Bat

Members
  • Compteur de contenus

    3122
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Days Won

    11

Bat last won the day on October 4

Bat had the most liked content!

Réputation sur la communauté

1624 Excellent

À propos de Bat

  • Rang
    Vétéran

Profile Information

  • Pays
    Belgium

Visiteurs récents du profil

1115 visualisations du profil
  1. D'un côté, je dirais: pourquoi pas? La France est un pays où existe la liberté d'expression et d'information. De l'autre, comment dire...? Si RT a une certaine réputation non usurpée pour des reportages de terrain sur certaines zones de conflit (Ukraine, Caucase, Syrie) —malgré quelques gros bidonnages, impliquant généralement des vedettes russes mises en scène faisant le coup de feu contre les terroristes fascistes impérialistes—, le niveau global du traitement de l'information de la version anglophone est quand même plus proche du n'importe quoi que d'autre chose en regard de la presse occidentale, du même niveau que Fox News ou des documentaires ufologiques de RMC Découverte. Alain Soral y est régulièrement interviewé et qualifié de "grand intellectuel" ou "grand sociologue français" (pour ne citer qu'un seul exemple - on pourrait aussi citer des gens comme Thierry Meyssan, Lyndon LaRouche, Alex Jones, Giulietto Chiesa ou Michel Collon qui sont plus ou moins des habitués). À mon sens, plus que de voir la chaîne faire de la grosse propagande russe qui tache (et qui tomberait sous le coup de la charte du CSA), le plus gros risque de voir de tels médias se normaliser et le développement d'un relativisme et d'un confusionnisme généralisés (beaucoup plus difficiles à qualifier, à encadrer dans une charte et donc à sanctionner): "toutes les thèses se valent" pourvu qu'on trouve des gens pour les défendre. Je en pense pas que RT vienne en France pour la transformer en satellite de Moscou, par contre elle pourrait contribuer au mouvement —qui existe déjà— de délitement de la confiance dans les institutions politiques, médiatiques, scientifiques. Voir par exemple cette logique expliquée ici: http://www.revuenouvelle.be/Faut-il-avoir-peur-de-la-propagande-russe
  2. Difficile de l'avoir déjà lu, il sort seulement aujourd'hui D'après ce qu'en dit l'éditeur, il s'agit d'une synthèse étoffée de 6 années d'enquête journalistique et judiciaire. Laske et Arfi sont tous deux journalistes d'investigation au pôle "enquêtes" de Mediapart. Pour le reste, je ne sais rien dire.
  3. La Composante Air belge

    Source: http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/belga/remplacement-des-f-16-le-groupe-ps-pour-le-choix-de-l-avion-europeen-qu-est-le-rafale-59e4c249cd70be70bd05a6d8 On sentait monter la position du PS depuis les tribunes dans la presse d'André Flahault en ce sens. Par contre, en l'état, le poids du PS dans ce dossier est quasi nul.
  4. D'après Radio France, le Parquet aurait requis l'incarcération du chef (démis) des Mossos, dans le cadre des poursuites dont il fait l'objet pour sédition.
  5. Sur cette question précise, l'étude la plus aboutie à ce jour est sans doute celle de Robert N. Proctor, un historien des sciences américains qui a fait un travail extraordinaire au départ des archives que les cigarettiers ont été obligés de rendre publique sur décision de justice: https://www.ucpress.edu/ebook.php?isbn=9780520950436
  6. Eurofighter

