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  1. Comme certains sites pro-russes s'excitent là-dessus depuis hier en disant parfois quasiment que l'OTAN aurait tenté d'abattre le ministre et que celui-ci ne devrait la vie qu'à l'intervention du Flanker qui a "mis en fuite" (sic) le F-16 agresseur, je l'aurais mis ici, qui me semble beaucoup plus approprié pour un tel attentat :
  2. D'après la coalition, obus fumigènes M825A1: http://www.lemonde.fr/international/article/2017/06/14/la-coalition-internationale-reconnait-l-usage-d-obus-au-phosphore-a-mossoul_5144354_3210.html
  3. Pour ceux qui ont la flemme de lire ces études ou à qui l'anglais fait peur, cet article-ci est quand même plus intéressant, plus juste et plus précis (à propos de la recherche) que celui de la RTBF posté hier: Suite: http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-sur-les-reseaux/20170621.OBS1047/propagande-et-fake-news-facebook-et-twitter-sont-utilises-pour-manipuler.html
  4. ... sans compter, ajoutant aux précisions d'@Alexis, qu'on aurait vraisemblablement retrouvé des carcasses de Tomahawk et/ou de missiles d'interception russes un peu partout, alors qu'on n'a retrouvé qu'un seul Tomahawk égaré tombé sur une localité située (de mémoire) à 4 ou 5km de l'objectif.
  5. C'est un truc qui tourne en boucle sur un certain nombre de sites pro-russes et conspirationnistes d'extrême-droite depuis le coup de sang de Trump. Il est plus étonnant de la voir reprise, non sourcée (?) dans une publication de ce type. La source unique ou principale de ces différents sites semble être une interview de Theodore Karasik, un consultant de la RAND, à Risky Hedge "corroborée" par des photos satellites publiées par les russes qui ne montreraient qu'une trentaine d'impacts. [EDIT: en recherchant l'article dont je parle plus bas, je vois que le MoD russe avait affirmé que seuls 23 missiles auraient touché la base.] J'avais lu un article, photos satellite à l'appui, qui montrait que ce décompte ne tenait pas la route car il ne comptabilisait que les impacts sur les abris pour avions et intersections des taxiway, et le prenait pas en compte ceux plus lointains contre les citernes à carburant, le dépôt de munitions et une batterie de défense sol-air de la base d'Al Shayrat. Avec ces derniers impacts, on était plus proches de 55 (sur 59 missiles lancés) que des 30 à 36 annoncés par les conspirationnistes. Je vais essayer de retrouver l'article. Pas moyen de retrouver l'article auquel je pensais et je dois quand même bosser, mais celui-ci, lu à l'époque également, donne sur la base des photos 44 objectifs touchés: http://www.dailymail.co.uk/news/article-4392962/Satellite-images-destruction-Assad-s-air-base.html
  6. Suite: https://www.rtbf.be/info/medias/detail_des-bots-russes-sur-les-reseaux-sociaux-manipulent-l-opinion-mondiale?id=9639662&utm_source=rtbfinfo&utm_campaign=social_share&utm_medium=twitter_share Le site du projet de recherche: https://www.oii.ox.ac.uk/research/projects/computational-propaganda/
  7. terrorisme

    Tentative d'attentat à la gare de Bruxelles-Central, un individu portant une ceinture d'explosifs aurait été abattu par des soldats. De nombreux lieux alentours évacués. La police dit que la situation est sous contrôle.
