Wallaby

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  1. Ah oui ? En tout cas c'est le gouvernement actuel qui a mis le dernier clou sur le cercueil du référendum de 2005 en adoptant l'hymne et le drapeau : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2017/10/10/macron-condamne-melenchon-vivre-avec-le-drapeau-europeen/ (10 octobre 2017) « Après le double « non » franco-néerlandais de 2005, une partie des États, dont la France, a jugé judicieux de ne plus les citer [le drapeau et l'hymne] dans le traité de Lisbonne qui lui a succédé afin d’en gommer tous les aspects considérés comme trop « constitutionnels » qui pourraient donner à penser qu’un super État était en construction… ».
  2. https://uk.ambafrance.org/Declarations-d-Amelie-de-Montchalin-sur-le-Brexit (23 avril 2019) Entretien de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargée des affaires européennes, avec « France 2 » Oui, mais en 2005, il y a eu des « oui » et des « non ». En France le référendum c’était « non ». Quand on a fait le Traité de Lisbonne, qui était une vraie avancée pour l’Europe, et moi j’ai voté pour, donc je n’ai pas d’état d’âme là-dessus, mais le fait qu’on revienne sur le vote des Français a créé, on le voit encore aujourd’hui, une énorme rupture démocratique. Une « rupture démocratique » ? Eh bien ! Autrement dit, un coup d'État !
  3. « Rouge, art et utopie au pays des Soviets » du 20 mars au 1er juillet 2019 au Grand Palais à Paris.
  4. Wallaby

    [BREXIT]

    Il a été maire de Londres, et personne à ma connaissance ne s'en est plaint bruyamment.
  5. Cela reste effarant aussi de se dire que ce parti fait groupe parlementaire commun avec Mme Kramp-Karrenbauer qui veut supprimer le siège de la France au conseil de sécurité.
  6. Wallaby

    [Iran]

    https://nationalinterest.org/blog/paul-pillar/john-boltons-middle-east-war-plans-56722 (9 mai 2019) Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, aidé du secrétaire d'État Mike Pompeo, fait tout son possible pour déclencher une guerre avec l'Iran. L'agression nue comme moyen de déclencher une telle guerre est peut-être trop difficile à mener, même pour Bolton, de sorte que la stratégie a été d'essayer de faire pression sur l'Iran et de l'inciter à faire quelque chose - n'importe quoi - qui pourrait être interprété comme un casus belli. Jusqu'à présent, au grand dam de Bolton, l'Iran a fait preuve d'une retenue remarquable face à l'hostilité incessante et croissante de l'administration Trump. L'Iran continue même de respecter les obligations qui lui incombent en vertu du Plan d'action global conjoint (Joint Comprehensive Plan of Action - JCPOA), l'accord qui a restreint le programme nucléaire de l'Iran, bien que les États-Unis aient renié l'accord et l'absence d'amélioration économique pour l'Iran qui en a découlé et qui faisait partie du contrat. Mais Bolton continue de chercher d'autres moyens d'aiguillon et de pression. Le libellé de la déclaration de Bolton au sujet des intérêts de " nos alliés ", ainsi qu'une référence ultérieure à la façon dont les États-Unis réagiraient aux actions " par procuration " et à celles de l'Iran lui-même, est une invitation ouverte aux rivaux régionaux de l'Iran à provoquer un incident qui pourrait provoquer une guerre. Comme l'ancien secrétaire à la Défense Robert Gates l'a fait remarquer, les Saoudiens " veulent combattre les Iraniens jusqu'au dernier Américain ". On pourrait en dire autant du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou... Bolton est en position d'accomplir lui-même une grande partie de ce chaos. Il aurait fait en sorte qu'une grande partie des mécanismes habituels d'élaboration des politiques soient contournés ou simplement tombés en désuétude. Les réunions des dirigeants du Conseil national de sécurité sont devenues rares. Il y a là aussi un parallèle avec la désastreuse guerre en Irak. Aucun processus d'élaboration des politiques n'a jamais cherché à déterminer si le déclenchement de cette guerre était une bonne idée. Donald Trump, qui a congédié Steve Bannon, conseiller politique autrefois influent, lorsque Trump en est venu à percevoir à quel point Bannon le manipulait, doit comprendre à quel point Bolton le manipule maintenant. Les taux de suicides diminuent pendant les guerres : les populations, loin d'être désespérées, se serrent les coudes et retrouvent un nouveau sens à la vie : sauver le pays contre l'ennemi. https://quillette.com/2019/04/07/what-doesnt-kill-us-brings-us-together/ (7 avril 2019) Dresde a perdu plus de personnes en une nuit que Londres pendant toute la guerre. Mais de façon remarquable, les rapports des Alliés ont révélé que le moral des Allemands demeurait le plus élevé parmi les villes les plus bombardées. Il n'est pas rare qu'il y ait des cas d'unité et de résilience chez les guerriers lassés de la guerre. En 1897, le sociologue Emile Durkheim observe une diminution notable du suicide parmi les nations européennes prises dans la guerre et la révolution. Pendant la Seconde Guerre du Schleswig (1864) et la guerre austro-prussienne (1866), les taux de suicide ont diminué respectivement de 16 % et 14 %. Ces résultats sont corroborés par le psychologue irlandais H.A. Lyons qui a signalé une diminution de 50 % des suicides à Belfast pendant les émeutes de 1969 en Irlande du Nord.
  7. Wallaby

