Bat

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  1. Suite: https://rsf.org/fr/actualites/si-la-presse-chinoise-etait-libre-le-coronavirus-ne-serait-peut-etre-pas-devenu-une-pandemie-denonce
  2. Suite: https://theconversation.com/covid-19-comment-pekin-cherche-a-sauver-la-face-134168?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1584909159
  3. Article complet: https://www.letemps.ch/monde/chine-laisse-echapper-coronavirus?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article
  4. La Chine reste un état totalitaire d'inspiration marxiste-léniniste complété du maoïsme, et Xi Jinping semble fermer la "parenthèse" de ses prédécesseurs pour revenir vers un parti plus puissant et plus ancré sur ses fondements idéologiques. Tiens, en lien indirect, ou comme illustration de ce qu'annonçait La Croix, le directeur (ou porte-parole?) du ministère des affaires étrangères chinois Lijian Zhao tweete en mode complotiste total sur le covid-19 aux USA, suggérant sans l'affirmer, tel un bon rhétoricien complotiste, que tout cela à est bien louche et que rien n'exclut que le virus soit issu d'un laboratoire militaire US!
  5. Suite: https://www.france24.com/fr/20200311-coronavirus-comment-la-propagande-chinoise-a-placé-xi-jinping-sur-un-piédestal-sanitaire
  6. Suite: https://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Chine-reecrit-deja-lhistoire-coronavirus-Wuhan-2020-03-09-1201082887?fbclid=IwAR0GetvFSUiBiNFQFX024Q8BbsNptqrTHL4mw7Zi1_0XzytFTZcTlVZREao
  7. Juridiquement, je n'en sais rien: j'imagine que cela a dû faire partie des choses négociées avec les Américains et que ça dépend de ce qui est déjà signé. Politiquement, même si quelques partis (comme le SP.A ou Groen) promettent de revenir sur cette acquisition s'il revenaient aux affaires, je n'y cois pas du tout, or indépendamment de que permettent ou non les contrats, car cela devrait nécessairement passer par une décision politique qui serait assez lourde (et un précédent compliqué) et source de nouvelles tensions, quasiment impossible à obtenir. D'abord parce que la Belgique n'a toujours pas de gouvernement fédéral de plein exercice. Ensuite parce que si elle en avait un, il faudrait que ce revirement fasse partie du programme de gouvernement négocié entre partenaires, autant dire que dans une coalition à 6 ou 8 partis dont seulement 2 ou 3 (dans l'hypothèse improbable de la coalition ci-dessous) seraient prêts à en parler, c'est assez illusoire. Et sans ces deux conditions, c'est évidemment la décision antérieure qui prévaut. Enfin, on notera qu'une coalition qui irait dans ce sens est elle-même hautement improbable: c'est une demande qui est surtout portée par des partis de gauche, essentiellement flamands, or la gauche est la grande perdante des dernières élections législative en Flandre. Mais si on imaginait, dans un scénario de politique-fiction, une coalition très à gauche (totalement improbable) qui regrouperait le PTB, le PS, le SP.A, Groen, Ecolo et nécessairement des centristes et/ou des libéraux pour avoir une majorité, il serait peut-être envisageable d'en discuter... sachant que ce ne serait sans doute pas pour acheter le Rafale à la place: les partis qui ont fait de l'abandon du F-35 un argument sont aussi ceux qui sont, en réalité, contre le remplacement des F-16 par quelque modèle d'appareil que ce soit car dans leur vision politique l'armée est inutile, coûteuse et mériterait d'être fortement réduite (si c'est encore possible!) sinon démantelée totalement.
  8. Merci pour les précisions! Par contre, c'est vrai que l'article 346 du TFUE est invoqué, mais pour moi c'est cryptique puisqu'on n'en dit que ceci dans l'appel d'offre: Cela renvoie à l'annexe D qui se contente essentiellement de lister des domaines relevant de ces intérêts essentiels de sécurité, et de mentionner 3 critères qui "détachent" ce qui pourrait être proposé du marché des avions: Cela m'avait échappé, n'ayant pas compris ce que ça voulait dire. J'avoue avoir du mal à saisir la nuance entre les deux. Sans doute est-ce pour ça que je n'ai pas compris/j'ai dit une bêtise.