  8. Pour revenir aux problèmes des C-130 que citait @mehari l'autre jour: Suite: http://www.rtl.be/info/belgique/societe/la-bourde-de-l-armee-belge-de-l-huile-qui-durcit-en-altitude-utilisee-pour-nos-c-130--925757.aspx
  9. Il y a peut-être un peu de vrai dans mon obsession, mais je pense qu'elle ne porte pas exactement sur ce que tu crois. Je suis surtout obsédé par des membres français du forum qui débarquent régulièrement sur ce thread (consacré, pour rappel, à la Composante Air de la Défense belge) avec à chaque fois le même argumentaire, qui revient peu ou prou à ceci: les Belges ont totalement tort de ne pas acheter le Rafale (ou d'acheter le F-35, du moins s'ils le font), que ne pas prendre le Rafale (ou prendre le F-35) serait totalement irrationnel, anti-européen et que sais-je encore, et la preuve en est qu'ils continueront à n'avoir aucune indépendance. Et j'avoue que ça, ça me gonfle fortement quand s'ajoutent deux éléments, récurrents sur ce fil: d'une part une généralement mauvaise information factuelle (sur les positions de la Belgique, sur les procédures internes, sur la position des différents partis, etc.), d'autre part une incapacité à comprendre les critères de raisonnement à l'œuvre dans la position des gouvernement belges, même quand ceux-ci sont expliqués deux, trois, quatre fois... (Cette ignorance culminant dans des propositions à l'emporte-pièce du genre "on n'a qu'à leur donner l'ASMP-A et ils n'auront plus de raison de ne pas choisir le Rafale", et j'en passe et des meilleures publiées ici les heures et mois précédents.) Sur le fond, je te rejoins partiellement. On n'a pas la France vs la Belgique, ou la France vs le reste de l'Europe. La France n'est pas "isolée", mais ça ne signifie pas pour autant que les différents pays européens ont la même conception des choses quand ils en discutent. On a en réalité une multitude de positionnements différents entre pays de l'Union, assez proches sous certains critères, assez différents sur d'autres, et il est nécessaire d'entrer dans ces nuances pour comprendre à la fois le choix qui sera fait par le gouvernement belge et les difficultés de l'Europe de la défense: on ne peut pas "plaquer" les critères propres à un pays donné sur un autre, tout simplement parce que ceux-ci n'ont pas de sens ou pas la même signification dans le second pays (exemple: "indépendance"), et c'est ce que j'essaie d'expliquer depuis le début. Par exemple, je te rejoins sur le constat que la politique étrangère et de défense de la France et de l'Allemagne tendent à converger, tout en constatant que la politique extérieure belge n'est pas très loin de la politique française (elle a été un des premiers et principaux soutiens de la France en Afrique sub-saharienne, par convergence de vues). Mais si on observe des convergences plus ou moins fortes sur des dossiers importants, il ne faudrait pas en déduire qu'il y a identité de vues, notamment sur deux éléments: D'une part, la place de l'OTAN (même si l'Allemagne est d'accord pour moins dépendre des Etats-Unis, elle souhaite conserver l'OTAN comme clef de sa défense, exactement comme la Belgique ou les Pays-Bas, alors que la position française est plus ambigüe), et cela s'explique à mon avis principalement par le fait que les 3 premiers pays cités voient la défense européenne comme devant être axée sur la protection du territoire de l'Union, alors que la France se voit une vocation plus universaliste. D'autre part, la confusion entre politique étrangère/de défense et politique industrielle: pour la France (et l'Italie), la politique de défense intégrée est à penser au départ des expertises maîtrisées en propre (c'est logique: ce sont deux pays qui ont conservé des champions nationaux de taille européenne et qui définissent l'indépendance comme la capacité de tout faire tous seuls, y compris matériellement), alors que pour d'autres (la Belgique, notamment) elle doit être pensée au départ des objectifs politiques et des règles de fonctionnement, la question industrielle venant dans un second temps, dans une logique fédérale (et qui définissent l'indépendance comme un processus de décision politique). Sur cet aspect, on notera que c'est l'Allemagne qui a une position plus compliquée/ambigüe: elle vient d'une tradition politique plus proche de la position belge, mais rejoint aussi la position française si ça peut donner des opportunités à son industrie de défense. Tu comprends mal ce que j'essaie d'expliquer, donc la position belge. La Belgique, en matière de défense, ne prétend faire que deux choses, et rien d'autre: Protéger son territoire d'une invasion soviétique hostile extérieure, avec l'aide de ses alliés organisés dans l'OTAN (= la vision belge de l'indépendance, très différente de la vision française, même si la vision française implique aussi cela ben sûr); Dans ce cadre, être un allié fiable et respecté, ce qui implique d'offrir une expertise "top-niveau" aux alliés dans les opérations auxquelles elle choisirait de participer. Il ne s'agit donc pas d'acheter un avion capable de faire de la first ou deep strike parce que la Belgique voudrait attaquer je-ne-sais qui, et certainement pas seule, mais d'avoir des avions capables de remplir, en coalition et en mutualisation avec les alliés, toutes les missions que les alliées de l'OTAN pourraient attendre d'un membre fiable et respecté. Autrement dit, il s'agit de pouvoir aussi bien poursuivre 2 Talibans en mobylette qu'atomiser une offensive blindée russe générale sur la frontière est de l'Alliance. II s'agit surtout pour la Belgique d'éviter deux choses qu'elle estime soit inutile et impayable, soit contraire à son influence parmi ses alliés: d'une part la construction d'une armée de l'air coûteuse pour gagner une guerre (car on ne pense pas avoir à en mener une seuls dans les 50 prochaines années), d'autre part d'être relégués au rang de force de second ordre uniquement capable de faire un peu de police du ciel mais rien de plus. Je sais que tu vas me dire que cela peut être fait avec le Rafale aussi bien qu'avec le F-35, et tu as raison techniquement, mais le but n'est pas d'avoir le meilleur avion possible, mais celui qui se coule le mieux possible dans nos réseaux habituels pour faire ça. (Et il se fait que ces réseaux, sont avant tout F-16 aujourd'hui et seront sans doute F-35 demain, d'où le statut de favori de la brique de Lockheed-Martin.) Il est possible que mes explications nourrissent cette confusion, mais à mon insu: ce n'est pas ce que je veux dire, sans doute m'exprimé-je mal. Ce que je veux dire (et ai déjà expliqué à de nombreuses reprises sur ce fil depuis plusieurs mois) c'est que la Belgique est pour une défense européenne intégrée et un maintien d'un lien transatlantique privilégié concrétisé par l'OTAN. Le F-35 n'a rien à voir avec ça, si ce n'est que c'est dans ce cadre —et exclusivement dans ce cadre— que sera réfléchi l'achat du successeur du F-16 (donc potentiellement le F-35). Il n'y a pas besoin du F-35 pour avoir un lien transatlantique fort, par contre pour un pays comme la Belgique, le F-35 est l'appareil qui permet le plus d'intégration au niveau des membres européens de l'OTAN. C'est sans doute pour ça qu'il est favori: c'est —sur le papier— l'avion en lice qui positionnerait le mieux la Belgique là où elle entend peser et pour ce qu'elle entend pouvoir faire (à la fois politiquement et techniquement, d'où l'intérêt des militaires pour l'appareil). Si la Belgique achète le F-35, ce ne sera pas pour être bien vu de Washington (la Belgique n'a pas besoin de ça pour ça), mais ce sera pour renforcer le pôle européen dans l'OTAN (du moins la Belgique le dira, et le croira sans doute), et à terme structurer une défense européenne propre, étant donné qu'il n'y a pour l'heure aucune politique européenne propre qui définirait un choix spécifiquement européen auquel se tiendrait un nombre important de membres. On peut le regretter (et je suis de ceux-là), mais c'est un raisonnement qui est cohérent avec la manière dont les gouvernement belges voient jusqu'ici les choses et semblent vouloir les faire avancer. (Le truc nul dans cette position, par contre, c'est que si l'argument belge de l'absence de politique européenne actuelle est correct, la possibilité qu'elle émerge serait reportée de 25 à 30 ans au moins étant donné la durée de vie annoncée du F-35 dans tous les pays qui auront fait ce choix - et là je pense qu'on sera totalement d'accord toi et moi sur ce constat.)
