Bat

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  1. Je précise que ma remarque de tout-à-l'heure porte spécifiquement sur une interrogation/lecture en termes d'apogée, donc de préocupation relative au fait de savoir si on y est, si on l'a passé ou si elle est devant nous. Pour le reste, les questions de savoir comment évolue le pays/le monde, ce qu'on va devenir, comment s'organiser demain, la prise qu'on pense avoir dessus ou pas sont légitimes. Mais se posent pour tous: pas besoin de convier une interrogation existentielle et/ou identitaire sur une éventuelle "apogée" réelle ou imaginaire. (Je citais l'exemple de la Belgique, où on ne se conçoit pas par rapport à une telle idée, c'est pas pour autant qu'on ne s'y interroge pas sur l'avenir... au contraire! S'il y a bien un pays qui se demande en permanence s'il existera encore dans 5 ans, c'est bien la Belgique, sauf qu'il ne développe pas cette interrogation par rapport à une grandeur passée et/ou à venir par rapport à laquelle on interrogerait le présent.) Je pense, mais ce n'est que mon avis aussi, que poser les questions d'avenir/de choix face aux enjeux contemporains en termes d'apogée (qu'elle soit espérée ou au contraire qu'on regrette sa fin) relève non seulement du fantasme un peu vain, mais est en plus potentiellement dangereux: en introduisant une forme de téléologie (c'est-à-dire l'idée qu'il y a une finalité préexistante et quelque part "transcendante" car échappant aux acteurs, qui guiderait l'action nécessaire) dans le jeu politique, on le bride et on le prive de toute sa potentialité: on ne pourrait pas mener n'importe quelle politique sous prétexte que "le destin" transcendant et pré-existant de la nation imposerait certains choix (par opposition à l'idée que la nation deviendra ce qu'on en fera). En fait, c'est vrai de toutes les nations (mais avec une multiplicité de variantes: toutes n'arrivent pas à la même chose): il n'y a pas besoin d'être "à part" ou de s'être construit culturellement et identitairement comme une nation "à part" pour construire son propre modèle, avoir une prise sur son destin et son influence. La géographie va, clairement, en partie structurer et/ou orienter les choses, mais je ne pense pas qu'il y a une sorte de nécessité absolue de l'unicité ou du destin des nations: avec la même géographie, on peut arriver à des modèles différents. Tous les pays qui sont à la croisée d'aires culturelles ou nationales différentes ne se construisent par exemple pas comme des puissances animées d'une prétention universaliste. Exemple, à nouveau: la Belgique (mais il y en a d'autres: rien qu'en Europe, on pourrait citer la Suisse, la Grèce, la Tchéquie, l'Ukraine...). Si la France est "à part", c'est à mon sens plus dans la signification collective et culturelle qu'elle a construite de ce positionnement (qui est authentiquement originale) bien plus que dans une évolution particulière (avec la nuance/la complication que la construction culturelle va, à un moment, contribuer à structurer cette évolution et inversement). Avec cette conception culturelle de l'universalisme français, on peut potentiellement défendre tout et son contraire concernant l'Europe: aussi bien son élargissement infini (vu qu'elle est un modèle universel, l'univers entier pourrait avoir vocation à la rejoindre) comme la fermeture et ce que certains nomment "approfondissement" (il faudrait d'abord uniformiser l'ensemble existant —une autre idée très française, l'uniformisation— avant de penser ce qu'on fait à l'extérieur). Actuellement, le vent est plutôt à la seconde idée, mais dans les années 90-2000 on a défendu allègrement la première au nom des mêmes conceptions. Ce qui, à mon avis, montre par l'absurde qu'il n'y a aucune destinée manifeste mais juste des opportunités et idées circonstancielles, saisies ou non, dans un contexte donné mais changeant.
  2. Oui, pour ce que j'en sais, c'est un peu le bordel au parlement européen depuis les élargissement successifs et donc la multiplication des langues officielles, fût-ce pour des raisons logistiques: pas assez de cabines d'interprètes, par exemple, car en théorie il faut pouvoir traduire de chacune des 23 langues dans n'importe quelle autre des 23 langues, ce qui fait des équipes pléthoriques. Donc on a inventé des traductions "en cascade" comme tu les décris, pas toujours très heureuses... C'est un sujet quasi-philosophique qui à mon avis dépasse le cadre de ce fil, mais je pense qu'il repose sur une prémisse fausse: celle selon laquelle il y aurait une sorte d'évolution nécessaire et souhaitable, standardisée ou stéréotypée pour chaque nation, et que chacune devrait bien choisir son "créneau" (ou, du moins, c'est comme ça que je l'ai compris, peut-être à tort). L'histoire et le sens pratique nous enseignent le contraire: il y a des circonstances et des acteurs plus ou moins ambitieux, et au fil de ceux-ci il y a des trucs qui se passent, point. L'idée d'apogée est une reconstruction intellectuelle a posteriori, pas une nécessité qui guide les acteurs. En très caricatural, lorsque l'empire romain était à son apogée, les romains ne se disaient pas "nous sommes à notre apogée" mais "comment gérer ce bazar". C'est un peu la même chose pour la France, l'UE ou n'importe quoi d'autre. La question linguistique le montre d'ailleurs bien: la France saisit, avec succès, des opportunités pour imposer sa langue dans les instituions européennes, en compétition avec les autres pays/langues. Le fait qu'elle y est parvenue (contrairement à l'Italie, p.ex), montre qu'elle a sans doute plus d'influence et/ou de ressources que d'autres. Savoir si ce serait ou non son "apogée" me semble assez secondaire. (Ou une préoccupation très franco-française, dirais-je en bon Belge qui s'étonne toujours de la capacité de la France et des Français à s'inquiéter à tout moment d'être ou de ne plus être la meilleure en n'importe quel domaine, comme une obsession identitaire permanente, alors que ça ne nous passe jamais par l'esprit concernant notre pays qui est plus pragmatique: comment améliorer les truc ici, pas comment être mieux que les autres ou au sommet d'on ne sait quelle courbe de grandeur nationale plus ou moins fantasmatique! Mais c'est un autre débat.)