  9. Je ne suis pas spécialiste de la question, en particulier juridique, mais ce que je sais c'est: En général, ce qui a posé problème par le passé, était que l’État lançait un appel d'offre dans lequel il exigeait des compensations, qui servaient un peu d'incitatif (on va choisir non le matériel le plus adéquat mais celui du soumissionnaire qui propose le plus d'extras), et sur lesquelles les partis essayaient de toucher des rétrocommissions (pour être examinées de manière favorables par le parti, une part de ces compensations devant être secrètement reversée audit parti). Du coup, pour ce que je crois comprendre (mais j'avoue ne pas être totalement sûr - j'espère ne pas dire de bêtises), tout est interdit: les rétrocommissions bien sûr (qui étaient déjà illégales), mais aussi le réinvestissement spécifiquement exigé dans le cadre du contrat (*) (je ne peux pas lancer un marché public qui spécifierait que le gagnant s'engage à réinvestir Y% dans mon industrie à cause de ce contrat). Par contre, on peut signer des accords par ailleurs, mais ils ne peuvent être liés au marché initial (je peux solliciter, parallèlement à mon marché public, l'établissement d'autres contrats annexes avec les soumissionnaires - c'est du moins comme ça que je le comprends). Ces contrats annexes sont, par ailleurs, normalement soumis au respect d'un code éthique (rédigé je ne sais pas par qui), notamment destiné à éviter que les "compensations" ne fassent office de corruption directe ou indirecte (c'est-à-dire qu'elles ne servent de moyen de remporter un marché en proposant plus et/ou en arrosant tout le monde, voire ne fassent l'objet de négociations occultes avec rétrocommissions). Donc je dirais qu'un engagement noté et signé au vu et su de tous est parfaitement légal, avec certaines limites. C'est, du reste, ce qu'ont signé tous les concurrents, officiels ou officieux dans le cadre de l'appel à remplacement des F-16, mais avec prudence: les vrais contrats clairement définis, sonnants et trébuchants, ont été très rares, tout au plus chacun a fait de vagues promesses de coopérations futures si la conjoncture le permet, ou ce genre de choses. D'où la frustration des industriels qui a relancé la discussion sur ce fil: ils se plaignent en fait que les engagements vagues ne se traduisent pas, pour l'instant, par un nouveau round de discussions visant à aboutir à des contrats précis. Dans le chef de Lockheed-Martin qui a remporté le marché (via l'agence américaine) bien sûr, mais également dans le chef d'Eurofighter et de Dassault qui ont fait autant de promesses et qui semblent mises au second plan. (*) Ce qui s'appuie sur un règlement européen qui interdit d'exiger des compensations/retombées industrielles dans un contrat de marché public de défense, sauf dans des conditions très spécifiques et explicites où l'Etat qui lance l'appel d'offre peut invoquer une exemption de cette interdiction. Il semblerait —mais je n'ai pas trouvé le texte— que dans la traduction en droit belge de ce dispositif européen, la Belgique se soit montrée très restrictive suite aux affaires des années 1990 qui ont ébranlé la classe politique et l'opinion. Non, pas un mot: https://www.belgianmilitaryinterests.be/wp-content/uploads/2019/10/Request-for-Government-Proposal.pdf Il y a un volet financier, qui entre en compte dans l'évaluation, mais qui ne concerne en rien les compensations: il se concentre juste sur les modalités de paiement des appareils acquis, les mécanismes de facturation, les logiques d'amortissement, la gestion de la flotte à long terme, etc. Autrement dit, il n'y avait dans la RfGP pas une seule ligne disant que les candidats seraient (aussi) évalués sur leur propositions faites à l'industrie locale en-dehors des seuls mécanismes liés aux avions eux-mêmes (à savoir ce qu'ils pourraient accepter de sous-traiter en termes de maintenance de la flotte achetée, etc.).