  10. Je me trompe peut-être, et l'écrivant je précise que mon but n'est pas d'attaquer personnellement tel ou tel, mais j'ai l'impression qu'on retombe dans le travers récurrent de ce fil qui est de devoir expliquer et ré-expliquer sans cesse pourquoi ce n'est pas parce que la Belgique ne fera éventuellement pas ce que les Français voudraient qu'elle fasse (ou voudraient agir autrement que la France s'imagine devoir agir) que cela relèverait nécessairement de l'irrationalité ou de décisions prises à Washington. Pour faire simple et pédagogique et essayer de réexpliquer une dernière fois (car à la longue ça me fatigue un peu)... Absolument pas. C'est même l'inverse: on dit que les responsables Belges considèrent que le F-35 est un des choix qui permettent le mieux à la Belgique le rôle qu'elle prétend remplir dans l'OTAN. Bien sûr que la Belgique sera toujours membre de l'OTAN si elle achète (p.ex le Rafale), et elle le sait. Mais ça n'est pas la question. La seule question, pour les Belges, c'est: "comment continuer à occuper la place qu'on souhaite occuper dans l'OTAN?" Et, du point de vue belge, le Rafale le permet moins bien, ou en tout ca sde manière moins simple, moins évidente. Pour le dire encore plus simplement: le produit ne correspond pas (assez) à ce qu'on prétend faire avec. Là, tu n'as pas tort: c'est comme ça depuis la libération (et même, très indirectement, depuis 1914 avec la sécurité belge reposant en partie sur les alliés franco-britanniques, mais c'est une autre question), et tous les partis de gouvernement sans exception cherchent, chacun avec leurs nuances propres (faibles, en la matière), que globalement ça continue comme ça. On n'esquisse pas d'alternatives dans nos explications du point de vue des autorités belges, simplement parce que la question ne se pose pas. La Belgique est très contente comme ça, et n'entend pas changer. Pourquoi faudrait-il, dès lors, des alternatives? Moi, je veux bien débattre de tout ce qu'on veut, mais s'il s'agit de comprendre pourquoi la Belgique aborde ce dossier de cette façon, c'est l'axiome de départ. On peut ne pas être d'accord et proposer une autre politique si on veut, mais on est alors dans la spéculation, dans le roman, dans la science-fiction ou appelle ça comme tu veux, mais on n'est plus dans une analyse fondée sur des éléments factuels. Désolé mais là c'est vous qui le faites. On n'est plus à l'époque de De Gaulle. J'y reviendrai plus tard, quand tu dis exactement le contraire. Et donc pourquoi il faut des F35 à part parce que "c'est comme ça" ? L'OTAN n'a pas à exiger du matos américain qui nous rend dépendant des américains. Point barre ! Le F-35 est favori (je rappelle quand même que le choix n'est pas encore fait...) parce qu'il est l'appareil qui correspond le mieux à ce que la Belgique prétend faire dans le cadre où elle prétend le faire, point. La Belgique veut à la fois une défense européenne et l'intégration de cette défense à une alliance transatlantique concrétisée par l'OTAN (notons que c'est loin d'être le seul pays européen dans le cas), et agit dans ce cadre. L'OTAN n'exige rien du tout, et si la Belgique achète le F-35, ce sera parce que le gouvernement belge, souverainement et avec son point de vue propre, aura considéré que c'est l'appareil qui correspond le mieux aux besoins, à la politiques qu'ile ntend mener et à la manière dont il voit les 40 prochaines années. A nouveau, on peut ne pas être d'accord (et à titre personnel, je ne le suis pas nécessairement, ou pas totalement), mais on ne peut pas considérer que cette position soit particulièrement bizarre, irrationnelle ou imposée par je-ne-sais qui de l'extérieur. C'est une vision qui correspond à un point de vue respectable, mais qui a peu de sens dans le cas belge. D'une part, les Belges ne disent pas que l'OTAN "c'est les USA", mais disent qu'elle est importante pour assurer un lien stratégique fort entre Europe et USA, considérant celui-ci comme important. Pourquoi? Simplement parce que les USA sont considérés comme des amis et des alliés proches, et que la défense de l'Europe n'est par conséquent pas dirigée contre les USA ou pensée sans ce rapport avec les USA, même si elle ne peut reposer exclusivement sur les USA (pour