    [Iran]

    https://nationalinterest.org/blog/skeptics/how-donald-trump-may-push-america-war-iran-57712 (15 mai 2019) Les États-Unis sont un géant militaire mondial dont les principales préoccupations en matière de sécurité nationale sont d'une simplicité enfantine en raison de leurs capacités militaires hors normes et de leur protection géographique unique, renforcée encore davantage par une dissuasion nucléaire fiable. L'Iran est une puissance militaire de troisième ordre dans un quartier difficile à l'autre bout du monde. Il ne constitue pas une menace directe pour nous. Les calculs politiques du président, ainsi qu'une bureaucratie de la sécurité nationale qui, pour la plupart, semble résister à une autre guerre désastreuse des États-Unis au Moyen-Orient, rendent peu probable une attaque délibérée contre l'Iran. Mais les provocations frénétiques de l'administration Trump pourraient nous mener au bord d'un conflit dont presque personne ne veut vraiment. Le fait que la menace qui justifie cette posture soit en grande partie dans l'imagination de quelques idéologues à Washington ne fait qu'accentuer le sens de l'ironie - et de la tragédie.
  8. Wallaby

    [Iran]

    https://www.bbc.com/news/world-middle-east-48298517 (17 mai 2019) Ce n'est pas le moment de ruminer ce à quoi ressemblerait un conflit entre l'Iran et les États-Unis. Mais les comparaisons entre un tel conflit et la guerre en Irak en 2003 ne sont d'aucune utilité. L'Iran est une proposition très différente de l'Irak de Saddam Hussein. Une invasion à grande échelle de l'Iran ne sera pas envisageable. Il s'agirait plutôt d'un conflit aérien et maritime avec une énorme dose d'asymétrie dans les réponses de l'Iran. Cela pourrait enflammer toute la région. Donc ce serait plutôt une guerre du type 1991 : les Etats-Unis infligent une guerre à leur adversaire sur ses emprises extérieures, mais pas sur son propre territoire. Sauf que les emprises extérieures de l'Iran aujourd'hui c'est quoi ? La Syrie et l'Irak (+ le Yémen si veut aller dans le sens de la propagande saoudienne). Donc Trump irait envoyer des troupes américaines en Syrie et en Irak pour déloger l'Iran de ces deux pays ?
  9. Wallaby