  10. Le problème, c'est que la "défense européenne", ça ne veut pas dire grand chose en soi. Il y a des conceptions différentes et divergentes, et c'est une des raisons (sans doute pas la seule) pour laquelle ça n'avance pas vraiment depuis la proposition française d'une défense européenne intégrée à l'OTAN, dans les années 50. Ce qui est difficile n'est pas de dire "je suis pour une défense européenne" (a priori, tout le monde peut le dire sauf les anti-EU), mais de savoir ce qu'on met derrière cette étiquette. Si je fais le compte, on a au moins 4 conceptions différentes: La nécessité d'un processus avant tout politique (avoir une politique commune et un cadre politique de décision), l'équipement et les machins venant après, plutôt porté par l'Allemagne ou la Belgique Le besoin d'une défense appuyée sur un complexe militaro-industriel indépendant, obtenu par promotion des champions nationaux, combiné à une coopérations inter-étatique sans processus politique central, que prône la France ou, dans une moindre mesure, l'Italie L'idée d'une défense européenne à la carte par des projets industriels communs aux états volontaires comme on l'a fait pour le Jaguar ou le Concorde (où on retrouve aussi la France, l'Allemagne, etq uelques autres, mais sans cadre politique: c'est juste une façon de diviser les coûts de développement du matériel) La volonté d'une défense d'abord territoriale qui va faire barrage face aux ennemis et envahisseurs potentiels réels ou fantasmés (Russes, islamistes...), défendue plutôt par des pays de l'est. Et quasiment chacune de ces 4 conceptions sont elles-mêmes tiraillées entre ceux qui, en leur sein, voient ce modèle comme partie intégrante de l'OTAN, ou au contraire comme devant en être indépendant (voire en opposition).
  11. Quand tous les discours politiques disent "nous aimons l'OTAN car ça nous aide à coopérer avec les Pays-Bas, la France, l'Allemagne, le Danemark, l'Italie, le Royaume-Uni", pourquoi toujours prétendre ici que ceux qui les tiennent ne verraient le monde que par le prisme d'une soumission aux États-Unis? Je ne nie pas le poids des Etats-Unis dans l'OTAN (personne ne le nie, du reste), mais il y a un moment où il faut tenir compte de la réalité, à savoir ce que disent et font les acteurs politiques et militaires en Belgique. Ce refus de comprendre une situation tout en plaquant allègrement dessus des cadres idéologiques tous faits et peu pertinents m'échappe totalement (et tend périodiquement à m'éloigner de ce forum). Pour que ce soit clair, prenons les différents partis belges et voyons ce qu'ils disent des USA et de l'OTAN aujourd'hui (en commençant par l'extrême-gauche et en continuant par la gauche, centre, droite, etc.): PTB (extrême-gauche post-stalinienne): l'OTAN est un instrument criminel de l'impérialisme américano-occidental et il faut la quitter le plus vite possible. Une armée ne sert à rien car cela prend des ressources qui pourraient être consacrées aux politiques sociales et facilite les guerres, donc il faut la démanteler. Les États-Unis sont infréquentables tant qu'ils ne seront pas dirigés par Bernie Sanders. PS (socialistes francophones): l'OTAN est un instrument de multilatéralisme, qui doit primer, et de coopération avec nos alliés européens. Le PS demande le départ de l'armement nucléaire américain en Belgique, le PS s'oppose à la politique américaine. SP.A (socialistes flamands): demande une défense européenne articulée à l'OTAN, souhaite élargir par ce biais la coopération avec les alliés européens. Condamne la politique américaine et promet d'annuler l'acquisition de F-35 s'il revient aux affaires. Groen (écologistes flamands): l'OTAN est souhaitable pour collaborer entre alliés, du moins si on y refuse une place prépondérante des États-Unis. Pour le désarmement nucléaire, pour le départ immédiat des bombes américaines basées en Belgique. Contre la politique américaine dans tous ses aspects (politique étrangère, défense, environnement, commerce...). Opposé à l'acquisition du