  3. L'union Européenne a 23 langues officielles, mais 3 langues usuelles de travail dans la plupart de sinstitutions: l'anglais, le français et l'allemand. Cela signifie que tous les documents officiels, ou les échanges au Parlement Européen, sont traduits dans les 23 langues. Les autres institutions de l'UE (Commission, Cour de justice, Cour des comptes...) ont chacune leur politique linguistique propre qui définit la (les) langues dans laquelle (lesquelles) travaillent leurs fonctionnaires et sont rédigés les documents de travail interne. P. ex le Conseil utilise les 3 langues de travail, la Cour de justice délibère en français mais publie les arrêts dans la langue du cas, la Cour des comptes travaille en français mais publie ses documents dans les 23 langues officielles. Le français est donc loin d'être minoré, d'autant que le Brexit interroge sur le maintien de l'anglais comme langue de travail. L'idée que l'UE réfléchirait à l'éradiquer est une vieille lubie (a priori fausse) française, dont je n'ai jamais entendu parler ailleurs qu'en France. Par contre, ce qui dessert le français est qu'il est moins répandu dans toute l'UE que l'anglais, et c'est tout le paradoxe: même avec le Brexit, l'anglais reste le moyen le plus simple pour faire communiquer ensemble des Belges, des Tchèques, des finlandais et des Portugais, car appris en seconde ou 3ème langue dans la totalité des pays, là où le français ne l'est pas ou moins. (Par exemple, quand je travaille sur des projets européens, nous travaillons spontanément en anglais et remettons nos documents en anglais simplement parce que c'est la langue qui réunit le plus de partenaires (même s'ils le parlent parfois de façon assez basique), et même si on a le droit (dans beaucoup de cas) de remettre les réponses aux appels d'offres ou rapports en français.) Il suffit de voir les chefs d'état et de gouvernement qui constituent le Conseil actuellement: la quasi-totalité d'entre eux sont anglophones, donc la plupart des réunions se font en anglais par commodité, mais sans obligation de le faire et sans politique visant à éradiquer le français de l'institution. Tous les présidents du Conseil ou de la Commission sont d'ailleurs choisis (aussi) pour leur plurilinguisme: Ursula von der Leyen parle 3 langues (allemand, français, anglais), Charles Michel également (français, néerlandais, anglais). Leurs prédécesseurs étaient également multilingues: Jean-Claude Juncker en parlait 4 (luxembourgeois, français, allemand, anglais) et Donald Tusk au moins 3 (polonais, français, allemand, plus des bases en anglais et en russe). À noter que Martin Schulz, candidat malheureux à la présidence de la Commission contre Juncker et ancien président du Parlement Européen en parle, lui, 6 (allemand, français, anglais, italien, espagnol et néerlandais)!
  4. Suite: https://www.lecho.be/entreprises/aviation/La-Belgique-donne-a-l-Europe-une-lecon-de-ciel-unique/10187272
  5. Suite:https://mobile.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/les-africains-embarrasses-par-une-presence-chinoise-devenue-etouffante_3510143.html?fbclid=IwAR20KYvJwq-buOAhvihQLHWESsuoSb-eiEVRBWTjIIuVjq6Iia_f7dqO2BI#xtref=http://m.facebook.com/
  6. Depuis 24h, je vois passer beaucoup de tweets et courtes vidéos annonçant des troubles dans la province du Guandong, voisine de Hong Kong, les manifestants réclamant apparemment plus de démocratie. Certaines montrent des blindés qui semblent tirer dans la foule. Mais je ne trouve aucun article de presse à ce sujet. Quelqu'un a-t-il vu des infos (fiables) à ce sujet? EDIT: je viens de trouver ça: https://www.liberation.fr/planete/2019/11/30/chine-gaz-lacrymogenes-et-affrontements-pres-de-hong-kong_1766509 Apparemment une histoire de crématorium contesté: je ne sais pas pourquoi la plupart des tweets qui relaient les images des affrontements, parfois très violents (voitures retournées et brûlées, FDO qui tirent dans le tas, etc.) parlent principalement de soutien aux manifestants anti-totalitaires de Hong Kong.
