Skw

Members
  • Content Count

    5,475
  • Joined

  • Last visited

  • Days Won

    20

Skw last won the day on May 26

Skw had the most liked content!

Community Reputation

3,807 Excellent

About Skw

  • Rank
    Héros

Profile Information

  • Pays
    France

Recent Profile Visitors

2,412 profile views
  1. Skw

    L'Inde

    C'est très probablement cela. J'ai plus de mal à expliquer le Gripen/Grippen.
  2. J'ai peur que tu n'aies pas compris le problème.
  3. Comme dans tout cadre organisé, tu as ce que prévoit les textes - notamment constitutionnels - et le fonctionnement réel des institutions. Le gouvernement laisse faire car il résulte d'un accord de coalition, ou pour le dire autrement d'une formule chimique peu stable, et qu'il n'existe que parce que les parlementaires ont bien voulu de cette composition gouvernementale. Ainsi, il n'est pas rare de voir différents intérêts peser sur les orientations gouvernementales : intérêts des partis de coalition, intérêts des länder, intérêts de secteurs, etc. Autrement dit, AKK n'a pas la latitude que certains semblent imaginer. Cela est d'autant plus vrai que la chancelière n'est plus aussi légitime - et c'est un euphémisme - que par le passé. Pour avoir travaillé sur des projets européens ou binationaux, on a très souvent l'opposition entre : - d'un côté des ministères français relativement directifs, mais tergiversant à chaque fois qu'il y a une nouvelle nomination ou un changement de priorités : les blocages viennent alors surtout des potentiels revirements dans les hautes sphères côté français ou sinon de la non acceptation de cette approche directive à la française par les partenaires étrangers. - de l'autre côté des ministères allemands donnant une position, tout en sachant que cette position prise au niveau fédéral sera peut-être intenable vis-à-vis d'autres intérêts externes au gouvernement : risque alors de remise en cause de positions qui avaient pourtant été décidées/négociées en accord avec les partenaires étrangers et donc potentiellement braquage, relativement logique, du côté des partenaires étrangers. Bref, les ministères n'ont pas du tout les mêmes latitudes et manières d'opérer dans les deux contextes. Conclusion : c'est loin d'être gagné pour le FCAS... ou même plus largement pour tout grande projet d'envergure avec les Allemands.
  4. Ce sont pour la plupart des personnalités s'étant spécialisées sur les questions de défense dans leurs partis politiques respectifs. Deux d'entre eux au moins sont impliquées dans la Deutsche Gesellschaft für Wehrtechnik (Association Allemande pour les Technologies de Défense), un lobby fondé jadis à l'initiative de la Direction de l'Armement et réunissant, entre autres, les principales sociétés d'armement du pays. Pas sûr que l'on soit dans la politique partisane... mais cela n'est pas forcément une bonne nouvelle si jamais les informations de Cabirol sont exactes. Pas improbable que MTU tente de regagner en importance dans le projet par des canaux autres. Sinon, une note récemment publiée par la Fondation pour la recherche stratégique : https://www.frstrategie.org/publications/notes/politique-industrielle-defense-allemagne-jeu-perles-de-verre-18-2019
  5. Justement non. La transgression des sexes, à travers le genre, s'avère de plus en plus acceptée alors qu'il devient impensable de transgresser, du moins symboliquement, les couleurs de peau. Il y a certes une histoire qui peut expliquer cela... mais je trouve étrange de voir ce mouvement croisé. C'était un peu le sens de ma boutade.