F-35 ou de tout autre avion de combat. Ecolo (écologistes francophones): position ambivalente sur l'OTAN. D'un côté, le parti ne semble voir l'OTAN que comme ce qui amène des armes nucléaires en Europe, dont l'interdiction est le premier (et à peu près le seul) combat en matière de défense. D'autre part il semble voir dans l'OTAN un instrumentq ue doit utiliser la Belgqiue pour peser sur les dossiers internationaux, avec ses alliés de l'UE. Contre tous les aspects de la politique américaine (comme Groen), contre l'acquisition du F-35. CDH (centristes francophones): L'OTAN est essentielle à la défense belge, qui doit investir pour rentrer dans les clous préconisés par l'Alliance. L'OTAN est le socle de la coopération avec nos voisins. Opposition à la politique américaine dans la plupart de ses aspects. Défi (initialement liste de défense des francophones se reconfigurant en parti centriste): L'OTAN est "un outil indispensable" de coopération et d'influence de la Belgique, mais "présnete des limites" qui justifient le développement d'uyne défense européenne mais construite sur le socle que fournit l'OTAN. Nécessité de renforcer les partenariats entre pays européens. Opposition aux États-Unis de Trump. MR (libéraux francophones): Le MR se dit pour un multilatéralisme et un "nouveau souffle européen" (sic), dont les instruments seraient le Benelux, l'OTAN et l'UE. L'OTAN est le cadre de coopération avec nos alliés du Benelux et de l'UE, mais il faut construire une défense européenne autonome des États-Unis , qui serait membre de l'OTAN. Les États-Unis restent un partenaire important, mais isolationniste et peu fiable, d'où la nécessité de développer l'UE. Open-VLD (libéraux flamands): La Belgique doit rester un pays crédible qui remplit pleinement son rôle au sein de l'UE et de l'OTAN, il faut faire de la défense européenne une branche de l'OTAN. (Je n'ai rien trouvé sur la position spécifique par rapport aux États-Unis.) CD&V (conservateurs flamands): L'OTAN est le socle de la défense belge, l'objectif à long terme est une défense européenne autonome mais intégrée à l'OTAN. Le partenariat transatlantique est fondamental. NVA (nationalistes flamands): La Belgique a besoin d'une OTAN forte et renforcée pour faire face aux menaces extérieures, mais aussi aux velléités de certains membre sde l'UE qui se prennent pour le chef (comme la France). Plutôt soutien aux États-Unis de Trump, même si pas sur tous les aspects. VB (extrême-droite nationaliste flamande): longtemps très atlantiste, rejoint maintenant l'idée du besoin d'une armée européenne pour protéger le territoire européen (pas des Russes, mais des migrants et des Musulmans: c'est l'extrême-droite, hein!). L'OTAN en est le socle, et le moyen de développer les coopérations nécessaires. Sympathie certaine pour les Etats-Unis de Trump, tendance Bannon, après avoir détesté et condamné les États-Unis sous Obama. (J'espère que je n'oublie rien!) En Suisse, peut-être, mais en Belgique, c'est interdit par la conjonction de règlements européens et de lois nationales. Du point de vue de la Belgique et de ses dirigenants, c'est le Conseil de l'Atlantique Nord. On peut éventuellement traiter les dirigeants de cécité (encore que ce serait à prouver), mais une fois encore, personne ne dit ni ne se voit comme le caniche volontaire des Etats-Unis (au contraire, je dirais: on se gargarise d'une capacité d'indépendance importante — réelle ou imaginaire). L'OTAN est le terrain de jeu dans lequel la Belgique pense sa défense et mène une partie de son influence politique, mais la plupart des politiques y sont bien moins obsédés par les États-Unis que nombre de forumeurs ici. C'est simple: pour faire le résumé de la position des partis, ci-dessus, j'ai replongé dans les programmes et beaucoup ne mentionnent même pas les États-Unis (à part le PTB, car ils sont atteints d'anti-américanisme pathologique et complotiste), par contre presque tous disent que l'OTAN c'est cool car ça permet de faire des trucs avec les voisins.