  7. Suite: https://info.arte.tv/fr/pratiquement-tous-les-produits-chinois-bon-marche-proviennent-dun-camp-de-travail
  8. Source: https://www.lalibre.be/belgique/judiciaire/la-belgique-a-la-tete-d-une-cyberattaque-pour-faire-taire-l-etat-islamique-et-son-agence-de-propagande-amaq-ce-n-est-pas-une-bombe-atomique-qu-on-a-lancee-mais-des-fleches-tres-precises-explique-eric-van-der-sypt-5ddc0dac9978e272f92c83e1
  9. Suite: https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/24/china-cables-revelations-sur-le-fonctionnement-des-camps-d-internement-des-ouigours_6020358_3210.html
  10. Suite: https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/22/la-chine-veut-imposer-sa-vision-des-droits-de-l-homme_6020084_3232.html Pratique, mais très classique: la totalité des états totalitaires ou autoritaires brandissent régulièrement et depuis des décennies cet argument au moindre trouble interne, et de plus en plus souvent des politiques dans des états démocratiques.
  11. Analyse de ces "Xinjiang Papers", et quelques conclusions glaçantes: https://www.nytimes.com/interactive/2019/11/16/world/asia/china-xinjiang-documents.html?action=click&module=Top Stories&pgtype=Homepage
  12. Suite: https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/14/mh17-on-recoit-les-ordres-de-moscou_6019174_3210.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1wGmYZCzo1N_mHkQA_h_ujNfRElIz8C5Vhjnhl6I2r3Rn-OvzfZ65UYAk#Echobox=1573752124
  13. Bon, comme avec un titre pareil, "l'information" a toutes les chances de faire marrer la presse française demain, je prends les devants avec la fake news imbécile et ignorante du jour. Dans la presse (belge) de ce matin, on avait droit à ça: Evidemment, cela a suscité des railleries et cris d'orfraies sur les réseaux sociaux, notamment parmi une partie de mes connaissances, sur le mode "c'est honteux! quel gaspillage!" et/ou "haha quels branquignolles ces militaires". Du coup, j'ai essayé d'un peu creuser le truc, notamment en essayant de remonter la "chaîne" d'information (car c'est un article qui cite une télé qui cite un journal tabloïd flamand)... pour ne rien trouver! Premièrement, le tabloïd n'a en réalité aucune info: c'est aujourd'hui qu'a été présenté le nouveau centre logistique de Melsbroek pour les A400M, et il se demande, référant à un article du site web de la chaîne TV (qui le reprend pourtant aujourd'hui) d'il y a 5 ans si ce ne serait pas pour remplacer les hangars "trop petits" qu'on aurait achetés à l'époque. Spéculation pure, donc, en ressortant une vieille info. Info? Voyons: que disait-il il y a 5 ans? Que la Belgique avait mal choisi ses hangars pour le A400M? Non, juste qu'elle avait acheté des hangars (sans dire pour quoi), et le média (pas la Défense ou qui que ce soit d'autre) spéculait en remarquant qu'ils étaient trop petits pour les A400M. Scandale? Non: ces hangars ne leur sont pas destinés. Deuxièmement, d'autres journaux ont repris l'info de La Libre qui cite RTL qui cite Het Laatste Nieuws qui ressort une vieille info mal comprise de RTL, mais avec une autre thèse, se basant sur des témoignages plus vieux: ces hangars trop petits n'auraient pas été achetés, mais seraient les hangars existant à Melsbroek et qui accueillent aujourd'hui les C-130. Certes, c'est vrai, mais ces hangars ont été construits pour les C-130, et du reste personne n'a dit qu'on y mettrait les A400M. Deuxième truc vide, donc. Troisièmement, et c'est le pompon, une recherche de 30 secondes (que les médias n'ont manifestement pas la capacité de faire) montrent que cette histoire n'a rien de neuf, puisque le bâtiment logistique dont le projet a été présenté aujourd'hui n'est en rien une nouveauté, mais la conséquence de procédures de marchés publics lancées par le (alors) ministre de la défense Vandeput en 2017! Donc en résumé, on fait un titre polémique sur une mauvaise compréhension d'un non-événement qui est par ailleurs budgété depuis 2017. On trouve les "scandales" qu'on peut... Sinon, si vous voulez un truc plus consistant sur le nouveau centre logistique, le même (!) canard a publié ceci dans l'après-midi (manifestement, ils ne se lisent pas eux-mêmes): Suite: https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/le-ministere-de-la-defense-lache-46-9-millions-d-euros-pour-la-construction-d-un-hangar-hors-normes-a-melsbroek-5dcc313df20d5a0c46c44dee
  14. Suite: Source: https://plus.lesoir.be/258898/article/2019-11-07/selon-un-journaliste-espagnol-la-russie-exploite-la-crise-catalane?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%20desc%26word%3Dcatalane
  15. Je l'avais aussi feuilleté en librairie, et au premier abord je n'avais pas spécialement accroché. Puis mon frère me l'a offert le lendemain pour mon anniversaire, et j'avoue que j'ai bien accroché à l'histoire (et ai été très frustré de voir que je devrais attendre le T2 pour avoir la fin).