reprendre les paroles de Charles Michel après le sommet de l'OTAN de mai). D'autre part, en-dehors des armes légères et de quelques équipements très spécifiques, la Belgique ne produit aucun matériel militaire en propre depuis 50 ans. Tout achat de matériel qui dépasse le fusil ou la mitrailleuse légère dépend donc "de décisions étrangères", pour reprendre ton expression: la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Italie, les USA, etc. Dès lors que l'acquisition est faite auprès d'alliés proches, cela ne pose pas de problème à la Belgique. Par ailleurs, en l'état, la question n'étant pas une compétence européenne, "américain" n'est pas plus (ou moins) "étranger" que français ou italien, a fortiori dans une logique consistant à faire la même chose qu'une série d'alliés européens proches et avec lesquels la Composante Air collabore très souvent: Pays-Bas, Danemark, Norvège... Du point de vue belge, s'équiper du même avion qu'une partie des voisins européens proches est une logique "européenne", même si c'est un avion américain. Une fois encore, on peut ne pas partager cette vision, mais on ne peut pas dire que, dans l'état actuel de la construction européenne (et singulièrement d'une politique étrangère et de défense commune), elle soit particulièrement irrationnelle ou scandaleuse. Je ne parle pas de ce que je veux personnellement, j'explique le point de vue largement majoritaire au sein des partis de gouvernement belges: si on construit une défense européenne intégrée, elle doit nécessairement être membre de l'OTAN. Avec une nuance par rapport à ce que tu dis: il ne s'agit pas d'une défense qui dépend de l'OTAN (au sens où l'OTAN commanderait à l'Europe), mais qui en est membre (ce qui n'est pas la même chose). Tu sembles considérer que le maintien dans l'OTAN s'oppose à l'idée de souveraineté européenne. C'est ton droit, mais alors tu ne peux pas dire, comme tu l'as fait plus haut, que c'est un fantasme que de dire qu'OTAN et Europe s'opposeraient car c'est exactement ce que tu fais et tu argumentes ici (et dans la fin de ton message). oui, dDu point de vue d'un certain nombre d'états européens, le concept flou "d'Europe de la défense" s'oppose inutilement à l'OTAN et que c'est un problème. Mais entre opposition UE/OTAN et vassalité complète, il y a une grande gamme de positions intermédiaires possibles, et la Belgique se situe dans ces positions intermédiaires. C'est un vrai débat politique très important, et je respecte ta position, mais si on veut faire avancer le schmilblik au sein de l'Europe (que ce soit vers un détachement de l'OTAN ou vers une intégration de l'état fédéral européen —à construire— à l'Alliance), il faut dépasser les postures et les sous-entendus. Le problème de ta position, si on met de côté le fond, est qu'elle considère que tout le monde voit les choses de la même manière, et elle part du principe qu'il y a une réalité évidente et que tout le monde partagerait (à moins, je note, d'être aveuglé par la peur ou la vassalité). Le problème, c'est que ça ne correspond pas du tout à la réalité: l'UE, ce sont (pour le moment) 28 pays, donc potentiellement 28 façons différentes de considérer la défense européenne et les relations à l'OTAN, et on ne peut pas considérer que les visions de certains sont par nature plus justes que celles des autres. On ne construira pas une défense européenne solide et cohérente (notamment) si (1) on ne met pas à plat les conceptions différentes de ce que devrait être une défense européenne et les attentes que les membres ont envers l'Europe et/ou l'OTAN (et c'est une évidence que ces divergences existent); (2) si on ne prend pas en compte le souhait d'une majorité d'états membres de maintenir un lien transatlantique fort, et les raisons (potentiellement diverses) pour lesquels chacun y tient; (3) si on ne met pas à plat les attentes des pays membres en termes de politique étrangère (et là aussi il y a tous les points de vue, de ceux qui voient l'UE comme devant être une grande Suisse à ceux qui pensent que l'UE doit jouer un rôle de puissance planétaire en passant par ceux qui pensent que cette politique devrait être pensée face à la menace d'un grand état un peu remuant à l'est, et j'en oublie sans doute).