  12. La nuance, c'est que ce choix a été fait, volontairement, par rapport à l'OTAN, et non par rapport aux États-Unis. Il est donc discutable/faux de dire que la Belgique ne pense sa défense "qu'en subordination aux États-Unis". La meilleure preuve, c'est que depuis 2003, la plupart des partis (peut-être CD&V excepté) prennent de fortes distances envers les USA (même si ça s'est amélioré sous Obama, avant de se dégrader à nouveau avec Trump), tout en réaffirmant l'attachement à l'OTAN. La vision transversale des politiques belges est d'avoir l'OTAN qui assure des liens forts entre alliés proches géographiquement (Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Danemark, Italie...: ces pays sont sans cesse mentionnés par les politiques qui traitent de défense au quotidien, assez peu les États-Unis), et non de se ranger derrière la politique américaine qui est clairement condamnée et rejetée (et d'assez longue date: dès 2003 le MR marquait son attachement à l'OTAN tout en refusant la politique américaine). EDIT: pour donner une analogie, c'est un peu comme si, parce que la France appelle à une "Europe de la Défense", on disait ici qu'elle voulait une défense subordonnée à l'Allemagne. C'est pas vraiment faux... mais ça l'est quand même très largement.
  13. Cette formulation des choses, et la lecture qu'on pourrait en faire (notamment en France où ces mots n'ont pas nécessairement le même sens qu'en Belgique), est réductrice et caricaturale, pour ne pas dire fausse. Je ne nie pas que, dans les faits, la défense belge soit en partie dépendante des États-Unis et que ce lien transatlantique contribue de ce fait à structurer la politique de défense et la politique étrangère belges. Ceci étant, affirmer que la Belgique ne conçoit sa défense "qu'en subordination" avec les États-Unis est objectivement faux (je suis d'accord, par contre, avec le terme de "coopération"). Pour le comprendre, il faut mettre les choses en perspective (comme je l'ai déjà fait plusieurs fois sur ce fil, mais je le répète). La Belgique nouvellement créée (1830-31) se conçoit comme un pays vivant des échanges avec le reste de l'Europe (commerce, industrie), s'abstrayant volontairement des querelles entre nations européennes (une sorte d'isolationnisme politique, qui correspond du reste au rôle "d'état-tampon" contre l'impérialisme français qui lui a été assigné par les puissances qui ont accepté sa création). Dans cette perspective, la politique étrangère Belge s'est structurée jusqu'à la seconde guerre mondiale autour de l'idée neutralité stricte. Le problème, c'est que cette neutralité supposée préserver le pays des querelles entre puissances européennes n'a pas fonctionné: la Belgique est envahie en 1914 comme en 1940 malgré les garanties de respect de la neutralité données par tous. L'autre constat est que la Belgique n'a pas vraiment les moyens de faire respecter cette neutralité souhaitée: même en investissant dans une armée numériquement importante elle est incapable de protéger efficacement son territoire face à une nation puissante comme l'Allemagne ou l'URSS après la guerre (en 1940, l'armée belge c'est, en comptant tout, pas loin de 700.000 hommes —pour une population de 7.500.000 à l'époque— , mais elle a été balayée en 18 jours et malgré l'intervention du corps expéditionnaire franco-britannique). La conséquence qu'en ont tiré les responsables politiques (qui s'étaient pour beaucoup réfugiés en Angleterre durant la guerre) à la libération est la nécessité de sortir de cette posture de neutralité et d'inscrire fortement et durablement la Belgique dans un jeu solide d'alliances découlant des alliés qui ont vaincu l'Allemagne. Depuis la fin des années 40 et la création de l'OTAN, la défense belge a été pensée et construite non comme une armée complète et autonome (et, finalement, en-dehors du maintien de l'ordre dans sa colonie qui prépare son indépendance, la Belgique n'a aucune prétention à mener de quelconques opérations autonomes), mais comme une part de l'armée de l'OTAN, avec une double perspective: d'un côté, assurer la protection du territoire belge grâce aux Alliés qui fournissent les divisions et la dissuasion qui manquent à la Belgique; de l'autre, se montrer un allié fiable et loyal au sein de cette alliance en jouant le jeu de l'interopérabilité, en déployant des troupes importantes en Allemagne, puis en participant aux opérations