    Venezuela

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/16/venezuela-les-etats-unis-dans-l-impasse_5462842_3232.html (16 mai 2019) Éditorial du "Monde" : Ayant lamentablement sous-estimé la résistance du président Nicolas Maduro... Les erreurs de jugement de Washington sur la réalité des rapports de force entre l’opposition et le régime... « L’offensive finale » de Juan Guaido (...) a tourné au fiasco. Une transition négociée vers de nouvelles élections, sans interventions étrangères autres que l’assistance aux pourparlers, est la seule issue possible à cette tragédie vénézuélienne.
  10. Wallaby

    Argentine

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/16/en-argentine-le-fmi-est-condamne-a-reussir_5462659_3232.html (16 mai 2019) Jusqu’ici, l’actuel gouvernement de Mauricio Macri a suivi plutôt fidèlement les ordonnances du Fonds. Pourtant, la situation économique est calamiteuse. L’inflation galope à plus de 50 %. Nul ne voit le bout de la récession.
  11. Un jour j'avais regardé un documentaire à la télé sur la conquête de la lune, la question étant : pourquoi c'est les Américains et pas les Russes qui ont mis le premier homme sur la lune ? En fait les Soviétiques avaient mis plusieurs entreprises en concurrence, ne mettant pas tous les oeufs dans le même panier : c'était à quelques nuances près la "concurrence libre et non faussée" de Margrethe Vestager. Les Américains avaient créé un monopole d'État unique, de type "soviétique", avec la nasa, où ils ont mis le paquet. C'est les Américains qui ont gagné. https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_lunaire_habité_soviétique Le projet lunaire habité échoua donc, d'une part du fait de l'incapacité de l'URSS à fédérer les ressources sur un projet unique, et d'autre part du fait du retard pris sur le développement d'une propulsion faisant appel à l'hydrogène et l'oxygène comme carburant/comburant.
  12. Wallaby