  11. Beaucoup de choses ont été dites sur ce sujet avant ce message, et beaucoup l'ont été après que je l'aie lu donc j'essaie de faire une réponse globale —qui n'est que mon analyse personnelle de la question, pas le point de vue du gouvernement belge— en me centrant sur quelques éléments qui me semblent plus important dans vos interventions. Je ne souscris pas à cette vision, parce qu'elle est selon moi "typiquement française" ou, plus exactement, parce qu'elle n'a pas de sens point de vue belge (par là, je ne dis pas que cette lecture ne peut être défendue, mais en tout état de cause ça n'est pas du tout dans cette perspective que cette question est abordée dans le débat stratégique et politique belge, pour autant qu'elle soit abordée, et ce quelles que soient les familles politiques, peut-être extrême-gauche antimondialiste et complotiste exceptée - soit pas grand chose en termes sociologiques et électoraux). Il faut bien comprendre, comme je l'avais expliqué dans ce fil il y a près de 3 ans, que la Belgique a construit toute sa politique de défense depuis la seconde guerre mondiale dans le cadre de l'OTAN. L'armée belge elle-même est structurée par et pour l'OTAN (en tout cas dans le contexte de l'OTAN, comme continuation des forces belges libres en Grande-Bretagne), la politique de défense est pensée dans ce cadre. L'OTAN implique, pour la Belgique, bien plus qu'une (supposée) soumission aux Etats-Unis: c'est le niveau de réflexion et d'action. L'OTAN existe, fonctionne et est la garantie de la Belgique face à des menaces stratégiques (hier l'URSS, aujourd'hui peut-être la Russie), le cadre de coopération militaire avec ses alliés proches, le lieu où la Belgique peut peser sur les grandes orientations des politiques occidentales, etc. L'OTAN implique pour la Belgique des possibilités et des obligations, et c'est pour satisfaire l'une et l'autre, vues comme globalement favorables à la Belgique, que la Belgique est un membre actif de l'OTAN. La Belgique ne "joue" pas l'OTAN parce qu'elle aurait peur d'être maltraitée par les Etats-Unis, mais tout simplement parce qu'elle y trouve globalement son compte, et parce que c'est la seule chose qui existe actuellement qui lui donne ça. Il ne s'agit donc pas "d'acheter américain" pour que les USA aident la Belgique (la meilleure preuve étant qu'en-dehors de ce marché très emblématique des avions de chasse, la Belgique achète en réalité assez peu américain: ravitailleurs, transports et hélicoptères français, blindés allemands et italiens, frégates néerlandaises, etc.), mais simplement —dans l'hypothèse où le F-35 serait effectivement choisi— parce qu'en matière d'avions de chasse cela s'inscrit dans une continuité historique (le consortium F-16, la DATF belgo-nérlandaise, la relation avec des pays de taille comparable au sein de l'OTAN, comme le Danemark ou la Norvège, etc., qui ont tous fait le choix du F-35) et politico-stratégique (la Belgique construit depuis plus de 70 ans sa défense en interaction avec ses alliés européens, et ne prétend pas faire autre chose). Quoiqu'on pense de l'avion ou de la communication américaine/du constructeur à son sujet, le F-35 est pour un pays comme la Belgique un dénominateur commun plus fort et plus central que (au hasard) le Rafale, que ce soit dans l'OTAN ou même dans l'UE. C'est exactement la même chose pour la Belgique: elle suit les USA quand elle estime que c'est légitime et cadre avec sa politique (Afghanistan ou intervention actuelle sur le front irako-syrien), mais elle les envoie promener quand elle conclut au contraire (Irak 2003), tout en suivant la France dans les opérations qu'elle estime devoir être menées même sans bénédiction des USA (Libye, Sahel). Il faut arrêter avec cette équation simpliste OTAN = alignement = vassalisation. La Belgique est globalement très atlantiste, c'est un fait, et c'est pour cette raison qu'elle développe les liens avec tous les membres de