conjointes. Plus que "subordonnée" aux États-Unis, la Belgique a pris la décision et a construit toute sa politique de défense dans et par l'OTAN. L'Amérique est importante en tant que membre de l'OTAN (comme les autres membres avec lesquels la Belgique entretient des liens étroits, parfois bien plus qu'avec les États-Unis: historiquement le Royaume-Uni (l'armée belge de 1945-46 est issue de l'armée de libération sous pavillon et uniforme britannique), Pays-Bas, Danemark, Norvège, Allemagne, plus récemment la France), pas par souhait de s'aligner sur les États-Unis (auxquels la Belgique s'est même opposée depuis la fin de la guerre froide, notamment sur la guerre en Irak en 2003). Le "jeu" belge consiste à occuper sa place dans une alliance dans laquelle elle espère, en retour peser malgré la faiblesse de sa défense/de ses investissements de défense. Parfois avec succès: par exemple quand les États-Unis viennent implorer la Belgique d'envoyer une paire de F-16 combattre DAESH, ce n'est pas parce qu'ils ne peuvent sans sortir sans cela, mais parce que la Belgique a une influence importante sur les petits et moyens pays européens et il est important pour les Américains de s'assurer de bonnes relations avec eux en écoutant la Belgique qui monnaie (politiquement) cette influence. Du coup, le problème pour la Belgique n'est pas "USA ou pas USA" mais plutôt: qu'est-ce qui peut donner à la Belgique la même protection et la même influence que l'OTAN. Avec nuances, la plupart des gouvernements belges ne sont pas opposés à penser leur défense dans un autre cadre que celui strict de l'OTAN (notamment une défense européenne, défendue par la Belgique), mais si on revient vers l'OTAN à chaque fois, c'est que cette défense européenne reste un serpent de mer qui n'en finit pas de ne pas naître, et ne donne par conséquent pas de garanties suffisantes (aux yeux de nos responsables) pour penser la défense autrement. Un article, que j'ai déjà posté ici, le disait assez bien il y a 2 ans: Source: https://www.revuenouvelle.be/Remplacement-des-F-16-la-depolitisation-d-un
  14. Avant de s'exciter sur les compensations économiques qui ne viennent pas, comme on le faisait dans les années 1980, il est bon de rappeler qu'elles sont interdites en tant que telles. Et en Belgique, cela reste quelque chose d'assez sensible avec des affaires de corruption qui dans les années 90, s'étaient greffées sur de telles compensations (affaire dite Agusta-Dassault), mouillant bon nombre de partis qui avaient touché des rétrocommissions et qui sont restés assez traumatisés des enquêtes, procès et condamnations qui ont suivi. Par contre, rien n'empêche un candidat de proposer des contrats à des entreprises locales, mais sans obligation de le faire, et sans nécessité d'atteindre des montants équivalents au marché en question. C'est ce qui s'est passé avec l'appel à propositions pour le remplacement des F-16: tous les candidats ont multiplié les tournées de signatures d'engagement plus ou moins vague à investir ou développer des marchés, dans une visée publicitaire certaine. Quitte à annoncer et signer un peu n'importe quoi, au point que le ministre Vandeput avait déclaré que certaines étaient manifestement des promesses "trop belles pour être vraies" (il parlait de la France qui promettait 20 milliards d'EUR, soit bien plus que le contrat). En d'autres termes, au niveau politique, on n'attendait pas spécialement grand chose, on s'est félicité des engagements signés mais on n'y croyait que moyennement. Du reste, il est évident que de telles retombées économiques n'étaient pas possibles, pour différentes raisons, à commencer par le fait que la Belgique avait décidé d'acheter "sur étagère" (par opposition au "marché du siècle" d'acquisition des F-16, où la Belgique était un partenaire central du programme). Cela ne faisait d'ailleurs pas partie de l'appel d'offres (à juste titre, puisque c'est illégal). Les entreprises et unions professionnelles, par contre, ont constamment réclamé des contrats, sans jamais recevoir aucune réponse très claire du politique, et se limitant à de vagues engagements des industriels étrangers. En d'autres termes, ce qui ne vient pas, ce ne sont pas les compensations économiques, mais la concrétisation en contrats réels des vagues promesses signées en 2018.
  15. Ma remarque n'était pas personnelle, juste sur le cirque médiatico-politique dont témoignait le papier.