    Premiere guerre mondiale

    https://encyclopedia.1914-1918-online.net/article/the_historiography_of_the_origins_of_the_first_world_war (30 novembre 2016) Historiographie des origines de la Première Guerre Mondiale Avant d'examiner son contexte et ses conséquences politiques, la thèse de Fischer nécessite un bref résumé. Dès la tristement célèbre réunion du Conseil de guerre en décembre 1912, les dirigeants allemands ont planifié une guerre d'agression. Le déclenchement de la guerre résulte de l'inquiétude croissante des élites allemandes face à la détérioration de la stabilité intérieure et internationale du Reich. Selon M. Fischer, ce sont les dirigeants allemands qui sont à l'origine de cette situation. Sur le plan intérieur, ils ont bloqué les changements constitutionnels, tandis que l'isolement de l'Allemagne dans la politique internationale a été le résultat de mouvements menaçants sur le Maroc et les Balkans après le début du siècle. Ce fut un cas d'auto-encerclement. Il a montré comment les chefs militaires et politiques se préparaient à la guerre à partir de la fin de 1912, en augmentant la taille de l'armée et en encourageant une opinion publique nationaliste agressive. Cette interprétation a considérablement réduit le poids interprétatif accordé au système international. Cette interprétation découle d'un déplacement méthodologique, de la primauté de la politique étrangère à la primauté de la politique intérieure. Dans cette lecture, la politique étrangère est principalement le produit des pressions politiques intérieures. Étant donné l'importance de la primauté de la politique étrangère dans l'historiographie allemande, la thèse de Fischer représentait une attaque contre les approches favorites ainsi que contre les explications rassurantes sur les origines de la guerre. Dans des ouvrages ultérieurs, il a développé ses arguments sur l'échec des élites allemandes quant à l'introduction d'une réforme constitutionnelle et sur les tentations de politique étrangère agressive. Ce fut la force motrice fondamentale de l'histoire de l'État-nation allemand entre 1871 et 1945. Les implications de cet argument étaient déjà évidentes dans ses livres sur les objectifs de guerre allemands et sur la politique étrangère d'avant-guerre. Ce récit remettait en question les efforts de Ritter et d'autres pour séparer le régime nazi des continuités de l'histoire allemande. Comme dit le titre d'un des livres de Fischer, "Hitler war kein Betriebsunfall" ("Hitler n'était pas un accident industriel")[17]. Les historiens conservateurs, notamment Ritter et Egmont Zechlin (1896-1992), ont critiqué l'utilisation des sources par Fischer, ses hypothèses méthodologiques et les conséquences politiques de ce récit révisionniste sur les origines de la guerre. Ils ont fait valoir que bon nombre de documents pouvaient être interprétés d'autres façons. En fait, des controverses complexes au sujet de l'interprétation de la réunion du Conseil de guerre se poursuivent encore aujourd'hui. Bien que les historiens de part et d'autre du débat aient affirmé que les documents donnaient accès à la "vérité" historique, le contexte complexe de chaque document rendait les interprétations singulières difficiles. Les intentions de l'auteur étaient également sujettes à interprétation. Les annotations de Guillaume II peuvent être interprétées soit comme la preuve de ses plans de guerre, soit comme la preuve de ses tendances impulsives. Ritter a critiqué la méthodologie de Fischer. Bien que ses propres travaux aient disséqué le rôle de l'armée allemande dans la politique d'avant-guerre, il part du principe que la politique étrangère est une réponse aux conditions politiques internationales et non intérieures. Les inquiétudes des dirigeants allemands avant 1914 étaient le produit de l'isolement et de l'encerclement, cimentés par l'entente anglo-russe de 1907. Certains historiens allemands - et l'Américain Paul Schroeder - ont soutenu que les puissances de l'entente, en particulier la Grande-Bretagne, étaient les États les plus expansionnistes des décennies précédant 1914. En termes globaux - alors une perspective inhabituelle pour un spécialiste de la politique de puissance européenne - l'expansion des empires britannique et français a rendu l'Allemagne relativement plus faible. La controverse doit une grande partie de son atmosphère fébrile aux enjeux politiques. Des recherches récentes ont montré que Fischer avait déjà vu la profession historique allemande conservatrice avec suspicion, voire mépris, dans les années 1930. À ce stade, Fischer était certainement ouvert à certaines idées nazies et il a été nommé professeur d'histoire moderne à l'Université de Hambourg en 1942. La défaite en 1945 et son expérience en tant que prisonnier de guerre ont eu un impact profond sur l'attitude de Fischer à l'égard de l'étude de l'histoire allemande, et peut-être même à l'égard des historiens conservateurs dominants de la classe moyenne allemande. "Ce n'est qu'alors