    Oui, apparemment, il rentrait du défilé aérien de la fête nationale. Suite: http://www.lalibre.be/actu/international/espagne-crash-d-un-avion-militaire-apres-le-defile-de-la-fete-nationale-59df49decd70461d26911134
  7. Sans compter que tactiquement, c'est bien vu aussi: si le discours de Puigdemont est le résultat d'un compromis bancal entre les tendances contradictoires de sa coalition, demander de clarifier, c'est l'obliger d'aller au clash avec les uns ou les autres. Logiquement, la Generalitat devrait essayer de surtout ne pas répondre à la question posée, au risque de se voir pris à leur propre jeu du "nous on veut le dialogue, c'est les autres qui veulent pas". S'ils ont 2 grammes de cervelle, ils doivent répondre en sortant de la boîte, par exemple en proposant un plan de discussion détaillé: cadre, objet, calendrier, mais au risque que Madrid ne les envoie péter pour de nouvelles propositions illégales. Rajoy, qui n'est pas ma tasse de thé et qui passait à mes yeux pour un piètre stratège après les désastreuses images de matraquage, remonte dans mon estime: il est plus fin politique qu'il en a l'air! Bon, après, ça ne dit pas comment on envisage une sortie de crise (car on ne va pas pouvoir rester sur ces ambiguïtés durant des mois)...
  8. Pour le moment, la réaction de Madrid, à savoir demander à Puigdemont s'il a ou non prononcé l'indépendance, parce que ce n'est pas clair et ils auraient besoin de cette information pour y répondre de manière adéquate, me semble assez fine (une fois n'est pas coutume). En effet, dans l'hypothèse où Puigdemont a surtout pris hier une position dans le but de justifier le storytelling indépendantiste une fois que Madrid aura répliqué (comme je le disais hier: "c'est Madrid les extrémistes, nous on avait dit qu'on voulait discuter et regardez comment ils nous répondent"), cette réponse de Madrid ne manque pas d'intelligence pour retourner ou piéger ce récit: "une demande de discussion? il y a une demande? on n'a pas vraiment compris, vous avez compris leur position, vous?". Il s'agirait de montrer au monde que les indépendantistes ne savent pas ce qu'ils veulent et ne sont pas clairs, voire duplices, et que la répression qui va leur tomber sur la gueule n'est finalement que le résultat de leur incapacité à mener un dialogue cohérent bien qu'ils prétendent le contraire. On a une véritable guerre de storytelling concurrents qui se met en place.
  9. Suite: http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/mer-de-chine-pekin-proteste-apres-le-passage-d-un-navire-americain-59de0c13cd70461d268c7b5d
  10. L'un n'empêche pas l'autre. Il est tout à fait envisageable que le téléphone de Rajoy sonne plus fréquemment que d'habitude et qu'il ait d s contacts avec d'autres chefs d'état ou de gouvernement exerçant des formes de pression sur lui, tout en poussant la procédure plus en avant car il en a la majorité politique et pense que c'est un moment opportun d'un point de vue intérieur. (C'est, du reste, ce que ferait probablement n'importe quel gouvernement sentant la pression monter: pousser son avantage le plus possible avant de geler le truc pour éventuellement discuter, ne pas attendre que la pression monte pour jouer un atout. C'est, du reste, un peu ce qu'a fait Puigdemont hier, à sa façon et sur son objectif à lui.)
  11. Ce n'est pas une question d'évaluation de la détermination du gouvernement central, il s'agit pour moi d'expliquer une stratégie possible des indépendantistes (et à mon avis une des seules possibles). La coalition indépendantiste est au pied du mur: elle a promis, beaucoup promis, et en face elle a un gouvernement central (et une partie de l'opinion espagnole) qui a montré qu'il ne reculerait devant rien pour les contrer. Quoiqu'ils fassent, ils vont en subir des conséquences, soit en interne (éclatement de la coalition à cause des divergences internes que ne calmerait pas la position chèvre-choutiste de Puigdemont), soit en externe (Madrid va très certainement mettre en œuvre des rétorsions, et peut-être l'article 155 et/ou de nouvelles poursuites judiciaires), soit les deux. Ils n'ont aucune chance de remporter une confrontation avec l'état central (dans la configuration actuelle, en tout cas), à moins "d'internationaliser" le problème: mobiliser à l'extérieur pour faire pression sur Madrid et contraindre le gouvernement central à la modération dans sa réaction, et/ou à discuter (ce qui, en soi, serait une victoire symbolique des indépendantistes). Et pour obtenir des Européens (ou de certains d'entre eux) qu'ils fassent pression, il faut au moins deux choses: d'une part faire passer Madrid pour l'agresseur (en continuant à répandre le récit du peuple éclairé et pacifique, démocrate et ouvert au dialogue aux prises avec un pouvoir brutal et aveugle refusant par principe toute discussion), d'autre part susciter un courant de sympathie dans les opinions pour les amener à "s'approprier" la question catalane (en résumé, faire passer l'idée que même si les Catalans, on s'en fout, il faut éviter que les instances européennes n'appuient Madrid car elles risqueraient d'appuyer mon propre gouvernement le jour où je serai opposé à lui, que ce soit pour une question d'autonomie ou une toute autre question - ce qui est du reste assez facile dans la mesure où il ya un peu partout un terreau populiste "anti-système" et un besoin d'unanimité pour une position européenne, donc même si on ne convainc pas la France ou l'Italie, ce n'est pas grave, il suffit d'avoir l'appui de la Belgique et Malte pour bloquer au moins un soutien des instances européennes à Madrid). Après, on est d'accord: peut-être que ça ne va pas marcher, peut-être que la "sauce" ne va pas prendre dans les opinions européennes, peut-être que les gouvernements européens n'en auront rien à carrer, peut-être que le gouvernement espagnol va envoyer l'armée écraser tout ça, mais pour fragile (ou, plus exactement; indécise) qu'elle soit, cette stratégie a une réelle cohérence. Elle a, en outre, l'avantage d'être peu coûteuse: sur la base des événements des dernières semaines, le storytelling indépendantiste peut quelque part fonctionner tout seul, en boucle, en passant par des relais d'opinion. Une équipe motivée et compétente de 50 personnes peut très facilement maintenir la question "à l'agenda" dans différents pays dans le but d'essayer de pousser leurs gouvernements à prendre une position ou à faire pression sur l'Espagne. Peut-être ne le feront-ils pas, ou peut-être que l'Espagne y sera insensible même s'ils le font, mais le pari est raisonnable: les états prêts à s'opposer aux Catalans jusqu'au bout et sans aucun compromis ne me semblent pas majoritaires dans l'UE, même si les soutiens potentiels des Catalans le seront peut-être pour des raisons très différentes (voire contradictoires). La convocation de l'ambassadeur d'Espagne en Belgique illustre bien les effets de cette stratégie. Je ne doute pas que l'ambassadeur avait des tas d'arguments à opposer au discours indépendantiste et à présenter aux autorités belges, mais ce qui est important n'est pas le fond, c'est le fait même qu'il ait été convoqué: la Belgique exerce déjà une forme de pression sur l'Espagne dans ce dossier, et si ce genre de petites pressions se multiplient (dans les pays membres et le temps), ça pourrait finir par pourrir la vie à Madrid qui pourrait, peut-être (ou peut-être pas), accepter d'aller vers un vague début de commencement de discussion, ne fût-ce que pour qu'on arrête le leur casser les c... à chaque fois qu'un officiel se présentera quelque part en Europe. Rien à voir, mais voici le dessin du dessinateur Lectrr dans le Standaard (grand quotidien flamand) qui m'a fait rire, sur ces liens Catalogne/autres nationalismes: Je traduis: "Ah, voilà pourquoi il y a autant de nationalistes flamands qui s'impliquent en Catalogne!" "Ce sont des experts en reports d'indépendance, hé…"