l'alliance (et pas seulement un), mais ça n'est pas pour ça qu'elle est un supplétif des USA: elle les a envoyés paître quand il le fallait, et les USA sont globalement attentifs à ce qu'elle pense de leurs actions car ils savent qu'elle a une influence sur nombre de "petits" pays européens qui y voient un allié à la fois sérieux mais sage (comme en témoigne la cour qu'ont fait les USA pour que la Belgique s'implique en Syrie, alors qu'objectivement ils n'ont pas vraiment besoin d'elle militairement). Qui cloche? Je ne vois pas ce qui cloche dans la position d'un pays qui construit un outil de défense en proportion et en adéquation de ce qu'il estime être la politique à mener avec un ensemble de pays qu'il considère comme ses alliés et avec lesquels il défend un certain nombre de choses en commun. Je pensais que la France faisait pareil, et que c'était justement cette cohérence qui avait justifié (par exemple) le programme nucléaire, le Mirage IV, le Rafale ou le Leclerc alors qu'elle aurait pu trouver des (plus ou moins) équivalents sur étagère. La seule différence, c'est que la Belgique ne s'estime pas devoir être en mesure de faire ce que la France estime indispensable à sa politique, c'est tout. Ce n'est qu'un paradoxe que d'un point de vue franco-français qui oppose défense européenne et OTAN (sous-entendu, on serait nécessairement dans l'un ou dans l'autre, les deux étant plutôt exclusifs). Je pense que je peux dire sans me tromper que la position belge en la matière est la suivante: pour une défense européenne intégrée, membre à part entière de l'OTAN. Il n'y a du coup plus aucune contradiction. Il faut par ailleurs noter que "l'Europe de la défense", ça veut dire quelque chose en français (donc a du sens pour les français et dans une certaine mesure les belges francophones) mais est un concept assez flou voire intraduisible dans la plupart des autres langues européennes où l'on parlera plutôt de "défense de l'Europe" ou "défense européenne". Quand on parle "d'Europe de la défense", les 28 ne parlent en fait pas de la même chose parce qu'ils ne s'entendent pas nécessairement sur ce que recouvre le concept. On a, en gros, les pays (plus nombreux, plus au nord et plus à l'est) qui considèrent que cela veut dire quelque chose comme "une défense commune du territoire de l'union contre les menaces extérieures" (soit, en clair, le terrorisme islamiste et la Russie), et qui ne voient pas bien la plus-value par rapport à l'OTAN (qui existe, qui fait déjà ça et qui marche), et ceux (essentiellement la France) qui pensent que ça veut dire quelque chose comme "on va construire un machin européen qui va définir une politique permettant de mutualiser les coûts des opérations lointaines en se passant des USA" (et qui s'opposerait ou s'ajouterait à l'OTAN —au sens de: pour mener une autre politique— dont ce n'est pas l'objectif). La Belgique, pays francophone, se situe un peu à l'interface de ces deux visions différentes, partageant plutôt la vision des membres non-francophones, mais comprenant sans doute mieux que tout autre pays ce que veut la France quand elle prétend relancer la construction européenne par là. Personnellement, je perçois la position de Charles Michel sur la question comme la recherche d'une position d'intermédiaire de nature à accorder les vues divergentes de la France et de l'Allemagne (et des autres mais surtout l'Allemagne), précisément pour renforcer l'Europe, essayant de définir l'OTAN comme un cadre commun surplombant et la défense européenne comme une partie intégrée à ce cadre mais en même temps autosuffisant. Le but n'est donc pas de s'éloigner des USA, mais d'occuper une place à côté d'eux dans l'OTAN vue comme organisatrice de la relation transatlantique. Ce n'est donc pas un affranchissement par rapport à un supposé lien de vassalité que cherche Michel, mais une capacité à renforcer le pilier européen de l'OTAN au profit à la fois de l'UE et de l'OTAN.