que j'ai pris conscience des effets fatidiques que la tradition de l'obéissance inconditionnelle... a eus sur l'histoire allemande ", a-t-il fait remarquer plus tard[18] La recherche et l'écriture historiques avaient un but pédagogique national ; l'histoire allait instruire le peuple sur le développement de la tradition autoritaire et maléfique de la culture politique allemande. Là où Ritter et ses alliés cherchaient à sauver un "passé utilisable", pour utiliser le terme de Charles Maier, Fischer cherchait à mettre le passé au service d'un avertissement, d'un appel aux réformes politiques et sociales. A cet égard, les deux camps partageaient un objectif similaire, quoique négatif, à savoir éviter un retour à la dictature. Les historiens conservateurs allemands, cependant, accusèrent Fischer de saper l'intégration de la République fédérale dans la communauté des nations occidentales et la stabilité politique intérieure. Non seulement ils ont contesté la thèse de Fischer dans les revues et la presse, mais ils ont également cherché à entraver ses tournées prévues aux États-Unis pour promouvoir son travail. Arrivé aux années 1970, la thèse de Fischer était devenue la nouvelle orthodoxie. Le poids des pièces à conviction et la clarté de son argumentation ont sans aucun doute contribué à son succès. Mais le succès de tout argument historique doit aussi beaucoup aux contextes politiques et sociaux plus larges. Au sein des universités ouest-allemandes, une nouvelle génération d'étudiants diplômés avait adopté une perspective plus critique sur l'histoire allemande. Ils avaient tendance à mettre l'accent sur les continuités à long terme qui ont culminé dans le Troisième Reich. Les études de l'Empire allemand constituaient un affrontement par procuration avec l'histoire du passé nazi. Une nouvelle génération d'historiens allemands est allée beaucoup plus loin que Fischer en mettant l'accent sur les racines nationales des origines de la guerre. Hans Ulrich Wehler (1931-2014), basé à Bielefeld, était le plus éminent de ces historiens. Il a introduit de nouvelles approches des sciences sociales, qui considéraient la politique intérieure comme une lutte entre différents groupes économiques et sociaux. Les élites sociales - les gens d'affaires, les agriculteurs, le corps des officiers et la classe des mandarins - ont forgé des alliances pour conserver le pouvoir et la richesse aux dépens des travailleurs, des paysans et des autres groupes sociaux. Ils ont contrecarré la réforme constitutionnelle. Pourtant, ces alliances d'élite étaient truffées de contradictions. Une politique impérialiste expansionniste offrait aux élites de l'Empire allemand un moyen d'échapper à ces contradictions et d'étouffer les réformes internes - mais au risque de la guerre. L'enquête de Wehler sur l'Empire allemand a retracé les origines de la guerre jusqu'aux caractéristiques autoritaires de la constitution de Bismarck en 1871. Alors que dans l'entre-deux-guerres, les historiens voyaient dans l'antagonisme franco-allemand le défaut originel du système international, Wehler et d'autres trouvaient désormais la source des problèmes dans la constitution allemande. Parmi les historiens français, on observe un changement d'orientation similaire, passant de l'histoire diplomatique pratiquée par Renouvin dans l'entre-deux-guerres à un intérêt accru pour les bases économiques et sociales de la politique étrangère. Mais ce changement trouve son origine dans l'application des recherches de Fernand Braudel sur les processus historiques à long terme à l'étude des "forces profondes" de la politique internationale. Entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1970, Renouvin lui-même et Jean-Baptiste Duroselle (1917-1994) ont supervisé des travaux importants sur l'expansion impériale française, les relations économiques et l'opinion publique. Pourtant, leur impact sur l'historiographie des origines de la guerre a été moins marqué que celui des élèves de Fischer et de l'école de Bielefeld. En partie, les études françaises n'ont pas traité directement des décisions politiques de la crise de juillet et en partie elles ont confirmé les interprétations existantes selon lesquelles la politique française avait contribué à créer les conditions de la guerre, mais n'avait pas activement cherché la guerre[19]. Une deuxième source du succès de Fischer a été le soutien qu'il a reçu en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Ses arguments ont confirmé l'orientation générale de l'érudition de l'après-Seconde Guerre mondiale sur les origines de la guerre. Son dialogue avec les universitaires américains et britanniques a été important en inspirant ses propres critiques des hypothèses méthodologiques au sein de la profession historique allemande. Les invitations à donner des conférences dans les universités et les traductions de ses livres ont donné une validation supplémentaire à ses recherches. James Joll (1918-1994), l'un des plus importants historiens