires pourrait de facto exclure l'application de cette clause de défense mutuelle). - Lavrov pas au courant de l'échelle de l'invasion envisagée, jusqu'au 21 février - Vous vous souvenez de l'annonce Polonaise de fourniture d'une trentaine de MIG-brouette-29 ? Le revirement des US à cette initiative s'explique par une initiative Chinoise et un (rare) accord US-Chine (beaucoup plus de détails dans l'article): "Vous retenez les Polonais de livrer les MIG, et on s'assure de notre coté que l'armée Russe n'emploiera pas l'armée nucléaire". Les Américains et les Chinois s'accordaient pour penser que si les enjeux opérationnels des 30 brouettes-29 étaient minimes et peu susceptibles de changer la donne sur le terrain, les deux puissances redoutaient les effets symboliques, politiques et stratégiques d'une telle initiative (livraison d'avions de chasse par une puissance OTAN) aussi tôt dans le conflit. La Chine a insisté par une diplomatie de généraux à généraux pour que la Russe s'en tienne à sa doctrine nucléaire Historique, de défense en cas d'attaque sur son sol (pas d'annexion à l'époque). - Egalement un passage (qui m'a fait un peu grincer des dents) sur les contacts Chinois avec les Européens, par l'entremise d'anciens responsables politiques ("confidential back-channel initiative involving former European leaders and senior officials, and ultimately endorsed by the Chinese"). Ca pue le trafic d'influence / corruption à plein nez. - l'article explique qu'il y a une espèce de symétrie entre l'attitude prudente des US sur la fourniture d'armes de nature stratégiques (j'imagine, tout ce qui va concerner MBT modernes, avions de chasse, roquettes / missiles longue portée...) et l'attitude Chinoise, qui s'est bornée à une soutien poli et diplomatique, sans équivalence en matière de soutien matériel et en usant de son influence pour dissuader VVP de l'emploi de l'arme nucléaire. Cet accord tacite serait toujours de facto valide et appliqué. - Les déclarations publiques de Xi et Modi au sommet de Shanghai, face à VVP, sont la traduction concrète de cet accord avec les USA (comme quoi, ces déclarations toujours très feutré à l'issue de ces sommets internationaux ne sont jamais un hasard, ni des paroles en l'air). https://www.spectator.co.uk/article/the-red-line-biden-and-xis-secret-ukraine-talks-revealed/ (accès libre) Désolé pour les fautes, je suis allé un peu vite et je ne peux plus éditer le post maintenant qu'il est fusionné et a dépassé la taille critique...
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