  12. Oui, c'est juste, et ça a été fait pour répondre à cette crainte. Il n'empêche que beaucoup de Wallons (y compris au MR, qui est dans la coalition fédérale actuelle - ce sont même eux qui sont les plus en pointe sur la question) pensent que le sort de la base comme lieu de déploiement permanent est scellé, à moyenne échéance. Que ce soit vrai ou faux, ça alimente une méfiance wallonne envers le F-35 (avec le côté comique que la question pourrait aussi se poser pour le Rafale, si on y réfléchit bien, mais on en parle moins). Il faut le comprendre dans le contexte de relocalisation (effective ou évoquée publiquement) principalement en Flandre d'un certain nombre d'éléments emblématiques de la défense (comme certaines collections du Musée de l'Armée ou le déménagement du QG des Special Ops vers Heverlee).
  13. C'est une vieille demande de la composante Air, à la fois via ses responsables que via les rares (et généralement anciens) pilotes qui se sont exprimés dans les médias à ce sujet. En tout cas, l'idée que les pilotes demandent cet appareil n'est pas discutée et est régulièrement présente dans les médias belges depuis au moins 2 ans. Les raisons avancées pour cette préférence sont connues: le maintien du partenariat privilégié avec avec les USA, un avion de "5° génération, la furtivité et l'intégration au champ de bataille en réseau OTAN (attrait marketing?), l'intégration avec les Néerlandais/Benelux et surtout le positionnement comme membre central dans l'OTAN. Oui et non, on en a parlé en long et en large sur ce fil il y a plusieurs mois/années. Ce n'est pas aussi simple, même si ça joue: le F-35 était le favori affiché du précédent ministre de la défense, Flamand et atlantiste convaincu, ce qui a contribué à donner une image "flamande" à l'appareil. Par ailleurs il est clair que les Flamands sont beaucoup plus favorables à une armée intégrée belgo-néerlandaise, avec nos voisins du nord qui sont dans le programme F-35. Les Wallons sont moins favorables, notamment parce que le F-35 signifierait sans doute la fermeture de la base de Florennes (Wallonie) pour tout regrouper à Kleine Brogel Flandre) le tout dans un contexte dénoncé de "flamandisation" de l'armée. Mais il n'y a pas que cette dimension: les socialistes et écologistes flamands sont contre le F-35 (et même contre le remplacement des F-16, pour les écologistes), et la N-VA (nationalistes flamands) est plutôt atlantiste mais horrifiée par le coût du F-35 avec un risque de peu de retombées économiques en Flandre (ou en Belgique en général).
  14. Ne spéculez pas trop sur les auteurs (même si ce sera intéressant de les tracer pour l'enquête): l'agence Amaq (= DAESH) a revendiqué l'attaque. Il n'est, du reste, pas tellement étonnantq ue l'Iran soit un jour ciblé, quand on voit le degré d'engagement de l'Iran et ses proxies contre DAESH en Irak comme en Syrie...