britanniques des relations internationales de l'après-guerre, a présenté les travaux de Fischer à un large public anglophone dans l'influent journal Past & Present et a rédigé la préface de la traduction anglaise de Der Griff nach der Weltmacht[20] Joll a soutenu que l'attention que Fischer portait aux impulsions politiques intérieures derrière la politique étrangère conduirait les historiens à revoir les politiques étrangères des autres grandes puissances. Et ils l'ont fait, en élargissant la base de données source et en posant de nouvelles questions. Les ouvrages de Zara Steiner sur la Grande-Bretagne, de John Keiger sur la France et de Dominic Lieven sur la Russie, publiés par Macmillan dans la série Making of the Twentieth Century, offrent des interprétations remarquables de la politique étrangère des autres nations avant 1914. Mais l'une des conséquences de la thèse de Fischer était qu'elle renforçait l'argument selon lequel la politique étrangère allemande avait été la plus agressive et déstabilisatrice en Europe avant 1914 et que les autres puissances avaient réagi de manière défensive au défi allemand. Vers la fin des années 1970, une nouvelle orthodoxie sur les origines de la guerre a été établie, soulignant la responsabilité première des dirigeants allemands pour mettre fin à la paix en Europe et le développement politique interne pathologique de l'État-nation allemand après 1871. À la fin des années 1990, Niall Ferguson et John Charmley ont publié deux des critiques les plus virulentes de la politique étrangère britannique avant 1914. Tous deux soutenaient que la Grande-Bretagne aurait dû rester en dehors de la guerre et qu'une Europe sous hégémonie allemande - l'Union européenne du Kaiser, selon l'expression révélatrice de Ferguson - aurait été compatible avec les intérêts britanniques. Selon Charmley, la crainte de Grey de l'Empire allemand était dénuée de fondement, tandis que Ferguson suivait l'argument de Wilson selon lequel Grey apaisait la Russie pour conjurer une menace en Asie centrale - mais au prix d'encercler l'Allemagne en Europe et de créer des conditions qui rendaient la guerre plus probable. Samuel Williamson - dans la série Macmillan mentionnée ci-dessus - a fait valoir que les dirigeants de Vienne ont la responsabilité d'avoir poussé à la guerre en 1914. En d'autres termes, le soutien allemand était essentiel pour l'attaque austro-hongroise contre la Serbie, mais Léopold von Berchtold (1863-1942), Franz Conrad von Hötzendorf (1852-1925) et d'autres personnalités de Vienne avaient leurs propres objectifs et n'étaient pas de simples pions dans la machination allemande. Le travail de Sean McMeekin a beaucoup fait pour attirer l'attention des historiens sur les conflits entre la Russie et l'Empire ottoman, bien que ses affirmations sur la responsabilité de la Russie dans le déclenchement de la guerre aient été fortement critiquées, notamment dans le récit pénétrant de Dominic Lieven. Comme on pouvait s'y attendre, le centenaire a été marqué par une vague de publications, dont beaucoup portaient sur les origines de la guerre. Deux de ces ouvrages - Sleepwalkers de Christopher Clark et la crise de juillet de Thomas Otte - représentent les analyses les plus complètes de l'éclatement de la guerre depuis les travaux d'Albertini. Tous deux combinent la recherche dans une masse de sources primaires et d'archives publiées en plusieurs langues avec une maîtrise de l'immense littérature secondaire. D'un poids de plus de 500 pages chacun, les deux livres offrent un espace pour différentes interprétations de moments clés et d'individus. Otte critique "l'imprudence" des hommes d'État à Vienne, Berlin et, dans une moindre mesure, Saint-Pétersbourg. Léopold von Berchtold, ministre des Affaires étrangères des Habsbourg, et ses collègues diplomates de la Ballhausplatz, affirme Otte, ont souffert d'une "vision tunnel" qui a réduit la politique étrangère austro-hongroise à la politique des Balkans. Otte qualifie souvent la diplomatie de crise de Berlin d'"imprudente", tandis que le chancelier, Theobald von Bethmann Hollweg, apparaît comme "marginal" dans de nombreuses décisions importantes. D'autre part, Sir Edward Grey, le ministre des Affaires étrangères, est un homme d'action, perspicace et engagé en faveur de la paix, même si les fondements de sa diplomatie étaient faussés par l'imprudence et l'intransigeance des autres.