  6. Honnêtement, je ne sais pas si cela est orchestré, par elle-même ou par son entourage, et si oui jusqu'à quel point. Qui plus est, on pourra objecter que beaucoup de personnes intervenant de manière tout à fait intègre dans la sphère médiatique ont également une réflexion sur la manière de faire porter le message. Bref, ce n'est pas moi qui la condamnerait pour un éventuel manque de spontanéité. Sans doute a-t-elle réellement peur, mais aussi une certaine réflexion sur la manière de communiquer sa peur ou du moins une certaine conscience du poids que sa parole prend. Pour moi, l'un et l'autre ne sont pas inconciliables. D'autres soutiendront que la peur de Gretha est peut-être authentique, mais que son entourage ne l'est pas. Je n'ai pas vraiment d'avis. Non pas que cela ne m'importe pas, mais que cela ne changera vraisemblablement pas beaucoup mon regard sur le phénomène social. Ce que je souhaitais faire passer c'est plutôt l'idée que l'on tend à faire émerger ses hérauts de manière collective, bien que soient pourtant nombreuses les personnes a être épidermiquement énervées par Thunberg et que d'autres adhérents à son combat auraient peut-être préféré d'autres visages. L'emploi du on est ici une facilité de langage pour ne pas avoir à nommer un public difficile à définir. Sans oublier par ailleurs l'influence des médias : à noter que cette mention n'a pas à s'entendre dans une optique complotiste ou manipulatrice. Il sont néanmoins à inclure dans le on car ils ont nécessairement une influence dans l'émergence de phénomènes sociaux. Mais disons que ce discours de peur doit vraisemblablement parler à certains, sans doute même qu'il était attendu, et qu'il explique pourquoi Greta Thunberg dure dans le paysage médiatique. Quand j'écris qu'il y a quelque chose de lovecraftien ou de sturgeonien chez Thunberg, ce n'est pas tant pour décrire l'adolescente elle-même, mais plus largement le mouvement, et davantage encore la relation entre elle et son public. Même si en tant que nouvelle héraut de la cause, son expression est effectivement centrale dans la construction de cette horreur lovecraftienne. Encore une fois, je n'ai pas d'aversion - ou au contraire d'adulation - particulière pour Thunberg. Je trouve juste fascinant et en même interpellant cette adhésion à un discours de peur d'une teneur assez particulière. Sans doute parce que la peur est partiellement partagée. Effectivement. D'autant plus quand on préfère adapter cette faible culture scientifique à la hauteur des efforts que l'on est prêts à consentir pour faire face à l'enjeu. Heureusement que tu as inséré une illustration, car la description aurait pu nous faire penser à un ancien directeur du FMI en sortie de nuitée
  7. A noter que je n'ai pas d'avis citoyen clair quant à cet emploi de la peur.* Je ne fais que constater et m'interroge sur les implications qu'une telle ligne pourrait avoir plus largement. Alors que la peur fut historiquement considérée comme mauvaise conseillère, notamment dans le cadre d'un jeu démocratique, elle revient sur le devant de la scène et est presque valorisée. D'une manière plus générale, on assiste depuis quelques années a une montée en puissance des travaux de recherche sur la place des émotions dans la fabrique des politiques publiques, notamment en matière environnementale. Certains vont même à valoriser les croyances et le sacré, partant du constat rationnel que les sociétés animistes s'en sont sur cette base tenues à des modes de vie bien plus respectueux de leur environnement. Autrement dit, il s'agit d'une vue utilitariste de la croyance et du sacré : bien que ceux-là ne reposent vraisemblablement sur rien de concret, ils permettent d'atteindre un objectif que l'on ne sait atteindre par d'autres moyens. Voir notamment la remise au goût du jour par certains de l'Hypothèse Gaïa qui, bien que largement questionnable d'un point de vue biogéochimique, offre un certain potentiel en matière d'écologie politique ou autrement dit un moyen de reconsidérer les déterminants sociaux des liens entre humain et nature. * Au contraire, j'avoue être empreint d'ambiguïté, dans le sens où je suis préoccupé par la problématique du changement climatique, que je perçois bien qu'aucun autre moteur n'a su jusqu'alors mobilisé les esprits comme il le faudrait à mon avis. En revanche, m'agacent généralement ceux qui dans le jeu politique mobilisent la peur plutôt que la raison pour défendre une orientation politique à laquelle je n'adhère pas. Mais peut-être y a-t-il matière à développer un message de peur qui puisse se greffer sur un discours de raison... J'ai néanmoins quelques doutes quant au risque que cela comporte en matière démocratique. Par ailleurs, outre la peur, on commence à deviner la montée en puissance du discours visant à faire naître la honte, autre émotion à teneur sociale. Il faudrait avoir honte de prendre l'avion, honte de manger de la viande, honte de... etc. Pas sûr que cette approche soit plus rassurante ou même efficace d'un point de vue démocratique. Mais bon... @Alexis nous a déjà fait valoir sur ce fil toute la bienveillance de son autoritarisme... On attend avec impatience son discours de conducteur de transperceneige ^^