  12. Mhmmm, pour la Belgique, à voir. Tu ne peux pas penser la Belgique comme le Royaume-Uni ou la France, à savoir un pouvoir central fort et un petit morceau qui voudrait faire sécession contre le gouvernement central, qui lui bloquerait tout car il ne veut pas en entendre parler. En Belgique, le "petit morceau" potentiellement sécessionniste, c'est pas la Savoie ou la Padanie, c'est 50% du territoire et 60% de la population, et ils ne parlent pas de "sécession" mais "d'évaporation" de la Belgique: il ne s'agit pas de la quitter, il s'agirait de constater qu'elle a cessé d'être, les deux grandes régions vivant leur vie chacune de leur côté (c'est le thème des "deux démocraties" cher à Bart De Wever, leader des nationalistes flamands libéraux-conservateurs de la N-VA). En Belgique, les nationalistes flamands sont au gouvernement fédéral, en coalition (en nombre de sièges, c'est le premier parti flamand), et la N-VA multiplie depuis des jours et des jours les messages de soutien aux Catalans: le parti a envoyé des observateurs et bénévoles pour l'organisation du referendum, ils ont protesté de manière virulente contre les violences policières (il faut sans doute y voir leur poids dans la convocation de l'ambassadeur espagnol à Bruxelles pour explications) et disent sur toutes les chaînes et dans toutes les langues que la volonté du peuple est sacrée et que les états et l'Europe doivent pouvoir l'entendre, réclamant une médiation. Donc je serais très loin d'être sûr que "la Belgique ne bougera pas": au contraire, c'est même le prototype du pays susceptible de trouver préférable une médiation, donc une prise en compte des revendications indépendantistes catalanes, à un statut quo aussi pour des raisons internes (satisfaire la partie de l'opinion flamande qui soutient le processus), et qui par sa tradition diplomatique de recherche du compromis européen, pourrait faire pression sur les pays plus "butés" comme la France ou l'Espagne pour qu'ils acceptent d'aller dans la direction d'une discussion (bien emballée, pour que chacun puisse dire qu'il a gagné: c'est tout l'art du "compromis à la belge").
  13. Pour les Catalans, non, ou très peu (l'autre jour, j'ai vu à Bruxelles une manifestation —certes groupusculaire— de soutien aux indépendantistes). Par contre, titiller la corde de "ce système qui refuse d'écouter le peuple" peut marcher dans un certain nombre de contextes, potentiellement assez bien: l'idée ne serait pas de faire descendre 500.000 personnes dans les rues de Bruxelles ou Paris en soutien à la Catalogne, mais d'obliger les gouvernements à être plus conciliants envers les Catalans (ou faire pression sur Madrid, par exemple pour accepter une médiation) pour se prémunir d'une accusation en "ignorance du peuple". Et ça, c'est assez facile à susciter, même si pas nécessairement à grande échelle: la plupart des pays ont en leur sein les germes de ça, il suffit de jouer avec des allumettes près de la mèche. Enfin, on peut aussi faire l'hypothèse que Puigdemont y croit fortement, sans que cela soit nécessairement suivi d'effet. (Mais là, je reconnais, on est dans de la spéculation sur de la spéculation.)
  14. En fait, en relisant ce qu'a dit Carles Puigdemont et en voyant les premières réactions locales, je pense qu'il a cherché à faire de son discours un outil dans la guerre de communication autour de la question catalane, bien plus que comme un discours politique compréhensible. A mon avis, il ne s'agit pas tant d'éviter une fin de non-recevoir de Madrid que de pouvoir ensuite faire le tour d'Europe en disant: "vous voyez, c'est eux (les autres Espagnols) les méchants, nous on est ouverts au dialogue, on est raisonnables et conciliants, eux sont extrémistes et butés, bref, fascistes". "Win hearts and minds" dans les opinions européennes, dans la suite de l'habile exploitation des images des violences policières le jour du vote. Et à mon avis, c'est pas si con car au niveau des opinions, ça peut prendre (ça ne changera pas la position des états, mais après ils pourront jouer "le peuple contre le système" pour faire pression, avec l'idée que les autres états lâcheront sans doute du lest pour contenter leur population.) Cette hypothèse explique à mon avis beaucoup mieux les choses, sinon on doit considérer qu'il a juste fait un mauvais discours, alambiqué et sans vision contre une partie de sa propre coalition.
  15. Oui, on dirait un compromis bancal surtout destiné à mettre d'accord sa propre majorité, mais ça m'étonnerait que la CUP avale ça, après la manière dont elle a fait monter la sauce ces derniers jours. Au final, Puigdemont risque de tout perdre: il sera allé trop loin pour Madrid (même si il soulignera, à juste titre, qu'il n'est pas allé au bout de la logique) et l'"aile la plus radicale de sa majorité risque de claquer la porte.