[33] Clark propose une lecture alternative de la crise. Bien qu'accusé d'avoir ignoré la question de la responsabilité et bien que revendiquant d'abjurer la position des procureurs, si commune à de nombreuses histoires du déclenchement de la guerre, il n'hésite pas à porter des jugements tranchants sur des personnages clés. Le président français, Raymond Poincaré, a discrédité les accusations austro-hongroises contre la Serbie et a eu un comportement dissimulateur pendant les derniers jours de paix. Grey, affirme-t-il, a toujours accordé la priorité au maintien de la Triple Entente plutôt qu'à la résolution pacifique de la crise, ce qui signifie que sa série de propositions de conférence de la fin juillet était bâclée, alors qu'il n'a pas non plus réussi à freiner les initiatives russes, même après sa mobilisation partielle le 25 juillet. Pendant ce temps, les décisions russes de mobilisation partielle puis totale ont alimenté l'escalade de la crise, alors que " les Allemands étaient restés, sur le plan militaire, un îlot de calme relatif tout au long de la crise ". Bien que ces divergences d'interprétation se rapportent à certains des débats les plus fondamentaux sur la crise de juillet et suggèrent un large fossé entre Clark et Otte, à bien des égards, leurs interprétations générales ont beaucoup en commun. Tout d'abord, ils soulignent tous deux le caractère contingent de la crise de juillet, comment l'accumulation des décisions individuelles a conduit à des résultats souvent en contradiction avec les intentions des auteurs de ces décisions. Les deux livres, pour reprendre l'expression de Clark, sont "saturés d'autonomie des acteurs". Deuxièmement, malgré l'accent mis sur les décisions individuelles, ils ont tendance à considérer la crise en termes systémiques. En soulignant "comment" les puissances européennes sont entrées en guerre en 1914, plutôt que "pourquoi", Clark a déplacé l'attention des intentions des décideurs vers l'impact de leurs décisions au sein d'un système international étroitement ordonné qui finir par saper l'ordre d'avant-guerre. Alors qu'Otte met en garde les historiens contre le fait de juger les décisions en fonction de certaines normes putatives d'un ordre international donné - l'ordre des grandes puissances du début du XXe siècle - sa propre analyse attentive, qui montre comment les considérations d'alliance, de détente et de puissance militaire relative ont façonné les hypothèses et conduit à des erreurs de calcul désastreuses, est un modèle instructif sur la façon de placer des décisions individuelles dans un contexte systémique. Troisièmement, tous deux expriment des doutes quant à la conception de la crise de juillet en termes de "politiques" nationales. De l'avis de Clark, la politique implique une cohérence qu'il était impossible d'atteindre dans les régimes polycratiques et les liens transnationaux poreux de l'époque, tandis que Otte note à maintes reprises les divisions entre les dirigeants militaires et civils, et même au sein des différents ministères des affaires étrangères, qui ont entravé l'articulation de stratégies claires. Encore une fois, cela reflète le recadrage par Clark de la question en termes de "comment", plutôt que de "pourquoi". L'historien exploite leur point de vue pour montrer comment le système a fonctionné et s'est effondré. Peut-être plus fondamentalement, les deux s'entendent pour dire qu'aucun belligérant ou individu ne devrait assumer à lui seul l'essentiel de la responsabilité du déclenchement de la guerre. Leurs différences sont des différences d'emphase et de détail. Reste à savoir si ces ouvrages permettront d'unifier un domaine de recherche fragmenté. Ils montrent comment des questions sur des questions individuelles de politique internationale peuvent contribuer au débat plus large sur les origines de la guerre. Le succès du livre de Clark, en particulier en Allemagne, a également suscité un débat public sur les origines de la guerre. Son travail est souvent lu à la lumière de celui de Fischer, la dernière contribution publique de haut niveau au débat en Allemagne. Comme toujours, les événements politiques contemporains se cachent à l'arrière-plan. Clark mentionne, à différents moments, les attentats terroristes du 11 septembre 2001, l'Accord de Dayton pendant les guerres yougoslaves et la crise dans la zone euro. Les deux premiers sont directement liés à son argument sur l'impact des moments individuels et de la contingence sur les processus historiques - l'assassinat de François-Ferdinand, archiduc d'Autriche-Este (1863-1914) et l'ultimatum lancé à la Serbie. La publication de la traduction allemande a coïncidé avec la crise de l'euro, ce qui a soulevé à son tour des questions sur la position de l'Allemagne en Europe. L'histoire reste incontournable dans le débat politique. Pour certains, la thèse de Clark sur la responsabilité partagée des belligérants dans le déclenchement de la guerre donnera du secours à ceux qui veulent mettre de côté le rôle de l'Allemagne dans deux guerres mondiales et adopter une lecture plus affirmée de l'intérêt national. Pour d'autres, le fardeau de la "culpabilité de guerre" paralyse la direction de Berlin, portant préjudice aux institutions européennes ainsi qu'aux intérêts allemands. Au fur et à mesure que de nouveaux défis et de nouvelles questions surgiront en politique internationale, il est probable que les historiens continueront à réexaminer les origines de la guerre avec de nouvelles questions et de nouveaux arguments. William Mulligan, University College Dublin
  13. Wallaby