  8. Il aurait été plus valorisant pour Trudeau de se transformer en Jasmine.
  9. Soit les armées modernes sont bien plus vulnérables qu'on veuille le penser à des modes d'action relativement simples à mettre en oeuvre.
  10. Je ne sais pas si cela s'adressait à moi ou plutôt à Wallaby, mais au cas où, je vais préciser ma pensée. Je trouve cela étonnant - et intéressant - que ce soit une figure comme celle-ci qui ait percé dans le paysage médiatique, ou que l'on ait mis sur le devant de la scène diront d'autres, et qui se fasse le vecteur d'un discours sur le changement climatique. Et la manière de formuler le message (I want you to panic. I want you to feel the fear I do. Every day. And I want you to act. I want you to behave like our house is on fire) en dit beaucoup sur l'option prise pour mobiliser et appeler à une action en matière environnementale. On invoque ici le registre de la peur et donc celui des émotions - paradoxalement au travers d'une jeune fille qui montre peu d'émotions - quand d'autres optent plutôt pour celui de la raison ou encore de l'espoir, moteurs fréquemment utilisés dans l'histoire pour appeler ou justifier l'action politique. Cet usage de la peur a pour moi quelque chose de lovecraftien dans le sens où la menace n'est pas gore ou parfaitement explicite, notamment car l'on devine que le changement climatique aura vraisemblablement des impacts lourds sans pour autant être vraiment en mesure de saisir l'étendue des transformations sur les écosystèmes et nos vies humaines. Non, il s'agit d'une peur plus implicite... qui passe notamment par les mots d'une Thunberg s'efforçant de communiquer sa peur, sans même qu'elle ne dresse une description précise de ce en quoi il faut avoir peur. L'horreur est lovecraftienne dans le sens où les visages des apeurés ne sont pas les plus expressifs, plutôt des M-le-Maudit à la Fritz Lang que des Cris d'effrois à la Edvard Munch. Ils sont encore sur la prise de conscience progressive entrecoupée de doutes, d'interrogations et d'inconnus. Pour plus de détails : https://en.wikipedia.org/wiki/Lovecraftian_horror Ce discours de peur tenu par une adolescente - faisant en même temps enfantine et déterminée - en dit sans doute aussi sur le rapport entre générations qui peut se jouer à travers les questions environnementales. Pas sûr que le discours aurait été aussi porteur médiatiquement si celle-ci n'avait pas eu son autisme qui tend à lui donner un visage d'autant plus déterminé. Avez-vous lu Les Plus qu'humains ? La page wiki en dit un peu sur l’œuvre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Plus_qu'humains Pour finir, je suis curieux de voir l'impact qu'aura cette ligne de mobilisation ainsi que les influences plus larges que celle-ci pourrait avoir sur la manière de penser la prise de conscience collective et l'action politique.
  11. Les chiffres mentionnés (nombre de personnes devenues accro, de morts, de bébés dépendants à la naissance, etc.) dans l'article fourni par @Wallaby sont tout bonnement hallucinants... Curieux de voir comment seront traités les médecins qui ont pu prescrire durablement l'Oxycontin sur ces deux dernières décennies... Sinon, après la FAA (impliquée dans le scandale 737 Max), voici le tour de la FDA. Les Américains n'auraient pas envie de se poser quelques questions de fond sur le fonctionnement de leurs administrations ?
  12. Il y a quelque chose de lovecraftien ou de sturgeonien chez Thunberg. On la croirait sortie des Plus qu'humains.