    Allemagne

    https://www.welt.de/politik/deutschland/article193484099/Bundespraesident-Steinmeier-warnt-vor-Isolation-Deutschlands-in-Europa.html (14 mai 2019) Le président Steinmeier met en garde contre l'isolement de l'Allemagne en Europe "Le risque est réel que l'Allemagne s'isole en Europe - quand bien même elle serait prétendument animée des meilleures intentions", a déclaré M. Steinmeier mardi à Berlin lors de l'ouverture d'un forum sur l'UE, selon le texte du discours. Cette évolution serait "devenue évidente ces dernières années". Un potentiel particulier d'aliénation et de division existe dans le domaine de la politique économique et monétaire. "Nous ne pouvons ignorer le fait que la différence entre l'augmentation des salaires et des pensions en Allemagne et la baisse des revenus dans d'autres pays de l'UE contredit l'idée de l'Union européenne selon laquelle tout le monde gagne ensemble et est uni à sa bonne fortune", a averti le chef suprême de l'État allemand. "Si cette inégalité des chances et des expériences de vie devient une condition permanente, l'idée fondatrice de l'Union européenne perd également toute crédibilité. L'Allemagne doit également mener une réflexion critique sur son rôle dans le domaine de la libre circulation. Celle-ci n'est pas durable s'il ne s'agissait que d'"un exode massif de la jeune génération bien formée de nombreux pays vers l'Allemagne".
  14. Sauf que c'est un fake news : https://www.tagesschau.de/ausland/merkel-macron-223.html (16 mai 2019) La citation de "relation conflictuelle" s'est révélée être une erreur de traduction d'une agence de presse. Le reste : "différences de mentalité" est vrai : https://www.sueddeutsche.de/politik/merkel-europawahl-europaeische-union-1.4448718 (15 mai 2019) Merkel über Macron: "Es gibt Mentalitätsunterschiede zwischen uns" Apparemment, ce qui a été traduit par "bien sûr, nous avons une relation conflictuelle", c'est "Gewiss, wir ringen miteinander." qui veut plutôt dire "bien sûr, nous nous disputons" ou "bien sûr, nous nous bagarrons". Cela veut dire qu'il y a des désaccords ponctuels, mais qui ne colorent pas toute la relation. Néanmoins, l'Allemagne et la France se sont "naturellement" mises d'accord sur les grandes lignes et ont toujours trouvé des compromis. "De cette manière, nous faisons beaucoup pour l'Europe, même aujourd'hui", a déclaré la Chancelière. Elle a cité comme exemple les " énormes progrès " de la politique de défense. "Nous avons décidé de développer un avion de combat et un char ensemble. C'est un grand compliment mutuel et un signe de confiance que de compter davantage les uns sur les autres en matière de politique de défense ".
  15. Wallaby

    Chine

    https://asia.nikkei.com/Business/Companies/Ricoh-moves-output-to-Thailand-as-China-tariffs-extend-to-printers (16 mai 2019) Le japonais Ricoh transfère de Chine en Thaïlande la fabrication des imprimantes visées par les sanctions américaines.